Speaker #0Qui se souvient de ces neuf mois passés dans le ventre de sa maman ? Ben, personne en fait ! Et pourtant, imaginez ce lien qui se crée entre un bébé et une maman. Imaginez quand en plus, il y en a deux, voire trois. À trois, c'est l'occasion de créer une bulle d'amour et de bonheur indestructible. À trois, les liens sont trois fois plus forts. Ils ne peuvent pas vivre l'un sans l'autre. Impossible. Et pourtant, cette bulle d'amour va exploser. Elle n'existera jamais pour Smitha. Nous sommes le 27 juin 1984. Un mercredi, il fait très chaud. La journée s'annonce joyeuse et festive. Une belle journée. Il est l'heure. Il est l'heure de découvrir les bras chaleureux de papa et maman. Découvrir le monde. Mais rien, rien ne va se passer comme prévu. En quelques secondes, Smita va perdre tous ses repères. Sa maman et ses deux sœurs ne survivront pas à l'accouchement. Elle est la seule survivante. Alors je vous pose cette question à vous. Comment vous vous sentiriez sans l'odeur de votre maman, sans la tendresse de vos proches ? Pour Smita, cette entrée dans la vie est fracassante de douleur. comment elle va faire pour se créer une vie stable ? D'ailleurs, vous, comment vous avez fait pour vous créer une vie stable ? Qui vous a soutenu ? Je vous pose cette question parce que l'histoire de la Mita, ça pourrait être celle de n'importe qui. De votre patron. de votre patron, de votre femme ou encore de la personne assise aujourd'hui à côté de vous. La blessure de l'abandon touche des milliers de personnes. Pas besoin d'avoir été abandonné physiquement par un de ses parents. Un parent qui n'a pas donné assez d'amour ou tout simplement un attachement. En plus, pour Smita, c'est vraiment la merde pour elle. Je ne sais pas si c'est ce que vous en pensez, mais c'est la merde. Pourquoi ? Parce que dès le début de sa vie, elle est au bout de sa life, franchement. Et ce que vous ne savez pas, c'est que derrière cette petite bouille d'amour, c'est vraiment le bordel. octobre 85. Les nouveaux parents de Smita l'accueillent, enfin l'attendent plutôt, avec impatience. Ils reçoivent un premier coup de téléphone. Allô, bonjour madame, on est vraiment désolée, il y a un gros problème, on avait trouvé une bonne soeur pour l'accompagner dans l'avion, mais elle est morte. On vous tient au courant ? Les jours passent, un autre appel survient. « Bonjour madame, en fait, on avait trouvé une remplaçante pour remplacer la bonne soeur qui est morte, vous vous souvenez ? Il y a quelques jours. » « Elle est morte aussi. » « Restez près de votre téléphone. » Les jours passent. Un autre appel survient. « Allô ? On est vraiment désolée. Faites quelque chose, vite ! Parce que la bonne soeur qui devait remplacer les deux qui sont déjà mortes, elle aussi elle vient de mourir. Faites quelque chose ! » Vous l'avez compris, Smita devait être adoptée urgentement. À un moment donné, c'est une question de vie ou de mort. Cette histoire, c'est la mienne. Tout ce que je viens de vous raconter est vrai. Alors il faut savoir qu'en 1985, quelques mois avant que toutes ces bonnes sœurs meurent, je passe quelques semaines à l'hôpital. En fait, j'attends que mon papa vienne me chercher. Il n'arrivera jamais. Alors je bifurque dans un orphelinat à Bangalore. Encore une fois, je perds tous mes repères. Sans direction. Un peu comme des milliers de femmes et d'hommes qui perdent le sens dans leur travail, qui ne savent pas où aller. À se poser des milliers de questions. Pourquoi je vais me taper tous les matins, deux heures de trajet, pour un job où je ne trouve pas de sens ? Alors, heureusement, moi, j'ai rencontré le plus merveilleux des managers. Miss. Cette femme s'est occupée de moi et d'une quarantaine d'autres bébés. Elle m'a pris sous son aile. Elle m'a donné des marques d'amour. Elle m'a coucouné. En fait, elle m'a permis de... Finalement, cette personne, elle était sous pression constante entre la hiérarchie et tous les bébés à s'occuper. Sauf que, au lieu de gérer un groupe, elle a géré une somme d'individualités. Nous étions individuellement importants pour elle. Alors dans votre vie, est-ce qu'il y a un manager comme ça, qui donne de son temps, qui porte de l'attention à l'autre ? Parce que finalement, nous pouvons tous être cette Miss Alès, cette personne sécurisante, qui est en fait aimante. Alors même si aujourd'hui, je t'en parle avec beaucoup de recul, ma mère surtout, tellement colère de ne pas m'avoir gardée, c'est con, elle était morte ! Au fond, mon histoire, c'est aussi un peu la vôtre. Nous vivons tous des drames, des inattendus, des trahisons. Ça ne doit pas nous servir d'excuse pour abandonner, pour ne plus faire d'efforts au quotidien, ou pour ne plus être attentif à soi, aux autres. Alors, qu'est-ce qui m'a permis aujourd'hui d'avoir la vie que j'ai aujourd'hui ? L'amour. L'amour. L'amour donne confiance. L'amour est optimiste. L'amour pardonne. L'amour accepte la différence. L'amour permet de dépasser, d'en faire plus et d'aller au-delà de ses limites. Vous connaissez tous cet adage qui dit que nous sommes tous acteurs et responsables de ce changement. Et si ce changement, c'était tout simplement d'accepter que l'amour fasse partie de notre quotidien professionnel. Propagez autour de vous toutes ces petites marques d'amour, essentielles à chaque être humain, sans rien attendre en retour. N'abandonnez jamais. Faites savoir que vous vous soutenez sincèrement des femmes et des hommes qui vous entourent. Prenez soin d'eux. Entretenez constamment un lien de confiance. Prenez-les tels qu'ils sont. Voyez en chacun d'eux ce qu'il y a de meilleur. Et dites-leur. Et vous verrez, au-delà de tous les diplômes possibles, de toutes les techniques commerciales et managériales, qu'il n'y a pas de force plus puissante que l'amour. Merci. Merci beaucoup. Merci.