- Speaker #0
Salut ! Bienvenue sur le podcast de Anne aux Deux.
- Speaker #1
La dépression fait partie des maladies invisibles. Elle peut avoir plusieurs formes différentes et être vécue et traitée différemment selon le contexte et la personne. De mon côté, j'ai déjà eu plusieurs épisodes dépressifs, soit par mal-être, suite à des décès, des traumatismes ou encore un burn-out. Cette maladie, on en parle de plus en plus, mais cela peut être encore un peu flou. Et c'est pour cette raison que nous avons décidé d'en discuter avec Mathilde. Attention, comme pour chaque épisode, je rappelle que ce podcast n'est pas un lieu avec un discours professionnel. Cela reste nos mots, nos vécus et nos ressentis. Nous ne sommes pas médecins et nos paroles ne peuvent pas être prises pour diagnostics. Si vous avez un doute et que vous avez besoin d'aide, je vous invite à consulter un professionnel de santé. Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast. Aujourd'hui, ça va être un épisode peut-être un petit peu lourd. Mais je pense essentiel qu'on puisse parler un petit peu plus et un petit peu plus loin de santé mentale en parlant de la dépression, qui est quand même le gros truc de santé mentale dont il est important de parler. En échangeant sur Instagram avec Mathilde, elle est venue se proposer pour parler de ce sujet-là. Et c'est pour ça qu'elle est avec nous aujourd'hui. Donc merci Mathilde d'être là sur cet épisode. Je vais directement lancer le sujet de but en blanc. Est-ce qu'avec tes mots, tu pourrais nous définir ce que c'est la dépression ?
- Speaker #0
D'abord, bonjour à tous et merci Pauline de me recevoir pour parler effectivement de ce sujet qui est un sujet tellement d'actualité en ce moment, avec effectivement cette fameuse santé mentale dont on entend très régulièrement parler. Alors moi, avec mes mots, comment je définirais la dépression ? On va dire que du côté factuel, la dépression, on va dire que c'est un peu la maladie de l'âme. C'est une maladie invisible. C'est une maladie aussi qu'il ne faut pas prendre à la légère, qui indique qu'il y a quelque chose qui est un peu cassé en soi, qui se fissure, qui t'empêche d'avancer. Et donc, comme c'est une maladie, ça nécessite aussi une prise en charge. Et ça, je pense qu'on en reparlera plus tard. Et après, d'un côté un peu plus personnel, je dirais que c'est un peu comme un rouleau de vagues qui t'embarque. Et tu ne sais pas trop quand tu vas pouvoir remonter à la surface. Moi, j'adore la mer, donc j'essaye de rendre la comparaison un peu plus douce avec un univers qui me correspond. Et en fait, quand tu te prends la vague, on va dire, en pleine face, une grosse vague, en fait, ça peut mettre ta vie en péril quand tu es dans l'eau. La dépression, c'est un peu pareil. C'est un truc qui ne vient pas des éléments naturels, mais qui est invisible, mais qui, similaire à une grosse vague, te fait perdre pied, te fait perdre sens à ta vie et voir... peut mettre ta vie en danger. Donc voilà un petit peu ce que ça représente. Les mots pour moi qui me viennent quand on parle de dépression et à la fois du côté factuel et du côté un peu plus perso.
- Speaker #1
Je trouve que ça va être bizarre ce que je vais dire. C'est une belle comparaison. En tout cas, c'est bien imagé.
- Speaker #0
On va dire qu'il y a des éléments qui se rapprochent en tout cas entre les deux tout en laissant le truc un peu plus poétique. Parce qu'au début... Quand j'ai eu ta question, j'ai réfléchi à ça. Et en fait, l'image qui m'est arrivée, alors je ne sais pas si ça parlera à certains, mais c'est un peu la bête du démon gorgon comme dans Stranger Things. Genre un truc qui ne se voit pas, mais qui est horrible et qui dévaste tout. Et après, je me suis dit, mais je ne vais quand même pas dire ça dans le podcast. Enfin, tu viens de le dire. Ouais, voilà, mais je l'ai dit.
- Speaker #1
Mais en fait, je me suis dit, en fait, j'aime beaucoup la mer. Et je me suis dit,
- Speaker #0
est-ce que je ne pourrais pas trouver un truc un peu plus doux, un peu plus... poétique quand même, mais qui montre quand même que c'est fort.
- Speaker #1
Ça marche bien parce que souvent, quand on est dans un état dépressif, on se dit qu'on se sent submergé. Donc ça va aussi bien avec cette image de la noyade.
- Speaker #0
C'est exactement ça, ouais.
- Speaker #1
Tu vois aussi, ce qui revient souvent et régulièrement, c'est qu'on peut avoir du mal à faire la différence entre j'ai un coup de moins bien, j'ai un coup de blouse et vraiment, je suis en état dépressif, je suis malade.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
La différence va se faire quand et comment ?
- Speaker #0
Alors, je pense que selon moi, et d'autant plus parce que j'ai vécu un long épisode dépressif, et donc en fait, pour moi, le coup de blues, ça reste un truc assez léger, assez passager. Et même, je vais te dire que j'aime bien le mot parce que ça me fait penser un peu au jazz, au blues. Donc en fait, c'est l'idée. Enfin, quand c'est un coup de blues, selon moi, c'est qu'il y a vraiment une idée de quelque chose quand même que tu peux, tu as toujours une capacité. de discernement et d'être capable un peu de maîtriser quand même ce qui se passe. Pour moi, le coup de blues, en fait, c'est un truc qui va te frapper quand même mais qui est souvent lié à un domaine, un pan précis de ta vie, peut-être le côté pro, perso, etc. Mais ça ne va pas te ravager comme ce que fait la dépression. Pour revenir sur le coup de blues, je pense qu'en fait, comme tu as toujours cette... capacité de discernement et de prendre du recul par rapport à ça, tu peux essayer de mettre en place des choses qui vont t'aider à rebondir facilement. Contrairement à la dépression où là, on revient avec cette image de vague un peu, c'est un truc qui te noie, qui te submerge. Et du coup, tu n'as plus du tout cette capacité-là de discernement, de prendre du recul sur tout ce qui se passe. Et puis, contrairement au coup de blouse, ce n'est pas un truc passager en fait. C'est un truc qui t'englobe dans ta vie en général. Tu te perds complètement. Tu es l'ombre de toi-même. Contrairement au coup de blues, où je pense que tu restes toi. Tu restes quand même ancrée.
- Speaker #1
Je pense que ce paramètre de durée de cet état où on ne se sent pas bien, le coup de blues va être sur une courte durée, voire très courte. Ça peut durer un ou quelques jours. Alors que c'est vrai que l'état dépressif, en fait, je pense que c'est un des signes où il faut s'alerter. C'est que ça dure, mais ça dure des semaines, des mois parfois. Et tu te dis, mais ce qui m'arrive en fait. Et ça devient ingérable, tu ne sais plus qui t'es, t'es l'homme de toi-même. Et tu te dis, mais là, ça dure depuis trois semaines, trois mois. Qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #0
Et puis, tu as l'impression que le temps, il devient infini. En fait, qu'une journée, c'est un mois, c'est un an. Et c'est là où quand tu vas bien, quand tu te dis « Ah, mais les journées, elles passent trop vite ! » Et en fait, quand tu vois certains proches qui te disent ça, tu dis « Mais si ça passe vite ! » Mais nos problèmes, en fait, c'est que tout va bien dans ta vie, en fait. Justement, c'est mieux que tu dises que ça passe trop vite, en fait.
- Speaker #1
Ouais, c'est vrai. C'est vrai que je n'avais jamais vu ça comme ça, mais ouais,
- Speaker #0
carrément.
