- Speaker #0
C'est l'instant ! Eh, il a les cheveux mouillés, alors pas dehors ! Pas dehors ! On essaie de jouer au football !
- Speaker #1
C'est peur de quoi ? C'est l'exordi qui ?
- Speaker #0
Pas chacun son tour,
- Speaker #1
c'est tout le monde ensemble. C'est là où l'ADN Foot est puissant.
- Speaker #2
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le podcast ADN Foot. Durant chaque épisode, mon invité parle de son amour pour le foot, de son enfance à aujourd'hui, mais aussi de son activité professionnelle, si cette dernière s'articule autour du football. C'est Brams au micro et je vous invite à découvrir la première partie de ce nouvel épisode d'ADN Foot dans lequel j'ai le plaisir de recevoir Laurent Edria, préparateur mental auprès des footballeurs professionnels et amateurs. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast ADN Foot dans lequel j'ai le plaisir de recevoir Laurent Edria, préparateur mental auprès des joueurs professionnels de football. Alors bonjour Laurent.
- Speaker #1
Salut Brahim, merci pour ton invite.
- Speaker #2
Merci d'avoir accepté mon invitation, c'est très gentil de ta part. Alors Laurent, pour commencer ce nouvel épisode d'ADN Foot, je vais simplement te demander de te présenter auprès des auditrices et des auditeurs qui ne te connaîtraient pas encore.
- Speaker #1
Très bien, écoute Laurent Hedriga, je suis préparateur mental pour les joueurs de foot ambitieux, parce qu'il y en a des non-ambitieux, uniquement. Je fais cette activité depuis à peu près 2010. J'ai accompagné plus de 400 joueurs professionnels, une soixantaine de joueurs amateurs et les jeunes qui sont souvent en centre de formation et qui veulent le contrat pro.
- Speaker #2
Le fameux sésame dont beaucoup de jeunes en centre de formation rêvent. On les comprend un peu pour être franc. Ok, très bien, merci pour cette présentation. On va commencer, avant d'aller dans le vif du sujet, de rentrer dans le vif du sujet et de parler de ton activité proprement dit. On va faire les choses étape par étape. Je voulais juste, pour commencer, je voulais savoir, c'est un peu le rituel aussi dans la DNFoot, je demande ça à chaque invité. Est-ce que, étant jeune, tu as baigné dans le foot, tu étais dans une famille qui a baigné dans le foot, tu étais passionné ? Jusqu'à ce que ça devienne ton activité professionnelle, ce n'était pas forcément un domaine qui t'attirait plus que ça.
- Speaker #1
Écoute, moi, j'ai joué au football très tôt, puisque j'ai fait, je ne sais pas si ça existe encore, l'école de foot. Donc, l'école de foot, c'était quatre ans. Puis après, les poussins à 7, à 11, etc. Les pupilles, les minimes, pour les plus anciens. Ils reviendront les catégories dont peut-être ils ont plus. Les cadets. C'est ça. et pourquoi du foot ? parce que mon père avait fait du foot je pense que s'il avait été danseur classique on ne serait pas aujourd'hui en face l'un de nos j'aurais pu faire de la danse c'est l'influence des parents ça complètement donc j'ai joué à l'époque ça s'appelait le S Massy et après le football club de Massy je crois qu'il y a eu une fusion dans l'Estone exactement dans l'Essonne parce que j'ai grandi à Massy et j'ai joué en jeune jusqu'à Birich à Thibon j'ai pu jouer en U17 NAS l'époque ça s'appelait les cadets nationaux pour les plus anciens encore alors pour le joueur de district que j'étais c'est quand même pas anodin d'arriver à un niveau de
- Speaker #2
bon là je vais dire U17 mais cadet national Aujourd'hui, tu es préparateur mental auprès des joueurs pros, mais quand même, ça veut dire que tu as connu l'autre côté de la barrière, comme on dit, puisque tu as été joueur à U17 National, c'est quand même un niveau non négligeable.
- Speaker #1
Écoute, je ne m'en suis pas aperçu, parce que quand j'étais dans cette spirale sportive, je ne pensais qu'à ça, j'étais obsédé. Comme je n'avais pas beaucoup de talent, je pense que mon obsession m'a beaucoup aidé par rapport aux autres. puisque je commençais toujours dans l'équipe 2 chaque année et je finissais toujours dans l'équipe 1. Voilà, ça a été tout le temps ça, parce que j'étais plus petit, j'étais plus chétif, plus... Donc, j'étais moins en vue. Je n'étais pas toujours le premier choix des coachs pour faire la fameuse équipe première des jeunes.
- Speaker #2
Et du coup, c'était à quel poste ?
- Speaker #1
Alors moi, j'étais un poète, j'étais un artiste, j'étais stopper.
- Speaker #2
Ah oui, d'accord. Ok D'accord, le Zidane de la défense.
- Speaker #1
Voilà. Et à l'époque, on était en marquage individuel.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Donc un grand poète, vraiment un très très grand poète.
- Speaker #2
Ok, d'où un côté entre guillemets hargneux et besogneux nécessaire pour réussir à ce poste en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est lui ou c'est moi.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Voilà, et moi je rentrais avec ça. Je rentrais avec ça en tête, c'est lui ou c'est moi. Donc moi c'était le numéro 9 que je devais marquer, lui devait marquer et moi je devais le marquer. D'accord. Et au final, mon objectif, mon obsession de l'époque... C'était que mon numéro 9, adversaire bien entendu, ne devait pas marquer. Et si jamais il marquait, je ne m'appelais plus Laurent Edria.
- Speaker #2
D'accord. C'était vraiment déjà... Il y a quand même un aspect mental déjà.
- Speaker #1
Ah bah là, si jamais il marque, on pique mon nom. T'es débaptisé, t'es orphelin. C'est un enjeu important. Et en prime, tu vois la tête de ton père qui te dit, « Tu fais attention à notre nom de famille. »
- Speaker #2
L'honneur familial, là, si on le touche... C'est un peu ce que j'avais sur le dos. Voilà, oui. Donc, effectivement, tu étais déjà dans un processus... Parce que toi-même, tu dis, je reprends tes mots de début d'interview, tu dis que... Tu n'étais pas forcément bon. Alors moi, quand tu me dis ça, j'ai les oreilles qui saignent un peu parce que moi, j'étais joueur de district. Mais ce que je veux dire par là, c'est que tu avais conscience que l'aspect mental, l'aspect psychologique, la préparation du match était déjà importante pour réussir ton match.
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est de la conscience. En tous les cas, j'étais programmé pour faire ça. Ce n'était pas en pleine conscience. Vraiment pas. C'était naturel, en fait. Exactement. C'était en moi. Parce que si je voulais exister sur le terrain, j'étais obligé de passer par là. D'accord. Ce n'était pas sur mon talent qu'il fallait que je compte, c'était plutôt sur ça. Ma capacité, ma rage et ma hargne.
- Speaker #2
Donc ton aspect physique quand même, puisque bon, ça c'est indissociable du haut niveau quand même. Mais est-ce que ton père déjà te parlait de cet aspect-là ou c'était intuitif ?
- Speaker #1
Non, c'était vraiment intuitif parce que mon père, lui, c'était... Le football, champagne, c'était dribble, passement de jambes, etc. D'accord. Moi, ce n'était pas ça du tout.
