- Speaker #0
Bienvenue dans Adoption, graine d'amour, le podcast qui plonge au cœur des histoires poignantes et inspirantes de ceux qui ont été touchés par l'adoption. Je suis Hélène Lalouf, conférencière, formatrice, coach, éducatrice spécialisée et maman de deux adorables petites filles âgées de 6 et 12 ans. Mon histoire commence à plus de 7000 km de la France, en Inde, avant que je sois adoptée à 16 mois par une famille du nord de la France. Mon parcours personnel m'a conduit à explorer les multiples facettes de l'adoption et à partager ces récits extraordinaires avec toi. Ici, tu découvriras des témoignages vibrants de parents qui ont adopté, de personnes qui ont été adoptées au parcours unique, de parents biologiques ayant pris la décision de confier leur enfant et de tous les membres de la famille impliqués dans ce monde complexe et émouvant de l'adoption. Mes invités partagent des récits de résilience, d'amour inconditionnel, de pertes et de découvertes de soins. Chaque épisode dévoile des parcours exceptionnels où espoir et douleur, joie et défi s'entrelacent. L'adoption, avec ses multiples facettes, révèle comment les liens du cœur peuvent transformer des vies et surmonter des épreuves significatives. Chaque histoire d'adoption est un voyage d'émotions et de révélations qui méritent d'être entendues. Comment trouver sa place dans une nouvelle famille ? Comment forger son identité entre deux histoires de vie ? Comment vivre pleinement l'amour ? Malgré les blessures, nous explorerons ces thèmes avec profondeur et empathie. Ce podcast célèbre la diversité des expériences humaines et explore la puissance transformatrice de l'amour. C'est un hommage aux liens qui nous unissent, au-delà des différences et des épreuves. N'oublie pas, chaque rencontre peut tisser des liens qui changent une vie. Salut Ellie ! Écoute, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
- Speaker #1
Alors moi je m'appelle Ellie, j'ai 28 ans, je viens du Guatemala, j'ai été adoptée à l'âge de 2 ans et demi, avec mon grand frère biologique qui a un an de plus que moi. On a été adoptées le 18 avril 1998, c'est l'art de nir. Et voilà.
- Speaker #0
Ça veut dire que, est-ce que tu as des souvenirs à besoin de quelque chose ?
- Speaker #1
Alors, des souvenirs, je ne peux pas vraiment dire que j'en ai, dans le sens où mes parents ont filmé tout leur parcours d'adoption, leur arrivée au Guatemala, jusqu'à notre arrivée en France, mais deux mois après notre arrivée en France. Donc, en fait, on a toujours eu un visuel sur ce qu'a été notre adoption. Du coup, je n'ai pas eu l'impression d'avoir perdu des souvenirs. C'est toujours quelque chose qui a été chez nous très... C'est toujours quelque chose qui a existé chez nous, ce visuel. En revanche, sur les images qu'on avait de notre film d'adoption, il y a des fois où j'ai vraiment l'impression de me rappeler de ce que je ressentais à certains moments du film. Donc, c'est plutôt des souvenirs de ressenti, plutôt que des souvenirs visuels, vu que je ne les ai pas perdus, ces souvenirs-là.
- Speaker #0
D'accord. Et des souvenirs de toi là-bas, par contre, avant ? que tes parents viennent te chercher, tu en as ?
- Speaker #1
Non, rien du tout. Non, non.
- Speaker #0
Et ton frère, tu ne sais pas s'il en a, lui ?
- Speaker #1
On n'en parle pas beaucoup, mais je ne pense pas. Je pense qu'on en aurait... Enfin, je pense qu'il me l'aurait dit. Mais je ne pense pas. C'est une bonne question. C'est vraiment quelque chose à lui demander, tiens.
- Speaker #0
Eh bien, voilà, je lance l'idée.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Alors, Elie, qu'est-ce que tu fais de toi maintenant, actuellement ? Qu'est-ce que tu fais comme job et tes passions à côté ?
- Speaker #1
Alors moi j'ai fait beaucoup de choses différentes mais là je suis en pleine reconversion professionnelle pour devenir community manager. Et mes passions à un côté, je suis dans une famille d'artistes. Mon grand-père a fait beaucoup de dessins dans sa vie, c'est quelque chose qui baigne un peu. Donc moi j'ai un peu suivi un peu tout le monde et moi je me suis lancée mais c'est dans le maquillage. C'est quelque chose que je fais depuis que j'ai 11 ans. très très jeune. J'en ai fait mon métier pendant un temps. À cause de soucis, j'ai pas pu continuer. Mais du coup, enfin de soucis tentés, j'ai pas pu continuer. Mais du coup, maintenant, je le fais, mais différemment. Et je suis aussi passionnée, beaucoup de photos. Donc en fait, je publie sur les réseaux mon travail en tant que make-up artiste et mon travail aussi en tant que photographe nature. Voilà.
- Speaker #0
D'accord. Super. Et donc, c'est une passion. Lui, plus le maquillage maintenant, alors qu'avant, c'était un travail.
- Speaker #1
C'est ça, exactement.
