- Speaker #0
Bienvenue dans Le Monstre du Loudness, le podcast de l'école acoustique. Pour ce nouvel épisode, nous vous proposons de plonger au cœur du hip-hop français, tout d'abord en vous immergeant dans une fiction narrative. Par la suite, Curbo, rappeur émergent de la Seine-Montpellier-Rennes, nous embarquera dans son univers en vous contant ses dernières aventures. Mais avant ça... nous allons faire un petit tour de présentation de l'équipe en vous énonçant chacun une anecdote vis-à-vis de l'école. Pour ma part, je suis Wadek, le réalisateur, co-auteur et comédien de ce podcast. Personnellement, je tiens à vous parler du Quiz Pro Tools qui a été organisé au sein de l'école et qui a vu s'affronter les trois classes de première année et je ne vous oublie pas, ma classe C. A mes yeux, nous sommes les vainqueurs.
- Speaker #1
Salut à tous, moi c'est Ayman, j'ai participé sur ce podcast en tant que technicien son. J'ai fait l'enregistrement ainsi que le mix. Pour ma part, ce qui m'a marqué, c'est le secret de Santa, Noël avec tout le monde, une ambiance familiale. C'était cool.
- Speaker #2
Salut à tous, moi c'était O. Je participais en tant que technicien sur le projet. J'ai aidé à l'enregistrement et au mixage. Petite anecdote sur l'école, ce qui m'a marqué, c'était lors d'une masterclass, on devait faire une petite danse ou un petit rap. Aussi, on arrivait en retard et c'était grave cool.
- Speaker #1
Bonjour à tous, moi c'est Tonin. Sur ce podcast, j'ai été scénariste ainsi que comédien. Et pour l'anecdote au sein de l'école, comme Eymann, ça s'est passé au Secret Santa. Lors de cette soirée, on a eu l'occasion, que dis-je, le privilège d'avoir un concert de Morbach et trompette, ainsi qu'un DJ set. Grand moment qui restera à jamais gravé dans ma mémoire.
- Speaker #0
Mec... Quoi ? Y'a plus d'encre... Arrête... Et on fait quoi du coup ? Woh les flics Vas-y bouge !
- Speaker #1
Vas-y !
- Speaker #0
Voilà voilà voilà ! Voilà voilà ! Prends-moi prends-moi ! Non non !
- Speaker #1
Droite droite droite !
- Speaker #0
La porte la porte la porte ! Mouais... Mouais... Vas-y on les assmèche ! Je sais pas qu'on est bon c'est bon ! Hey mais il se passe quoi ici là ? C'est quoi tout ce bruit ? Mais tu oublies ? Eh frère si on dirait quoi ? Quoi ? J'ai pris le parti ! Le parti ? Ouais ! Le parti ! Ouais frère ! C'est quoi ça ? Ouais ma frère ! C'est les boîtes du hip-hop ! En gros, en 73, ta DJ Coolerk... Attends, attends, attends,
- Speaker #1
viens on va se caler sur les escaliers à côté, je t'entends dire. Ouais,
- Speaker #0
vas-y,
- Speaker #2
viens on fait ça.
- Speaker #1
Ouais, du coup, tu disais...
- Speaker #0
Je te disais, ta DJ Coolerk, en 73, le 11 août, il fait une soirée dans le Bronx.
- Speaker #1
Ah ouais, tu commentes loin toi.
- Speaker #0
Bah ouais, le hip-hop ça a 50 ans frère. Et à cette soirée, Coolerk, il a révolutionné la musique.
- Speaker #1
A révolutionné, révolutionné, mais comment ça ?
- Speaker #0
Bah, tu vois ce que c'est un break.
- Speaker #1
Ouais, c'est un changement de rythme pour dynamiser le morceau genre.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. En fait, Coolerck, il se rend compte que les gens, ils dansent plus sur ces moments-là. Donc il se dit quoi ? Il se dit, je vais prendre deux platines vinyles, je vais en faire tourner une sur les quatre mesures de break, l'autre, elle tourne pas, et dès que le premier break, il s'est terminé, je vais lancer le deuxième break. Et en fait, du coup, ça tourne en boucle.
- Speaker #1
Attends, attends, attends, mais les breakdancers, du coup, c'est les mecs qui dansaient juste sur les breaks,
- Speaker #0
là, tout capté. Et parce qu'à l'époque, le hip-hop, c'était cinq disciplines. C'était le breakdance, le graphe, le beatbox... le MCing et le DJing.
- Speaker #1
Mais le beatmaking, ça fait pas partie de tout ça ?