- Speaker #2
Ah oui, pour caricaturer, c'était Platini d'un côté, et même si ce n'était pas le même poste, Schumacher de l'autre. Complètement.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #2
Absolument. Bon, Schumacher, un grand ami de l'équipe de France, malheureusement. D'ailleurs, en parlant de Schumacher, est-ce que tu as quelques souvenirs de foot comme ça, en dehors de... De ton côté joueur, des choses qui t'ont marqué dans ton enfance ou dans ton adolescence ?
- Speaker #1
Parce que tu parles de Schumacher et c'est en plus une période où je me construisais moi en tant que jeune footballeur. C'était 1982 avec cette fameuse demi-finale de Coupe du Monde. Où Schumacher justement avait dégommé la tête, le pied, le torse, tout de Battiston. Antique.
- Speaker #2
Je crois qu'à l'époque il n'y avait pas la VAR.
- Speaker #1
Donc c'était difficile de voir que c'était intentionnel et que ça annulait une action de but. C'était compliqué de le voir ça.
- Speaker #2
C'est fou comme ce match a vraiment marqué une époque. C'est incroyable parce que les gens qui l'ont vécu, je pense que très très peu l'ont oublié. Il y a tout un aspect historique forcément par rapport à l'adversaire. Et l'équipe de France qui n'a pas beaucoup gagné depuis 1958, entre guillemets puisque les années 60-70 sont... ont été des décennies de disettes. Et c'est vrai que la France, qui n'avait pas l'habitude de gagner, qui, je ne veux pas dire loser, bien sûr, mais qui devait apprendre à gagner, 3-1, on est en finale. Et là, derrière, malheureusement, c'est le drame. Mais c'est le drame. Alors, bien sûr, on ne parle que de foot. Mais ça a été vraiment un séisme total. Moi, je ne l'ai pas vécu. Je n'avais même pas un an. Mais effectivement, dans les témoignages des supporters et supportrices, c'est incroyable comme ce match revient constamment.
- Speaker #1
Oui, parce que les souvenirs que l'on se fabrique ou construit ou qu'on garde vraiment en mémoire dans notre disque dur sont souvent liés finalement à une émotion. Et là, que d'émotions, comme dirait l'autre. Que d'émotions dans ce match. Donc forcément, que de souvenirs. Il y en a qui vont se souvenir de Schumacher, d'autres qui vont se souvenir... Des buts, des tirs de pénalty, tout le monde va se souvenir d'un truc précis en ce qui on est vraiment.
- Speaker #2
Il y a la fameuse phrase de Larqué, en retrait pour Giresse, celle-là, c'est devenu un classique. Deux ans plus tard, heureusement, les lendemains étaient un peu plus heureux. Victoire à l'Euro 84, demi-finale légendaire en 1986 contre le Brésil. Quart de finale contre le Brésil. Et demi-finale encore contre ces mêmes Allemands. Décidément, on n'y arrive pas. Quelques souvenirs de 1998 aussi, j'imagine ?
- Speaker #1
Oui, mais là, comme tout le monde. Je n'avais pas les mêmes émotions parce que moi, je travaillais. C'était fini pour moi le football. J'étais passé dans autre chose. C'était sérieux. Même si le football peut être très sérieux, mais en tous les cas, j'étais dans ma carrière professionnelle.
- Speaker #2
Oui, c'est différent.
- Speaker #1
En dehors du football, donc. Oui,
- Speaker #2
tu voyais ça de loin. Et d'ailleurs, pour revenir à ton profil de joueur en nationaux, euh Une fois que tu as compris que tu n'irais pas plus loin, tu as continué à jouer en amateur ou tu as totalement arrêté ?
- Speaker #1
J'ai continué une petite année, mais la flamme avait disparu. C'est-à-dire que je n'ai pas su gérer, mais comme beaucoup, le fait d'avoir été un petit peu remplaçant. Moi, je ne savais pas ce que c'était que d'être un petit peu remplaçant. Moi, j'étais titulaire, j'avais éventuellement le brassard, etc. Donc, il s'est passé tellement de choses sur ces années à Vierich-Atillon. que ça a un peu dégradé, si tu veux, ma condition de footballeur d'élite. Ou tu baisses un petit peu.
- Speaker #2
Donc, quand tu dis que tu commençais par l'équipe 2 et t'allais en équipe 1, finalement, c'était toujours dans des statuts de titulaire, en fait. Dans des rôles de titulaire.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. À l'époque, c'était la DH, la division d'opérations. À l'époque, c'était le Maratras. On partait en quart. Et tout le monde était dedans. Les pipis, les minimes et les cadets. Et on partait. jouer à l'extérieur. C'est simple.
- Speaker #2
D'accord, donc une fois, tu as continué une petite année et ensuite, tu t'es arrêté pour te consacrer à ta carrière, à tes études, à ton travail.
- Speaker #1
Et puis, tu sais, c'est cette notion de sens. Est-ce que ça a encore du sens pour moi ? On le fait aussi en coaching mental. Quel sens ça a pour moi de jouer encore au football ? À l'époque, ça n'en avait plus.
- Speaker #2
D'accord. Après, il ne faut pas se mentir à soi-même. À un moment donné, si ça ne convient plus, ça ne convient plus. Donc, effectivement, c'est...
- Speaker #1
Oui, mais là aussi, ça peut ne plus convenir, mais tu peux continuer à jouer. Tu aurais pu continuer à jouer à un autre niveau. C'est possible. Ou faire des fives avec des potes. Non, là, c'est rien.
- Speaker #2
Mais je pense que le foot réapparaîtra dans ta vie à un moment ou à un autre. Je ne sais pas pourquoi je dis ça, mais c'est fort possible. On va peut-être en parler dans la suite de l'interview. OK, très bien. Alors, on va passer à... à cette transition professionnelle vers ce métier de préparateur mental ? Parce que dans ta vie professionnelle, au départ, ce n'était pas du tout ton milieu en fait.
- Speaker #1
Oui, complètement. Moi, j'ai commencé mon activité professionnelle, j'ai été commercial, je vendais de la prestation de services, puis j'ai été responsable d'exploitation, directeur commercial, directeur des opérations, directeur général. Voilà, j'ai eu ces missions-là dans les métiers de service. où il y avait une notion de management, de positionnement, de posture, qui était très importante, et puis surtout de persévérance. Et tout ça, je l'ai capté dans le football. Quand tu n'as pas de talent, il faut que tu sois persévérant et travailleur. Donc j'ai mis tout ce que j'avais appris dans le foot, dans l'entreprise, dans les différentes fonctions que j'ai pu avoir.
- Speaker #2
Ce sont des recettes communes qui fonctionnent dans les deux domaines, j'imagine.
- Speaker #1
Complètement, ça fait partie de la construction d'un homme. La persévérance, c'est quand même très important aujourd'hui. La combativité, jamais rien lâcher, la notion d'objectif. Tout ça, c'est vrai pour la vie, pour le simple piéton que j'étais.
- Speaker #2
Et pour fédérer une équipe derrière toi, c'est très inspirant en fait.
- Speaker #1
Oui, il y a une posture à avoir, des choses à dire au bon moment pour les amener à un objectif commun. qu'on a du mal à retrouver souvent dans le football, l'objectif commun.
- Speaker #2
Ah oui, forcément, oui. Mais c'est vrai que là, on est dans le monde professionnel, mais c'est vrai que la crédibilité d'un manager, c'est un des aspects principaux. Et à partir de là, si les choses sont bien faites, tout le monde suit derrière. Ça, c'est plus facile à dire qu'à faire, bien sûr. Mais ce sont déjà quelques... Quelques éléments qui vont te servir pour ta vie professionnelle d'après, finalement.
- Speaker #1
Complètement, absolument.