- Speaker #1
Mais ça fait effectivement partie des signes qui peuvent alerter, tu vois, de voir le temps, comme tu dis, s'étirer. En fait, le temps est long. Et en fait, je pense aussi que vu que t'es mal psychologiquement, que, on va dire l'éternel, t'as plus envie d'être là, en fait. T'as juste plus envie ni que ton enveloppe corporelle soit là, ni que ton esprit, t'as envie que tout soit effacé. Et du coup, chaque minute, t'as l'impression de la subir. Et je pense que ça fait vraiment partie des signes alertants par rapport à ça. Est-ce que toi, tu aurais d'autres signes qui peuvent faire dire « Attention, peut-être qu'il y a quelque chose ? »
- Speaker #0
Alors, du coup, on a dit qu'effectivement, il y a cette idée de « t'es l'ombre de toi-même, tu te reconnais plus » . Donc ça, on l'a un peu dit ensemble. Moi, j'avais aussi cette idée qui te vient de « tu t'isoles, en fait » . T'as envie de rester seule, tu te renfermes un peu sur toi, tu restes un peu opaque au monde extérieur et t'es plus trop capable, en fait, de t'intéresser aux autres. et justement quand parfois bah aussi bien par le travail que par des sorties que tu avais organisées. Finalement, tu te dis, bon, je ne peux pas tout le temps annuler. Enfin, parce qu'au début, tu n'as pas envie d'en parler. Ça devient très énergivore pour toi aussi, des choses qui étaient, on va dire, assez banales à faire dans la vie de tous les jours, même sortir faire tes courses. En fait, pour toi, ça devient un supplice, quoi, presque. T'as vraiment envie de rester chez toi ? Moi, j'avais une grosse période, un moment où je voulais rester dans le noir. Tu vois pas voir la lumière du jour. Et t'as l'impression aussi parfois que dormir, ça va résoudre tes problèmes. Ou de fermer les yeux, en fait, tu te dis on sait jamais. Peut-être qu'à un moment, je vais me réveiller et je vais me dire que je serai dans un... Enfin, je serai sortie d'un cauchemar quoi, ou j'en sais rien enfin. Donc, tu as cette idée de toujours vouloir dormir ou rester dans le lit. Parce que, aussi, justement, comme on l'a dit, en fait, comme tu perds pied, tu perds sens et goût à la vie, en fait, tu te dis, pourquoi je vais me lever ? En fait, je n'ai plus du tout de trucs qui me raccrochent. Il y a aussi, dans l'idée de ne plus avoir goût à la vie, il y a aussi, malheureusement, quand on commence à avoir des envies suicidaires, on va dire le mot, même s'il est fort, c'est sûr que c'est des signaux d'alerte on va dire alerte maximale, quoi. Par rapport à ça, t'as aussi tout ce qui est la perte de confiance en soi. Moi, j'avais un peu cette impression d'être tout le temps nulle partout. Et du coup, ça t'incite plus à faire des choses, en fait. Tu perds confiance en tout.
- Speaker #1
Ouais, tu te sens en échec tout le temps sur tout ce que tu fais, en fait. Et ça peut être sur des trucs professionnels. Des trucs débiles. Et des trucs complètement débiles. Genre, je sais même pas cuire des pâtes, tu vois.
- Speaker #0
Exactement. Alors moi, j'avais justement ça, c'est que moi, j'ai une recette de gâteau yaourt, un truc inratable où tu n'as pas besoin de berdoseur. C'est tu prends ton pot de yaourt et puis c'est un pot de yaourt, ton tantan de pot de farine, etc. Genre le truc, tu ne peux pas le rater. Et moi, un jour, je l'ai raté. Et là, je me suis dit, même mes parents, ils m'ont dit, Mathilde, mais comment ça se fait en fait ? Et en fait, je n'avais pas l'idée, j'avais l'esprit ailleurs. Et t'as ça aussi dans la dépression, c'est que t'as l'impression de tout le temps cogiter. Enfin, moi, dans ma famille, on dit beaucoup souvent qu'on cogite sur les trucs, en fait. C'est ton esprit, il est ailleurs, en fait. Et y réfléchir à des trucs, tu sais même pas quoi. Mais ouais, ton esprit est ailleurs, en fait. Et t'as aussi plus d'âme, on dirait, plus d'âme humaine, en fait.
- Speaker #1
Tu deviens un robot. Je sais pas si toi, t'as ressenti ça. T'as l'impression de faire tout par automatisme. et comme tu dis sans âme t'as l'impression que tout ce que tu fais n'a plus de valeur énergétique,
- Speaker #0
émotionnelle la rémunération les choses par les autobaptismes parce qu'il faut les faire exactement et je pense qu'un dernier point aussi c'est l'appétit qui peut énormément varier pendant un épisode dépressif moi je vois que par exemple mon cas ça a été une perte de poids qui a été un moment assez subite et qui m'a même conduit dans un épisode d'anorexie. Je faisais 38 kilos pour 1m64. Donc comment dire que ça commençait à être un peu problématique. Mais voilà, c'est tout un tas de petits signes. Je ne dis pas forcément qu'on a tous forcément les mêmes. Il y en a sûrement aussi d'autres. Mais voilà, ne serait-ce qu'il y a certains petits signaux sur lesquels il faut être un peu vigilant et qui peuvent faire penser à une dépression.
- Speaker #1
Oui, et il y a un des signes que moi j'ai vécu, et j'ai compris après. Tu sais, tu disais, on se coupe un peu socialement, etc.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Alors moi, j'ai vachement eu ça, mais par exemple, j'ai été en état dépressif, tout en allant au travail et en étant la même Pauline que d'habitude, en étant hyper souriante, tu vois. Et donc, et même avec mon entourage, en fait, moi, j'avais plus rien à l'intérieur de moi. Genre, bref, j'étais vide, quoi. Mais, bah, je faisais face. Genre vraiment, il y avait la façade à mort de la Apolline, toujours souriante, toujours rigolote, motivée, motivante, la même que d'habitude. Et en fait, quand on a diagnostiqué, bon moi c'était un burn-out, quand ça a été diagnostiqué, tu vois, et que je l'ai dit à mon entourage que j'étais en arrêt maladie, tout le monde m'a dit « Ah bon ? Mais pourtant, tu rigoles toujours pareil. » là c'était fini je ne pouvais plus sourire parce que j'étais en mode ah ouais purée c'est ça en fait il faut que j'arrête de dans un sens j'avais l'impression de me mentir aussi à moi-même tu vois prétendre d'aller bien c'est ça et pas assumer ou pas vouloir le reconnaître je ne sais pas ce que c'était auprès de l'entourage même ma famille même mes proches ils m'ont dit ah bon toi genre toi tu fais une dépression ouais ouais ouais apparemment ouais
- Speaker #0
Ouais, ouais, c'est pas évident. En fait, c'est surtout réussir à bien se connaître et à un moment, être capable de se dire « Ah, mais là, en fait, je donne l'impression que ça va bien, mais je sens au fond de moi que ça va pas » . Mais ça, c'est pas évident aussi et je pense que c'est justement que quand on a vécu un premier épisode dépressif et qu'on a réussi à le soigner correctement, que là, on est capable... parfois quand il y a des petits signaux qui reviennent de se dire ah là ça m'alerte un petit peu il va falloir que je mette en place des choses pour stopper ouais mais c'est exactement ça en fait tu sais pas que c'est ça
- Speaker #1
Tu comprends un peu plus de poids. Et en fait, tu te dis, là, je suis en train de tomber bas, Ça ne va pas, en fait. Je ne sais pas si toi, tu avais eu d'autres signes plus physiques. Mais tu parlais de la perte de poids ou de la prise de poids. Moi, je n'ai pas eu ça. Mais par contre, mon corps m'a alertée en faisant de l'hypertension.
