- Speaker #0
Alors préparez-vous à être transporté au bout du monde. Bonne écoute ! Musique Aujourd'hui je reçois Alexandra et Laurent, les Croutons d'Alsace en Vadrouille. Alors pourquoi les Croutons ? On pourrait penser qu'ils sont en train de nous faire une petite crise de la cinquantaine. Ils sont actuellement à Chiang Mai en Thaïlande et ils sont déjà à 6 mois de voyage. Donc on va essayer de comprendre comment ils en sont arrivés là. Et qu'est-ce qu'ils font là-bas ? Donc on est déjà à six mois de voyage. Ça a été quoi le déclic de se dire, allez, on attaque une nouvelle vie et on l'attaque en amoureux ?
- Speaker #1
Ça ne s'est pas fait simplement dans un déclic, c'est un projet qu'on a préparé depuis plusieurs années. En clair, on adore voyager et c'est à travers nos voyages et à travers nos ressentis et à travers la difficulté qu'on ressentait à chaque fois qu'on rentrait à la maison, qu'on avait vraiment besoin de ça. On n'avait que quelque chose de nous appeler ailleurs. Sauf qu'on ne se l'admettait pas parce qu'on avait des projets en cours, on avait une famille, des enfants.
- Speaker #2
Une société.
- Speaker #1
Une société qu'on avait à ce moment-là. Et donc, on ne s'accordait pas à l'idée de pouvoir voyager davantage. C'était déjà un privilège pour nous de nous permettre de voyager une ou deux fois dans l'année. La réalité, elle nous rattrapait à chaque fois. Et plus on voyageait, plus c'était difficile pour nous de reprendre le cours de notre vie normale. Donc ça a été... Quelque part, d'abord, une souffrance qui s'installe, insidieuse comme ça, et qui finalement nous amène à nous poser des questions très profondes sur notre existence et sur ce qu'on recherche vraiment, sur ce qu'on attend. Donc le déclic, s'il y en a eu un, réellement, il s'est fait, on va dire, il n'y a pas si longtemps que ça, on va dire une bonne année de ça, un peu plus d'un an, où à travers l'exigence et le... Les contraintes de la gestion de notre entreprise, à travers un quotidien qui était lourd à gérer, eh bien, on s'est un peu perdu. On s'est rendu compte que quelque chose ne fonctionnait plus. On adorait ce qu'on faisait. Il faut savoir qu'on avait un centre de relaxation et de massage, Bien-être, qu'on a créé sept ans plus tôt. Donc, ça a été une formidable aventure. Et on a vécu des choses formidables, surtout une aventure humaine, à travers des gens exceptionnels qu'on a rencontrés, avec qui on a créé des liens. avec qui on a partagé des moments forts.
- Speaker #2
Et qui nous suivent à ce jour sur les réseaux ?
- Speaker #1
C'est principalement le contenu de notre communauté aujourd'hui, notre petite communauté. Et donc, au-delà de ça, notre difficulté a été de rester en accord avec ce qui nous faisait vraiment vibrer, avec ce qui nous faisait avancer, ce qui donnait du sens à notre vie. Et l'activité proprement dite, pas le métier, mais tous les à-côtés de la gestion d'une entreprise nous ont vraiment perdus. Et moi, je voyais mon épouse, en fait, jour après jour, semaine après semaine, d'une certaine façon, s'éteindre. Alors, la relation entre mon épouse et moi n'a jamais été affectée par ça. On est très, très complices et on s'entend bien, on parle de tout sans aucune pudeur. Mais ce sujet-là était devenu très vite sensible. Mon épouse, depuis, si je l'avais suivie, ça fait très longtemps qu'on se répartit, elle avait cette projection bien plus ancienne que moi. dans l'envie de voyager, de quitter un petit peu le système dans lequel on vit. Moi, j'étais plus rationnel, j'étais plus ancré sur les responsabilités et certainement aussi plus inquiet, avec plus de doutes, sur le fait de franchir le pas. C'est le fait de voir mon épouse s'éteindre et de ne plus nous retrouver dans notre quotidien, de ne plus donner de sens, de ne plus trouver de sens à ce qu'on faisait. C'est ce qui a été le vrai déclic pour nous poser d'autres nouvelles questions.
- Speaker #0
Du coup... On se dit, allez, ça y est, on a pris cette décision, mais vous êtes quand même jeunes parents de cinq enfants. Donc, comment ça a été accueilli par les enfants ?
- Speaker #2
Les enfants, ils ont toujours su qu'un jour, nous quitterons la France. Ça n'a pas été une grande surprise pour eux. Par contre, ça a été acté par une date. Donc, sur les derniers mois qu'on a pu passer ensemble, ils en ont profité un petit peu différemment et un peu plus de nous. Mais ils étaient heureux pour nous. Ça leur a été toujours une évidence, de toute façon. Après, ils savent bien que nous n'avons pas juste des paroles. Nous, on aime acter les choses sans faire de bruit, mais y aller à un moment, donc de foncer et de le faire. Donc là, c'était janvier 2025, c'était ça. C'était l'annonce de notre départ et on est partis en septembre 2025.
- Speaker #0
Auquel âge, les enfants ?
- Speaker #2
Nos enfants, ils ont entre 20 et 30 ans. Donc, il y a quatre garçons et une fille dans le lot.
- Speaker #0
Donc, eux, ils commencent déjà à vivre leur vie. Mais comment vous vivez justement cette relation familiale à distance ?
- Speaker #2
Bien mieux, pour être honnête. Bien mieux qu'on était sur place. Pourquoi ? Parce qu'on a plus d'échanges. Il y a des petits moments qui ont ce côté spontané plus régulier et qui nous convient très bien, sans devoir les attendre sur un rendez-vous, autour d'un repas ou de se retrouver dans leur... planning qui est aussi très chargé en France. Donc, voilà. Nous, on y trouve notre place et ça nous convient bien. Et depuis, on a aussi eu l'occasion d'accueillir deux de nos fils. Au mois de décembre, il y en a deux qui sont venus aussi en vacances. Donc, c'était super chouette, c'était super intense, c'était des moments inoubliables. Et on espère vivre ce genre de moments avec chacun d'eux encore, qu'ils reviennent tous les deux, mais que les trois autres viennent aussi. Donc, on les attend. ici, à Chiang Mai ou ailleurs. Peu importe, on s'adaptera d'après eux. C'est comme là au mois de décembre, on s'était adaptés, on les a attendus à Koh Samui puisque ça faisait partie de leur itinéraire pour les vacances en Thaïlande chez eux. Donc nous, on s'arrange, il n'y a pas de soucis. Il est censé, c'est de pouvoir les revoir et de les serrer dans le pas.
