- Speaker #0
Alors justement, comment selon toi est-ce qu'on peut redonner de la valeur au travail qui ne paye plus le temps avance ? Et plus on lit des études et plus on a l'impression qu'effectivement c'est impossible de s'enrichir, d'élever son niveau de vie, de changer de classe sociale, c'est-à-dire de vivre ce fameux ascenseur social avec simplement son travail, tu vois. Si t'as pas investi de l'argent ou si t'as pas éruqué en France, ça devient de plus en plus compliqué avec les taxes, les impôts. sur les entreprises en particulier, comment on fait ? C'est quoi selon toi les deux ou trois mesures phares ?
- Speaker #1
Antoine Fouché l'a parfaitement écrit dans son livre. Il a expliqué que justement, on ne pouvait quasiment plus depuis une vingtaine d'années faire évoluer, upgrader, comme on dit, son niveau de vie, ce qui est devenu un énorme problème. On me répond souvent que l'argent ne fait pas tout, bien évidemment. Mais la base quand même du travail, c'est de pouvoir faire évoluer ton niveau de vie pour toi, pour les tiens, pour tes enfants, pour les gâter, pour espérer une petite maison au bord de la mer ou un petit... bout de maison de campagne, peu importe tes envies, tes projets, mais pouvoir se projeter. Depuis une vingtaine d'années, on ne peut plus se projeter, pour une raison très simple, qui durerait peut-être un peu plus que le temps de ton émission pour expliquer, mais ça fait 40 ans qu'on a expliqué aux gens que de moins travailler, c'était mieux. Mitterrand avait déjà lancé, encore une fois, t'es très jeune, un ministère du temps libre, dans les années 80, puis après, on a oublié ça, ça en disait déjà long sur la mentalité socialiste, puis après, on avait vu le passage aux 35 heures, qui était pour moi chaos absolu. Moi, je vais te dire un truc qui est très simple. Je pense qu'il faut donner de la liberté aux gens. En fait, chacun... Moi, je suis très social. Je suis très social-démocrate. Je pense qu'il faut protéger les plus faibles. Il faut soutenir les gens qu'on considère dans un âge plus avancé, qui ont des problématiques. Il faut soutenir nos jeunes les plus fragiles. Il n'y a aucun sujet là-dessus. Par contre, il y a toute une catégorie de gens qui ont le bon âge, comme toi, qui ont la bonne tête, qui ont tout, qui va bien. Il faut qu'ils travaillent, ces gens-là. Et je considère qu'aujourd'hui... Et j'ai la parfaite expertise, puisqu'avec le nombre de gens avec lesquels je collabore et depuis 30 ans, je l'ai vu cette évolution dramatique, qui est le fruit d'un système politique. Ce n'est pas le fruit des gens, mais quand les gens, tu leur expliques que t'arrêter deux mois, ce n'est pas loin d'être la même chose que d'aller au bureau. Quand tu leur expliques qu'au bout de six mois dans un hôtel, ils touchent six mois d'anémité, même en en perdant 20%, payés par nos impôts, et ils partent à Phuket avant de revenir en saison d'été, ils partent à Phuket avec leur petite chérie faire du paddle. ça ne peut pas durer. On ne peut pas être 30% à bosser pour 70, ce n'est pas un système qui fonctionne. Et il faut surtout que ceux qui bossent gagnent clairement, nettement, mieux leur vie. Je prends souvent l'exemple, dans les plateaux télé dont tu parlais, d'une de mes affaires très récentes, parce que je sortais du business plan en 2026, qui est un hôtel que j'ai ouvert sur la côte d'Azur. Récemment, il a eu une première année d'exercice en 2025. Je donnais l'exemple très simple, parce que j'avais les chiffres sous les yeux une heure avant d'aller sur le plateau de BFM. du forum il y a un mois ou je ne sais plus, 3,1 millions de masses salariales, 3,1 millions de masses salariales chargées. D'accord ? Peu importe le nombre de salariés, 80, 90, peu importe. Net dans la poche, d'accord ? Des salariés, avant impôt, 1,4 millions d'euros.
