- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans le monstre du loudness. Aujourd'hui nous traiterons d'un sujet qui je l'espère va changer votre manière d'écouter et de percevoir le son. Installez-vous confortablement et laissez vous emporter dans ce nouvel épisode intitulé psychoacoustique : le son la perception et nous.
- Speaker #1
On a souvent tendance à imaginer que notre cerveau enregistre les sons comme un microphone, de manière fidèle, linéaire et objective. En réalité, notre système auditif n'est pas un appareil de mesure, c'est un système d'interprétation.
- Speaker #2
L'oreille, c'est le hardware, la mandrane qui capte les vibrations. Le cerveau, c'est le software. Il chitre, analyse, compresse, reconstruit et donne du sens au signal qu'on lui envoie.
- Speaker #0
Et cette mécanique pleine d'illusions et de raccourcis neurologiques s'appelle coacoustique. Comprendre ces illusions naturelles c'est comprendre comment nous percevons vraiment un mix, un espace sonore ou une performance live. Et pour un technicien du son, c'est un outil absolument essentiel.
- Speaker #1
Aujourd'hui, Baptiste, qui est ingénieur électronicien, nous accordera de son temps afin de nous éclairer de manière scientifique et plus précise sur ces phénomènes qui nous affectent tous à notre insu. Juste avant de passer à l'interview, à tour de rôle, nous allons vous présenter un moment feel-good qu'on a vécu à l'école.
- Speaker #3
C'est le moment feel-good !
- Speaker #1
Bonjour, moi c'est Mathilda, je suis la réale du projet et mon moment shit good à l'école c'est quand on a fait le dernier cours de la 101 et qu'en art du son on passait un groupe que j'aime particulièrement où mon cousin joue en tant que batteur qui s'appelle Delgres. Donc c'était un super moment voilà, c'était marrant de l'entendre à la piège juste à côté pendant qu'on faisait notre dernière leçon de protote.
- Speaker #4
Du coup moi c'est Nathan, je suis étudiant à l'école acoustique en première année et je suis mixeur dans ce projet. Moi, mon feel-good moment, c'est un soir après les cours. Il y avait des collègues de classe qui ont proposé de se rejoindre pour faire de la musique. Et du coup, on a passé la soirée à s'échanger des chips, de se faire écouter des musiques et on a pu travailler sur pas mal de projets. Et du coup, c'est vraiment cool de tisser des liens avec d'autres artistes.
- Speaker #0
Bonjour, moi c'est Léo, je suis le chef de projet de ce podcast et je vais maintenant vous parler de mon Feel Good Moment. Donc moi c'est avec Paul Viguier, notre intervenant d'enregistrement de batterie, qui à la fin des cours m'a fait écouter certaines chansons connues, notamment The Phil Collins et NSX, qui ont été mixées par un certain Bob Clermontagne. Grand ingé son, il m'a donc fait pointer du doigt l'originalité et la singularité de ces mixes auxquels je n'avais jamais forcément prêté attention en écoutant ces artistes.
- Speaker #4
Après ce moment détente qui, je l'espère, vous aura esquissé à un sourire, je vous laisse avec l'interview de Mathilda, avec son intervenant Baptiste. Et je vous souhaite une bonne écoute.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans le podcast Le Monstre du Launès. Merci de m'accueillir dans ton studio, labo, atelier. Pourrais-tu te présenter à nos auditeurs en nous parlant de ton parcours professionnel ?
- Speaker #2
Avec plaisir, c'est un plaisir de t'accueillir ici. Pour mon parcours professionnel, j'ai fait des études d'ingénieur généraliste. J'ai travaillé dans l'ingénierie solaire. J'ai eu un parcours scolaire un peu chaotique, mais maintenant je suis ingénieur électronicien. J'ai fait beaucoup de réparations de matériel, j'ai suivi des studios. et de la création aussi de machines analogiques, des filtres passifs. Et puis sinon après sur l'aspect musique, je fais du reggae, je suis passionné de reggae et je suis dans un groupe Label Sound System. Et puis mixage, passionné de mixage, passionné d'histoire de la musique.
- Speaker #1
Merci pour ta présentation. Par rapport à ton métier, quel lien entretiens-tu avec la psychoacoustique et comment définirais-tu la psychoacoustique à quelqu'un qui n'a jamais entendu ce terme ?