- Speaker #0
Si, si, si, mais en fait, c'est la suite logique du DJing. On est dans les années 70, on est au balbutiement du hip-hop, tu vois. Sugar et le gang, ils ont pas encore sorti Rapper's Delight. Là, l'idée de base, c'est festif. C'est peace, love and having fun.
- Speaker #1
Ouais, tout ça, je capte, mais ça se passe qu'aux Etats-Unis. Nous, on a pas ça en France, Jean. Ah,
- Speaker #0
faut attendre 1982, avec la tournée New York City Rap Tour. T'as des têtes d'affiche comme... Afrika Bambaataa qui viennent rapper en France.
- Speaker #1
Ok, et c'est à partir de ce moment qu'on s'est approprié le mouvement ?
- Speaker #0
Oui, le mouvement on s'est approprié, et tu le sais dorénavant, personne ne va nous oublier. Qu'est-ce que tu me fais là ? Bah attends, t'as pas la ref, c'est Sydney, enfin à l'époque tu vois, dans les années 80, je te jure. Ils prenaient tout ce flot. Les mecs, même dans les émissions de télé, ils parlaient comme ça. Quoi ? Même Miss Météo ? Non, mais frère, abuse aussi. Non, les émissions hip-hop. Parce qu'il y avait des émissions dédiées au hip-hop. Genre HIPHOP. Ça, c'était présenté par Sidney en 84. Et les mecs, sur leur plateau, ils ont ramené Airbn Cock.
- Speaker #1
Ouais, j'avoue, c'est stylé, ça.
- Speaker #0
Et il avait aussi des émissions de radio. En émissions de radio, t'en as un autre qui était important. C'était Dynasty.
- Speaker #1
Dynasty ? Il a fait quoi, lui ?
- Speaker #0
Il a fait quoi ? Le premier album de rap français. Ça s'appelait « Panam City Rap Room » et c'est sorti en 84.
- Speaker #1
Tout se passe en 84 en fait.
- Speaker #0
Bah tu crois pas si bien dire. Tu vois l'émission « HIP HOP » ? Bah elle se termine en 84.
- Speaker #1
Quoi déjà ?
- Speaker #0
Bah ouais. Parce que les médias ils se disent « c'est qu'un effet de mode le hip-hop » . Enfin les médias. Pas tous les médias. Radio Nova eux, ils avaient une autre vision. Et c'est comme ça qu'on a eu droit à « Dynastai » . Cette émission mec, ça a ramené NTM. Assassins. MC Solar.
- Speaker #1
Ah mais oui. Je vois très bien ces moments-là. On est début 90 et c'est aussi là que commençaient à y avoir tous les freestyles diffusés en radio.
- Speaker #2
Et c'est à ce moment-là que leurs premiers albums sortent aussi. Je me souviens, celui de Solar, là,
- Speaker #1
c'est...
- Speaker #0
Ouais, et qui sème le vent récolte le tempo. Ouais, c'est ça. Et au même moment, t'as NTM, ils sortent authentiques. Authentiques. D'ailleurs, ça, c'est un terme, il est important dans le rap.
- Speaker #1
Eh ouais, parce que chaque rappeur doit l'être.
- Speaker #0
T'as capté ? Et c'est pour ça que Joey Star, il descend à Marseille.
- Speaker #1
En fait, il descend juste...
- Speaker #0
pour le soleil et non pas que en fait il vient visiter la planète mars et surtout ceux qui s'apprêtent à y régner en maître ayam mais attend ayam et ntm ils étaient pas en guerre un peu ouais en fait ça part d'une histoire de label ayam ils étaient censés signer chez label noir joe star il leur a conseillé de pas le faire et ils l'ont fait et ils l'ont fait et du coup ça part de là Après, ils ont fait aussi des concerts communs où il y a eu des bagarres. Et ça, tu vois, c'est rivalité PSG-OM.
- Speaker #1
Ouais, mais cette rivalité, elle n'a pas été volontairement entretenue par les deux groupes pour un but un petit peu commercial ?
- Speaker #0
Bah, ce qui est sûr, c'est que ça ne les a pas desservis.
- Speaker #1
Eh ouais, parce que quand tu regardes ce qui s'est passé après, c'est quand même là que les deux groupes commencent à exploser. Parce que La Fièvre et Je Danse le Mia, ça ne sort pas à peu près dans ces eaux-là ?
- Speaker #0
Eh si, Je Danse le Mia, c'est dans Ombre de Lumière qui est sorti en 93. Et La Fièvre et N'Claim, c'est Paris sous les bombes. Ça c'est 95 et il n'y a pas que eux qui commencent à exploser. D'une manière générale, le hip-hop, il connaît son premier âge d'or.