- Speaker #0
50%.
- Speaker #1
Voilà, c'est simple. À partir de ce moment-là, tout est dit. On part à l'argent,
- Speaker #0
quoi.
- Speaker #1
Voilà, donc, bah oui, on va t'expliquer que c'est l'aide, la sécurité sociale et autres, mais pour autant… C'est totalement inexact. On paye 100% de cotisations sociales, en gros, sur un salaire. 100%. Donc moi, j'ai envie que les gens soient libres. Peut-être que les jeunes de moins de 35 ans pourraient toucher 20% de moins, être aidés un peu moins sur des choses qu'ils décident de ne pas vouloir comme assurance. Je parle pas de la maladie longue et haute, mais des petites choses toutes bêtes. Moi, je considère qu'ils ont gagné ma vie et j'ai pas besoin qu'on me rembourse un sirop. Je pense, en fait, que l'argent est mal dispatché, mais je crois que je suis pas tout seul. Et je pense surtout qu'encore une fois, quand ton travail ne paye plus... La motivation n'est plus là. Je pense que les gens doivent rêver. Je pense que le travail doit être la colonne vertébrale forte d'un pays.
- Speaker #0
Mais c'est quoi quand tu dis qu'il faut redonner de la motivation ? C'est-à-dire qu'il faudrait, par exemple, on parlait de supprimer les cotisations patronales sur les premiers emplois, rapprocher le salaire brut du salaire net. C'est des mesures comme ça qu'il faut faire,
- Speaker #1
tu penses ? Mais en fait, quel est le sujet numéro un qui inquiète les gens ? Numéro un, c'est le pouvoir d'achat. Donc quand les gens me disent que ce n'est pas vrai, que les gens veulent moins bosser, veulent moins vivre, veulent être plus chez eux, enfin je ne sais pas, mais si tu restes chez toi et que tu gagnes 900 euros par mois, je ne pense pas que ça va être très simple de ne pas devenir alcoolique, violent et d'être heureux de ta vie de tous les jours. Je ne le crois pas, vu le coût de la vie actuelle. La seule manière d'évoluer et de s'enrichir, si tu n'as pas hérité, on pourra reparler de ce sujet, c'est de travailler. Donc évidemment, la seule manière de rendre du pouvoir d'achat aux gens, moi je considère que sur des salaires déjà jusqu'à 3000 euros bruts, il manque 20%.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux reprendre cet exemple ? Je ne suis pas sûr d'avoir compris.
- Speaker #1
Sur tous les salaires jusqu'à 3000 euros bruts, je pense qu'il faut envisager très sérieusement de les augmenter de 20%. Voilà, c'est à peu près le calcul que j'ai fait avec un certain nombre de gens qui réfléchissent pas mal.
- Speaker #0
Et de l'augmenter en baissant les charges.
- Speaker #1
Ouais, il y a plein de manières de l'augmenter, mais principalement en baissant les charges, en travaillant sur des cotisations, en réfléchissant à la capitalisation. On n'en parle jamais parce que les gens ont peur de ce sujet, mais si les gens acceptaient la capitalisation, ils auraient une retraite évidemment bien, bien, bien meilleure. Mais ça fait peur, parce que c'est un projet à 20 ans, à 30 ans, les gens n'aiment pas le changement, mais il faut l'entendre, il faut entendre que la capitalisation, c'est la possibilité d'investir son argent dans quelque chose qui, à 30 ans, a fait ses preuves des marchés financiers et des... tas de solutions autres qui sont beaucoup plus adaptées à l'avenir du monde. Et je rappelle une chose très claire sur nos retraites. Dans les années 40-45, quand on a commencé à mettre ce système de retraite, il y avait quatre jeunes, un vieux. En 2050, il y aura un jeune, quatre vieux. Et en fait, ce que je reproche, c'est que l'État ne fonctionne pas, pardon, mais comme une entreprise, avec une réflexion entrepreneuriale. On évite les sujets, on les balance et on verra plus tard. C'est ceux de 2027 qui se démerderont, c'est ceux de 2032. On est court-termiste. Aujourd'hui, pourquoi moi je m'implique ? Pas pour être je ne sais qui ou je ne sais quoi, parce que j'ai des enfants et je ne pense pas à moi. J'ai gagné ma vie, j'ai 50 ans, j'aime mon pays. Sinon, je l'aurais quitté 40 fois pour des raisons fiscales. On pourrait aussi parler de la sécurité, parce que quand j'ai un copain dans la finance qui s'est fait home-jacker 9 fois en l'espace de 2 ans. Sur le golf de Saint-Cloud, tu te dis quand même qu'il y a d'autres sujets que le fiscal.
