- Speaker #0
Salut ! Bienvenue sur le podcast de à nous deux.
- Speaker #1
On en vit tous, mais ils ne nous font pas toujours les mêmes effets, les échecs. Depuis l'enfance, il faut apprendre à vivre avec et ils peuvent toucher plusieurs aspects de notre vie.
- Speaker #0
Émotions, apprentissage, objectifs et j'en passe. Finalement, l'échec c'est universel mais chacun va le vivre à sa façon. C'est pour ça que j'ai voulu en discuter avec Flo.
- Speaker #1
Salut à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast. Aujourd'hui, je suis très contente d'aborder le sujet de l'échec parce que je pense que c'est vraiment un sujet universel. On a tous vécu des échecs dans notre vie, on les a tous plus ou moins bien vécus. Et j'avais lancé du coup une petite story sur Instagram en disant que je recherchais un ou une invitée pour parler de ça. Et j'ai Flo, alias idélunaire sur Instagram, qui a levé la main et qui m'a dit que ça pouvait l'intéresser de parler de ce sujet avec nous aujourd'hui. Donc merci beaucoup Flo d'être là.
- Speaker #0
De rien.
- Speaker #1
Je vais directement te poser la première question. Aucune surprise parce que tu la connais. Ça te fait penser à quoi quand je dis le mot échec ? Non, c'est pas facile.
- Speaker #0
Non, du tout. La première question, c'est vraiment la plus compliquée. Après, ça coulera de source. Et tu sais, quand tu m'as envoyé le doc, tu me disais, bon, vas-y, je tirerai ça, je tirerai ça et tout.
- Speaker #1
Et maintenant qu'il y a le micro, c'est pareil.
- Speaker #0
J'ai zappé ma réponse fort, De base, de base, quand je me posais cette question, tu vois, quand tu m'as envoyé le doc, J'étais plus sur... ça me fait penser à la mesure.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ouais, ça m'a fait penser à la mesure dans le sens où t'as différentes réussites et différents échecs. Tout est une question de mesure, en fait. Voilà.
- Speaker #1
La graduation de comment est-ce que tu vas te l'approprier ou le vivre, etc. Exactement. Ok,
- Speaker #0
je vois. De minimiser ou de normaliser certaines choses et de vraiment mettre de l'importance sur des choses que tu peux vivre. en échec ou en réussite encore une fois.
- Speaker #1
Oui, mais je trouve ça important une fois qu'ils utilisent le mot mettre de l'importance sur, parce que moi, tu vois, je n'y avais pas pensé.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que maintenant que tu le dis, ça coule de source. C'est vrai qu'il y a des choses sur lesquelles on met de l'importance dans la vie et d'autres pas du tout. Et je comprends mieux ton idée de mesurer quand on parle d'échec.
- Speaker #0
C'est une valeur qui est assez importante à mes yeux depuis quelques temps. Justement, le fait d'être passé par peut-être... plusieurs échecs ou plusieurs réussites. Donner de la mesure dans ce que tu vis, ça permet de donner de l'importance à ce que tu vis. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Et est-ce que tu penses que ton rapport à l'échec a évolué ou est-ce qu'il a toujours été le même ? J'imagine que non, parce qu'en grandissant, on prend les choses différemment.
- Speaker #0
C'est assez marrant parce que au plus j'avance dans le temps, et au plus je me dis... que finalement, j'étais beaucoup dans la colère, en fait, quand j'étais plus jeune et pendant très longtemps. Je pouvais vivre beaucoup de choses à travers ce sentiment-là, tu vois. Et donc, quand j'étais mis en échec, je ressentais beaucoup de colère. Et finalement, le fait d'avoir travaillé sur moi, sur tous ces aspects-là, fait que maintenant, je suis plus mesuré, encore une fois. Et donc, j'arrive mieux à gérer mon sentiment dans l'échec, tu vois. Est-ce que c'est réellement un échec ? Est-ce que ça l'est pas ? À quel niveau ? Est-ce que je dois me mettre en colère ? Est-ce que je dois être triste ? Est-ce que je dois rester joyeux, par exemple ? Je sais pas si, toi, justement, à l'inverse, ton rapport là-dessus a plutôt évolué.
- Speaker #1
Ouais, forcément. Je pense que quand t'es petit et que tu vis un échec, à la valeur de quand on est petit, bien sûr, moi, je sais que c'est la frustration.
- Speaker #0
Ouais, beaucoup.
- Speaker #1
Mais bon, encore adulte, je travaille encore dessus, ça guère moins.
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
La frustration, c'est très dur à maîtriser. Donc ouais, moi j'ai un souvenir de petit échec égale frustration. Et ça pouvait être un échec de j'ai pas réussi à faire cet exercice de maths. Spoiler, j'ai jamais réussi. J'ai pas réussi à apprendre à faire du vélo aussi vite que mon voisin, ma voisine, etc. Enfin tu vois, des trucs d'enfant quoi. Mais vachement cette frustration qui du coup peut aussi amener à de la colère ou à de la tristesse parce que tu pleures, parce que t'y arrives pas et t'es triste de pas avoir les moyens. La force, l'énergie, je ne sais pas quoi, tu vois, mais de ne pas y arriver, quoi. Et après, à l'adolescence, l'échec, c'était vraiment quelque chose que je vivais mal.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
En mode, purée, je suis nulle, j'y arriverai jamais. Très important, cette phrase, j'y arriverai jamais. Beaucoup de mauvaises introspections.
- Speaker #0
Ok. Tu vois, pas du tout positif, quoi.
- Speaker #1
Vraiment, pour moi, un échec, c'était... C'était la merde, en fait. L'échec, c'était nul. Il fallait absolument l'éviter. Et puis, en grandissant, tu te rends compte que, comme tu dis, il faut mettre un petit peu plus de variations, plus de mesures là-dedans. qu'un échec, oui, sur le moment, c'est toujours négatif, mais ça peut l'être plus ou moins. Et avec le temps, ça peut devenir un truc de positif finalement, qui peut bien évoluer. Donc, ouais, moi, ça a plus été comme ça, tu vois, ma façon d'évoluer avec l'échec. Et je pense que ça va encore évoluer. Là, aujourd'hui, je te dis ça, je vais avoir 30 ans. Oui, c'est...
- Speaker #0
Ouais, c'est vraiment...
- Speaker #1
Dans 10 ans, peut-être que je répondrai autrement à cette question. Et dans 40 ans, encore autrement, tu vois. Ouais,
- Speaker #0
c'est clair.
- Speaker #1
Parce que la vie, mais...
- Speaker #0
Dans 40 ans, on se dira quoi ? Mais rien à foutre. Parce que j'ai échec, rien à foutre.