- Speaker #2
Pour moi, le lien que je définis avec la psycho-acoustique, il est assez intéressant parce que pour moi, la psycho-acoustique, c'est tout ce qui n'est pas vraiment mesurable facilement ou en tout cas qui est très subtil. Et ce sont des petites choses un peu cachées dans un mix, cachées dans une machine qui vont nous donner certaines émotions, qui vont nous permettre d'entendre un son d'une certaine manière. Je suis vraiment à la croisée des deux mondes entre le technique, vraiment purement technique électronique, le mixage, l'enregistrement. Et par exemple, ce qui me plaît dans ce lien-là de la psychoacoustique, ça va être des effets de certaines machines, par le choix des composants, par la technique d'enregistrement, qui font que quand toi t'es dans ton canapé et que t'écoutes le son, provoquer certaines émotions, tu ne saurais pas dire pourquoi. Et en fait, ça a une explication la plupart du temps très rationnelle qui dépend des technologies utilisées à l'époque, des techniques d'enregistrement, etc. Après, je sais que la psychoacoustique, ça a une définition plus large, mais moi, j'aime bien employer ce terme quand c'est des choses qui sont très difficilement palpables, qui sont des sortes d'émotions qu'on a... On peut s'en rendre compte que quand on le désactive. On l'enlève, on s'en rend compte. Mais quand c'est activé, on ne saurait pas dire pourquoi. Mais ça nous fait penser à telle ou telle chose ou situer le son de tel à tel endroit.
- Speaker #1
Ok, tout à fait. Je pense que ta définition est assez compréhensible pour la plupart de nos auditeurs, en tout cas qui ne sont pas forcément techniciens. Donc merci et ça fait écho ensuite à la seconde question où je voulais te demander pourquoi tu dirais que la psycho-acoustique et de ressentir les sons.
- Speaker #2
Après, la psychoacoustique, c'est pour moi dans son sens plus large, pas dans le sens dans lequel moi j'aime bien placer ce mot-là. C'est plutôt en lien avec notre instinct de survie, savoir si un danger vient de l'arrière, de l'avant, savoir si on a une sensation de hauteur, de proximité, est-ce qu'on est sous l'eau, est-ce qu'au-dessus de nous il y a un toit ou pas ? Voilà, donc c'est des paires. perceptions sensorielles qui nous permettent de nous situer dans l'espace et d'évoluer en tant qu'animal, tout simplement.
- Speaker #1
Donc plutôt l'aspect primaire de la chose ?
- Speaker #2
Oui, l'aspect primaire, l'aspect biologique en tout cas de la chose pour moi c'est avant tout des instincts naturels qu'on a et qui dans le mix après on peut trixer l'auditeur pour justement aller par exemple tout simplement quand t'es sous l'eau tu fais un filtre passe-bas et... Du coup, tu n'entends plus les aigus et c'est un peu ce qui se passe nous quand on va sous l'eau dans une piscine. Je ne sais pas si tu as déjà essayé de crier sous l'eau, tu n'entends plus les aigus. Et voilà, donc pour moi, c'est d'abord un phénomène physique. Et quand on le reproduit en effet avec un filtre passe-bas, on a tout de suite, si on ferme les yeux, on se dit ah ouais, c'est sous l'eau. Et d'ailleurs, les gens en studio, ils te disent ah ouais, là, c'est sous l'eau et tout.
- Speaker #1
Ensuite, pour toi, est-ce que ce que l'on entend correspond bien à la réalité physique du son
- Speaker #2
pas mal des choses ? Pour moi, la réalité, déjà sur l'appareil auditif avant le cerveau, on n'a pas tous les mêmes oreilles d'un point de vue physiologique. Moi par exemple, j'ai les conduits très fins, assez tordus, ce qui fait que c'est une super galère quand l'été je me baigne et tout, j'ai des bouchons. Petite parenthèse, mais du coup je suis convaincu que moi par exemple j'entends un peu moins les aigus que les autres et donc moi dans mes mix Quand je joue en live ou dans mes mix, j'aime bien que ce soit bien crisp. Ça me plaît. Peut-être que je suis un petit peu plus protégé parce que mon conduit auditif est un peu plus fin, biscornu, donc je suis moins sensible. Donc déjà, sur l'appareil auditif, je pense que selon notre physiologie, on ne va pas entendre... Avoir la même sensibilité à toutes les fréquences, etc. Et après, du point de vue de l'interprétation du cerveau, c'est une vaste question. C'est un peu comme dire, est-ce que moi le rouge que je vois, toi tu le vois rouge ? Je pense qu'il y a une forme de consensus, il y a quand même quelque chose de commun là-dedans. Mais je pense que vu que c'est sensoriel, en fonction de notre vie, de notre sensibilité, on peut en effet être peut-être plus impacté par tel ou tel son, où ça peut déclencher dans nos cerveaux... des réactions totalement différentes d'un individu à l'autre, en fonction de notre parcours de vie, de nos traumatismes, de nos joies, etc.