- Speaker #0
D'accord. Et en fait,
- Speaker #1
c'est comme ça, tu vois, que c'est lancé. En fait, mon médecin prend ma tension. Elle me dit, oula. mais Pauline ça va pas du tout et elle me dit mais qu'est-ce qu'il se passe et là j'ai fondu en larmes genre vraiment je me suis effondrée en fait et à partir de là a commencé tout le processus et elle m'a dit non mais là ça va pas et c'est dans votre tête que ça va pas tout est relatif mais c'est logiquement que ça va pas donc ouais parfois le corps dit aussi sonne la crème de notre mariage en disant hey il serait peut-être temps de t'écouter et en fait je suis en train de te dire que ça va pas ouais
- Speaker #0
Et même aussi, je sais que pour certaines femmes, parfois, tu as l'arrêt des règles aussi.
- Speaker #1
Oui, tu as raison de le dire.
- Speaker #0
Alors moi, comme j'ai perdu énormément de poids, c'était lié aussi. Il n'y a plus d'énergie. Mais je sais que parfois, même pour certaines femmes, alors que le poids ne le justifierait pas forcément, tu peux avoir une année morée en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. Tu as raison de le mentionner. Est-ce que tu voudrais ? nous parler de ton expérience sans forcément rentrer dans les détails, mais justement, ton expérience par rapport à ça, où tu nous expliquais effectivement la forte perte de poids. Mais à quel moment est-ce que tu as eu ce déclic, entre guillemets, de te dire là, ça ne va pas et il faut faire quelque chose ? Et qu'est-ce que tu as fait ? Qu'est-ce que tu as mis en place ?
- Speaker #0
Alors après, on va dire que moi, la dépression, je l'ai vécue pendant pas mal d'années. Il y a eu, en fait, je pense parfois des micro-épisodes dépressifs. Entre le début de mon adolescence et la fin de mon adolescence, avec, je pense que, déjà, j'ai eu une entrée au collège qui n'était pas évidente, j'ai déménagé, j'ai eu un divorce de mes parents, j'ai eu donc un modèle familial un petit peu différent, le collège, tu ne connais personne, etc. Enfin bon, donc ça, il y a eu un premier petit truc, un premier petit signe qui est arrivé, mais bon. Il n'y a rien eu, il n'y a pas eu de médicaments, d'antidépresseurs ou de psy. On a laissé passer un peu les choses. Et puis, bon, voilà. Après, je veux dire, j'ai vécu ma vie d'ado plutôt tranquille. En seconde, j'ai eu un petit peu d'harcèlement scolaire. Donc, ça a fait ressurgir un petit peu ce truc-là. Et puis, il faut savoir qu'aussi, en fait, moi, suite justement à mon entrée au collège, Et à ce mal-être un petit peu que j'ai eu, je me suis formée une carapace et je me suis beaucoup réfugiée dans le travail. Donc ça a fait un petit peu mon petit cocon de bien-être. Et donc voilà, j'étais souvent dans le travail, très studieuse, très exigeante aussi envers moi-même. Et donc ce qui a fait qu'aussi en seconde, parfois j'étais... Ouais, alors je ne sais pas si on me traitait d'un télo, mais en tout cas, j'étais un peu dans ma bulle. Je n'avais pas forcément beaucoup d'amis. et je pense que pour certains... Ils ne comprenaient pas que j'aime travailler. Il y avait peut-être un peu de jalousie aussi. Donc, j'ai eu un petit peu ce petit cocon de travail. Sauf qu'on se dit qu'à un moment, si on ne se base que sur le travail, quand le travail, ça ne va plus, ça s'effondre. Et les ébauches de peut-être des pressions, de petites choses qui n'allaient pas, tout ça remonte à la surface. Et ça, ça s'est passé en fait. en milieu de ma deuxième année de prépa. Parce que comme j'étais une élève brillante, il fallait faire classe prépa. Et donc là, j'ai eu vraiment un premier épisode qui a été qualifié d'épisode dépressif. Où là, c'était en fait, moi je n'arrivais plus à travailler en fait. Et ça m'a complètement mis en panique parce que je me suis dit, mais mince, comment je vais faire ? C'était ma deuxième année de prépa quelques mois avant les concours. Donc là, je me dis, mais en fait, ma vie s'effondre quoi. On a été chez le médecin de famille qui m'a dit que ça ressemblait à une dépression. Il faut savoir que mon papa a déjà connu dans sa vie des épisodes dépressifs. J'ai essayé de le cacher. À un moment, je pense qu'il y a des petites... Comme je n'arrivais plus du tout à travailler, il a essayé de me faire ressortir des mots. par rapport à ça. Et là, il m'a dit, écoute, je pense que c'est peut-être un début de dépression. Et donc, j'ai commencé un petit traitement avec des antidépresseurs. Mais bon, il faut savoir que le médecin de famille, en fait, il ne savait pas trop ce qu'il... Je pense que les antidépresseurs, il les donnait un petit peu à tout va. Et je n'ai pas eu vraiment un vrai suivi là-dessus. Mais bon, il faut croire que les antidépresseurs m'ont permis de retrouver un peu de force, d'énergie. J'ai passé les concours. j'ai eu une école à l'époque j'habitais à Paris et l'école était à Toulouse donc là je me suis dit ah mais génial une nouvelle ville un moyen de fuir entre guillemets ces problèmes de repartir à zéro un nouveau départ et puis en tout cas Voilà, et puis en fait, pas du tout, parce que... Ils étaient dans la valise,
- Speaker #1
les problèmes.
- Speaker #0
Ouais, voilà, c'est ça, effectivement. Et en fait, quelques mois plus tard, à nouveau, la dépression a refait surface, et de façon un peu plus prononcée, parce que là, en plus, j'avais pas mes proches auprès de moi, donc en fait, j'étais un peu toute seule dans ma bulle. Et donc, c'est là où le mal-être s'est aussi matérialisé par le fait que j'ai perdu beaucoup de poids. Et à un moment où je suis rentrée chez mes parents, là, mes parents m'ont dit « Mais là, Mathilde, en fait, tu t'es regardée dans une glace, en fait. Ça ne va plus, quoi. » Et puis, en plus, c'était l'hiver, je me rappelle, quand j'étais rentrée. Donc, j'avais essayé tant bien que mal de mettre des couches pour ne pas que ça se voit. Mais en fait, je pense que mes joues étaient creusées. quand je vois des fois des photos mes jambes c'était des des allumettes, des brindilles je me dis bon donc voilà et donc en fait j'ai fait un Un retour express à Paris, où mes parents m'ont dit, déjà, en fait, par rapport à ton poids, il va peut-être falloir t'hospitaliser ou bien tu te prends en main. Donc, à nouveau, re des antidépresseurs avec le fameux médecin de ville qui suivait pas trop les trucs. Un petit coup chez la diététicienne aussi pour me donner un peu de poudre, pour reprendre un peu de poids. Et puis, j'avais essayé un peu d'aller voir des psys, mais c'était pas très concluant, en fait. Mais donc, en fait, quand je suis revenue à Paris, j'ai essayé aussi parce qu'en fait, j'étais en pleine phase d'études. Et donc, je pense que ça trottait toujours aussi dans ma tête parce que comme je m'étais construite autour des études, le fait d'avoir quitté l'école que j'avais à Toulouse, je me disais, mais mince, qu'est-ce que je vais faire de ma vie ? Et donc, j'ai trouvé une école sur Paris, donc à bien voulu de moi parce que j'avais toujours eu quand même, même dans mon école à Toulouse, des super notes. Donc, en fait, ça m'a permis de valider pas mal de choses. Et puis, dans cette école, donc c'était une école d'ingé, je fais quelques mois et là, rebelote encore cette dépression qui revient. L'idée d'être que l'ombre de soi-même et tout en essayant de prétendre d'aller bien.
