- Speaker #0
C'est l'instant ! Eh, il a les cheveux mouillés, alors pas dehors ! Pas dehors ! On essaie de jouer au football !
- Speaker #1
C'est peur de quoi ? C'est l'exotique ! Pas chacun son tour, c'est tout le monde ensemble. C'est là où l'ADN Foot est puissant.
- Speaker #2
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le podcast ADN Foot. Durant chaque épisode, mon invité parle de son amour pour le foot, de son enfance à aujourd'hui, mais aussi de son activité professionnelle, si cette dernière s'articule autour du football. C'est Brahms au micro et je vous invite à découvrir la seconde partie de ce nouvel épisode d'ADN Foot dans lequel j'ai le plaisir de recevoir Laurent Edria, préparateur mental auprès des footballeurs professionnels et amateurs. On va basculer sur les à-côtés, sur la perception du métier, mais avant d'en arriver là, je voudrais savoir... Alors, moi j'ai un joueur en tête, mais je ne sais pas si tu vas me répondre la même chose sur ce joueur. Est-ce qu'il y a un joueur ? que tu as vu évoluer et que tu t'es dit tu as ce joueur, j'aurais bien voulu qu'il travaille avec moi parce que je pense que là-dessus il bloque, là-dessus il bloque, là-dessus il bloque bon j'en ai un en tête moi, j'attends ta réponse parce qu'il y en a un pour moi qui aurait pu faire une telle carrière qui malheureusement ça n'a pas donné l'objectif et n'a pas été atteint alors tu ne sais pas en fait tu ne sais pas si l'objectif n'est pas atteint oui c'est vrai, l'objectif Fantasmé, l'objectif fantasmé
- Speaker #1
Le tien
- Speaker #2
Ah totalement
- Speaker #1
Parce que peut-être que lui il est très ok avec ça Et qu'il est content de la carrière qu'il a fait Et puis il l'a fait à sa façon Alors pour répondre, pour le joueur en question Parce que c'est sa question Oui c'est Athème Ben Arfa Ah bah voilà,
- Speaker #2
exactement C'est à lui que je pensais Athème Ben Arfa Mais peut-être qu'il ne pouvait pas faire plus Peut-être qu'il ne pouvait pas faire plus. Pourtant, dans le témoignage de tous les joueurs qui l'ont croisé, quand on leur demande « est-ce qu'il y a un joueur qui pour vous était au-dessus du lot ? » , c'est souvent son nom qui revient. Peut-être qu'il n'a pas eu la persévérance, se faire mal pour progresser. On sent qu'à un moment donné, il a atteint son plafond de verre, comme on dit.
- Speaker #1
J'ai peut-être une réponse sur ça, parce que j'étais en contact. avec son agent de l'époque pour pouvoir travailler justement avec lui. Et à chaque fois, à peu près tous les ans, pendant 3-4 ans, je crois que ça durait comme ça, il y avait toujours un truc qui allait faire que Athème allait se révéler que c'était la bonne année. Et à chaque fois, c'était le coach. Laurent, c'est pas la peine de bosser avec Athème parce que là, c'est bon, il va avoir le coach qui va révéler Athème. Et à chaque fois, je répondais la même chose. Mais si les coachs faisaient les carrières des joueurs, ça se saurait. Je ne dis pas qu'ils ne les font pas. Je dis juste qu'eux, ils ont 25 joueurs, 30 joueurs, et que faire éclore un joueur au détriment peut-être d'un collectif, ils ne le feront pas. Et ils ont raison. Ils ont une équipe à faire tourner. Et c'est déjà suffisamment difficile d'être coach si en plus, ils ont peut-être un phénomène, c'est vrai, mais quelqu'un qui demande beaucoup d'attention ou qui pompe l'énergie. Je comprends qu'à un moment donné, rapidement, l'idylle, c'est un peu la flamme, l'amour. du début du championnat, baissent progressivement. Parce que non, les coachs ne peuvent pas faire les carrières des joueurs. Ils peuvent les aider, les amplifier, sublimer, mais la faire, non.
- Speaker #2
Même quand ils ont un de leurs enfants dans l'effectif. Ce qui peut arriver aussi. Mais oui, c'est trop compliqué. Il y a trop de profils différents. Le coach est là pour gérer un groupe. Il n'est pas là pour gérer.
- Speaker #1
Beaucoup de coachs s'y sont essayés. Beaucoup de présidents ont pensé qu'ils allaient pouvoir le faire. Mais en même temps, ils auraient pu. Je pense qu'ils auraient pu si à l'époque, je ne vais pas parler pour moi, mais pas spécialement moi, de prendre un préparateur mental pour obtenir le meilleur d'Athème. Parce qu'Athème, c'est forcément un super mec.
- Speaker #2
Oui, mais en plus, oui. Ça l'est juste aidé. Mais oui, parce qu'il y a des joueurs qui sont antipathiques. Il y a des joueurs qui, tu vois, je ne les connais pas personnellement, mais c'est l'image qui dégage donc Athem Ben Arfa, c'est presque de la candeur. C'est quelqu'un qui a de la magie dans les pieds, mais on a l'impression qu'il n'était pas fait pour ce monde de brut. Alors moi, je suis supporter du PSG. Forcément, je l'ai vu venir. Moi, quand je l'ai vu arriver, je me suis dit, ça y est, c'est bon. Et puis bon, alors derrière, en plus dans un club comme le PSG, très politique, l'émir, le coach, je ne sais pas ce qui s'est passé. C'est vraiment dommage parce que ce joueur-là, mais après, il n'a pas toujours... Comment dire ? Et il n'est pas exempt de tout reproche non plus, parce qu'il a été beaucoup dans les polémiques avec les coachs dans beaucoup de clubs où il est passé. Je pense que c'est un cadre qui lui manquait. Et puis bon, quand j'entends son coach en off parler avec lui, « t'as vraiment du Messi dans les jambes » , c'est peut-être pas les mots qu'il fallait lui dire, mais encore une fois, je ne suis pas compétent pour analyser ça.