- Speaker #0
Voilà, et puis comme quoi, à un moment donné, on ne se met pas de frein parce que c'est vrai que on pense toujours que ce n'est pas possible, on a des enfants, on ne peut pas le faire, il y a une société. Et je trouve que vous donnez un beau message. En fait, encore une fois, tout est possible. Le tout, c'est d'en avoir envie. Et puis après, tout le monde s'adapte. Et là où je vous rejoins aussi, c'est que la relation à distance est parfois plus forte que dans le quotidien.
- Speaker #2
C'est vrai.
- Speaker #1
Je dois dire que ça a été certainement une des plus grandes difficultés pour nous. L'idée de nous éloigner de nos enfants, de nos amis. On est très bien entourés. On a des relations fortes avec beaucoup de personnes. et donc l'idée de... plus avoir ce lien physique. En tout cas, pour ma part, ça a été compliqué de me projeter dans cette idée-là. Mais, comme le dit Alexandra, finalement, très très rapidement, on s'est rendu compte qu'avec les moyens technologiques qu'on a aujourd'hui, le lien, on pouvait très bien le garder. Et qu'en plus, la relation est différente. Il y a une autre spontanéité qui s'installe. Étrangement, on a envie de se raconter plus de choses. Quand on vit physiquement dans un endroit dans le même secteur, et qu'on a l'habitude de se voir toutes les semaines, tous les 15 jours, toutes les 3 semaines, au final, on n'a pas forcément toujours l'envie, ce n'est pas toujours le bon moment de se voir. On n'a pas toujours, parce que chacun a ses combats à livrer, ses bons et ses mauvais jours, et que parfois ça ne tombe pas bien. Alors qu'aujourd'hui, on choisit clairement quand est-ce qu'on veut se connecter à l'autre, et ensuite les choses deviennent très spontanées. Et on aime beaucoup cette relation aussi. même s'ils nous manquent, on ne peut pas les serrer dans nos bras, on ne peut pas les embrasser. Bien sûr que ce lien-là, il nous manque, mais il est compensé par une nouvelle relation qu'on vit avec eux. Et en plus, ils sont adultes maintenant. Donc, il y a des choses, un dialogue différent qui s'ouvre à eux et à nous. Donc, on apprécie, en tout cas, ça fait six mois, c'est encore très court dans la projection d'une vie, mais on va dire qu'il y a du manque, mais pas de la souffrance.
- Speaker #0
Le projet de vie, c'était quoi le premier pays d'entrée de jeu ? Vous avez pris l'avion au mois de janvier avec un but précis ?
- Speaker #2
On est parti en septembre et on est allé à Bali d'abord. Parce que Bali, on a voulu le faire en septembre 2020, mais on n'a pas pu y aller. Et du coup, là, c'était une belle occasion de le faire et de démarrer par ce pays. On a eu un grand coup de cœur aussi. C'était vraiment un des moments magiques. Et on y retournera, c'est une certitude. Et après, on a continué pour la Thaïlande. Donc, on est allé sur Koh Samui tout de suite, Bangkok et Koh Samui. Et on a attendu décembre, sur le mois de décembre, les garçons qui venaient sur quelques jours passer ces moments-là avec nous.
- Speaker #0
Et le pétrole, c'est d'être nomade ou d'avoir quand même ce point de chute et de vadrouiller autour ?
- Speaker #1
Alors, on s'est très vite rendu compte que... pouvoir se fixer un lieu et de pouvoir déposer nos bagages et voyager plus léger. C'était un argument qui est devenu très important pour nous. On n'avait absolument pas l'intention au départ, quand on est arrivé en Thaïlande, de nous installer, proprement dit. On avait l'idée justement de rester nomades. Maintenant, il faut savoir que nous, on a un projet de tour du monde qui va durer un an, deux ans maximum. Mais en réalité, c'est au-delà d'un simple tour de monde, c'est un changement de vie radical. On a fait le choix de tout quitter en France. On ne l'a pas précisé, mais ce n'est pas un simple voyage avec un retour. Nous, on n'a absolument aucune date de retour et on a même dans l'idée de ne jamais revenir. juste pour faire des visites aux gens qu'on aime.
- Speaker #2
D'être en vacances ?
- Speaker #1
En vacances, voilà. Mais en réalité, notre projet de vie, qui est justement un projet de vie, il ne se limite pas à un voyage autour du monde qu'on a déjà entamé, et que donc, pour le coup, on va faire plus lentement que d'autres personnes qui entreprendraient le même projet sur un an ou deux ans. Nous, on va le faire sur plusieurs années. On va se donner la liberté de retourner aussi dans des lieux qu'on aime. Mais voilà, notre choix, il est motivé par un besoin de changer. radicalement notre mode de vie. Et donc, le fait de nous sédentariser, on a vite compris que ça nous permet aussi de mieux gérer notre budget. Parce qu'aujourd'hui, des valises en soute, c'est à peu près 80 euros par personne et par voyage. Donc, imaginez un petit peu ce que ça peut représenter comme coût sur le coût d'un vol, sachant qu'on va faire 3 ou 4 vols par jour par an, au moins, 3 ou 4 destinations. C'est un peu dans cette idée-là qu'on envisage de voyager. Donc, ça a été aussi un souci d'économie. et de confort, parce que voyager simplement avec un sac plus léger, c'est beaucoup plus agréable que d'imaginer faire le tour du monde avec tout notre paquetage, et avec plein de choses inutiles. On a raisonné un peu comme ça. Et donc, notre choix de nous installer à Chiang Mai, c'était l'idée de se projeter avec un minimum de confort quand même. En plus, la structure, l'environnement le permet vraiment. Chiang Mai, c'est une très grande ville, mais il y a des systèmes comme les condominiums. qui sont des grands tours, des appartements auxquels vous accédez, et à des prix vraiment défiant toute concurrence. On n'imagine même pas les prix auxquels on peut accéder pour avoir un vrai, vrai confort. Ça n'existe pas en Europe.
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
Eh bien, pour notre part, on a un appartement de 50 mètres carrés, tout neuf, moderne, avec accès à une piscine, avec accès à différents autres services et commodités pour 300 euros par mois.
- Speaker #2
Avec une salle de sport. Avec une salle de sport. Donc, on économise l'abonnement de sport.
- Speaker #1
Oui, parce que moi, j'allais régulièrement à la salle de sport. Ça me coûtait aussi quelques dizaines d'euros par mois. Finalement, c'est intégré dans notre loyer. C'est un choix. Il y a d'autres possibilités encore plus économiques, il faut le savoir. Vous pouvez aujourd'hui, en Thaïlande, vivre dans un appartement beaucoup plus modeste, mais pour 100 euros par mois. Ce n'est pas un fantasme, c'est une réalité. Quand on a fait nos recherches pour trouver l'appartement de lequel on vit, on a été confronté à ces propositions-là, à ces offres. Et on a d'ailleurs fait différentes visites. avec différents styles d'appartements possibles. Et donc l'idée c'est ça,
- Speaker #0
c'est de louer à l'année, comme ça vous avez un point de chute et puis après vous faites… Donc il y a quand même une sorte d'expatriation entre guillemets sur la Thaïlande et après vous faites vos voyages en fonction de vos envies dans l'année.
