- Speaker #0
Le podcast Advitam existe grâce à vos contributions. C'est une association, Advitam Prévention. Votre participation nous aide à promouvoir la médecine préventive et à produire des épisodes de qualité. N'hésitez pas à faire un don pour soutenir l'aventure. Rendez-vous sur la cagnotte des proches en tapant Advitam. Merci. Advitam, le podcast de médecine préventive. Environ 70% des maladies sont évitables. La médecine préventive, c'est une approche globale de la santé. Elle permet de cibler les facteurs de risque et ainsi de pouvoir limiter ou retarder l'apparition de pathologies. Dans ce podcast, avec l'expertise d'intervenants de qualité, nous décryptons sans tabou les données de la science auxquelles nous confrontons différents points de vue. Nous expliquons, avec bienveillance et empathie, quels sont les éléments pour devenir acteur de votre santé, de manière positive, quel que soit votre âge. Je suis le docteur Sarah Longer, médecin généraliste et gériatre depuis plus de 15 ans. Bienvenue dans Advitam, le podcast de médecine préventive. Aujourd'hui, on parle prévention sur les allergies alimentaires et j'ai le plaisir de recevoir le docteur Isabelle Bossé, qui est allergologue en ville depuis 44 ans, mais qui également travaille sur le plan national avec le ministère de la Santé, avec le gouvernement et elle est présidente de la Fédération française d'allergologie. Elle a été présidente du syndicat des allergologues en France pendant 25 ans. Donc elle va nous donner plein d'informations sur les allergies alimentaires. On avait déjà fait un épisode avec elle sur les allergies respiratoires où elle donnait énormément d'informations en prévention, surtout pour aider les parents sur les allergies respiratoires, les allergies aux acariens. Donc n'hésitez pas à écouter cette émission. Et aujourd'hui, je la reçois pour qu'on casse les idées reçues. sur plein de sujets. Bonjour Isabelle.
- Speaker #1
Bonjour Sarah.
- Speaker #0
Merci d'être avec nous une nouvelle fois sur le podcast Advitam. Alors aujourd'hui dans cet épisode, on va parler clairement d'un sujet qui arrive régulièrement en consultation, les allergies alimentaires et la différence avec les intolérances que les gens comprennent enfin dans le fond ce qui se passe entre les deux quand on parle d'allergie, d'intolérance, quand on parle de lactose, de gluten. de produits transformés, et je parle aussi bien aux adultes qu'aux parents pour leurs enfants, de savoir qu'est-ce qu'il faut faire quand on parle de lactose, du lait de vache, du lait de chèvre, de brebis, végétal, qu'est-ce qu'il faut faire, qu'est-ce qu'il ne faut pas faire, qu'on comprenne un peu les enjeux. En ce moment, 8% des enfants aux Etats-Unis, en France, sont allergiques. On sait que la présence de l'allergie ces dernières décennies a vraiment augmenté à cause de facteurs environnementaux et génétiques. De la même manière qu'on en avait parlé sur les allergies respiratoires, toi, comment tu expliques cette explosion des allergies ou des intolérances alimentaires chez les enfants et chez les adultes ?
- Speaker #1
Alors, comme on a vu entre les années 60 et les années 90-2000 une explosion des allergies respiratoires, une épidémie silencieuse. Cette augmentation est tellement importante qu'on a fini par appeler ça une épidémie silencieuse. on assiste depuis 15 ans à la même augmentation et à la même épidémie silencieuse des allergies alimentaires. Il y a, quand j'ai fait mes études de médecine, donc il y a quand même un petit peu de temps, mon enseignant, mon professeur d'allergologie a fait un premier papier sur l'allergie au lait de vache chez l'enfant. Il s'est fait huer par toute la communauté allergologique qui a dit mais une allergie alimentaire, ça n'existe pas, ça ne peut pas exister. Et c'était un précurseur. Et c'est grâce à lui que je suis devenue passionnée d'allergologie. Et s'il écoute ce podcast, je le remercie, il se reconnaîtra. Donc, on a découvert l'allergie alimentaire il n'y a pas si longtemps que ça. Avant, il n'y en avait pas.
- Speaker #0
Et toi, tu as vu toute l'évolution en consultation de ville.
- Speaker #1
Exactement. Donc, on a vu l'évolution et on a vu une augmentation de quasiment 0% à 8% des enfants, ce qui est absolument énorme. Il y a aussi des allergies alimentaires chez l'adulte. Elles sont moins fréquentes, elles sont de l'ordre de 4% à peu près. Donc l'enfant est vraiment la cible de ces allergies alimentaires. Alors pourquoi ? Facteurs environnementaux, bien entendu, pollution, modificateurs endocriniens, perturbations du microbiote, de la flore intestinale, tout ce qui est consommation d'aliments transformés. Enfin, quand je dis aliments transformés, pas que les aliments qui sont déjà préparés par des industriels. mais également les aliments qu'on mange et qu'on prépare nous-mêmes à la maison, qui ont reçu des pesticides, des insecticides, enfin tout ce qu'on peut imaginer, etc. Donc toute cette évolution de notre mode de vie, de notre mode de consommation alimentaire, c'est un des facteurs principaux de l'augmentation des allergies alimentaires.
- Speaker #0
Je suis ravie que tu oses le dire, parce que finalement, si je faisais même le parallèle sur les cancers, malheureusement, on sait que les cancers explosent aussi. Et c'est dur de l'entendre dire de la bouche de nos collègues médecins, oui, il y a une partie environnementale indéniable, soyons clairs.
- Speaker #1
Complètement. Et en matière d'allergie, l'allergène, c'est un élément que tout organisme... doit tolérer. Pourquoi est-ce que tout le monde ne fait pas de réaction allergique alors que c'est un corps étranger entre guillemets quand on mange une crevette ? C'est pas la même chose que les cellules du corps humain. Donc c'est un élément étranger. A priori on pourrait se dire qu'un élément étranger on le rejette, le corps le rejette sur la peau, dans les bronches, dans l'estomac etc. Ben non, on est fait pour tolérer. On a un système immunitaire qui est tolérogène vis-à-vis... on va parler des aliments, donc vis-à-vis des aliments, ce qui fait que normalement, on devrait pouvoir manger de tout, sans avoir jamais de problème allergique. Et au fur et à mesure du temps, tous ces facteurs environnementaux ont fait que, moi je vois des patients qui me disent, mais moi j'ai mangé des crevettes toute ma vie, et voilà, j'ai 43 ans, et j'ai fait une réaction allergique en mangeant des crevettes. Pourquoi ? Pourquoi j'en ai mangé jusqu'à 43 ans ? Et pourquoi aujourd'hui, j'ai fait cette allergie aussi grave ?
- Speaker #0
Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #1
Eh bien, tout simplement parce que... Et notre environnement digestif a changé sous l'influence de tous ces éléments extérieurs dont je viens de parler. Et le patient est devenu sensible. Son système immunitaire a changé de façon de fonctionner. Et le patient est devenu allergique aux protéines constitutives de la crevette, par exemple, et a déclenché une allergie alimentaire. Alors, évidemment, pourquoi plus chez les enfants ? Parce que c'est dans l'enfance qu'on introduit les aliments. Donc forcément, quand on introduit des aliments, on a plus de risques que quand on en a mangé depuis très très longtemps. Et les gens qui ont au-delà de 40 ans, il y a 40 ans, comme je le disais, il n'y avait pas d'allergie alimentaire. Ça n'existait pas. Alors, il y a un autre élément aussi, c'est la mondialisation et la consommation d'aliments qui ne poussent pas, qui ne sont pas produits dans nos contrées. occidentales, locales, qui ne sont ni tropicales, ni etc. Et en fait, ces importations d'aliments auxquels notre système immunitaire n'est pas du tout habitué, on n'est pas fait pour manger des cacahuètes, comme les gens qui vivent dans des pays où on mange de la cacahuète dès la toute petite enfance.
