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Ma chaîne Youtube (épisodes en vidéo) : @MatthieuLaulan
Pour être sponsor de l'émission : matthieulaulan01@gmail.com
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Comment il voit la France aujourd'hui, ton père, tu vois ? Et comment il voit surtout l'évolution en termes de mentalité sur le travail, sur l'entreprenariat ? Est-ce qu'il a l'impression que les choses ont changé entre le moment où il est arrivé en France, il a démarré, il s'est retrouvé confronté à des difficultés, il les a abattues par sa force de caractère et de travail, tu vois ? C'est quoi son ressenti aujourd'hui sur la France, notamment sur cette question de travail, d'entreprenariat ?
Je pense que l'évolution de ce contexte-là... est aussi l'une des raisons qui a accéléré sa prise de recul. Parce qu'effectivement, on l'a beaucoup épargné dans un premier temps de ces situations, notamment managériales, notamment le rapport avec les collaborateurs, notamment l'évolution du contexte sociétal, le cadre fiscal. Donc, il est conscient, mais plus directement confronté ou toutes les difficultés administratives qu'il peut y avoir. Mais effectivement, il est conscient que les règles du jeu dans laquelle... avec lesquels nous on doit composer sont pas les mêmes et parfois ça lui est arrivé de se demander s'il avait pris la bonne décision en nous transmettant la boîte il nous dit quand je vois les sacrifices l'engagement que ça implique et quand je vois la vie que vous menez aujourd'hui le stress que vous avez et votre sur-implication je sais pas si j'aurais pas dû prendre de décision parce qu'il nous dit que lui a fait tous ces sacrifices là pour qu'on puisse avoir nous un cadre de vie un peu plus simple un peu plus tranquille et le fait est que en fin de compte on est tout aussi impliqué que lui mais je lui dis écoute papa on a vu un modèle donc forcément on reproduit aussi un peu ce modèle là en termes d'implication et le contexte ayant évolué le rapport avec les équipes c'est ça qui est le plus compliqué tu vois il y a des collaborateurs qui ont été avec lui toute leur carrière en décembre 2025 on a un collaborateur qui après sa retraite repait 46 ans de boîte Il est arrivé en apprentissage chez nous, Georges. Il a commencé en apprentissage avec notre grand-père. Et il a pris sa retraite. On lui a fait un beau cadeau, on lui a fait une belle fête. Mais la fierté de mon père d'avoir eu un collaborateur à ses côtés, fidèle aussi longtemps. Et ce collaborateur-là d'avoir accompagné notre père et la boîte après, dans son évolution. Tu vois, il est arrivé tout seul. C'était le premier apprenti. Il part de la boîte, on est 150 collabs. C'est... extraordinaire, tu vois. Et on a encore un noyau de 2-3 collaborateurs comme ça qui sont là depuis 25, 30, 35 ans qui sont des modèles et des exemples pour les autres générations. Mais forcément, le contexte a évolué, les attentes des uns et des autres ont évolué, l'engagement sur la durée est plus forcément une réalité. Ce qui peut se comprendre, encore une fois, moi je suis lucide et les besoins, les envies, les aspirations... les ambitions, le contexte familial évolue au sein d'une vie et donc se projeter 40 ans dans une boîte c'est plus aussi possible que dans le passé mais quoi qu'il en soit il y a des façons de faire les choses et quand on a quand on a un patron quand on a un employeur qui est bienveillant disponible, respectueux A minima, c'est être capable d'avoir la même attitude à son égard.
En tant que salarié, tu veux dire ?
Absolument, absolument. Tu vois, j'essaie toujours de faire preuve d'empathie vis-à-vis de nos collaborateurs quand ils sont confrontés à une difficulté, à travers une grande disponibilité. Je suis archi-joignable, on est archi-joignable. On les accompagne dans des moments difficiles perso. Enfin, tu vois, on a un collaborateur, sa famille était au Liban pendant la guerre. On l'a accompagné et c'est normal qu'on fasse ça. C'est des valeurs humaines. On est facilitateur. Mais tu vois, parfois, il y a un manque de reconnaissance et une ingratitude qui est super décourageante. En tout cas, quand tu es pleinement impliqué dans ta boîte et dans la vie de ta boîte et très proche de tes équipes, il y a certaines gifs qui font mal.
Qu'est-ce que tu entends par gif ? Quel type de gif t'as déjà pris ou vous avez déjà pris qui vous a vraiment déçu sans citer évidemment la personne ? Mais tu vois...