- Speaker #1
Moi, je n'ai pas d'échec dans la vie. J'espère que je me dirai. Avoir une confiance plus, plus, tu sais. Toi, tu pourrais nous partager un petit échec et un plus gros pour voir qu'est-ce que tu considères comme un petit échec et un plus gros échec, sans forcément rentrer dans les détails. Oui, bien sûr,
- Speaker #0
bien sûr. Il y en a un qui m'a marqué. va savoir si j'ai fait la paix avec ça ou pas mais en gros c'était un gala de danse je sais plus ce que j'avais fait mais j'avais fait de la merde j'étais avec ma grand-mère, je m'étais énervé contre elle, j'étais parti du gala c'était pas à propos de j'avais pas merdé genre une choré ou quoi que ce soit c'était vraiment le moment que j'avais merdé je sais plus à propos de quoi c'était et donc le fait de m'être mis en colère, de m'être vénère un peu contre ma grand-mère etc d'être parti finalement tu vois longtemps après parce que je te parle de ça, c'était il y a 12-15 ans, un truc comme ça. C'est un truc que je vis ou que j'ai vécu, je ne sais pas, comme un échec. Mais c'est un petit échec parce que c'était à propos d'une histoire à la con, tu vois, vraiment de rien du tout. Donc ça, c'est un petit échec pour moi, le fait de ne pas avoir réussi à me canaliser et ou avoir être revenu, tu vois, sur ce qui s'était passé avec ma grand-mère pour...
- Speaker #1
En reparler.
- Speaker #0
Ouais, soit dédramatiser, soit, tu vois... Ne serait-ce qu'en rediscuter en tout cas avec elle. Donc voilà, si je synthétise, une embrouille avec ma grand-mère pendant un gavette blanche. Petite embrouille. Petit échec de ne pas en avoir rediscuté après. Et un gros échec, ou du moins quelque chose que j'ai pu vivre comme un échec beaucoup plus important. C'est, j'avais monté un premier business en fait avec mon ref. On était parti sur Nice pour ouvrir un studio en fait de coaching. en forme et bien-être, et on se pensait immortel, roi du pétrole, tout ce que tu veux, tu vois. Et donc on débarque à Nice, etc., on a réussi à rester un an, mais grosse claque de réalité, tu vois, la vie elle m'a rattrapé en mode « mes frères, c'est pas ça la vie, quoi, genre, gagne de l'argent, paye ton loyer, enfin voilà, je me suis retrouvé endetté, tu vois, c'est genre, là c'était vraiment grosse bêtise, quoi. » Ben ça m'a, ouais, grosse claque de réalité, tu vois, je suis revenu à Grenoble, la queue entre les jambes et... Ah ! Tu vois ?
- Speaker #1
En fait...
- Speaker #0
C'est ça, tu vois, je vais redormir chez papa, maman quelques temps, mais voilà, tu vois, dans l'idée, premier gros échec de ma vie, sur le fait de vouloir entreprendre, mais pas avec les bons moyens, de vouloir être mon propre patron, mais ça veut pas dire que t'as juste personne qui te gueule dessus, tu vois ? Ou pas d'ailleurs, c'est pas vraiment ça le patronat salarié, mais tu vois l'idée, quoi. Moi, je pensais juste que j'avais du temps pour moi et que...
- Speaker #1
Et que tu allais faire comme tu avais envie. Voilà.
- Speaker #0
Sauf qu'à la fin du mois, il fallait manger et payer des factures. Et donc, voilà. Ça, pour moi, c'est le plus gros échec avec lequel j'ai fait la paix depuis. Je ne sais pas si on en parlera après, mais avec le tattoo, le studio, etc. Et puis d'autres choses qui se sont passées dans ma vie. Moi, j'aurais dit ça du coup, le premier, avec ma grand-mère. Et le deuxième, cette volonté d'entreprendre, pas avec les bons moyens.
- Speaker #1
C'est marrant, parce que tu as donné deux exemples. Il y en a un avec ta grand-mère où c'est plus le fond. qui n'y allaient pas. Et le deuxième exemple est plus sur la forme d'une action que tu as fait et que tu as voulu mener et qui, du coup, n'a pas fonctionné. Mais avec ta grand-mère, tu as dit que c'était à peu près il y a 15 ans.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et par rapport à la deuxième anecdote ? C'était en
- Speaker #0
2017-2018. Ok. Donc, c'était il y a 7 ans. J'avais donc 22-23 ans. Donc, je ne sais pas si c'est lié à l'âge ou pas. En tout cas, moi, dans ma composition et dans l'être que je suis, 22 ans, je n'étais pas encore prêt à être mon propre boss.
- Speaker #1
Ce n'est pas du tout réducteur de dire ça. Après, ça dépend des personnes. Mais oui, je pense qu'à 52 ans, on n'a pas encore vécu non plus énormément de choses de la vie. Même si chacun ses expériences. Mais en tout cas, on ne va pas les prendre de la même manière. C'est ce que quand on est plus âgé, on dirait que je suis une grande sage à dire ça. Avec 56 ans, tu vois. Pas du tout. Mais effectivement, plus on vieillit et plus on a de l'expérience et la manière de réceptionner aussi les trucs de la vie, qu'ils soient positifs ou négatifs.
- Speaker #0
C'est clair. Mais force à tous ceux qui y arrivent, à être son propre boss, en tout cas si c'est une volonté, tu vois, mais ceux pour qui ça fonctionne. fonctionnent au plus tôt, trop bien pour eux. On est bien d'accord.
- Speaker #1
Exactement. Est-ce que pour toi, l'échec va aller avec regret ? Ou pas forcément ?
- Speaker #0
Pas forcément parce que finalement, dans les deux exemples que j'ai pu te donner avant, il y en a un où il pourrait y avoir des regrets parce que ma grand-mère est décédée il y a quelques années de ça maintenant. Mais le fait de jamais avoir pu en parler avec elle, de ce truc-là. du coup je pense que ça restera un petit regret qui m'empêche pas de dormir mais ouais je pense qu'on peut parler de ça alors que dans le deuxième dans le deuxième cas, bah là finalement il y en a pas du tout parce que ça m'a permis d'évoluer de mieux me comprendre de savoir un peu plus ce que je voulais aussi, tu vois ce que je veux dire donc non, au contraire, je pense que j'avais besoin de ça, donc pas de regret là-dedans donc je pense que encore une fois la réponse c'est oui et non Il peut y avoir des regrets dans certains et d'autres non.
- Speaker #1
Ouais, ça dépend de la situation. Je te pose la question parce que quand t'as parlé de l'histoire avec ta grand-mère, je me suis un peu retrouvée parce que tu vois... Bon, attention, ça va pas être drôle. Mais en fait, la veille du décès de mon père, on s'est embrouillé pour une histoire de muscade dans la purée.
- Speaker #0
Ok, ok.
- Speaker #1
Tu vois ?