- Speaker #2
Et alors, cette transition vers le métier de préparateur mental dans le monde du foot, j'imagine qu'elle n'est pas directe. Quels sont les paliers pour arriver jusque là ?
- Speaker #1
Déjà, il faut se faire virer. Pour tout le monde, pour ceux qui veulent un jour être préparateur mental dans le foot, faites-vous virer. Commencez déjà par vous virer, parce que c'était mon chemin. Je ne sais pas si tout le monde aura le même chemin.
- Speaker #2
On évite la faute lourde quand même. On évite la faute lourde.
- Speaker #1
On n'a pas toujours les cartes en main. Ce n'est pas toi qui écris la grisette. Oui,
- Speaker #2
bien sûr. Bien sûr, bien sûr. Tout à fait.
- Speaker #1
Donc, un, moi, je me suis fait virer. Et pourtant, j'étais un dieu. Je travaillais pour un groupe hollandais. J'étais un dieu pour eux, pour le développement du business, pour la gestion des collaborateurs, des clients, etc. ça ne correspondait plus à ce qu'ils voulaient faire de la division en France. Et donc, ils ont appuyé sur le bouton et ils m'ont dégagé. Donc, je me suis retrouvé avec mon petit carton chez moi à la maison, en cinq minutes.
- Speaker #2
Du jour au lendemain ?
- Speaker #1
Du jour au lendemain, comme ça.
- Speaker #2
Ah oui,
- Speaker #1
d'accord. À l'anglo-saxonne. Ah oui,
- Speaker #2
oui. Ok, d'accord.
- Speaker #1
Et quand je suis rentré chez moi, avec mon petit carton, j'étais content. Ah. Et là, je me suis dit, il y a ce Laurent.
- Speaker #2
c'est bizarre
- Speaker #1
Tu as un super salaire, tu as une voiture qui gagne 2 cm à chaque fois que tu prends une fonction supplémentaire. Ce n'est pas normal d'être content. Et donc, j'ai fait un travail sur moi. J'ai fait une introspection. Je me suis formé au métier du coaching pour bien comprendre ce qui s'était passé ou ce qui se passait actuellement chez moi à 40 ans.
- Speaker #2
D'accord. Déjà, ne serait-ce que cet aspect des choses, le fait de ne pas être plus impacté que ça par ce licenciement, ça t'a amené à te questionner. et à aller au plus profond pour donner un sens à tout ça.
- Speaker #1
Exactement, parce que quand tu es dedans, tu ne te rends pas compte que tu ne vas pas bien, que ce n'est pas vraiment ça, que tes valeurs sont un peu malmenées, que l'objectif qu'on te donne maintenant n'est plus adapté à ta personnalité, même plus au marché d'ailleurs, etc. La société en question a disparu depuis parce qu'ils se sont pompés. Mais en même temps, moi, ça m'était mal à l'aise parce que je ne pouvais pas être performant. puisqu'il m'enlevait des outils pour être performant. Et moi, je veux être performant. Donc, quand on t'empêche d'être performant, ça contrarie forcément ta valeur performance. Et tout ça, c'est compliqué. C'est compliqué à vivre. Mais il faut être en dehors pour bien comprendre. Quand tu es dedans, tu es broyé par la machine.
- Speaker #2
Oui, tu as la tête dans le guidon. C'est dur de prendre du recul, en fait.
- Speaker #1
Complètement, absolument.
- Speaker #2
Donc, c'est une mauvaise nouvelle sur le coup, mais c'est quelque chose de salutaire, finalement.
- Speaker #1
Oh, quel bonheur. Merci de m'avoir viré.
- Speaker #2
Ce n'est pas une phrase qu'on entend souvent, mais je note quand même. Et donc, tu as basculé dans le coaching, mais les footballeurs ne sont pas encore là. C'est dans le coaching des dirigeants d'entreprise. Ça reste dans l'aspect professionnel classique, on va dire.
- Speaker #1
Effectivement, parce que je ne savais rien faire d'autre que diriger les entreprises. Je me suis dit, je vais me former au coaching et aider les dirigeants à développer leur chiffre d'affaires. avec l'aspect mental, à rentabiliser leurs affaires, à mieux manager leurs collaborateurs. Et donc, j'ai démarré par coach de dirigeant, tout simplement. Voilà.
- Speaker #2
Tu n'as pas coaché ceux qui t'ont licencié ? Non,
- Speaker #1
mais ça, c'est indécrottable. C'est en eux, ce sont leurs erreurs.
- Speaker #2
Ok, d'accord.
- Speaker #1
Ils ont certainement eu raison, de leur point de vue. Encore une fois.
- Speaker #2
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
De leur point de vue, ils avaient certainement raison. Bon, quand on a vu le résultat.
- Speaker #2
Et tu fais ça pendant combien de temps, là, dans le coaching de dirigeant d'entreprise ?
- Speaker #1
Pendant deux ans. Et dans ces deux ans, j'ai l'opportunité d'accompagner un dirigeant de grand groupe qui avait son frère. Alors, je fais souvent la blague. Son frère, non pas qui était gendarme, comme dans les bronzés. Ce n'est pas ce beau frère-là. C'est quelqu'un qui était agent de joueur.
- Speaker #2
Ah, on y vient. D'accord. OK. Donc, c'est la porte d'entrée.
- Speaker #1
Oui, complètement. On s'est rencontrés, voilà, et puis on a démarré avec un premier joueur, avec qui d'ailleurs j'étais en contact il n'y a pas longtemps, parce qu'il est en retraite, parce que depuis le temps que je fais ça, j'ai beaucoup de joueurs qui sont à la retraite maintenant. Ah oui,
- Speaker #2
ah oui.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #2
Ah oui, plus de 400 joueurs, effectivement.
- Speaker #1
Oui, oui, oui, forcément. Et puis tu n'en as pas 200 par saison, heureusement. Ah bah oui. Parce que tu ne pourrais pas bien t'en occuper. Voilà, donc j'ai démarré avec un premier gros joueur, puis un deuxième gros joueur, et un troisième.
- Speaker #2
et Juste à ce niveau-là, à ce moment-là, est-ce que tu as besoin de bagages supplémentaires, de formations supplémentaires pour basculer dans le monde du foot ou est-ce que déjà ton bagage jusque-là te suffit amplement ? Pour t'adapter en fait. Oui,
- Speaker #1
c'est intéressant ce que tu dis. Alors déjà, moi j'ai été formé et en plus, j'ai toujours eu ça en moi, c'est de l'intuition. J'ai toujours fonctionné avec beaucoup, beaucoup d'intuition, mais c'était mal rangé. C'était rien. Alors, j'ai gardé mon intuition et j'ai bien construit ça avec la formation que j'ai pu obtenir. Donc, la formation plus l'intuition, j'ai associé les deux. Je n'ai pas enlevé l'intuition, parce que tu en as beaucoup dans le coaching mental qui disent l'intuition, attention, il y a des programmes, il y a des process, etc.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Voilà. Moi, je fonctionne encore avec ça, l'intuition. Je ne vais pas m'enlever un truc qui m'a fait gagner. Donc, je continue avec ça. Plus ce que j'ai appris, plus après, aujourd'hui, mon expérience. meilleur aujourd'hui que j'ai été meilleur avec mon premier joueur. Bien évidemment. Et ça, tout ça associé, fait que tout va très vite. Donc là,
- Speaker #2
entre guillemets, la mayonnaise prend au fur et à mesure, puisque tu as un joueur, deux joueurs, le bouche à oreille, etc. Et donc, ça devient pleinement ton activité. Alors, avant de vraiment basculer dans le cœur de la chose, comme on dit, j'ai une question banale. On a eu de la poser cent mille fois, mais Il n'y a pas longtemps, il y avait un des frères Lebrun qui était en demi-finale d'un tournoi de tennis de table, une espèce de master dans le ping-pong à Montpellier. Il arrive en demi-finale, il n'y a pas de photo, il perd le match. Je vois sur les réseaux qu'il n'a pas le mental. Il n'a pas le mental, il n'a pas le mental. Je dis ça, mais les gars, il est déjà en demi-finale. Pour le tennis de table européen, c'est déjà quelque chose quand même. même si bien sûr il faut toujours aspirer à aller plus loin mais moi je lis ça et je me suis posé la question pour vous c'est quoi le mental ? expliquez-moi je te pose la question en tant que préparateur mental quelle définition tu donnerais au mental pour un joueur de foot ?