- Speaker #1
Oui tout à fait et d'ailleurs on l'a préparé, on n'a pas pu l'improviser puisque pour pouvoir rester dans un pays quel qu'il soit, vous êtes dans un premier temps toujours limité par l'obtention d'un visa. Et donc, nous, on a un visa 5 ans. Donc, ce visa, on l'a obtenu. Il y a des conditions pour l'obtenir. Et nous, on peut donc rester 5 ans maintenant en Thaïlande. Et on a des multiples sorties. Donc, on rentre, on sort comme on veut.
- Speaker #0
Et c'est un visa spécifique ?
- Speaker #1
Oui, ça s'appelle un DTV, un visa spécifique. Il en existe plusieurs, des formules DTV. Mais ce sont des visas touristiques long terme. Ils sont réservés principalement soit à des digital nomades, des personnes qui créent une entreprise, ou des personnes comme nous qui adhérons à la culture thaï. Il y a différentes formules possibles pour y accéder, soit de vous lancer dans la formation de la langue thaï, dans la culture culinaire, ou dans la pratique de sport comme la boxe thaïlandaise. Il y a différentes formules dans lesquelles on s'engage et qui nous permettent ensuite d'accéder à ces visas-là.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez gardé une activité professionnelle ou plus du tout ?
- Speaker #1
Plus aujourd'hui, parce qu'on a aussi comme projet de nous engager dans des projets humanitaires. Et pour ce faire, on a besoin de rester libre. Et ça, c'est quelque chose qui nous tient vraiment à cœur. Ça fait partie intégrante de notre projet de vie, de pouvoir vivre ces projets-là, de pouvoir nous engager, de donner notre temps, mais pas une semaine ou deux semaines. Selon le projet qu'on trouvera ou auquel on adhérera, on pourra... s'engager plusieurs mois, voire une année complète. Donc pour préparer ces projets-là, il a fallu qu'on soit disponible. Et par ailleurs, on a pris nos dispositions depuis plusieurs années pour pouvoir voir les choses venir, pour pouvoir confortablement vivre notre projet le tour du monde sans être pressé par l'aspect financier, qui est important. Mais il faut savoir qu'on a fait des économies. mais elles sont juste suffisantes. C'est-à-dire qu'on a ce besoin de gérer correctement notre budget quand même. Et c'est parce qu'on le gère correctement et qu'on l'a toujours fait. On peut se permettre après de continuer à voyager. Mais tout dépend en fait de notre niveau d'exigence. Et celui-ci, on l'a revu à la baisse, mais nous, ça nous va très bien.
- Speaker #2
Nous, on apprécie beaucoup de se retrouver plutôt en guest house chez les locaux et de se retrouver dans un hôtel où c'est beaucoup plus froid, où il y a moins d'échanges et où les tarifs peuvent être aussi différents. On va favoriser ce mode de vie durant nos voyages.
- Speaker #0
Oui, et puis là, c'est là où on voit la vraie différence, ce n'est pas des vacances. C'est un mode de vie que vous avez choisi, c'est un voyage à long cours, donc évidemment on n'a plus les mêmes critères. Est-ce que vous avez l'impression au bout de six mois d'avoir déjà changé ?
- Speaker #1
Oui, ne serait-ce que sur le rythme de vie,
- Speaker #2
c'est assez impressionnant.
- Speaker #1
On vit au rythme de la population ici, qui elle n'est... et très très loin aux antipodes de notre mode de vie occidental, avec un stress constant, avec une dynamique constante aussi. Donc le stress, c'est pour relativiser, le stress n'est pas toujours mauvais. Mais il y a cette agitation permanente en France, dont on ne prend conscience que quand on revient d'un voyage d'ailleurs, c'est assez flagrant. Quand on vit dedans, on ne s'en rend pas compte, ça fait partie de notre quotidien. Et donc ici, oui, en Thaïlande, comme dans d'autres pays, d'ailleurs on a fait Bali, on a fait le Sri Lanka il y a quelques semaines.
- Speaker #2
On a fait 25 pays durant ces années.
- Speaker #1
Depuis quelques années, pour l'instant, on a fait 25 pays. Et en fait, on vit vraiment, on s'est mis au rythme de la population. C'est-à-dire, ils se lèvent très tôt et ensuite, ils font les choses sur toute la longueur de la journée. Donc, lentement, tranquillement. Il n'y a pas d'empressement, il n'y a pas de stress, aucun stress. Vraiment.
- Speaker #0
Moi, j'ai le han.
- Speaker #1
Et donc, c'est un rythme auquel on a adhéré très vite parce qu'en fait, ça fait partie de nos aspirations. C'est vraiment ce qu'on recherchait. On avait besoin de ralentir. Finalement, le rythme de vie qu'on a eu depuis toutes ces années en France, il nous a apporté plein de choses, bien entendu, mais il nous a beaucoup abîmés, vraiment. Par rapport à nos valeurs, par rapport à ce que nous, on attend de la vie, ce rythme-là nous a beaucoup abîmés. C'est ce qui nous a profondément poussés à partir. Finalement, on ne supportait plus d'être constamment sous pression. En tout cas, c'est notre expérience à nous. Je ne dis pas que c'est l'expérience de tout le monde.
- Speaker #2
C'est la nôtre.
- Speaker #1
Ayant besoin, au contraire, d'avoir une vie au ralenti, de pouvoir nous poser, d'écouter, d'interagir avec les gens, c'est des choses qu'on ne pouvait quasiment plus faire avant. Du fait de notre entreprise, qui était extrêmement exigeante, on avait facilement 60 heures de travail par semaine, et on les acceptait, mais cette exigence nous empêchait de vivre la vie à laquelle on aspirait vraiment. Donc, pour répondre à votre question, oui, ça fait six mois, et en fait, on s'est très bien habitués à un nouveau rythme, d'abord.
- Speaker #2
Le premier mois était compliqué. Pas compliqué, mais il était fatigant. On était très fatigués. Le fait d'avoir relâché, de réaliser ce qui va se passer aussi, on était épuisés. On a énormément dormi. Je crois qu'on n'a jamais dormi autant. Et après, tout le reste, c'est comme si on était à notre place, que ce soit à Bali, que ce soit ici en Thaïlande. On s'y sent vraiment très, très bien. C'est important de se sentir aussi légère. aussi léger.