- Speaker #1
Comment ça ?
- Speaker #0
Cette année-là, le hip-hop, il va passer sur le grand écran. Mais du coup, c'était quoi le film ? En fait, en 95, c'était Mathieu Kassovitz qui réalise La haine. C'était pas son premier film. Il avait déjà réalisé Métis en 93, mais La haine. Ça va devenir une référence. Et aujourd'hui encore, parce qu'il est toujours d'actualité.
- Speaker #1
Mais ça raconte quoi ?
- Speaker #0
En fait, ça raconte la journée de trois jeunes de banlieue, Vince, Hubert et Saïd, alors que la veille, des émeutes ont éclaté dans leur cité à cause d'une bavure policière. Mais ça a quoi de hip-hop ? Tout. Il y a tout qui hip-hop dans la haine. Ça passe par l'ambiance générale, les personnages, leur vocabulaire, mais forcément par la musique qu'ils écoutent. Et ça passe par le contexte social. et le message que Cassoviti veut transmettre.
- Speaker #1
Mais l'important, c'est pas la ch... C'est l'adressage.
- Speaker #3
Ch...
- Speaker #0
Ouais, si, elle a pu s'en peu derrière. Qu'il s'est un peu contestataire, mais ça nous sert à ouvrir les yeux sur la qualité des moulières. C'était ça l'objectif. Et en même temps que le film, ils ont sorti un album inspiré du film. Et l'album, il était provocant. Provocant. De suite, il y avait Sacrifices de Poulet du ministère Amers.
- Speaker #3
Bon là, c'est un peu anti-flic quand même.
- Speaker #0
Ouais. Mais déjà à l'époque, c'était pas eux qui avaient sorti Brigitte, femme de flic ? Le son où la femme du policier fait des soirées olé olé avec des jeunes de banlieue ? Signe, c'est eux. Et ce son, il a mené Charles Pasqua, le ministre de l'Intérieur, à faire interdire la vente de leur album.
- Speaker #1
Ah ouais. Mais c'était les premiers à faire des sons contestataires comme ça.
- Speaker #0
Non, ça parle, il s'en sent. Bah c'est toi que leur premier hit en 91, ça s'appelait Esclaves de votre société.
- Speaker #1
Ah ouais, ça annonce la couleur.
- Speaker #0
Ouais. Et petite anecdote, le rappeur d'Assassin, Rock'n Squat, eh ben c'est le frère de Vincent Cassel, un des acteurs principaux de la haine.
- Speaker #1
Ah ouais, c'est une affaire de famille tout ça. Une affaire de famille. Faites moins de bruit s'il vous plaît. Vas-y, il va nous censurer lui aussi. Là je comprends que c'est devenu une référence le film. Par contre, tu chantais quoi ?
- Speaker #0
C'était un morceau d'Arsenic avec Doc Gineco. Parce qu'en fait, Arsenic, c'est deux frères. Lino et Calbo.
- Speaker #1
Attends, je comprends pas. Lino et Calbo, ils n'étaient pas partis de Secteur 1 ?
- Speaker #0
Aussi. Secteur 1, c'était un collectif dans lequel t'avais Arsenic, t'avais Stomy Bugsy et Possey du ministère Amers, t'avais Doc Gineco, t'avais les Nègues Marrons. Mais c'est la Justice League. Et de l'autre côté, t'avais les Avengers. T'as fait un collectif dedans, il y avait Oxmo Puccino. T'avais Pete Bacardi, t'avais les X-Men, t'avais Lunatic !
- Speaker #1
Et ils s'appelaient comment eux ?
- Speaker #0
Time Bomb.
- Speaker #1
Ah, mais ça me dit quelque chose. Time Bomb, Secteur A. C'est pas eux qui faisaient les Freestyle Radio ?
- Speaker #0
C'est ça, c'est comme ça qu'on les a connus, grâce à la radio.
- Speaker #3
Et en fait, si tu... En 96, t'as une loi qui est rentrée en vigueur.
- Speaker #0
Elle demandait à toutes les radios françaises de diffuser minimum 40% de musique francophone dans ses playlists.
- Speaker #1
Ok !
- Speaker #3
Pour respecter ces quotas, t'as une radio, elle va complètement changer ses programmes.
- Speaker #1
Et cette radio-là,
- Speaker #3
c'est de K-Rock.
- Speaker #1
Radio, télé, cinéma, le mouvement il est partout là.
