- Speaker #0
Salut ! Bienvenue sur le podcast de Anne aux Deux !
- Speaker #1
Et coucou ! Je suis super contente de vous retrouver aujourd'hui. Je suis avec Anaïs, coucou, qui est avec moi aujourd'hui pour parler d'un sujet qui peut être un peu sensible, un peu touchy. En fait, on va parler du fait qu'on ne souhaite pas forcément avoir d'enfant et du regard que la société peut porter à ce genre de choix quand on est une femme. Du coup, pour commencer, comme je l'ai un petit peu annoncé déjà, Anaïs et moi, on ne veut pas d'enfants. C'est sûr.
- Speaker #0
C'est moi, d'accord.
- Speaker #1
Toi, c'est sûr. Moi, je n'ai jamais eu vraiment envie et aujourd'hui, j'ai 33 ans, donc je pense que l'envie ne viendra sûrement pas. Je me laisse, on va dire, le choix de changer d'avis, mais jusqu'à maintenant, je n'en veux pas et pour plein de raisons. Et toi, du coup, Anaïs, comme tu l'as déjà annoncé, c'est non.
- Speaker #0
moi aussi C'est non. Et j'ai même pris une décision assez irréversible à ce niveau-là. C'est-à-dire qu'il y a deux ans, je me suis fait stériliser. Donc voilà, là, c'est non, clair et net. Et c'est même plus possible. C'est finito. Bon, à part par d'autres voies, mais voilà.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
c'est non.
- Speaker #1
Ok. Juste pour faire une petite parenthèse, est-ce que tu peux expliquer le genre d'opération que tu as faite rapidement ? Monde ! Peut-être que ça peut intéresser certaines femmes.
- Speaker #0
Carrément.
- Speaker #1
La dernière fois,
- Speaker #0
je suis allée faire une salpingectomie bilatérale. En fait, on coupe les trompes, on cautérise, et du coup, le passage ne se fait plus, tout simplement. Donc, ce n'est pas une ligature, parce qu'il n'y a pas de fil, de point ou rien.
- Speaker #1
Oui, il n'y a rien qui a été... Enfin, il y a un tout petit bout qui a été retiré. C'est ça.
- Speaker #0
Mais il n'y a rien qui est éméliore de chaque côté et rien n'a été ajouté dans mon corps. C'est une petite opération qui se fait en ambulatoire en une journée et on s'en remet très bien.
- Speaker #1
Ok, c'est fait. Merci d'en avoir parlé.
- Speaker #0
Il n'y a pas de soucis.
- Speaker #1
Du coup, pour vous expliquer, on ne va pas rentrer dans les détails parce que ce n'est pas vraiment le sujet de cet épisode. Le sujet d'aujourd'hui, c'est vraiment le regard que la société peut porter sur le genre de choix qu'on a. Mais on va quand même expliquer dans les très grandes lignes pourquoi est-ce qu'on n'a pas envie d'être maman de petits humains, concrets en tout cas, parce qu'on est maman d'animaux.
- Speaker #0
Oui, ça c'est important.
- Speaker #1
C'est déjà pas mal. Mais en tout cas, pour ma part, effectivement, la liste pourrait être très longue. Encore une fois, aussi, je fais un petit disclaimer de début d'épisode. Le podcast a vocation à être une discussion, un... partage, qu'on fait du coup avec les personnes qui nous écoutent. Vous pouvez avoir un avis et il n'y a pas de problème, mais on n'est pas là pour faire changer d'avis les gens. Donc, ne le faites pas avec nous. Comme je l'ai dit de mon côté, ce que je dis aujourd'hui, peut-être que dans 10 ans, je changerai d'avis ou je regretterai mon choix d'aujourd'hui, mais ça reste propre à moi. Donc, merci de rester dans la tolérance et dans la bienveillance la plus totale. Du coup, pour revenir à pourquoi Bye Moi, je n'ai pas forcément envie d'avoir d'enfant. Donc, encore une fois, pour plein de raisons. Mais déjà, la première, c'est que j'en ai jamais eu vraiment envie. Je n'ai jamais trop vu et compris l'intérêt. Et je pense que la première chose, c'est que déjà, la grossesse et surtout l'accouchement, c'est un truc qui me... Mais ça me fait peur. C'est un film d'horreur, le Bizarre Film. Enfin, ouais, toutes les familles passent et personne ne meurt. Je mets des parenthèses et des gros guillemets dans ce que je dis. Mais non, moi, personnellement, je n'ai pas envie, en fait. Et pendant l'accouchement et le postpartum.
- Speaker #0
Moi, je te dirais même pendant la grossesse. Genre, moi, je n'ai vraiment pas envie de sentir quelque chose à l'intérieur de moi. C'est vraiment un truc de... Non.
- Speaker #1
Oui, je comprends. Alors qu'à l'inverse, par contre, j'aimerais bien l'expérience de la grossesse. Mais par contre, il faut qu'il parte par magie. Genre, il s'en va. Juste comme ça, tranquille, au pilou.
- Speaker #0
Mère porteuse.
