Speaker #0mais je ne pouvais plus et mon copain me prenait le volet. Donc jusqu'à ce fameux jour où je fasse ma tentative de suicide. En fait c'était plus un appel à l'aide parce que je n'arrivais pas à mettre des mots sur ce que je ressentais, parce que je probabilisais beaucoup, parce que j'avais l'impression d'être horrible en fait de ressentir ce que je ressentais. et donc après ça on m'a emmenée à l'hôpital, mes copains s'occupaient de la petite ma mère à qui je parlais plus est même venue à l'hôpital pour me murmurer à l'oreille qu'elle allait me prendre ma fille que moi fallait que je me fasse enterrer parce que j'étais complètement tarée en fait donc il y avait toujours cette pression et puis il y a eu cette peur aussi qu'elles viennent vraiment la prendre en fait ça c'était hors de question Moi, je préférais presque subir et continuer à essayer d'avoir un lien avec Nina, plutôt que de me dire que c'est ma mère qui va prendre le relais. Elle n'est pas apte du tout, mais j'ai eu beaucoup de chance, parce qu'au final, Alex a réussi à rester avec ma petite. Vraiment, il a été très bien. Et quand je suis retournée à la maison, avec Suivie, le CIE, et puis un chambier infirmière qui venait. pour me donner mes traitements. Ça n'allait toujours pas, je restais tout le temps dans le noir, je ne me nourrissais pas. Mon copain, de temps en temps, devait venir me voir pour me dire quoi avoir. Et la petite, en plus, je ne la voyais pas pendant une semaine, le temps que je faisais mon câble et que j'appelais l'assistance sociale. de mon plein gré. En fait, un jour, j'ai tout simplement dit stop. Je ne peux pas rester comme ça. Je ne peux pas faire subir à ma fille ma dépression. Je l'ai déjà vécu avec mes parents. Malheureusement, je me suis tombée dessus via tous les traumatismes qu'elle a pu subir. Mais elle, elle n'a pas à subir la vie qu'il y a eu. Parce qu'au final, moi, j'ai eu cette impression de subir un peu la vie que mes parents ont eue. et ça m'a détruite là en tant qu'adulte. Maintenant ça va aujourd'hui mais je ne peux pas dire que ça va comme une personne qui n'a pas subi de maltraitance. Il y aura toujours une part en moi qui sera cassée et que je ne peux pas réparer. C'est toujours cette ombre part en moi de puissance, de carence affective. Et je ne voulais pas du tout qu'elle le vienne. C'était impensable. Et je me suis levée de mon lit sans rien dire à Alex. Je me suis levée, il m'a vu me lever, il était étonné. J'ai pris mon téléphone et j'ai... et la seconde sociale de PMI qui me suivait depuis le début de ma grossesse. Et là, je lui ai tout dit. Tout ce que je ressentais, je lui ai déballé au téléphone. Je lui ai dit que c'était impossible qu'il devait venir prendre Nina parce que je n'en pouvais plus et que je ne pouvais pas laisser ça sur les bras d'Alex. Je ne voulais pas son rôle et je ne voulais pas lui faire subir ça, même s'il ne le subissait pas. Il adorait Nina. Mais pour moi, ce n'était pas possible. Et elle m'a pris au sérieux. Elle m'a demandé si Nina était en sécurité à ce moment-là. Donc, je lui ai dit que oui, vu que c'est Alex qui s'en occupait. Et elle m'a dit, OK, alors on va voir comment on peut faire. Parce qu'évidemment, il y a mon chat. Voilà. Désolée. Oui. Et du coup, à ce moment-là, elle m'a demandé si elle était en sécurité, si elle pouvait passer bien, et si je pouvais attendre une petite semaine pour qu'on trouve des solutions. Parce que je lui ai dit qu'à part Alex, personne de ma famille sait qui elle peut aller, personne de confiance en tout cas. Et de toute façon, je n'ai pas envie, parce que ma famille n'est pas celle-là. Je ne l'aurais pas mis dans ma famille. Et une semaine après, du coup, elle m'a... Si c'est ce qu'elle voulait, qu'elle pouvait me trouver une famille d'accueil en attendant, que ce serait provisoire le temps que je promette, et que je pourrais faire des visites. Et de toute façon, c'est ce que j'ai demandé. Je ne me voyais plus vivre avec elle, en tout cas pour l'instant. Et une semaine plus tard, elle est venue, et elle m'a préparée au fait qu'il fallait que du coup, moi, je prépare Nina. en lui disant qu'elle allait quelques jours chez Tati, que ça allait bien se passer, que c'était juste parce que j'avais besoin de me retrouver, et que c'était pour son bien. Et j'ai eu du mal à le faire, parce qu'en fait, à chaque fois que j'essayais de lui parler, parce qu'elle marchait, et à chaque fois qu'elle marchait et qu'elle me courait dans les bras, j'avais envie de pleurer, en fait. Je me disais, c'est horrible, qu'est-ce que je vais lui faire ? Tout ça pour... plus rigoliste, même parce que moi, je vais pas bien. Donc, culpabilité, beaucoup, et j'ai mis du temps avant de déculpabiliser en me disant que c'est ce qu'il y avait de mieux à faire pour elle. Et en fait, il n'y a que le jour même où j'ai réussi à lui dire. Elle ressentait des choses, je suis