- Speaker #1
très bien ce que tu poses comme question parce que ça dépend du défi qu'il y a en face de toi parce que le mental c'est quoi ? C'est ni plus ni moins qu'un comportement adapté dans ton environnement, pas plus. Est-ce que dans l'environnement dans lequel je suis, mon comportement est adapté ? Si la réponse est non, il va falloir que tu travailles ton mental pour déprogrammer ce que tu as en tête et reprogrammer le bon programme dans cet environnement-là. Ça ne veut pas dire que ce que tu avais en tête n'était pas bon, ça ne veut pas dire ça. Ça veut juste dire que ce n'est pas adapté. à ton nouvel environnement. On le voit d'ailleurs avec beaucoup de joueurs qui se font transférer dans certains clubs. Ils jouent comme avant, ils ont été achetés 30, 40, 50, 100 millions, ils jouent comme avant et pourtant ils ne jouent pas. Et on parle d'intégration, de temps d'adaptation. C'est 100 millions quand même, il faut que ça s'adapte un peu plus rapidement.
- Speaker #2
Un retour sur investissement nécessaire.
- Speaker #1
Oui, et en fait, il n'est pas toujours nécessaire d'avoir un temps d'adaptation, d'intégration. Ça, c'est parce que l'être humain, il a du mal. à changer sa façon de faire dans cet environnement-là. Tout simplement.
- Speaker #2
Pendant que tu me parles, ce n'est pas du tout dans le conduit de l'interview, mais le joueur qui me venait en tête quand tu parles comme ça, je pense à Johan Gourcuff. Johan Gourcuff, c'est vraiment... J'ai beaucoup moins de connaissances que toi, bien sûr, et c'est en tant que supporter que je parle. C'est quelqu'un qui était très bien dans son environnement à Bordeaux, qui avait un coach avec qui Laurent Blanc, avec qui ça matchait très bien visiblement. Et aussi bien en équipe de France que dans son club de Lyon, les lendemains ont été difficiles. et après il y a tout un environnement médiatique on sent que l'individu n'était pas du tout à l'aise dans tout ce brouhaha dans tout ce cet environnement pesant qui peut vite vous faire sombrer. On sent que ça n'allait pas, qu'il n'était pas dans son élément, ce joueur. Mais bon, c'est aussi à ce moment-là que certains joueurs font la différence et pas d'autres.
- Speaker #1
Ça fait partie aussi du bagage technique que doit avoir un joueur de football, c'est tout terrain.
- Speaker #2
c'est vrai que De façon presque banale et habituelle, en début de saison, on parle de préparation physique. Mais on ne parle jamais de préparation mentale finalement. C'est vrai que c'est toujours le mois d'août, ils ne sont pas encore au top physiquement. Ça va venir, ça va venir. Et c'est vrai qu'avec quoi on réfléchit finalement ? Avec le cerveau. Donc c'est très étonnant que même aujourd'hui, cet aspect-là soit balbutié. Enfin balbutié, c'est peut-être un mot fort, mais qu'il ne soit pas aussi... autant important aux yeux des gens que l'aspect physique.
- Speaker #1
Tu fais bien de le dire sur la prépa physique. Et moi, je dis ça souvent aux joueurs que j'accompagne. Souvent, en fin de championnat, j'ai beaucoup de joueurs qui disent « Ah Laurent, j'ai vu ce que tu as fait avec mon pote de vestiaire. C'est vachement bien, j'aimerais bien aussi. Donc, dès que le championnat démarre, on bosse ensemble. » Non, non, non, non. On n'attend pas que le championnat démarre. C'est pendant la prépa. C'est pendant la prépa qu'on travaille le mental pour être prêt, pour démarrer un bon championnat. Et oui, la préparation mentale va aussi avec la préparation physique.
- Speaker #2
Oui, tout est dans le timing de travail.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #2
Si on revient à ta proximité avec les joueurs, à ton travail avec les joueurs, on va essayer de procéder dans l'ordre. Déjà, pour commencer... C'est le joueur qui te contacte, c'est l'entourage, c'est le club. Ça se passe comment en fait ? Bon, j'imagine que ce n'est pas 100% pareil, qu'il y a des cas différents, mais globalement ?
- Speaker #1
Alors globalement, les clubs, rarement de chez, rarement, voire jamais. Club, ce n'est pas une source importante. Ça peut être le coach qui a déjà travaillé avec moi par ailleurs dans un autre club qui peut m'appeler. Oui, mais le club en tant que tel, c'est très, très rare. Ou alors... Il faut vraiment qu'ils soient dans la merde, qu'ils aient vraiment tout essayé, qu'ils soient vraiment déjà condamnés.
- Speaker #2
C'est l'opération commando. Ce n'est pas le plus optimal, on va dire.
- Speaker #1
En général, et c'est encore vrai au début, et pourtant je pensais que ça les baissait un peu, ce sont les agents ou les avocats, peu importe, c'est tous ceux qui sont proches des joueurs. qui effectivement vont me contacter pour travailler avec tel ou tel joueur. Ça, c'est pour les pros. Pour les joueurs amateurs, en général, c'est un mix entre agents et les joueurs en direct quand je poste quelque chose sur Insta, etc. Ça fonctionne comme ça. Et pour les jeunes en centre de formation, c'est les parents.
- Speaker #2
Oui, parce qu'il y a aussi cet aspect-là de centre de formation qui est très important. On y viendra après, effectivement. Et alors, Tu as décidé, le joueur a décidé de travailler avec toi, vous avez eu un entretien j'imagine. La première étape dans la collaboration, c'est un mot qui est galvaudé mais qui est utilisé à droite à gauche, mais est-ce que tu fais un audit de la situation ? Les points forts, les points faibles, les axes d'amélioration, est-ce que déjà tu écoutes ce joueur ? Tu écoutes ce qu'il a à te dire ? Qu'est-ce qui te permet de faire un premier bilan de la situation ?
- Speaker #1
C'est ça, c'est comme une entreprise en fait. Il y a une situation qui visiblement ne fonctionne pas. Oui,
- Speaker #0
parce qu'on se rend oublié,
- Speaker #1
c'est qu'en France, on appelle aussi un préparateur mental quand ça ne va pas. On pourrait aussi appeler quand ça va bien. Moi, j'ai des joueurs qui m'appellent quand ça va bien. Tiens, il y en a un là-haut, Jean-Pierre Ensame.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Jean-Pierre Ensame, grand buteur dans le championnat suisse.
- Speaker #2
Une boss de Berne.