- Speaker #1
Et finalement, on est bien partout. C'est aussi quelque chose qu'on a constaté à travers nos voyages. Étant donné qu'on n'a pas un niveau d'exigence très élevé, au niveau confort, au niveau alimentaire, en fait, on s'adapte à tous les milieux. De ce fait-là aussi, on se sent bien partout. À peu de choses près, bien entendu, d'un pays à l'autre, il y a des contraintes différentes, la population peut être différente aussi et nous amener à avoir des ressentis différents. Mais dans l'ensemble, où qu'on voyage, on s'est sentis toujours mieux. que dans notre propre pays. Alors, ce n'est pas lié au pays, à la France qu'on aime et à nos valeurs et à son histoire. C'est lié à un mode de vie, à un rythme, à une agitation constante qui ne nous correspondait plus.
- Speaker #2
Des obligations.
- Speaker #1
Il y a des obligations, à des contraintes, à des interdits. Enfin voilà, la liste est longue de tout ce qui vous rend heureux ou pas heureux.
- Speaker #0
Le rythme, du coup, on prend le temps, mais à partir du moment où vous êtes tous les deux, On se lève le matin et c'est quoi ? S'il n'y a aucun but, on se laisse vivre et on verra comment va se passer la journée ou il y a quand même des objectifs ?
- Speaker #2
Il y a des objectifs parce que depuis, Laurent a pu se mettre à l'écriture aussi. On pourra en reparler d'ici un an, je pense, à peu près, on pourra se rappeler.
- Speaker #1
J'ai un projet de manuscrit pour partager mon parcours, le transmettre à mes enfants. Mais au-delà de ça, j'ai vraiment envie d'écrire. depuis toujours, depuis que j'ai 20 ans. Ça a toujours été impossible parce que le contexte m'en empêchait. Quand vous êtes toujours à 100 à l'heure, vous ne pouvez pas vous poser et mettre vos idées en place et puis vous projeter dans des choses différentes. Donc, voilà, cette expatriation me permet aujourd'hui de me poser et de travailler sur mon manuscrit.
- Speaker #2
Et moi, pour ma part, j'ai beaucoup de plaisir à faire des recherches des régions ou des pays qu'on va découvrir. Donc, c'est un peu moi qui suis à la tête de toutes ces recherches et de combiner un petit peu notre planning, où je vais pouvoir dire, écoute, demain, on va aller là, là, voilà. Mais spontanément, ce ne sont pas des choses qui sont... prévues trop à l'avance, sauf les voyages lointains qui demandent une autre organisation. Mais autrement, ici à Chiang Mai, il y a tellement de choses à découvrir que je me régale.
- Speaker #1
Et moi aussi, parce qu'elle me fait plein de surprises.
- Speaker #2
Il y a plein de petites pépites qui me s'y sont tellement bien. Et même quand on a des amis ou des personnes qui nous retrouvent, c'est vraiment un plaisir de leur faire découvrir. Là, j'insiste, mais c'est Chiang Mai. On est à Chiang Mai. C'est vraiment un petit bonheur.
- Speaker #0
En tout cas, on vous sent tellement complices, tellement mignons, tellement amoureux. Là, c'est pareil, c'est un vrai cadeau que vous vous faites de prendre ce temps et d'être non-stop tous les deux.
- Speaker #2
Ça l'a déjà été auparavant, puisque nous avons été tous les deux dans un projet de notre société. On a été gérants tous les deux et on a travaillé H24 ensemble. Donc, dans notre domaine, on était vraiment ensemble. Et c'était un besoin, effectivement. dans nos vies passées. Ce n'était pas le cas et là, il y avait un déséquilibre. Et très vite aussi, on s'était rendu compte qu'il fallait qu'on change d'activité. Et en plus, dans une activité où on avait un temps en commun, le massage, du coup, c'était tout bonheur. Et du coup, de partir autour du monde, ça ne nous faisait pas peur. La seule chose qui nous manque, c'est nos enfants. C'est tout. Après, nos enfants ne nous appartiennent plus. Ils sont grands, ils doivent faire leur vie et on l'accepte. Et on est très heureux et très fiers d'eux. Mais voilà, après, on est juste tous les deux. Et on le vit très bien, c'est vrai.
- Speaker #0
J'ai l'impression que vous êtes très aussi fan des scouts, des tuktuk, d'avoir l'impression de pouvoir voyager en toute liberté, cheveux au vent.
- Speaker #2
Ça fait partie d'une grande liberté à laquelle Laurent... Il disait toujours, pendant très longtemps, il disait jamais, jamais de scooter dans les villes. Tutu, il n'y avait même jamais songé. Pareil, c'est moi qui ai trouvé effectivement cette trouvaille et que je lui ai suggéré qu'il a été partant. Donc, il a fait son permis Tutu au Sri Lanka il y a quelques semaines. Mais c'est vrai que le scooter…
- Speaker #1
Oui, il faut une petite formation, il faut une validation parce que c'est… Contrairement à ce qu'on croit, c'est un engin qui doit s'apprivoiser. Ce n'est pas si simple.
- Speaker #2
Il faut savoir que Laurent n'a jamais eu de moto dans sa jeunesse. Laurent a commencé à rouler au scooter, ça a été en Thaïlande en 2019.
- Speaker #0
J'ai le souvenir aussi des scooters à Bali. Là, c'est une bonne rentrée en matière parce que c'est un truc de fou. Il y en a dans tous les sens. Mais une fois qu'on s'est roulé en scooter à Bali, je pense qu'après, on peut aller dans la... entre quels pays, ça devient facile.
- Speaker #1
C'est vrai. Alors, d'une manière globale, en Asie, parce qu'on a aussi été au Vietnam, on a été confrontés à la même intensité, à la même complexité de la circulation. C'est du tout, c'est du n'importe quoi, en fait. Il y a des endroits, c'est vraiment n'importe quoi. Mais ça fonctionne très, très bien. Et ce qu'on adore, c'est qu'il n'y a aucune agressivité. Il n'y a pas de klaxon. Les gens klaxonnent pour vous prévenir qu'ils vont vous dépasser. Et non pas comme chez nous, en France, pour vous agresser, pour vous dire « laisse-moi passer » . Merci. J'avais priorité sur toi ou qu'est-ce que tu fais ? Il n'y a pas de jugement. Les gens s'adaptent. Ça roule. Ça roule, oui.
- Speaker #2
Ça roule.