- Speaker #1
Ce qu'on peut dire, c'est que les coachs ne t'ont pas aidé. regardons la carrière qu'il a fait est-ce que les coachs l'ont aidé ? vu la carrière qu'il a fait, moi je dis non je ne te dis pas qu'ils n'ont pas essayé est-ce qu'ils ont pu l'aider ? je pense qu'ils n'ont pas pu parce qu'ils n'ont pas les clés ils ne peuvent pas le faire certains y ont peut-être passé des nuits et des nuits peut-être que certains l'ont appelé l'ont écouté l'ont aimé à l'Olympique de Marseille,
- Speaker #2
c'est José Anigo qui disait qu'il était constamment dans son bureau essayer de le conseiller Voilà, c'est... Donc, je pense qu'il y en a beaucoup qui ont aidé et qui ont essayé, effectivement. Après, j'ai bien conscience aussi que c'est facile pour moi de parler. Quand tu es jeune, que tu grandis, alors je ne sais pas si le milieu populaire y fait ou pas, mais que depuis que tu es gamin, tu entends que tu es le meilleur, que tu es le meilleur, que tu es le meilleur, que tu es le meilleur, ce n'est quand même pas le meilleur biais pour la remise en question. Effectivement. Et encore une fois, nous, on ne se rend pas compte de ce qu'est le monde professionnel au jour le jour. donc Je veux bien dire qu'il n'est pas exempt de tout reproche, mais à côté, on n'a aussi aucune idée, nous, je parle de moi, des supporters de ce que ça représente au jour le jour, tout simplement.
- Speaker #1
Oui, ce n'est pas facile à vivre. Le joueur de foot passe par des états émotionnels toute la journée, qui sont très, très, très difficiles à vivre.
- Speaker #2
Et aujourd'hui, en plus, si on ajoute les réseaux sociaux à tout ça, et quelque chose qui est très important pour les joueurs, alors là, on... On bascule dans autre chose parce que j'imagine que les messages qu'ils doivent recevoir, autant ils doivent être adulés d'un côté, mais de l'autre, il y a le côté noir de l'être humain qui est apparu, qui existait déjà, mais les réseaux sociaux, ça n'a pas fait disparaître ce côté noir. Pour revenir à tous les à-côtés de ton métier, on en a un peu parlé tout à l'heure, tes rapports avec les clubs. Ils sont inexistants.
- Speaker #1
Oui, ils sont inexistants.
- Speaker #2
Je ne parle pas des clubs où tu interviens avec le staff pour les jeunes. Je ne parle pas de cet aspect-là. Je parle globalement. Quand tu t'occupes d'un joueur, est-ce que les clubs essayent d'avoir un œil là-dessus ou est-ce que potentiellement, ils ne le savent même pas ?
- Speaker #1
Souvent, ils ne sont pas au courant. Ça, c'est clair. De temps en temps, il arrive aussi que les clubs aient un préparateur mental dans le staff. Ça arrive. Donc forcément, le joueur ne va pas dire « moi je bosse avec quelqu'un de l'extérieur » parce que ça serait compliqué. Et en même temps, on peut comprendre pourquoi le joueur ne bosse pas avec le préparateur mental du club. Ça me paraît être une évidence. Quand le préparateur mental sort du bureau du coach ou sort du bureau du directeur sportif ou du président, qu'après il fait une séance avec le joueur, ça brouille un peu les gars.
- Speaker #2
Et puis bon, le joueur ne veut pas être en position de faiblesse face à un membre du club. Alors, je ne dis pas qu'aller voir un préparateur mental, c'est de la faiblesse, mais c'est perçu comme ça. Et puis bon, si la personne en question va discuter avec le coach, lui, en ce moment, il est un peu moins bien parce qu'il m'a dit ça, ça, ça.
- Speaker #1
Ce n'est pas simple. Ce n'est pas simple pour le préparateur mental. Même s'il est bon, il va avoir du mal à obtenir le meilleur du joueur ou obtenir tout ce que pense vraiment le joueur. Bon, j'en avais déjà parlé sur plusieurs... Leur podcast ou en télé, c'est ce que j'avais fait avec Sedan à l'époque. Oui, ça allait venir. J'avais bossé effectivement pour Sedan et j'étais identifié en tant que tel dans le club comme étant préparateur mental du club, mais je n'étais pas au club tous les jours. Je venais une fois à la quinzaine ou une fois mensuelle, j'avais quelques jours au téléphone. J'étais là sans être là. Et puis, on était sur une dynamique de malade.
- Speaker #2
Oui, effectivement, 13 victoires de rang. Justement, ça nous permet de basculer dans ton travail avec les clubs, les staffs et tout ça. Donc, effectivement, tu es intervenu avec le CS dans Ardennes. C'était en 2018-2019, il me semble, avant le Nouveau Monde, puisque 2020, on a basculé. Mais d'ailleurs, ça a été dans ton métier, je pense que... L'accompagnement des joueurs et des joueurs qui montaient un peu en puissance grâce à ton accompagnement, je pense que le Covid a dû bien avoir des malheureuses conséquences là-dessus. Mais bon, ça c'est une parenthèse. Pour revenir à Sedan, effectivement, tu es intervenu. Alors tout à l'heure, tu me disais que l'intervention n'a pas à avoir lieu au début du championnat. Il faut préparer tout ça en amont. Justement, dans ce cas de figure, on est dans une équipe qui était en National 2, je crois. qui a commencé le championnat ni plus ni moins avec 13 victoires d'affilée donc toi à partir de quand a commencé ta collaboration avec ce club ?
- Speaker #1
Justement, tout ce qu'on s'est dit tout à l'heure, puisqu'il faut être d'une certaine cohérence dans ce qu'on fait, à la prépa. Moi, j'ai fait la prépa avec les joueurs. Alors, je n'étais pas en short et je ne courais pas. Non, non. Moi, j'étais dans ma chambre à travailler sur comment on allait travailler les différentes sessions collectives avec les joueurs à ce moment-là. Et on a construit ensemble ce que ça allait être le mental au club de Sedan-Ardennes. Et on s'est tous fabriqués comme ça, moi le premier. Moi aussi, j'ai imaginé ce qu'allait pouvoir être le mental dans cet environnement-là. Et on a décrété finalement que le mental, c'était ça. Et donc, si c'était ça, et que l'objectif que l'on voulait, c'était la montée, il fallait qu'on ait ce comportement-là. Pas plus. Et on a eu, je dis on, parce que c'était tellement énorme. Moi, ils me faisaient danser. Les joueurs, c'était des fous. Après chaque victoire dans les vestiaires, ils me faisaient danser. Tout et n'importe quoi. On était dans le lâcher prise, dans le côté authentique du truc. Il y avait un groupe de mecs qui avaient décidé d'aller le chercher.