- Speaker #0
Ouais, mais en termes de considération du grand public, on n'y est pas encore. Parce qu'il faudra attendre 1999 pour avoir la première catégorie rap. Au victoire de la musique.
- Speaker #1
Mais qu'est-ce que tu me dis ? Ayam, ils ont gagné en 95 ?
- Speaker #0
Ouais, le groupe de l'année. Mais face à eux, c'était que de la variété française. En 99, c'est la première fois qu'on se retrouve avec une compétition entre Stomy Bugsy, MTM, MC Solar et Arsenic.
- Speaker #1
Et c'est qui qui gagne ?
- Speaker #0
Mano.
- Speaker #1
Quoi, le Mano de la vallée de Dana ?
- Speaker #0
Ouais, c'est pour ça qu'ils sont pas trop appréciés dans le milieu hip-hop. Mais t'inquiète, l'année suivante, en 2000... T'as un groupe qui arrive sur scène en 504 break chargé, mal bleu sur le toit. Ce groupe-là, c'était 113.
- Speaker #1
Et ils ont gagné ? Ouais, ouais, ouais.
- Speaker #0
Ils ont gagné. Mais au-delà du rap, c'était aussi la mixité sociale qui gagnait. Le morceau, il s'appelait Tonton du Bled. Et c'est sur cette victoire de la France cosmopolite qu'on a entamé le nouveau millénaire. Le nouveau millénaire. Le nouveau millénaire. Le nouveau millénaire. Le nouveau millénaire. Le nouveau millénaire. Le nouveau millénaire. Le nouveau millénaire. Le nouveau millénaire. Le nouveau monde. Nouveau style. D'un côté, t'as le rap alternatif qui arrive. Avec des groupes comme La Caution, où ils ont fêté à la mode. T'as aussi Stubed, qui est arrivé à ce moment-là. TTC. Et t'as aussi le club des losers.
- Speaker #1
Le club des losers ? Ça se voit qu'ils se différencient des autres. On est bien loin du rap démonstratif.
- Speaker #0
Et justement, l'autre côté, il va être porté par quelqu'un qui fait de l'ego-trip son fer de lance. Mais pour le moment, il est en prison. Et tout le monde attend son retour.
- Speaker #1
Me dis pas que c'est...
- Speaker #0
N'est pas... Enfin, ce qu'on attend vraiment, c'est Mauvais Oeil, le premier album de Lunatic. Et ils vont arriver avec des sonorités très new-yorkaises, type Mobb Deep, Wu-Tang. Ça respire la rue ça ! Ça va surtout respirer l'indépendance. Parce que Booba, il n'était pas du tout apprécié à Skyrock. Et Skyrock, à ce moment-là, c'est le principal réseau de diffusion du rap.
- Speaker #1
Mais il va faire comment du coup ?
- Speaker #0
Eh ben il va se différencier par ses clips, parce qu'il avait une forte identité visuelle. Mais il n'a rien inventé ! Il s'est encore inspiré des States et surtout de 50 Cent.
- Speaker #1
Ouais, je vois l'idée. C'est le fameux combo chêne en or, testostérone, Rottweiler.
- Speaker #0
La définition de ostentatoire.
- Speaker #1
Je vois bien le genre, le cliché de la masculinité, quoi. Mais en y réfléchissant un peu depuis tout à l'heure, il n'y a aucune femme dans ce milieu ? Si,
- Speaker #0
encore heureux. Déjà, ta casée, elle, attention, elle est très brute. Elle apprend aux autres artistes. à écrire ou à se taire. Après, t'as une autre plume, pleine de rage, très proche du peuple et qui te fait voyager juste avec son accent. Ça, c'est Kenny Arcan. Mais dans les années 2000, t'as surtout une femme qui veut pas grandir mais qui va devenir une icône. C'est James.
- Speaker #1
Ah ouais, une icône, carrément.
- Speaker #0
La force de James, c'était sa palette artistique. Elle savait tout faire. Elle te faisait danser sur la boulette. Elle pouvait te faire... pleurer avec ses storytelling.
- Speaker #1
T'as un titre ?
- Speaker #0
Par amour. Et à côté de ça, elle avait des raps très bruts. Toujours avec des petites piques aux politiques. Et tu savais qu'il fallait pas la chercher. En fait, James, elle prenait des valeurs qui commençaient à se perdre. Dans le rap, dans la société. Des valeurs de vivre ensemble, de tolérance, de respect. Et grâce à ça, elle s'est faite respecter.