- Speaker #1
Ah, mais il faut la coucher. Donc non, je veux juste pas la coucher. J'aimerais bien vivre l'expérience de la grossesse, mais sans la coucher, sans le grand final. Mais du coup, déjà, il y a vraiment ça. Il y a tout l'impact que ça a sur le corps de la femme, le psychologique aussi. Et puis, dans les grandes vignes, encore une fois, il y a aussi le fait que c'est une énorme responsabilité à vie. Et que franchement, je n'ai pas envie de m'inquiéter toute ma vie pour un être humain. C'est très égoïste ce que je dis, mais je trouve aussi très égoïste de faire des enfants. J'ai peur, je pense que c'est très dur d'avoir et d'élever un enfant, de vouloir faire le mieux en sachant qu'on fait quand même des erreurs. Donc franchement, je n'ai pas envie. Pour moi, c'est trop. Je ne suis pas prête à gérer ça. Et en plus, pour tout le reste de ma vie à moi, je n'ai pas envie. Franchement, ce n'est pas un truc qui m'attire. Et voilà. Et puis, on va dire que ce qui a fini de planter le couteau, c'est que j'ai perdu mon papa il y a presque dix ans maintenant. Et quand j'ai perdu mon père, je me suis dit, mais je n'ai pas envie de faire un enfant pour qu'il subisse aussi ma perte, finalement. Alors après, on est bien d'accord, j'ai des amis autour de moi qui ont des enfants, j'ai évidemment ma mère qui a eu des enfants, spoiler, et je sais que ça apporte aussi énormément de positifs et de belles choses dans la vie, et pour soi-même, etc. Je ne les oublie pas, mais voilà, on est là pour parler du pourquoi, du comment, donc évidemment, je vais vous parler un petit peu de négatif. Et toi, du coup, Anaïs, est-ce qu'il y a des raisons que j'ai données qui te parlent ? Oui, il y a d'autres raisons encore, peut-être.
- Speaker #0
Alors, la liste est tellement longue qu'on est encore là demain. Mais ce n'est pas pour rien que j'ai fait ce choix. Mais comme tu dis, déjà, je ne l'ai jamais ressenti, ni une envie, ni projetée, en fait. Je ne me suis jamais projetée avec un enfant. Ce n'est pas un truc qui me parle du tout. Le point sur la responsabilité aussi, parce que je n'ai pas envie de prendre cette responsabilité-là. Que ce soit d'avoir un impact sur la vie de quelqu'un ou juste, entre guillemets, l'entrave que ça peut faire à ma vie et à ma liberté. Parce que moi, ça a une place très importante pour moi. J'ai besoin de me sentir libre, voilà. Et de ne pas avoir des responsabilités trop grosses. Et en ça, je sais que ce n'est pas compatible du tout. Et aussi la place qu'on donne à la maman, en fait, dans la société me terrifie. Voilà, je trouve que c'est trop. C'est trop. On leur en demande trop, c'est très sacralisé. On leur en demande trop à ces mamans, je trouve. Et je pense que je vivrais très très mal ça. J'aurais une pression énorme. Je serais tout le temps remise en question. Tout le temps, je me sentrais... tout le temps coupable de quelque chose ou autre. Je sais que... Non, je sais. Épaules, ouais, et juger. Je n'aurais pas des épaules. Je ne me sens pas d'avoir des épaules. Je devais faire.
- Speaker #1
Mais je fais juste un petit aparté sur ce que tu dis parce que c'est un truc que je trouve très vrai. C'est qu'on demande énormément aux femmes et encore plus aux femmes qui sont mamans parce qu'elles sont mamans. Mais il faut aussi qu'elles aient une vie professionnelle parce qu'il faut quand même rester indépendante. Et puis, il faut... aussi rester une femme, parce que tu viens d'accoucher, mais quand même, ton mari, il faut s'en occuper. Mais au secours !
- Speaker #0
Tout ça, je trouve ça terrifiant. Je trouve que c'est une place dans la société que je n'ai pas envie d'avoir. Et je préfère être un peu outsider à ce niveau-là. Je me sens vieux, merci.
- Speaker #1
Je comprends, je comprends complètement. Mais du coup, toi, ça a été quoi peut-être les remarques de ton entourage à ce sujet ? Après, je ne sais pas si c'est quelque chose... Forcément, on ne se présente pas en disant bonjour. Pauline, je n'aime pas l'enfant. Évidemment, ce n'est pas écrit sur notre tête. Mais je pense qu'on en parle avec notre entourage, proches, familles, amis, etc. Et toi, qu'est-ce que ça a pu être comme type de réaction que tu as pu rencontrer au premier abord ?
- Speaker #0
Au premier abord, moi encore, je pense que j'ai eu assez de chance. En fait, à ce niveau-là, c'est que déjà, j'ai un courage qui n'était pas trop étonné de ma décision.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et plutôt compréhensif. Bon, forcément, j'ai ma maman qui s'est un petit peu inquiétée. J'ai eu des « Ah, mais tu vas changer d'avis, tu verras, on les connaît. Là, tu es encore jeune, alors tu verras passer les 30 ans. » Donc, j'ai eu quelques petits trucs comme ça, mais qui ne m'ont pas spécialement dérangée. Mais dans l'ensemble, non, ça a été plutôt bien accueilli, en fait. Comme je te le dis, ma maman, c'est une maman. C'est normal qu'elle s'inquiète un petit peu. Surtout que j'ai dû lui annoncer, forcément, que je prenais ce choix assez irréversible. Totalement irréversible, même. Pour ça, elle s'est un petit peu inquiétée. Mais elle a vite accepté quand elle a vu que j'étais OK, que j'y avais réfléchi. C'est plus ma grande sœur, étonnamment. qui a été un peu plus craintive, qui m'a dit un peu plus, on m'est réfléchie, on sait jamais, qui a été vraiment beaucoup plus mesurée. Mais je pense aussi parce que, par effet miroir, ça l'a renvoyée à ses propres questionnements à elle. Parce qu'elle n'a pas non plus d'enfant, on a deux ans d'écart, donc voilà, je pense qu'il y avait beaucoup de ça. Non, dans l'ensemble, vraiment là-dessus, je pense que j'ai de la chance. Je n'ai pas eu trop de jugements dans mon entourage du tout. Et toi ?