- Speaker #2
Voilà, ce n'est pas des concurrents entre eux, un remplaçant, un titulaire. Et là, quand tu vois ça, c'est comme si tu jouais avec eux sur le terrain, quasiment. Parce que là, tu as 13 victoires d'affilée. C'est quand même énorme. Il faut quand même saluer le staff du club, le président du club, l'entraîneur, d'avoir accepté de démocratiser ton intervention. Parce qu'eux, ils pourraient très bien se dire, mais il se prend pour qui ? Lui, c'est notre travail de nous faire progresser les joueurs. Donc, c'est quand même une certaine ouverture d'esprit qui n'est pas encore généralisée.
- Speaker #1
À plusieurs niveaux. La personne qui avait souhaité ça, c'était Julien Fernandez, le directeur sportif. de l'époque, qui lui avait voulu ça. Sébastien Tambouret, que j'avais déjà rencontré quand il était chez les jeunes à Auxerre. J'avais collaboré avec lui sur un joueur. Donc, tout le monde était partie prenante. Et puis, le président, lui, il fallait qu'il fasse le chèque. Lui, ce truc-là, de sportif, de machin, de mental, c'est quoi ce truc ? Combien ça va me coûter ? Quand tu es en National 2, tu dis combien ça coûte, ça. Et tout le monde est parti là-dedans. Et ce qu'il faut retenir surtout, c'est déjà quelque chose que tu as oublié, tu as mal fait ton travail. C'est que 13 matchs, oui. 13 victoires, oui. Et zéro but encaissé.
- Speaker #2
Ah oui, zéro but encaissé. Effectivement, je l'avais lu. Je l'avais lu, tout à fait.
- Speaker #1
Donc ça, là, on est dans l'obsession. On n'a pas envie de se faire piquer notre rêve. Quand on encaisse zéro but, c'est qu'on ne veut pas se faire piquer ce rêve-là. Et ça, ça donne de la puissance. Et tous les joueurs qui rentraient sur le terrain étaient au même niveau d'engagement, d'intensité que ceux qui jouaient titulaire. C'était magique. Les remplaçants marquaient des buts, les remplaçants arrêtaient. C'était magnifique.
- Speaker #2
Et donc, tu les as suivis toute la saison ?
- Speaker #1
On les a suivis toute la saison, oui, jusqu'à l'arrêt Covid.
- Speaker #2
Ah oui, donc c'était la saison 2019.
- Speaker #1
La première année. C'était la première année Covid.
- Speaker #2
Ah oui, ok. Attends pour moi, je pensais que c'était 2018-2019. Ah oui, donc là, ça vous a vraiment coupé les pattes, comme on dit. Donc, ok. Et t'as eu ?
- Speaker #1
C'est le sport.
- Speaker #2
Oui, malheureusement, parfois, il y a des aspects extérieurs qui sont impondérables. Là, effectivement, tu ne pouvais pas faire grand-chose, malheureusement. Et depuis, tu as travaillé avec d'autres staffs de clubs, que ce soit en national ou même au niveau amateur ?
- Speaker #1
Oui, j'ai travaillé en national. J'ai travaillé aussi avec un staff de Ligue 2, pour ne pas descendre. Souvent, c'est quand c'est la merde, pour ne pas descendre. Voilà, et puis... Puis après, je dirais plutôt les coachs de Ligue 1 ou de Ligue 2. C'est régulier pour préparer les causeries. Quand là aussi, ça va mal, on modifie un peu les causeries de façon à être, je ne vais pas dire plus impactant, mais d'être plus dans ce qu'ils vivent.
- Speaker #2
Ok, donc tu interviens avec les coachs en direct, pas uniquement les joueurs.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #2
On va basculer maintenant sur la perception du métier. Tu vois, là, tu m'as parlé de 300 ou 400 joueurs accompagnés. Mais j'imagine que globalement, les joueurs, même si c'est un sujet dont ils parlent plus facilement, depuis tout à l'heure, tu m'as cité deux, trois noms. Donc j'imagine que ça reste encore quand même assez, je vais utiliser le terme de tabou, mais comme tu dis, c'est plus facile d'en parler à la fin de la carrière.
- Speaker #1
Et même ça.
- Speaker #2
Et même ça.
- Speaker #1
Parce que j'ai envie d'écrire un bouquin pour aider, finalement, laisser les jeunes joueurs à prendre le wagon de la préparation mentale très tôt. J'ai envoyé quelques textos, quelques messages, etc. pour collecter mes anciens joueurs et leur dire je vais faire un bouquin, ce que vous voulez témoigner dedans, du défi qu'on a fait ou de ce que ça vous a fait dans votre carrière, etc. Et puis prendre des thèmes, faire plusieurs chapitres sur ça. J'ai un retour.
- Speaker #2
Ah oui. Donc, le plafond de verre est encore bien solide.
- Speaker #1
Ah oui, c'est encore très compliqué.
- Speaker #2
Alors, c'est vrai qu'on voit des joueurs. Thierry Henry en parle un peu. Patrice Evra, récemment, je l'ai vu raconter une anecdote quand il était en déplacement avec Manchester. À l'époque, il y avait Carlos Tevez dans l'effectif, qui n'était pas le dernier à chambrer, visiblement. Et bon, il se promène dans l'avion et il tombe sur un joueur dans son coin qui est en train de regarder un film. Visiblement ému, il est en train de pleurer. Bon, dans ce monde-là, j'imagine que c'est quelque chose qui n'est pas forcément vu du bon oeil. Donc lui, il raconte ça à Carlos Tevez comme ça. Et là, le joueur, derrière, il s'est fait pourrir. Alors, je n'ai pas le nom du joueur et puis bon, je ne le donnerai pas, même si je l'avais. mais ça participe aussi à entre guillemets à à À détruire un joueur, parce que j'imagine que la crédibilité de ce joueur, la virilité, tout ce qui passe, tous les poncifs qu'il y a autour des joueurs de foot, et surtout de la vie d'investisseur, ce joueur-là, derrière, il a dû ramer le pauvre pour se redonner une image crédible et de guerrier sur le terrain, en fait.
