- Speaker #0
Tu as fait un post qui a cartonné qui s'appelait le mariage et la communauté sans contrat. Donc tu te vois, ça commence comme 90% des gens se marient sans contrat en communauté, mais 0,1% connaissent vraiment ce système. Et sa découverte est souvent une surprise avec le top 3 de ce qui étonne le plus, notamment les salaires sont communs, même s'il y a un écart des revenus et que l'argent est déposé sur un compte individuel. Est-ce que tu peux nous expliquer ça ?
- Speaker #1
Oui, c'est-à-dire qu'en France, le système de base pour les gens qui font... pas de contrat de mariage, c'est la communauté des biens, communauté légale. Alors ça s'appelle communauté réduite aux acquets, c'est un peu 18e siècle. Mais en fait, c'est un système très puissant qui va entraîner un 50-50 sur toute la valeur produite pendant le mariage, en termes de revenus et en termes d'investissements réalisés pendant le mariage. Simplement, c'est un système qui est un peu invisible. C'est-à-dire que ce n'est pas un système qui t'oblige à tout déposer sur un compte commun et à tout faire avec deux signatures. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui se marient avec ce système, où chacun fait un peu sa vie au quotidien. Monsieur gère ses comptes avec ses revenus, madame fait pareil. Et puis finalement, au moment d'une séparation, les gens découvrent le système et découvrent qu'en fait, tout ce qu'ils ont accumulé pendant leur union, même si... ils avaient un fonctionnement très autonome, très indépendant, c'est du 50-50 en réalité. Et il y a notamment un exemple emblématique où tu te maries le mercredi après-midi, par exemple. Le mercredi matin, tu achètes un immeuble à ton nom. Donc comme il est acheté avant le mariage, c'est du vécu ça. Quelqu'un qui a acheté le matin de son mariage. En se disant, c'est un immeuble qui va m'appartenir que à moi. Donc juridiquement, c'est vrai. Il n'est que dans ton patrimoine. Il n'y a pas de problème. Mais comme tu t'es marié le jour même, ce qui se passe, c'est qu'après, tous les loyers de cet immeuble sont communs. Et, bon, toi, tu as emprunté à titre personnel, mais on a des loyers communs qui servent à rembourser un engagement personnel, individuel. Et donc, ça fait que par rapport aux règles du mariage sans contrat, tu as un transfert de valeur qui s'opère chaque mois. Et il y a chaque mois une parcelle de la valeur de l'immeuble qui, financièrement, va dans la communauté conjugale. Donc, même si l'immeuble n'appartient qu'à toi, en cas de séparation... Tu vas te retrouver dans une situation où tu dois dédommager la communauté conjugale et tu arrives, plus le temps passe, à un résultat où ça appartient financièrement à 50% à chacun des époux.
- Speaker #0
C'est fou !
- Speaker #1
C'est quelque chose qui est invisible et dont les gens n'ont pas forcément conscience ou alors dont ils ont une connaissance superficielle. C'était le cas de cette personne-là qui s'est dit « j'achète avant de me marier, c'est à moi » . C'est vrai, mais en même temps, c'est faux. Parce qu'au moment du divorce, il y a quasiment un 50-50 qui s'est fait, au bout des 15 ans.
- Speaker #0
Je suis trop content de te recevoir pour ça, parce que tu vulgarises très bien ce genre de sujet. Mais en effet, les gens ne se rendent pas du tout compte de ce qui est invisible dans les liens. Comme ça, on pense qu'à la fête et éventuellement à protéger ses enfants. Mais on ne pense pas du tout à ce qui peut se passer en termes de séparation. Il faut y penser avant. Je prends un autre sujet qui est le concubinage et le paxe aussi d'ailleurs, sans testament. Et donc, je recommence ton poste qui a cartonné aussi. Voici où mène le concubinage de point à la porte. Et tu dis, c'est un témoignage parmi les nombreux que j'ai reçus sur le sujet depuis des années. Les obsèques sont à peine célébrés et celui qui reste perd son toit en plus de l'être aimé. Est-ce que tu peux nous dire qu'est-ce qui peut se passer en ce cas ?
- Speaker #1
En fait, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui font la confusion entre des liens de cœur, des liens sentimentaux et des liens juridiques. C'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'on est en couple depuis 25 ans, qu'on a fait plein de choses ensemble, même qu'on a des enfants, qu'on a des droits d'héritage l'un vis-à-vis de l'autre. C'est-à-dire que si on n'est pas marié, au sens... littéral du terme. Donc si on est dans un paxe ou dans un concubinage, on n'est pas héritier l'un de l'autre. Donc ça veut dire que demain, s'il y a un décès, en fonction de qui avait la richesse, qui avait la propriété des biens, celui qui reste peut se retrouver dans une situation où il ne récupère rien, où il va être dépendant du bon vouloir des héritiers. pouvoir occuper un bien, accéder aux comptes bancaires, etc. Et donc ça, c'est un phénomène presque de société, parce que tu peux te retrouver avec des gens qui, à 70 ans, se retrouvent à devoir aller bosser sur les marchés, parce que finalement, ils habitaient chez leur concubin, chez leur partenaire de Pax, qui est décédé. C'est lui qui avait la maison, c'est lui qui avait l'argent. ou elle, ça peut être l'inverse. Et finalement, le décès arrive, on n'est pas héritier parce qu'il n'y a pas de testament, rien n'a été prévu, plus de toit, plus d'argent, il faut se débrouiller.