- Speaker #1
Et à chaque fois que tu es revenue sur ces épisodes dépressifs, tu ne prenais plus les antidépresseurs ?
- Speaker #0
Alors en fait... Ça reste assez flou dans ma tête, mais au début, quand j'ai eu mes premiers épisodes dépressifs, en fait, le médecin de ville m'avait donné des antidépresseurs. Mais moi, il ne m'avait pas du tout expliqué comment les prendre, en fait. Et je pense que dès que ça allait mieux, j'avais arrêté de les prendre. Mais à mon avis, selon moi, il devait me rester parfois une petite boîte. Et puis, quand ça n'allait plus trop bien, hop, j'en reprenais. Je pense que je faisais peut-être ça. Ouais, j'avoue que là, sur ça, j'ai... Je ne me souviens plus très bien. Mais en tout cas, ce dont je me souviens, c'est qu'à peine un an après avoir commencé cette nouvelle école à Paris, j'avais une petite boîte d'anxiolithique parce que parfois, j'avais des crises un peu d'angoisse par rapport, je pense, à toutes ces idées qui cogitaient un peu dans ma tête. Et juste pour bien dormir aussi, je pense que le médecin m'avait donné une petite boîte. Il m'avait dit, voilà, c'est un moment où il faut dormir. t'en prends quelques-uns et puis ça va passer tout seul. C'était trop lourd pour moi, en fait, tous les épisodes-là et de ne pas voir le bout du tunnel, en fait, de jamais pouvoir ressortir de tout ça. Donc, en fait, un soir, j'ai pris beaucoup d'anxiolithique. Mais ce n'était pas forcément pour mettre fin à mes jours, c'était juste, en fait, un gros signal d'alerte pour dire, là, en fait, je ne vais vraiment pas bien, pas bien du tout et j'ai envie de trouver des gens qui m'aident, en fait. Et donc, suite à ça, j'ai eu une première hospitalisation en établissement psychiatrique. Et là, en fait, le diagnostic a été assez étonnant. Ils m'ont diagnostiqué bipolaire. Donc, j'ai eu des médicaments qui n'étaient pas du tout adaptés. Alors, ils savaient que j'avais eu une dépression, mais ils disaient, ouais, mais il y a aussi des troubles bipolaires. Donc, il faut des médicaments pour traiter ça. Et sauf qu'en fait, ça n'a pas du tout marché. Et j'avais des périodes très enjouées. qui était un peu incontrôlable. Et ouais, c'était super bizarre, en fait. Et donc, en fait, la première hospitalisation n'a pas du tout marché. En parallèle, en fait, on a déménagé dans un autre département. J'ai changé de médecin. Et là, j'ai ma médecin traitante, qui est toujours la mienne actuellement, qui est juste formidable. Et qui, en fait, suite à cette première hospitalisation, où, en fait, elle a vu que ça n'avait pas bien marché, ça n'avait pas été trop concluant, parce que... Sur le tas, je lui ai un petit peu expliqué ce que j'avais eu. J'ai replongé. Et là, en fait, elle a dit à mes parents, il faut l'hospitaliser, mais autre part, dans un établissement vraiment psychiatrique et peut-être plus « hard » en termes d'hospitalisation. Et effectivement, ça a été plus « hard » pour moi. J'ai eu une première semaine presque à l'isolement, où tu es sur un étage avec des gens qui qui enfin tu sors pas quasiment pas de la journée t'es en blouse ça fait un peu style prison le truc il y a un arcane dans Batman mais ça fait un électrochoc aussi je peux te dire et là en fait j'ai vraiment été super bien prise en main par un psychiatre par une psy aussi et là on a pu vraiment au cours de l'hospitalisation on te bourre de médocs et je pense qu'ils essayent de te retaper Je me rappelle que tu avais des petits ateliers, loisirs créatifs, trucs comme ça, pour essayer de te sortir de ça. Il y avait aussi une salle de sport, donc le psychiatre m'avait dit « Écoutez, il faudrait reprendre une pratique sportive aussi, etc. » Et sorti de cette hospitalisation, qui a duré, je pense, un peu moins d'un mois. Alors, j'étais à l'isolement la première semaine, et puis après, on m'a descendue d'un étage, entre guillemets. Je suis arrivée au rez-de-chaussée, où là, j'avais le droit de me balader dans le parc, etc. mais enfin... Bon, c'est quand même un truc. Et post-hospitalisation, là, j'ai vraiment eu un super bon suivi par le psychiatre qui m'avait vu à l'hôpital et par une psy aussi géniale qui m'a fait faire de l'EMDR. Alors, je ne sais pas si tu connais.
- Speaker #1
Alors, moi, je connais, mais si tu veux l'expliquer, ça pourrait être bien. Donc,
- Speaker #0
l'EMDR, alors, je vais dire que je vais l'expliquer d'un point de vue patiente, que ça ne sera pas forcément les termes très scientifiques, Mais en fait, c'est une technique qui se base déjà sur un petit peu toutes les sources de problèmes pour toi par rapport justement à ce que tu as pu vivre dans ta vie. Et l'idée, c'est de retravailler sur ces événements-là pour te les faire accepter, pour aussi prendre du recul par rapport à tout ça et que ça t'affecte beaucoup moins. Et cette technique, en fait, elle se base sur le mouvement des yeux.
- Speaker #1
Oui, juste pour dire EMDR, EMDR c'est le nom en anglais mais en français c'est intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires je l'avais noté,
- Speaker #0
je ne l'ai pas sorti de ma quête comme ça donc à la fois ça reste quand même une séance de psy donc on parle un peu, on fait ressortir ce qui ne va pas et ce qu'il faut faire ressortir mais aussi pour travailler vraiment sur la source du problème et la faire ressortir pour que ça ne soit plus un poids pour nous mais qu'on puisse vivre avec ça se base justement sur cette technique de mouvement oculaire et c'est un truc qui est assez révolutionnaire, enfin c'est grâce à cette psy là que j'ai pu réellement m'en sortir,
- Speaker #1
alors toi effectivement tu connais ça donc je sais pas trop quel est ton retour aussi là dessus alors je l'ai pas fait j'ai jamais fait de séance de MDR mais ma psy m'a proposé mais j'ai des personnes dans mon entourage qui en ont fait je sais que ça a très bien fonctionné sur eux Et moi, en fait, je n'ai pas voulu parce que ça me faisait peur.
- Speaker #0
Parce que de ce qu'on m'avait dit, alors bien sûr, ce n'est pas mon expérience, mais tu me diras si c'est le cas ou pas. Il faut être prêt, quoi. Émotionnellement, apparemment, ça tabasse un petit peu.
- Speaker #1
Ok. Alors après, je pense que ça dépend toujours de ce que les gens ont vécu. Mais j'avoue que moi, en fait, c'est même pas une pratique qu'on m'a proposé de faire. C'est juste que ma psy, elle faisait ça. Et puis peut-être qu'elle a jugé aussi que par rapport à tout ce que j'avais vécu, Bah, si t'es... peut-être le nécessaire pour elle. Et moi, j'avoue, émotionnellement, ça me va super bien. Parce qu'en fait, c'est vrai que ça t'amène à étudier un petit peu ton âme. Et moi, j'aime beaucoup les images. Je suis très fleur aussi dans ma vie. Et du coup, en fait, le MDR, ça m'a... Ouais, ça a amené plein de fleurs dans mon corps, dans mon esprit, en revoyant justement des images qui étaient parfois pas évidentes pour moi et qui était source de cette dépression qui était bien gravée en moi depuis pas mal d'années.