- Speaker #0
On ne dit pas les noms.
- Speaker #1
On ne dit pas les noms. On est quand même dans un pays où on se demande, comme l'argent ne va pas, pour nous sécuriser plus, que les gens ont chaque mois un peu moins d'argent que le mois d'avant, et comme il y a tout un certain nombre de choses qui ne fonctionnent pas, notamment les services publics, puisque j'ai perdu ma maman à l'hôpital public où j'étais à 1000 kilomètres et ma sœur était aussi... Pas à côté, quand c'est arrivé et qu'elle s'est retrouvée dans un hôpital qui s'appelle Louis-Mourrier, que j'appelle depuis Louis-Mouroir, dans le 92, où ça s'est très très mal passé. Et j'en resterai là, tu te dis, voilà, où va l'argent ? Donc moi j'ai envie que le politique de demain rende des comptes. C'est simple en fait, voilà.
- Speaker #0
Que tu conseillerais à tes enfants demain, la spontanément, ta réponse spontanée, de partir ou de... ils veulent créer une entreprise ou rester en France ?
- Speaker #1
Je peux pas dire tout et son contraire. Moi mon combat actuel c'est de dire je me bats ou je me barre. J'aurais dû partir 5 fois, 10 fois. J'ai vendu ma première boîte, on m'a fait les calculs en Belgique. J'ai dit non, je suis bien en France. Deuxième opération, t'es pas mal en Suisse. Ce que je vois aujourd'hui, il faut arrêter de se mentir, chez les jeunes, si je suis sincère à 200%, oui, j'ai 25 ans aujourd'hui, je pars. Évidemment, évidemment. T'as des places où t'es attendu partout. Aux US, même dans les Émirats. Mais il y a des tas d'endroits où tu peux demain aller construire. L'Europe est vieillissante, l'Europe n'est plus dans l'air du temps, on le sait, on est à l'ère de l'IA, on est à l'ère... Je racontais cette anecdote, c'est pas un jugement politique, mais j'ai débattu un petit peu contre Bardella la semaine dernière. On a fait trois heures d'échange avec quelqu'un qui est à 35% dans les sondages. Je ne juge pas, je fais un statement comme on dit, un constat clair et net. Pas une seule fois le mot souveraineté, pas une seule fois le mot innovation, pas une seule fois le mot intelligence artificielle, pas une seule fois le mot robotique. T'as 30 ans, t'es censé être président de la République. Ça vaut pour tous les candidats. Rassure-toi, Mathieu. Mais c'est affligeant. Mais nos enfants, ils vont vivre de quoi ? Enfin, on veut penser qu'on vit toujours comme hier. Non. Comme je lui ai dit, on n'est déjà plus au XXIe. On est quasiment au XXIIe siècle. On a des politiques qui ne voyagent pas ou pas assez, qui ne vont pas voir ce qu'il faut voir et qui ne comprennent pas que l'avenir se joue aujourd'hui. En fait, on n'a plus de politique avec vision. Nous, les entrepreneurs, peu importe ton niveau, que tu es un salarié de 10. T'as tous les jours une vision. Tous les jours. Demain, t'as ton programme. Après-demain, dans un an, je vais être là. Dans deux ans, je vais être là. Ça marche. Parfois, ça marche pas. Mais t'as ta vision. Aujourd'hui, il n'y a plus de gens qui ont de vision. Nous n'avons plus que des politiques court-termistes et ça m'inflige. Et ça vaut absolument pour toutes et tous.