- Speaker #0
Parce que ça, moi j'avais lu une étude qui était très pertinente concernant le microbiote, qui disait qu'en fait... pour favoriser un microbiote de qualité, il valait mieux manger local, de manière répétée, les légumes, les fruits qu'on a localement. Alors que si justement, on va aller manger américain, manger chinois derrière, manger de la nourriture de plein de pays différents, on déglinguait un petit peu le microbiote et donc tu confirmes qu'on peut déglinguer le système immunitaire aussi.
- Speaker #1
Complètement. Sachant que le microbiote, les études sur le microbiote commencent à avoir quelques années. Mais on est loin, loin, loin d'avoir compris la totalité de l'impact du microbiote digestif, cutané, respiratoire, etc. sur plein de pathologies, pas que l'allergie. Mais effectivement, de consommer des aliments pour lesquels on n'est pas fait, entre guillemets, c'est un facteur aggravant de façon absolument évidente.
- Speaker #0
Très intéressant, je rappelle juste, le microbiote, c'est toutes les bactéries, les milliards de bactéries qui vivent en symbiose avec nous, dans notre corps. aussi bien sur le plan buccal, dans la bouche, que dans le nez, que dans les poumons, que dans le tube digestif. Et c'est vrai que maintenant, sur les revues scientifiques, on a de plus en plus de publications sur le microbiote digestif, parce que toutes ces bactéries qui sont dans notre tube digestif doivent être en symbiose, doivent être équilibrées, avec plein de bactéries de souches différentes. Et plus on a un microbiote équilibré, varié, diversifié, plus on est en bonne santé. parce qu'en fait, quand on a une diversification de ce microbiote... dans le mauvais sens, c'est-à-dire des espèces qui disparaissent, et bien justement, il peut apparaître des maladies. Donc ça, c'est important quand même de le poser au début, parce qu'on verra que sur les allergies alimentaires, ça joue beaucoup.
- Speaker #1
Ah mais complètement. Ça joue sur d'autres pathologies, évidemment, mais sur les pathologies alimentaires qui passent par le tube digestif, le microbiote intestinal est quand même le plus important, entre guillemets, si j'ose dire, même si le reste est important. Mais on se nourrit trois fois par jour, c'est ce qui nous permet de vivre. On s'hydrate, on consomme des protéines, des glucides, des lipides, etc. Et sans ça, on ne peut pas vivre. Si on n'absorbe pas les bons éléments, on va avoir des carences, etc. On provoque de l'inflammation.
- Speaker #0
C'est pour ça qu'en prévention, on peut le dire tout de suite, sur le plan de l'alimentation, il vaudra toujours mieux manger des produits bruts, cuisiner au domicile, de préférence bio, en tout cas avec moins de pesticides possibles. plutôt que d'acheter des produits en supermarché qui sont déjà préparés, avec tout ce que l'agroalimentaire sait bien faire pour que ça soit très bon au niveau du goût, avec beaucoup de sucre, avec beaucoup de sel, avec des produits modifiés, avec des exhausteurs de goût et beaucoup d'additifs qui ne sont pas bons pour le microbiote. Si je rentre dans le vif du sujet, pour qu'on puisse répondre tout de suite au questionnement des gens sur les problématiques alimentaires, on entend beaucoup parler d'allergies alimentaires. La différence entre les allergies alimentaires et les intolérances alimentaires, Isabelle.
- Speaker #1
Alors ça va peut-être être un petit peu scientifique ce que je vais vous dire, mais je vais essayer de le faire simple. L'allergie est une réaction du système immunitaire qui est déréglée et qui fait systématiquement intervenir des anticorps qui s'appellent des immunoglobulines. L'allergie, ça ne passe que par les immunoglobulines E. S'il n'y a pas d'immunoglobuline E, ce n'est pas de l'allergie. Donc ça déjà, de base, il faut avoir des immunoglobulines E. Pour savoir si on a des immunoglobulines E contre la crevette ou contre le lait de vache, on fait des tests cutanés qui seront positifs ou on dose dans le sang ces fameuses immunoglobulines qui ont un taux qui est plus élevé que la normale. Donc ça pose le diagnostic,
- Speaker #0
on fait le dosage avec une prise de sang et on voit que c'est une allergie.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Si on n'a pas ça, ce n'est pas une allergie, c'est une intolérance. Alors, les signes cliniques ne sont pas du tout les mêmes. Les signes cliniques sont, en règle générale, dans l'allergie alimentaire, plutôt des signes cutanés, des démangeaisons dans la bouche, les paupières qui gonflent, les lèvres qui gonflent, des plaques d'urticaire qui apparaissent sur tout le corps. éventuellement des gonflements du visage, des crises d'asthme. Ce sont des symptômes qui sont assez brutaux.
- Speaker #0
Juste après l'ingestion de l'aliment concerné, en général c'est rapide.
- Speaker #1
Juste et très rapidement après l'ingestion d'aliment. Quelques minutes,
- Speaker #0
quelques heures max.
- Speaker #1
Ça peut être dans la seconde qui suit, comme dans la demi-heure, trois quarts d'heure. On donne une heure en général comme temps maximum d'apparition. C'est vraiment quelque chose d'immédiat. C'est-à-dire que si vous avez consommé la veille au soir... des moules et que le lendemain vous avez une réaction, ce ne sont pas les moules.
- Speaker #0
Très bien, ce n'est pas une allergie alimentaire. Ce n'est pas une allergie alimentaire,
- Speaker #1
il faut chercher autre chose. Fin de l'histoire. Donc ça c'est l'allergie. L'intolérance, alors il y a l'intolérance vraie au gluten qui s'appelle la maladie celiaque, qui est une maladie héréditaire qui est dépistée chez l'enfant avec une prise de sang toute simple, mais des symptômes qui sont très sévères chez les petits dès qu'ils consomment de la farine.
- Speaker #0
Ça va être quoi les symptômes chez les petits ?
- Speaker #1
Alors chez les petits c'est une courbe... cassure de la courbe de poids et de croissance, qui est vraiment spectaculaire. On voit la courbe de poids qui descend, mais en flèche. Ce sont des enfants qui sont complètement ramollis, pas du tout toniques, qui vomissent, qui ont des diarrhées, etc. C'est vraiment un diagnostic aigu qui fait souvent consulter en urgence. Et donc là, on fait la prise de sang, mais la vraie maladie celiaque, c'est quelque chose de rare. Alors ? Il y a également ce qu'on appelle des pseudo-céliacs. Alors là, on rentre dans une chose un petit peu plus compliquée. Pseudo-céliacs, c'est-à-dire qu'en fait, les enfants ont à peu près tous les symptômes, mais très minorés. C'est-à-dire qu'en fait, ils n'ont pas la cassure de poids, ils n'ont pas la cassure de croissance. Mais ils ont mal au ventre, ils vomissent un peu, ils sont nauséeux, ils ne sont pas très en forme, etc. Et ces enfants-là sont quand même effectivement sensibles à l'ingestion de gluten. En particulier dans le pain, dans le pain blanc, la farine.
- Speaker #0
On va y revenir sur le gluten et comment on fait le diagnostic chez eux ?
- Speaker #1
C'est pseudo... Très compliqué. C'est difficile. Parce qu'en fait, ils n'ont pas les marqueurs de la maladie celiaque, qui est une maladie héréditaire. Ils n'ont pas ces marqueurs-là. Et les tests cutanés sont totalement inopérants, puisque ce n'est pas une allergie. Donc, comme ils n'ont pas d'anticorps, les tests sont négatifs, la biologie est négative. Donc, en fait, ce qu'on fait, c'est que quand on a un doute vraiment... relativement important, voire même souvent une demande liée à l'angoisse des parents sur un enfant qui ne va pas très bien depuis des mois et des mois, à qui on donne des médicaments contre le mal de ventre, des antidiarrhéiques, des antivomitifs, etc. Là, on fait ce qu'on appelle une épreuve d'éviction et introduction. On enlève. Pendant un mois, vous allez lui interdire toute consommation de biscuits, du commerce, de pain, etc. en leur donnant des produits de remplacement, donc du riz, du maïs. C'est un peu compliqué parfois.