Non, tu as des collaborateurs que tu intègres, à qui tu apprends un métier, à qui tu donnes un certain niveau de vie. des perspectives de la reconnaissance que tu accompagnes même sur des sujets perso, des moments perso difficiles et du jour au lendemain il te claque la porte au nez il y a des façons de claquer la porte au nez, tu peux partir proprement, dignement ou alors tu peux laisser pourrir la situation et tu peux sortir par la petite porte et en fait sortir en voulant faire du mal à la boîte en voulant mettre en difficulté la boîte c'est pas correct, nous ce qui nous anime je vais te dire Mon père ne s'est jamais versé un euro de dividende. Pas un euro de dividende. T'imagines ? En plus de 40 ans. Il n'y a pas beaucoup de patrons qui peuvent dire ça. Dès l'euro, la boîte a généré du résultat. Il y a un tiers qui a été redistribué aux collaborateurs. Le reste a été réinvesti pour les projets, pour le développement, pour la croissance. Nous, ça fait 13 ans que je suis dans la boîte, je n'ai jamais pris un euro de dividende. Pareil. Parce que notre volonté, c'est de faire grandir la boîte, faire évoluer la boîte, donner des perspectives aux collaborateurs, leur permettre de s'élever, etc. Et j'entends qu'il y a des entreprises qui ont une philosophie, une approche qui est différente. qui est la leur et je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus. Mais je trouve que c'est dommage que des PME comme les nôtres qui ont cette fibre entrepreneuriale, familiale, cette proximité qui devient de plus en plus rare, ne sont pas forcément appréciés ou valorisés. En fait, on a des collaborateurs qui le valorisent, c'est des collaborateurs qui ont vécu d'autres expériences, d'autres boîtes et qui nous rejoignent et qui nous disent « Ouais, franchement, c'est dingue. » Et là, c'est génial, tu vois, même pour nous, ça nous fait du bien.
On parle toujours de manager toxique, mais il y a une réalité aussi, que moi je perçois, et qui est peut-être mon biais, parce que je côtoie beaucoup d'entrepreneurs, beaucoup de dirigeants, mais qui ont aussi des salariés toxiques. Et le cadre français, aujourd'hui, et une telle protection du salarié, notamment en CDI, avec les arrêts maladie, les ruptures conventionnelles, les invalidités, tout un tas de choses qui font qu'il y a une... Le cadre dessert à la fin l'entreprise au global.
C'est archi décourageant. J'ai deux exemples très concrets qui datent de l'année dernière. Un collaborateur qui nous a pris en grippe pour diverses raisons personnelles sur lesquelles je ne vais pas revenir. Néanmoins, il nous a pris en grippe, il s'est mis en arrêt maladie. Pendant cet arrêt maladie, il a fait des travaux chez lui. Une fois cet arrêt terminé, il s'est mis en invalidité. L'invalidité a été reconnue par la médecine. travail. Et donc, il a quitté la boîte avec toutes les indemnités qui vont bien. Pas de sujet. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il avait déjà trouvé un poste similaire dans une autre boîte. C'est une aberration. C'est une aberration. C'est un non-sens total. Mais on a des collaborateurs qui sont en difficulté. J'ai un collaborateur dont je suis extrêmement proche, qui ne venait pas de l'automobile, que j'ai recruté il y a dix ans maintenant, à qui on a appris le métier parce que j'ai senti cette fibre, cette abnégation. Et il y a quelques mois, elle allait... pas bien du tout, mais pas bien du tout. Et donc, il a été en burn-out. Et donc, ce collaborateur, qui est encore actuellement arrêté, mais je sais qu'il ne va pas bien parce qu'il a des sujets persos qui le mettent dans cet état-là. Ma seule volonté, c'est de l'accompagner, c'est de l'aider. Je ne lui mets aucune pression. Je lui dis, écoute, prends le temps qu'il te faudra. Nous, on est à ta dispo. Ta place, elle sera toujours là. Si tu veux une autre place, un autre poste, on sera là. Si tu as besoin que je vienne te voir, je viens te voir. Il est bienvenu à tous les événements. Je l'appelle toutes les semaines pour prendre de ses nouvelles. Il a mon numéro. Je lui dis, quel que soit ton besoin, tu m'appelles. Tu vois ? Et je veux l'aider à s'en sortir. Parce que c'est un super mec. Et parce qu'il le mérite. Et parce que mon rôle de dirigeant d'entreprise, ce n'est pas seulement de diriger la boîte. C'est aussi certains collaborateurs, quand ils ont un moment difficile, de les aider.