- Speaker #1
Donc ça reste quand même très très individuel. La question suivante fait encore une fois écho à la réponse que tu viens de donner. Et du coup, je voulais te demander, est-ce que tu pourrais expliquer pourquoi deux personnes peuvent percevoir un même son, mais de manière complètement différente ?
- Speaker #2
Oui, ça dépend vraiment de quel son on parle. Mais j'ai un exemple, si t'es bassiste et que t'es en train de mixer avec un mec qui fait de la flûte, du coup, toi, la ligne de basse, tu vas l'écouter. Tu vas avoir un phénomène où tu es très concentré sur la ligne de basse et la flûte va peu te passer au-dessus parce que la flûte ce n'est pas non plus dans ton cœur, ta sensibilité. Donc tu vas moins l'écouter. Je pense que si on arrive à se concentrer tous les deux sur le même son, on aura à peu près une image pareille de ce qu'on entend. Mais le truc c'est que notre sensibilité, notre attention aussi, parce qu'il y a des percussions souvent dans les mix actuels, ça dépend des styles de musique. Ça dépend où on met notre attention, et ça, ça dépend de chacun. Il y a des gens qui vont être très sensibles à des bruits en arrière-plan, d'autres qui vont être plutôt sensibles aux percussifs, d'autres aux mélodiques. Chez les personnes qui ne font pas de musique, j'ai envie de dire un peu plus lambda sans être péjoratif, mais on a ces gens qui sont d'abord impactés par les paroles et qui n'entendent pas forcément l'instru. Chez les musiciens, en général... Ils écoutent les paroles, mais ils écoutent beaucoup les instruments. C'est pour ça que souvent les musiciens ou les mélomanes, on dit pour ceux qui ne sont pas musiciens mais qui ont cette oreille-là, vont écouter beaucoup la partition derrière ce qui se joue. Donc ça dépend où on a placé notre attention.
- Speaker #1
Et des habitudes qu'on a aussi à l'écoute de la musique.
- Speaker #2
Exactement. Et c'est pour moi, pour les gens de manière plus générale, c'est plutôt la voix qui rentre en première top liste. Les gens se concentrent plus facilement sur la voix.
- Speaker #1
Ok, très bien. Dans l'écoute, pour toi, quelle est la part de l'oreille et quelle est la part du cerveau dans l'interprétation ?
- Speaker #2
Je pense que, avec ce qu'on a dit tout à l'heure, on a l'oreille qui d'une part est l'appareil. Donc on a le hardware, il est plus ou moins cassé, il faut le recaper, il y a du souffle, voilà. Les vieux, ils n'entendent plus à 12 kilos, 16 kilos, ils n'entendent plus, enfin voilà. Les animaux entendent beaucoup plus les hautes fréquences, voilà. Bon déjà quand t'as plus de 30 ans, 40 ans... et que tu as été exposé un petit peu à des niveaux élevés, en général les aiguilles sont parties. Le hardware il est dans un état, c'est comme une machine analogique, il est dans son état, donc il y en a qui ont un état nickel, les jeunes c'est nickel. Et puis après l'interprétation, ça dépend beaucoup pour moi, alors là je parlerais plus de musique plutôt que de perception, mais la musique c'est pour moi avant tout des émotions qui sont triguées, j'ai envie de dire qui sont déclenchées par cette musique. et qui font écho tout de suite à notre parcours individuel. Par exemple, moi j'ai une époque hip-hop au collège où j'écoutais beaucoup de hip-hop, rap US, etc. Du coup, l'esthétique du hip-hop, du lo-fi, donc des samplers, les Akai S950, cette esthétique-là du lo-fi, des convertisseurs de l'époque, années 80-90, tout de suite, dès que j'entends un son, peu importe le contexte, qui va reprendre cette esthétique-là. Je suis tout de suite situé dans cet état d'esprit-là et ça va tout de suite me donner cette émotion-là. Je vais dire « Ah ouais, là je suis à la maison, j'écoute un hip-hop, lo-fi, machin » . Et ça c'est pareil dans tous les styles de musique. Dans tous les styles de musique, il y a des codes selon comment on enregistre le rock à l'ancienne, puis un grunge avec la grosse distorsion, les amplis à lampe à fond, le record. Et donc tout de suite, on peut innover, croiser des genres, etc. Mais justement, aller taper chez les gens ces espèces de petites madeleines de Proust, d'esthétique, du lo-fi, du rock, machin, c'est très efficace. Ça marche super bien quand tu choisis le bon sample de kick, le bon sample de batterie, tout ça. Tout de suite, les gens sont là, ils commencent à bouger, ils ne savent pas pourquoi. Mais en fait, voilà, ils ont bougé sur des milliards de sons avec ça et donc ils entendent ce rimshot et ils sont là, ils sont à la maison, ça leur fait du bien. qui sont un peu nostalgiques.
