- Speaker #0
Toute ma vie, tu vois, il y a la question fatale qu'on m'a toujours posée, de manière problématique ou pas problématique, et d'où tu viens en fait, c'est quoi tes origines, tu vois, toujours avec cette petite intrigue et tout ça. Et on m'a toujours assignée à beaucoup d'endroits, beaucoup d'origines. Encore une fois, de manière problématique ou pas problématique.
- Speaker #1
Bienvenue dans Adoption, graine d'amour, le podcast qui plonge au cœur des histoires poignantes et inspirantes de ceux qui ont été touchés par l'adoption. Je suis Hélène Lalouf, conférencière, formatrice, coach, éducatrice spécialisée et maman de deux adorables petites filles âgées de 6 et 12 ans. Mon histoire commence à plus de 7000 km de la France, en Inde, avant que je sois adoptée à 16 mois par une famille du nord de la France. Mon parcours... personnel m'a conduit à explorer les multiples facettes de l'adoption et à partager ces récits extraordinaires avec toi. Ici, tu découvriras des témoignages vibrants de parents qui ont adopté, de personnes qui ont été adoptées au parcours unique, de parents biologiques ayant pris la décision de confier leur enfant, et de tous les membres de la famille impliqués dans ce monde complexe et émouvant de l'adoption. Mes invités partagent des récits de résilience, d'amour inconditionnel, de pertes et de découvertes de soins. Chaque épisode dévoile des parcours exceptionnels où espoir et douleur, joie et défi s'entrelacent. L'adoption, avec ses multiples facettes, révèle comment les liens du cœur peuvent transformer des vies et surmonter des épreuves significatives. Chaque histoire d'adoption est un voyage d'émotions et de révélations qui méritent d'être entendues. Comment trouver sa place dans une nouvelle famille ? Comment forger son identité entre deux histoires de vie ? Comment vivre pleinement l'amour ? Malgré les blessures, nous explorerons ces thèmes avec profondeur et empathie. Ce podcast célèbre la diversité des expériences humaines et explore la puissance transformatrice de l'amour. C'est un hommage aux liens qui nous unissent, au-delà des différences et des épreuves. N'oublie pas, chaque rencontre peut tisser des liens qui changent une vie. filia quoi par exemple ?
- Speaker #0
je vais utiliser les mots des années 90 déjà pour commencer déjà maghrébine c'est le premier truc marocaine, algérienne tunisienne les dernières qu'on a pu dire c'était israélienne il y a eu érythrée, il y a eu soudanaise, brésilienne métis, ténégalaise à la réunion ça va être je vais ressembler au personnes de la réunion, comme on dit, littéralement, c'est mon placé mot-là. C'est pas moi qui sais, c'est pas mes mots à moi, juste, je sais pas, pas le dire, c'est important. Pareil pour l'Amérique du Sud, tu vois, sur certains endroits aussi, pareil, des métitages à Érythrée, je sais pas si je l'ai dit, grec, à des endroits, enfin, en fait, c'est assez...
- Speaker #1
C'est fou, en fait,
- Speaker #0
le nom de la vaccine...
- Speaker #1
qu'on a pensé pour toi.
- Speaker #0
Oui, turc, toute une partie des pays du Moyen-Orient aussi. Ça vient de personnes concernées comme ça vient de personnes non concernées. Ça vient de manière problématique comme ça vient de manière non problématique. Mais c'est toujours quelque chose qui travaille dans la tête des personnes en face de moi.
- Speaker #1
Et toi, comment tu vis ça, justement ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, ce n'est pas… C'est… Avant, peut-être plus jeune, je ne le vivais pas très bien, tu vois. Mais aujourd'hui, je le vis... Ça m'a fait émerger un projet dans ma tête, quoi.
- Speaker #1
Tu dis, ça t'a fait émerger un projet. Est-ce que tu veux bien le partager ou pas du tout ?
