Speaker #0Bonjour et bienvenue dans mon podcast à croquer, je suis Priscillia Dogliani, diététicienne nutritionniste et aujourd'hui on va se retrouver pour un nouvel épisode. Ça fait un petit moment que je n'avais pas posté de podcast et aujourd'hui je reviens avec un sujet qui touche de nombreuses femmes mais qui reste encore assez peu parlé, discuté je trouve qui est du coup les troubles du comportement alimentaire pendant la grossesse. Je trouve que c'est une période qui est souvent idéalisée, associée à la joie, à la connexion au corps, à la préparation à la maternité. C'est un petit peu ce que moi j'ai ressenti, surtout au début de ma grossesse. Mais je sais que pour certaines personnes, du coup cette période, elle peut aussi venir bouleverser un équilibre qui est déjà assez fragile autour de l'alimentation, du poids et surtout de l'image corporelle. C'est vrai que moi au début de ma grossesse, j'ai fait un petit peu une fixette sur mon poids. J'avoue que, alors même pas qu'au début de ma grossesse, parce que maintenant également, donc là je suis bientôt à 9 mois de grossesse, c'est vrai que j'y pense quand même assez régulièrement. Je me pèse un petit peu moins qu'au début de ma grossesse où c'était vraiment tous les jours et où j'avais vraiment peur de prendre du poids, mais c'est quand même assez présent. Et en plus il faut savoir que moi j'ai eu des compulsions alimentaires, donc c'était un petit peu... compliqué au début de ma grossesse justement de ne pas en avoir parce que c'était une période qui me stressait, où j'étais un petit peu anxieuse, où en fait j'avais plein de choses à gérer, comment j'allais faire pour le cabinet etc. Et du coup en fait voilà, c'est pour ça que j'ai envie de raconter un petit peu ce sujet, de vous expliquer un petit peu tout ça. Donc les troubles du comportement alimentaire, qu'ils s'agissent en fait d'anorexie, de boulimie, d'hyperphagie, de comportement alimentaire restrictif ou compulsif, ils disparaissent pas forcément avec la grossesse. Moi j'avais les outils pour le faire et je dirais la motivation, enfin je savais qu'en fait le jour où j'allais être enceinte, j'allais arrêter, mais parfois en fait ils se transforment, ils s'intensifient ou ils réapparaissent. si en fait on avait eu À un moment où on n'avait plus de ces troubles, ils peuvent réapparaître. Et ça, c'est important de pouvoir en parler et surtout sans tabou. Alors, en premier gros point de ce podcast, je voulais voir que la grossesse, justement, c'est une période de bouleversements multiples. En fait, pendant la grossesse, comme on l'a dit, le corps change vite. Parfois, la façon dont il a de changer, elle est difficile à apprivoiser. Le poids, justement, il évolue. Et on sait que les troubles du comportement alimentaire, souvent, le poids, c'est quand même quelque chose qui est important. On va avoir d'autres sensations qui vont être internes, qui vont changer aussi. Nos repères habituels alimentaires, ils vont être aussi également très perturbés. On peut avoir plus faim, moins faim, on peut avoir des nausées, on peut avoir des écœurements, des choses comme ça, qui peuvent nous rappeler justement ces troubles du comportement alimentaire. Et pour une personne qui a un terrain de troubles du comportement alimentaire, ça peut justement réveiller. plusieurs choses. Par exemple, un besoin de contrôle plus fort. On va essayer de contrôler un petit peu plus. Une peur de perdre la maîtrise du corps. Une anxiété autour des recommandations de prise du poids. Moi, je sais que, par exemple, là, mon rendez-vous à la maternité, ils se sont mal passés, les trois rendez-vous que j'avais, parce que, justement, en fait, on me disait que mon bébé allait être gros et, du coup, que c'était, en fait, pas dangereux, mais que Merci. Voilà, il y avait une certaine angoisse de la part des professionnels là-dessus, alors qu'elle est estimée à 3,7 kg. Moi, je n'ai pris que 5,5 kg à peu près, alors que je suis au huitième mois. Et mon conjoint pesait 4,2 kg à la naissance. Donc en fait, ça me semble logique. Enfin, ça ne me semble pas en tout cas illogique que mon bébé fasse 3,7 kg à