- Speaker #1
Mais moi je pensais qu'elle faisait du R&B, James. Comme toutes les chanteuses de cette époque. Comme les Wallen, Sherry Faluna, Vita ou encore Amel Bent.
- Speaker #0
Et elle a fait des morceaux plus R'n'B. Parce que c'était à la mode à l'époque. Et ça faisait vendre beaucoup de CD. Le problème, c'est que les années 2000, ça marque aussi la mort du disque.
- Speaker #1
Ça a dû mettre un gros coup à l'industrie, ça.
- Speaker #0
En fait, t'as certains qui sont sortis inextrémistes. T'as le Soprano, par exemple, avec son groupe C4 de la Rime. Kimizano avec Sniper. T'as la FF, Funky Family. Swin, Ruff. Oui, ils étaient là depuis quelques années, donc ils ont survécu à ça. Mais t'en as d'autres, ils ont eu un peu moins de chance. Genre Nesbill, Salif...
- Speaker #1
Ah, mais c'est pas eux les rois sans couronne. Ceux qui ont eu un succès d'estime, mais pas un succès commercial.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Mais d'ailleurs, comment c'est possible ça ?
- Speaker #0
Tu te rappelles ce qu'il y avait sur les DVD avant les films ?
- Speaker #3
Euh...
- Speaker #1
Ouais, je me rappelle, mais ce qu'on le rapporte.
- Speaker #0
En fait... Tout se joue sur la manière dont les auditeurs ont écouté leurs artistes. C'est l'époque où on avait des baladeurs MP3. Et pour écouter la musique sur ces lecteurs MP3, il fallait télécharger la musique. Sauf que généralement, la musique, on la télécharge illégalement.
- Speaker #1
Mais oui, et qui dit illégal, ne dit pas de rémunération pour l'artiste.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Je comprends mieux pourquoi ils n'ont pas été couronnés.
- Speaker #0
C'est drôle que tu me reparles de couronne. Parce que la prochaine évolution, elle est provoquée par le retour du Duc.
- Speaker #1
Ah, Bouba, qu'est-ce qu'il a fait encore ?
- Speaker #0
Et bien il allait encore s'inspirer aux States. Et notamment de T-Pain. En fait T-Pain, il est reconnu pour avoir popularisé un outil. Ça te parle l'autotune ?
- Speaker #1
Evidemment que ça me parle. Pas plus tard qu'hier, j'ai écouté un podcast qui s'appelle les monstres du loudness. Et dans l'épisode 3 ils en parlent. J'ai le droit à tout. L'histoire, l'évolution et l'impact sur la musique.
- Speaker #0
Ah, ça m'intéresse tout ça, j'irai checker. Mais du coup je te disais, Booba il ramène l'autotune en 2008 sur son album 09.
- Speaker #1
En France, il n'y a personne qui utilisait l'autotune avant.
- Speaker #0
Si, si, si. C'était juste pour des petites corrections. Tipane, Gilwayne, Booba, ils l'utilisent comme un instrument. Et ça, ça ne va pas plaire à tout le monde.
- Speaker #1
Ça se comprend, c'est particulier quand même.
- Speaker #0
Et là, le monde se divise en deux catégories. Ceux qui aiment l'autotune.
- Speaker #1
Et ceux qui creusent.
- Speaker #0
Ben non, enfin, ceux qui n'aiment pas l'autotune.
- Speaker #1
Ah.
- Speaker #0
Ouais, donc je te disais, l'arrivée de l'autotune c'était clivant. D'un côté t'avais des rappeurs qui voulaient revenir aux bases du hip-hop.
- Speaker #1
Dans le délire MC Solar ?
- Speaker #0
Hum, plus les délires Secteur A, Time Bomb en 1995. Bah tu vois le groupe 1995, en fait c'est tiré de là, de l'âge d'or. Donc ils sont arrivés avec les prods Bumba, avec un rap hyper technique.
- Speaker #1
Et t'as d'autres noms dans ce genre là ?
- Speaker #0
Ouais, en solo tu vas avoir Youssoupha, Orelsan, Demi Portion. Et tu vas avoir surtout le retour de Collectif. Je pense surtout à la section d'assaut et à l'entourage.
- Speaker #1
Et de l'autre côté du coup ?
- Speaker #0
Ben, le J.
- Speaker #1
Ben, c'est le S.
- Speaker #0
Jul, en termes de productivité, ça va être compliqué de l'égaler.
- Speaker #1
Et surtout, il a mis longtemps à avoir la reconnaissance qu'il mérite. Moi je me souviens quand j'étais mino, c'était limite tendance de critiquer Jul. Justement pour ce côté très autotuné de toutes ses musiques.