- Speaker #0
Ok. Et donc là, le but, c'est de pouvoir maintenant vivre en tant que community manager.
- Speaker #1
Exactement. Super.
- Speaker #0
Merci beaucoup à toi. Là, on a parlé de ton travail et vraiment de toutes tes passions. Est-ce qu'il y aurait un truc particulier, intéressant, amusant sur toi que peu de gens connaissent, que tu as pu partager ?
- Speaker #1
Oui, j'en ai parlé à mon compagnon quand tu m'as envoyé les questions. Et il y a quelque chose, c'est vrai que les gens ne s'en rendent pas compte quand ils me voient en vrai. C'est vrai que je n'ai pas l'air. Je suis quelqu'un de très, très timide dans la vraie vie. Vraiment, c'est presque extrême. Et ça, les gens, ils ne s'en rendent pas compte parce que sur les réseaux, je me montre en tant qu'artiste. Et la personne que je suis en tant qu'artiste et la personne que je suis dans la vie privée, ça n'a rien à voir. Et je suis très, très timide. Et les gens, en général, ils sont étonnés quand je leur dis ou quand ils me voient en vrai et qu'ils voient que je suis timide.
- Speaker #0
D'accord. Et donc, en fait, finalement, est-ce que tu pourrais dire que ton travail, ta passion, finalement, ils t'ont aidé aussi à dépasser cette timidité que tu en vois ?
- Speaker #1
Je ne sais pas parce qu'en fait, j'arrive à différencier beaucoup les choses. C'est-à-dire que mon travail, c'est une chose, ma passion, c'est une chose et ma vie privée, c'est encore autre chose. J'ai vraiment besoin de tout séparer. Du coup, ce que je suis au travail n'a rien à voir avec ce que je suis en tant qu'artiste et n'a rien à voir à ce que je suis dans ma vie privée avec mon compagnon, ma famille, etc. Donc vraiment, ce que je suis dans ma vie privée, c'est beaucoup de timidité, beaucoup de réserve. Je suis très introvertie alors que c'est exactement l'inverse que je suis dans mes passions.
- Speaker #0
D'accord. Et donc, est-ce que ce serait plus un moyen d'expression pour toi finalement ?
- Speaker #1
Oui. Oui. En fait, ça me permet d'être une autre partie de moi-même.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Parce que c'est aussi moi, mais je n'aime pas trop le montrer dans ma vie privée.
- Speaker #0
D'accord, ok. C'est super intéressant, je trouve, justement, de voir à quel point finalement on peut être dissocié et on peut être différent en fonction des différents domaines. et que la différence soit aussi importante finalement de ce que tu as à dire.
- Speaker #1
Oui, parce que du coup, les gens sont surpris quand ils me voient dans ma vie professionnelle et qu'ils me voient parfois en privé, ça n'a rien à voir.
- Speaker #0
D'accord, parce que même si finalement, tu peux peut-être vivre des choses avec des personnes au niveau professionnel, tu les vois peut-être dans la vie privée à côté, même là, en fait, tu changes. Tu n'es pas avec eux comme tu es dans le travail.
- Speaker #1
Ah oui, rien à voir. D'accord,
- Speaker #0
ok.
- Speaker #1
Rien à voir,
- Speaker #0
ouais. Des fois, finalement, on a montré une facette de soi au travail. Et même si les gens les voient à l'extérieur, parce que peut-être ils sont devenus des amis ou autre, finalement, on se montre encore sous le même jour.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Alors que moi, vraiment pas du tout. Ça amène à plusieurs situations assez rigolotes, d'ailleurs, quand ça arrive.
- Speaker #0
Ah ouais ? Genre, t'en aurais une ?
- Speaker #1
Oui, alors j'ai travaillé pour un centre d'aide au retour à l'emploi, dont je ne titrerai pas le nom. Et ce que j'étais au travail, j'habitais pas dans une grosse, grosse ville. Et donc, je... croisais souvent les demandeurs d'emploi dans mon cadre privé, juste en me promenant. Et ils venaient me voir comme moi si j'étais au travail, mais ce que je suis au travail, encore une fois, ça n'a tellement rien à voir. Alors, ils venaient se précipiter vers moi et moi, alors ma spécialité, c'est de me cacher derrière mon compagnon. C'est ma grande… Quelqu'un arrive dans la pièce et je ne le connais pas, je cours derrière mon compagnon, il fait 1m80, je fais 1m50, c'est parfait pour se cacher. Donc, en général, lui, ça… Et du coup, ça m'est arrivé une fois, un monsieur, il était très gentil. Mais je ne m'y attendais pas et moi, j'ai eu peur tout de suite. Je me suis cachée derrière. Quand il m'a revue au travail, il m'a dit, mais vous êtes super timide en vrai. Je suis, ben oui, mais je suis dans mon cadre privé, ça n'a rien à voir. Et c'est vrai que c'était assez rigolo. Ben ouais,
- Speaker #0
j'imagine que pour l'autre, en tout cas, ça doit être aussi particulier.
