- Speaker #0
Pourquoi ou pour qui tu as le plus de gratitude aujourd'hui ?
- Speaker #1
Écoute, je dirais, certainement pour ma femme Nora. On décide de se marier à 30 ans, 30-31. Et à ce moment-là, on se dit OK, on se laisse une petite année. Tu vois, comme le fond, c'est normal de le faire comme ça. On se dit, on se laisse une petite année, puis on essaie de lancer le projet bébé.
- Speaker #0
Vous avez le même âge ?
- Speaker #1
On avait le même âge. On est allés à trois jours d'écart.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
On est assez proches. Et à ce moment-là, on se dit, OK, le projet bébé, on lance. Ça marche assez vite. Magnifique. On achète des mugs, on achète un T-shirt. Bientôt grand-père. Voilà, c'était à la période de fin d'année. Et Nora m'appelle un jour du bureau et elle me dit, je viens de perdre du sang. Il y a un truc qui ne va pas, quoi.
- Speaker #0
Ça me met des frissons de l'entendre.
- Speaker #1
Ouais, c'est... Là, t'es... En partie, quand même, à poil et sans filet. Parce que tu dis, bon, mince, je comprends pas ce qui se passe, je suis perdu. Pour ma femme, c'était très dur aussi. Complètement déboussolé. Beaucoup de... C'est très émotionnel. Bon, écoute, petit à petit, on se dit, bon, ça peut arriver. On commence à... Voilà, les médecins nous disent, c'est tout à fait normal. OK. donc en effet nous il y avait quand même plusieurs semaines qui étaient passées entre le test de grossesse et ce moment là on était en cours au milieu du premier trimestre donc clac quand même on range nos cadeaux qu'on n'offrira pas et à ce moment là on se remet à essayer de concevoir et à ce moment là on retombe enceinte quelques mois plus tard Là, ça se développe plutôt bien. Et un jour, pareil, elle me rappelle et elle me dit, écoute, encore quoi ? Encore ? Bon, voilà, je passe les détails.
- Speaker #0
Et parfois après le premier trimestre, parce que c'est vrai que c'est toujours un peu la tête fatiguée. Nous,
- Speaker #1
c'est fin de premier trimestre. En gros, entre 12 et à peu près la douzième semaine que ça va arrêter.
- Speaker #0
C'est à un moment où tu te dis, c'est bon.
- Speaker #1
Entre 10 et 12. Donc c'est quand même le moment où t'es parti. Ça fait plusieurs mois, ainsi de suite.
- Speaker #0
On a parlé, t'es projeté.
- Speaker #1
Honnêtement, à chaque fois, je me disais, ok, ça va tomber à quelle date ? Comment on va organiser l'année ? Tu pars là-dedans, tu te prends ça dans la tête. Et c'est très dur. On commence à faire beaucoup d'analyses, de tous les sens. À la fois pour Nora, beaucoup de choses. Moi aussi. Des tests sanguins, des spermogrammes, des tests génétiques. Tu te dis, mais voilà, mais on part où là ? C'est quoi le problème, quoi ? Tu ne penses pas que ça va devenir autant médical, finalement, de faire un bébé ? Ça a l'air... En tout cas, tu es toujours dans une illusion du côté romantique. Ça va être beau, on va concevoir un enfant ensemble, tu vois. Et finalement, tu pars dans des salles d'attente de différents hôpitaux à Paname. Plus, on ne va pas se cacher aussi pour les hommes, tu as le grand moment du spermogramme.
- Speaker #0
Ah oui, mais c'est incroyable parce que... J'ai fait penser au spectacle de Manu Payet. Il a eu des problèmes de conception, lui aussi. Il en parle dans son spectacle. Je me suis pleuré de rire. Avec le vieux magazine porno qui est apparemment dans la salle sombre et où tout le monde attend derrière. Mais c'est... C'est terrible.