- Speaker #1
Moi, oui, il y a eu un petit peu plus de jugements. En fait, le premier truc que j'aimerais dire, c'est que quand j'annonce que je ne veux pas d'enfant, on me demande pourquoi. Mais si j'avais dit que j'en voulais, on ne me demanderait pas pourquoi.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on demande des justifications. C'est vrai qu'il y a ce truc-là de demander des justifications.
- Speaker #1
Mais fort. En fait, les gens qui vous disent qu'ils veulent un enfant, demandez-leur pourquoi ils en veulent. Parce qu'on dirait que c'est connu de tout le monde, genre c'est une vérité universelle. Bah oui, t'en veux, on sait tous pourquoi. Mais non, en fait. On ne demande pas aussi... Enfin, du coup, pour répondre à ta question, parce que je commence déjà à me garer. Mais moi, ça a été toujours un peu compliqué. Ça fait depuis très jeune que je dis que j'en veux pas. Alors bon, quand j'étais plus jeune, c'était cinglant. C'était « non mais non, j'aurai pas d'enfant, c'est mort » et tout. En vieillissant, je mets un petit peu plus de nuances parce que je pars du principe que on sait jamais et que je suis pas passée par des opérations comme… enfin une opération comme toi t'as pu faire. Parce que je veux quand même me laisser le choix au cas où je change d'avis, parce que ça arrive à tout le monde. Mais en tout cas, quand j'annonce que j'en souhaite pas, la première chose c'est « ah bon, mais pourquoi ? » Mais enfin, moi, je te demande pourquoi est-ce que tu veux des enfants ? Et je trouve que depuis que je suis jeune, c'est un petit peu ça. Donc, ça va être avec des amis, ça va être avec ma famille. Et puis, en la famille, c'est encore plus jugeant. C'est « Oh non, mais tu dis ça, mais c'est parce que t'as pas trouvé le bon. Oh non, mais tu dis ça, mais c'est parce que t'es jeune. Non, mais tu dis n'importe quoi, tu sais pas ce que c'est. » Bah non, et puis en fait, j'ai pas envie de savoir ce que c'est. Et en fait, mon entourage proche, et je dirais même familial, en fait c'était un limite blessant parce que c'était très jugeant. Et je me suis sentie, après je pense vraiment pas que c'était de leur faite, mais un peu mise à l'écart. En mode « Non mais Pauline, c'est bon, c'est l'original de la famille. »
- Speaker #0
Parce que t'es originale quand tu veux pas d'enfant.
- Speaker #1
Elle est à l'état. Après, je pense que c'est vraiment mon sentiment personnel de vilain petit canard parce que pour plein d'autres raisons, je suis aussi un peu en marge de ma famille. Là, j'ai des piercings, j'ai beaucoup de tatouages. C'est des choses que non pas. C'est des petits trucs anecdotiques. Mais c'est mis bout à bout. Il y a des moments où je me sens un peu mise à l'écart. Après, il y a aussi un jugement que je me suis fait personnellement. C'est que j'ai un membre proche de ma famille qui, lui, ne peut pas avoir d'enfant. Et c'est vrai que... Alors que lui, il en voulait.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et ça a été aussi un petit peu compliqué quand cette... Cette personne m'a annoncé qu'elle était 90% stérile et que pour avoir un enfant, ça allait être très compliqué. Alors qu'elle me disait ça à moi qui n'en voulais pas. C'est aussi une confrontation. C'est pas de sa faute, c'est pas de la mienne, c'est de la faute à personne, c'est la vie, c'est comme ça. Mais c'est un peu de culpabilité de te dire, moi je pourrais et que je veux pas et toi t'aimerais mais tu peux pas.
- Speaker #0
Ça je l'ai connu aussi avec une amie qui essaie désespérément d'avoir un enfant et ça marche pas. Et c'est vrai que quand elle m'en parle, je me sens toujours très mal à l'aise. Alors qu'elle, ce n'est pas du tout le lien. En fait, moi, j'ai fait ce choix-là pour moi et c'est OK. Mais c'est vrai que je me sens toujours très mal à l'aise vis-à-vis d'elle à ce sujet-là.
- Speaker #1
Oui, je comprends. Après, d'un autre côté, je le comprends parce que je le ressens aussi, cette culpabilité de me dire, mais moi, je fais le choix de ne pas en avoir, alors potentiellement, je pourrais. Et puis, d'un autre côté, je me dis, mais en fait, ce n'est pas de ma faute. Et je n'ai pas apporté le poids de mon choix. pour un problème de santé d'autres, en fait, c'est pas sa faute, quoi. Mais bon, c'est compliqué. Mais du coup, ça fait un petit peu dévier sur les remarques et la pression sociétale qu'on peut avoir quand on ne souhaite pas avoir d'enfant. Je sais pas si toi, tu ressens plus, parce que du coup, t'as un entourage qui a l'air quand même assez tranquille par rapport à tes choix, etc. Tu te sens en tout cas moins jugée, j'ai l'impression, que moi. Mais au niveau de la société en elle-même, est-ce que par contre... Tu ressens plus ou moins quelque chose ?
- Speaker #0
Ça, oui. Déjà, pour revenir brièvement sur mon entourage, déjà, c'est bête, mais on ne m'a jamais posé la question.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Si j'en voulais ou pas. Je ne sais pas. Ok. On ne m'a pas dit, c'est quand, les enfants et tout, alors que je suis en couple aujourd'hui depuis 8 ans.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Enfin, on est dans une tranche d'âge où, ben voilà, actuellement, j'ai 28 ans, où ça aurait pu commencer à poser la question.
- Speaker #1
Bon,
- Speaker #0
peut-être du tout. Bon, moi, ça m'arrange bien.