- Speaker #1
Exactement, voilà. Il ne m'a pas attendu pour marquer des buts. Voilà. Et après, il s'est dit, tiens, je ferai bien un truc en plus. Il m'a contacté. et aujourd'hui... plus il est vieux, entre guillemets, j'espère qu'il ne m'entendra pas, plus il se sent bien, plus il est efficace, et pourtant il traverse des périodes difficiles, etc.
- Speaker #2
Il a un parc de vie aujourd'hui.
- Speaker #1
Exactement. Là, il est déjà blessé. Il s'est refait le deuxième tendon d'Achille. Donc là, il est out, mais il connaît la recette du tendon. Il l'a déjà eu. Donc, on se reparle et il se remet dans cette position-là, dans l'état d'esprit qu'il faut pour revenir rapidement. Et pour remarquer dès le premier match de championnat quand il y a le premier.
- Speaker #2
D'accord. Ok. Et donc là, effectivement, tu fais un premier bilan. Dans ta méthode de travail, est-ce qu'il y a un socle commun de méthode qui est adaptable à tous les joueurs ? Et ensuite, en fonction du joueur, tu fais vraiment une adaptation personnalisée ? Est-ce qu'il y a forcément des éléments de travail que tu utilises avec tous les joueurs ?
- Speaker #1
Oui, il y a un socle. Il y a ce que j'appelle des fondations. Pour moi, les fondations reposent sur quatre poteaux, sur quatre piliers très importants. L'environnement du joueur, c'est ce qu'il vit aujourd'hui. Mais l'environnement large, pour qu'il comprenne bien ce qu'il est en train de vivre. C'est là où il a mis les pieds, quelque part. On travaille aussi sur la partie identitaire. C'est important parce que le joueur, en permanence, il joue avec deux identités. Alors déjà, moi, j'ai du mal à être moi-même. Je ne joue pas au foot, mais lui, il fait une activité sportive. Et en plus, il y a deux identités qui jouent en même temps. Tu as l'identité de l'équipe, l'ADN, la philosophie du coach. Et tu as son identité à lui. Tout ça dans un climat hostile, avec un ballon et avec ses pieds, parce que ce n'est pas avec les mains. Ça renforce la grande difficulté.
- Speaker #2
Et avec des milliers de personnes autour de lui.
- Speaker #1
C'est ça. Donc la partie identitaire est très importante. Il y a aussi finalement l'objectif, quelque part. Qu'est-ce qui peut faire avancer un sportif ou un joueur de foot ? C'est l'objectif. C'est le truc wow, le truc sexy, le truc désirable, le truc qu'on a vraiment envie d'atteindre. Souvent, les footballeurs n'en ont pas. Ils en ont un, mais ce n'est pas le bon. Parce que j'ai coutume de dire que l'objectif, il est le bon, c'est celui qui te porte.
- Speaker #0
Ce n'est pas celui que tu tires ou que tu pousses tous les matins quand tu te lèves. C'est celui qui te motive, c'est celui qui te porte, qui te rend les choses tellement légères, le travail tellement léger, les rations supplémentaires d'entraînement tellement légers que tu le fais volontiers parce que ça ne te coûte pas, parce que ça a du sens pour toi pour atteindre cet objectif que tu veux vraiment.
- Speaker #1
D'accord. C'est vrai que je me dis, pendant que tu me parles, je me dis que... Il doit y avoir beaucoup de joueurs quand même qui ne viennent pas d'un milieu social très aisé. À partir du moment où ils ont leur contrat pro, qu'ils ont mis entre guillemets les proches à l'abri, une maison pour les parents ou pour les proches, c'est vrai que derrière, il y a peut-être ce regain de motivation à aller chercher. C'est peut-être une situation que tu dois voir. Je ne sais pas si ça t'est déjà arrivé de voir cette situation-là avec tes joueurs.
- Speaker #0
Tous les jours. Dès l'instant où le joueur fonctionne moins bien, c'est que globalement, l'objectif qu'il a ne fait pas waouh. Ce n'est pas un truc qui transcende. Donc forcément, quand tu es sportif de haut niveau, si tu n'es pas transcendé en permanence, tu vas forcément régresser parce que les autres bossent à côté. Ou tu te fais doubler par un concurrent direct que tu as dans ton équipe ou sur le terrain, tu ressembles plus à un fantôme qu'autre chose parce que tu es moins animé. Il faut être animé. C'est très important. Effectivement. Et quand tu as atteint un objectif, par définition, tu l'as atteint. pour renouveler l'objectif.
- Speaker #1
Et dans cette définition d'objectif, j'imagine que c'est un travail à deux. Le joueur a également son mot à dire là-dessus par rapport à ce que tu lui présentes ou par rapport aux axes de progression que tu lui indiques.
- Speaker #0
Moi, je donne zéro conseil. En fait, tout ce qui va être mis en place par le joueur, c'est le joueur qui l'a déclaré et qui dit voilà, c'est ça que je vais faire.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Par contre, mon boulot, bien sûr, mon boulot, Merci. Tu es de l'amener à changer. Parce que quelque part, ce qu'il va mettre en place, c'est forcément quelque chose qu'il ne faisait pas auparavant.
- Speaker #1
Alors aujourd'hui, tu as travaillé avec beaucoup de joueurs. Mais est-ce que tu as senti au début de ta carrière de préparateur mental, certaines situations où il t'a fallu du temps pour gagner la confiance d'un joueur ? Parce que c'est quand même très personnel tout ça. Donc, est-ce que tu as déjà senti une espèce de barrière à franchir pour pouvoir justement aller de l'avant ?
- Speaker #0
Franchement, jamais.
- Speaker #1
Jamais ? Jamais,
- Speaker #0
parce que les joueurs étaient suffisamment dans la merde. Donc, quand ils étaient suffisamment dans la merde, j'arrête. Et après, ceux qui n'étaient pas vraiment dans la merde, prenons Jean-Pierre Insamé par exemple, ceux qui n'étaient pas vraiment dans la merde, ils avaient une telle soif de comprendre, d'améliorer un pilier qui n'est pas du tout travaillé dans les clubs. Pour moi, la performance, c'est quatre piliers. C'est la technique, la tactique, le physique et le mental. Tout le monde en parle, personne s'en sert. C'est un peu comme la religion. Tout le monde est religieux. Qu'est-ce que tu as fait pour ta religion la semaine dernière ? Voilà, c'est ça. Donc, c'est quand même très compliqué, ce truc-là. Donc, on dit qu'il faut avoir du mental, oui, mais personne ne pratique. Il n'y a pas de pratiquants, très peu de pratiquants. Ou alors, celui qui dit « c'est moi qui pratique » , c'est le coach. Et le coach qui veut animer, avoir un impact mental sur ses joueurs. Ce qu'il ne peut pas faire.
- Speaker #1
Oui, et puis comme j'imagine que ce n'est pas un sujet que les joueurs abordent facilement entre eux, parce qu'il y a quand même un côté fierté, un côté... C'est peut-être un aveu de faiblesse si j'en parle publiquement. Donc j'imagine que ça aussi, cette espèce de porte figée pour ne pas en parler aux autres, ce n'est pas quelque chose qui aide à faire progresser la matière. totalement.
- Speaker #0
Ceux qui en parlent du mental, aux autres, publiquement, lors d'interviews, c'est tous les anciens. Les anciens joueurs disent tous, je pense à Adil Rami quand je pense à ça, qui dit, si j'avais su, j'aurais bossé mon mental, j'aurais fait une autre carrière parce que moi, c'était les émotions, ça partait dans tous les sens, c'était freestyle, c'est les mots, c'est ces mots. J'aurais dû faire ça. C'est magnifique. Adil Rami aide tous les jeunes joueurs de football c'est qu'il doit y avoir une part de vrai là-dedans. Donc, je vais bosser mon mental.