sûre, parce que elle me demandait beaucoup. Elle demandait beaucoup mes bras. Elle me demandait tout. J'ai pas envie de dire trop, mais en tout cas, à ce moment-là, pour moi, c'était trop. Mais elle, elle me demandait juste comme elle en avait besoin. Et le jour même où elle allait partir, je lui ai dit, écoute, là, tu vas aller chez une tatine. J'ai retenu mes larmes. La travailleuse sociale est venue avec la famille d'accueil de Nina. C'est une famille d'accueil exceptionnelle. Ils font ça depuis plus de 20 ans. Ils ont leurs propres enfants. Et ils prennent principalement des enfants en situation de handicap parce qu'ils savent que c'est assez compliqué pour eux d'être dans des familles. Et ils les gardent jusqu'à l'heure du début du temps jusqu'à ce qu'eux décident de s'en aller foyer. Ils vont mettre leur maison, ils ont des animaux. En fait, c'est la famille que j'aurais aimé peut-être être pour Nina, mais que je n'ai pas été et que je ne serai jamais. Donc, on a fait ça quelques temps. Je l'ai pas vu pendant deux semaines après ça. Ensuite, je suis allée au service de protection de l'enfant pendant cette période Covid. C'était un peu compliqué. La première fois qu'elle m'a revue, elle a hurlé et elle a pleuré. Et elle est partie en courant dans les bras de sa bâtie. Et là, ça m'avait brisé. J'ai brisé en mille morceaux parce que je me suis dit, mais je suis affreuse. Je suis un monstre qu'il a abîmé, qu'il a probablement abîmé toute sa vie. Je l'ai traumatisé. J'étais vraiment très très mal et la travail sociale ensuite m'a expliqué que c'était une réaction normale, qu'elle n'avait pas vu deux semaines. Elle s'était créé un nouveau référent de protection et c'est devenu sa fatigue. Et en fait, 15 à 20 minutes plus tard, elle est revenue vers moi. Elle avait juste besoin d'un peu de réconfort. Et je pense que c'était tous ces sentiments aussi qui se sont relâchés. Et c'est normal, c'est juste de voir ça. Et en tant qu'adulte, en tout cas, c'était très, très dur. Donc après, j'ai continué à la voir dans les services de protection de l'enfance. Parce que je ne me sentais pas de la voir à la maison. Je ne me sentais pas d'être toute seule avec, en fait. J'avais peur, peur de mes sentiments. de ne pas savoir comment agir avec elle. Puis elle grandit aussi, donc elle a de plus en plus de besoins, elle parle. Donc ouais, c'est de plus en plus de choses qu'il faut que j'apprenne à faire et c'est toujours cette question de sentiments. Et au fur et à mesure, j'y vais de moins en moins. Service de protection de l'enfance. mais la famille d'accueil m'envoie quand même des messages. Même si moi, j'en envoie pas, ils m'envoient des nouvelles, des photos d'elles dans des parcs, je sais pas, les maillets, en train de jouer, dans un port de ferme, du coup, dans la cour, en train de caresser des chèvres. Des choses superbes pour ton développement, en fait. Je trouvais ça génial, mais c'est vrai qu'il y a beaucoup de messages auxquels je n'ai pas réussi à répondre. Je les voyais, ça me faisait bien et plaisir, mais je ne pouvais pas répondre parce que ça me faisait trop de mal de me dire qu'il avait échoué. Alors qu'au fond, ce rôle, je ne l'ai pas voulu, mais on me l'a imposé et je me suis sentie obligée de devoir le faire jusqu'à la fin et là, de ne pas réussir à assumer ça. Pour moi, c'était un échec en fait. Et à un moment donné, j'ai passé de plus en plus les visites, jusqu'à ce que la forêt sociale me dise « Bon, là, il faudrait quand même savoir un petit peu ce qu'on va faire, il faudrait prendre une décision, parce qu'au bout de trois semaines que je ne l'ai pas vue, ça commence à devenir compliqué. » Et elle me demande si je dois essayer les visites à domicile. Moi, je lui dis oui. pour essayer toujours de créer une relation avec elle. Donc vraiment, jusqu'au moment où j'ai décidé de me renoncer à mes grands-parentaux, je la voyais en me disant, ok, il faut que je crée quelque chose avec elle, surtout qu'on fasse les choses dans l'ordre et correctement. Et donc il y a eu les visites à domicile, avec une collègue sociale présente, pour qu'elle puisse m'aider, c'est ma demande toujours. Je ne voyais pas le faire toute seule. Et elle me disait à chaque fois, mais vous en sortez très bien, je n'ai rien à vous apprendre. Donc au final, ce n'était que des choses mécaniques que je faisais. Ce n'était pas naturel et je me forçais en fait. Je me forçais parce que je savais qu'il fallait le faire et que je n'avais pas le choix. Et pareil, j'ai commencé à espacer les visites, à dire un jour que je suis malade alors que c'était tout simplement ça, à dire que j'avais un rendez-vous imprévu. à trouver des excuses pour ne pas l'avoir et ne pas l'abîmer encore plus, avec des sentiments que je n'arrivais pas à développer comme elle le méritait. Jusqu'au moment où je vais voir la travailleuse sociale qui s'occupe de nous, et je lui dis...