- Speaker #1
Pas forcément, il n'a peut-être pas ramé, parce que, tu sais, en fait, le problème, c'est que souvent, tu enlèves les rames au joueur. Si tu lui dis, si tu montres tes émotions, si tu es toi-même, finalement, parce que montrer son émotion, c'est être soi-même. C'est de lâcher prise, pour vraiment être soi-même. C'est quoi le sportif de haut niveau ? C'est bien du lâcher prise. C'est rentrer sur le terrain et tout donner. Il lâche tout. S'il s'empêche aussi sur le terrain de tout lâcher, il ne va pas ramer, il va rendre les armes. Et il ne va plus être le sportif de haut niveau qu'il est. Donc ça fait encore plus de dégâts que d'essayer de remonter une image ou de s'enlever l'étiquette qu'on lui a collée dans le dos en lui disant, lui, joueur fragile, parce que plein d'émotions.
- Speaker #2
Oui, parce qu'il y a l'aspect mental sur le terrain, effectivement, mais il y a cette fameuse vie de vestiaire qui fait qu'il faut montrer qu'on est insubmersible, qu'on est là pour... Moi, je suis là pour prendre ta place, etc. Et c'est beaucoup de testostérone, de démonstration de force. Et effectivement, l'anecdote que je viens de raconter, elle peut être très destructrice. Alors, Patrice Evra, il a quand même fini en disant que le Patrice Evra d'aujourd'hui... n'aurait jamais fait ça et serait allé le voir justement pour parler de... Mais c'est le joueur d'après carrière. Mais c'est déjà bien de le dire en fait. C'est déjà bien de le dire. C'est déjà bien de le dire parce que je parlais de Thierry Henry. Effectivement, Thierry Henry, il a été programmé pour être un vainqueur grâce à son père. Mais il a beaucoup parlé de son père. Mais petit à petit quand même, il commence à mettre le... Comment dire ? à mettre l'accent sur certains aspects difficiles, néfastes que ça lui a provoqué quand même. Donc c'est vraiment une ligne difficile à ne pas dépasser pour ne pas aller trop loin en fait et pour ne pas entre guillemets traumatiser la personne. Donc c'est vraiment un équilibre difficile tout ça.
- Speaker #1
Absolument, c'est l'équilibre, l'équilibre permanent qui peut faire qu'on donne le meilleur de soi-même. Complètement.
- Speaker #2
Tu disais il y a deux minutes que tu avais du mal à avoir le témoignage de certains joueurs parce qu'ils préféraient encore garder l'anonymat. Les jeunes générations quand même, plus tu interviens avec elles tôt en centre de formation, 16 ans, 17 ans, tu sens quand même qu'elles sont plus ouvertes à ce concept ou ça reste quand même encore malgré tout avec l'entourage, avec tout ce qu'il y a, ça reste quand même difficile.
- Speaker #1
Non, ils sont beaucoup plus ouverts. Effectivement, ils n'ont pas envie trop de galérer. Tu as parlé de le RAM tout à l'heure. Eux, ils n'ont pas envie de ramer. Eux, ils veulent y aller. Eux, tu sais, les étapes, étape par étape. Tu vas en U17 NAS, après en U19, prends le temps, mais tu redescends aussi en U17 de temps en temps. Et quand tu es en U19, tu peux jouer avec la réserve, mais tu reviendras t'entraîner quand même avec les U19. Ils n'en veulent pas, eux. Moi, tu m'as mis en réserve, je ne bouge plus. Je reste en réserve. Ils ont du mal, effectivement, à réguler ça. ça c'est très convaincu, par contre ils ont envie de faire du mental très tôt Et pour eux, ils n'attendent pas d'être malades. Pour eux, ce n'est pas une maladie de bosser son mental. Ils voient les stars qui en ont, et bien, ils veulent faire comme eux. Moi, si mon joueur fait ça, je veux le faire comme lui.
- Speaker #2
C'est vrai que les générations d'aujourd'hui, elles sont dans les effectifs pros beaucoup plus tôt qu'à l'époque. Après, il y a aussi un contexte économique qui fait que... Les clubs essayent de les valoriser pour les vendre parce qu'on a une situation financière qui n'est plus la même qu'à l'époque, bien sûr. Mais c'est vrai qu'on reprend l'exemple de Thierry Henry. Après la Coupe du Monde 98, il est champion du monde. Il bascule en espoir un certain temps. Il retourne en équipe espoir. Et bon, il l'explique très bien lui-même. Ça aujourd'hui, on a quand même Warren Zairemri avec le PSG qui a été titulaire en équipe de France. Bon, il y a eu une blessure entre temps, il a basculé chez les espoirs avant de revenir en A récemment. Mais ça reste des exemples éloignés, on va dire. Aujourd'hui, c'est vrai qu'ils veulent tout, tout de suite. Mais ils se donnent peut-être aussi les moyens d'avoir tout, tout de suite. Peut-être que si tu écris ton livre dans 20 ans, ça sera plus simple d'avoir des témoignages. C'est tout ce que je te souhaite. Enfin, je te souhaite de le sortir avant quand même.
- Speaker #1
Oui ou pas, ce n'est pas très grave. Tu sais, moi, j'ai une volonté finalement d'aider les autres à réussir. Voilà. Je pense que le livre peut démocratiser un petit peu tout ça. Si je ne fais pas le livre, je ne fais pas le livre. Oui. Ce n'est pas dramatique, mais je pense que ça peut être un accélérateur pour les jeunes joueurs.