- Speaker #1
Oui, il participe à la prise de conscience collective sur le sujet.
- Speaker #0
Parce que quand tu es dedans, tu ne t'en rends pas compte. Tu vis un truc, tu veux t'en sortir tout seul. Parce que dans notre éducation, démerde-toi. Tu es un sportif de haut niveau, démerde-toi, tu n'as qu'à bosser. Mais si bosser, ça servait en permanence à sortir de situations difficiles, ça se saurait. Bosser n'assure pas toujours à s'en sortir.
- Speaker #1
Et c'est vrai aussi qu'il y a cet aspect des choses, surtout avec les réseaux sociaux aujourd'hui, de... Bon, t'es joueur professionnel, de quoi tu te plains ? Voilà, c'est bon, t'es déjà un privilégié. Bon non, t'es pas un privilégié, t'as travaillé pour en arriver là. Alors que la personne qui dit ça, elle est assise derrière son fauteuil à critiquer tout le monde. Enfin bon, bref, c'est vrai qu'il y a beaucoup de choses qui n'aident pas. Est-ce que tu as une approche différente selon le poste du joueur ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Non, pas du tout. Ça ne rentre pas en ligne de compte.
- Speaker #0
Non, parce que finalement, bien sûr, ce que je vais faire va avoir un impact sur son football. Mais avant, ce que je cherche, c'est d'avoir un impact sur son identité, sur la personne en elle-même. Parce que moi, je ne fais pas mieux jouer un joueur de foot au football. Ce n'est pas vrai. Par contre, je vais lui permettre de jouer avec sa véritable identité et l'intégrité de son talent. Ça, oui, mais pas plus. Si le mec n'est pas gaucher, il n'est pas gaucher. Il ne va pas tirer du gauche de 25 mètres en pleine lucarne. Non, ça ne va pas arriver. Par contre, celui qui joue sans son jeu de tête, oui, ça, je vais pouvoir le faire. Parce qu'une tête, il en a une. Donc, il va pouvoir jouer avec ça. C'est plus facile. Mais un mec qui n'a pas de pied gauche ou pas de pied droit, s'il est gaucher, peu importe, ça, ça va être plutôt très compliqué.
- Speaker #1
Et tu dis que généralement, je dis bien généralement, les joueurs viennent te voir ou te contactent quand ils sont déjà, je ne vais pas dire dans une situation critique, mais une situation difficile. Est-ce que tu observes, j'imagine dans la majorité des cas ou dans la plupart des cas, c'est qu'ils ont moins de temps de jeu, c'est qu'ils sont remplaçants. Est-ce que tu observes une différence d'approche entre la personne qui est remplaçante et la personne qui est titulaire ? Est-ce que la personne qui est remplaçante, forcément, c'est qu'il y a des aspects relatifs à la préparation mentale qui lui manquent ?
- Speaker #0
Bien sûr, mais le titulaire aussi ? Parce que le titulaire, il va s'endormir, il est en train de s'embourgeoiser. à croire que ça y est, c'est fait, c'est acquis, qu'il y a une hiérarchie, lui aussi, il va avoir des grandes difficultés. Mais oui, celui qui est sur le banc, souvent, il a lâché. Il a lâché quelque chose. On prend l'exemple, parce qu'il y a la Coupe de France qui joue actuellement. Ça, c'est une opportunité, par exemple. Pour un joueur qui ne joue pas beaucoup, il y a souvent une espèce de rotation pendant la Coupe de France. C'est une opportunité. Mais il ne faut pas appeler le préparateur mental. Le match de Coupe de France est pressé, tu vois. Son équipe s'est fait sortir, parce que c'est un laboratoire, ce truc-là. Quand je te dis ça, je pense à un joueur que j'ai accompagné qui était en difficulté en France. Je peux en parler maintenant parce que je crois qu'il ne joue plus. C'est Ali Hamada. Ali Hamada, ça a été très difficile pour lui. On a un cul énorme. Il joue en Coupe de France. On prépare le match. Il pète tout lors du match de la Coupe de France. Et après, il se barre et il va signer un contrat en Turquie. S'il ne fait pas ce match-là, qu'est-ce qui se passe du reste de la carrière d'Ali Hamada ? Ça, c'est une question qu'il faut se poser.
- Speaker #1
Oui, surtout que c'est un gardien qui, malheureusement, c'est très ingrat, le rôle de gardien, parce qu'on va se souvenir des boulettes, des ratés. Et forcément, un gardien, quand il se rate, généralement, derrière, ça fait le tour des médias, ça fait le tour des réseaux sociaux, surtout des réseaux sociaux. Et ça, pour flinguer une carrière, c'est compliqué.
- Speaker #0
Ce jour-là, ce match-là, en Coupe de France, ça a été le véritable Ali Hamada, mon gardien. D'ailleurs, l'équipe turque n'est pas débile. S'ils l'ont pris, c'est qu'ils y ont vu quelque chose. Et ils ont bien fait.
- Speaker #1
Et vous avez travaillé combien de temps avant le match ? Une séance. Une séance ? Incroyable. Une séance. Oui, ce n'est pas préparateur mental, c'est magicien en fait.
- Speaker #0
Non, mais c'est facile. Les joueurs ont du talent. C'est facile.
- Speaker #1
Il faut aller chercher leur talent.
- Speaker #0
Ali Hamada, il ne m'a pas attendu pour être gardien de but.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Il était déjà gardien de but avant, seulement il jouait d'une façon qui ne faisait pas, qui l'empêchait finalement de briller, d'être le véritable Ali Hamada. Moi, j'ai enlevé tous les grains de sable dans l'engrenage et puis il a fait le boulot. C'est son boulot, c'est un joueur professionnel. Il est meilleur gardien de but que moi, ce n'est pas moi qui vais y aller.
- Speaker #1
Ce qui est incroyable, c'est vrai que nous, en tant que simples supporters ou joueurs amateurs de district, on a tendance à se dire que ces joueurs qui sont en haut de la hiérarchie, qui jouent en D1, en Ligue 1, en Ligue 2, sont parés à tous les niveaux et sont parés à connaître toutes les difficultés, à les surmonter. Et alors, en fait, ça reste des êtres humains avec leurs doutes, avec leurs faiblesses, avec leurs conférences.
- Speaker #0
La différence avec un joueur de district ou un joueur de Ligue 2 ou de National, c'est le talent et le fait d'avoir eu ce contrat. Parce qu'il y a des joueurs de National qui pourraient jouer en Ligue 1. Moi, j'en connais et j'y en emmène. Ils montent et on y va. Parce qu'ils ont du talent. Sauf que le football, c'est aussi être là au bon endroit, au bon moment. Et la Coupe de France, pour ceux qui jouent peu, ou les joueurs de National, est une super vitrine.
- Speaker #1
Oui, je me souviens qu'à l'époque, il y avait des joueurs de Calais, il me semble, Calais, qui avaient fait un gros parcours en Coupe de France, qui est arrivé en finale, je ne sais pas si c'était pas contre le FC Nantes. Il y a certains joueurs qui avaient fini par traverser la Manche et jouer en Angleterre. Donc effectivement, la Coupe de France, c'est une sacrée vitrine pour ça. Et donc, puisque tu parles d'Ali Hamada et de l'unique séance que tu as eu avec lui, tu as collaboré avec lui derrière ou ça s'est arrêté là ? Une seule séance. One shot. OK. Et alors, justement, méthode de travail avec un joueur. On ne va pas rentrer dans le secret des dieux, bien sûr, on reste à la surface, mais dans ton approche quand tu es avec le joueur, c'est un travail respiratoire, un travail d'hypnose ? Je pose toutes les questions naïves qui viennent, comme ça tu me dis ce que tu en penses. Pas forcément en intérieur, est-ce que ça peut être en extérieur ? Comment tu organises tout ça ?