- Speaker #0
Parce que le gluten, pour resituer, le gluten issu du blé, donc contenu dans la majorité des pains,
- Speaker #1
des pâtes, dans les gâteaux, les brioches, les viennoiseries, les pâtisseries, etc. est rajouté dans plein de plats tout préparés.
- Speaker #0
Aussi.
- Speaker #1
Rajouté dans plein de plats tout préparés.
- Speaker #0
Pourquoi c'est rajouté dans les plats préparés ?
- Speaker #1
Parce que ça donne une texture, c'est un agent texturant.
- Speaker #0
Voilà,
- Speaker #1
tout simplement. Donc, il faut vraiment se méfier de l'alimentation, comme on l'a déjà dit, de l'alimentation industrielle.
- Speaker #0
Mais finalement, dans ce que tu dis sur la pseudo maladie celiaque et les intolérances, si on est sur le sujet de l'intolérance ou de la problématique liée au gluten, finalement, tout le monde devrait peut-être tenter de limiter la consommation et voir si ça améliore les symptômes.
- Speaker #1
Complètement. Changer la qualité de ce qu'on mange, alors c'est toujours le même problème. Il faudrait que déjà les fournisseurs de farine, les agriculteurs pour commencer, en gros il y a à peu près quatre sortes de blé qui sont élevées sur le monde entier, c'est tous les mêmes. C'est des souches qui ont été génétiquement modifiées pour être moins consommatrices d'eau, moins sensibles aux attaques des insectes, plus faciles à cultiver, avec un meilleur rendement, etc. Donc on a limité les variétés. Et ça, c'est l'erreur absolument colossale qui a été faite. Parce qu'en fait, il faut manger des variétés locales, de blé poussé par des petits agriculteurs qui font leur blé et qui changent leurs semences. Et ça, si on était resté à cette alimentation-là, qui est celle du début du siècle, du siècle dernier, l'intolérance au gluten n'existerait pas.
- Speaker #0
Parce que là, le sujet, c'est que la majorité se fournisse. de ce blé-là, et donc on a un gluten de mauvaise qualité, qui est mal assimilé par le tube digestif, et donc qui provoque cette inflammation, et donc ces douleurs abdominales, soyons clairs. Tout à fait,
- Speaker #1
c'est exactement ça.
- Speaker #0
Alors que si on va chez notre boulanger, qui va choisir éventuellement une farine qui va être plus complète, comme tu dis chez des petits agriculteurs, où c'est élevé avec précaution, il y aura moins ces douleurs abdominales.
- Speaker #1
Ah mais complètement ! C'est vraiment une maladie liée à notre société.
- Speaker #0
À notre époque.
- Speaker #1
C'est une maladie liée à notre époque. Là, l'intolérance au gluten, on la retrouve plus facilement chez l'adulte que chez l'enfant. Parce qu'il faut un certain temps quand même de consommation pour abîmer le tube digestif, le microbiote et la perméabilité de l'intestin, etc. Donc c'est plus souvent chez les patients adultes. Mais les symptômes sont troubles digestifs, nausées, ballonnements. gaz, diarrhée, douleur abdominale totalement incompréhensible. Et ça, c'est inconfortable. Et c'est très, très inconfortable. Tout ça peut aller jusqu'à des situations socialement très difficiles, très compliquées. Et donc là, comme on n'a pas d'autres moyens de faire le diagnostic, vous n'en mangez plus pendant un mois. Mais comme on veut éviter l'effet placebo, vous en remangez. Vous remangez exactement la même chose que ce que vous mangez avant. pendant une semaine, deux semaines, trois semaines. Et si au bout d'une semaine ou deux semaines ou trois semaines, vous recommencez à avoir les mêmes symptômes, le diagnostic est fait tout seul.
- Speaker #0
Mais attention, je mets un signal d'alarme dans le sens où l'enjeu, ce n'est pas de faire une éviction catégorique, parce que moi, je vois ça en consultation. Donc des gens qui ne mangent plus du tout de gluten, qui refusent d'aller se manger une pizza, des pâtes de temps en temps. L'enjeu, ce n'est pas de faire une éviction totale, mais de réduire. globalement la quantité. C'est comme on fait attention de ne pas boire trop de soda parce qu'il y a trop de sucre et que ce n'est pas bon pour la santé. L'enjeu, c'est pas oublier de se faire plaisir. C'est important d'arriver à trouver ce juste équilibre. Et bien souvent, les gens sont tellement perdus dans leur douleur et dans ce qu'ils doivent faire que c'est un arrêt total du gluten. Alors, ils vont au supermarché, ils n'achètent que des produits sans gluten. Et pour le coup, tu vas le confirmer, ce n'est pas l'idéal non plus. Donc, il vaut mieux réapprendre à manger en prenant des produits de qualité. qui vont être bien tolérées par le tube digestif. Et c'est ça qui va améliorer leur prise en charge.
- Speaker #1
Ça, c'est une certitude. Donc, tu as tout dit. Mais il y a aussi un problème de quantité. Tous les gens qui sont intolérants au gluten, il y a une tolérance. Il y a une tolérance jusqu'à une certaine dose. Et en fait, il faut trouver sa tolérance. Donc, on se met au régime en laissant les traces, en mangeant du pain qui contient du gluten, mais en petite quantité. en évitant les viennoiseries de supermarché, etc. Toutes ces choses qui utilisent de la farine très blanche, parce que c'est la pire de toutes, d'autant qu'elle est enrichie en gluten, parce que ça permet de faire des pains croustillants à l'extérieur, moelleux à l'intérieur, qui sont très agréables à manger, etc. Donc, on a envie de manger un petit quignon de pain.
- Speaker #0
Et le fameux pain qui est distribué dans tous les selfs, dans toutes les cantines pour les enfants.
- Speaker #1
partout et qui est dans tous les sandwiches de France et de Namar. Donc c'est vraiment quelque chose qui est très consommé. Donc il faut éliminer ça, mais garder des produits de qualité, avec des farines de qualité et trouver soi-même son seuil de tolérance. Et ça, c'est très facile. On se rend très vite compte qu'on n'a plus mal au ventre, on n'a plus de ballonnement, on n'a plus tous ces symptômes. Et on arrive à manger, on va dire, un croissant de chez son boulanger une fois par semaine. On se fait plaisir. Et qui plus est, l'éviction totale, quand on réintroduit par accident. Alors ça, c'est très vrai pour l'allergie, la vraie allergie alimentaire. Mais c'est aussi vrai pour les intolérances. Quand on réintroduit accidentellement une grosse quantité de l'aliment en question, les symptômes... sont amplifiées, parce que du coup, la tolérance immunitaire de notre tube digestif est complètement perdue. Et même si on est allergique, on fait la différence entre autorisation des traces et pas d'autorisation des traces. Oui,
- Speaker #0
et puis attention, parce que vraiment en consultation, on a ça. C'est qu'il y a des gens qui ont donc tout éliminé et puis qui rentrent dans un rythme de troubles du comportement alimentaire. Ce sont des gens qui ne mangent plus rien parce qu'ils ont peur de leurs symptômes. ils ont peur de... de manger ces aliments qu'ils ont mis de côté totalement. Et là, ce n'est pas bon, parce que quand on rentre dans les troubles du comportement alimentaire, on veut tout contrôler et c'est plus agréable, c'est plus compliqué à gérer.