- Speaker #1
Moi aussi, il est tel. Moi, je dois avoir la tête de la maman, quoi. Parce que moi, on me la pose vraiment souvent. Enfin, souvent, je l'adduce,
- Speaker #0
mais...
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
on te fait la remarque. Moi, là-dessus, pas du tout. Je sais trop.
- Speaker #1
T'as pas à répondre.
- Speaker #0
Non, mais peut-être que j'ai pas du tout la gueule de l'emploi. Mais par contre, dans la société, ça a été beaucoup plus difficile. difficile. Je ne l'ai pas mal vécu, mais j'ai été confrontée à plus de difficultés, notamment dans le domaine médical entier. Déjà, dans le tout début, quand je recherchais à faire mon opération, j'ai dû aller voir des gynéco, tout ça. J'ai eu des remarques, mais lunaires, vraiment, où on m'a dit « Oh, mais si vous n'avez pas d'enfant, vous allez faire quoi de votre vie ? »
- Speaker #1
Oui, parce que la femme, elle ne peut faire que ça. Il faut enfanter. On enfante.
- Speaker #0
Et à se confronter à des réactions comme ça, où on a vraiment minimisé mon choix, on me dit, oui, non mais t'es jeune, t'as pas trop réfléchi. Voilà. C'est plus dans ce domaine-là, moi, où ça a été compliqué. Et même encore aujourd'hui, où quand je change de médecin ou de sage-femme, forcément, on en parle. où je vois la surprise en fait vraiment où ils se disent oh waouh si jeune mais vous avez pas peur c'est vraiment ça et je trouve que les gens font vraiment naître cette petite graine de la peur et du regret qui est vraiment au centre en fait de cette réflexion je trouve et avec des personnes que je connais pas du tout ok voilà Par exemple, moi, je fais un métier où je suis tatoueuse. Du coup, j'ai pas mal de clients. Des fois, les gens me posent la question. Et moi, je n'ai pas trop de soucis avec ça. Donc, c'est OK. Et c'est vrai que j'ai plutôt des... Bon, ils ne se permettront pas de juger, mais de la surprise ou des... Mais tu n'as pas peur de regretter. Voilà.
- Speaker #1
Mais ça aussi, tu vois, c'est un truc, c'est comme le « on ne demande pas pourquoi est-ce que tu veux des enfants » . Mais quand tu dis que t'en veux pas, on te dit « mais t'as pas peur de regretter ? » Mais oui, mais ce qu'on pose la question et ce qu'ils en ont fait s'ils regrettent, c'est ça.
- Speaker #0
Et je pense heureusement qu'on leur pose pas des fois.
- Speaker #1
Et à un moment, je pense qu'il faut être honnête. Il y a des périodes où tu dois regretter d'en avoir fait.
- Speaker #0
Ah bah oui, mais comme à l'inverse, moi aussi, j'ai peut-être regretté de ne pas en avoir fait. Et pour plein de raisons, parce que je sais que même si je n'en veux pas... et que j'ai fait ce choix-là, en fait, pour plein de raisons. Ça peut me manquer à un moment dans ma vie. Je sais ce que ça peut apporter de beau aussi. J'en ai conscience. Moi, juste, j'ai fait ce choix-là pour moi déjà parce que ça me soulageait de la pression. En fait, je n'ai pas voulu rester dans ta position à toi où tu peux quand bien se mettre sur la vie. mais t'en veux pas, tout ça, parce qu'en fait, j'avais besoin de prendre un choix concret. Là, j'en ai pas. Je sais ce que je peux regretter et c'est ok. En fait, on a plein de regrets dans la vie sur plein de choses et ce sera pas plus terrible qu'un autre regret, sûrement.
- Speaker #1
Non, mais c'est clair. Et tu vois, dans un sens, dans ma position, aussi, ce qu'il y a, c'est que j'ai la flite de tomber enceinte. Donc, je prends une contraception hormonale parce que je ne veux pas tomber enceinte. Alors oui, il y a des contraceptions sans hormones, j'ai testé et ça ne me convient pas. Donc, j'ai été obligée par mon choix de retourner dans ce système hormonal parce que c'est ce qui me convient le plus. Et mine de rien, ça ouvre aussi le sujet de la contraception féminine. C'est encore un autre débat, mais on n'a pas beaucoup de choix. On n'a pas énormément de choix. Et c'est vrai que toi, par ton opération, tu t'es aussi libérée de cette... perception.
- Speaker #0
Et c'est ce que je voulais aussi. Vraiment, j'ai fait cette opération pour plein de choses différentes. Et ça en fait partie. Je ne voulais plus prendre des hormones. Je n'avais plus envie de prendre un médicament, les pilules, tous les jours. Et vraiment me libérer de ça. Et sachant que j'avais aussi une terrible phobie de tomber enceinte, de faire un déni de grossesse ou quoi. C'est-à-dire que je prenais la pilule tout le temps, en fait. Et à côté de ça, je faisais quand même des tests de grossesse tous les mois. Et c'était une charge super lourde.
- Speaker #1
Une pression de ouf.
- Speaker #0
Et en fait, mon opération m'a permis de me libérer d'un poids inimaginable.