- Speaker #0
L'écoute.
- Speaker #1
L'écoute.
- Speaker #0
Je pose une question et j'écoute, pas plus. Souvent, je mesure la qualité de mon accompagnement au nombre de questions que j'ai posées avec le joueur lors d'une séance. Plus je pose des questions, moins je suis bon. D'un moment, je pose des questions, plus je suis excellent. Et je me challenge. Je note combien de questions Laurent, aujourd'hui, t'en pose un minimum, 4 max. Et on doit faire 30 minutes, 35 minutes, 40 minutes, 25 minutes, 1 heure. Mais très très peu de questions. Écoutez, par contre, il faut bosser la qualité de la question.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tout est dans la qualité et la puissance de la question.
- Speaker #1
Ce n'est pas à quel est ton repas de ce soir ?
- Speaker #0
Non, on peut, mais il y a un terrain à rebondir vite derrière.
- Speaker #1
D'accord, ok.
- Speaker #0
J'ai déjà grillé une question.
- Speaker #1
D'accord, oui. Donc, tu vois, dans l'imaginaire, on imagine le coach mental, être dans une salle silencieuse, presque noire, tu vois, espèce de truc cinématographique. Bon, ça reste... une approche entre deux êtres humains finalement.
- Speaker #0
C'est une brève de comptoir, si on peut imaginer ça. Ce que je dis souvent, c'est que quand j'ai commencé mon activité, il y avait un réseau Skype. Je suis en train de chercher le mot Skype. Et donc j'ai essayé Skype, la vidéo, le son, mais c'était pas très raccord. Un peu on avait le son, après on avait la vidéo. Ça buguait un peu, on n'avait pas tout en même temps. Et moi ça me perturbait. Aujourd'hui il y a des outils formidables, je pourrais retourner la vidéo, c'est beaucoup plus stable. Mais non. Parce qu'en fait, moi, je discute au téléphone avec les joueurs. Parce que par définition, mes joueurs sont partout en France et à l'étranger. Et je ne peux pas aller les voir tous pour faire une séance de coaching. Ça, ce n'est pas possible. Donc, c'est que du téléphone. Et rapidement, le joueur, il est dans son lit, sur une chaise, dans son canapé, mais il discute. Il n'a pas la vision d'un mec chauve de 56 ans. Lui, il discute avec un mec qui lui pose des questions. Et puis, il n'y a pas d'enjeu. Moi, je n'ai pas d'enjeu avec lui. Ce n'est pas moi qui vais faire qu'il va jouer au foot ou qu'il ne va pas jouer au foot. S'il confie à son coach, il y a un enjeu. Est-ce que je peux dire ça au coach ? Est-ce que je peux tout lui dire ? Et si je lui dis ça, il va penser quoi ? Est-ce que je vais jouer le week-end prochain si je dis ça au coach ? Il y a trop d'enjeux. Avec moi, il n'y a pas d'enjeux. Avec ses parents, il y a de l'enjeu. Si je dis à mes parents que je ne me sens pas bien, mais ma mère va s'inquiéter et puis mon père va dire putain sois un homme non je lui parle pas et mon agent à mon agent, mais si je lui dis ça, peut-être qu'il va pas avoir confiance en moi, il va peut-être s'occuper plus des autres joueurs que de moi. Donc il y a des enjeux avec tout le monde. Trop compliqué. Le seul enjeu où il n'y a pas, éventuellement, et souvent ça finit mal, c'est avec le kiné. Quand il se fait masser, il n'y a pas trop d'enjeux. Il discute. Et puis comme on attend de rire la barbaque, forcément, le joueur, il va se confier. Et c'est le seul endroit où il peut se confier. Donc le kiné pourrait être un coach mental. Il pourrait. S'il était formé. Voilà. ils pourraient. Donc voilà, c'est rapidement une brève de comptoir, on discute.
- Speaker #1
Et comme tu dis là que tu as plusieurs joueurs à droite, à gauche, globalement, avec combien de joueurs tu travailles simultanément ?
- Speaker #0
Simultanément, c'est difficile parce qu'il y en a qui s'arrêtent en une saison, c'est une vingtaine de joueurs pro. Et puis peut-être entre 4 et 6, ça dépend des années de joueurs de national. Et puis les jeunes, je ne les compte pas vraiment parce que je les prends un peu comme ça vient parce que souvent, c'est... arrivé à la fin de la saison, on leur dit attention, tu ne vas pas signer pro, parce que pour que tu corriges ça, ça fait 150 fois qu'on te le dit, tu ne le fais pas, etc. Souvent, les parents m'appellent pour dire que ce serait bien que mon fils puisse savoir faire ça et ça, parce que sinon, ils ne vont pas le garder ou il ne signera pas son contrat pro. Donc là, j'interviens souvent.
- Speaker #1
Ce fameux contrat pro, quand même, ça stigmatise beaucoup de choses.
- Speaker #0
Tu te demandes souvent si c'est le contrat pro des parents. Et forcément, c'est un peu le contrat pro des parents, mais quelque part. quand t'es parent tu veux le meilleur pour ton fils ou pour ta fille donc quelque part tu donnes le meilleur de ce que tu peux donner et tu vas offrir le meilleur de ce que tu peux offrir à ton fils c'est vrai mais parfois ça peut vite devenir nocif alors
- Speaker #1
je connais pas les parents je connais pas les parents dans le monde professionnel mais quand je vois le comportement des parents dans le monde à pâteur pour des gamins de 8-10 ans je me dis mais si avec de l'enjeu déjà là y'a pas d'enjeu les gens sont complètement matrixés je sais pas ce qu'ils ont ou c'est leur défouloir du week-end, je ne sais pas. Mais alors je me dis, avec des enjeux, avec des enjeux pour les parents, des enjeux pour l'enfant, etc., parfois ça peut vite devenir compliqué dans la tête du joueur.
- Speaker #0
complètement,
- Speaker #1
c'est très juste c'est vraiment un sacré parcours d'arriver à ce fameux contre-approche comme si je connaissais ça, j'imagine est-ce que tu suis les matchs ? comment ça se passe pour mesurer la progression du joueur ? si tu as 20 joueurs en même temps, tu ne vas pas passer ton week-end devant tous les matchs après tu as des résumés bien sûr mais si, tu sais quand même ?
- Speaker #0
si, parce que moi ce qui m'intéresse ce n'est pas quand il a le ballon ... Les résumés, c'est quand il y a le ballon. Ce qui m'intéresse, c'est ce qu'il fait quand il ne l'a pas.
- Speaker #1
D'accord. Tu t'envoies beaucoup de matchs de foot.
- Speaker #0
Oui, c'est énorme. Je vais sur les terrains quand ils sont à proximité de mon domicile pour essayer d'en faire le plus possible. Je me déplace aussi de temps en temps. Ce n'est pas systématique. Mais j'essaie d'occuper le terrain pour avoir de l'information ou j'appelle l'agent pour savoir s'il a vu le match qui me donne un peu des informations sur le changement. ont pas de comportement, sur des actions spécifiques, oui, si, si. Il faut bosser. Le week-end, mon épouse me voit pas.