- Speaker #2
Est-ce qu'aujourd'hui, tu as encore besoin de prospecter ou les joueurs viennent à toi ?
- Speaker #1
Ah non, moi je fais zéro prospection, rien du tout. Non, les gens viennent. Non, tu ne veux pas convaincre une personne de faire du mental.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Ça part de soi, je ne vais pas faire des balles commerciales d'une heure et demie. Oui, c'est vrai. Non, ça tient ou ça ne tient pas. Et puis je ne force pas. Tu vois, quand j'ai un agent qui m'appelle et que j'ai appris le joueur et que je ne sens pas du tout le joueur partie prenante, ça... Oui.
- Speaker #2
Oui, mais la notion numéro un, c'est la conviction. Sinon, effectivement, tu ne peux pas gagner dans le vide. Et alors, avec toute cette démocratisation, on en a un peu parlé tout à l'heure, mais est-ce que tu sens que les clubs réagissent à ça ? Parce que tu m'as parlé de préparateurs mentaux, mais ça reste quand même à la marge où il y en a un seul. Est-ce que tu sens que la prise de conscience s'enregistre et impacte les clubs ?
- Speaker #1
Oui, je le pense. Regardons le PSG, je pense qu'ils ont une armée qui sont dans la préparation. Ils gagnent une Champions League.
- Speaker #2
Alors, oui. Là, pendant que tu me dis ça, comment j'ai fait en tant que supporter du PSG pour ne pas parler du PSG des années 2010 qui, je commençais le match sur mon canap, je le finissais par terre tellement à chaque fois, je baissais, on menait au score. Je ne sais pas combien de fois et à chaque fois, on s'est fait rattraper. À chaque fois... La remontada, je n'en parle même pas, je l'ai déjà dit, mais j'étais au stade en plus. Donc oui, effectivement, si on veut un exemple de progression dans cet aspect-là, c'est vrai que la renaissance du PSG est assez incroyable. Donc oui, là, tu peux dire que dans le staff, effectivement, ils ont fait les choses en conséquence.
- Speaker #1
C'est énorme. Moi, je ne suis pas sûr que les joueurs soient de meilleure qualité. l'année dernière quand ils ont gagné qu'il y a 4 ans, 5 ans ou 6 ans je pense que la qualité elle a souvent été là voire toujours été là, peut-être même mieux sauf que il y a la préparation mentale qui a fait que ça a favorisé finalement cette atteinte d'objectif qui était la Champions League et un environnement propice à la réussite,
- Speaker #2
tout était fait pour que ça fonctionne c'est vrai que cette politique de star est un peu derrière nous et c'est vrai que pour un Un coach, c'est peut-être plus facile d'avoir un groupe à sa main que des joueurs très médiatisés qui peuvent polémiquer à la moindre occasion ou alors avec l'entourage qui fait un témoignage dans la presse, etc. C'est quand même, encore une fois, depuis tout à l'heure, je crois que le mot qu'on a le plus évoqué depuis le début de l'interview, c'est équilibre. Je crois que cet équilibre était très difficile à trouver. Moi, je ne vais pas me plaindre.
- Speaker #1
Regarde, qu'est-ce qui se passe si la Champions League avait été gagnée par le PSG 3-4 ans avant ? On aurait dit Neymar a fait gagner... La Champions League, où Mbappé a fait gagner la Champions League. Là, qu'est-ce qu'on dit ? Qui a gagné la Champions League ? C'est le PSG, c'est l'équipe.
- Speaker #2
C'est le collectif, effectivement.
- Speaker #1
On dit peut-être le coach. Peut-être qu'on communique, on dit que le coach a réussi.
- Speaker #2
Et pourtant, la saison n'avait pas commencé. Vraiment, c'était difficile. En novembre, il y a un an, celui qui prévoyait une victoire en Ligue des Champions... Il aurait peut-être fallu contrôler son alcoolémie, mais effectivement, quelle fin de saison ? Et d'ailleurs, c'est la question qu'on se pose tous en ce moment, c'est est-ce que le même type de performance peut être renouvelée ? Et est-ce que aussi les joueurs, parce qu'en ce moment il y a une cascade de blessures, est-ce qu'à un moment donné les planètes vont s'aligner et tout l'effectif sera de nouveau réuni sans blesser ? On va voir la deuxième partie de saison, mais avec ce qu'ils nous ont procuré comme bonheur au mois de mai dernier, évidemment, on espère que ça va recommencer, mais on attend de voir. Alors, on revient sur le métier de préparateur mental. Donc, on a parlé de tes débuts, de l'évolution depuis 2010 jusqu'à aujourd'hui. Comment tu vois la chose à l'avenir ? Est-ce que tu sens qu'il y a des axes ? Tu te dis, il y a certains aspects, là, ça commence à changer, il va falloir que je m'adapte. Est-ce que tu sens que c'est en train d'évoluer ? J'imagine que c'est en constante évolution. Mais comment tu vois ça pour les 5, 10 prochaines années ?
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'il faut que moi aussi, je me mette au niveau des joueurs. C'est qu'on parle de nouvelles générations. Et les nouvelles générations, aujourd'hui, elles en savent beaucoup plus que les anciennes générations. Tu prends n'importe quel gamin de 14, 15, 18 ou 20. Aujourd'hui, il sait beaucoup de choses sur beaucoup de sujets. Si on compare, toi, ce que tu savais à 20 ans, et de ce que moi je savais quand j'avais 20 ans. Toi, tu es un peu plus jeune, donc tu en savais beaucoup plus que moi à 20 ans, moi un peu moins, etc. Donc aujourd'hui, ils ont l'information. Très, très tôt. Donc il faut que ton accompagnement aille très, très vite. Parce que sinon, ça dégonfle. C'est trop long. Donc moi, mon accompagnement, j'ai bien compris, il est très court. Et je vends un résultat. Donc si on peut dire que le changement, c'est ça, c'est raccourcir, raccourcir, finalement, l'accompagnement. Il faut que ça aille vite, vite et rapide. C'est-à-dire qu'après la première séance, il faut qu'il y ait déjà des résultats. C'est indispensable pour que tu puisses être crédible à leurs yeux, parce qu'eux, ils veulent aller vite. Et quand tu regardes TikTok, etc., tous ces influenceurs, ils vont vite, ils regardent la vidéo 20 secondes, ça y est, je sais. J'ai appris un truc, papa, j'ai appris, moi, j'ai mon fils qui descend, papa, j'ai appris un truc, il a regardé 20 secondes un TikTok. Par contre, ce n'est pas du tout approfondi, c'est très en surpasse.