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
l'embrouille de merde. Et bon, évidemment, on n'en a jamais reparlé derrière. Et bon, je le vis pas comme un échec. Enfin si un petit peu tu vois parce que forcément il décède et tu dis putain la dernière discussion qu'on a eu c'était une embrouille pour de la muscade quoi tu... Bon ça fait dix ans donc ça va j'ai dédramatisé l'histoire tu vois. Mais effectivement c'était un petit échec en disant purée tu sais ça te remet aussi en place en te disant enfin avec les gens que t'aimes profondément reste pas sur une canne rouge tu vois. Que on sait jamais ce qui peut se passer même si c'est toujours plus facile à dire qu'à faire c'est clair. Mais ça m'a fait vachement penser à ça. C'est pour ça que je t'ai posé la question du regret, puisque moi, je pense que j'aurais ce regret un peu toute ma vie, d'être partie là-dessus, même si je ne pouvais pas savoir, bien sûr. Oui,
- Speaker #0
clairement. Et comme tu le disais, ça n'entache pas tout le reste. Non.
- Speaker #1
Puis bon, c'était très à l'image de notre relation, de s'engouiller pour le muscler.
- Speaker #0
Et du coup, ça me fait penser, vu qu'on parle de... Enfin, je parlais un peu d'auto-entrepreneur...
- Speaker #1
D'auto-entrepreneuriat.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Oui, mais il n'est pas facile de dire... Ouais.
- Speaker #0
Dans le fond de la tête, le porc bosse, ouais. Toi, au niveau du podcast, du coup, c'est la première chose que tu as fait ou faite ?
- Speaker #1
À moi ? Ouais.
- Speaker #0
Dans l'idée ? Ok. Carrément,
- Speaker #1
c'est mon premier bébé à moi.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
Et je ne regrette pas.
- Speaker #0
Tu m'étonnes.
- Speaker #1
Non, non, je ne regrette pas. Il y a aussi des échecs, forcément, avec, parce qu'à la toute base du podcast, on était deux. On est deux à l'avoir créé au départ le podcast.
- Speaker #0
Ça, le un ou deux podcast.
- Speaker #1
Tout à fait. Ouais, ouais, ouais. Exactement. À la base, on était toutes les deux et on était censés faire un épisode de sujet comme je le fais aujourd'hui avec des invités. Mais on était censés être tout le temps que toutes les deux.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et ça a été un petit échec parce que ça ne l'a pas fait. Au niveau relationnel, finalement, on n'a pas réussi à se mettre d'accord sur l'organisation. Ça a été beaucoup de boulot et l'ami avec qui je le faisais n'était pas prête pour ça finalement. Alors que moi, j'étais à fond. Donc en fait, je pense qu'on n'était juste pas sur la même graduation de l'histoire. Et bon... Ça s'est bien terminé dans le sens où elle m'a dit, continue, si t'as envie, je vois bien que ça te plaît, vas-y. Merci à elle, mais ça a été quand même un échec parce que ça s'est arrêté très vite avec elle. Au bout d'un mois et demi, deux mois, c'était déjà fini. Et moi, je ne voulais surtout pas que le podcast s'arrête parce que j'ai trop aimé. Donc, j'ai tout fait pour que ça continue. J'ai commencé à faire des épisodes avec mes amis. Et puis après, j'ai commencé à ouvrir les portes à plein de gens différents. Et ouais, du coup, ça se passe bien. Mais oui, il y a quand même des échecs. Là, on entame la saison 3. Je ne suis pas aux objectifs psychologiques que je m'étais mis. Mais en même temps, je prends grave du plaisir à le faire. J'adore. Tu vois, le moment qu'on est en train de passer à enregistrer, c'est des moments que j'adore, que ce soit en physique ou en distanciel, avec tous mes invités, préparer les épisodes, créer du contenu sur Insta et tout. Il y a tout ce que j'aime. Il y a un mélange de créativité, de réflexion, de sauce. sociale dans le sens où je discute avec des gens de rapports humains de réfléchir à des sujets de te dire de quoi j'ai envie de parler vas-y viens on parle de ça et on approfondit un truc enfin c'est trop bien c'est un espace d'expression que j'adore donc ouais non je sais plus quelle était la question mais oui le podcast c'était mon premier bébé mais parce que aussi et ça c'est un truc qui va avec l'échec c'est qu'avant ça j'ai toujours eu peur d'engager quelque chose Ok. J'avais la peur de l'échec.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
La peur de me dire, je ne vais pas y arriver, ce n'est pas assez bien, je ne sais pas comment faire. Plein de barrières psychologiques, physiques et autres sur plein de trucs. Parce que peur de l'échec... Je trouve aussi que c'est bien d'en parler parce que parfois on a peur de quelque chose qui n'existe pas encore.
- Speaker #0
Oui, carrément.
- Speaker #1
Et on se dit juste je ne vais pas y arriver. Et j'ai peur de ne pas y arriver. Sauf que tu n'as même pas essayé. Et ça, c'est dommage.
- Speaker #0
Bah d'où ?
- Speaker #1
Enfin maintenant, j'arrive à me le dire.
- Speaker #0
Après, c'est toujours ça. Avec le temps, forcément, tu as le temps de travailler sur toi ou autre. Et du coup, il y a certaines choses qui sont plus simples. Mais oui, la peur de l'échec, j'aurais un peu de mal à en parler dans le sens où c'est... J'ai pas envie de dire que j'ai jamais ressenti ça, c'est complètement faux. Mais très tôt, j'ai essayé de le faire taire au maximum. Justement, à la suite de mon premier échec dans mon histoire de coaching, je visualisais beaucoup ces barrières qu'on peut se mettre en essayant de les briser le plus rapidement possible. Donc finalement, j'ai transposé le problème, Parce que mon problème, il n'était pas dans... avoir peur de ne pas réussir, il était dans il faut que je réussisse à tout prix. Tu vois ce que je veux dire ? Donc après, c'est d'autres problèmes que tu fais.
- Speaker #1
T'es allé dans l'inverse.
- Speaker #0
C'est pas forcément plus ça, mais bon. J'ai préféré ce combat-là, si tu veux. Ouais, je peux dire les mots. Tu parlais de positivité tout à l'heure. Je trouvais ça plus positif dans l'idée que l'inverse. En fait, chercher à gagner et pas chercher à ne pas perdre. Tu vois ?
- Speaker #1
C'est trop intéressant ce que tu dis.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Ouais, non mais si, c'est hyper intéressant. Moi, mon père, tu vois, m'a élevé toute ma vie, toute ma vie avec lui. Il m'a toujours dit la peur n'évite pas le danger.
- Speaker #0
OK, ouais.
- Speaker #1
C'est pas parce que t'as peur que le danger sera pas là.
- Speaker #0
Enfin,
- Speaker #1
donc, vas-y, parce que finalement, peut-être qu'il y aura pas de danger, en fait.
- Speaker #0
Ouais, c'est clair.
- Speaker #1
Ça veut rien dire. Vas-y. Bon, spoiler, ça a marché, mais plus tard, tu vois. Même si encore aujourd'hui, j'ai peur. Mais tu vois, je reprends le sujet du podcast.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
où j'avais peur, mais en même temps, je me suis dit, bah, fais, parce qu'en fait, c'est en faisant que tu vas apprendre et que tu vas t'enlever ces peurs aussi psychologiques que tu peux avoir de ne pas y arriver, de ne pas faire ci, de ne pas faire ça. Et bon, après, là, je prends l'exemple du podcast, mais je pense qu'aussi dans d'autres sujets, je ne vais pas être aussi à l'aise et j'aurai toujours peur.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais, tu as raison de l'ingénierie, finalement.