- Speaker #1
C'est une habitude d'écoute et tu sais où tu te situes. Pour moi,
- Speaker #2
c'est ça. Ça vante tout le parcours.
- Speaker #1
Ensuite, j'ai une question un peu sympa. Est-ce que tu pourrais nous donner un exemple d'illusion ou d'effet acoustique connu et nous expliquer ce qu'elle nous apprend ?
- Speaker #2
On l'a dit tout à l'heure, il y avait l'exemple de Sulo. Sulo, on perd les aigus tout de suite. Là, on ferme les yeux, t'es dans un film, tu sais que t'es Sulo. Après, il y a le As Effect dont tu as parlé en introduction. Si je devais faire un As Effect comme ça tout de suite à Capella, sachant que l'enregistrement est mono, je pense que ce serait un peu compliqué. Et puis vous l'avez largement expliqué. Je peux penser aussi à l'effet Doppler qui du coup on peut vraiment l'imager facilement à la sirène du camion de pompier ou du... ou de la voiture de police qui nous arrive sur nous, nous on est statique, on roule à une certaine vitesse et puis il nous double et on entend d'abord la fréquence augmenter puisque le camion nous arrive, donc la longueur d'onde est de plus en plus raccourcie et puis une fois qu'il est à notre hauteur, on entend le vrai son et dès qu'il nous a dépassé, ça commence à redescendre en tonalité puisque les longueurs d'ondes augmentent. Voilà donc l'effet Doppler, voilà après est-ce que je veux faire un effet Doppler au micro en live ?
- Speaker #1
Je ne suis pas sûr du résultat.
- Speaker #2
Je ne suis pas sûr de la situation comme ça, à caper là, mais je pense que tout le monde aura l'image.
- Speaker #1
Est-ce que pour toi, l'état émotionnel, la fatigue, le stress influencent notre façon de percevoir le son ? Et si oui, pourquoi ?
- Speaker #2
Oui, complètement. Du coup, en fonction de ce que j'ai dit, tout à fait, 100%. Parce que ce que je disais... tout à l'heure, c'est que vu que c'est des petites madeleines de Proust qui vont taper à des moments de notre existence, moi vraiment la musique c'est ce truc qui a cette capacité de nous ramener à des moments précis de notre existence où on a découvert tel ou tel style et donc en effet si on est nostalgique, si on est triste d'une perte, d'une disparition, triste un chagrin amoureux, nostalgique peu importe, dès qu'on va écouter la bande son de ce moment là, tout de suite ça va nous mettre, et même si c'était un moment super joyeux à l'époque, dans le cas du par exemple d'un décès d'un proche, on réécoute ça nous fait penser à ce proche et donc ouais clairement le son à la base il était super cool, c'est des moments super joyeux mais ça fait référence à un décès etc. Donc c'est pas facile après des fois on arrive après ça de garder justement cette énergie du morceau mais oui pour moi la musique elle est profondément attachée au moment où on l'a expérimenté et c'est ancré en nous donc on peut rien faire contre ça quoi.