- Speaker #1
Oui, c'est ce que j'allais dire. Madame doit te voir la semaine, mais le week-end, ça doit être plus compliqué.
- Speaker #0
La semaine, elle me voit pas parce qu'elle travaille.
- Speaker #1
Ah oui. Alors, c'est peut-être ça, le secret des couples qui durent. Voilà.
- Speaker #0
Pas d'autre.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Très bien, je note. Je note. Alors, est-ce que les joueurs te contactent d'eux-mêmes s'ils sont contents de leur progression après un match ? Est-ce que ça arrive, ça ? Est-ce qu'il y a un degré de proximité qui s'installe et qui te remercie ? Merci de m'avoir fait progresser là-dessus, pardon. Est-ce qu'il y a un échange post-match ?
- Speaker #0
Alors, un échange post-match, oui. Alors, j'ai plusieurs accompagnements. J'ai un accompagnement à l'année.
- Speaker #1
D'accord. Ah oui, donc il y a des contacts réguliers.
- Speaker #0
Voilà. donc on fait un débrief du match et puis on prépare l'autre match donc ça c'est comme en entreprise finalement c'est l'amélioration continue, donc on travaille sur ça et là on a un retour énorme, ça c'est vraiment moi je le conseillerais à tous les joueurs de faire ce type d'accompagnement parce que c'est assez important, sinon en règle générale c'est plutôt l'accompagnement sur mes 4 séances mes 4 piliers dont j'ai parlé et donc l'accompagnement dure à peu près un mois un mois, un mois et demi Merci. Je dis que c'est quatre séances, mais si le joueur intègre ça en cinq ou en six séances, je fais six séances. Ce qui m'intéresse, moi, c'est la notion de résultat. C'est l'intégration de la méthode pour être et réussir, finalement, sa seule vie de footballeur, parce qu'il n'en a qu'une.
- Speaker #1
Oui, qui passe très vite. Finalement, de ton côté, ça doit être assez jouissif de voir que ce joueur qui est venu te voir était un peu perdu et que derrière, parce que le but aussi c'est que lui devienne autonome par rapport à tout ça, tu as un accompagnement qui est sur une durée limitée mais j'imagine que derrière tous ces ingrédients lui doit les garder et les instaurer lui-même par la suite en toute autonomie pour continuer justement à rester au haut niveau mais pour toi, voir un joueur progresser, alors même si tu as accompagné beaucoup de joueurs, j'imagine qu'à chaque fois ça doit être quand même assez gratifiant.
- Speaker #0
Alors au moment où je l'accompagne, oui Merci. après je le perds de vue parce que je vais accompagner les autres je suis moins focus sur ce qu'il fait donc après non moi je crois beaucoup à l'obsession moi quand j'ai un joueur qui va bien bosser avec moi je vais être obsédé par sa rue c'est comme ça je vais regarder des matchs, je vais regarder ce qu'il faisait avant. Je vais être obsédé par sa réussite. Je vais m'immerger dans ce truc-là. C'est comme un sportif de haut niveau. Il faut qu'il soit obsédé par son succès.
- Speaker #1
C'est la même obsession que tu avais jeune, quand tu rentrais sur le terrain, pour t'occuper de ton numéro 9, en fait.
- Speaker #0
C'est ça. Je ne connais rien de mieux que d'être obsédé par un objectif pour avoir le plus de chances possibles de l'atteindre. Quand tu prends ça un peu en dilettante... Quand tu dis, moi, je réponds dans la tranche 8h30, 14h, 7h. Non, mais si le joueur, il est 22h et qu'il veut te parler, prends-le. C'est qu'il a peut-être des trucs qui lui sont venus en tête. Maintenant, ce n'est pas demain à 10h30. Voilà, ce n'est pas ça. Moi, je le vis comme ça. Peut-être que d'autres le font autrement. Et puis, c'est très bien aussi. Ce qu'il faut faire, c'est aussi avec sa personnalité. Moi aussi, j'ai des valeurs. Moi aussi, je fonctionne en fonction de qui je suis. Je suis comme les joueurs. Voilà. Ça me convient bien comme ça.
- Speaker #1
et Je reviens sur le terrain là, est-ce que parfois tu as le profil d'un joueur qui sur le terrain va rater une action, va rater un but, va rater une intervention sur son attaquant, un gardien qui ne fait pas une boulette mais qui n'est pas passé loin de prendre un but casquette, est-ce que la capacité à passer rapidement à autre chose et ne pas rester 20 minutes à ruminer cette action ? Est-ce que c'est un des aspects que tu rencontres chez certains joueurs ?
- Speaker #0
Oui, régulièrement.
- Speaker #1
Régulièrement,
- Speaker #0
oui. Oui, c'est pour ça qu'on a très peu de joueurs qui arrivent à faire 90 minutes très très haut niveau. Souvent, ils disparaissent un petit peu. Donc, on peut parler de concentration, de ce qu'on veut, mais en tous les cas, moi, je ne connais rien de mieux que de l'objectif. C'est souvent en France, on veut intellectualiser les choses. On fait des belles phrases. Non, mais la vie est beaucoup plus simple que ça. Si j'ai un objectif, que je suis observé par cet objectif, que c'est vraiment ce truc-là, que je ne me suis pas trompé d'objectif, encore une fois, je ne me raconte pas des histoires. sur le fait que c'est l'objectif que je veux, je veux jouer au Real de Madrid, etc. Ouais, c'est bien. Tu n'y arriveras pas. Combien de joueurs vont jouer au Real de Madrid ? Il faut, à un moment donné, être lucide. Donc, prenons un objectif à Tenia qui te fasse suffisamment triper, et on y va. Moi, j'ai une technique pour trouver l'objectif. Je le dis souvent, et souvent, on traite de fou, moi. Ces deux minutes, entre deux et trois minutes, je trouve le bon objectif du joueur. Parce que j'ai une technique pour ça. Et ça change tout. Quand tu ne te trompes pas toi-même d'objectif. Combien de fois il y a des gens qui ont pris un boulot en pensant que c'est super bien, et une fois dedans, ils se rendent compte que ce n'est pas pour eux. Ils se sont trompés d'objectif. Ils pensent être satisfaits de quelque chose. Ou on veut acheter un nouveau téléphone, et une fois qu'on l'a dans la main... le soufflet retombe. Pourquoi ? Parce que c'était pas ça l'objectif. C'était pas de posséder le téléphone. C'est derrière encore. Moi, je vais chercher l'objectif qui est derrière, l'inconscient qui fait qu'on va acheter ce téléphone à 1500 balles dont on n'a absolument pas besoin.
- Speaker #1
C'est vrai. C'est pas faux. Les achats compulsifs qui derrière, bon, finalement pas plus que ça.
- Speaker #0
Parce que ça vient nourrir et c'est déclenché par une fausse bonne idée. En pensant qu'on va nourrir notre objectif. En fait, c'est pas ça qu'on nourrit. On nourrit autre chose. Moi, je vais le chercher, ce truc-là.
- Speaker #1
Cette première partie de l'épisode avec Laurent Edria est maintenant terminée. Si vous l'avez appréciée, n'hésitez pas à commenter, liker, ajouter une note de 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. N'oubliez pas également de vous abonner et activer les notifications pour être informé des nouveaux épisodes d'ADN Foot tous les premiers lundis du mois à 20h. Il ne me reste plus qu'à vous remercier pour votre écoute. et à vous donner rendez-vous pour la deuxième partie de cet épisode avec Laurent Edria, bientôt disponible. D'ici là, portez-vous bien !