- Speaker #1
C'est ça. Il y a plein de trucs, tu vois, que j'aimerais faire dans la vie et que je ne fais pas parce que j'ai peur, genre faire un gros voyage et traverser un océan. Non. Oui, j'ai très envie d'aller en Islande, mais bon, on ne peut pas faire un tunnel. On ne peut pas faire un truc comme ça.
- Speaker #0
Déconnecte le cerveau, c'est clair.
- Speaker #1
Un truc comme ça. Mais voilà, il y a des trucs où c'est encore la peur et la peur de ne pas y arriver aussi. Mais par contre, je trouve que c'est très intéressant que tu te dises que tu as préféré qu'une potentielle peur soit un moteur pour te dire non, mais vas-y. parce que potentiellement, ça va t'apporter tellement de positifs que ça vaudra le coup.
- Speaker #0
Tu vois, si je prends l'exemple de mon métier actuel, donc en tant que tatoueur, il suffit qu'une personne rentre dans la boutique et me donne un projet que j'ai très envie de faire, mais où je sens que j'ai moins les capacités, plutôt que de me dire je ne vais pas y arriver. Si tu veux, la sonnette d'alarme dit tu ne vas pas y arriver maintenant, donc travaille-le en amont. Tu vois, en fait, ce rapport-là de peur de l'échec, qui me permet de... tirer des sonnettes d'alarme de c'est quoi les conditions pour réussir du coup.
- Speaker #1
Oui, peut-être que tu peux faire autrement et du coup y arriver.
- Speaker #0
C'est ça. Pas tester directement sur le client ou la client.
- Speaker #1
Ah bon, c'est un délit pile !
- Speaker #0
Mais voilà, il y a juste, je le teste avant ou je le fais une fois avant sur Pau Synthétique ou quoi, et puis si ça passe, ça passe, si ça passe pas, je recommence jusqu'à ce que ça passe et jusqu'à ce que je me dise ok, là je suis prêt pour le client ou la cliente et let's go quoi. Donc encore une fois, transposer ça en réussite et pas avoir... peur de perdre ou avoir peur de ne pas réussir ou avoir peur de l'échec finalement.
- Speaker #1
J'en reviens donc à ton expérience de studio de coaching à Nice. Aujourd'hui, tu as un studio de tatouage qui s'appelle le studio Dystopia à Grenoble où il y a plusieurs artistes qui y travaillent. Une nail artiste aussi. Est-ce que tu penses que cet échec que tu as pu vivre avec le studio de coaching t'a donné aussi des clés et des connaissances pour... avoir ton studio de tatouage aujourd'hui ?
- Speaker #0
De ouf, de ouf, de ouf. Même si c'est pas le même domaine. En fait, de base, dans ce métier de coaching, j'y ai trouvé pas mal de choses qui, moi, me nourrissaient, tu vois, dans mon côté pro. Il y avait le relationnel client, que j'aimais bien, le fait d'être un peu commercial dans l'idée, tu vois, pas de vendre des produits ou quoi, ou un service, mais dans l'idée de se vendre ou de vendre Mouah ! une idéologie, des valeurs, etc. Donc ça, ça me plaisait beaucoup aussi. Les réseaux sociaux, puisqu'on bossait pas mal avec les réseaux sociaux, donc moi ça me plaisait aussi. Et dernier point, le fait de tous se tirer vers l'eau. Donc ouais, carrément ça m'a grave aidé pour la suite de ma vie d'auto-entrepreneur. Entre les deux, je suis retourné en salariat quand même, parce que moi il me fallait des ronds. Et en fait c'est pendant mon salariat que j'ai trouvé le tatouage.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Je sais pas si tu veux la version longue mais t'as déjà entendu mon histoire de comment j'ai commencé le tatouage ? Bah non,
- Speaker #1
je vais approche le micro. On t'écoute.
- Speaker #0
Tu veux que je raconte ça maintenant ?
- Speaker #1
Bah si t'as envie ouais, carrément.
- Speaker #0
Petit aparté. J'essaie de pas la faire trop longue non plus mais ça a quand même un rapport avec le sujet. Donc je rentre à Grenoble, j'ai besoin d'argent. Moi mon vieux bossait dans une boîte de mécanique et c'était les études que j'avais faites, en gros. Parce que j'avais suivi les conseils du daron et ben fais ça, c'est un bon métier, tu prends de l'argent, c'est safe quoi tu vois. Donc finalement un chemin très classique tu vois. Donc j'ai repris un taf en tant qu'usineur on appelle ça. Donc je bossais en mécanique et pendant mon salariat en fait je cherchais quand même à trouver ce que je voulais faire de ma vie. Parce que mon premier business, c'était Fondritual. Je savais qu'il y avait des choses qui me plaisaient là-dedans, pas tout. Mais voilà, je me disais, putain, mais qu'est-ce que je vais faire, tu vois ? Et un jour, à un repas de famille, ma belle-sœur me dit, mais pourquoi tu ne fais pas du tattoo ? Je dis, je ne sais pas, moi, je suis client, tu vois, j'aime bien les tattoos. Tu avais déjà patoué,
- Speaker #1
vous connaissez un peu le milieu en tant que client. Exactement.
- Speaker #0
Mais de là à proposer mes designs, tu vois, non quoi.
- Speaker #1
Et tu dessinais déjà ?
- Speaker #0
Ouais, depuis tout petit. En fait, j'ai toujours eu un gros attrait pour l'art. Tu vois, j'ai été prof de danse. J'ai fait beaucoup de danse donc aussi. J'ai toujours dessiné. Quand j'étais petit, je voulais écrire un bouquin. Enfin voilà, un gros attrait pour l'artistique. Mais au sein de ma famille, vivre de l'artistique, ce n'était pas un bon choix dans l'idée. Tu vois, ça fait soit pas assez d'argent, soit tu es toujours sur la route. Peu importe quoi.
- Speaker #1
Ça fait peur parce que tu ne vas pas réussir et tu ne gagneras pas assez d'art.
- Speaker #0
Oui, carrément. Et puis non, mais il y a... Les rostas qui font bien mieux que toi, tu vois ce que je veux dire ? Ouais, non, c'était reste tranquille, fais un métier classico, prends de l'argent.
- Speaker #1
Sécurité.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Et donc, ma belle-sœur me parle de ça. Et deux semaines après, il y a un salon de tattoo qui ouvre deux portes de chez moi. Et donc, je disais à ma copine de l'époque, putain, tu penses j'y vais et tout ? Je vais leur demander, machin. On m'a mis l'idée dans la tête. Et elle me disait, bah oui, vas-y, au pire, ils te disent non, tu vois. Premier rapport à l'échec, du coup. Et donc j'y suis allé en fin de semaine, poser la question, j'ai dit est-ce que vous pouvez me montrer le métier ? Parce que j'ai pas envie de me retrouver à 40 ans et de me dire putain j'aurais vraiment dû sonner à l'aéroport. Et le gars m'a dit ouais carrément tu commences mardi.