- Speaker #2
et light
- Speaker #1
Donc ça, c'est un des changements. Le changement, c'est les jeunes qui veulent en faire vite. Et après, je dirais, le principal changement, ça serait plutôt la révolution dans le foot. Ça serait que les présidents de clubs s'emparent de ce truc-là. Parce que moi, je le vois avec tous les joueurs que j'accompagne, la valeur marchande du joueur, avant ou après prépa, n'est pas la même. Moi, si je compte vraiment la valeur, moi, je dis que je suis créateur de valeur. Après, je ne pourrais pas voir, mais c'est très vrai. Le joueur rentre avec moi, il vaut tant, il ressort. Moi, j'ai emmené des joueurs en Première Ligue, en Championship, dans tous les différents championnats de très haut niveau. Pourquoi ? Parce que le joueur était un joueur de très haut niveau, mais en France, c'était un joueur de haut niveau. Et pour passer le cap supplémentaire, la préparation mentale l'a aidé et il a pu enfin jouer au niveau de son talent. Et ça, c'est beaucoup d'argent pour le joueur, pour l'agent. Mais pour les clubs, les agents ont compris. Ils ne sont pas cons. Le joueur aussi, il a compris. Les clubs.
- Speaker #2
Oui, c'est assez incompréhensible.
- Speaker #1
Oui, moi-même, en plus, je n'ai toujours pas compris. Sauf, effectivement, à dire, il faut que le vestiaire soit tenu par le coach. Le coach doit contrôler et maîtriser tout ce qui se passe. Et là, je comprends. Et donc, du coup, forcément, un préparateur mental, ça peut être un petit caillou dans la chaussure du coach. Je pense qu'il peut s'imaginer ça. Mais tous les coachs avec qui j'ai travaillé souvent me disent, Laurent, si j'avais su, je l'aurais fait plus tôt. Parce que ça fait partie d'un blocage aussi psychologique du coach en pensant qu'il faut contrôler et maîtriser et qu'une aide extérieure, ce n'est pas bon. Ce que je peux comprendre, tant qu'on n'a pas goûté au produit, on ne peut pas savoir de quoi on parle. On peut le diaboliser, le produit. Et dans peu de temps, on dira que c'est une évidence. D'ailleurs, on le voit. Dans quelques clubs, il y a un préparateur mental dans des centres de formation. chez les jeunes joueurs, il y a une préparation mentale qui ressemble plus à quelque chose de psychanalyse plutôt que de la préparation mentale de sportifs de haut niveau. Mais il y a quelque chose.
- Speaker #2
Et pour finir, si tu devais donner 3-4 joueurs, pas forcément qui sont passés par toi, mais globalement, qui pour toi sont vraiment le symbole de la prise en compte de cet aspect mental des joueurs qui... Peut-être que s'ils n'avaient pas cet aspect-là, ils n'auraient pas fait la carrière qu'ils ont fait. Est-ce que tu as des exemples comme ça ?
- Speaker #1
Je pense qu'il faudrait regarder, je n'en ai qu'un qui me manque tout de suite, mais je pense qu'il faudrait regarder effectivement la qualité du joueur et la stabilisation de sa performance. Souvent, l'aspect mental, c'est ça, c'est rendre une copie la plus stable possible à son meilleur niveau. Ça fait ça, la préparation mentale. Je pense à Lucas Dignes.
- Speaker #2
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
C'est pas le meilleur joueur au monde Mais qu'est-ce qu'il est stable dans la performance Est-ce que c'était le meilleur joueur à Luchin ? Pas du tout Est-ce que quelqu'un avait mis un copec ? A l'époque j'avais pas mal de joueurs à Lille Pas du tout, mais il est là
- Speaker #2
Quelle force mentale il doit avoir C'est vrai qu'il est passé par Paris, Lille, le Barça La Roma je crois Il est en Angleterre Et c'est vrai que c'est le joueur qui est respecté partout c'est ça Et effectivement, c'est l'expression galvaudée, mais c'est le bon soldat.
- Speaker #0
Il est là. Et c'est vrai que je pense à des joueurs comme à l'époque, il y avait Gattuso. Alors, c'était un très bon joueur, bien sûr. Parfois, quand on parle de joueur du côté hargneux, du côté... C'est forcément un joueur, quand il n'est pas technique, on dit tout de suite qu'il est hargneux, il est besogneux. Les joueurs techniques aussi sont besogneux. Mais c'est vrai qu'il y a certains joueurs chez qui cet aspect ressort plus. Je pense à Dugatouzo. Je pense en ce moment au Real, à un joueur, à Yacar Vahal. Bon Carvaral, ce n'est pas le joueur, quand on y pense, quand on dit donne-moi les 10 meilleurs latéraux, on ne va jamais penser à lui. Pourtant, et en plus, il a un caractère, il déchaîne les foules comme on dit. Mais c'est vrai qu'on ne peut pas être dans une équipe comme le Real Madrid autant d'années en étant un joueur moyen. Ou alors peut-être un joueur moyen, mais avec des capacités mentales qui permettent de... de rester au niveau. C'est vrai que c'est presque un autre sport dans ces clubs-là, le Real, le Barça, Manchester City, etc. Donc oui, après, il y a aussi qui est un très bon joueur aussi, mais quand je pense à lui, je me dis, mais le gars, il doit avoir un mental. C'est N'Golo Kanté. N'Golo Kanté, c'est un joueur très bon techniquement, mais le mec ne lâche jamais rien, en fait. Il lâche jamais rien. Et il est parti en Arabie Saoudite, là, mais quand on le voit en équipe de France, on a l'impression que... que le gars a encore 20 ans. C'est un exemple.