- Speaker #1
Ce n'est pas vivable. C'est vrai que l'intolérance au gluten digestive, ce n'est pas une maladie grave, mais c'est une maladie très handicapante. Et comme on en parle beaucoup quand même depuis quelques années, et que c'est devenu un peu la mode, il y a plein de produits sans gluten, il y a même des magasins qui font que ça, des produits sans gluten, etc. Des restaurants sans gluten, enfin bon, ça s'est beaucoup développé. Les patients ont tendance à se dire, bon ben voilà, je suis allergique, parce qu'ils disent plutôt allergique qu'intolérant, mais en fait ils sont intolérants au gluten, j'arrête tout le gluten. Mais ils font ça de leur propre chef. Et ce n'est pas une bonne idée. Alors, effectivement, c'est... Pas compliqué. Alors, ça peut paraître un motif de consultation qui peut être un peu moins grave qu'une hypertension artérielle ou qu'autre chose. Mais votre médecin traitant, il est là aussi pour ça. Et votre médecin traitant, il sait faire la part des choses entre, effectivement, ces troubles digestifs qui sont liés à une mauvaise alimentation et qui va vous dire, bon, ben voilà, vous allez arrêter tel et tel produit. Tout le reste, vous pouvez en manger. Plutôt que soi-même de faire des évictions qui vont être totalement anarchiques. Et on voit...
- Speaker #0
moi je vois arriver de temps en temps dans mon bureau des gens qui me disent je ne mange plus que des filets de poulet au micro-ondes et des haricots verts je vous invite vraiment à consulter parce qu'en effet on a ça en consultation c'est que c'est des gens qui ont des douleurs abdominales et la douleur abdominale c'est un sujet de consultation qui est très fréquent en médecine générale sauf que sur la douleur abdominale il faut bien savoir pour tous les gens qui nous écoutent que nous dans notre arbre diagnostique complexe qu'on a dans la tête ça peut être plein plop plein de diagnostics différents. Donc, effectivement, rien ne vaudra une consultation pour qu'on vous examine le ventre, qu'on voit qu'il n'y a rien de grave, qu'on voit si on a besoin d'aller faire une imagerie, comme un scanner, une échographie, si on a besoin de faire une coloscopie, si on a besoin d'aller faire un test sanguin ou si, justement, on doit faire une enquête alimentaire. Et ça, c'est peut-être pas facile à comprendre pour les gens, mais c'est pas si simple. Et donc ça, ça prend du temps. Et je pense qu'effectivement, juste là, on traite du sujet de l'intérêt. intolérance au gluten, mais il ne faudra pas passer à côté d'autre chose. Et ça, il faut passer par une consultation médicale, par un médecin, pour être sûr qu'il ne s'agit pas d'un autre diagnostic qu'il faut éliminer, qui peut être potentiellement plus embêtant. Donc sur le gluten, j'aime bien que tu apportes justement cette approche en tant qu'allergologue, et référente sur le plan national, pour dire de quoi il s'agit, et que finalement, on n'élimine pas drastiquement le gluten, sauf si maladie celiaque. On soit clair.
- Speaker #1
Exactement. Et les maladies celiaques,
- Speaker #0
c'est combien de pourcents de la population ?
- Speaker #1
Je ne l'ai pas en tête, mais c'est très rare.
- Speaker #0
Donc les maladies celiaques, ça reste un petit diagnostic de côté. Nous, on fait une prise de sang pour affirmer le diagnostic. On envoie chez le gastro pour faire une coloscopie. Mais voilà, en majorité, si vous avez du mal à accepter le gluten, c'est vous qui le savez. En fait, je dis souvent aux patients, il n'y a personne qui ne connaît mieux votre corps que vous-même.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Donc, apprenez à vous écouter, à ressentir les choses et vous-même savez ce qui est bon ou ce qui est mauvais pour vous. Si vous sentez qu'un bout de pain, ce n'est pas bon pour vous, ok, on tente un pain qui va être plus brun avec une autre céréale. On essaye ça, on essaye de diminuer, de mettre autre chose comme aliment à la place. Mais surtout, on ne rentre pas dans les évictions drastiques de plein d'aliments. Comme tu dis, ils viennent avec un bout de salade et un poulet parce qu'ils ont peur de manger. Et ça, il y en a plein.
- Speaker #1
C'est absolument terrible parce que ça génère des troubles du comportement alimentaire, des troubles psychologiques. graves, qui sont après très difficiles à remettre en ordre.
- Speaker #0
Sur le sujet du gluten, c'est déjà beaucoup plus clair, merci beaucoup. Je vais aborder une autre thématique qui revient très régulièrement chez les parents, chez les adultes, chez tout le monde, c'est le lactose. Allez, allons-y pour le lactose. Le lait, le fromage, le yaourt, le lactose, finalement, c'est quoi le sujet avec le lactose ? Le lactose, c'est une grosse molécule au niveau du lait, qui est digérée par une enzyme qui s'appelle la lactase. Et donc, on peut dire que... 40% si on fait une moyenne de la population en France, et ça dépend après des pays, est intolérante au lactose. Alors, ton avis sur le sujet, en tout cas tes recommandations scientifiques ?
- Speaker #1
Alors, le lactose est un gros sucre qui est contenu dans le lait et tous les produits laitiers, en quantité variable. Par exemple, il faut regarder sur internet, pour 100 grammes de reblochon, il y a tant de lactose, tant de grammes de lactose. Le parmesan, par exemple, il y a 1 gramme de lactose. donc c'est rien du tout, même si on ne digère pas le lait On peut très bien manger un peu de parmesan et chacun peut trouver sa dose de tolérance. Alors, ce stock de lactase qu'on a à la naissance, puisque les bébés sont nourris, étaient nourris avant, pendant plusieurs mois, voire années, par le lait de leur maman. Et puis ensuite, on est passé au biberon. Pour certains, pas pour tous, ont un gros stock de lactase. Mais ce stock de lactase, il diminue avec le temps. Donc, certaines populations ne l'ont pas génétiquement, Parce que depuis la nuit des temps... Ils n'ont jamais consommé de lait, tout simplement parce qu'il n'y a pas de vaches dans leur pays. L'Asie, l'Afrique, etc. On ne les voit jamais avec du fromage, ni du lait. On ne les voit jamais manger du fromage. Ils mangent du fromage de chèvre, du fromage de brebis, dans lequel il y a moins de lactose. Mais ils ne boivent pas de lait. Donc, pour une raison très simple, c'est qu'instinctivement, depuis la nuit des temps, on ne boit pas de lait dans ces contrées. Et donc, ce stock de lactase, il ne se refait pas tout seul. Il diminue. Alors, pas chez tout le monde. chez effectivement au moins 40% de la population, à l'âge adulte, on a quasiment plus de lactase.
- Speaker #0
Donc on pouvait boire du lait ou manger du fromage avant sans souci, et à la quarantaine, gros problème, on n'arrive plus trop à boire du lait, et ça ballonne quand on mange un fromage, on a mal au ventre, des gaz, etc.
- Speaker #1
Tout à fait. Alors ça peut être un petit peu à n'importe quel âge, mais il faut quand même avoir des passés, être pré-adulte, adulte, parce que le stock quand même résiste quelques années. Il y a des gens qui ont de la lactase jusqu'à la fin de leur jour, qui boivent du lait jusqu'à la fin de leur jour. Et ça, ça ne pose aucun problème. Donc, ce n'est pas une allergie. Ce n'est pas non plus vraiment, à proprement parler, une intolérance. C'est juste qu'on n'a pas l'enzyme pour digérer le sucre du lait. C'est tout. C'est vraiment quelque chose de basique. On n'a pas l'enzyme, donc on ne le digère plus. Donc, on a mal au ventre. Et les symptômes sont d'ailleurs assez rapides. Les patients nous le décrivent bien. ils boivent un verre de lait ou un chocolat au lait, peu importe, qui est très vite absorbé, puisqu'on boit relativement vite en général, beaucoup plus vite que quand on mange quelque chose. Ça va tout de suite dans le tube digestif et l'épisode de diarrhée, il survient dans la demi-heure.