- Speaker #1
Et trop bien, plus de fou.
- Speaker #0
Ça a été finalement assez rapide, je pense privilégié ou très chanceux dans ma vie de tatoueur parce que maintenant on reçoit des apprentis ou quoi et ils galèrent de fou pour trouver un salon. Donc ça n'a pas été mon cas, donc assez incroyable. Et ça fait écho aussi à la suite de mon parcours, comment dire. Si tu veux, le fait d'être allé dans ce salon de tatouage pour demander et que ça se fasse aussi smooth, c'était un peu la première porte que j'ai ouverte dans un chemin de... Je n'ai pas envie de dire un chemin de réussite, mais en tout cas d'être beaucoup plus à l'écoute de ce qu'on pouvait m'envoyer, comme signe, je ne sais pas comment expliquer ça, mais... Tu le verras, en tout cas, tout s'est passé magnifiquement bien. Gros bien même, tu vois. Donc j'ai commencé là-bas, en double emploi, parce que j'avais mon 39 heures aussi en mécanique, et ma formation se passait super bien, je commençais à faire pas mal de tatous, etc. Et il y a eu un moment où j'ai dû faire un choix, en fait. Parce que je ne pouvais plus faire les deux, tu vois, on commençait à tirer un peu trop sur la corde, quoi. Donc j'ai demandé à mon patron de l'époque si je pouvais avoir un horaire aménagé pour continuer de travailler avec eux. mais avoir un peu plus de temps pour plus tatouer.
- Speaker #1
Ouais, genre, pas en mi-temps, mais... Ouais, quelque chose comme ça, tu vois.
- Speaker #0
Ou alors commencer très tôt et finir plus tôt. Ah oui, ok.
- Speaker #1
Même garder ton 39 heures. T'étais ouvert.
- Speaker #0
En tout cas, j'étais ouvert, ouais. Sauf que c'était pas le cas, de l'autre côté. Donc voilà, j'ai essayé de me proposer des solutions, etc. Finalement, j'ai pas été trop entendu, ni écouté d'ailleurs. Ce qui m'a coûté un peu, parce que finalement, je m'amusais plus au tatou. Parce que du coup, ça devenait vraiment un effort, tu vois. C'était plus dans le kiff. Et donc, ça m'a fait tomber en burn-out, tout ça. Et j'ai tout arrêté pendant trois mois en me disant qu'est-ce que je veux réellement faire ? Est-ce que du coup, j'avais ma copine actuelle, etc. Et donc, je me disais, est-ce que je garde la sécurité et je fais un métier qui ne me plaît pas ? Mais au moins, on a de l'argent, on peut pourquoi pas acheter ou louer une plus grosse maison, peu importe. Ou est-ce que je me donne les moyens ? reste dans le tatouage et vraiment j'en fais ma carrière. Et pareil, nouveau choix qui est sur la pente montante. Finalement, je me suis dit non, je fais ça. Je n'ai pas essayé de me foutre en l'air pour finalement retourner dans mon métier qui ne me plaisait pas et qui ne m'apportait pas de bien-être. Donc, j'ai arrêté mon boulot en mécanique. J'ai arrêté aussi le shop dans le 4GT. Arrêté de bosser là-bas pour démarrer un nouveau cycle. Et vraiment me dire, là, vraiment, il y a un avant et un après. Tu vois, il y a mon daron qui m'a aidé à me mettre dans ce métier-là, etc. Mais cool,
- Speaker #1
il t'a quand même épaulé alors qu'à la base, il était un peu en mode... Ben,
- Speaker #0
en mécanique de base.
- Speaker #1
Ah, d'accord, ok. Je m'en doutais que tu parlais qu'il t'avait épaulé pour le tattoo.
- Speaker #0
Non, non. Ok,
- Speaker #1
pardon, je n'avais pas compris.
- Speaker #0
Il m'a justement aidé parce que lui était du métier, tu vois, en mécanique. Mais là qu'il y avait enfin un métier qui me plaisait... Parce que quand j'ai découvert le tattoo que le gars m'a montré, mon ancien mentor, je me suis dit « mais putain, c'est trop ça en fait ! » Le fait de transposer l'idée du client ou de la cliente en dessin et de voir comme la personne est contente ou content. le miroir, etc. Tu vois, à la fin du tattoo, c'est trop bien. C'est trop, trop bien. Et il y a toujours une bonne raison, en plus, pour se faire tatouer. Que ce soit juste esthétique, ou alors parce que tu viens d'avoir tes 18 ans, ou alors fêter quelque chose, etc. On en revient à ce truc de vouloir démarrer un nouveau cycle. J'habitais sur Grenoble de base, enfin, à ce moment-là. Donc, j'ai cherché un shop sur Grenoble. J'ai envoyé mon book à plusieurs shops, etc. Et finalement, je marche un peu dans Greu, je vois un shop. Je prends le contact, deux semaines après, je démarre aussi là-bas. Tu vois, tout s'est fait, encore une fois.
- Speaker #1
Genre, tu n'as eu aucun refus. Là, tu as fait deux shops pour demander à y aller et les deux t'ont dit oui.
- Speaker #0
Les deux m'ont dit oui.
- Speaker #1
Je crois que ça s'appelle le destin.
- Speaker #0
Moi, j'appelle ça l'univers. Mais ouais, en soi, encore une fois, une fois que j'ai suivi le bon chemin, finalement, la vie a été beaucoup plus simple avec moi. Alors qu'avant, je me disais, la vie et moi, on n'est pas copains, machin. Et à ce moment-là, du coup, mon daron était assez OK avec ce fait-là. Justement, le fait d'arrêter la mécanique, etc. Parce qu'il voyait que ça me plaisait. Il m'a juste dit, si tu kiffes, fais quoi. Il faut juste que tu fasses de l'argent, tu puisses remplir ton assiette. Tu vois, en gros. Donc, j'ai commencé dans cet autre studio à Grenoble. Je suis resté huit mois pour peaufiner un peu, tu vois, ce que...
- Speaker #1
Les techniques d'apprentissage. Exactement.
- Speaker #0
Et le deal c'était quand on trouve quelqu'un qui fait du maquillage permanent, on part de la boutique. On ouvre les portes mais c'est...
- Speaker #1
Un temps donné.