la naissance avec le poids de mon conjoint à la naissance. Mais voilà, il y a eu une forme d'anxiété comme ça, où on m'a dit, ah mais vous buvez du coca, vous mangez ça, ça, ça, il faut arrêter les produits laitiers alors que j'en mange qu'un seul par jour, enfin vraiment. Ça m'avait remis dans une sorte d'anxiété comme ça sur ma prise de poids. Et je me suis dit, mince, moi je suis dans les courbes de ma prise de poids, mais mon bébé non, est-ce que j'ai mal fait quelque chose ? Est-ce que j'ai trop mangé de quelque chose ? Est-ce que je lui ai apporté assez de légumes ? Est-ce que je lui ai apporté ci, ça, ça ? Et en fait, ça m'a... Alors pendant quelques jours, pendant quelques temps, après c'est revenu parce que j'ai été lucide et que de par mon métier, en fait, j'ai pu travailler un petit peu tout ça encore. Mais ça m'a vraiment recréé une anxiété autour de ces recommandations-là. On peut avoir aussi... une hypervigilance alimentaire où en fait on va regarder tout ce que l'on mange. On voit déjà en fait, on a déjà pas mal de choses à faire attention quand on est enceinte, par exemple la viande crue, la charcuterie, le poisson cru, les oeufs, etc. Et en fait ça peut nous remettre un petit peu cette hypervigilance encore alimentaire au-dessus. Et on peut avoir au contraire en fait des phases de déconnexion complète. où là, en fait, on déconnecte complètement de l'alimentation. Et ce qu'il faut comprendre ici, c'est que ces réactions, elles ne sont pas un choix qu'on va conscientiser. En fait, on ne va pas choisir de le faire ou non. C'est souvent lié à une tentative de gérer une anxiété profonde. Donc, un deuxième point, j'aimerais aborder pourquoi les TCA, donc les troubles du comportement alimentaire, peuvent être exacerbés pendant la grossesse. En fait, comme je disais, la grossesse, elle met vraiment le corps au centre de tout. Et pour quelqu'un qui a un rapport compliqué à ses corps, ça peut être très intense. Il y a plusieurs facteurs qui peuvent venir jouer un rôle. Par exemple, les injonctions médicales autour du poids, comme je vous le racontais moi pendant mon rendez-vous à la maternité. On a aussi la peur du regard des autres. Moi, je sais que les trois premiers mois, quand personne n'était au courant, j'avais peur de prendre du poids et qu'on me dise « Ah bah t'as vu, la diète, elle a pris du poids quand même. » Ou « Ah bah t'as vu, Pris, elle a repris du poids, c'est bon, qu'est-ce qu'elle fait ? Ses hormones, c'est bon, ça va plus. » En fait, j'avais vraiment peur de ce regard des autres. Et une fois qu'en fait, les personnes m'ont su que j'étais enceinte, comme si ça venait légitimer ma prise de poids. Alors que j'avais pris juste en volume et pas en poids. Mais j'avais vraiment besoin en fait de légitimer cette chose-là. Oui, j'avais pris du poids, mais ce n'était pas du tout de mon fait. Ce n'était pas de mon alimentation. Ce n'était pas parce que je ne bougeais pas. Ce n'était pas de ma faute. C'était vraiment parce que j'étais enceinte. Et c'est toutes ces choses-là, je pense, qui peuvent vraiment jouer et impacter sur notre bien-être aussi dans ce moment-là. On a également les changements hormonaux qui influencent les émotions et les sensations alimentaires. Par exemple, quelqu'un qui avait pour habitude... de manger, de compulser par exemple avec le stress ou la tristesse, les émotions peuvent être décuplées. Et du coup, elles peuvent décupler aussi ces comportements alimentaires. On peut justement aussi avoir une perte de contrôle qui est perçue sur le corps. En fait, mon corps prend du poids, il prend plus de volume, mais ça, je n'y peux rien, je n'arrive pas justement à contrôler ça. Je ne peux pas le contrôler. Et ça, ça peut vraiment travailler. Ça peut vraiment venir perturber cet équilibre corporel qu'on avait pu avoir avant grossesse. On a aussi cette perte de contrôle qui... On peut moins manger parce que du coup, on a des aliments qui vont nous dégoûter, on va avoir des nausées, on va être perturbé par rapport à ces aliments-là. Ou alors au contraire, par exemple, au dernier trimestre, on peut avoir beaucoup plus faim et du coup, en