- Speaker #1
Et donc, quand j'ai compris ça, j'ai pris de l'assurance. Je me suis mis dans le move. Et finalement, ça l'a fait. On n'a jamais eu d'incident. On est très prudent, par contre. On roule pépère. Mais on sait pourquoi on le fait. Ça nous offre énormément de liberté. Une liberté profonde. Quelque chose qui nous donne des émotions quand on roule. Vous n'imaginez pas. On traverse des campagnes, des petites ruelles, quel que soit l'endroit qu'on traverse. Très souvent, on se le dit d'ailleurs. Qu'est-ce que ça fait du bien, on se sent libre.
- Speaker #2
Ça nous manque. Là, on avait le tuktuk, qui a été très sportif quand même. C'est totalement différent au scooter. Et le pays en lui-même était très différent aussi. Laurent, il a même eu un petit peu de soucis d'épaule à travers cette conduite qui était bien particulière. Mais c'est vrai que...
- Speaker #1
Le scooter, c'est top.
- Speaker #2
Le scooter nous manquait, on avait hâte de rentrer à Chiang Mai et de reprendre notre scooter. Bon, il a été blessé, on n'a pas pu tout de suite, on a encore été un peu patient. Mais c'est un bonheur. C'est un bonheur. Cette liberté, elle est énorme.
- Speaker #0
Est-ce que vous pouvez rentrer un peu dans le détail du Sri Lanka, notamment parce que... Alors moi, je voyais justement beaucoup de gens qui louaient des tuktuk, mais a priori, ça n'a pas l'air d'être si simple. Mais vous avez décidé du coup de visiter le pays à votre façon et grâce à ce mode de déplacement ?
- Speaker #1
On voulait vivre cette aventure parce que le pays s'y prête vraiment. C'est un des rares pays... où il y a une vraiment... Oui, c'est le pays du tuk-tuk. Vous voyez pratiquement autant de tuk-tuk que d'autres véhicules, que d'autres types de véhicules. Et contrairement à la Thaïlande, par exemple, où c'est réservé à une catégorie de personnes, il faut avoir une licence spéciale, eh bien là, le Sri Lanka vous permet, en tant que touriste, d'accéder à un permis officiel qui vous permet de circuler dans le pays. L'intérêt pour nous, c'était de pouvoir transporter nos bagages confortablement, de pouvoir aussi nous poser sur des spots de manière... plus confortable, on va dire. En tout cas, c'est l'idée qu'on s'en faisait au départ. Finalement, on se dit que le scooter aurait rempli sa fonction aussi. Mais au-delà de ça, oui, ce qui est compliqué, ce qu'il a été pour moi, c'est l'aspect technique. Parce qu'il y a un changement de vitesse à faire au niveau de la poignée, c'est pas au niveau d'une pédale. C'est très contraignant au niveau des articulations, physiquement, mine de rien, parce que vous faites ça des centaines de fois dans la journée. Et si vous avez en plus un modèle qui n'est pas forcément récent... qui grippe et qui s'accroche, vous mettez de la force, vous mettez de l'intensité dans des mouvements qui devraient être naturels, mais qui en réalité ne le sont pas. Donc moi, je me suis blessé. Mais au-delà de ça, le tuktuk, oui, c'est une façon de vivre là-bas.
- Speaker #2
C'est très reconnaissant. J'étais toujours en admiration, déjà,
- Speaker #1
de voir des Européens conduire un tuktuk.
- Speaker #2
Et c'était de la bienveillance quand même. Puis souvent, ils nous mettaient un pouce pour nous montrer que c'est bien. Et puis avec leur beau sourire... Oui, c'était plein de reconnaissances qui nous faisaient chaud au cœur.
- Speaker #0
Et vous auriez pu le faire en scooter aussi là-bas ?
- Speaker #1
Alors pour le coup, on ne s'est pas posé la question parce que là, il aurait fallu un permis aussi, mais il n'aurait peut-être pas pu être accessible aussi facilement. Il faut savoir qu'avec le tuktuk, les sociétés qui louent le tuktuk ont une forme de dérogation qui leur permet de faire délivrer très rapidement un permis officiel avec lequel on circule, ce qui n'est pas le cas pour le scooter. Pour le scooter, vous avez, comme pour la Thaïlande, comme pour le Vietnam, vous avez besoin de passer un permis. Ou alors de faire un équivalent de votre permis moto français. Et on a souvent l'erreur, en France, on pense souvent à tort qu'en allant en Thaïlande ou dans ces pays-là, il suffit d'avoir le permis international pour pouvoir circuler. C'est complètement faux. En réalité, vous n'avez souvent droit qu'à, on va dire, 15 jours d'utilisation. Après, c'est variable selon les pays. Mais si vous restez plus longtemps, il faut absolument passer un permis, le permis national, le permis du pays. Faute de quoi, vous êtes susceptible d'avoir des amendes. Et surtout, le plus grave, là j'en profite comme on est dans un débat de voyageurs, eh bien, si vous arrivez à un accident, vos assurances ne vous prennent pas en charge. Et là, c'est un point extrêmement important dont on a pris conscience. Ce n'est pas simplement l'amende qui nous faisait peur, c'est le fait que si on chute parce que quelqu'un nous fait tomber ou on a un accident, on n'a même pas de prise en charge.
- Speaker #0
C'était quoi la relation avec les éléphants ? En fait, on m'a dit qu'il faut faire hyper gaffe quand on est en tuktuk au Sri Lanka, surtout à la tombée de la nuit, parce qu'on peut se faire charger par des éléphants.
- Speaker #1
Il y a quelques endroits au Sri Lanka où il est fortement recommandé de ne pas circuler la nuit, parce que beaucoup d'éléphants au Sri Lanka sont en totale liberté. Ils ne sont pas uniquement dans des parcs. Et s'ils sont dans des parcs, il faut imaginer un parc. qu'il n'y a pas de clôture, c'est des parcs nationaux, mais qui finalement ont des frontières complètement ouvertes. Ce qui permet à la faune, aux animaux de circuler. Et encore lors de notre séjour au Sri Lanka, il y a eu plusieurs accidents mortels la semaine d'avant. Donc il y a une réalité, il y a un vrai danger. Vous pouvez vous retrouver en tuktuk ou en scooter en fait. Ce n'est pas lié au tuktuk. Vous pouvez être confronté à la présence d'un éléphant qui lui va... va s'affoler en fait,
- Speaker #2
votre présence va le gêner et c'est par peur qu'il va vous attaquer en tout cas pour notre part nous on sortait pas le soir, on profitait plutôt du dîner avec les locaux et de partager des bons moments autour de leur bon repas qui nous faisait à notre demande à ce niveau là dans les guest house aussi on a cet avantage c'est qu'ils vont être beaucoup plus attentionnés et plus, ils vont être plus à votre demande nous faire découvrir un...
- Speaker #1
des choses.
- Speaker #2
Le côté très local, quoi.
- Speaker #0
Vous êtes resté combien de temps là-bas ?