- Speaker #0
Tu l'as expliqué. D'ailleurs, j'en parlais avec l'ancien ministre du Travail, Renaud Dutreil. Il a fait un très beau pacte pour transmettre les entreprises. Il disait Très très bonne. C'est simple, dans un système... où 4 personnes sur 10 financent les 6 autres, et tu l'as dit bientôt, ça va être bien pire, les politiques, c'est des acteurs rationnels, donc ils ne vont certainement pas parler aux 4 sur 10, ils vont parler aux 6 sur 10. Et donc ils ne vont certainement pas expliquer aux 6 sur 10 qu'il faut bosser plus, qu'il faut donner plus d'argent s'ils sont retraités, qu'il faut travailler plus. C'est impossible, en fait. C'est rationnellement fait bête, quoi.
- Speaker #1
C'est pour ça que tous les discours sont faux. Puisque les jeunes ne votent en pas, on s'en fout de parler de ça. On va aller parler à ceux qui votent. à un moment donné il faut quelqu'un qui prenne la parole en expliquant normalement, gentiment, clairement, factuellement, ce qui est en train de se passer. Parce que quand t'es père de famille, que t'es 40, 50, 60, 70 ans, qu'est-ce qui t'intéresse ? tes enfants, tes petits-enfants. On n'est pas dans une société à ce point devenue complètement tarée et surtout égoïste. Donc moi, ça m'implique, ça m'oblige et je me sens concerné. J'ai gagné ma vie. Certains veulent après faire des fondations. Remarquable. Faire monter une association autour d'une cause qui leur plaît. Remarquable. Veulent continuer à avoir de l'engagement. Je continue de travailler parce que je reste avant tout et surtout un entrepreneur. J'y passe à peu près 10 heures par jour, donc c'est pas encore un hobby, ça reste un travail full-time. Mais je pense que cette élection de 2027 est pour moi la dernière chance, je le crois vraiment. Donc soit nous tous, j'espère que tu adhéreras à ce mouvement des entrepreneurs et toutes les forces vives qui travaillent de ce pays, qui voudront s'y intéresser. J'espère qu'un mouvement va permettre au moins de faire bouger suffisamment les lignes. Pour que le président de la République de demain, ou la présidente, ou je ne sais qui, prenne en considération 4, 5, 10 réformes évidentes, structurelles, et absolument obligatoires pour ne pas se faire éclater. Parce qu'il y a un autre paramètre du monologue, mais on oublie de parler de l'étranger. Mais enfin, il suffit de voyager pour comprendre. Il suffit d'aller en Chine, d'aller aux US, d'aller voir comment ça se passe, d'aller voir la raclée technologique qu'on est en train de prendre. Je dis bien la raclée technologique. Que tous les ingénieurs se barrent. C'est partout, évidemment. Payer 10 fois plus dans des zones... beaucoup plus accueillantes. Enfin, il faut voir le protectionnisme qui se passe au niveau des US. On peut en juger, on peut dire on n'aime pas. Mais nous, on est les rois d'on n'aime pas. On a des journalistes très grassement payés sur le service public qui adorent dire on n'aime pas, c'est comme si... Mais on ne fait que de constater, en fait. Et puis pendant ce temps-là, on descend, on descend ensemble.
- Speaker #0
On va parler juste après, de toute façon, de cette question de qu'est-ce que peuvent faire les entrepreneurs ? Parce que j'ai posé la question avant de te recevoir, des auditeurs, de quelles questions ils aimeraient te poser, notamment des auditeurs entrepreneurs ou qui ont des TPE, des PME. Donc on parlera de qu'est-ce qu'ils peuvent faire les entrepreneurs concrètement, c'est quoi le type de programme qu'on peut mettre en oeuvre et qu'est-ce qu'on peut imaginer pour 2027 comme tu dis, on en parlera juste après. Mais quand même avant, j'aimerais qu'on revienne sur du concret, qu'est-ce que tu trouves au global le plus difficile dans ta vie d'entrepreneur aujourd'hui ?