- Speaker #0
Voilà. Et au moment où je devais partir, un de mes collègues tatoueurs du coup m'appelle pour me dire voilà il y a tel shop à Saint-Martin-d'Air qui ferme. Si tu veux, toi qui veux monter un truc et tout, tu peux prendre ce studio-là. Donc pareil encore une fois tu vois au niveau timing, c'est assez ouf quoi. Et donc c'est comme ça qu'on a ouvert à Saint-Martin-d'Air. Et là, j'ai pu pleinement mettre en place l'idée de comment je concevais ma vie professionnelle. Je savais que je voulais travailler en équipe avec des gens qui partagent le même système de valeurs, offrir une expérience plus plus aux clients et clientes. Et donc voilà, le fait de pouvoir le faire ou de pouvoir faire comme je l'entends dans ma propre structure, c'est incroyable. Et après, on a eu X et Y personnes qui sont rentrées dans la boutique. Et ça a permis d'étoffer tout ça, tu vois. De peaufiner un peu le... Je n'ai pas envie de dire business plan, parce que ce n'est pas à propos de ça, mais de peaufiner l'expérience qu'on propose en soi. Donc voilà. Trop bien. La grande histoire de Dystopia Studio.
- Speaker #1
Oui, mais c'est trop bien. Et d'ailleurs, j'en profite pour dire que tu travailles en collaboration avec Zoé, qui a déjà fait deux épisodes sur le podcast que vous pouvez retrouver. On avait fait un épisode sur la zone de confort et sur les relations amicales, entre parenthèses, meilleurs amis.
- Speaker #0
Elle n'a pas parlé de moi. Le mec, tu sais, il emplacine comme ça dans le milieu.
- Speaker #1
Il l'a mauvaise.
- Speaker #0
Grave.
- Speaker #1
Je te ferais dire qu'elle n'a donné aucun nom. Peut-être qu'elle a parlé de toi, mais sans te nommer.
- Speaker #0
C'est vrai. Il faudra que je réécoute, en fait.
- Speaker #1
Zoé, je viens de te sauver la vie.
- Speaker #0
Grave.
- Speaker #1
OK, en tout cas, trop belle expérience. Et trop bien qu'il n'y ait pas eu de gros échecs. Aussi, apparemment, à partir du moment où tu t'es dit, je me lance dans le tatou. De ce que tu nous as raconté, je n'ai pas l'impression qu'il y ait eu... À mon avis, il y en a eu, forcément. C'est ça,
- Speaker #0
c'est ce que j'allais dire.
- Speaker #1
Ce n'est pas ça que tu retiens, j'ai l'impression.
- Speaker #0
Pas du tout, parce que, encore une fois, après mon burn-out, je n'ai plus voulu vivre... En fait, c'est une grosse expérience de ma vie qui a fait que je n'ai plus voulu vivre les choses de la même manière. Tu vois, s'il y avait quelque chose qui s'apparentait à un échec ou à une difficulté, j'essayais de le transposer en comment je peux arranger les choses, tout de suite, tu vois. Ou ne pas stagner en fait. Après il y a eu la naissance de ma fille aussi dans ces moments-là. Et là, comment dire, quand il y a un truc comme ça qui arrive dans ta vie, c'est que tu ne fais plus du tout les choses dans le même sens. Tu vois, je ne fais plus pour moi finalement. Je fais pour nous. Et donc, en tout cas, personnellement, je vais parler en mon nom, je ne veux pas passer du temps sur des choses qui peuvent être améliorer ou voir autrement. Tu vois, s'il y a moyen de faire mieux ou... C'est pas mieux, en plus, le terme.
- Speaker #1
Non, mais...
- Speaker #0
Tu vois, l'idée, si...
- Speaker #1
J'ai l'impression que ce que tu veux dire, c'est que t'as pas envie de t'attarder sur un truc négatif parce qu'il est négatif.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
T'as envie de te dire, OK, ça, c'est négatif, qu'est-ce que je peux en faire, en fait ? Qu'est-ce que je peux en retenir ? Comment est-ce que je peux le transformer en mieux ? Voilà, qu'est-ce qu'on fait de ce truc moche pour le rendre un peu moins moche, voire même plus beau, quoi. Exactement.
- Speaker #0
On en parlait un peu tout à l'heure, là. par rapport à ce qu'on a fait à notre event, le jeu des fléchettes, ça n'a pas fonctionné. Pas grave. Maintenant, les gens savent qu'on peut proposer ce genre de trucs. Peut-être qu'on remettra en place un autre jour comme ça, peut-être pas. mais au moins on l'a fait. Tu vois, ça n'a pas marché, c'est pas grave.
- Speaker #1
Oui, je recontextualise, mais du coup, le studio de tatouage a fait une flashday il y a 2-3 semaines, non, il y a un mois, bon bref, il y a quelques temps, et donc c'est ce que je disais à Flo, que je trouvais trop bien, parce que c'est une flashday où ils ont organisé plein de petits événements dans l'événement, et il y avait donc un jeu de fléchettes, je pense pour avoir soit une réduction, soit un tatou, c'était ça, et le jeu de fléchettes n'a pas bien marché. Mais voilà, comme on disait, c'était cool d'avoir essayé. Moi, j'ai proposé de faire une pêche au canard la prochaine fois.
- Speaker #0
On pourrait. En vrai, on pourrait. Il faut acheter tout ça.
- Speaker #1
Il y a un potentiel.
- Speaker #0
Il y a un potentiel.
- Speaker #1
Le potentiel fait de Forène. Quand tu vis un échec, même aujourd'hui, pas forcément dans le passé, mais aujourd'hui, à chaud. J'ai compris que maintenant, tu arriverais à prendre de la distance avec, pour le rendre meilleur, finalement, cet échec. Mais sur le moment, tu as quand même ce truc de positivité, où est-ce que tu ressens un truc nul. Pour te donner un exemple, moi, il y a des échecs que j'ai pu vivre, et sur le moment, soit ça m'a rendu triste, soit j'étais en colère, vraiment sur le moment, j'étais en mode, putain, vas-y, fais chier, alors soit je m'auto-flagelle, soit je me dis non, mais oui, mais en même temps, ou je rejette la faute sur quelqu'un ou quelque chose, tu vois, bon voilà. Et puis, le lendemain, parce que la nuit est porte-conseil, le lendemain, tu prends de la distance et tu te dis, bon, OK, qu'est-ce que je peux en faire ? Qu'est-ce que ça m'a appris ? Mais sur le moment, à chaud, est-ce que tu arrives quand même à tout de suite prendre cette distance ? Ou est-ce que tu as encore quelqu'un d'humain, Flo ?
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Je plaisante. Oui, mais en fait, ce que j'allais répondre va dans ce sens-là où on pourrait croire que je suis genre...
- Speaker #1
C'est un robot.
- Speaker #0
Grave à l'écoute de mes émotions et compagnie, alors que je m'énerve aussi, ou je suis triste, etc. Mais quand je ressens toutes ces émotions qui peuvent s'apparenter à des émotions négatives, je les accepte pour ne pas être esclave de ces émotions. Tu vois ce que je veux dire ? Dans l'idée, j'ai fait la paix avec la mélancolie parce que je sais qu'elle me nourrit dans mon univers graphique, par exemple. Donc... Je pars du postulat que j'ai besoin de ces émotions-là, qu'elles font partie de moi et que je les accepte. Et quand du coup je ressens ces émotions-là, me dire ça rend les choses plus faciles. Tu vois, quand je suis en colère parce que ma fille ne veut pas s'habiller le matin, par exemple, je prends du recul et je me dis pourquoi tu es en colère ? Qu'est-ce qui fait que tu vas être en retard ? Est-ce que c'est grave ou pas ? Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Ouais, tu rationalises le truc.