- Speaker #1
on part un peu plus dans le technique. Selon toi, quelle serait la relation entre les courbes isosoniques et le live ? Déjà,
- Speaker #2
le fletcher Edmondson, on l'expérimente vraiment dans la vraie vie parce que si tu mixes à ton studio à haut volume, tu vas être là, tu vas dire « Ouais super, le mix est très bien » et puis après tu descends de 12-20 dB et là t'entends plus rien. Donc ça illustre vraiment cet effet où dans le mid-range, ça se creuse en fait dans l'écoute à bas volume. On entend bien les basses, on entend bien les aigus et puis dès qu'on augmente ce creux-là... il vient s'annuler. Donc c'est super important de mixer à bas volume et puis de faire des tests de temps en temps à haut volume. Le problème au volume, c'est que c'est comme le sel avec les pâtes, c'est que quand tu manges trop salé tous les jours, après tu sens plus le sel. Et c'est pareil pour le mix, c'est la même chose. Voilà, moi de plus en plus j'ai pris cet réflexe de fait quelques années de mixer à très bas volume. Bon, suffisamment pour que ton matériel fonctionne parce que bon, les enceintes quand même, il faut qu'elles aient un certain volume. pour qu'elles fonctionnent, parce que sinon elles ne rendent pas un rendu. Même des enceintes de monitoring, elles ne sont pas faites pour être à trop bas volume non plus, mais à volume relativement réduit, parce que justement on a une image plus claire, plus fidèle de ce qui se passe. Et après, des fois on a besoin de sentir, on a besoin d'avoir la base, d'avoir la sensation, et c'est bien de passer sur des écoutes un peu plus physiques, et c'est bien, mais pas longtemps quoi. Pas longtemps, fin de journée et tout, parce qu'après on est complètement biaisé pour la suite.
- Speaker #1
Dans quel domaine ?
- Speaker #2
utilise-t-on la psychoacoustique ? Dans le mixage, évidemment. On en a parlé pas mal. On l'utilise aussi beaucoup dans le cinéma. C'est du mixage aussi pour la spatialisation des sons. Il y a l'exemple aussi des ondes binaurales, même s'il n'y a rien qui est vraiment joué à ce jour, en tout cas reconnu, mais qui, en ayant deux ondes légèrement décalées dans nos oreilles avec un casque, notre oreille droite et notre oreille gauche, on aurait pour conséquence une synchronisation de l'hémisphère gauche et l'hémisphère droit du cerveau, et justement une synchronisation qui serait sur ce delta de fréquence, donc cette fréquence qui est l'écart de ces deux fréquences-là, et qui selon cet écart, cette fréquence delta, va pouvoir nous mettre dans certains modes, donc une concentration profonde des rêves lucides, de la décontraction. Donc moi c'est marrant parce que j'ai fait mon sujet de TP au bac sur ça. Donc on avait fait un test et on avait mis un ami,
- Speaker #1
un cobaye consentant. C'était un ami bien sûr,
- Speaker #2
mais c'est un cobaye consentant. Et donc on lui mettait des ondes binaurales, on les générait, et on les mettait à plusieurs fréquences et puis on lui prenait sa pression artérielle et son BPM. Je ne sais pas si on voulait avoir des bonnes notes ou pas, mais on a quand même observé que ça... provoqué chez lui, en comparaison avec des tests où il n'y avait pas de musique, où il y avait justement un casque anti-bruit, une certaine relaxation et selon les questionnaires qu'on lui faisait et les tests aussi de concentration qu'on lui faisait passer par le biais de tests qui existent déjà sur le net, on avait un peu senti ça. Bon, c'était pas exceptionnel je pense qu'on voulait aussi montrer un peu, on voulait que notre TP marche aussi un peu Moi, personnellement, je l'ai utilisé un peu aussi. Bon, ça marche. Ça marche, quoi. Après, est-ce que n'importe quelle fréquence, même si tu te mets du 60 Hz toute la journée dans le casque, même s'il n'y a pas de delta de fréquence, je pense que tu vas être un peu monomaniaque à la fin. Voilà. Donc, non, je n'ai pas d'autres exemples.
- Speaker #1
Ok, c'est déjà très bien. Merci pour tes explications claires et détaillées. Encore une fois, tu as préchote ma question d'après, qui est, est-ce qu'on peut améliorer la perception d'un son sans augmenter son volume ? Simplement en jouant sur la psychotique.
- Speaker #2
Le S-Effect, c'est vraiment fait pour ça. Sans augmenter son volume, on parlait aussi de l'équalisation à des très hautes fréquences, genre 40 kilos, en mode airbound et tout. C'est à peine discernable, mais ça ajoute... du scintillement, c'est super chouette.