- Speaker #2
Trois semaines.
- Speaker #0
Ok. Et par contre, au niveau justement de l'échange, est-ce que vous parlez bien anglais avant d'arriver ?
- Speaker #1
Alors moi, je me débrouille bien. Mon épouse, elle apprend et en formation, j'exige de sa part qu'elle…
- Speaker #2
Ça fait partie de mon petit quotidien de faire mes petites leçons aussi et de m'améliorer, même si c'est une langue où je n'accroche pas de la même manière que…
- Speaker #1
Non, mais elles se rendent compte que c'est essentiel.
- Speaker #0
Tu fais quoi ? Tu fais comment comme exercice ?
- Speaker #2
Là, je lis des petites phrases, des petits mots sur YouTube où je cherche les petits exercices à répéter et ma leçon duolingo.
- Speaker #0
Est-ce que du coup, tu as cette frustration un petit peu de ne pas pouvoir rentrer complètement en contact avec les locaux ?
- Speaker #2
Un petit peu, un petit peu. Mais après, par contre, quand on a l'occasion d'échanger avec des personnes qui parlent l'anglais… où au Sri Lanka, ils parlaient très bien l'anglais, c'était plutôt facile à comprendre. C'est juste que moi, je ne verbalise pas. J'ai un petit frein à ce niveau-là parce que ça reste nouveau, mais c'est la gêne qui prend le dessus. Mais ça va venir, ça va venir. De toute façon, je me suis engagée envers notre propriétaire qui dit que l'année prochaine, quand elle va revenir, je vais pouvoir lui faire le guide de Chiang Mai avec la version anglaise.
- Speaker #0
Sur les six derniers mois, c'est quoi la plus belle rencontre, s'il y en a une, à remémorer ?
- Speaker #2
On en a eu plusieurs, dont à Bali, dans le Nord. On a rencontré et vécu des moments très forts, entre une purification avec une famille précisément, une naissance de onze petits cochons.
- Speaker #1
En pleine nuit ?
- Speaker #2
En pleine nuit, c'était génial. Les propriétaires, pareil, nous ont informés. pu y aller, on a pu assister, donc c'était vraiment top. Et après, on a aussi l'occasion de rencontrer un guide baliné qui parle très très bien le français et nous a fait découvrir la partie sud, c'était plus la partie sud du Mali. On n'avait pas envie trop de découvrir le sud parce que nous, souvent, on accroche plus vers le nord parce que il y a moins de touristes et puis surtout, on échange avec les locaux.
- Speaker #1
C'est plus authentique.
- Speaker #2
C'est plus vrai. Et là, c'est vrai que... Artana, il nous a fait découvrir sa famille déjà. On a partagé un moment avec sa famille, sa région et tout. Et lui-même, c'est un homme exceptionnel. Donc, entre lui, Yuda, Kadek.
- Speaker #1
En fait, on a rencontré différentes personnes à différents lieux de guest house où on a été. Et les échanges qu'on a eus étaient très intenses. Nous, on est très curieux. Dans tous nos voyages, on a le désir, et je pense que ça doit se ressentir. de nous imprégner de leur culture. Donc, on pose plein de questions. Quand ils nous proposent d'assister à des événements, même des événements culturels du village, on y va. En fait, on est à l'affût de toute possibilité, de toute opportunité pour vivre ces moments-là. Et donc, de ce fait-là, eux aussi s'ouvrent à vous et ça leur donne envie de vous faire découvrir leur culture et c'est ce qui s'est passé, de vous partager des moments parfois même très intimes finalement. Le baptême. On a vécu un baptême, ce qui est très intime chez eux à Bali. Ce n'est pas ouvert aux étrangers, mais ils nous ont accueillis comme des membres de la famille. On a pu vivre des moments spirituels, des moments intenses, comme une purification, comme a dit Alexandra. Mais vraiment, ils ont fait appel à un prêtre pour qu'on puisse nous-mêmes bénéficier de cette purification. Juste pour nous. Et qu'on le croit ou non, il s'est passé des choses assez puissantes en nous. C'est troublant. Mais voilà, ce sont ces moments-là. qui nous marquent profondément et qui nous donnent envie de les revoir. Parce que ce qui nous plaît le plus dans nos voyages, très honnêtement, c'est l'aventure humaine, c'est les rencontres, c'est les sourires, c'est l'échange, l'interaction avec l'humain. Et quand on n'a pas voyagé, c'est difficile en fait de s'imaginer qu'il y a autre chose que notre mode de vie en Occident. Je parle de moi, avec mon éducation, mon parcours de vie, avant d'avoir voyagé, avant d'avoir rencontré Alexandra. je n'avais pas conscience de tout ce que la relation humaine pouvait nous faire vivre et ressentir. Et là, à travers nos voyages, c'est très puissant. On a des larmes, on a des émotions que je ne connaissais pas. Et c'est ce qu'on aime en fait, c'est ce qu'on recherche, c'est ce qui nous rend vivants, c'est ce qui nous donne envie de poursuivre notre voyage, vraiment. C'est même l'essence de notre volonté à voyager.
- Speaker #2
Les gens, ils pensent sur le fait que Bali, c'est paradisiaque, ils sont plus le côté sud. Alors que le nord est tellement, tellement beau. Et Bali, c'est les îles. Donc les gens, quand ils disent qu'ils ont été à Bali, ils font allusion aux îles. Ils n'ont pas été à Bali même. Et c'est dommage. Et c'est dommage parce qu'il faut soutenir aussi les locaux, même s'ils se trouvent plus loin aussi, au niveau du pays, dans le pays. Mais les moments dans les écoles aussi, qui ont été très magiques. On a pu intégrer des écoles. juste comme ça, pour échanger avec les professeurs, de voir les élèves, de voir comment ils fonctionnent, de voir leur liberté à l'étudier dans la cour, dans la classe. Et on a été un petit peu, moi-même, j'ai été un petit peu l'élément perturbateur. Mais ça les a fait rire, ça les a, même si je ne parlais pas suffisamment l'anglais, j'ai eu des échanges avec eux, c'était génial. Et là, par contre, je n'avais plus la même gêne au niveau de l'anglais. Au contraire, ça me stimule et ça me motive à devoir améliorer tout ça et de pouvoir avoir des échanges dans le futur plus profonds. Donc le fait des enfants…
- Speaker #0
Vous pouvez revenir un petit peu sur cette spiritualité, justement, qu'est-ce qui a évolué depuis ces six mois dans votre foi ?