- Speaker #1
Franchement, je te comprends. Pour la petite histoire, j'ai voulu arrêter la contraception hormonale il y a un an. Du coup, avec mon compagnon, on est passé au préservatif. Et il y a eu deux accidents. Et pour moi, ça a été la fin des regos. Et du coup, au deuxième accident, genre j'en ai perdu ma libido parce que forcément, c'est l'acte qui fait que tu peux tomber enceinte. Et du coup, j'ai vraiment associé l'acte en me disant non, en fait, j'ai trop peur. ça devenait invivable. Donc c'est aussi pour ça que j'ai décidé de reprendre une contraception hormonale parce que je me sens plus en sécurité avec ça. Même si, bon, c'est vraiment pas le plus adéquat pour mon corps. Mais bon, aujourd'hui, c'est comme ça. Inch'Allah, un jour, il y aura une contraception masculine sans hormones qui marchera comme il faut et qui sera démocratisée. Mais on ne va pas en parler aujourd'hui.
- Speaker #0
Non, on n'est pas sur ce sujet-là. Mais c'est vrai que... Il n'y a pas beaucoup d'entre-deux.
- Speaker #1
Non, c'est clair. Mais en tout cas, moi, pour les pressions plus sociétales, il y a des moments où j'ai l'impression que du coup, je ne suis pas dans le schéma classique de t'es une femme avec un mari, avec ta maison que t'as achetée, avec ton chien, ton jardin, et puis tes enfants, tu vois. Et parfois, comme un peu avec ma famille, en fait, je crois que j'ai vraiment un sentiment de rejet en général, mais comme avec ma famille, je me sens un petit peu... pas exclue parce que c'est pas le cas, je me sens très bien intégrée mais de par ça parfois je me dis est-ce que je suis pas un peu à l'écart tu t'y retrouves pas trop moi je sais que j'ai plus ce qui me renvoie sur tout ça parce que mon
- Speaker #0
entourage est pas très on a une famille, des enfants le mariage, tout ça mais ça va plus être les pubs la télé, les séries des trucs comme ça et bah il y a toujours ce schéma là Merci. en fait, qui est constant. Et là-dedans, je ne me reconnais pas trop.
- Speaker #1
Mais c'est vrai qu'il n'y a rien qui me vient en tête de représentation en série ou en film ou même en livre de femmes qui disent non, je ne veux pas d'enfants.
- Speaker #0
En child free, à part des femmes qui vont être très carriéristes. C'est la seule image qu'on va en avoir.
- Speaker #1
C'est la seule raison qui fait que c'est d'accord si tu n'en veux pas. devient une femme, une businesswoman. C'est ça,
- Speaker #0
alors que pas du tout. Et il y a, je trouve, un gros préjugé là-dessus.
- Speaker #1
C'est vrai, t'as raison.
- Speaker #0
Une image très ancrée de, voilà, soit t'as des enfants, soit t'es carriériste. Il n'y a pas d'entre-deux.
- Speaker #1
Ouais, carrément. Ouais, tu vois, j'avais jamais fait gaffe, mais je suis complètement d'accord avec toi. Et là, vraiment, depuis qu'on en a parlé, j'essaye de trouver des exemples de séries ou de films où il y a une femme où c'est pas pour sa carrière. qui ne veut pas d'enfants, je ne vois pas d'exemple. Et c'est vrai qu'on n'est pas ou très peu représentés là-dedans. Ou alors, c'est parce que ça va être des femmes lesbiennes. Non, mais c'est vrai. Là, tu vois, le seul truc qui me vient en tête, c'est une série lesbienne. Et du coup, oui, elle ne veut pas d'enfants parce qu'elles ne veulent pas adopter. Ou parce qu'elle se dit, je suis lesbienne, c'est mon choix, je ne veux pas d'enfants. Mais en femmes nous représentant en tant qu'hétéros... Que dalle. C'est vrai. Et moi,
- Speaker #0
c'est plus là-dedans que je trouve qu'il y a un problème et où je ne me retrouve pas dans des histoires qu'on nous montre. Ouais,
- Speaker #1
t'as raison. C'est vrai que je n'avais jamais vu ça comme ça. Mais comme quoi, peut-être que le sentiment de rejet, il n'est pas si faux que ça, du coup.
- Speaker #0
Ah non, il y a un gros tabou à ce niveau-là. Et même moi qui suis beaucoup de... de femmes qui ne veulent pas d'enfants et de comptes Insta là-dessus, on se rend compte qu'il y a aussi beaucoup de haine à leur égard. Et ça, je trouve ça assez hallucinant, en fait, qu'il y ait de la haine à cet égard-là, pour un choix super perso.
- Speaker #1
Oui, mais je ne sais plus, il y a quelques mois, j'avais vu justement un mini-reportage qui faisait un reportage justement sur les réactions des réseaux sociaux, donc des commentaires, etc. de femmes et d'hommes qui commentaient le fait qu'une femme avait dit « je ne veux pas d'enfant » sur les réseaux. Mais c'était impressionnant. Mais la déferlante de haine et de trucs. Mais t'es une femme et tu ne veux pas d'enfant. Mais t'es pas une femme. Mais enfin, ton corps est fait pour ça, pour accueillir un enfant. Mais du coup, si tu ne fais pas d'enfant, il n'y aura plus d'humains sur Terre. Waouh, mais calmez-vous. Clairement, ne vous inquiétez pas, il y aura toujours des humains.
- Speaker #0
Et heureusement, il y a des gens qui veulent des enfants. Oui, c'est vrai. Tant mieux.
- Speaker #1
Mais c'est très haineux, mais bon, ça regroupe aussi un autre sujet, c'est que la femme, on lui tape très souvent dessus.
- Speaker #0
Oui, qu'on ne fera pas sur un homme qui ne veut pas d'enfant, ça, ça pose de problèmes à personne.