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Comment il voit la France aujourd'hui, ton père, tu vois ? Et comment il voit surtout l'évolution en termes de mentalité sur le travail, sur l'entreprenariat ? Est-ce qu'il a l'impression que les choses ont changé entre le moment où il est arrivé en France, il a démarré, il s'est retrouvé confronté à des difficultés, il les a abattues par sa force de caractère et de travail, tu vois ? C'est quoi son ressenti aujourd'hui sur la France, notamment sur cette question de travail, d'entreprenariat ?
Je pense que l'évolution de ce contexte-là... est aussi l'une des raisons qui a accéléré sa prise de recul. Parce qu'effectivement, on l'a beaucoup épargné dans un premier temps de ces situations, notamment managériales, notamment le rapport avec les collaborateurs, notamment l'évolution du contexte sociétal, le cadre fiscal. Donc, il est conscient, mais plus directement confronté ou toutes les difficultés administratives qu'il peut y avoir. Mais effectivement, il est conscient que les règles du jeu dans laquelle... avec lesquels nous on doit composer sont pas les mêmes et parfois ça lui est arrivé de se demander s'il avait pris la bonne décision en nous transmettant la boîte il nous dit quand je vois les sacrifices l'engagement que ça implique et quand je vois la vie que vous menez aujourd'hui le stress que vous avez et votre sur-implication je sais pas si j'aurais pas dû prendre de décision parce qu'il nous dit que lui a fait tous ces sacrifices là pour qu'on puisse avoir nous un cadre de vie un peu plus simple un peu plus tranquille et le fait est que en fin de compte on est tout aussi impliqué que lui mais je lui dis écoute papa on a vu un modèle donc forcément on reproduit aussi un peu ce modèle là en termes d'implication et le contexte ayant évolué le rapport avec les équipes c'est ça qui est le plus compliqué tu vois il y a des collaborateurs qui ont été avec lui toute leur carrière en décembre 2025 on a un collaborateur qui après sa retraite repait 46 ans de boîte Il est arrivé en apprentissage chez nous, Georges. Il a commencé en apprentissage avec notre grand-père. Et il a pris sa retraite. On lui a fait un beau cadeau, on lui a fait une belle fête. Mais la fierté de mon père d'avoir eu un collaborateur à ses côtés, fidèle aussi longtemps. Et ce collaborateur-là d'avoir accompagné notre père et la boîte après, dans son évolution. Tu vois, il est arrivé tout seul. C'était le premier apprenti. Il part de la boîte, on est 150 collabs. C'est... extraordinaire, tu vois. Et on a encore un noyau de 2-3 collaborateurs comme ça qui sont là depuis 25, 30, 35 ans qui sont des modèles et des exemples pour les autres générations. Mais forcément, le contexte a évolué, les attentes des uns et des autres ont évolué, l'engagement sur la durée est plus forcément une réalité. Ce qui peut se comprendre, encore une fois, moi je suis lucide et les besoins, les envies, les aspirations... les ambitions, le contexte familial évolue au sein d'une vie et donc se projeter 40 ans dans une boîte c'est plus aussi possible que dans le passé mais quoi qu'il en soit il y a des façons de faire les choses et quand on a quand on a un patron quand on a un employeur qui est bienveillant disponible, respectueux A minima, c'est être capable d'avoir la même attitude à son égard.
En tant que salarié, tu veux dire ?
Absolument, absolument. Tu vois, j'essaie toujours de faire preuve d'empathie vis-à-vis de nos collaborateurs quand ils sont confrontés à une difficulté, à travers une grande disponibilité. Je suis archi-joignable, on est archi-joignable. On les accompagne dans des moments difficiles perso. Enfin, tu vois, on a un collaborateur, sa famille était au Liban pendant la guerre. On l'a accompagné et c'est normal qu'on fasse ça. C'est des valeurs humaines. On est facilitateur. Mais tu vois, parfois, il y a un manque de reconnaissance et une ingratitude qui est super décourageante. En tout cas, quand tu es pleinement impliqué dans ta boîte et dans la vie de ta boîte et très proche de tes équipes, il y a certaines gifs qui font mal.
Qu'est-ce que tu entends par gif ? Quel type de gif t'as déjà pris ou vous avez déjà pris qui vous a vraiment déçu sans citer évidemment la personne ? Mais tu vois...