- Speaker #1
Alors, le fait d'avoir déjà vécu certains moments particuliers. On a aussi vécu des fêtes religieuses très importantes, notamment à Bali, dont la religion principale est le bouddhisme. avec toutes ces valeurs. Et pour moi, le bouddhisme, ce n'est pas qu'une religion, c'est une philosophie. Et on y a été complètement confrontés puisque leur générosité naturelle, leur croyance au karma, donc leur besoin et leur envie de faire du bien aux gens, de faire les choses de manière juste, d'être respectueux, donc des valeurs profondément ancrées dans leur manière de penser. Des plus jeunes générations ou plus âgées, en fait. Et là, j'insiste dessus parce que quand on voyage, il y a des écoles qu'on visite où les enfants peuvent être méchants. Mais je peux vous dire que dans ces pays où on a été, comme le Sri Lanka aussi, ou Bali, les enfants sont extrêmement gentils, ils sont bienveillants envers vous. Ils adorent rencontrer des étrangers. Et donc, par rapport à la spiritualité, on s'est laissé guider par nos rencontres qui nous ont permis de vivre des expériences. introspective en fait. On s'est posé, on a eu des moments de méditation et forcément au début on ne sait pas trop comment faire, on ne sait pas trop comment gérer nos pensées. Et alors on observe, on écoute et puis on se laisse porter par l'environnement, par une forme de un apaisement qui s'installe très très vite, un silence, des moments comme ça de silence et c'est là qu'on se met à juste apprécier d'être vivant, apprécier Merci. d'avoir été invité, on se sent privilégié d'être à cet endroit-là, à ce moment-là. Et ça change énormément de choses parce que ça génère des émotions très fortes de gratitude en fait. Et c'est des choses qu'on n'a pas forcément dans notre éducation, des points qu'on n'aborde pas et qui nous font énormément de bien, qui nous ouvrent encore plus aux autres et qui nous donnent envie d'en vivre davantage. Ça va être le fil conducteur de notre aventure, ça, clairement. Plus de spiritualité dans notre vie.
- Speaker #2
Et on ne se sent jamais jugé, même si on ne connaît personne. On se sent à sa place à un moment très rapidement, et ça fait du bien.
- Speaker #1
En fait, ce qu'on a constaté, c'est que dans tous nos voyages, dès l'instant où vous allez vers l'autre, quand vous y allez sincèrement, quand vous leur montrez un profond intérêt pour leur culture, du respect, quand vous respectez les règles, déjà, de là du pays. Ça commence par là. Énormément de touristes ne le font pas parce qu'ils sont en vacances, parce qu'ils s'en fichent, parce qu'ils sont ce qu'ils sont. Et c'est une grave erreur. Je pense que si on veut créer une relation avec une personne, il faut d'abord accepter sa différence et ne pas oublier qu'on est chez eux, on est dans leur pays. Donc on a cet état d'esprit dans tous les pays où on va. Mais parce que c'est normal, on n'a pas de mérite à ça. C'est juste essentiel. c'est la première barrière à franchir pour pouvoir créer un vrai contact avec les gens. Et à partir de ce principe-là, si vous êtes un peu curieux et que vous cherchez à rentrer en contact avec eux et vous leur montrez votre envie d'en savoir plus, les choses se font naturellement. Les gens s'ouvrent à vous. Et ça, c'est systématique. On n'a eu que des expériences comme ça. Donc, on ne peut même pas vous raconter d'anecdotes négatives parce qu'en réalité, Je crois que dans ces... pays-là, ou dans ces cultures où vous avez vraiment une vraie philosophie de vie, les gens sont naturellement ouverts. dès l'instant que vous leur ouvrez vos portes avant. Et ça fonctionne. Oui,
- Speaker #0
je pense qu'il y a une notion qui est aussi très importante, et tu l'as dit, c'est que c'est tellement différent quand tu es en vacances et que tu veux un peu optimiser ton voyage, que là où tu prends le temps d'observer, de rencontrer, d'écouter. Et donc la magie, elle opère aussi parce que tu prends le temps de vivre, tout simplement.
- Speaker #2
Alors on est d'accord sur ce principe, mais nous, avant de quitter la France, France, on a aussi été en tant que voyageurs sur une durée de 15 jours à 3 semaines au maximum. Mais derrière ça, déjà, les règles, comme Laurent le précisait, ce respect, tout le monde peut se renseigner avant de partir et de connaître avec toute la technologie possible, Google, les réseaux, etc., déjà des choses à ne pas faire. Déjà, c'est très important, avant de partir, on ne part pas juste avec le billet et puis on fait à sa tête. Donc, pour le respect pour les locaux et pour le pays, c'est déjà la base. Donc, qu'on soit touriste ou qu'on soit expat, ça se rejoint.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a eu un moment de solitude ou un moment vraiment drôle où vous vous êtes dit, ben là, en fait, on s'est complètement latté ?
- Speaker #1
Oui, dans nos voyages, on a vécu aussi des mésaventures, des choses parfois plus compliquées, mais assez rarement d'ailleurs. Mais il y a eu une mésaventure qui nous a marqués, mais qui nous a aussi appris une grande leçon. Il y a quelques années, on avait l'intention d'aller au Costa Rica. Le Covid ne nous l'avait pas permis, donc on avait projeté ça plus tard. Arrivé à l'aéroport, on s'est vu refuser notre vol. Tout simplement parce que l'ESTA, c'est un document... qui vous permet de transiter aux États-Unis et qui est obligatoire. Et l'ESTA, je l'avais fait avec mon ancien passeport. L'année d'avant pour le Canada. Pour le Canada déjà, voilà. Et donc, le numéro ne correspondait plus, puisqu'entre-temps, j'ai eu un nouveau passeport. Et donc, arrivé à l'aéroport, on m'a refusé le vol parce que simplement les numéros ne correspondaient pas. C'était toujours moi sur le passeport, c'était toujours mes coordonnées, mais ce n'était plus un bon numéro. Et ça a bien entendu complètement chamboulé nos projets puisqu'on n'a pas été au Costa Rica. On avait 72 heures pour faire refaire un esta et de prendre un autre vol. Mais le desta, on a décidé autrement. Donc, on s'est mis plusieurs nuits à attendre cette nouvelle autorisation. Donc, on est resté dans un hôtel à Francfort en attendant de pouvoir prendre un vol et à attendre l'arrivée de cette nouvelle autorisation qui n'est pas arrivée dans les temps. et au bout de 4 jours on s'est décidé à prendre une autre direction. On ne voulait pas rentrer. On refusait l'idée. On avait préparé ce voyage. On avait besoin de partir. Et on s'est dit, on va prendre une autre destination. Donc, on s'est adressé à une compagnie.
- Speaker #2
Une agence de voyage, ce qu'on ne fait jamais. On fait toujours nos voyages nous-mêmes. Et puis, on s'est retrouvés en Égypte.