- Speaker #0
C'est ça, c'est terrible. Il faut absolument penser à faire un testament.
- Speaker #1
Oui, parce que... Dès le moment... On se paxe,
- Speaker #0
on se marie, c'est mariage différent, mais concubinage ou paxe, il faut absolument penser à faire un testament au moment où on se met ensemble.
- Speaker #1
C'est ça. Alors, le sujet, c'est que si tu fais un paxe, si tu fais un testament sans paxe, tu payes une taxe de 60%. Donc, c'est vraiment pas une bonne formule, le concubinage, sauf si on adore payer des impôts. Donc, si tu fais un testament dans ton couple, il faut à minima être paxé. même si tu as des enfants parce que tu te dis ça va aux enfants etc mais les enfants après c'est à eux l'autre celui qui reste il a rien parce que la règle en terme de paxe moi je me suis paxé et je ne me souviens plus exactement mais c'est que si tu ne fais pas le testament effectivement
- Speaker #0
le conjoint de paxe n'a pas l'usufruit du bien dans lequel tu as parlé, il n'a rien du tout et donc effectivement s'il y avait un problème parce que c'est des beaux fils beaux fils belles filles, pas les enfants directs et qui est incompli.
- Speaker #1
Il y en a, c'est les enfants, c'est pas des enfants d'une autre union. Ils demandent aux parents de partir parce que... Donc je pense que c'est bien d'être altruiste, de penser aux enfants, mais il faut quand même se préserver soi-même.
- Speaker #0
Et tu l'as dit d'ailleurs aussi, si vous êtes marié sans avoir fait de testament, j'espère que vous adorez vos beaux-parents. J'ai trouvé la formule très drôle, parce que j'ai eu plein de gens qui parfois ont des petits sujets avec leur belle famille. Tous les couples mariés devraient apprendre ce poste par cœur. Le mariage tout seul n'a pas un pouvoir de protection totale du couple. Et si l'époux qui décède n'a pas d'enfant, ses parents hériteront à égalité avec le conjoint. C'est pareil, c'est le même mécanisme. Il faut absolument se protéger.
- Speaker #1
Oui, parce que ça peut être une volonté des gens. Ce n'est pas un jugement. On peut vouloir soutenir ses parents, mais il faut que ce soit un choix. Il ne faut pas que ce soit une découverte le jour des obsèques ou un mois après. En réalité, on se dit, je pensais qu'au moins je pouvais rester, au moins je pouvais garder l'appartement. Et on se retrouve dans une indivision avec ses parents, alors soit obligé de vendre, obligé de leur racheter, etc. Donc c'est vrai que quand on assiste à des prises de conscience comme celle-là, ça fait vraiment de la peine, parce que les gens se retrouvent vraiment... dans des situations. Alors, ils peuvent être démunis. Et puis, sur le plan, comment dire, psychologique, c'est dur. Au-delà de l'aspect financier. Il y a l'aspect symbolique, psychologique. On a des regrets.
- Speaker #0
Toi, tu dois assister parfois quand même à des scènes. On voit des choses.
- Speaker #1
On voit de tout. On voit des choses dures. On voit des choses difficiles. Il y a aussi de très belles histoires. Des fois, quand on fait des belles transmissions, de patrimoine, des beaux investissements pour des couples, pour des familles, etc. ou pour des entrepreneurs. On arrive à accompagner des beaux projets, c'est sympa. Mais aussi, dans la même journée, tu peux te retrouver à gérer des drames.
- Speaker #0
C'est quoi le drame dont tu te souviens qui t'a le plus marqué récemment ou en tout cas même dans les dernières années ?
- Speaker #1
Le plus dur, franchement, c'est d'hériter de son enfant.
- Speaker #0
Je n'ai pas compris.
- Speaker #1
Hériter de son enfant, ça veut dire que ton enfant décède avant toi.
- Speaker #0
Ah oui, bien sûr.
- Speaker #1
Et tu dois régler la succession de ton enfant.
- Speaker #0
Ah là là, oui.
- Speaker #1
Et donc ça, c'est dur parce que parfois, il y a des parents qui ont fait des donations à leurs enfants et après, ils doivent récupérer leur patrimoine. Et parfois, en fonction, si les choses n'ont pas été bien faites, ils se retrouvent à payer des droits de succession sur le patrimoine qu'ils avaient donné à leur enfant pour le récupérer, en fait. Donc ça, c'est des séances, c'est pas facile parce que déjà, les gens, ils ont perdu un enfant. Et en plus, ils paient des droits de succession. sur ce qu'ils avaient donné à leur enfant.