- Speaker #0
Est-ce que tu as fait d'autres pratiques ? Là, on a parlé, il y avait les médicaments, il y a eu psychologue, psychiatre peut-être ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Est-ce que tu as fait d'autres pratiques ? Je pense par exemple, moi je n'ai jamais fait, mais l'acupuncture, l'hypnose ? La kinésithérapie aussi ?
- Speaker #1
Pas du tout. Non, j'avoue que moi, je suis restée très psy. Je sais qu'aussi, à un moment, quand je suis revenue sur Paris, en fait, avant de retrouver une deuxième école d'ingénieur, j'ai eu six mois un peu de battement où j'ai fait un service civique. Et en fait, entre-temps, j'ai essayé justement de comprendre par moi-même ce qui n'allait pas chez moi. Et j'ai fait une thérapie comportementale. Mais bon, du coup, c'est une thérapie, donc c'est des thérapeutes, donc ce n'est pas des gens qui sont forcément reconnus par la médecine. Et bon, ça m'a amenée à faire tout un tas de lectures sur la psychologie positive, toutes ces choses-là. Mais en soi, ça ne m'a pas aidée à résoudre mes problèmes en tant que telle. Mais non, pas d'acupuncture, pas de... J'avoue que ça, justement, c'est peut-être des trucs qui me font peur. Toi, c'est le MDR. Moi, j'avoue que ces trucs-là, je les vois dans les films ou les documentaires, mais ça ne me parle pas du tout.
- Speaker #0
Non, mais après, je pense que l'important, c'est d'aller vers ce qui nous appelle et ce qui, justement, peut nous rassurer et tester. C'est comme les psys, en fait. C'est rare de trouver un psy qui nous convient du premier coup.
- Speaker #1
C'est assez sûr.
- Speaker #0
Donc, si vous sentez que la sophrologie, c'est quelque chose qui pourrait vous aider, vous plaire, allez-y. Il faut aller vers ce qui peut faire du bien, en fait.
- Speaker #1
Oui, carrément. Après, justement, par contre, la sophrologie, j'ai essayé un petit peu. Et c'est vrai que ça, par contre, ça m'a beaucoup aidée pour... Alors, pas forcément résoudre mes problèmes, mais au moins ce dont on parlait un petit peu au niveau des signes que tu as quand tu es en état dépressif et notamment de cogiter tout le temps. La sophrologie, moi, ça me donnait un état. état de détente, mais fou. Et en fait, pendant une heure, j'étais vraiment, le cerveau, il était en off, quoi. Et c'était au moins ma petite bulle de détente pour, je ne sais pas...
- Speaker #0
T'élever un peu de tout le bazar. Ouais,
- Speaker #1
m'élever de tout ça. Et même encore maintenant, j'ai gardé des petits enregistrements parce que j'avais fait quelques mois de sophrologie conseillée par ma médecin traitant actuelle qui m'avait donc... qui m'a un peu libérée en me trouvant cet hôpital psychiatrique qui m'a vraiment aidée. Et ouais, j'ai toujours les enregistrements. Et parfois, quand dans ma vie, j'ai la tête à... Enfin, voilà, une vie à 100 à l'heure et tout, des fois, je me dis « Oh, ça me ferait du bien de me poser, de me prendre ce petit enregistrement de sophrologie. » Et là, je sais que je pars, je plane, et ça me fait trop du bien, en fait.
- Speaker #0
C'est cool que tu aies trouvé ça, justement, pour mettre le bouton off un peu, tu sais.
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais, carrément. Mais ouais, pour revenir à toutes les pratiques aussi, je pense qu'effectivement, comme tu disais, ça dépend de chacun. Et peut-être aussi, si on est quelqu'un qui a une aisance à parler ou qui est, en tout cas, enclin à parler, effectivement, les psys, ça peut être quand même une bonne solution. Mais toujours est-il qu'il faut trouver le bon psy, accepter que parfois... tu vas raconter ton histoire 3-4 fois avant de trouver quelqu'un de bien. Mais peut-être qu'effectivement, s'il y a des gens qui pensent qu'ils vont plus pouvoir se soigner de façon un petit peu plus physique, pourquoi pas aller vers des méthodes un peu alternatives.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Mais après, je pense quand même que c'est toujours bien de au moins discuter avec son médecin traitant parce qu'il préconise... Parce qu'il y a des états dépressifs qui... qui potentiellement peuvent se passer sans médication. Mais il y en a d'autres où je pense que la médication est quasiment obligatoire. Donc, au moins, parler à un professionnel de santé, je ne dis pas que les thérapeutes n'en sont pas, mais ils ne sont pas reconnus. Mais voilà, au moins, votre médecin traitant, que déjà, il puisse être au courant de la situation dans votre suivi médical et qu'il puisse vous conseiller, savoir ce qui vaudrait mieux ou ne pas faire. Ça me semble quand même important de le rappeler, que le médecin traitant va dire que c'est la base de la maladie. pour voir la suite.
- Speaker #1
Moi, en tout cas, tout ce qui m'a permis d'aller mieux après, ça a été initié par ma médecin traitant. Je pense que sans elle, j'aurais peut-être mis beaucoup plus d'années à m'en sortir. Aussi, faire confiance à son médecin et ne pas hésiter à en parler. Comme tu le dis si bien, je pense que le premier professionnel de santé à qui il faut en parler, C'est vraiment à son médecin traitant.
- Speaker #0
Et je voulais revenir sur l'entourage. Donc durant tous ces différents épisodes que tu as pu malheureusement connaître, comment ça s'est passé avec ton entourage proche, ta famille, tes amis ? Comment est-ce qu'ils ont été là ? Est-ce qu'ils ont réussi à comprendre ? Est-ce que parfois, il y a eu des incompréhensions ? Parce que comme on le disait au tout début de l'épisode, c'est une maladie invisible. Donc parfois, c'est très compliqué pour les autres de comprendre ce qui se passe. Moi, je donne un exemple, mais... Quand j'étais dans mon état dépressif, mon conjoint a été génial. Mais il y a des moments où il était dans l'incompréhension de ce que j'étais, de ce que je vivais. Parce qu'il ne comprenait pas, mais même moi, je ne comprenais pas. Et parfois, il venait me voir en me disant « qu'est-ce qu'il te faut ? » « De quoi tu as besoin ? » « Qu'est-ce que je peux faire ? » etc. Alors bon, 9 fois sur 10, je lui disais « je ne sais pas » . Mais voilà, j'ai eu la chance dans ces moments-là d'être bien entourée, que ce soit par mon conjoint, ma famille, mes amis. mais parfois, il y a un peu cette incompréhension. Je ne sais pas si tu l'as déjà vécu, mais ce truc de... Ouais, tu n'as pas la jambe cassée, tu vois, ça ne se voit pas, en fait.