- Speaker #1
C'est horrible et c'est vrai que c'est comme ça. Mais beaucoup d'hommes peuvent aujourd'hui en attester. C'est vrai que tu arrives dans une salle gloquée, il est 7h30 du mat' sous l'incincerto. Il y a un petit écran comme ça avec des DVD. C'est des DVD ?
- Speaker #0
Des DVD.
- Speaker #1
Ah,
- Speaker #0
ils sont quand même passés à l'état.
- Speaker #1
Oui, mais il y a longtemps.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Il y a longtemps. Et puis, tu as un canapé en Sky en plus. Tu vois, donc voilà. Tu sais que tout le monde a mis son cul dessus, quoi.
- Speaker #0
La moitié de paname est passée là.
- Speaker #1
Toi, tu n'es pas du tout dans le mood. Vas-y. Tu n'es pas dans le mood du tout. Et il y a la fermière qui dit, bon, écoutez, je vous laisse faire vos petites affaires. Et puis, je repasse après. pour voir merci méchamment du tout professionnel vos petites affaires quelle angoisse et vous en mettez pas partout oui oui donc tu vois on a connu ça moi en tout cas sur cet exercice là à répétition et puis il y en aura beaucoup beaucoup aussi d'examens parfois aussi très intrusifs et mal et tout voilà et finalement nous notre histoire pour accélérer là dessus mais on a fait 5 fausses couches 5 carrés de recesse euh inexpliquée, à des stades avancés, avec en plus des complications derrière, parce que petit à petit, l'utérus, voilà, il a vécu cinq grossesses quand même, cinq démarrages, mais il peut y avoir des séquelles. Donc on se dit à un moment donné, quand est-ce que ça s'arrête ? Quand est-ce que ça s'arrête ? Et la fin, c'est quoi ? C'est qu'en fait, on ne pourra peut-être même plus un jour concevoir un enfant. Donc là, tu es en phase de te dire, mais en fait, OK, ça veut dire quoi ? C'est quoi ma vie alors, sans enfant ? Parce que pour moi, c'est important, comme je disais. En tout cas, je me projetais avec des enfants. C'est quoi mon couple ? Quel est l'avenir du couple qui s'est construit aussi en partie avec un désir d'enfant commun ? On ne va pas se cacher, après, ce n'est pas que ça.
- Speaker #0
C'est la faute à qui, tu te demandes ça ?
- Speaker #1
C'est la faute à qui, ou en tout cas, pourquoi nous ? On n'a rien demandé à personne, on n'avait pas des comportements lifestyle abusés, on essayait d'être quand même sérieux. Donc, tu vois, il y a une forme d'incompréhension. Et puis moi, ce qui m'a marqué, c'est le sentiment de solitude. On en parlait. Mais les gens étaient très gênés, quand même. Très gênés par ça. Il n'y a pas l'habitude non plus d'exprimer ça de manière trop collective. Et donc, voilà, un sentiment juste d'être triste, seul. Et en même temps, pour moi notamment, de devoir être présent et rassurant, ou en tout cas empathique et présent, parce que pour Nora, ça a été naturellement, elle, dans sa chair, encore plus, tu vois.
- Speaker #0
Personne ne peut savoir ce que veut une femme en ce moment-là, de perdre des enfants. C'est terrible.