- Speaker #0
Ça paraît dingue. Moi, j'ai deux enfants. Jamais je ne penserais à imaginer...
- Speaker #1
C'est dur à voir.
- Speaker #0
C'est ça dans l'autre sens. Ça paraît... C'est dur.
- Speaker #1
C'est bon. Après, c'est une mécanique qu'on doit gérer de toute façon parce qu'il faut bien qu'il y ait quelqu'un. Et là, ça veut dire que ça reste quand même dans la famille. Mais c'est vrai que c'est... Quand on voit les gens qui viennent, on leur explique... On les aide, ils vont aux impôts prendre des renseignements. C'est pas facile à regarder.
- Speaker #0
Ça me fait penser que tu as partagé un post aussi sur les pires annonces à faire en tant que notaire.
- Speaker #1
Ah oui,
- Speaker #0
Tu vois, tu en parles de trois. Le testament surprise, l'héritier caché et la vente qui capote à la dernière minute. Alors, je veux bien qu'on parle au moins des deux premiers. Tu vois, le testament surprise, ça t'est déjà arrivé, ça, d'avoir quelqu'un qui arrive avec...
- Speaker #1
Oui, un testament dont personne n'avait connaissance. Et puis, qui va instituer quelqu'un d'extérieur à la famille, héritier d'une partie du patrimoine. Ou alors, des fois, c'est une cause. Les enfants découvrent qu'il y a eu un leg ou une assurance vie d'un montant très important. très élevés pour une fondation. Donc, c'est dur à vivre pour eux s'ils n'ont pas été prévenus. S'ils ont été prévenus, c'est différent.
- Speaker #0
Mais donc, toi, ça t'est déjà arrivé, par exemple, dans ton étude que les enfants que tu dois annoncer à une famille, en fait, il y a une somme énorme, par exemple,
- Speaker #1
qui va à une fondation. Un exemple comme ça, à la SPA, par exemple.
- Speaker #0
Ah ouais, et donc là, ils font la gueule.
- Speaker #1
C'est dur parce qu'il y a l'argent, il y a l'argent, c'est peut-être de l'argent familial sur lequel ils comptaient, on peut le comprendre, mais il y a le symbole aussi. Parce qu'ils n'étaient pas au courant et ils ne savent pas comment interpréter ça. Et c'est dur quand on l'apprend à quelqu'un. Quand les gens ont été préparés, c'est différent. Ça peut être mal pris, mais c'est différent. Quand on l'annonce, c'est très difficile.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Enfin, c'est difficile à vivre, mais ce n'est pas facile à dire aux gens. Parce que c'est les bonnes nouvelles, enfin les mauvaises nouvelles, pardon. Ce n'est pas toujours facile à... dire.
- Speaker #0
Sur les bonnes nouvelles, par contre, ça t'est déjà arrivé aussi d'avoir un testament qui tombe surprise, où la personne se retrouve à être héritée du dicton ? Oui,
- Speaker #1
ça peut arriver dans l'autre sens, où on a un parent éloigné... il y a un héritage, il n'y avait pas d'héritier, on est sur un testament, donc là c'est plutôt positif. J'ai accompagné des fois, je me rappellerai d'une tante qui venait avec son neveu, c'était une de mes premières clientes quand j'avais ouvert, je pense qu'elle savait qu'elle était malade, elle ne voulait pas que ce soit ses frères et soeurs au pays qui héritent, elle avait acheté trois, quatre appartements, elle est venue faire le testament pour son neveu. Donc là c'est vrai qu'on se sent très utile, parce qu'on est venus. bon malheureusement après elle est décédée mais après le neveu pour démarrer dans la vie il a pu avoir quand même un patrimoine bon il a eu des droits assez élevés mais voilà c'était un départ dans la vie et puis elle a vraiment je pense que ça marquera son parcours donc voilà on voit pas mal de choses des fois ça peut être un héritier que personne ne connaissait ça peut arriver que des fois quelqu'un qu'on a présenté pendant toute sa vie comme étant un peu un cousin, en fait, c'était un fils d'une autre union.
- Speaker #0
Mais non. Toi, tu as déjà vu ça, par exemple ?
- Speaker #1
C'est des choses, oui, qu'on...
- Speaker #0
Ah oui ? Ah oui,
- Speaker #1
d'accord.
- Speaker #0
En fait, des secrets de famille qui sont révélés au moment... La fiscalité, on pourrait dire, le notaire révèle tout, quoi.
- Speaker #1
Ben oui, alors, ça, c'est dur de... Quand on apprend ça, c'est... Déjà, c'est une surprise pour soi-même, et puis après, bon, ben... Il faut l'annoncer aux gens.