- Speaker #1
Finalement, on s'est retrouvés en Égypte, un pays que je ne voulais absolument pas faire. pour des raisons de sécurité, pour d'autres raisons. Et quand on a eu nos billets, quelques heures après, on a eu l'autorisation pour partir au Sri Lanka. Non,
- Speaker #2
au Costa Rica.
- Speaker #1
Au Costa Rica. Alors, dans cette mésaventure, on a appris déjà une chose, c'est que, attention, quand on change de passeport, quand on modifie des documents officiels, il ne faut pas oublier de se poser la question dans quelles conditions on a utilisé ces documents dernièrement, surtout quand on voyage beaucoup. Parce que sinon, on peut se retrouver comme nous, à se voir refuser un vol. Et ça, ça nous a fait perdre quand même plus de 2000 euros, juste pour le vol.
- Speaker #0
Et vous avez kiffé l'Égypte ?
- Speaker #2
Ça a été très reposant.
- Speaker #1
Oui. En fait, il y a eu...
- Speaker #0
Je pose la question parce que souvent, quand il arrive quelque chose comme ça et qu'on va partir ailleurs, c'est souvent des très belles surprises. En fait, on se dit, bon, on devait être ici.
- Speaker #1
Alors nous, on ne l'a pas vécu comme ça. mais par contre on a accepté l'idée que le destin nous ait empêché de partir au Costa Rica. On s'est dit qu'il y avait certainement une raison à ça. Et encore aujourd'hui on le croit. Après chacun a ses croyances, mais nous on sait que de tous nos voyages qu'on a faits, il aurait pu y avoir plein de situations désagréables ou compliquées et on en a été épargné pour différentes raisons. Les choses ne vont pas toujours dans votre sens, mais on est convaincu qu'il y a une raison à ça. L'univers en fait, le destin... vous met sur une route, vous faites des choix, mais parfois, ces choix ne vont pas forcément dans votre direction. Pas tout de suite. Et nous, on l'accepte. Aujourd'hui, on l'accepte.
- Speaker #0
Je suis tout à fait alignée en tout cas avec cette philosophie. On va terminer là-dessus. J'aimerais bien savoir... Quand vous avez vos enfants en ligne, comment ils vous trouvent ? Est-ce qu'ils vous trouvent aussi changés ? Qu'est-ce qu'ils ressentent à travers ce voyage pour vous ?
- Speaker #2
On n'a pas des enfants qui s'expriment dans ce bon sens, on va dire. Peut-être qu'ils vont le faire maintenant grâce à cet échange avec vous, Florence. Mais non, ils nous voient heureux, ils savent que nous sommes heureux et puis ils se contentent de ça. Après, je pense qu'il s'imagine quand même beaucoup que tout… tout va bien, et ce qui est vrai, mais on a aussi nos manques qu'on ne leur exprime pas, mais ça c'est pour les préserver. Et je pense qu'ils font de même pour nous aussi, sauf nos deux derniers qui l'expriment un peu plus quand on leur manque.
- Speaker #1
Les deux derniers sont aussi les plus jeunes.
- Speaker #2
Eux, ils nous l'expriment plus. C'est des traits de caractère aussi différents.
- Speaker #1
Je pense qu'ils savent simplement aussi depuis des années qu'on voyage qu'on se prépare à tout ça, on ne fait pas les choses sur des coutumes. de tête, que bien entendu on est beaucoup dans l'instantané, mais même dans l'instantané, on prépare les choses et donc ils sont plutôt rassurés à mon avis. C'est pour ça qu'ils ne s'inquiètent pas et qu'ils nous voient heureux parce qu'on l'est tout simplement.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #1
vous l'êtes. Mais au-delà de ça, ils n'ont pas trop d'inquiétude.
- Speaker #2
Et c'est toujours débrouillé.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #2
Pour eux, je pense qu'ils se disent vraiment qu'on n'a pas de soucis.
- Speaker #1
Et en réalité on n'en a pas,
- Speaker #2
la vie est généreuse avec nous et bien sûr ça les a rendus bien de ne pas devoir se préoccuper de nous.
- Speaker #0
Il y a peut-être ça aussi. Il y en a qui sont. Il y a un voyage de prévu pour un de vos enfants bientôt, de vous retrouver ?
- Speaker #2
Pas de prévu cette fois-ci. Il n'y a rien qui est daté, qui est fixé. Mais il y a des envies. Il y a des souhaits. Donc, on les attend. On verra. On verra. Entre-temps, on aura d'autres voyages qui seront au programme. Donc, ils connaissent nos périodes où on sera absent. Soit ils nous retrouvent dans les autres pays où on va aller. Ou alors, effectivement, ils nous retrouveront ici à Chammaï. On partagera de bons moments et de doux moments ensemble.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a déjà le prochain voyage qui est programmé ?
- Speaker #2
Oui, donc la Malaisie au mois de mai et cet automne, on fera aussi la Corée du Sud et le Japon. Et tout ça, c'est déjà daté par contre, c'est bloqué.
- Speaker #1
On a les billets, on a juste à préparer un petit peu nos points de chute et notre parcours.
- Speaker #0
En tout cas, vous avez l'air totalement au bon endroit, bien aligné. Et ça fait plaisir à entendre, ça fait plaisir à voir. Et ça donne beaucoup d'espoir aussi à tous ceux qui se disent « Oui, c'est un rêve, mais bon, pas possible. » Si, tout est possible. Et merci d'avoir partagé votre expérience, vos aventures. Et en tout cas, moi, ça m'en a donné plein, Et je crois que je vais tout simplement aller voir mon mari en disant « C'est bon, c'est possible, même avec les trois enfants, on pourra le refaire un jour à deux. » trouver sur le scooter Cheveux au Vent. Merci d'avoir partagé cette aventure. Je vous souhaite vraiment de continuer à kiffer comme vous le faites et de réaliser encore beaucoup de rêves et beaucoup de voyages.
- Speaker #2
Merci beaucoup, Florence.
- Speaker #1
Merci à vous de nous avoir permis de cet échange. Merci de votre confiance. Et oui, on va continuer à suivre notre cœur, tout simplement.
- Speaker #2
Et puis, l'écoutons, continuons à vadrouiller.
- Speaker #0
C'est ça. Donc, on vous retrouve en tout cas sur les réseaux. Les Croutons d'Alsace en vadrouille. Mais merci pour ce bon moment de partage.
- Speaker #1
Merci à vous, Florence.
- Speaker #2
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Et voilà, cet épisode est terminé. J'espère qu'il vous a plu, si c'est le cas. N'hésitez pas à le partager avec votre entourage. Abonnez-vous pour ne manquer aucun épisode et prenez quelques instants pour laisser un avis ou une note sur votre plateforme préférée. Vos retours sont précieux et m'aideront énormément. Merci d'avance et à bientôt pour de nouvelles aventures.