- Speaker #0
Donc ça, c'est un bon signe clinique.
- Speaker #1
Alors ça, c'est vraiment le verre de lait ou le chocolat au lait, dans les 30 minutes qui suivent la diarrhée, ça, c'est vraiment le signe qu'on n'a plus de lactase et qu'il ne faut plus boire de lait. En tout cas, de lait liquide, puisque c'est dans le lait liquide où il y en a le plus.
- Speaker #0
Il y en a beaucoup moins dans les yaourts. Et pour les gens qui s'intéressent à la composante lactose, le plus, c'est dans le lait. Après, ça va être dans les yaourts. Yaourt de vache, il y en aura plus que dans les yaourts de brebis ou de chèvre.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Il y en a beaucoup dans la crème fraîche.
- Speaker #1
Ok, très bon élément.
- Speaker #0
Et dans le fromage blanc.
- Speaker #1
Voilà, donc plus le fromage blanc et dans les différents fromages. Tu disais, il y en a très peu dans le parmesan.
- Speaker #0
Très peu dans le parmesan. Par exemple, dans le camembert, il y en a beaucoup. Il y en a plus dans les fromages crus que dans les fromages cuits. Donc, il vaut mieux privilégier les fromages cuits que crus. Et il faut... Même chose, il ne faut pas manger... que du fromage de vache. Il faut manger du fromage de promenade, du fromage de chèvre. Il faut varier,
- Speaker #1
Et alors, sur le sujet du lactose, parce que je regarde les choses de manière globale, comme d'habitude, et en prévention santé, c'est essentiel, parce que, moi, on parle de lait, je pense aussi calcium, ostéoporose, et donc on discute avec mes collègues rhumatologues. Dans les recommandations, on sait qu'il faut deux produits laitiers par jour. Moi, tous mes patients qui ont des problématiques avec la lactase, donc l'enzyme, ils me disent, on fait comment du coup ? Parce que l'ostéoporose risque d'arriver, je risque de me casser le col du fémur et ça c'est grave. Donc toi, tes conseils en tant qu'allergologue sur le sujet, ça serait quoi ?
- Speaker #0
Alors, il faut essayer de compenser le manque de calcium. Alors il y en a dans certaines eaux minérales.
- Speaker #1
Tout à fait,
- Speaker #0
qui sont enrichies en calcium. Le problème, c'est que... C'est des eaux minérales, donc ça coûte plus cher que l'eau du robinet. On utilise du plastique. La solution n'est pas... Il n'y a pas de solution parfaite. Il n'y a pas de solution univoque et parfaite.
- Speaker #1
On peut retrouver dans d'autres aliments du calcium.
- Speaker #0
Dans d'autres aliments, il suffit d'aller sur Internet et de voir la quantité de calcium. Il y en a plein dans les herbes aromatiques, dans les noix de cajou, dans certains oléagineux. Dans les oléagineux, il y en a beaucoup, etc. Et donc, on compense comme ça pour éviter... Alors ça, c'est plus chez l'adulte. pour éviter effectivement ces problèmes d'ostéoporose qui sont... Très embêtant. Quand on se casse le col du fémur, ce n'est pas rigolo. Ça m'est arrivé accidentellement, mais ce n'est pas rigolo du tout, je peux vous le dire. Et donc, on essaye d'éviter ça. Alors, chez l'enfant, c'est la même chose. C'est-à-dire que chez le petit, qui a des symptômes qui vont être les mêmes, c'est-à-dire les mêmes, pas tout à fait identiques et pas exprimés, évidemment, chez le bébé, on va retrouver chez les enfants soit des intolérances, soit des vraies allergies. aux protéines de lait de vache. Donc, on a les deux cas. Comment on fait la différence ? L'IPLV, qui est l'intolérance aux protéines de lait de vache, et l'APLV, qui est l'allergie aux protéines de lait de vache. Alors, les symptômes se recoupent un petit peu. C'est-à-dire que sur le plan digestif, c'est à peu près pareil. Mal au ventre, digestion difficile, diarrhée, selle pas du tout normale pour un bébé, régurgitation plus importante que chez un bébé. qui est en bonne santé. Sur le plan digestif, on va être à peu près dans les mêmes symptômes. Un bébé qui est allergique aux protéines de lait de vache peut faire une réaction dès le premier biberon. Il va faire une réaction généralisée avec des plaques, etc. Ça, le diagnostic est très vite fait. Facile. Très facile, très vite fait. Mais, il y a aussi des bébés qui ont des poussées de dermatite atopique, par exemple, d'eczéma, qui sont aggravés, qui ne sont pas allergiques de base, mais qui sont aggravés par l'ingestion du lait. On peut avoir des bébés qui pleurent beaucoup, beaucoup, beaucoup, qui ont un sommeil extrêmement perturbé. Des parents qui arrivent épuisés au bout de quelques mois en disant mais on n'en peut plus, on ne dort plus, l'enfant ne mange plus, l'enfant ne grossit plus, etc. On est quand même dans des symptômes, dans l'allergie digestive aux protéines de lait de vache chez le petit qui sont dans la première année, en règle générale. Toujours dans la première année, parce que c'est là où ils en consomment le plus. Et vraiment, il faut vraiment prendre en compte, parce que ça peut être grave sur le plan de la croissance nutritionnelle, etc. Donc, la différence, elle est facile à faire, comme pour toutes les autres allergies. Soit c'est une intolérance, et à ce moment-là, on va modifier, on aura des tests cutanés et de la biologie qui sera négative. Et à ce moment-là, on va changer le lait pour des laits si possible. enrichi en calcium.
- Speaker #1
Oui, alors attention à ça, parce que moi, je vois tout de suite tous les parents, sans jugement, mais qui, du coup, sont perdus. Effectivement, ils se retrouvent avec un enfant qui fait que de pleurer, qui a mal au ventre, et c'est une galère pour tous les parents. Ils vont arrêter le lait de vache, et en fait, ils vont switcher sur des laits végétaux. Et ça, ça ne va pas. Explique-nous pourquoi. C'est dangereux.
- Speaker #0
Parce qu'en fait, les laits végétaux, ce n'est pas du lait animal, et que le calcium n'est pas du tout... Il n'y a pas de calcium. Et s'il y en a... un peu, lait d'amande par exemple il doit y en avoir un petit peu quand même mais il n'y en a pas du tout assez et puis de toute façon tout ce qui est protéines vitamines etc végétales c'est quand même à part la vitamine C etc mais pour les petits c'est moins bien assimilé que les protéines et la vitamine C animales.
- Speaker #1
Mais j'insiste je pense que même avec les pédiatres on en parle c'est même dangereux de switcher parce qu'on veut bien faire mais d'aller sur un lait végétal on apporte pas ce dont le bébé a besoin pour sa croissance.
- Speaker #0
On voit très souvent un switch de lait de vache vers le lait de riz.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est une catastrophe. Le laiterie, c'est une catastrophe. Alors, on peut consommer du laiterie si on a envie de consommer du laiterie, il n'y a pas de souci, mais pas que. C'est-à-dire qu'en fait, dans le laiterie, il y a des études qui ont montré, chez les vrais allergiques, les vrais bébés allergiques, que la croissance, le taux de vitamine D, le taux de calcium, etc. étaient quasi, enfin, toujours en déficit. Toujours, toujours en déficit. Alors que quand on les switch, les vrais allergiques, on les switch vers des produits sur prescription médicale, qui sont des hydrolysates de caséine de lait, dans lesquels sont ajoutés tout ce dont le bébé a besoin, et qui sont sur prescription médicale jusqu'à ce que le bébé ne soit plus allergique aux laits de vache. Parce que que ce soit l'intolérance ou l'allergie, elle disparaît entre, en moyenne, l'âge de 18 mois et l'âge de 3 ans. Et on peut réintroduire les laitages, le lait de vache, le lait de brebis, le lait de chèvre, etc. Il ne faut pas oublier non plus qu'il peut y avoir switché sur du lait de brebis ou du lait de chèvre. Ça peut être aussi dangereux dans l'allergie vraie parce qu'il y a des protéines communes entre ces trois laits.