- Speaker #1
Enfin, ça pose beaucoup moins de problèmes, c'est vrai qu'on juge moins... Enfin, en tout cas, c'est notre vision en tant que femme aussi, c'est avec nos yeux de sexe féminin. Mais effectivement, j'ai l'impression que les hommes, on les embête beaucoup moins quand ils disent non, je ne veux pas d'enfant. Parce que peut-être aussi, il y a ce rapport avec carriéristes, etc. Et puis, dans notre société, même si ça change énormément, l'homme, en général, il est moins impacté aussi par l'enfant, en tout cas les premiers mois. Parce que forcément, ce n'est pas lui qui le porte, ce n'est pas lui qui la couche, ce n'est pas lui qui va l'allaiter. Donc bon, voilà, c'est un fait. Mais effectivement, je pense que les hommes ont les autres être moins. En tout cas, on les juge moins. Mais toi, c'est quoi ton ressenti face à tout ça ? Comment tu te sens ? Est-ce que ça te met mal ? Est-ce que tu t'en fous ? Est-ce qu'au contraire, tu es combative et revendicative de tout ça ? Tu vois,
- Speaker #0
je ne sais pas. Moi, je crois que je m'en fiche un peu. En fait, quand les gens... Par exemple, quand je t'explique le médecin qui m'a fait sa remarque, « Mais vous allez faire quoi de votre vie ? » Mais en fait, c'est genre... J'ai rigolé, j'étais là, mais lui, il est sur... sur une autre planète, quoi, enfin, je sais pas. Ça me touche très peu, en fait, tu vois, ça me remet pas en question. Je sais pourquoi je l'ai fait, je connais les conséquences que ça peut avoir, bien sûr, ça peut me faire peur, d'avoir des regrets et tout, mais comme on disait, ça peut arriver sur plein de sujets différents. Et ça fait aussi partie de la vie d'avoir des regrets, à un moment.
- Speaker #1
C'est ça. Et non, ça ne me touche pas trop. J'aimerais bien que les femmes sans enfants ou qui n'en veulent pas soient un peu plus représentées.
- Speaker #0
Mais après, je n'ai pas trop de problèmes à ce niveau-là. Après, je trouve ça trop bien d'en parler. Je sais qu'au début, j'étais... Assez discrète. Je faisais attention à qui j'en parlais. Parce qu'on sent un peu les gens quand elles vraiment tout ça. Je n'osais pas me confronter. Et avant mon opération, il y a un délai de 4 mois de réflexion avant de se faire opérer. Et je me suis mis un peu à l'épreuve à ce moment-là. J'ai commencé à plus en parler, à me confronter. Enfin, c'était pas...
- Speaker #1
C'était pas un combat dans le reste. Non,
- Speaker #0
c'était pas un combat dans le général. Mais ouais, en parler à des personnes, par exemple, qui étaient devenues amants. Et j'ai eu plein de points de vue différents. Et en parler avec ma maman aussi, c'était cool. Je me suis rendue compte qu'elle, à l'époque, en fait, elle se posait pas la question. C'était pas trop intégré, se poser la question. Et je trouve justement, c'est en fait que c'est important d'en parler, c'est qu'il y a encore plein de gens qui sont dans ce schéma-là et qui pensent qu'en fait, c'est limite une étape à passer, obligatoire en tant que femme ou homme, mais voilà, à des grands coups, d'avoir des enfants, un truc. Et je trouve que c'est bien de montrer qu'il y a d'autres alternatives possibles, en fait. et on peut être heureux différemment ressentir l'amour différemment donner l'amour et transmettre différemment,
- Speaker #1
il y a plein de façons de faire ça ouais carrément je sais que mon ressenti par rapport à ça va aussi passer par ma relation de couple parce que on est à deux et que cette décision qui est la mienne mais va aussi impacter mon conjoint et au début quand j'étais plus jeune quand j'avais un nouvel amoureux, j'osais pas trop le dire Alors aussi parce que j'étais encore plus jeune, donc ce n'était pas non plus...
- Speaker #0
Oui, ce n'était pas ta préoccupation.
- Speaker #1
La préoccupation numéro un quand tu viens de te mettre en couple et que tu as 20 ou 25 ans, tu vois. Mais bon, plus je vieillissais et plus je sentais aussi que ça pouvait devenir un sujet très important. Et puis ça l'est parce que quand tu es en couple avec une personne qui ne veut pas d'enfant alors que toi tu en veux absolument, ça ne va pas. C'est impossible en fait.
- Speaker #0
Oui, non. Tu n'as pas rentré dans un truc où l'un ou l'autre se force ou se prive de quelque chose dont il a envie.
- Speaker #1
C'est ça. Et du coup, quand j'étais plus jeune, j'avais du mal à en parler parce que je pense que je ne l'assumais pas trop. Et puis aussi, je n'avais pas envie de me fatiguer avec la discussion. La discussion, je me disais, oui, mais pourquoi tu n'en veux pas ? Et du coup, quand j'ai rencontré mon compagnon actuel, ça fait bientôt trois ans qu'on est ensemble. Et je sais que c'est un sujet que j'ai voulu aborder assez rapidement avec lui, en me disant bah je vais Est-ce que toi, t'aimerais en avoir ? Parce que moi, voilà ma vision des choses. C'est pas un non à 100%, mais on est à 80-85% quand même. Donc je suis pas sûre de changer d'avis. Donc voilà, et très tôt et tout de suite, je lui ai dit, par contre, si pour toi c'est un problème, il faut qu'on s'arrête maintenant parce que ça sert à rien qu'on s'engage.
- Speaker #0
Si on sait que ça, ça va être un point bloquant plus tard. Parce qu'il le sera à un moment, si c'est bloquant. Donc, c'est aussi, je pense, quelque chose de courageux aussi à faire et à assumer en disant « Attention, il y a ce point-là chez moi. » Et en même temps, je trouve ça très chiant de devoir le dire. Parce que quand tu veux des enfants, je pense que, tu vois, c'est pas pareil, tu vois. C'est comme ça.