- Speaker #0
Ouais, je me rappelle aussi. Mais aujourd'hui ça va, on met du respect sur son nom. Surtout que grâce à son utilisation de l'autotune, on voit arriver des... SCH, des PNL, des QCRA, qui sortiront chacun des projets en 2015.
- Speaker #1
Ah, 2015, je me souviens très bien. C'était du pain béni, cette année-là.
- Speaker #0
Tu te rends compte ce qu'on a mangé comme album ? SCH, June, Gradur,
- Speaker #1
Caris, Niska, Lacrym, deux albums.
- Speaker #0
Ouais. QCRA,
- Speaker #1
Vald, This Is, PNL,
- Speaker #0
deux albums.
- Speaker #1
Bon. Deux albums.
- Speaker #0
Les Cachaflotteurs, album et film.
- Speaker #1
Nek, feu. Feu, Ali. Yousoupha !
- Speaker #0
Y'a même Lino.
- Speaker #1
Ah là là, mais quelle année ! Et ce que je trouve fou, c'est que malgré la diversité de propositions dans ce milieu, tout le monde arrive à trouver son public.
- Speaker #0
Ouais, mais ça c'est possible grâce au streaming et aux réseaux sociaux.
- Speaker #1
C'est vrai que ça a quand même grandement facilité la diffusion musicale. Les artistes n'ont plus besoin d'être validés par les télés ou les radios pour être écoutés. Et ça quand même, je trouve ça bien.
- Speaker #0
Surtout que ça a favorisé l'émergence de nouveaux styles. Sachant qu'aujourd'hui, le matériel, il est beaucoup plus accessible qu'avant.
- Speaker #1
Et comme Aurel San disait, tu veux faire un film, t'as juste besoin d'un truc qui filme.
- Speaker #0
Et c'est pareil pour la musique. Aujourd'hui, tout le monde peut rapper.
- Speaker #1
Il reste à savoir se démarquer. Et du coup, aux States, ça s'est passé comment ?
- Speaker #0
Depuis le début ?
- Speaker #1
Bah, après Killers, que Sugar and Gang a pris un bon bâton sur la suite. Bon, en gros, en 82, à l'époque, Wildstyle... Des flics !
- Speaker #0
Caval, caval ! Quand je rappe, ceux qui aiment cet art, oui je rappe, mais jamais au hasard. Le rap, c'est le bon intellect, j'appelle dans le fondance et tout ça dans la bonne direction. Tu peux t'en faire du rap sans prendre position.
- Speaker #3
Le démalade, c'est pas celui qui l'offre,
- Speaker #1
c'est celui qui se traite. Merci, c'est une passion qui fait que ça me glisse. Soir, je vais pas me finir avec ça. Le rap, je suis malade avec ça. Les mots sont éternels comme des restes in peace, mais c'est pas un jeu. Faut qu'on reste en plat.
- Speaker #0
Bonjour Corbo.
- Speaker #2
Bonjour, bonjour.
- Speaker #0
Comment est-ce que ça va ?
- Speaker #2
Très bien.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots pour les auditeurs ?
- Speaker #2
Avec plaisir. Alors moi je m'appelle Corbo, je suis à Montpellier et je suis rappeur. Voilà.
- Speaker #0
Cette année tu as sorti ton premier EP, Corax.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #0
Comment est-ce que tu as enregistré ce projet ?
- Speaker #2
Alors j'ai enregistré ce projet dans un studio qui s'appelle Arena Studio. avec un ingénieur son qui s'appelle Lucas Segura alias Kalu. Et voilà, on a enregistré ce projet ensemble avec une petite DA particulière de corbeau, de noirceur, mais de parler des sentiments, des émotions, de tout ça. Et donc c'est lui qui a masterisé, mixé tout mon projet. Et voilà, je suis content.
- Speaker #0
C'est topé, t'es allé le défendre ?
- Speaker #2
Exactement, je suis allé défendre sur la scène du Salon des indépendants.
- Speaker #0
Tu as fait une release party ?
- Speaker #2
Exactement, j'ai fait une release party avec plusieurs artistes. Il y avait Nanor, il y avait Sama, il y avait Bonobo aussi, et la DJ Marina Rabita. On a fait un événement avec une scénographie, avec un décor. On a vraiment essayé d'amener un univers et que les gens ne viennent pas juste pour écouter des artistes chanter. qui soit imprégné aussi de mon univers.
- Speaker #0
Ça touche plus loin que la musique en tant que telle.