fait... ça peut être perçu comme une sorte de perte de contrôle. On peut également avoir des souvenirs ou des traumas corporels qui peuvent être réactivés. Par exemple, une vergeture qu'on ne voyait plus forcément quand on était un peu plus fine, là, en reprenant du poids suite à la grossesse, hop, on le revoit. Ça peut être aussi des vêtements dans lesquels on ne rentre plus. Ça peut être d'autres traumatismes aussi qui sont un peu plus forts et qui peuvent réveiller ces troubles du comportement alimentaire. Du coup, on peut voir apparaître différents fonctionnements. Par exemple, des restrictions alimentaires qui seront plus importantes qu'habituelles. Des alternances entre restrictions et compulsions. Je me restreins parce qu'il faut que je me restreigne, qu'il faut que je ne prenne pas beaucoup de poids. Il faut que je fasse attention à la santé de mon bébé, etc. Je vois tout le monde manger du saumon fumé à Noël, par exemple. Je sais de quoi je parle. Et moi, du coup, je ne peux pas en manger parce que... J'ai décidé de faire attention pour mon bébé à tout ce qui était toxoplasmose, l'hystéria, etc. Et du coup, ça me frustre, donc je compulse par la suite. Ça peut être ça. On peut avoir l'obsession du manger parfaitement aussi. Je ne veux absolument pas déroger à la règle du fait de manger parfaitement. Et moi, j'avais un petit peu ça au début. En fait, je ne voulais de base pas faire le test du diabète gestationnel parce que j'ai une phobie monstre des piqûres. Et en fait, je mangeais comme si j'avais du diabète gesta. Le moindre petit verre qu'on allait me servir de soda ou de jus de fruits ou autre, en fait, j'allais y penser pendant presque dix minutes, en fait, à me dire, on me l'a servi. Je ne peux pas dire non maintenant. Tout le monde boit un petit peu de l'alcool, des jus de fruits, etc. parce que c'est un apéro. Moi, je n'avais pas demandé de l'eau. Et en fait, j'avais cette pensée-là qui me trottait vraiment dans la tête parce que j'avais envie de manger parfaitement pour mon bébé et de ne pas déroger à la règle. Et en fait, j'ai vu qu'en dérogeant à la règle... Tout allait super bien et je n'ai pas de diabète gesta parce que du coup, j'ai fait mon test. Et en fait, tout va bien. J'aurais pu vraiment m'enlever ça de la tête. Alors oui, faire attention, mais pas au point de justement, en fait, que ça me prenne 10 minutes de pensée alors que je suis avec plein d'amis ou avec de la famille. On peut avoir aussi des évitements de suivi médicaux par peur de la balance. Ça, c'est ce qui m'est un petit peu arrivé où en fait, j'avais peur d'aller chez la sage-femme. Avec mon conjoint et qu'elle me demande mon poids. Et en fait, j'avais un petit peu honte de dire mon poids devant lui, alors qu'au final, je lui ai dit « et tout va bien » . Mais j'avais peur, en fait, de dire mon poids et de monter sur la balance, alors que je montais chez moi tous les jours. Donc, en fait, je lui disais à ma sage-femme en amont des rendez-vous. Et ça, je pense que ça peut justement être quelque chose qui fait qu'on ne va pas dans ses examens médicaux. En troisième point, je voulais aborder justement les enjeux pour la santé de la mère et du bébé. Je trouve que c'est quand même important d'en parler, mais avec nuance, sans dramatiser et ni minimiser. Attention, ce n'est pas parce que je dis ça que c'est vraiment catastrophique d'avoir des troubles du comportement alimentaire pendant la grossesse. Tout est encore une question de balance de où se trouve le trouble du comportement alimentaire. En fait, les troubles du comportement alimentaire, ils peuvent parfois entraîner des apports nutritionnels. qui sont insuffisants si vous ne mangez pas assez. Et du coup, des carences. Donc c'est pour ça qu'aussi, les sages-femmes, les gynécos font souvent des prises de sang. Moi, enceinte, je crois que j'ai fait des prises de sang tous les mois. Donc on peut avoir des carences en fer, en folate, donc la cidre folique, la vitamine B9, en calcium, en protéines, etc. On peut aussi avoir une fatigue un peu plus importante que les autres femmes ou un peu plus importante qu'habituellement. ça