- Speaker #1
Il faudrait lui demander quel est son objectif.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Ça doit être un objectif qu'il anime, qu'il a déjà animé, ou alors il l'a modifié, ou il l'a changé, l'objectif, ce qui est possible. Moi, j'ai beaucoup de joueurs que j'ai 5 ans plus tard, que je récupère 6 ans après, parce que les objectifs changent, donc on modifie l'objectif. C'est super important. Lui, ou il a toujours le même, qui lui donne cette force-là d'envie de réussir en permanence, ou il l'a modifié. En tous les cas, joueur très intelligent, c'est très très fort ce qu'il fait.
- Speaker #0
Et c'est vrai que quand on parle de mental, le mental peut concerner des personnes qui ont un caractère totalement différent. Je parlais de Carvalhal, de N'Golo Kanté, qui est l'humilité incarnée. Si on prend un exemple comme Cristiano Ronaldo, il n'a pas la même personnalité que... que N'Golo Kant et pourtant ces gens là vont chercher ils ont des axes de motivation des axes c'est le directeur sportif de l'OM Mehdi Benassia qui expliquait qu'à un retour de déplacement quand ils étaient à la Juve il était 23h30 tout le monde est allé dormir voilà ils étaient tous crevés et puis il vient le voir il fait Tu peux venir à la salle avec moi, je n'ai pas beaucoup couru, j'ai besoin de la regarder comme un extraterrestre. Il me dit, mais t'es fou toi, moi je vais dormir, je suis crevé. Ces joueurs ont un truc en plus, c'est incroyable.
- Speaker #1
Et tu vois, je pense à un supplémentaire, lui il a réussi sa carrière, mais c'est l'anti-héros, c'est Modric.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est incroyable aussi, cette capacité, cette persévérance, l'âge qu'il a, le haut niveau, la capacité qu'il a. a raté très peu de matchs finalement dans une carrière et pourtant il en a joué des matchs à être décisif. C'est exceptionnel.
- Speaker #0
Quand tu fais partie d'une équipe qui a gagné trois ligues des champions d'affilée, en éliminant le PSG au passage, mais oui, forcément, et puis là, pour le coup, on parlait des coachs tout à l'heure, Ancelotti, Zidane, en tant que coach, ils ne vont pas chercher que l'aspect physique, ces gens-là. Ils sont aussi, je ne sais pas à quel degré, mais ils sont aussi loués pour leur capacité à s'adapter à leurs joueurs, à discuter avec eux. Alors, ils ne sont peut-être pas dans la progression mentale, mais ils apportent quand même autre chose aussi. Donc, c'est un ensemble qui permet encore une fois de revenir vers cette fameuse notion d'équilibre.
- Speaker #1
Oui, complètement. Ils sont dans une posture. Ils changent de posture en fonction des joueurs qu'ils ont en phase 2.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Quand il a gagné ces Champions League, forcément, il a eu une posture qui a permis de favoriser l'environnement dans lequel il était, avec les super joueurs qu'il avait, pour pouvoir la gagner. Est-ce qu'il a été coach ? Je pourrais poser la question. Moi, je ne pense pas. Je pense qu'il a été dans la posture. Oui, c'est son aura. Voilà. Et ça suffit. Est-ce que nous, dans le modèle français, on est capable de faire ça ? Voilà, on aime contrôler, maîtriser. C'est là où il y a peut-être encore à gagner encore.
- Speaker #0
Les lendemains qui arrivent vont voir Zidane être nommé sélectionneur, normalement, après Deschamps, si tout va bien. Je ne suis pas sûr que ce soit aussi simple pour lui. Ce sera très intéressant à voir.
- Speaker #1
Il faudra avoir une autre posture peut-être qu'il a eu au Real de Madrid. Un changement de comportement de Zinedine parce que la population qu'il va avoir ne sera pas la même.
- Speaker #0
Exactement. Et dans l'inconscient collectif des gens, Zidane coach, ça sera comme Zidane sur le terrain, technique, beauté du jeu, etc. Ce n'était pas son aspect numéro un en tant que coach du Real.
- Speaker #1
On le voit aussi avec Didier Deschamps. Il a eu une pleine réussite. et là C'est bien, un peu moins bien, etc. Pourquoi ? Parce qu'il faut, je pense, changer de comportement, de posture avec les joueurs. Les nouvelles générations, c'est différent. De toute façon, il y a tout un contexte. Bon, Didier Deschamps, c'est très bien quand même de motiver le vestiaire. Il y a des réussites tout le temps en tant que joueur entraîneur. Il n'y a pas de débat là-dessus, c'est incontestable. Néanmoins, il y a une petite baisse.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Est-ce que c'est Didier Deschamps qui est moins bon ? Non, non. Je pense que c'est... Il y a quelque chose qui se passe aujourd'hui dans l'équipe de France et il y a des choses à analyser pour enlever le petit grain de sable qu'il y a qui permet un peu d'instabilité de temps en temps. Même si ce qu'il fait est remarquable aujourd'hui, il n'y a pas de débat.
- Speaker #0
Sélectionneur jusqu'à 2018, victoire de Coupe du Monde. Et sélectionneur aujourd'hui en 5, 6, 7 ans quand même, les réseaux sociaux. L'emprise d'un joueur médiatique, elle est quand même beaucoup plus forte aujourd'hui. Et ça, je pense que ça doit l'emmerder, le Didier Deschamps. Je pense que si on avait vraiment son discours sincère, lui, c'est le foot. Tous les à-côtés, tout ça, ça doit l'emmerder au plus haut point. Mbappé qui rentre à Madrid parce qu'il est blessé. Est-ce qu'il est blessé ? Est-ce qu'il veut se reposer ? Parce que le match en Azerbaïdjan, c'est un match en... Tout ça, il y a 20 ans, on n'en parlait pas. On était foot, foot, foot. Après... Parfois, quand j'entends critiquer Deschamps, les gens, j'ai envie de leur dire, souvenez-vous l'état de l'équipe de France quand il l'a récupérée après 2012. Donc, il y a aussi entre l'exigence et la gratitude, parfois la frontière, elle est un peu compliquée à avoir. Écoute, Laurent, je pense qu'on a fait le tour de toutes les questions que j'avais à poser. C'était un échange très intéressant. je te remercie encore une fois d'avoir accepté mon invitation. Alors, je sais que tu... Est-ce que tu as 30 secondes pour rappeler tes réseaux sociaux, sur lesquels on peut te voir dans l'actualité ?