Non, tu as des collaborateurs que tu intègres, à qui tu apprends un métier, à qui tu donnes un certain niveau de vie. des perspectives de la reconnaissance que tu accompagnes même sur des sujets perso, des moments perso difficiles et du jour au lendemain il te claque la porte au nez il y a des façons de claquer la porte au nez, tu peux partir proprement, dignement ou alors tu peux laisser pourrir la situation et tu peux sortir par la petite porte et en fait sortir en voulant faire du mal à la boîte en voulant mettre en difficulté la boîte c'est pas correct, nous ce qui nous anime je vais te dire Mon père ne s'est jamais versé un euro de dividende. Pas un euro de dividende. T'imagines ? En plus de 40 ans. Il n'y a pas beaucoup de patrons qui peuvent dire ça. Dès l'euro, la boîte a généré du résultat. Il y a un tiers qui a été redistribué aux collaborateurs. Le reste a été réinvesti pour les projets, pour le développement, pour la croissance. Nous, ça fait 13 ans que je suis dans la boîte, je n'ai jamais pris un euro de dividende. Pareil. Parce que notre volonté, c'est de faire grandir la boîte, faire évoluer la boîte, donner des perspectives aux collaborateurs, leur permettre de s'élever, etc. Et j'entends qu'il y a des entreprises qui ont une philosophie, une approche qui est différente. qui est la leur et je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus. Mais je trouve que c'est dommage que des PME comme les nôtres qui ont cette fibre entrepreneuriale, familiale, cette proximité qui devient de plus en plus rare, ne sont pas forcément appréciés ou valorisés. En fait, on a des collaborateurs qui le valorisent, c'est des collaborateurs qui ont vécu d'autres expériences, d'autres boîtes et qui nous rejoignent et qui nous disent « Ouais, franchement, c'est dingue. » Et là, c'est génial, tu vois, même pour nous, ça nous fait du bien.
On parle toujours de manager toxique, mais il y a une réalité aussi, que moi je perçois, et qui est peut-être mon biais, parce que je côtoie beaucoup d'entrepreneurs, beaucoup de dirigeants, mais qui ont aussi des salariés toxiques. Et le cadre français, aujourd'hui, et une telle protection du salarié, notamment en CDI, avec les arrêts maladie, les ruptures conventionnelles, les invalidités, tout un tas de choses qui font qu'il y a une... Le cadre dessert à la fin l'entreprise au global.
C'est archi décourageant. J'ai deux exemples très concrets qui datent de l'année dernière. Un collaborateur qui nous a pris en grippe pour diverses raisons personnelles sur lesquelles je ne vais pas revenir. Néanmoins, il nous a pris en grippe, il s'est mis en arrêt maladie. Pendant cet arrêt maladie, il a fait des travaux chez lui. Une fois cet arrêt terminé, il s'est mis en invalidité. L'invalidité a été reconnue par la médecine. travail. Et donc, il a quitté la boîte avec toutes les indemnités qui vont bien. Pas de sujet. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il avait déjà trouvé un poste similaire dans une autre boîte. C'est une aberration. C'est une aberration. C'est un non-sens total. Mais on a des collaborateurs qui sont en difficulté. J'ai un collaborateur dont je suis extrêmement proche, qui ne venait pas de l'automobile, que j'ai recruté il y a dix ans maintenant, à qui on a appris le métier parce que j'ai senti cette fibre, cette abnégation. Et il y a quelques mois, elle allait... pas bien du tout, mais pas bien du tout. Et donc, il a été en burn-out. Et donc, ce collaborateur, qui est encore actuellement arrêté, mais je sais qu'il ne va pas bien parce qu'il a des sujets persos qui le mettent dans cet état-là. Ma seule volonté, c'est de l'accompagner, c'est de l'aider. Je ne lui mets aucune pression. Je lui dis, écoute, prends le temps qu'il te faudra. Nous, on est à ta dispo. Ta place, elle sera toujours là. Si tu veux une autre place, un autre poste, on sera là. Si tu as besoin que je vienne te voir, je viens te voir. Il est bienvenu à tous les événements. Je l'appelle toutes les semaines pour prendre de ses nouvelles. Il a mon numéro. Je lui dis, quel que soit ton besoin, tu m'appelles. Tu vois ? Et je veux l'aider à s'en sortir. Parce que c'est un super mec. Et parce qu'il le mérite. Et parce que mon rôle de dirigeant d'entreprise, ce n'est pas seulement de diriger la boîte. C'est aussi certains collaborateurs, quand ils ont un moment difficile, de les aider.