- Speaker #2
Oui, j'aime pas être le centre du monde. Du coup, j'aime bien aussi parler des autres artistes. Et voilà aussi, j'aime bien aussi poser un décor et que ça soit une qualité sonore, mais aussi une qualité visuelle.
- Speaker #0
Hormis cette scène, est-ce que t'as fait d'autres scènes ? Est-ce que t'as fait des tremplins ?
- Speaker #2
Oui, le but c'était de sortir ce premier EP pour me présenter un peu à la... à la culture musicale, donc à Montpellier. C'était mon premier EP, donc il est... On va dire qu'il y a des choses qui sont bancales maintenant, grâce à mon niveau que je vois, je serre les dents quand je l'entends. Mais oui, je rentrais donc du coup dans le game, comme on dit. Et ensuite, ça m'a permis de m'inscrire à des tremplins et d'être sélectionné. Là, par exemple, j'ai fait le tremplin du hip-hop talent avec Leclerc. Culture, oui, c'est ça.
- Speaker #0
Comment ça s'est fait ? C'était passé par quoi ? C'est les réseaux sociaux ?
- Speaker #2
Alors, bonne question. Je suis passé par quoi ? Je ne sais plus. Je crois que j'ai envoyé des candidatures à plein d'événements, plein de tremplins. Et un jour, j'ai regardé ma boîte email et j'ai eu cette réponse positive. J'ai été sélectionné pour passer le tremplin à Lyon. Ok,
- Speaker #0
mais est-ce que tu te rappelles un peu de ce que tu avais dû envoyer, par exemple, pour le tremplin ?
- Speaker #2
Alors, j'ai dû envoyer un press kit, pour me présenter, parler de mon univers, parler de mon EP, ce que j'ai sorti, les concerts que j'ai faits. Ensuite, j'ai dû envoyer des sons à moi.
- Speaker #0
J'imagine. Et voilà. C'est plutôt sympa pour un musicien d'envoyer des sons.
- Speaker #2
Ça tombe dans le thème. Et ensuite, j'ai dû envoyer un clip que j'ai... que j'ai filmé moi-même, que j'ai monté moi-même, pas en moins de 24 heures. C'était un peu l'autoprod avec ma copine qui m'aidait à appuyer sur le bouton d'enregistrement parce que je ne pouvais pas tout faire à la fois. Donc ouais, c'était un sacré souvenir ça aussi.
- Speaker #0
Et du coup, ce tremplin, tu es allé à Lyon ?
- Speaker #2
Ce tremplin, j'ai gagné à Lyon.
- Speaker #0
Tu as gagné à Lyon déjà ?
- Speaker #2
Et ensuite, il y avait plusieurs villes. Il y avait six villes en tout. Et chaque ville avait son finaliste. Et tous les finalistes, on se retrouvait à Paris. Pour défendre notre place à la gaieté lyrique. Donc, grosse scène quand même. Gros plateau. Gros matos. Des écrans de partout.
- Speaker #0
C'était national. Oui,
- Speaker #2
c'était national, exactement.
- Speaker #0
Il y avait quand même des moyens derrière.
- Speaker #2
Oui, des gros... Et puis, il y avait aussi... la finalité de cette chose c'était d'avoir 5000 euros de gagner 5000 euros plus dix mille euros d'accompagnement donc 15000 euros en tout quoi et je suis arrivé jusqu'en finale donc je m'en fous dalle genre c'est franchement félicitations et merci beaucoup et ben j'ai pas gagné cette finale mais j'ai gagné plein d'autres choses j'ai gagné un contact avec ringage et gagner un contact avec fred roque même moi quand j'ai commencé mon premier EP je me suis jamais dit que j'allais arriver c'est vrai on t'a pas posé la question mais quand est-ce que t'as commencé à rapper ? j'ai commencé à rapper il y a 4 ans il y avait aussi du coup j'imagine des plateaux télé des chaînes il y avait des chaînes qui étaient là pour mémoriser tout ce tremplin donc il y avait Skyrock avec leur équipe et leur vidéaste et tout, il y avait aussi M6
- Speaker #0
Est-ce que tu as senti un avant-après justement ce tremplin ?
- Speaker #2
Avec les autres les auditeurs les personnes qui écoutent la musique et qui regardent la télé, j'ai ressenti comme un encouragement et comme un respect envers moi et c'était vachement cool d'avoir des retours prendre un café, voir un gars qui vient me voir, mais t'es pas corbeau Oui, et c'est...
- Speaker #0
On s'adresse pour connaître dans la rue ?