- Speaker #1
Ouais, et puis aussi, je pense que... Enfin, en tout cas, moi, quand j'ai les premières phases où la dépression était assez présente, on n'en parlait pas autant aussi. Donc, en fait, en tout cas, pour rebondir là-dessus, moi, j'avais plutôt parfois aussi une honte d'en parler ou une... peur d'en parler parce que justement l'idée d'être un peu incomprise, on n'en parlait pas autant il y a quelques années encore donc ouais moi en tout cas mes amis à l'époque j'avais pas énormément d'amis et j'en ai très peu parlé parce que ouais j'osais pas en parler, j'avais peur de pas être comprise et juste j'avais pas envie de montrer cette face là en fait de moi Et sinon, par rapport à ma famille proche, alors moi, je n'étais pas en couple quand j'ai vécu cette dépression, mais je vivais avec mes parents. Mes parents sont séparés, mais ils s'entendent très bien, donc voilà, c'était par alternance. Et j'ai une sœur cadette aussi. Alors mon papa, comme je l'ai dit précédemment, en fait, lui, il a déjà vécu des épisodes dépressifs dans sa vie. Et en fait, c'est lui qui a été un peu le premier à voir un petit peu que... la dépression se profilait, on va dire ça comme ça. Je pense qu'il a été assez... Enfin, lui, il a tout de suite compris, du coup. Mais en parallèle, je pense qu'il a toujours été assez angoissé parce que lui, il avait vécu ces choses-là. La dépression, c'est quelque chose qu'il connaissait. Il savait que ça avait un effet presque un peu destructeur. Et je pense qu'il se sentait... Enfin, il avait hâte que j'en sorte, en fait, je pense. surtout que lui je pense que bon ça peut-être que psychologiquement ça a jamais été soigné à la perfection. Donc, je pense que c'était peut-être ça aussi. Et en fait, lui, il a toujours essayé de faire son maximum pour m'inciter à faire des choses. Voilà, comme je disais, moi, à un moment, je voulais rester dans le noir, enfermée, rester dans mon lit. Et il me disait, allez Mathilde, on fait ci, on fait ça, etc. Parce qu'en fait, lui, il avait réussi à sortir de sa dépression en faisant des choses. Ma maman, elle a aussi beaucoup été là, mais d'une autre façon. ma maman, elle est toujours très... optimiste et positive sur les choses. Et donc, en fait, elle... Enfin, je pense qu'elle était aussi angoissée, comme mon papa, mais probablement qu'elle le montrait un peu moins. Mais voilà, elle a toujours essayé, en fait, de m'emmener dans son monde. Elle, elle adore la musique, le théâtre, le cinéma. Et donc, c'était un peu son moyen à elle de me sortir un petit peu de cette zone d'ombre, tu vois. Et ma maman aussi, elle a... Elle m'a toujours beaucoup soutenue dans mes choix, même que ce soit dans des démarches de reprise d'études ou de projets perso. Elle a toujours été à me soutenir et à me dire « Attends, si tu veux qu'à un moment, je t'accompagne, je t'accompagne. » Moi, du coup, comme j'ai vécu mes épisodes dépressifs pendant mes études, j'ai eu parfois des moments où j'ai dû... avorter un peu mes études. Puis, j'ai eu parfois l'impression d'être dans des phases d'échec parce que comme j'étais en dépression, je n'arrivais pas à me mettre autant que je le voulais dans mes études. Et puis finalement, en fait, je me suis rendue compte que moi, ce qui me correspondait, c'était de devenir prof. Et en fait, je me rappellerai toujours que ma maman, elle est venue avec moi dans une fac à Paris pour justement que je candidate pour le master, pour devenir prof, le master MEF. Et elle m'a dit, Allez ! je viens avec toi, alors non pas comme un enfant qu'on prend par la main mais c'est juste, je pense que j'avais besoin de ce petit truc là et que quelqu'un me dise, bah allez, je viens avec toi viens, on va déposer ton dossier et en fait c'est passé.
- Speaker #0
Elle t'a donné l'élan quoi.
- Speaker #1
Ouais, voilà, c'est ça, exactement et je me dis, mais si elle avait pas été là pour me dire allez viens, on le fait bah peut-être qu'en fait j'aurais jamais candidaté, enfin je sais pas ou peut-être que je me serais Ciao ! moins convaincu que c'était ma voix en fait. Donc voilà, donc ça c'est par rapport à ma maman et ma sœur cadette, donc on a trois ans d'écart. Elle, c'est vrai qu'elle était une toute jeune ado quand moi j'ai eu... Enfin toute jeune ado, fin d'adolescence quand moi j'ai eu mes épisodes dépressifs. Elle a toujours été très présente pour moi. Enfin je pense qu'elle savait pas trop quoi faire. Elle vivait sa vie un petit peu d'ado mais au fond en fait ça l'affectait en fait. Elle a toujours été très discrète, mais tu vois, j'en ai reparlé avec elle, là, il y a quelques semaines. Voilà, pendant mes hospitalisations, elle essayait, quand elle pouvait, de me rendre visite. Mais elle me disait, c'est très fort la phrase qu'elle a eue, elle m'a dit, t'es un modèle pour moi. Et même rien que de le dire, ça me donne beaucoup d'émotion, parce qu'en fait, elle a vu tout ce que j'ai traversé de son regard d'ado, jeune adulte et de petite sœur aussi. Et elle voit la personne que je suis devenue maintenant. Et en fait, c'est fort ce qu'elle m'a dit.
- Speaker #0
Désolée, c'est un truc de... Je pense que tu...
- Speaker #1
Ouais, ouais. Non, mais enfin, même moi, je retiens mes larmes. Et quand elle me l'a dit aussi, j'étais là... Bon, il faut que je fasse la grande force forte et tout. Mais ouais, je ne savais pas trop quoi dire, en fait. Mais c'est une phrase super forte pour moi. Et même pour finir le petit épisode un peu touchant, c'est qu'il y a quelques années... parce qu'entre temps j'ai trouvé l'amour je me suis installée avec mon copain et tout et il y a quelques années on a fait Noël ensemble ma soeur elle m'a offert un marron un marron d'un châtaignier et au début je vois le truc et puis il y avait un petit mot derrière et tout et donc au début je comprenais pas trop et en fait ce mot disait tu sais Mathilde ce marron je l'ai ramassé lors de ta deuxième hospitalisation et en fait j'ai essayé de pas pleurer en l'expliquant Et elle me disait, en fait, ce marron, je l'ai gardé. Et je voulais te le donner au moment où j'étais sûre que tu allais bien, en fait. Que c'est bon. En tant que tout était derrière toi.
- Speaker #0
C'est adorable. C'est trop beau.
- Speaker #1
Et en fait, je me dis, je crois que c'est le plus beau cadeau qu'elle m'ait offert. Et je le garde. Je le garde bien précieusement. Surtout que moi, j'ai plein de petits carnets dans lesquels j'écris des petites choses. Et je le garde, en fait. C'est... C'est super précieux pour moi. Et c'est très fort aussi. Parce que, comme je te disais, en fait, ma sœur, elle a toujours été quand même très discrète par rapport à mes épisodes dépressifs. Et puis, je pense qu'aussi mes parents... voulait qu'elle puisse vivre aussi une adolescence comme toutes les adolescentes de son âge, en fait, que ça ne l'impacte pas trop. Comme en plus, nous, dans notre famille, on a du mal souvent à parler de nos sentiments. Mais bon, on soigne avec tout ce qu'on a vécu. Ça a été très fort, en fait, quand elle me l'a donné.
- Speaker #0
C'est bien, c'est beau. En tout cas, je suis contente que tu aies eu ce soutien. Que ça soit de la part de ton père qui sait par quoi tu es passé, même si vous n'avez pas forcément eu les mêmes moyens pour en sortir. Au moins, il était aussi dans la compréhension et dans l'aide. Ta mère qui, de ce que je comprends, était très présente de par sa personne et de par son optimisme pour justement te faire sortir de tout ça. Et ta sœur qui avait son admiration pour toi et qui, je pense, en tout cas j'espère, a pu un peu te redonner confiance aussi en te disant, bah, si, je suis quelqu'un et il y a quelqu'un qui compte sur moi, entre guillemets, tu vois. Après, ça peut aussi mettre un peu de pression.
- Speaker #1
Ouais, non, ça va, en fait, je l'ai pas trop, enfin, je le ressens pas trop comme ça et surtout qu'à mesure des années qui passent, en fait, avec ma soeur, on est de plus en plus complices et parfois même, c'est moi qui la prends sous mes ailes, je lui fais un peu la... théorie, la philosophie de la vie par rapport à tout ce que j'ai appris, tu vois. Et des fois, elle me dit « Ah non, mais ça me fait vraiment du bien ce que tu me dis. » Et là, je me dis « Oh, c'est cool ! »
- Speaker #0
C'est bien. Ça aura au moins servi à ça.