- Speaker #0
Non, pas encore. Pas du tout. Je ne peux pas encore, ouais.
- Speaker #1
Si je ne le vivais pas forcément très bien à l'époque, est-ce que tu as le souvenir de comment tu le vivais quand tu étais enfant, justement ?
- Speaker #0
Bah oui, ado, il y a ce truc d'identification, tu vois. Ou en plus, moi, j'ai des parents adoptifs. J'ai une mère qui est à moitié allemande, plutôt blanche. J'ai un père qui est pied noir, né en Algérie. Du coup, il y a un truc, tu vois, on peut s'identifier un peu l'un à l'autre physiquement. Mais il y a ce truc, tu vois, là où j'ai grandi, dans un quartier et tout ça, c'était assez compliqué, cette identification. On est dans les années 90, donc on est dans du black-blamber aussi, tu vois, à fond. Du coup, il y a cette assignation qu'on essaie de me coller, sauf qu'en même temps, je n'ai pas les codes, je n'ai pas le prénom qui correspond, je n'ai pas les langues, la langue qu'on m'attend de moi, la religion, la classe sociale, vu que personne adoptée en France, tu vois, a une classe sociale plus quasiment, quoi. J'ai un médecin. généraliste, mère assistante sociale, fonctionnaire, à la DAS en plus, à la The, très drôle. Il y a un truc qui est compliqué, je comprends que ce que je vis chez moi et avec qui je vis, ce n'est pas ce censé être ma vie en fait. Et du coup, je vais beaucoup rechercher ça ailleurs que chez moi en fait, avec des personnes que moi-même j'identifie. que j'identifie avec les identités qu'on m'a données qui me ressemblent en fait et que moi je sens une ressemblance dans plein de choses en fait qui est du transgénérationnel mais que je ne retrouve pas chez moi et je suis enfant et à ce moment là je suis enfant unique aussi tu dis à ce moment là je suis enfant unique parce que finalement tu n'es plus enfant unique ou comment non parce que je suis ouais j'ai une petite soeur du coup du côté de mon père donc une petite soeur biologique avec qui il est doux dans des cars avec qui il m'entend super bien Mais avec qui je n'ai pas grandi, finalement.
- Speaker #1
Est-ce que tu te souviens, toi, de comment tu as annoncé ton adoption ?
- Speaker #0
Alors non, parce qu'on me l'a toujours dit. Du coup, je n'ai aucun moment où je l'ai appris. J'ai littéralement grandi avec de la même manière que j'ai grandi avec mon prénom. Tu vois, il n'y a pas un avant et un après. Il y a eu un truc qui a toujours été là.
- Speaker #1
Et ton prénom, c'était le prénom que tu avais à la naissance ou ça a été changé ?
- Speaker #0
Ça a été un tout petit peu modifié. Il n'est pas modifié officiellement encore. Tu sais, quand tu es né sous... Pour l'histoire, quand tu es né sous Zik, on t'attribue... Soit ta mère biologique t'attribue un prénom, soit on t'attribue, si tu n'en as pas, les prénoms des personnes qu'il y a dans la pièce au moment de ta naissance. Du coup, déjà, j'avais un matricule, un numéro à ma naissance. Et ensuite, on m'a appelé Aurélie, premier prénom. Deuxième prénom, Laure. Et nom de famille, Marion.
- Speaker #1
Nom de famille, d'accord.