- Speaker #1
D'accord. Parce que ce n'est pas une solution aussi d'aller sur ces laits-là ?
- Speaker #0
Ce n'est pas une solution pour tous les enfants.
- Speaker #1
Tout à fait. Les pédiatres alertaient aussi sur les problématiques rénales liées à la consommation de lait de chèvre ou de brebis. Tout à fait.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
ça, c'est juste pour informer vraiment les parents qui veulent bien faire. Encore une fois, c'est difficile, mais plutôt vraiment de consulter et puis d'essayer d'aller étayer le diagnostic plutôt que de faire son truc de son côté, en pensant bien faire et finalement en faisant une grosse erreur.
- Speaker #0
En fait, le seul lait qui est le plus proche du lait maternel et du lait de vache, c'est le lait de jument et qui ne donne pas d'allergie. Mais bon, pour trouver du lait du mâle, on n'en trouve pas facilement. Donc il faut que l'enfant l'accepte au goût, etc. Alors les hydrolysas de caséine qui sont vendus en pharmacie sur prescription, il faut les introduire quand le diagnostic est fait. De toute façon, il faut une prescription médicale, donc il faut que le diagnostic soit fait, qu'on ait une certitude que ce soit une allergie. Et il faut l'introduire le plus vite possible pour évidemment stopper les symptômes de l'enfant. Et surtout parce que ce n'est pas très bon au goût. Ça n'a pas du tout le même goût, ni que le lait de maman, ni que le lait de vache. Et donc, même si les fabricants font des efforts énormes sur l'acceptabilité du goût de ces laits, si on fait ça chez un enfant qui a un an, si le diagnostic a tardé,
- Speaker #1
à un an,
- Speaker #0
c'est compliqué de leur faire boire de ce type de lait. Et au-delà de ça, il y a certains enfants qui sont tellement allergiques. que même ces hydrolysates caséines, ce n'est pas suffisant. Ils continuent à avoir des symptômes. Et alors là, on a encore des molécules qui sont encore plus cassées, des molécules de lait qui sont encore plus cassées, qui sont de tout petits acides aminés. Et donc, on leur apporte des acides aminés de lait qui sont des toutes petites molécules et qui, du coup, sont digérées et ne provoquent pas d'allergie.
- Speaker #1
Et tu penses quoi du lait sans lactose ?
- Speaker #0
Quand on est adulte, on peut boire du laissant lactose. Voilà, c'est pour que ça soit plus digeste. Voilà, c'est beaucoup plus digeste.
- Speaker #1
Mais on dissocie donc bien l'adulte, il n'y a pas d'enjeu de croissance, que de l'enfant en bas âge qui lui a un réel enjeu d'apport en nutriments qui sont essentiels pour favoriser sa croissance.
- Speaker #0
Complètement. Alors surtout, il faut laisser passer des traces. Il faut laisser passer des traces. Parce que les parents nous disent, mais si je vois... On ne peut plus rien lui donner à manger. Le moindre truc qu'on peut acheter, il y a trace de lactose, trace de lait, etc. Comment on fait ? Donc, ils éliminent tout. Alors, surtout pas, comme on l'a déjà dit, surtout pas tout éliminer. C'est la même chose. On n'élimine pas tout. On laisse passer des traces. Il y a de très, très, très rares cas d'enfants allergiques, que ce soit au lait, à l'arachide ou à je ne sais quoi, où on interdit les traces parce qu'ils risquent de faire des réactions allergiques sévères, y compris avec des aliments qui contiennent des traces. D'ailleurs, pour l'anecdote, trace, ça ne veut rien dire. Ça veut dire qu'il y en a peut-être. Trace, c'est indosable. Donc, aucun industriel, aucun fabricant qui marque trace de fruits à coque, de crevettes, de tout ce que vous voulez, ne peut dire quelle quantité il y a dans son aliment. C'est vraiment, la majorité du temps, c'est de la précaution pour éviter, parce qu'il y a eu beaucoup de procès aux Etats-Unis pour l'arachide, etc. Donc, c'est vraiment plutôt de la précaution. Donc, on laisse passer les traces. Il n'y a aucun souci. il y en a toujours un... Parfois un tout petit peu. Et ça, ça ne provoque pas la réaction allergique parce qu'il y en a trop peu. Et ça permet de maintenir une micro-tolérance. Et l'allergie au lait... Sauf chez une très faible partie des enfants, à peu près 6-7%, l'allergie au lait disparaît. Donc elle disparaît entre 18 mois et 2 ans.
- Speaker #1
Ça c'est plutôt une belle lueur d'espoir.
- Speaker #0
Ça c'est une lueur d'espoir. Et on a des protocoles de réintroduction du lait à la maison qui sont un petit peu casse-pieds à faire, je le concède, sur des durées variables en fonction de l'importance de l'allergie. Mais en règle générale, c'est sur une soixantaine de jours. Donc, on fait ingérer à l'enfant, un peu comme une désensibilisation au pollen, etc. On fait ingérer à l'enfant une goutte de lait, un millilitre de lait dilué dans 99 millilitres d'eau bouillie 30 minutes. On lui fait ingérer le premier jour une goutte mélangée dans son alimentation. Le lendemain, deux gouttes, trois gouttes, etc. Puis, on augmente la concentration. On fait un millilitre de lait, 9 millilitres d'eau et on fait la même chose. puis on arrive au lait pur et on augmente par goutte et ensuite par gramme, etc.
- Speaker #1
C'est une réintroduction progressive.
- Speaker #0
Exactement, c'est une induction de tolérance au lait. Et ensuite, quand ils arrivent à 250 millilitres de lait au bout de 60 et quelques jours, 67 jours, alors on peut rester 3-4 jours à la même dose si on sent que c'est pas top top. Tout ça, c'est très précis,
- Speaker #1
c'est géré par l'allergologue et par le pédiatre.
- Speaker #0
On a des tableaux de réintroduction du lait qu'on donne aux patients et ils gèrent chez eux. On leur explique comment faire et c'est une... pas. Simplicité relative parce qu'ils vont faire bouillir le lait tous les jours.
- Speaker #1
J'aime bien ton message d'espoir parce que c'est vrai que c'est très compliqué pour les parents avec un bébé en bas âge qui présente des gros troubles digestifs et puis ça fait peur aux parents. Donc c'est bien de dire que tout ça, ça peut s'améliorer. De la même manière qu'on parle allergie alimentaire globalement et qu'on parle des bébés plus précisément, Qu'est-ce que tu aurais comme conseil à donner sur la diversification alimentaire, qui est quand même un moment clé, mais peut-être mal compris de la part des parents ? Qu'est-ce que tu pourrais expliquer dans le message le plus important à passer ?
- Speaker #0
Outre le fait de tout ce qu'on a dit comme facteur déclenchant, aggravant des allergies alimentaires, il y a aussi cette « mode » qui a été dans les années 70. Le bébé, c'est fait pour boire du lait. On introduit les aliments, on diversifie après un an. Ça a été une énorme mode chez les pédiatres, essentiellement chez les pédiatres, qui a fabriqué des allergiques alimentaires.
- Speaker #1
Mince. Donc on y revient.