- Speaker #1
Donc, c'est le moment où, en même temps, moi, j'étais en train de vendre la boîte. Donc, tu vois, je te dis, on dit autre truc. Et c'est vrai que c'est à ce moment-là où on a fait le choix de... OK, on a dit, OK, on change d'approche et on part en Espagne. Et à ce moment-là, en Espagne, ça a fonctionné parce qu'ils ont identifié. Donc, tu vois, il y a un sous-jacent de, un, on n'y connaissait rien. 2. On a été mal orientés. On a fait plein d'analyses qui ne servaient à rien. La façon dont on est allé voir, peut-être pas toujours les bons médecins ou pas dans le bon ordre, parce qu'en fait, on était livrés à nous-mêmes. On était sur Doctolib en train de se dire, on va voir qui là ? Tu n'es pas guidé, tu es solo. Et enfin, on a été... La phase de diagnostic dans la fertilité, il faut savoir que dans la médecine, c'est la seule discipline où tu as deux patients. C'est la seule où tu as deux patients, tu as deux antécédents médicaux, tu as deux modes de vie, tu as une compatibilité aussi à prévoir entre les deux. qui parfois se passent bien, parfois se passent moins bien. Tu as énormément de facteurs qui peuvent dégrader la fertilité. Et en plus, bien sûr, les années passent. Donc là, on n'a plus 31 ans, on a 36 ans. Et tu sais que chaque année compte, chaque mois compte. C'est une course contre la montre et contre la biologie. Et donc, tu te dis, OK, d'une part, on est déjà amoché par le système, parce que tout ça, on est ensuite potentiellement, il y a des complications médicales à ces cinq arrêts de grossesse. Et puis enfin, émotionnellement, tu vois, on ne sait pas trop où on va. Donc voilà, on arrive dans ce moment-là. Et oui, enfin, pardon, le diagnostic, on n'a aucune idée de ce qui ne se passe pas, de ce qui ne marche pas. C'est là où un peu les limites de la médecine, où tu t'attends à ce que la médecine soit scientifique, te disent OK, voilà le truc. on est parti en Espagne, c'est vrai que là-bas ils ont eu une analyse une approche peut-être plus multifactorielle et c'est quoi ? en fait c'est une maladie auto-immune de Nora qui s'appelle le syndrome des antiphospholipides c'est-à-dire c'est un syndrome où des anticorps se déclenchent pendant la grossesse pour bloquer les voies d'irrigation du fœtus donc c'est-à-dire que ça crée des caillots de sang et ça coagule le sang Merci. pour empêcher le développement à un certain stade du fœtus. Donc en fait, le fœtus n'est plus irrigué.
- Speaker #0
Tu tues ton propre bébé, quoi, par une maladie qui... Oh là là !
- Speaker #1
Donc, voilà. Ça, c'était dur à apprendre. Et en même temps, bonne nouvelle, il y a un traitement assez simple. C'est les anticoagulants.
- Speaker #0
Ah bah oui, oui, bien sûr.
- Speaker #1
Donc Nora a pris des anticoagulants. Donc on a fait une FIV, une PMA, ainsi de suite, complète. On a collecté des ovocytes. on a fertiliser ces ovocytes avec mon sperme. On a eu quelques embryons qu'on a testés avec ce qui s'appelle un diagnostic préimplantatoire, notamment une technique qui est malheureusement à ce stade interdite en France. Malgré la nouvelle loi de bioéthique qui a été signée il y a quelques années, ça a été refusé par les députés. Et donc en France, on réimplante des embryons qui ne sont pas viables, qui n'ont aucune chance de devenir viables.
- Speaker #0
C'est stupide.
- Speaker #1
C'est la loi de notre pays. Et par rapport à ça, nous, on les a testés pour être sûr que l'embryon, Hector en l'occurrence, est arrivé à être implanté et à tenue. Et grâce aux anticoagulants, il s'est développé naturellement.
- Speaker #0
Waouh ! Et donc du coup, là aujourd'hui, il y a Hector qui a quel âge ?
- Speaker #1
Hector a deux ans et demi.
- Speaker #0
Deux ans et demi et je crois que tu attends un autre événement aussi.