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Comment il voit la France aujourd'hui, ton père, tu vois ? Et comment il voit surtout l'évolution en termes de mentalité sur le travail, sur l'entreprenariat ? Est-ce qu'il a l'impression que les choses ont changé entre le moment où il est arrivé en France, il a démarré, il s'est retrouvé confronté à des difficultés, il les a abattues par sa force de caractère et de travail, tu vois ? C'est quoi son ressenti aujourd'hui sur la France, notamment sur cette question de travail, d'entreprenariat ?
Je pense que l'évolution de ce contexte-là... est aussi l'une des raisons qui a accéléré sa prise de recul. Parce qu'effectivement, on l'a beaucoup épargné dans un premier temps de ces situations, notamment managériales, notamment le rapport avec les collaborateurs, notamment l'évolution du contexte sociétal, le cadre fiscal. Donc, il est conscient, mais plus directement confronté ou toutes les difficultés administratives qu'il peut y avoir. Mais effectivement, il est conscient que les règles du jeu dans laquelle... avec lesquels nous on doit composer sont pas les mêmes et parfois ça lui est arrivé de se demander s'il avait pris la bonne décision en nous transmettant la boîte il nous dit quand je vois les sacrifices l'engagement que ça implique et quand je vois la vie que vous menez aujourd'hui le stress que vous avez et votre sur-implication je sais pas si j'aurais pas dû prendre de décision parce qu'il nous dit que lui a fait tous ces sacrifices là pour qu'on puisse avoir nous un cadre de vie un peu plus simple un peu plus tranquille et le fait est que en fin de compte on est tout aussi impliqué que lui mais je lui dis écoute papa on a vu un modèle donc forcément on reproduit aussi un peu ce modèle là en termes d'implication et le contexte ayant évolué le rapport avec les équipes c'est ça qui est le plus compliqué tu vois il y a des collaborateurs qui ont été avec lui toute leur carrière en décembre 2025 on a un collaborateur qui après sa retraite repait 46 ans de boîte Il est arrivé en apprentissage chez nous, Georges. Il a commencé en apprentissage avec notre grand-père. Et il a pris sa retraite. On lui a fait un beau cadeau, on lui a fait une belle fête. Mais la fierté de mon père d'avoir eu un collaborateur à ses côtés, fidèle aussi longtemps. Et ce collaborateur-là d'avoir accompagné notre père et la boîte après, dans son évolution. Tu vois, il est arrivé tout seul. C'était le premier apprenti. Il part de la boîte, on est 150 collabs. C'est... extraordinaire, tu vois. Et on a encore un noyau de 2-3 collaborateurs comme ça qui sont là depuis 25, 30, 35 ans qui sont des modèles et des exemples pour les autres générations. Mais forcément, le contexte a évolué, les attentes des uns et des autres ont évolué, l'engagement sur la durée est plus forcément une réalité. Ce qui peut se comprendre, encore une fois, moi je suis lucide et les besoins, les envies, les aspirations... les ambitions, le contexte familial évolue au sein d'une vie et donc se projeter 40 ans dans une boîte c'est plus aussi possible que dans le passé mais quoi qu'il en soit il y a des façons de faire les choses et quand on a quand on a un patron quand on a un employeur qui est bienveillant disponible, respectueux A minima, c'est être capable d'avoir la même attitude à son égard.
En tant que salarié, tu veux dire ?
Absolument, absolument. Tu vois, j'essaie toujours de faire preuve d'empathie vis-à-vis de nos collaborateurs quand ils sont confrontés à une difficulté, à travers une grande disponibilité. Je suis archi-joignable, on est archi-joignable. On les accompagne dans des moments difficiles perso. Enfin, tu vois, on a un collaborateur, sa famille était au Liban pendant la guerre. On l'a accompagné et c'est normal qu'on fasse ça. C'est des valeurs humaines. On est facilitateur. Mais tu vois, parfois, il y a un manque de reconnaissance et une ingratitude qui est super décourageante. En tout cas, quand tu es pleinement impliqué dans ta boîte et dans la vie de ta boîte et très proche de tes équipes, il y a certaines gifs qui font mal.
Qu'est-ce que tu entends par gif ? Quel type de gif t'as déjà pris ou vous avez déjà pris qui vous a vraiment déçu sans citer évidemment la personne ? Mais tu vois...