- Speaker #0
Voilà. Donc ça, c'est depuis plusieurs années. Il y a eu des études gigantesques qui ont été faites, en particulier aux États-Unis, sur le fait qu'il faut diversifier. De quatre à neuf mois, on est dans une période de tolérance immunitaire. Et entre 4 et 9 mois, les bébés, on peut leur donner de tout à manger. Sauf s'ils recrachent parce qu'ils n'aiment pas ça. Mais ils peuvent manger de la pâte de cacahuète. Ils peuvent manger de la pâte d'amande. Ils peuvent manger un petit bout de crevette écrasée. Donc, il faut les faire goûter très,
- Speaker #1
très tôt en fait.
- Speaker #0
Tout. Peut-être pas les escargots. Mais le poisson, la viande, tous les légumes. Il faut leur faire manger. S'ils acceptent le goût de l'aliment, il faut leur en faire manger régulièrement et ils vont acquérir une tolérance qui non seulement va diminuer le risque d'allergie alimentaire aux cacahuètes, aux crevettes, aux aleufs, etc. quand ils seront un tout petit peu plus grands et qu'ils en mangeront plus régulièrement et en plus grosse quantité, mais en plus, ça permet de diminuer l'incidence de l'asthme à l'âge de 7 ans chez ces enfants.
- Speaker #1
Ok, donc il y a le lien entre les allergies alimentaires, la diversification et l'asthme.
- Speaker #0
Eh bien oui, c'est la marche allergique. La marche allergique, on est tout petit, on est allergique, on a plutôt de la dermatite atopique, des troubles digestifs, et on est allergique surtout aux aliments. Cette marche allergique, elle augmente jusqu'à l'âge de 4 ans. À l'âge de 4 ans, les allergies alimentaires diminuent, alors pas complètement, restent les allergies sévères, plus sévères, on va dire. aux arachides ou à l'œuf, etc. Et apparaissent, les deux courbes se croisent, apparaissent les allergies respiratoires. C'est vraiment une courbe qui se croise et les allergies alimentaires augmentent jusqu'à un certain âge, puis diminuent. Les allergies respiratoires sont nulles à la naissance et augmentent de façon exponentielle à partir de... et se déclenchent pour la... Alors, il y en a avant, mais... L'âge moyen de déclenchement, la fenêtre, c'est entre 4 et 6, 7 ans.
- Speaker #1
Là,
- Speaker #0
on bascule de l'allergie alimentaire à l'allergie respiratoire.
- Speaker #1
Les parents qui ont des enfants qui ont moins d'un an ont bien compris le message, bien diversifié. C'est le meilleur conseil de prévention qu'on pourrait donner. Maintenant, pour les parents qui ont des enfants 2 ans, 3 ans, 4 ans, il y a des... Conseil en particulier ?
- Speaker #0
Alors, là on sort du lait et de la farine de blé, qui peut aussi donner des allergies, mais plutôt chez l'adulte. On sort de ces aliments-là, on bascule dans les aliments les plus fréquents. C'est lesquels ? La cacahuète, l'œuf, les oléagineux, noix de cajou, etc. Et le poisson.
- Speaker #1
Voilà, ça c'est les plus fréquents.
- Speaker #0
Ça c'est les plus fréquents chez l'enfant. Donc ce sont des allergies qui apparaissent quand ils sont un petit peu plus grands. Ça peut même apparaître à 9-10 ans. L'allergie à l'arachide a beaucoup diminué. Il y a eu un énorme pic d'allergie à l'arachide il y a une vingtaine d'années parce qu'on en mettait partout, parce que ça ne coûte pas cher. C'est arrivé des États-Unis, on en mangeait à l'apéro, etc. Les industriels ont compris que ça donnait beaucoup d'allergies. Pour se protéger un petit peu des procès et autres, ils ont diminué la présence d'arachides dans les produits transformés. Alors, pour mettre plutôt de l'huile de palme, qui ne donne pas d'allergie, mais comme on le sait tous, ce n'est pas particulièrement bon pour la santé. Bon, peu importe, on en revient toujours au même. Faites vos gâteaux vous-même, ne les achetez pas dans le commerce. Et donc, ces allergies-là qui apparaissent... à l'âge un petit peu plus grand, chez des enfants qui n'ont rien eu avec le lait, qui n'ont jamais rien eu, ce sont très rarement des allergies digestives. C'est à symptomatologie digestive. Ce sont plutôt des allergies à type d'urticaire, de gonflement des lèvres, des paupières, des choses comme ça. Et ce sont des allergies immédiates, comme on l'a dit tout à l'heure, qui surviennent tout de suite après la consommation. Donc là, c'est la même chose. Jusqu'à pendant des années, on a dit éviction stricte. Sauf trace. Et puis on s'est dit, en fait, on s'est rendu compte que la réintroduction de l'aliment accidentellement donnait des réactions beaucoup plus sévères que si l'enfant en avait mangé un petit peu, de façon très limitée. Donc, on a changé complètement le paradigme de la prise en charge de ces allergies alimentaires. On les surveille. On les surveille avec des dosages d'anticorps contre les allergènes moléculaires, contre les molécules. certaines molécules dans un aliment. donne des allergies, d'autres n'en donne pas. Et donne des allergies sévères, d'autres donne des allergies absolument pas sévères, tout à fait tolérables et qui donne très peu de symptômes. Donc on surveille, on surveille ça. Et quand on arrive à un taux d'anticorps qui est... Alors, pour chaque aliment, je ne peux pas donner d'exemple, mais pour l'œuf, c'est telle dose, pour la cacahuète, c'est telle dose, etc. On fait de plus en plus... Alors, il y a un problème de démographie d'allergologues. deux centres hospitaliers. L'accès aux soins est difficile. L'accès aux soins est très compliqué, mais on fait ce qu'on appelle des TPO, des tests de provocation orale. C'est-à-dire qu'on fait consommer des doses progressives de cacahuètes à un enfant qui a été allergique à la cacahuète et on arrive jusqu'à une dose seuil. Quand on arrive à une dose équivalente à tant de grammes de cacahuètes et que l'enfant n'a présenté aucun symptôme, on commence ce qu'on appelle une introduction, exactement comme pour le lait. Oui, c'est pareil. Une introduction progressive. Mais ça,
- Speaker #1
ça va être pour le parent qui a un suivi, qui a la chance d'avoir un suivi avec un allergologue, quand ce n'est pas le cas. Pour les parents qui ont des enfants comme ça, où il y a ces allergies, à ces cinq allergènes que tu as cités. La consigne, c'est quoi ?
- Speaker #0
La noix de cajou, ça augmente en flèche.
- Speaker #1
Ok, donc la consigne, c'est quoi ? C'est une éviction totale pour éviter l'allergie.
- Speaker #0
sauf trace, mais on sait que... Et plus on laisse les enfants en éviction, et plus ils vont garder longtemps leur allergie.
- Speaker #1
Donc on laisse les traces. On laisse passer les traces. On voit passer trace 2, parce que moi je connais plein de mamans d'école pareilles qui regardent toutes les étiquettes et dès qu'elles voient trace, elles disent non, non, non, t'en manges pas, ça peut être trop grave. Donc tu conseilles de laisser ces paquets-là. Avec des traces. Sauf si allergique gravissime.
- Speaker #0
Voilà, avec diagnostiqué, donc qui sont déjà dans le parcours de soins, diagnostiqué allergique gravissime aux traces. Et à ce moment-là, on enlève les traces. Mais les autres, non. On laisse toutes les traces. Ça n'a pas de sens de les enlever. D'accord,
- Speaker #1
ça c'est intéressant.