- Speaker #1
Exactement. Et donc on est reparti, pareil, par une PMA et une FIV, toujours en Espagne. Il faut savoir que la France est l'un des derniers pays en termes de résultats sur les FIV et les PMA, que ça touche plusieurs dizaines de milliers, centaines de milliers de personnes chaque année en France et qu'on est parmi les derniers d'Europe. L'Espagne est parmi les premiers, voire le premier d'Europe en termes de performance. En revanche, c'est privé, beaucoup plus privé. ça coûte un certain prix et donc voilà pour tout ça elle m'a fait dire en fait j'ai envie de m'investir c'est un bon terrain voilà c'est un terrain fertile en l'occurrence pour construire des solutions. D'une part, il y a un vrai problème côté patient et côté santé publique même, j'allais dire. Il y a un vrai problème à résoudre parce que tout ne fonctionne pas comme il faut. Déficit d'éducation, déficit d'orientation et enfin déficit de diagnostic. Donc il y a un terrain de jeu aussi pour quelqu'un comme moi qui aime la tech, d'y rajouter des dynamiques de data, d'IA et en même temps aussi d'accompagnement, moi qui viens du coaching. Donc tu vois, j'ai retrouvé un écosystème où... où j'ai fait la synthèse, comment accompagner les patients pour qu'ils soient positivement mieux embarqués, parce qu'on sait que le facteur psychologique est aussi un facteur important.
- Speaker #0
Et parce que par quel angle tu veux l'attaquer en fait ce problème maintenant, aujourd'hui ?
- Speaker #1
Donc déjà voilà, moi je monte Nova No Wacker, donc c'est un compagnon digital de la fertilité. L'objectif il est d'accélérer les prises en charge des patients, donc c'est-à-dire de pouvoir peut-être identifier les zones d'ombre dans le profil de fertilité des patients, des couples. Donc là, basé sur les analyses qui sont déjà réalisées, on va être capable de les interpréter. Donc par exemple, tu as fait un spermogramme, tu as fait un certain nombre d'analyses, toi, ta femme, tu peux tout nous partager. Donc il y a un système qui va te permettre de mieux les interpréter, comprendre et analyser peut-être les zones d'ombre, les analyses complémentaires qui pourraient être proposées. Tout ça, baqué par une base de connaissances médicalement validée. Donc on a une équipe médicale qui travaille avec nous. qui a validé cette base de connaissances pour être sûr que notre interprétation est bonne. Et ensuite, c'est toute une brique de recommandations. Donc sur ton profil, tu as ton potentiel de fertilité pour l'homme et pour la femme. Et ensuite, il y a des recommandations qui te sont proposées pour te permettre d'améliorer, de maximiser ta fertilité, que ce soit pour concevoir naturellement ou que ce soit pour un track plutôt PMA. Et enfin, il y a une brique de connexion avec des experts qui sont à la fois des experts du monde de la santé.
- Speaker #0
Et ça, c'est ton premier métier.
- Speaker #1
Et également des experts de l'accompagnement, du coaching, de la psychologie, de la sexologie. Parce que finalement, ce que j'aime bien aussi, c'est que c'est...
- Speaker #0
C'est un problème complexe, un problème multifactoriel.
- Speaker #1
Exactement. Et typiquement, parfois, oui, la PMA avance, mais mon couple est abîmé. Parce qu'on a eu des discussions difficiles, parce que les deux n'étaient pas dans le même mood. Tu vois, il y avait peut-être l'un pour qui c'était dur de passer dans une logique plus médicale. L'autre ne faisait pas d'efforts. En tout cas, toi, ça vient révéler. beaucoup de choses dans le couple et voilà moi je veux oeuvrer pour des familles épanouies et des couples heureux et des voilà et donc c'est ça où je me disais tiens je pourrais connecter ça aussi justement avec des gens qui sont là pour nous aider nous typiquement on a eu un peu d'assistance psychologique dans le dans notre parcours mais heureusement qu'on nous l'a proposé et un peu sur un coin de table sinon on n'y serait jamais allé heureusement que toi tu as cet héritage et connaissant savait qu'à un moment donné il fallait qu'on discute avec quelqu'un mais pour plein de de passion, ce n'est pas le cas. Et donc finalement, j'aimerais aussi leur proposer cette alternative. Et même dans l'app, il y aura beaucoup de messages de guidage, de questionnements, des petites cartes à travailler en couple, tu vois, aussi pour mieux vivre ce moment.