Non, tu as des collaborateurs que tu intègres, à qui tu apprends un métier, à qui tu donnes un certain niveau de vie. des perspectives de la reconnaissance que tu accompagnes même sur des sujets perso, des moments perso difficiles et du jour au lendemain il te claque la porte au nez il y a des façons de claquer la porte au nez, tu peux partir proprement, dignement ou alors tu peux laisser pourrir la situation et tu peux sortir par la petite porte et en fait sortir en voulant faire du mal à la boîte en voulant mettre en difficulté la boîte c'est pas correct, nous ce qui nous anime je vais te dire Mon père ne s'est jamais versé un euro de dividende. Pas un euro de dividende. T'imagines ? En plus de 40 ans. Il n'y a pas beaucoup de patrons qui peuvent dire ça. Dès l'euro, la boîte a généré du résultat. Il y a un tiers qui a été redistribué aux collaborateurs. Le reste a été réinvesti pour les projets, pour le développement, pour la croissance. Nous, ça fait 13 ans que je suis dans la boîte, je n'ai jamais pris un euro de dividende. Pareil. Parce que notre volonté, c'est de faire grandir la boîte, faire évoluer la boîte, donner des perspectives aux collaborateurs, leur permettre de s'élever, etc. Et j'entends qu'il y a des entreprises qui ont une philosophie, une approche qui est différente. qui est la leur et je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus. Mais je trouve que c'est dommage que des PME comme les nôtres qui ont cette fibre entrepreneuriale, familiale, cette proximité qui devient de plus en plus rare, ne sont pas forcément appréciés ou valorisés. En fait, on a des collaborateurs qui le valorisent, c'est des collaborateurs qui ont vécu d'autres expériences, d'autres boîtes et qui nous rejoignent et qui nous disent « Ouais, franchement, c'est dingue. » Et là, c'est génial, tu vois, même pour nous, ça nous fait du bien.
On parle toujours de manager toxique, mais il y a une réalité aussi, que moi je perçois, et qui est peut-être mon biais, parce que je côtoie beaucoup d'entrepreneurs, beaucoup de dirigeants, mais qui ont aussi des salariés toxiques. Et le cadre français, aujourd'hui, et une telle protection du salarié, notamment en CDI, avec les arrêts maladie, les ruptures conventionnelles, les invalidités, tout un tas de choses qui font qu'il y a une... Le cadre dessert à la fin l'entreprise au global.
C'est archi décourageant. J'ai deux exemples très concrets qui datent de l'année dernière. Un collaborateur qui nous a pris en grippe pour diverses raisons personnelles sur lesquelles je ne vais pas revenir. Néanmoins, il nous a pris en grippe, il s'est mis en arrêt maladie. Pendant cet arrêt maladie, il a fait des travaux chez lui. Une fois cet arrêt terminé, il s'est mis en invalidité. L'invalidité a été reconnue par la médecine. travail. Et donc, il a quitté la boîte avec toutes les indemnités qui vont bien. Pas de sujet. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il avait déjà trouvé un poste similaire dans une autre boîte. C'est une aberration. C'est une aberration. C'est un non-sens total. Mais on a des collaborateurs qui sont en difficulté. J'ai un collaborateur dont je suis extrêmement proche, qui ne venait pas de l'automobile, que j'ai recruté il y a dix ans maintenant, à qui on a appris le métier parce que j'ai senti cette fibre, cette abnégation. Et il y a quelques mois, elle allait... pas bien du tout, mais pas bien du tout. Et donc, il a été en burn-out. Et donc, ce collaborateur, qui est encore actuellement arrêté, mais je sais qu'il ne va pas bien parce qu'il a des sujets persos qui le mettent dans cet état-là. Ma seule volonté, c'est de l'accompagner, c'est de l'aider. Je ne lui mets aucune pression. Je lui dis, écoute, prends le temps qu'il te faudra. Nous, on est à ta dispo. Ta place, elle sera toujours là. Si tu veux une autre place, un autre poste, on sera là. Si tu as besoin que je vienne te voir, je viens te voir. Il est bienvenu à tous les événements. Je l'appelle toutes les semaines pour prendre de ses nouvelles. Il a mon numéro. Je lui dis, quel que soit ton besoin, tu m'appelles. Tu vois ? Et je veux l'aider à s'en sortir. Parce que c'est un super mec. Et parce qu'il le mérite. Et parce que mon rôle de dirigeant d'entreprise, ce n'est pas seulement de diriger la boîte. C'est aussi certains collaborateurs, quand ils ont un moment difficile, de les aider.