- Speaker #2
Oui, certain et ce qui est un peu dur parce que du coup moi je suis dans ma vie privée je suis en train de discuter avec ma pote, en train de délirer et du coup je dois me remettre dans ce cœur beau et dire ah oui merci c'est cool tu vois donc ces deux mondes là je les avais jamais confrontés et actuellement je le fais et c'est intéressant et après envers moi j'ai validé aussi une puissance en moi où à certains moments je me posais des questions sur moi, est-ce que j'ai choisi la bonne voix, est-ce que je choisis la bonne DA, est-ce que je choisis les bons textes, est-ce que je choisis les bonnes prods et tout ça. Ça m'a un peu validé tous ces questionnements. Et donc maintenant je suis plus serein avec moi-même et je fonce plus décliné. Tu poses tes questions ? Voilà, exactement.
- Speaker #0
Une question qu'on se posait, quelles ont été tes influences ?
- Speaker #2
Mes influences dans le rap ?
- Speaker #0
Que ce soit rap ou ailleurs, parce qu'il n'y a pas que le rap dans la vie.
- Speaker #2
Je vais commencer rap. Je pense que mes influences, c'est MC Solar ou même Gaël Fay. Celui que j'ai découvert pour la première fois, c'était Kerry James.
- Speaker #0
Et en fait,
- Speaker #2
j'étais tout seul devant la scène, je devais rejoindre des amis à Rouen, à l'armada. Et en fait, je ne me suis vraiment concentré que sur ces textes. Et j'avais l'impression que j'étais seul au milieu du monde, des gens, du crowd.
- Speaker #0
comme on dit. En étant sur scène. Oui,
- Speaker #2
lui était sur scène, moi j'étais dans le public. T'as eu l'occasion de le voir sur scène. Voilà, c'est ça. Et donc ça m'avait beaucoup impacté, ses textes, sa carrure, son rap et tout. Et ensuite, je pense que ma mère m'a fait beaucoup écouter du rock, du reggae, de la musique du monde. Et quand j'étais au lycée, j'étais aussi dans un groupe de rock. Donc j'aime beaucoup... Ce qui est garage, j'aime beaucoup ce qui est batterie, guitare. Mon but aussi, c'est d'avoir mon propre groupe. Donc, retourner à ça, à l'analogie, et pas que à l'instrumental, les beats, les type beats, les... Bref, voilà, tout ce qui est prod. Moi, j'aime bien la scène, donc ça va avec le rock, la guitare, la batterie, le violon.
- Speaker #0
Le plus instrumental, quoi.
- Speaker #2
Le plus instrumental possible, c'est le... C'est mon but. Et Michael Jackson aussi. Beaucoup quand j'étais petit. Mais beaucoup trop. Que des souvenirs, surtout des puzzles, des fragments de mon enfance.
- Speaker #0
On est quand même sur un des plus gros artistes au monde qui avait plusieurs casquettes, qui aussi chantait et dansait.
- Speaker #2
ouais ouais c'est ça.
- Speaker #0
Toi t'as dansé ?
- Speaker #2
Moi j'aime la danse, j'ai dansé un peu, je reprends un peu et c'est vrai que c'est important. Je pense voilà, les rappeurs ne sont pas que rappeurs. Je pense qu'un artiste n'est pas que dans un domaine, il doit nourrir... Toucher à tout. Ouais, toucher à tout ou se nourrir pour développer son art en tout cas.
- Speaker #0
Surtout quand on pense rap, hip-hop. au départ, beaucoup étaient danseurs. Tu prends NTM, tu prends IAM, à la base IAM c'était B-Boy Stance, t'as des interviews exceptionnelles de la Kelton. Ah ouais ? J'irai voir. Vraiment NTM c'est pareil.
- Speaker #2
Ah non, tu attends le hip-hop.
- Speaker #0
Joey Star et Cool Chance se sont rencontrés aux Trocadéro en train de danser.
- Speaker #2
De se morfer.
- Speaker #0
Je sais plus exactement les styles. Ouais ouais ouais. Si tu regardes dans... La série Le Monde de Demain, tu vois une scène comme ça où ils sont en train de danser et ils se rencontrent.
- Speaker #2
Ça ne m'étonne pas du tout que de toute façon si tu es dans le banc du hip-hop, ton corps réagit à la musique, au rap et voilà c'est un cercle quoi. Ouais c'est un tout.
- Speaker #0
Just love and having fun.
- Speaker #2
Yes, of course.
- Speaker #0
Merci Kerbo.
- Speaker #2
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Ce petit moment.
- Speaker #2
Avec plaisir.