- Speaker #1
C'est très simple. Pour me retrouver, c'est facile. Prénom, non. C'est Laurent Edria, sur Insta. La même chose sur LinkedIn. TikTok, j'ai démarré timidement, donc je poste un truc. En travaux, vraiment. Là, je suis vraiment en travaux. Et puis, je poste régulièrement. Alors, quand je suis sur les stades, j'essaye de faire une petite photo et puis de mettre un petit commentaire pour nourrir un petit peu tout ça. Et puis, je poste aussi deux ou trois vidéos par semaine pour donner des petits trucs et astuces. Des tips. Oui, qui peuvent aider les uns ou les autres à passer un cap. Mais ça remplacera bien évidemment jamais un accompagnement personnalisé en fonction de l'identité du joueur.
- Speaker #0
C'est un métier les réseaux sociaux, ça prend du temps.
- Speaker #1
Ah oui, c'est pas le mien.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Comme on est sur les réseaux, je vais donner rapidement le mien aussi. Que ce soit sur Instagram, mais moi aussi je viens de démarrer sur TikTok. Voilà, j'arrive là-dedans. Donc c'est adnfoot-du8, le podcast, que ce soit sur TikTok ou... ou Instagram, où justement, je vais poster des extraits, notamment de notre interview. Et à partir de maintenant, ce que je vais faire, c'est que je vais essayer de préparer mes enfants pour qu'ils aient affaire à toi d'ici quelques années. Parce que bon, ils ont 8 ans et 11 ans. À un moment donné, les gars, il va falloir quand même... Ils sont au niveau amateur, ils jouent avec leurs potes. Le plaisir du jeu, le plaisir des copains. parfois, comme je disais tout à l'heure, des parents qui sont... très durs avec leurs enfants. J'ai envie de les dire, mais laissez-les respirer, laissez-les jouer, franchement, c'est des gamins. Rendez-vous compte du faible pourcentage de joueurs qui deviennent professionnels. C'est une goutte. C'est incroyable. Parfois, on insiste à des choses, mais là, je suis en train d'y vaguer. Pour revenir à cette interview, encore une fois, merci Laurent d'avoir accepté mon invitation, d'avoir eu un échange clair, précis, passionné. J'ai passé un très bon moment. je te retrouverai sur les réseaux sociaux je continuerai à suivre ton actualité et je te souhaite bonne continuation et de très bons accompagnements pour tes joueurs à venir. Maintenant je vais regarder les matchs en me posant la question en me disant tiens est-ce que ce joueur je trouve qu'il a progressé là je t'enverrai des messages je te dirai tiens je sais pas si il est passé par toi mais en tout cas très bonne progression
- Speaker #1
Merci, Bray. Merci pour l'invite. Merci aussi d'exister parce que, tu vois, ADN foot, c'est formidable parce que c'est ça, en fait. Voilà ce qui joue quand on regarde tous un match de foot. Il y a ça. Il y a des émotions. Il y a une partie identitaire en nous. On s'exprime. L'ADN foot.
- Speaker #0
C'est ça. C'est ça. C'est tous ces souvenirs d'enfants. Toutes ces conversations entre potes. Tout ça. Je me suis dit, bon... J'aimerais bien parler foot finalement, parce que pour les auditeurs, je n'ai aucun problème à dire que moi, c'est un podcast que j'ai créé très récemment, que je n'ai aucune formation de journaliste, que c'est vraiment pour le plaisir en fait et pour discuter foot. Tu te dis tiens, là, moi, je vais finir l'interview. Je vais dire, on va quand même passer à 1h36 déjà. J'avais dit 50 minutes, c'est 1h36. Quand même, on a discuté et puis tu as pu parler de ta passion, tu as pu ouvrir les yeux à ceux ou celles qui vont écouter le podcast. à sensibiliser sur ce sujet parce que le but aussi d'ATN Foot c'est de parler de passion mais aussi de parler de l'activité des invités et d'ouvrir les yeux sur certains aspects qui peut-être nous échappent encore à mon faible niveau bien sûr mais c'est toujours intéressant de discuter de tout ça et c'est vrai qu'on parle, comme je disais tout à l'heure on parle de préparation physique préparation physique, préparation physique et si on reprend Ousmane Dembélé qui n'arrêtait pas de se blesser l'année dernière Il a passé une saison sans aucune blessure quasiment. Donc, est-ce que ça sera un one shot dans sa carrière ou est-ce que c'est le début d'une nouvelle ? Bon, parce que là, en ce moment, il est blessé. Donc, c'est très intéressant de parler de tous ces sujets. Et c'est pour ça que je te remercie encore une fois de t'ouvrir comme ça, de parler facilement, d'avoir le contact facile parce que moi, je le ressens. Donc, forcément, les gens qui vont écouter le podcast le ressentiront aussi.
- Speaker #1
C'est bien volontiers. C'est vrai.
- Speaker #0
Alors, peut-être que c'est une conclusion. Je n'aurais jamais rêvé faire une conclusion comme ça. J'ai tout dit. Merci beaucoup. Bonne continuation. Et pour les auditrices et auditeurs, bien sûr, à bientôt sur ADN Foot.
- Speaker #1
Bye bye. Ciao.
- Speaker #0
Au revoir. Merci. Cet épisode en compagnie de Laurent Edria est maintenant terminé. Si vous l'avez apprécié, n'hésitez pas à liker, commenter, ajouter une note de 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. N'oubliez pas également de vous abonner et activer les notifications. pour être informé des nouveaux épisodes d'ADN Foot tous les premiers lundis du mois à 20h. Il ne me reste plus qu'à vous remercier pour votre écoute et à vous donner rendez-vous le mois prochain pour un nouvel épisode d'ADN Foot. D'ici là, portez-vous bien !