- Speaker #0
Après,
- Speaker #2
j'ai envie de dire la compression. Pour le coup, la compression, ouais, on peut, en restant à volume égal, on ne triche pas, on ne met pas de make-up, mais on peut justement, selon les sons, avoir un truc qui est mieux perçu parce qu'il est plus adapté dans le mix, dans notre oreille, etc. Bon, la reverb, c'est de la triche parce que la reverb, ça augmente le volume quand même. Sans augmenter le volume, le délai... Le délai, c'est de la triche aussi, je pense que ça augmente un peu le volume.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Du coup, merci d'avoir pris ton temps pour répondre à toutes mes questions. Merci d'en avoir parlé avec passion. J'espère que ça s'est retranscrit auprès de nos auditeurs et auditeuses. Avec plaisir.
- Speaker #2
Merci pour cette interview. C'était très chouette de participer à ça.
- Speaker #1
Dans cette dernière partie du podcast, nous vous proposons une expérience immersive avec des effets psycho-acoustiques que vous avez déjà sans doute expérimenté sans le savoir. Pour commencer, je vais vous parler de l'effet Doppler. L'effet Doppler, en gros, c'est la variation de la fréquence perçue lorsque la source se déplace. A l'image d'une voiture de Formule 1 qui passe devant les tritons.
- Speaker #0
Nous passons maintenant au paradoxe du triton. Lorsqu'une note est jouée en premier, suivie par une seconde note... Certaines personnes entendent un motif ascendant, c'est-à-dire un son qui monte vers les aigus, tandis que d'autres entendent un motif descendant, un son qui descend vers les graves, alors que la même paire de notes est jouée et que l'ordre est également le même.
- Speaker #1
Alors tout de suite, je vais vous parler de l'effet Shepard. L'effet Shepard, c'est un son qui sent monter ou descendre à l'infini, très utilisé au cinéma et dans le sound design pour créer de la tension, du vertige ou de l'anxiété. A présent, je vais vous expliquer ce qu'est le biais d'attention, qu'on appelle également l'effet cocktail parti ou léger du désir. Le cerveau se focalise sur ce que l'on surveille activement, la voix de quelqu'un à qui on parle à travers l'ambiance d'un bar ou tout simplement un sol de guitare en concert à travers des autres instruments et les cris du public en délire.
- Speaker #0
Et pour finir, nous allons vous présenter l'effet de haas, aussi appelé l'effet de précédence. Deux sons identiques, espacés de moins de 35 millisecondes, sont perçus comme un seul. c'est-à-dire localisé vers le premier. C'est l'un des outils clés pour élargir une image stéréo, également pour créer de la profondeur dans un mix. Pour conclure, après les présentations d'effets sonores que vous venez d'entendre... Nous vous invitons à faire des tests chez vous d'hallucinations auditives, pour que vous saisissiez le sens large de la psychoacoustique et de ce qu'elle englobe. On va vous proposer trois petites expériences auditives à faire chez vous, seul. Vous n'avez besoin de rien, juste de vos oreilles et un peu de silence. Ce ne sont pas des hallucinations au sens médical, mais des illusions auditives normales liées au fonctionnement du cerveau.
- Speaker #1
Pour la première expérience, installez-vous dans la pièce la plus silencieuse possible. Coupez toute source sonore, fermez les yeux et restez immobile pendant deux minutes. Observez ce que vous entendez. Un sifflement, un souffle, une tonalité, une pulsation. La question n'est pas s'il y a du son, mais ce que votre cerveau fait quand il n'y en a presque plus.
- Speaker #0
Pour la deuxième expérience, placez-vous près d'un bruit stable, comme un ventilateur, une hotte ou une douche. Écoutez ce bruit sans rien faire d'autre pendant une minute. Soyez attentif à ce qui apparaît dedans, des rythmes, des voix ou une musique imaginaire. Votre cerveau essaie de donner du sens à quelque chose qui n'en a pas.
- Speaker #1
Enchaînons avec la troisième expérience, la musique fantôme. Écoutez une chanson que vous connaissez par cœur, puis coupez-la brutalement. Restez en silence pendant quelques secondes. Beaucoup de gens ont l'impression que la musique continue. Ce n'est pas le son qui persiste, c'est la mémoire. Vous pouvez ensuite noter ce que vous avez entendu ou cru entendre.
- Speaker #0
Ce que vous venez d'entendre ou de croire entendre n'est pas un bug, c'est votre cerveau qui fait son travail. On pense souvent que l'audition est passive. En réalité, elle est construite, interprétée et réécrite en permanence.
- Speaker #1
Entre le silence et le son, il y a tout un monde. Et ce monde, c'est vous qui le créez. Merci d'avoir écouté cet épisode. Prenez soin de vos oreilles et de ce que votre cerveau leur raconte.