- Speaker #1
Ouais. Mais effectivement, pour revenir un petit peu après à ma famille au sens plus large, en fait, moi, j'en parlais pas du tout. Et puis, il y a certains proches de ma famille que je vois pas trop, que bon, j'évitais d'en parler pour aussi pas tracasser les gens, en fait. Avec ça, t'as pas envie qu'ils s'angoissent pour toi, en fait. Et ouais, par rapport à mes amis, c'est vrai que j'en ai quasiment pas parlé. Il y en a quelques-uns qui étaient venus me voir quand même lors de ma première hospitalisation. Mais ma première hospitalisation, en vrai, c'était l'hôpital Palace, le truc. Donc, en fait, bon, t'avais l'impression que tu rendais visite à quelqu'un qui s'était cassé une jambe, quoi. Enfin, t'avais pas cette atmosphère psychiatrique. Mais maintenant, j'en parle de plus en plus, mais par petites touches.
- Speaker #0
Par petites touches et elle en parle en podcast.
- Speaker #1
Ouais, voilà. Et là, du coup, c'est vraiment mettre la note finale à tous.
- Speaker #0
Mais je ne sais pas si tu es d'accord pour que je dise ça. Si tu n'es pas d'accord, je le couperai au montage. Mais en off, avant qu'on commence l'épisode, tu as dit un truc super joli en disant que tu allais avoir 30 ans et que de faire l'épisode aussi pour toi, c'était de clôturer.
- Speaker #1
cette vingtaine avec ces états dépressifs et de te dire bah voilà maintenant j'aurais tout dit et on peut passer sur la trentaine plus sereinement ouais c'est ouais ouais non mais totalement et on peut le dire et moi je suis en fait je suis super contente de d'avoir pris conscience de ça parce que souvent 30 ans tu te dis bon ah ouais quand même 30 ans après c'est 40 et puis 30 ans c'est voilà les gens qui commencent alors j'essaye de me détacher en tout ça mais il faut le dire quand même « Ah oui, alors tu te maries, tu vas avoir des enfants, etc. » Et puis même toi, au fond de toi, en fait, des fois quand t'es petite, à 10 ans, tu te dis à 30 ans « J'aurai une maison, des enfants, enfin si tu veux des enfants, etc. » Enfin bon, bref quoi. Et ouais, j'ai eu du mal quand j'ai eu 29 ans, ça m'a fait un petit coup de blouse du coup, en me disant « Ah ouais, là, dans un an, c'est les 30 ans et tout. » Et en fait, prendre conscience de ça, me dire « Bah tous ces épisodes dépressifs, Ça reste en moi, c'est une cicatrice gravée en moi. Ça, c'est sûr, une cicatrice invisible, comme j'ai dit. Mais ouais, de se dire là, à 30 ans, on se dit que, entre guillemets, tout est possible. Et surtout que la dépression, maintenant, je la connais. C'est, je dirais, entre guillemets, ma meilleure ennemie. Tu sais, c'est quelque chose, tu sais la dompter, tu sais quand elle revient. Et l'idée, c'est maintenant d'être capable, quand tu vois le moindre petit symptôme, le moindre petit ouais élément déclencheur de dire ok là je sais que potentiellement elle revient moi je mets tout en place elle ne m'aura pas cette fois
- Speaker #0
C'est très bien dit et justement, ça me permet un petit peu de rebondir sur les éléments qui ont été le plus aidant pour toi, pour t'en sortir en fait. Alors bon, il y avait la partie médicaments, il y a eu la partie soutien, mais est-ce qu'il y a eu d'autres choses, d'autres tips, entre guillemets, que tu pourrais partager sur qu'est-ce qui t'a aidé à t'en sortir et aussi, aujourd'hui, qu'est-ce qui t'aide à ne pas retomber dedans quand justement tu sens, tu sais que ça commence à gratter et que c'est là ?
- Speaker #1
En fait, dans... D'un point de vue général, un peu par rapport à tous les épisodes dépressifs que j'ai connus, moi, c'est vrai que par rapport à tout ce qu'on a dit, donc le soutien, le suivi un peu par des bons professionnels, c'est vraiment ça qui m'a aidée. Après, c'est vrai qu'en fait, par rapport au suivi psychologique que j'ai eu, ça m'a aussi incité à faire un petit peu une introspection sur moi et aussi apprendre à mieux me connaître. Et en fait, je me suis permise de faire plein de petites choses. auxquels je n'avais pas forcément réfléchi et qui m'ont permis de mieux me connaître, de mieux me construire sur des bases vraiment solides. Et plus uniquement, moi j'avais évoqué que pendant toute ma période un peu d'ado, je me suis construite uniquement sur le travail. Et vraiment, j'ai réussi à me construire sur d'autres domaines aussi qui font que maintenant je suis beaucoup plus équilibrée. Et je pense que c'est ça qui déjà m'aide à ne pas retomber dans ce truc-là. Je sais aussi, j'ai compris quelque chose, et que la dépression aussi. elle était dans un certain sens aussi parfois enclenchée par une forte exigence que j'ai de moi-même. Ce qui n'est pas évident, ce n'est pas évident de se détacher de tout ça quand pendant une quinzaine d'années, tu t'es construit là-dessus. Mais j'essaye d'être moins exigeante avec moi-même, plus dans la bienveillance, vraiment d'avoir confiance en ça et de se dire mieux vaut en faire moins, mais de ne pas retomber là-dedans. Et après, c'est une habitude à prendre. Et puis après, ça va, tout se passe bien.
- Speaker #0
Il faut changer le fonctionnement.
- Speaker #1
Oui, voilà, exactement. Mettre en place de nouvelles habitudes. Et je pense qu'aussi le cerveau, là-dedans, il joue un rôle super important. Et en fait, le cerveau, c'est comme un muscle. Quand tu fais, moi, je pratique pas mal de courses à pied. En fait, la course à pied, tu cours pas un marathon comme ça du jour au lendemain. Tu t'entraînes pas mal de temps avant. Restructurer aussi ton cerveau et lui donner des bonnes habitudes pourquoi pour ne pas retomber là-dedans, c'est tout un entraînement aussi.
- Speaker #0
C'est clair, mais je trouve ça intéressant ce que tu dis. Je vais peut-être dire des bêtises, mais il me semble que quand tu es en état dépressif, ton cerveau aussi sécrète certaines choses qui font que tu es aussi mal. Et donc, il faut réussir à renverser la vapeur, en fait, et à lui redonner de meilleures choses, entre guillemets, pour qu'il arrête aussi. Parce que c'est ton cerveau qui te trompe en disant que tout va mal, quoi. Et il faut réussir à renverser la vapeur, et c'est en ça aussi parfois les médicaments aident à ce qu'il arrête de penser comme ça et de laisser la place aux bonnes choses, on va dire, aux ondes positives, de remonter et de remettre ça en marche. Je ne sais pas si c'est clair ce que je dis, mais il me semble que j'avais déjà entendu ça.
- Speaker #1
Moi, en tout cas, je sais que j'avais lu quelque part qu'une pensée négative est compensée par trois pensées positives.
- Speaker #0
J'ai lu la même chose.
- Speaker #1
On voit l'idée. Et moi, je sais que c'est un truc que je Merci. que je fais encore dans ma vie de tous les jours, quand à un moment dans ma journée, il se passe un truc pas cool, j'essaye de me dire, ok, pense à trois belles choses. Des fois, il en faut cinq. Et le truc, en fait, il passe, quoi. J'ai appris aussi à relativiser par rapport à pas mal de choses, prendre du recul. J'ai eu aussi par ma psy, en fait, un tableau aussi d'études, un petit peu des émotions. Et justement, dans des situations où potentiellement... ça pourrait créer un mal-être. Essayer d'analyser la situation en termes de sentiments, d'émotions, quelles sont les choses que je peux mettre en place pour justement que ça aille mieux.