- Speaker #1
Tu vois, j'ai pas connu ça, donc je sais pas. Peut-être qu'ils en parlent tous pareil.
- Speaker #0
Peut-être.
- Speaker #1
Je sais pas. Peut-être le nombre d'enfants, du coup. C'est super rédhibitoire. Non, j'en sais rien. Moi, c'est vrai qu'en fait, je suis en couple depuis 8 ans. Donc, j'ai 28 ans aujourd'hui. On s'est mis ensemble tôt. Enfin, 20 ans, quoi. Donc, on ne se posait pas la question à ce moment-là. Et c'est vrai qu'en fait, avec le temps, la question ne s'est jamais posée. Pourtant, on est bien ensemble. On compte rester encore ensemble. Mais juste, la question ne s'est pas posée. Et je pense qu'on a eu notre réponse.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
naturellement on en a discuté forcément quand j'ai pris cette décision et mon conjoint on s'est aussi posé la question est-ce que c'est moi qui me fais opérer est-ce que c'est le B qui fait une vasectomie et c'est cool que le choix soit posé le choix soit posé et en fait déjà ça venait moi j'étais plus sûre que lui lui il veut pas d'enfant mais il a quand même Merci. plus de doutes.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
lui, il garde son choix d'en avoir et c'est totalement OK. Et par contre, tu vois, il n'a pas du tout discuté. Moi, ma décision, il ne m'a pas...
- Speaker #0
Excusez-nous, il y a Batman qui vient nous dire mais moi, je suis ton enfant.
- Speaker #1
Il fallait qu'il soit là dans cet épisode quand même.
- Speaker #0
Je parle tellement de lui. Le gars s'impose.
- Speaker #1
Mais voilà, il n'a pas du tout discuté ma décision. C'était la mienne et c'était OK, en fait.
- Speaker #0
OK, c'est cool. En fait, ça part de... Et au moins d'avoir soulevé qui fait l'opération, toi ou moi. Et c'est trop bien d'en avoir parlé, en fait.
- Speaker #1
C'est super important.
- Speaker #0
Ouais, c'est clair. Et du coup, tu me disais tout à l'heure que c'est sûr que ce n'est pas forcément un sujet qu'on aborde avec n'importe qui. Après, moi, je sais que de mon côté, par contre, ce n'est pas parce que je ne veux pas d'enfants que si une amie tombe enceinte, je vais être en mode,
- Speaker #1
ah oui,
- Speaker #0
horrible, tu vois.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Je suis quand même trop contente pour elle. Et d'ailleurs, ça a été le cas plein de fois dans ma vie. Et j'en suis bien heureuse que ce soit ma sœur qui a eu des enfants et j'adore ses enfants. Des amis qui ont eu des enfants et j'ai été hyper contente pour elle. Après, ce n'est pas parce qu'on ne veut pas d'enfants qu'on rejette la maternité dans notre vie, en fait.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est super cool que tu parles de ça, parce que moi, c'est un truc que j'ai vraiment relevé. C'est quand tu dis que tu veux pas d'enfants, les gens, ils parlent du principe que tu ne les aimes pas. Alors que, bien sûr que je n'en veux pas un au quotidien, parce que, plein de raisons, ça fait du bruit, tout ça.
- Speaker #0
Ça demande beaucoup d'attention.
- Speaker #1
Ça demande beaucoup d'attention, voilà. Moi, je veux pas ça dans mon quotidien, mais pour autant... Si mes proches ont des enfants, si il y a des enfants, j'ai même été animatrice périscolaire. Enfin, je veux dire, je les aime bien, quoi. Et on associe beaucoup les deux ensemble.
- Speaker #0
Oui, mais je trouve que du coup, moi, tu vois, c'est aussi un sentiment un peu de rejet que je peux avoir face à la société. Ou, ah, tu ne veux pas d'enfant ? Bon, tu vois, je ne t'en parle pas, je ne vais pas te raconter mes histoires de grossesse, mes histoires de couche et le fait qu'il ait eu sa première dent. Bah, si, en fait, parce que c'est ta vie à toi et ta vie à toi m'intéresse. parle-en moi, partage avec moi ce truc-là. Et tu vois, j'ai des amis qui ont eu des enfants et je sens qu'il y a une distance qui s'est mise alors que moi, je ne le voulais pas. Mais après, je pense que c'est aussi naturel. Forcément, elles se rapprochent aussi d'amis et de proches qui vivent et qui ont la même expérience qu'elles. Et c'est normal. Mais je trouve ça aussi un petit peu dommage. C'est sûr que moi, je ne pourrais pas leur apporter mon expertise et des conseils parce que je ne l'ai pas vécu. mais ça n'empêche pas que c'est un moment que j'ai aussi envie de partager avec elle et ouais, ton enfant il a mal au ventre, bah viens on en discute et on regarde ensemble s'il n'y a pas des solutions ah mais ta fille, elle a eu son premier bobo, ah tiens elle a fait du vélo pour la première fois, moi c'est des trucs en fait je suis contente de le savoir et je suis contente de le vivre avec la personne, que ce soit des bons comme des mauvais moments autour des enfants mais je trouve quand même que souvent je vais être la cinquième roue du carrosse à ce niveau et je trouve que c'est un petit peu dommage dans notre société où c'est un peu genre tout blanc tout noir bon bah t'en veux pas je te le donne pas genre non t'auras pas ton bonbon et vraiment par contre par rapport à ça donc ma soeur a eu deux filles et je la remercie par rapport à ça parce que elle m'a pas du tout donné ce sentiment là Malgré que c'est ma sœur et elle sait depuis la nuit des temps que je n'en souhaite pas et que c'est pas trop mon kiff. Alors effectivement, je ne passerai pas une semaine entière seule avec mes nièces. Ce ne sera pas possible nerveusement parlant. Mais j'ai passé cet été un week-end avec ma nièce qui a 7 ans et j'étais fatiguée à la fin, bien sûr. Ça m'a fait ressortir aussi tous les points qui font que je n'en souhaite pas dans ma vie. Mais ça m'a fait ressortir aussi plein de points où j'étais trop contente de passer ce temps avec elle. Parce que, comme on le disait tout à l'heure, on sait que ça apporte beaucoup aussi.