Description
Ma chaîne Youtube (épisodes en vidéo) : @MatthieuLaulan
Pour être sponsor de l'émission : matthieulaulan01@gmail.com
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Comment il voit la France aujourd'hui, ton père, tu vois ? Et comment il voit surtout l'évolution en termes de mentalité sur le travail, sur l'entreprenariat ? Est-ce qu'il a l'impression que les choses ont changé entre le moment où il est arrivé en France, il a démarré, il s'est retrouvé confronté à des difficultés, il les a abattues par sa force de caractère et de travail, tu vois ? C'est quoi son ressenti aujourd'hui sur la France, notamment sur cette question de travail, d'entreprenariat ?
Je pense que l'évolution de ce contexte-là... est aussi l'une des raisons qui a accéléré sa prise de recul. Parce qu'effectivement, on l'a beaucoup épargné dans un premier temps de ces situations, notamment managériales, notamment le rapport avec les collaborateurs, notamment l'évolution du contexte sociétal, le cadre fiscal. Donc, il est conscient, mais plus directement confronté ou toutes les difficultés administratives qu'il peut y avoir. Mais effectivement, il est conscient que les règles du jeu dans laquelle... avec lesquels nous on doit composer sont pas les mêmes et parfois ça lui est arrivé de se demander s'il avait pris la bonne décision en nous transmettant la boîte il nous dit quand je vois les sacrifices l'engagement que ça implique et quand je vois la vie que vous menez aujourd'hui le stress que vous avez et votre sur-implication je sais pas si j'aurais pas dû prendre de décision parce qu'il nous dit que lui a fait tous ces sacrifices là pour qu'on puisse avoir nous un cadre de vie un peu plus simple un peu plus tranquille et le fait est que en fin de compte on est tout aussi impliqué que lui mais je lui dis écoute papa on a vu un modèle donc forcément on reproduit aussi un peu ce modèle là en termes d'implication et le contexte ayant évolué le rapport avec les équipes c'est ça qui est le plus compliqué tu vois il y a des collaborateurs qui ont été avec lui toute leur carrière en décembre 2025 on a un collaborateur qui après sa retraite repait 46 ans de boîte Il est arrivé en apprentissage chez nous, Georges. Il a commencé en apprentissage avec notre grand-père. Et il a pris sa retraite. On lui a fait un beau cadeau, on lui a fait une belle fête. Mais la fierté de mon père d'avoir eu un collaborateur à ses côtés, fidèle aussi longtemps. Et ce collaborateur-là d'avoir accompagné notre père et la boîte après, dans son évolution. Tu vois, il est arrivé tout seul. C'était le premier apprenti. Il part de la boîte, on est 150 collabs. C'est... extraordinaire, tu vois. Et on a encore un noyau de 2-3 collaborateurs comme ça qui sont là depuis 25, 30, 35 ans qui sont des modèles et des exemples pour les autres générations. Mais forcément, le contexte a évolué, les attentes des uns et des autres ont évolué, l'engagement sur la durée est plus forcément une réalité. Ce qui peut se comprendre, encore une fois, moi je suis lucide et les besoins, les envies, les aspirations... les ambitions, le contexte familial évolue au sein d'une vie et donc se projeter 40 ans dans une boîte c'est plus aussi possible que dans le passé mais quoi qu'il en soit il y a des façons de faire les choses et quand on a quand on a un patron quand on a un employeur qui est bienveillant disponible, respectueux A minima, c'est être capable d'avoir la même attitude à son égard.
En tant que salarié, tu veux dire ?
Absolument, absolument. Tu vois, j'essaie toujours de faire preuve d'empathie vis-à-vis de nos collaborateurs quand ils sont confrontés à une difficulté, à travers une grande disponibilité. Je suis archi-joignable, on est archi-joignable. On les accompagne dans des moments difficiles perso. Enfin, tu vois, on a un collaborateur, sa famille était au Liban pendant la guerre. On l'a accompagné et c'est normal qu'on fasse ça. C'est des valeurs humaines. On est facilitateur. Mais tu vois, parfois, il y a un manque de reconnaissance et une ingratitude qui est super décourageante. En tout cas, quand tu es pleinement impliqué dans ta boîte et dans la vie de ta boîte et très proche de tes équipes, il y a certaines gifs qui font mal.
Qu'est-ce que tu entends par gif ? Quel type de gif t'as déjà pris ou vous avez déjà pris qui vous a vraiment déçu sans citer évidemment la personne ? Mais tu vois...