peut nous créer forcément un stress vraiment psychologique qui va être accru. En fait, on va être beaucoup plus stressé qu'habituellement parce que justement, on aura trop de comportements alimentaires, plus grossesse. Et ça, mais vous n'imaginez pas comme c'est énorme dans la tête, comme ça prend énormément de place. Et on peut justement avoir une relation compliquée au suivi de grossesse. Moi, franchement, si j'avais eu ces trois rendez-vous à la maternité en début de grossesse, je pense que ça se serait encore plus mal passé. Enfin, ça serait vraiment pas passé. Et du coup, là, j'aurais peut-être pu, justement, avoir des gros troubles du comportement alimentaire, dans le sens où, en fait, ça m'aurait peut-être déclenché des compulsions, où, justement, j'aurais encore fait plus d'hypervigilance par rapport à certains aliments. Donc, vraiment, attention à ça, et surtout, parlez-en à vos professionnels de santé. Là, moi, au huitième mois, je sais que je ne vais pas revoir ces professionnels-là que j'ai vus. Ils m'ont dit qu'ils n'étaient pas en salle de naissance, donc je ne changerai pas de professionnel, de maternité, etc. Mais sachez qu'en tout cas, vous pouvez changer de professionnel et vous pouvez changer de maternité. Donc en fait, si vous avez des doutes comme ça, parlez-en à d'autres professionnels de santé et surtout, écoutez-vous. Si vous voyez que ce professionnel de santé-là vous a créé des troubles du comportement alimentaire, ou vous les accentuez, changez de pro en fait. C'est comme si vous payiez un coiffeur qui vous rate, vous allez changer. Et bien là, c'est exactement pareil. Voilà, je tenais vraiment à vous préciser cette chose-là. Je rappelle juste que chaque situation, elle est unique. Certaines femmes, elles vivent aussi des grossesses tout à fait sécurisées, malgré un terrain de troubles du comportement alimentaire, surtout lorsqu'elles sont bien accompagnées. Donc l'objectif, c'est jamais la culpabilité, c'est la compréhension et la sécurisation. Une fois que vous avez compris ça, c'est parfait. D'où du coup mon quatrième point, qui est l'importance d'un accompagnement adapté. Dans ce contexte, en fait, ce qui fait réellement la différence, c'est l'accompagnement. Donc en fait, on va parler ici d'un suivi qui va être pluridisciplinaire. Donc sages-femmes, médecins, psychologues, diététiciens, qui ne vont pas vous juger sur le poids ou sur les comportements alimentaires. Je pense que moi, si j'avais eu une autre sage-femme qui ne comprenait pas mes trucs du comportement alimentaire, ma grossesse, elle ne se serait pas du tout passée comme ça. Après, attention, moi je suis aussi suivie par une psychologue pour ça. En fait, si jamais j'avais senti qu'il y avait des petites rechutes, j'aurais repris rendez-vous en avance avec elle. Je n'aurais pas hésité à remettre des rendez-vous entre nos rendez-vous. Mais parce que je sais que le suivi pluridisciplinaire est très important dans ces moments-là. Alors déjà, même avant, mais surtout dans ces moments-là. Et surtout, je répète, mais il faut qu'il soit sans jugement sur le poids ou les comportements alimentaires. Plutôt centré sur la sécurité plutôt que sur la performance. On ne va pas chercher en fait à faire absolument perdre du poids à une femme enceinte ou à ce qu'elle ne prenne pas de poids. Bien au contraire. On ne va pas vous faire prendre non plus 40 kilos, mais le but ça va être vraiment de ne pas vous mettre la pression là-dessus. On va respecter en fait votre rythme à vous et le rythme du bébé. Alors moi comme je suis diététicienne, comme je vous l'ai dit, je vais vous rappeler le rôle de la diététicienne ou du diététicien parce qu'il y a aussi des hommes dans notre métier c'est pas de contrôler mais c'est vraiment de soutenir parce qu'en fait je sais que ça peut passer par remettre de la régularité alimentaire mais sans rigidité, en fait la régularité n'a rien normalement de rigide, si c'est trop rigide c'est un régime et on ne fait pas de régime à une femme enceinte Et même quand elle a du diabète gestationnel, et ça je tiens vraiment à le dire, parce que je vois beaucoup de femmes avec