- Speaker #1
Oui, parce que moi, j'ai l'habitude maintenant. Mais c'est vrai que pour les autres, je comprends que ça soit surprenant. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Toi, tu te connais, donc tu sais. Mais c'est vrai que les personnes lambda ne captent pas forcément ces deux passettes ou trois passettes que tu as.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Mais bon, j'imagine que le tout pour toi c'est de réussir à jouer avec ça et de trouver un vrai équilibre.
- Speaker #1
Oui, et puis moi maintenant j'ai tellement l'habitude que c'est la routine.
- Speaker #0
Quel est le lien, la relation personnelle que tu as toi avec l'adoption ? Que ce soit avec d'autres personnes adoptées ou avec tes parents qui t'ont adopté ou autre, carrément.
- Speaker #1
Alors moi, du coup, l'adoption ça n'a jamais été un sujet ta vous pour nous. C'est toujours un sujet avec lequel je parle très facilement de l'adoption, mais avec les autres aussi. Parce que souvent, d'ailleurs, le milieu professionnel, je trouve que c'est le meilleur exemple. Quand les gens, parce que je suis typée de peau, ça se voit, les gens me demandent mes origines, et puis j'en viens souvent à parler d'adoption, et puis ça amène à beaucoup de questions, parce que tout le monde n'a pas connaissance du sujet, et du coup, la personne, elle est là, elle est adoptée, donc il pose les milliards de questions qu'il se pose. Et moi, j'en parle toujours très facilement. Il n'y a pas de tabou. J'en parle beaucoup avec fierté en plus. Je suis très fière de cette adoption. Je ne l'ai pas mal vécue et je ne le vis pas mal. Et que les gens me posent des questions, mais aussi indiscrètes soient-elles, parce qu'il y a des fois où c'est quand même très indiscret, mais ça ne me dérange pas d'y répondre. Je n'ai aucun problème avec le sujet, que ce soit même dans mon milieu professionnel, dans mon milieu privé, dans le milieu artistique. Vraiment, pour le coup, je pense que c'est le sujet qui me fait parler facilement.
- Speaker #0
D'accord. Et donc ça a toujours été comme ça ou c'était au fil du temps ?
- Speaker #1
Oui, je crois que ça a toujours été comme ça. De mon souvenir, je n'ai jamais eu... Parce que quand on est enfant, par exemple, à la cour de récré, ça amène aussi à des questionnements des autres enfants. Et moi, je n'ai jamais eu aucun problème à dire... Ce ne sont pas mes parents biologiques, c'est ma mère, mais ce n'est pas elle qui m'a mise au monde. Elle est venue me chercher à l'autre bout du monde. Et voilà. De mon souvenir, ça a toujours été comme ça. Alors que mon frère, par exemple... Je ne l'ai pas souvent vu en parler. Je ne pense pas que ce soit un sujet que lui, il aborde. Ce n'est pas parce que c'est difficile, mais c'est parce que lui, il n'aborde simplement pas, je pense.
- Speaker #0
Oui, il n'a pas du tout la même relation à l'adoption et peut-être que c'est... Exactement....un sujet sans être un sujet pour lui.
- Speaker #1
Oui, exactement. Alors que pour moi, c'est un sujet. Si on me lance là-dessus, il n'y a pas de problème.
- Speaker #0
Sans parler des airs.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Bienvenue au club.
- Speaker #1
Oui, j'ai vu ça. Ça me rassure de ne pas être la seule.
- Speaker #0
je ne te tente pas la stèle, rassure-toi et donc de ce fait là, toi vu que tu arrives à deux ans et demi j'imagine qu'il n'y a pas eu besoin qu'il y ait une annonce non, oui il n'y a pas eu de découverte tu n'as pas de souvenir de,
- Speaker #1
on m'a annoncé tel jour je ne sais pas si je l'aurais vécu pareil si il y avait eu une sorte d'annonce de révélation le fait que ça soit fait aussi naturellement entre guillemets, ça m'a permis de voir les choses Très naturellement. Je veux dire, la normalité des autres, ce n'était pas ma normalité à moi. Ma normalité, pour moi, ça a été d'être adoptée. Pour moi, avoir un enfant et qu'il vienne de soi, c'est un peu lunaire pour moi. Ce n'est pas quelque chose qui me vient… C'est plus logique pour moi d'être adoptée qu'un parent qui a un enfant naturellement, alors que c'est censé être naturel. Mais du coup, moi, ce n'est pas ma normalité.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode. d'adoption, graines d'amour. On se retrouve dès demain pour la suite de l'épisode. J'espère en tout cas que cette histoire t'a touché autant qu'elle m'a émue. Si ce podcast t'inspire et que tu veux qu'il touche encore plus de personnes, tu peux m'aider en t'abonnant pour ne manquer aucun épisode. Laisse aussi 5 étoiles et un petit commentaire sur la plateforme d'écoute. Chaque note booste la visibilité du podcast et permet de faire entendre ces histoires au plus grand nombre. Et si cet épisode t'a marqué, partage-le autour de toi, avec ta famille, tes amis ou sur les réseaux sociaux. Qui sait, il pourrait changer une vie. Merci d'être là et de faire partie de cette belle aventure. A très vite pour un nouvel épisode plein d'émotions et d'humanité.