- Speaker #1
Oui, carrément. Et puis cette douceur particulière.
- Speaker #0
L'innocence.
- Speaker #1
Oui. Tu m'en avais beaucoup parlé. On sent que ça t'avait touchée ce week-end ensemble. Et pour autant, je trouve ça ouf que les gens te mettent à l'écart et que tu aies ressenti ça. Vraiment, je sais que... Dans mon entourage, je n'ai pas encore beaucoup de gens qui ont des enfants. Mais c'est vrai que pour autant, tu peux ne pas vouloir d'enfants et être une super tata. Et avoir cette mission, c'est cool.
- Speaker #0
On me parlait aussi parfois de la réaction de l'entourage ou des gens. Je reviens un petit peu en arrière, mais ça me fait penser. Il y a un des trucs qu'on m'a souvent dit et qu'on me dit encore aujourd'hui, c'est « Ah, mais tu ferais une super maman ! »
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Ah ouais, bah si. Et vraiment, ma réponse, et c'est la plus sincère que je puisse faire, c'est oui, je le sais.
- Speaker #1
Mais l'impression à lire ça.
- Speaker #0
Et en fait, arrêtez de me le dire. Je sais que je serais très certainement une super maman, mais ce n'est pas le problème. Ce n'est pas ce dont on a à voir. Bien, bien, malgré ma gentillesse ou j'en sais rien, ou de ce que tu ressens en me disant ça, mais je ne veux pas le faire avec un enfant. Et ça, tu vois, je trouve aussi que c'est un truc, c'est gentil, mais en même temps, qu'est-ce que tu veux que je réponde ?
- Speaker #1
Quand bien même tu voudrais être gentille comme ça avec un enfant, ce n'est pas obligé. Moi, j'évalue cette réflexion-là. Tu peux avoir ce sentiment-là avec plein d'autres choses, plein d'autres personnes. Soit tes proches, soit en étant une tata, tu peux transmettre tout pareil. En étant une maman chien. Une maman chat aussi. Une maman chat aussi. enfin on a J'ai vécu un peu ça avec ma petite sœur. Elle est née, j'avais déjà 8 ans. Donc, on avait quand même un écart assez grand. Et la transmission, j'ai pu la donner aussi comme ça. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai qu'on n'en a pas parlé. Effectivement, moi, je suis la dernière de ma fratrie. Alors que toi, tu es au milieu. Et effectivement, tu as pu peut-être... C'est peut-être bizarre de parler de sentiments de maternité pour une enfant. Je ne sais pas. Désolée si ça choque, tu n'as pas fait ma place.
- Speaker #1
Mais des fois, oui, j'ai été amenée à m'occuper de ma petite sœur. Et voilà, c'était trop cool pour autant. Et c'est vrai que oui, j'ai un peu le parallèle dans cette relation-là que j'ai vécue, qui était cool, mais qui n'est pas pour moi.
- Speaker #0
On ne va pas réitérer en étant plus grand. Mais en tout cas, moi, je pense que j'ai fait le tour pour cet épisode. Après, à noter qu'on est d'accord toutes les deux pour dire que c'est un sujet qui commence à se développer, mais qui reste relativement tabou quand même. Donc, c'est pour ça qu'on a voulu faire cet épisode ensemble, pour pouvoir en parler. Après, voilà, encore une fois, merci de rester bienveillants dans les commentaires. Je sais que c'est un sujet qui peut faire débat, mais ce n'est pas le cas. Pour moi, il n'y a pas débat à avoir, il n'y a pas à nous convaincre. de quoi que ce soit. C'était juste pour vous partager notre sentiment à ce sujet et comment est-ce qu'on peut le vivre et le ressentir au quotidien.
- Speaker #1
J'ajouterais qu'il n'y a pas de débat à avoir sur les choix de vie des autres, quels qu'ils soient. Comme nous, on ne débat pas sur les gens qui veulent des enfants. C'est OK, il y a plein de gens qui veulent des enfants et c'est trop cool chez leur envie et leur choix. Et inversement, je pense que c'est important d'en parler et de montrer qu'il y a plein d'alternatives possibles.
- Speaker #0
et puis comme on le disait aussi hors micro, on espère aussi que d'avoir partagé ça avec vous de façon aussi sincère, ça puisse peut-être libérer la parole chez certaines d'entre vous, à vous dire que vous n'êtes pas toute seule ou vous n'êtes pas anormale à penser et avoir cette non-envie d'avoir un enfant. Je vous remercie, Anaïs, je te remercie beaucoup d'avoir partagé tout ça. C'était super chouette. C'était super chouette. Je suis trop contente. N'hésitez pas, du coup, à venir vous abonner, à noter cet épisode sur votre plateforme d'écoute, à venir commenter sur YouTube ou sur Instagram. Et je vous dis à très bientôt.
- Speaker #1
Merci d'avoir partagé ce moment avec nous. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à en parler autour de vous et sur les réseaux sociaux. Et pour rappel, le podcast à nous deux, c'est un mardi sur deux.