Non, tu as des collaborateurs que tu intègres, à qui tu apprends un métier, à qui tu donnes un certain niveau de vie. des perspectives de la reconnaissance que tu accompagnes même sur des sujets perso, des moments perso difficiles et du jour au lendemain il te claque la porte au nez il y a des façons de claquer la porte au nez, tu peux partir proprement, dignement ou alors tu peux laisser pourrir la situation et tu peux sortir par la petite porte et en fait sortir en voulant faire du mal à la boîte en voulant mettre en difficulté la boîte c'est pas correct, nous ce qui nous anime je vais te dire Mon père ne s'est jamais versé un euro de dividende. Pas un euro de dividende. T'imagines ? En plus de 40 ans. Il n'y a pas beaucoup de patrons qui peuvent dire ça. Dès l'euro, la boîte a généré du résultat. Il y a un tiers qui a été redistribué aux collaborateurs. Le reste a été réinvesti pour les projets, pour le développement, pour la croissance. Nous, ça fait 13 ans que je suis dans la boîte, je n'ai jamais pris un euro de dividende. Pareil. Parce que notre volonté, c'est de faire grandir la boîte, faire évoluer la boîte, donner des perspectives aux collaborateurs, leur permettre de s'élever, etc. Et j'entends qu'il y a des entreprises qui ont une philosophie, une approche qui est différente. qui est la leur et je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus. Mais je trouve que c'est dommage que des PME comme les nôtres qui ont cette fibre entrepreneuriale, familiale, cette proximité qui devient de plus en plus rare, ne sont pas forcément appréciés ou valorisés. En fait, on a des collaborateurs qui le valorisent, c'est des collaborateurs qui ont vécu d'autres expériences, d'autres boîtes et qui nous rejoignent et qui nous disent « Ouais, franchement, c'est dingue. » Et là, c'est génial, tu vois, même pour nous, ça nous fait du bien.
On parle toujours de manager toxique, mais il y a une réalité aussi, que moi je perçois, et qui est peut-être mon biais, parce que je côtoie beaucoup d'entrepreneurs, beaucoup de dirigeants, mais qui ont aussi des salariés toxiques. Et le cadre français, aujourd'hui, et une telle protection du salarié, notamment en CDI, avec les arrêts maladie, les ruptures conventionnelles, les invalidités, tout un tas de choses qui font qu'il y a une... Le cadre dessert à la fin l'entreprise au global.
C'est archi décourageant. J'ai deux exemples très concrets qui datent de l'année dernière. Un collaborateur qui nous a pris en grippe pour diverses raisons personnelles sur lesquelles je ne vais pas revenir. Néanmoins, il nous a pris en grippe, il s'est mis en arrêt maladie. Pendant cet arrêt maladie, il a fait des travaux chez lui. Une fois cet arrêt terminé, il s'est mis en invalidité. L'invalidité a été reconnue par la médecine. travail. Et donc, il a quitté la boîte avec toutes les indemnités qui vont bien. Pas de sujet. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il avait déjà trouvé un poste similaire dans une autre boîte. C'est une aberration. C'est une aberration. C'est un non-sens total. Mais on a des collaborateurs qui sont en difficulté. J'ai un collaborateur dont je suis extrêmement proche, qui ne venait pas de l'automobile, que j'ai recruté il y a dix ans maintenant, à qui on a appris le métier parce que j'ai senti cette fibre, cette abnégation. Et il y a quelques mois, elle allait... pas bien du tout, mais pas bien du tout. Et donc, il a été en burn-out. Et donc, ce collaborateur, qui est encore actuellement arrêté, mais je sais qu'il ne va pas bien parce qu'il a des sujets persos qui le mettent dans cet état-là. Ma seule volonté, c'est de l'accompagner, c'est de l'aider. Je ne lui mets aucune pression. Je lui dis, écoute, prends le temps qu'il te faudra. Nous, on est à ta dispo. Ta place, elle sera toujours là. Si tu veux une autre place, un autre poste, on sera là. Si tu as besoin que je vienne te voir, je viens te voir. Il est bienvenu à tous les événements. Je l'appelle toutes les semaines pour prendre de ses nouvelles. Il a mon numéro. Je lui dis, quel que soit ton besoin, tu m'appelles. Tu vois ? Et je veux l'aider à s'en sortir. Parce que c'est un super mec. Et parce qu'il le mérite. Et parce que mon rôle de dirigeant d'entreprise, ce n'est pas seulement de diriger la boîte. C'est aussi certains collaborateurs, quand ils ont un moment difficile, de les aider.
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