- Speaker #0
Dans un monde idéal, cette fois, si j'avais une baguette magique, si j'avais une baguette magique, je dirais à tous les parents qui ont un enfant qui a réagi quand il a mangé son premier curly et puis la deuxième fois, il a réagi un petit peu plus. Donc les parents se sont dit, il est allergique au curly, donc à la cacahuète. Ils ne font pas de bilan. Et quand le bilan n'est pas fait, l'enfant n'est pas suivi et il ne mange plus de cacahuètes jusqu'à la fin de ses jours. Sauf que si par accident, il en mange à l'adolescence, quand il va commencer à aller manger chez les copains, en extérieur, etc. et qu'il ne regarde pas les étiquettes, parce que lui, l'adolescent, les étiquettes, il s'en fiche, et qu'il va consommer de la cacahuète, il va faire une réaction beaucoup plus sévère.
- Speaker #1
Donc on constate vraiment dans ce que tu dis que de toute façon, on est d'accord pour se dire qu'une éviction drastique, radicale, ce n'est pas bon. Il ne faut pas le faire. Sauf s'il y a eu une allergie gravissime. Et c'est quelques cas.
- Speaker #0
Si l'ergologue dit non, on vous interdit, c'est interdit, pas de traces, c'est pas possible, il va faire une réaction ou elle va faire une réaction, c'est pas de traces. Mais ça c'est rare, dans ta pratique à toi, c'est rare. Ah non mais moi, je vois, je sais pas, peut-être, on va dire 15 enfants allergiques alimentaires par semaine. Oui. Sur Heu... tous ces enfants, ces milliers d'enfants que j'ai vus depuis X années où je travaille, depuis 44 ans. Alors évidemment, l'allergie augmente, puis on a évolué dans nos pratiques aussi, dans nos prises en charge. Mais il y en a peut-être, allez, de toute ma carrière, 10 à qui je viens de perdre des traces.
- Speaker #1
Donc voilà, on retenons ça, parce que toi, tu es allergologue, tu ne vois que ça en consultation. Et donc si tu en vois très peu, ça veut dire, laissez les traces, en gros, sur les aliments. Exactement.
- Speaker #0
Et puis, dans le meilleur des cas, si on en a la possibilité, c'est de faire un test de provocation et de faire tolérer l'aliment. Alors, le lait, ça se fait à domicile. L'œuf, ça peut éventuellement se faire à domicile parce que l'œuf, ça disparaît aussi aux alentours de 5-6 ans. Ça disparaît, donc ça peut se faire à domicile. La farine de blé, ça peut se faire à domicile. Il y a aussi des enfants vraiment allergiques à la farine de blé. Le reste, l'arachide, la noix de cajou, le poisson, la crevette, les allergènes un petit peu plus à risque, on va dire, c'est en milieu hospitalier. C'est en pédiatrie, en milieu hospitalier.
- Speaker #1
Merci beaucoup déjà Isabelle sur toutes ces données-là, sur les allergies. Mais alors si je reviens pour l'adulte, on parle des allergies croisées souvent, et les allergies qui... arrivent, qui sont nouvelles chez l'adulte. Tu peux nous donner, qu'on comprenne bien l'explication et des exemples sur j'ai 30-40 ans, je deviens allergique à tel aliment. Ou alors, j'entends parler d'allergies croisées entre différents fruits, avec des légumes, ou je suis allergique à la pomme. Donne-nous juste deux-trois exemples qu'on comprenne bien.
- Speaker #0
Chez l'adulte, il y a deux types d'allergies. Des allergies comme chez l'enfant. Ça peut être la crevette, le poisson, plutôt des allergènes animaux. Et il y a également Beaucoup, beaucoup de plus en plus d'allergies dites croisées, parce qu'en fait, quand on croque dans une pomme, il va y avoir des allergènes qui sont aussi présents dans les pollens. Et quand on est allergique aux pollens, de bouleau, de graminée, on a inhalé ces protéines et un jour, pourquoi, comment ? On n'a pas d'explication. À n'importe quel âge, en croquant dans une pomme, on a des démangeaisons dans la bouche, un petit peu les lèvres qui gonflent, un petit peu la gorge qui gratte, mais ça s'arrête là, c'est pas grave.
- Speaker #1
Et on croit que c'est la pomme, alors que pas du tout.
- Speaker #0
Alors que, effectivement, c'est la pomme qui déclenche, mais c'est parce qu'on est allergique aux boulaines. Et on peut être allergique à la pomme et à la cerise et à l'abricot ou que à la pomme ou que au kiwi. C'est complètement variable selon les individus.
- Speaker #1
Donc, en fait, on doit faire attention pour les adultes, surtout à quels symptômes quand on est allergique, quand on devient allergique et qu'on ne l'était pas.
- Speaker #0
Alors, les symptômes d'allergie croisée, ils sont... vraiment mineurs. C'est désagréable, mais ce n'est pas grave. Ça picote, c'est tout. Les allergies qui ressemblent aux allergies de l'enfant et qui sont à prendre en compte chez l'adulte, ce sont les allergies qui vont donner des démangeaisons généralisées, des plaques partout, dans les secondes ou les minutes qui suivent la consommation. Ce sont des vraies allergies qui ne sont pas croisées avec autre chose.
- Speaker #1
Et ça, ça doit alerter.
- Speaker #0
Et ça, ça alerte. D'accord, c'est très clair.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour toutes ces informations. Pour clore notre entretien qui était vraiment très clair pour beaucoup de monde, j'espère, en tout cas pour nous ça l'était, si on retenait un conseil de toi, Isabelle Bousset, médecin allergologue depuis longtemps et qui connaît bien ce sujet, pour les enfants, si tu as un conseil, un seul, à donner aux parents sur ces allergies alimentaires.
- Speaker #0
s'alerter devant des symptômes qui sont vraiment anormaux. diversifier entre 4 et 9 mois et ne pas supprimer de façon drastique et sans avis médical un aliment ou des aliments au risque d'entraîner des carences chez les enfants.
- Speaker #1
D'accord, super. Et ton conseil en prévention pour les adultes, pour les allergies alimentaires ?
- Speaker #0
Pour les adultes, c'est un petit peu plus compliqué parce qu'il n'y a pas vraiment de prévention. Ça arrive un petit peu n'importe quand, à n'importe quel âge, etc. Mais quand on sait qu'on est allergique aux pollens et qu'on commence à sentir des petits symptômes avec les fruits, là, il faut peut-être aller voir l'allergologue. Et il y a des solutions pour tolérer, faire retolérer les fruits. Parce que les fruits et les légumes crus, ce sont quand même des aliments extrêmement importants pour la nutrition. Et donc, il y a des solutions. Et donc, il y a des solutions.
- Speaker #1
Et donc, pour les intolérances, on en parlait. L'idée, c'est peut-être de diminuer la consommation. C'est tout. Et de voir à quel moment on est confortable.
- Speaker #0
Exactement. Rien de méchant non plus. Non plus. C'est très désagréable, mais ce n'est pas grave.
- Speaker #1
Merci infiniment. Je vous laisse partager cet épisode si jamais il vous a plu. Et surtout, n'hésitez pas à nous laisser 5 étoiles si vous avez aimé. Partagez parce que ça, ça nous aide beaucoup. Et merci beaucoup, docteur Isabelle Bousset, d'être venu. Je vous invite à réécouter l'épisode qu'on avait enregistré sur les allergies respiratoires. Puisque bien souvent, tout ça, c'est lié. Et tu nous l'as dit en conclusion. Donc, merci beaucoup en tout cas d'être venu avec nous enregistrer ces deux émissions. Merci.
- Speaker #0
Merci à toi. de m'avoir sollicité. J'espère que les auditeurs vont avoir des informations qui n'ont pas forcément accès. En consultation, on n'a pas le temps. Et puis, on n'a pas toujours le temps de lire les articles spécifiques. J'espère que ça va les aider.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté Advitam, le podcast de médecine préventive. Retrouvez le docteur Sarah Longer sur les réseaux sociaux pour échanger. et abonnez-vous sur votre plateforme d'écoute préférée.