- Speaker #0
Ouais, en fait j'ai le droit d'être en colère. Mais il ne faut pas qu'elle le ressente, par exemple. Donc quand je suis dans le track à 23h30, dans mon lit avec les yeux grands ouverts comme ça parce que je n'ai pas fini un dessin et que je ne vais pas y arriver parce que justement, putain, mais j'ai trop de dessins à faire et là, j'ai deux semaines de retard, peu importe, tu vois. Parce que ça m'arrive souvent, en fait, ce truc-là, d'être à 23h ou 23h de ouf, tu sais, et les yeux, ils restent comme ça. Ou alors je me réveille à...
- Speaker #1
Et on est à 10h demain et c'est ça.
- Speaker #0
Je me réveille à 4h du mat. Et mais attends, je pourrais faire un post Instagram, genre je pourrais faire... Non, tu vois.
- Speaker #1
Ça, je pense que c'est un truc de créateur, enfin de gens qui font des trucs.
- Speaker #0
Peut-être, ouais.
- Speaker #1
En mode, ça tourne tout le temps, tu vois, et tu te réveilles et tu te dis, ah mais attends, je vais faire ça. Et là, tu prends ton téléphone pour que ça note et tourne l'idée, parce que le lendemain, tu tournes sous l'eau. C'est ça,
- Speaker #0
exactement. Mais donc, quand j'ai ce truc de stress là et que je suis... Donc, c'est pas de la tristesse ou de la colère, mais c'est...
- Speaker #1
Un peu de l'angoisse. De l'angoisse, voilà.
- Speaker #0
Pareil, en fait. Tu vois, j'essaye de rationaliser. Parce que réellement, angoisser maintenant à cette heure-là, ça va changer quelque chose.
- Speaker #1
Est-ce que ça vaut le coup ?
- Speaker #0
Oui, non, c'est ça. Comment par contre je peux faire en sorte que demain, je finisse ce dessin ou je finisse ce poste Insta pour que ce soit prêt à temps ? Tu vois ce que je veux dire ? Et donc de rationaliser, de prendre du recul dans ces horaires-là, ça me permet de mieux gérer les sentiments que j'ai à ce moment-là, quand j'ai peur de cet échec qui va arriver ou pas. Donc, pour finir, et pour synthétiser, oui, je ressens des émotions quand j'ai du stress ou de l'angoisse par rapport à des échecs.
- Speaker #1
Et ça va vraiment être ça, le fait de rationaliser tes émotions, tes sentiments et tout, qui t'aide à rebondir ?
- Speaker #0
Oui, beaucoup, parce que finalement, sans dire de trouver la solution tout de suite, ça me permet juste de rationaliser et de prendre du recul. tu vois, rester bloqué encore une fois dans des émotions négatives ou qui peuvent s'apparenter à de la négativité c'est pas ce qui m'intéresse à l'heure d'aujourd'hui je sais pas si toi t'arrives à faire ça toi ou pas déconnecter un peu non
- Speaker #1
Ça va dépendre des périodes.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Après, je pense que... Peut-être que c'est une excuse, ce que je vais dire, j'en sais rien. Mais je pense aussi que le fait d'être une femme et d'avoir des soucis hormonaux, ça aide pas, tu vois, à certains moments à prendre le recul qu'il faut. Parce que le pouvoir des hormones est assez fort et intense. Et clairement, je sais qu'il y a des moments où, tu vois, je vais vivre un échec ou un truc nul. Enfin, voilà. Impossible de prendre du recul.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Enfin, tu sais, c'est... Enfin... En tout cas, moi, ça me tire à cœur de fou. Et même, je vais en faire une montagne. Vraiment. Et je vais avoir mes amis ou mon mec, tu vois, qui vont me dire, mais Pauline...
- Speaker #0
Ouais, rationalise.
- Speaker #1
Tranquille, quoi. Tu vois, redescends, quoi. Et là, je me rends compte que je suis montée très vite, mais que c'est pas du tout rationnel. Au contraire, tu vois, il y a un truc qui m'a nourrie. Et puis là, tu réfléchis, tu te dis, ah ouais. Peut-être que la période n'était pas la bonne, tu vois. Donc, parfois... Soit je m'en sers comme excuse, soit c'est une réalité. C'est très dur de savoir le vrai du faux. Mais je pense que déjà en tant que femme, parfois c'est dur de rationaliser. En tout cas sur ces émotions et tout. Parce que parfois c'est un petit peu compliqué à gérer. Et d'autres fois, par contre, j'arrive grave à prendre la distance. Et tu vois, tu vis ton échec. Là, tu vois typiquement en ce moment au boulot, donc à mon travail salarié, je suis débordée. Mais vraiment, je suis débordée de ouf. Bah, je suis en mode, bah... Ouais, quand je fais ce que je peux, quoi, tu vois. Et bon, j'ai la chance d'avoir ma direction qui ne me dit rien. Ils savent que je fais ce que je peux. Donc, toi aussi, j'ai la chance par-dessus de ne pas avoir les reproches, de dire, bah, pourquoi ça ne s'est pas fait ? Donc, bon, ça aide énormément. Mais même moi, par rapport à avant, tu vois, là, je suis en mode, ouais, bon, là, je suis partie, j'ai 25 mails non lus. Ça, psychologiquement, c'est dur. Moi, il faut que ça soit très gros, tu vois.
- Speaker #0
Tu m'étonnes.
- Speaker #1
Eh ben, tant pis, je pars en week-end, j'ai 25 mails non lus, il y a plein de trucs qui ne sont pas traités, eh ben, tant pis, il y a eu plein d'imprévus, plein d'urgences urgentes à régler, et bon, c'est un échec pour moi, de ne pas réussir à avoir fini mon travail à la fin de ma journée ou à la fin de ma semaine. Mais maintenant, j'ai réussi à prendre de la distance, et pareil, tu vois, comme toi, l'année dernière, j'ai fait un burn-out, une décrétion à cause du travail et tout, donc j'ai quitté ce travail, eh ben, oui, ça m'a grave appris. à me dire, bah ouais, et donc ?
- Speaker #0
Bah en fait, c'est ça. Personne ne va venir te couper le bras parce que tu sais ce que je veux dire.