- Speaker #0
Ouais, tu vois. C'était en fait un prénom d'une des personnes qui était apparemment dans la pièce, comme on dit. Et après ça, à l'âge de 8 mois, mes parents gardaient Aurélie en se disant, OK, il y a beaucoup de chamboulements, elle se reconnaît. On va essayer de garder un truc, tu vois. Mon père voulait m'appeler Sarah. Finalement, il a appelé ma petite sœur Sarah. Bon, ça va, ça se passe bien. Et au final, ils ont mon deuxième prénom, Flora. Troisième prénom, un prénom allemand, une garde, et ensuite le nom de famille de mon père. Et ensuite, à 16 ans, je me rappellerai toujours, je rentrais dans un nouveau lycée. C'était le premier jour. Et du coup, j'avais checké déjà les gens qui étaient dans ma classe, et on était à la récré du matin. Et j'entends quelqu'un, et j'entends une voix qui fait « Hé, Aurel ! » tout mon corps qui fait qui se rédit comme ça, mais pas dans le mauvais sens qui se rassemble en fait et je me retourne et c'était moi en fait enfin je savais que c'était moi et je me retourne et c'était moi et depuis c'est comme ça qu'on m'appelle Aurel d'accord et donc tu dis c'est pas encore modifié parce que tu comptes faire la modification de ton prénom ?
- Speaker #1
ouais j'aimerais bien virer le i et le e donc là t'es dans les démarches de changer ou parce que maintenant t'es très prudent
- Speaker #0
C'est beau que tu fasses ça. Voilà, voilà. Sauf quand tu as une mère problématique et que tu vis dans une petite ville et que tu sais à qui tu as affaire. Du coup, on va attendre que ça passe. Parce que je n'ai pas du tout envie de me confronter à l'institution qui me dit quoi que ce soit par rapport à ça. Parce qu'en plus, c'est plus facile. Du coup, je me mets pile.
- Speaker #1
Je n'ai pas compris le lien entre à la fois la maman et l'institution.
- Speaker #0
Chez nous, en fait, ici là où je vis, pour faire ton changement de prénom, je m'étais renseignée à la mairie. C'est littéralement une demande où tu racontes ton histoire à la maire, en fait. Et nous, en fait, nous...
- Speaker #1
La mairesse,
- Speaker #0
pardon, excuse-moi, la mairesse. Oui, excuse-moi, à la maire... Non, non, excuse-moi, c'est moi qui ai fait une faute de langage. À la mairesse, en fait. Qui ? Je vais le dire. C'est quelqu'un de l'institution qui n'est pas du bon côté, et pas parce qu'elle est... que de l'institution, mais du coup, je n'ai pas du tout envie d'avoir de... Je n'ai pas envie de dealer avec cette personne sur cette question-là. Du coup, on va attendre que ça passe. Elle passe, on verra ce qu'il y a après. Là, maintenant, apparemment, c'est clairement les... Quand je me suis renseignée, en tout cas, je sais qu'avant, ça se passait autrement. Mais là, en plus, c'est vraiment présenté comme quelque chose de très simple. Tu as une espèce de papier recto verso, presque. où tu écris blablabli blablabla, je ne suis même pas sûre que ce soit elle qui le lise. Mais, vas-y, on est dans une situation politique particulière, avec une humeur particulière. On verra après. Je ne veux pas le tenter. Je sais que je ne vais pas aimer être confronté à un refus de cette personne. Je n'ai pas envie d'être là. Du coup, on va attendre.
- Speaker #1
Par rapport à ton adoption, quels ont été tes premiers défis ou tes premiers obstacles vis-à-vis de ton adoption ?
- Speaker #0
Être en collectivité. C'était l'enfer.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode d'Adoption, graine d'amour. On se retrouve dès demain pour la suite de l'épisode. J'espère en tout cas que cette histoire t'a touché autant qu'elle m'a émue. Si ce podcast t'inspire et que tu veux qu'il touche encore plus de personnes, tu peux m'aider en t'abonnant pour ne manquer aucun épisode. Laisse aussi 5 étoiles et un petit commentaire sur la plateforme d'écoute. Chaque note booste la visibilité du podcast et permet de faire entendre ces histoires au plus grand nombre. Et si cet épisode t'a marqué, partage-le autour de toi, avec ta famille, tes amis ou sur les réseaux sociaux. Qui sait, il pourrait changer une vie. Merci d'être là et de faire partie de cette belle aventure. A très vite pour un nouvel épisode plein d'émotions et d'humanité.