- Speaker #0
Ça a l'air d'être bien ce tableau.
- Speaker #1
Parce que moi, ça m'a vraiment énormément aidée aussi. Et comme on disait, c'est vraiment un entraînement du cerveau aussi par rapport à plein de petites choses qui vont t'aider à aller mieux dans ta vie. Et en fait, au global, tout ça, ça fait que... que voilà, tu retrouves un équilibre, en fait.
- Speaker #0
Et je trouve aussi que ce qui est important de dire, c'est que quand on commence à s'en sortir, c'est pas une courbe croissante. C'est-à-dire qu'il y a des jours où ça va aller, et le lendemain, ça va re-mal aller, voire même très mal. Mais en fait, ce qui se passe, en tout cas, c'était mon expérience, c'est que j'avais des jours bien, et j'avais des jours vraiment, juste après, très très mauvais, mais ça durait vachement moins longtemps. Et en fait... Après, les jours où ça allait bien duraient de plus en plus longtemps. J'avais re un jour qui allait mal pour quatre jours qui allaient bien et re un jour. Et en fait, ce que je veux dire, c'est qu'au début, j'avais... très peu de moments bien par rapport aux moments moins bien. Et que petit à petit, ça s'est inversé, mais qu'il faut accepter que pendant la guérison de la dépression, on va retomber en fait. Et pour mieux remonter derrière. Il faut être vraiment mâchure.
- Speaker #1
Oui, ça, ce n'est pas évident. Mais oui, c'est très juste ce que tu dis. Et moi, effectivement, quand vraiment j'ai été bien soignée suite à ma deuxième hospitalisation, ça m'a fait un petit peu ce que tu expliquais. Et du coup, je crois qu'on me disgrèce un petit peu sur la question, mais je crois que tu disais par rapport aux choses aussi qui peuvent t'aider à ne pas retomber. Oui,
- Speaker #0
si tu as des tips, par exemple.
- Speaker #1
Et moi, j'avais aussi, je pense, le truc super important, c'est de communiquer, en fait, et de ne pas hésiter quand ça va mal. Et que ce soit un coup de blouse ou vraiment qu'effectivement, ça soit un début de dépression, d'en parler. Alors, soit en parler à un professionnel de santé ou bien en parler à un proche, à quelqu'un dont on sait qu'on a la confiance, mais qu'aussi qu'on aura la compréhension, la bienveillance, pas l'idée de pitié ou de choses comme ça. Et pourquoi pas quelqu'un qui va t'aider à trouver pied, en fait. Et je sais que moi, notamment là, cette année, j'ai eu à la rentrée une rentrée où je me suis mis trop d'objectifs. Donc voilà, trop exigeante avec moi-même. Et j'ai eu quelques jours où j'ai eu l'impression de retomber dans une phase de dépression. Et en fait, j'ai appelé mon papa et ma sœur. Et en fait, ils ont eu des mots. Et ça m'a permis de rebondir en fait. Vraiment, si j'ai un truc à dire, c'est il faut communiquer en fait. Et justement, c'est aussi en communiquant que les gens vont peut-être te dire « Ah bah là, je pense que ça serait quand même bien que tu ailles voir ton médecin traitant, que tu en parles. » dont tu avais l'ignorance, mais qui va te dire, moi, en fait, je consulte un psy pour une raison X ou Y, je trouve qu'il est super bien. Franchement, peut-être que ça pourrait marcher pour toi. Et puis, délier un peu les langues là-dessus. De plus en plus. Mais je pense que ça reste encore une honte ou quelque chose qu'on cache pour certains. Moi, j'ai des amis avec lesquels je parle très librement de dépression ou du fait d'aller voir un psy parce qu'eux, ils y vont aussi. Mais tu en as d'autres pour... chez lesquels, enfin, ils sont un peu plus... Enfin, ça fait bizarre pour eux, quoi. Enfin, tu consultes quelqu'un, enfin...
- Speaker #0
Parfois, j'ai l'impression qu'il y a une question d'ego là-dessus. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais je trouve qu'il y a un peu d'ego, et même encore beaucoup moins, beaucoup moins, mais il y a encore des personnes qui se disent « Je ne vais pas aller voir un psy, je ne suis pas fou, je ne suis pas folle. »
- Speaker #1
Ouais, sûrement. Alors, ça, ça doit être peut-être aussi la génération un peu avant nous. Et là, effectivement, je pense, ou même peut-être notre génération aussi, j'en sais rien.
- Speaker #0
J'imagine, mais je vous rassure, on n'est pas fous, on n'est pas folles.
- Speaker #1
Non, non, non. Et puis, en fait, se dire que, par exemple, je ne sais pas, tu as une entorse, tu vas voir le kiné. La dépression, on a dit, c'est une maladie. Tu as un truc de cassé un peu en toi. Eh bien, tu as des personnels, des professionnels qui existent. Et en fait, il ne faut pas avoir honte d'aller vers eux. Et moi, souvent, c'est ce que je dis à des amis qui... parfois vont pas très bien, je leur dis, mais en fait, n'hésite pas, il y a des gens qui sont qualifiés pour ça, donc vas-y, saute le pain.
- Speaker #0
Pour clôturer l'épisode, je voulais justement qu'on voit ensemble comment pousser quelqu'un à aller demander de l'aide, mais je pense que tu l'as déjà très bien résumé, en fait, c'est en communiquant avec cette personne, et déjà, lui dire, j'ai l'impression que ça va pas, être dans la compréhension aussi, pas dans le jugement, et effectivement proposer... à la personne son aide, son accompagnement aussi, de dire si t'as besoin, je t'accompagne, ou tiens, je te donne le numéro, appelle, tu vois, sans non plus trop mettre de pression. Après, tout dépend aussi de l'état de gravité, mais ce que je trouve que c'est dur aussi quand on met la pression à une personne qui commence à pas être bien, lui mettre la pression en disant si, non mais là, vas-y, ça peut aussi faire les ferveurs en disant non, non, laisse-moi tranquille, tu vois.
- Speaker #1
C'est toute une question d'équilibre. mais effectivement pour rebondir là-dessus je pense que pour donner un mot ça serait la bienveillance en fait et je pense que la bienveillance on devrait nous l'apprendre dès la toute petite école quoi, dès la maternelle et je pense que si on était éduqués un petit peu avec cette bienveillance là cette idée de prendre soin les uns des autres etc ça aiderait peut-être aussi à guérir certains mots je suis assez d'accord et je trouve que c'est un très bon mot de la fin je sais pas ce que t'en penses Oui. Oui, ça me plaît.
- Speaker #0
En tout cas, merci beaucoup Mathilde. Et je le rappelle encore une fois, je l'ai dit dans l'introduction de l'épisode, on n'est pas médecin. On était ici pour partager notre vécu, partager nos ressentis sur ce sujet. Donc, apprendre avec des pincettes aussi ce que l'on dit. Ça reste un témoignage. Si vous sentez que vous n'allez pas bien ou qu'une personne de votre entourage ne va pas bien, accompagnez-la, accompagnez-vous pour aller voir votre médecin traitant et en discuter.
- Speaker #1
Merci pour tout. effectivement, pour peut-être un petit mot de la fin, c'est voilà, prenez soin de vous et prenez soin des gens qui vous sont chers en fait.
- Speaker #0
Merci beaucoup Mathilde.
- Speaker #1
Merci !
- Speaker #0
Merci d'avoir partagé ce moment avec nous. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à en parler autour de vous et sur les réseaux sociaux. Et pour rappel, le podcast à nous deux, c'est un mardi sur deux.