- Speaker #1
Au pire, on va me faire une remarque. Je vais mal le prendre, clairement. Et puis, bah, on verra ce qui se passe. Enfin, bah en fait, j'en sais rien de ce qui va se passer. Je ne sais même pas si on va me faire une remarque. Et puis, bon, on verra quoi. Donc j'ai réussi, tu vois, il y a certaines choses où j'ai vachement réussi à prendre de la distance suite à des échecs parce que... Bon, ça aussi, mais c'est personnel, tu vois, le burn-out que j'ai fait, pour moi, ça a été un échec, ça a été très dur d'accepter de me mettre en arrêt maladie, d'aller voir le médecin, tu vois, pour dire là, ça va pas, d'avoir une figure aussi, tu vois, d'autorité médicale qui te dit là, vous allez pas bien.
- Speaker #0
Ouais, ouais.
- Speaker #1
Wow.
- Speaker #0
Non, en vrai, ça va.
- Speaker #1
Non, non, mais je vous... Puis tu sais, moi, je rigole tout le temps, peu importe la situation, je vais rigoler, je vais être souriante, je vais rigoler, je vais faire la petite blague qui va bien pour détendre le truc. Et elle me disait, non, mais je vois bien que vous essayez de... Elle me dit, mais votre tension artérielle... Je lui ai dit non ! Et j'ai dit, là, j'ai un bon d'accord et tout. Et en fait, à partir du moment où ce médecin m'a dit, non, ça va pas, je suis sortie du rendez-vous et vraiment, je suis restée au moins 20 minutes dans ma voiture.
- Speaker #0
Genre,
- Speaker #1
bon, là, qu'est-ce qui se passe ? En fait, là, c'était à moi de choisir. Est-ce que je déclare cette arrêt maladie ou pas ? Et vraiment, pendant 20 minutes, j'étais en mode, ouais, mais en même temps, Pauline, t'en peux plus. Oui, mais enfin, ça va, tu vas y arriver, tu vois. Tu vois, ce dilemme, tu vois. Et pour moi, c'était vraiment un échec d'arrêter. Parce que j'avais aussi cette sensation... débile, mais de laisser gagner mon patron.
- Speaker #0
Ok, ok.
- Speaker #1
Donc il y avait aussi un peu d'ego, je pense, tu vois. Bon, un mélange de plein de trucs merdiques, tu vois, mais ça a en même temps été une grosse claque parce que mon entourage m'a dit non, en fait, tu vas prendre la décision pour toi et tu t'arrêtes. C'est suffisant, tu vois, les conneries, ça va, j'en ai marre de te récupérer en pleurs sous la douche. Des situations géniales. Et mine de rien, la première semaine, j'étais en mode... qu'est-ce que je vais faire ? Vraiment, ça a été un échec.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Un échec psychologique aussi, de me dire que je me pensais forte. Non, mais c'est aux autres que ça arrive. Il y a ça et on est construit comme ça. C'est ça. Mes parents ont toujours été très carriéristes, très longs le travail. Le travail, c'est leur vie. J'ai aussi été élevée dans ce milieu-là où ils ne se mettaient jamais en arrêt maladie. Plein de trucs. Et bon, toi, tu le vis. Et puis bon, là, tu commences à appeler ta mère pour lui dire, bon, je suis en arrêt. Ah bon ? Ta sœur ? Oui, mais en même temps, tu ne vas pas être arrêtée indéfiniment. Bon, voilà, sniff. Donc, tu vois, parce qu'on a grandi comme ça, tu vois, on a élevé comme ça. Mais aussi de l'annoncer à l'entourage. Ouais, c'est aussi un échec de dire, j'ai échoué. Enfin, moi, en tout cas, sur le moment, tu vois, je l'ai vraiment vécu comme ça. Aujourd'hui, je ne le vois plus de cette manière. Aujourd'hui, je me dis... Non, en fait, Pauline, tu t'es sauvée la vie, parce que je pense vraiment que j'aurais mal fini. Mais sur le moment, gros échec. Et là, je n'ai pas réussi à prendre du recul tout de suite. J'ai pris du recul au bout d'un mois, un mois et demi d'arrêt maladie. Ou en fait, au bout d'un mois et demi aussi, j'ai commencé à me sentir mieux, je pense. Et donc, prise de distance, les émotions étaient différentes et tout ça.
- Speaker #0
C'est une sacré histoire aussi. Tu pourrais faire un épisode.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Il y a un... Il n'y a pas un épisode sur la dépression en travaillant lui-même, mais il y aura un épisode sur la dépression en tout court.
- Speaker #0
Ok, ok, ok.
- Speaker #1
La joie, quoi.
- Speaker #0
D'accord. Ça intéresse les gens, ça.
- Speaker #1
Mais oui, parce que je pense que c'est important d'en parler aussi, parce que souvent, on ne se rend pas compte quand on y est.
- Speaker #0
Ouais, c'est clair.
- Speaker #1
Et donc, voilà. Je pense qu'on a fait le tour de pas mal de points. Est-ce que toi, il y a des choses que tu aurais aimé rajouter ?
- Speaker #0
Sans dire de faire le... donneur de leçons, juste que ouais, bah, le mot de la fin, c'est ça, c'est rester mesuré sur est-ce que c'est vraiment important ou pas ce que je suis en train de vivre maintenant, en termes d'échec. Encore une fois, quand tu fais tomber un verre d'eau et que tu renverses de l'eau par terre, est-ce que vraiment c'est un échec ? Pour certains, oui. Moi, c'était le cas quand j'étais beaucoup plus jeune, tu vois. Maintenant, ça l'est plus, on est bien d'accord. Échouer dans sa vie pro. Et se retrouver endetté, est-ce que justement, tu le mets au même niveau ou pas ? Vraiment, je parle dans mon cas, avec les exemples qu'on a donnés aujourd'hui, mais voilà, c'est ça le mot, la mesure.
- Speaker #1
Super, puis je pense que moi, l'épisode qu'on vient de faire, ça me fait me rendre compte qu'être humain, c'est ne pas être parfait, et qu'il y a des échecs qui nous sont propres et d'autres qu'on subit, parce que c'est la vie et qu'on ne peut pas tout gérer. Et je pense que ça rappelle aussi que de vivre des échecs, c'est être humain. et qu'on les gère comme on peut. Super. Eh bien, merci beaucoup, Flo.
- Speaker #0
Eh bien, merci à toi. C'était grave cool. Grave à un chouette moment. Trop bien.
- Speaker #1
Eh bien, n'hésitez pas à venir nous suivre sur Instagram. Donc, je remettrai le compte de Flo en description. Mais c'est id.lunaire, si je ne dis pas de bêtises.
- Speaker #0
C'est ça, exactement.
- Speaker #1
Donc, le studio Dystopia à Grenoble. Et bon, sur le podcast de Anneau de Podcast, évidemment, n'hésitez pas à venir partager aussi vos retours et vos avis sur ce que c'est l'échec. Je vous dis à très bientôt.
- Speaker #0
Salut, salut. Merci d'avoir partagé ce moment avec nous. Si cet épisode vous a plu,
- Speaker #1
n'hésitez pas à en parler autour de vous et sur les réseaux sociaux. Et pour rappel, le podcast à nous deux, c'est un mardi sur deux.