diabète gestationnel qui font des régimes, parce que leur médecin leur a dit, mais non, allez voir direct une diététicienne spécialisée dans le diabète gesta ou dans la grossesse. Elle va vous dire exactement pareil que moi. Ensuite, on va essayer de sécuriser les apports, mais sans obsession des chiffres. En fait, on ne va pas vous faire calculer des calories. En fait, on ne va pas vous faire calculer ce que vous mangez. On va pouvoir sécuriser des apports, c'est-à-dire mettre assez dans vos assiettes, mais trouver un compromis qui ne vous font pas peur. En fait, on va travailler sur cette peur de certains aliments. Est-ce que c'est possible de les réintroduire progressivement, ainsi que les sensations alimentaires, bien sûr, mais est-ce qu'on va pouvoir travailler un petit peu tout ça petit à petit pour pouvoir justement accompagner la relation ? au corps qui change également. Donc en fait, tout ça, ça fait partie normalement de nos suivis, en tant que diététicien en tout cas, pour les personnes qui ont des troubles du comportement alimentaire en étant enceinte. Voilà en tout cas pour cette partie-là de femmes enceintes. Ensuite, on va avoir le postpartum, qui lui non plus n'est pas une période à sous-estimer. On parle beaucoup de la grossesse, et un petit peu moins de l'après, je trouve, en termes du comportement alimentaire. Le postpartum peut être une période un petit peu fragile parce qu'on a une fatigue importante, une pression sociale autour du corps qui doit revenir aussi. On a la charge mentale qui est très élevée. C'est aussi une réorganisation complète du quotidien. Et parfois, c'est là où on peut avoir un retour ou alors un trouble du comportement alimentaire qui s'intensifie. C'est en fait surtout une période où le suivi devrait continuer, voire être renforcé. Et surtout pas être arrêtée. Parce que je vois beaucoup de mamans, en fait, pendant la grossesse, et elles me disent, oui, je reviendrai quand j'aurai accouché, quand tout ça, ça sera calmé. Et en fait, elles ne reviennent pas. C'est pas parce que tout va bien. C'est souvent parce qu'en fait, elles sont tellement dans ce quotidien-là qu'elles ne pensent pas à revenir. Et c'est pas parce que le problème n'existe plus. C'est vraiment parce que, en fait, elles ne sont plus dans cette pluridisciplinarité. Et du coup... Elles sont plus dans ce suivi-là. Et en fait, elles pensent que le problème, c'est pas grave. Maintenant, en fait, ça concerne qu'elles. Il n'y a plus le bébé dans leur corps. Et du coup, c'est moins important de prendre soin d'elles souvent. Alors attention, c'est souvent ce qu'elles pensent, mais pas tout le temps. On est bien d'accord. Mais du coup, je trouve que c'est dommage de relâcher à ce moment-là, alors qu'on avait fait tout le travail en amont pour aussi permettre à cette période-là de ne pas... pas avoir ces troubles du comportement alimentaire. Donc voilà, j'en arrive déjà à la conclusion. Donc les troubles du comportement alimentaire pendant la grossesse, ils ne sont pas rares ni simples. Attention, parce qu'en fait, je trouve que c'est vraiment quelque chose que l'on oublie en fait. Déjà qu'on n'ose pas forcément évoquer ni en consultation ni dans la vie de tous les jours, alors que souvent, ils sont invisibles. Parfois, on culpabilise. Même tout le temps, je dirais, j'ai jamais vu quelqu'un avec un trouble du comportement alimentaire qui ne culpabilise pas. Mais surtout, en fait, ils sont profondément liés à l'histoire de la personne aussi. Et l'enjeu, c'est vraiment pas de corriger rapidement, mais d'accompagner avec sécurité, douceur et continuité. Et si je devais résumer une chose importante, on ne stabilise pas un trouble du comportement alimentaire en contrôlant davantage. Sinon, ça le renforce. Mais plutôt en lui donnant de la sécurité. Là où il y a de l'anxiété. J'espère que cet épisode vous a plu. Je suis désolée pour la qualité. J'avais oublié mon micro, mais je tenais vraiment à enregistrer cet épisode aujourd'hui pour pouvoir vous le poster au plus tôt. Et on se retrouve bientôt pour un nouvel épisode sur un nouveau sujet. En attendant, prenez soin de vous.