- Speaker #0
Arrête de rigoler !
- Speaker #1
C'est trop important de rigoler.
- Speaker #0
De toute façon, quitte à péter, il vaut mieux péter au bout de 60 bords en ayant fait un truc.
- Speaker #1
Ma carte d'identité, elle me dit 42, mais moi j'ai l'impression d'avoir 17.
- Speaker #0
On a essayé de les faire rêver, de les faire rigoler, de les passionner et tout.
- Speaker #1
We won't climb, we won't climb. Ouais, t'inquiète, on va te faire grimper, il n'y a pas de problème.
- Speaker #0
Et Khaled, il lui dit, relève-toi, relève-toi. C'est la honte pour nous, c'est la honte.
- Speaker #1
Personne dans ma famille ne kiffe du vélo. Moi, je suis vraiment, je suis arrivé au vélo par pur hada.
- Speaker #0
Cet épisode est réalisé en collaboration avec Aliber Tricking. Aliber, c'est une agence de voyage spécialiste de l'aventure pour tous. Il suffit parfois d'un déclic pour oser sortir, faire ce premier pas, et vivre quelque chose de plus intense, de plus vrai. Aliber est là pour ça, vous accompagner, vous inspirer, vous ouvrir la voie. Pas pour cocher des destinations, mais pour vivre des expériences qui comptent vraiment. Alors peut-être que l'aventure qui changera tout, elle commence ici. Comment ça va, monsieur Steve Chanel ?
- Speaker #1
Écoute, ça va super, je suis trop content de te retrouver, ça faisait un petit moment qu'on ne s'est pas vu depuis le rock l'année dernière. Le rock d'Azu. Tu sais que j'ai toujours mal au ventre tellement on a rigolé.
- Speaker #0
On rigole, ouais, ouais. Bah souvent, quand on se voit, c'est pour rigoler. Bon, naturellement, déjà, au bout de deux minutes, déjà, on se regarde, on rigole, mais... Non, non, tu fais partie des... Ouais, je pense de mon top 10 de gars du Hello où je sais que je vais rigoler, quoi. Toi, mon meilleur ami. Et j'en ai... Ouais, 5-6 autres... Voilà, avec Pierre Roland on a rigolé, mais toi je sais qu'on peut pleurer de rire. Je sais que je suis obligé de cadrer, tu vois, je sais que toi tu peux me pourrir le truc.
- Speaker #1
Par contre t'as voulu faire une chaîne avec ta petite veste là, avec graffiti de partout là.
- Speaker #0
Bah non mais en fait, je me suis dit, je me suis dit toi, en tant qu'artiste de la street, street art et tout, je me suis dit il va me sortir une chemise. Putain je le vois, il s'habille en petit bourgeois, voilà, bonjour,
- Speaker #1
sobre,
- Speaker #0
comment allez-vous ? T'as même pas mis tes chaussures en peinture. Bon ? Tu commentais hier le championnat du monde, ça ne te manque pas ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. Non, non, en réalité, j'ai tourné la page après Besançon en 2022. Non, franchement, surtout quand tu vois la vitesse dans laquelle ça roule aujourd'hui. Il faut être plus que plus que plus que pro. Parce que bon, il faut être honnête. Quand j'étais chez les pros, on pouvait marchoter en étant bon à l'entraînement. On pouvait faire un peu nimbres sur la bouffe, on n'était pas obligés d'être au millimètre pour avoir des grosses performances. Là, aujourd'hui, c'est hallucinant.
- Speaker #0
Puis là, c'est des gars qui sont capables de gagner des grosses classiques, les plus grosses classiques du monde sur la route, qui sont les meilleurs en cyclocross. Du coup, il y a un bagage de puissance à l'époque. Si un Francis Mouret, il aurait pu gagner une Coupe de France, ou toi une Coupe de France, ton meilleur résultat à Roubaix, c'est top ?
- Speaker #1
C'est 16e.
- Speaker #0
16e. Mais tu valais un top 10 Roubaix, tu vois.
- Speaker #1
Oui alors après c'est compliqué de dire je valais un top 10 troubé disons que j'étais toujours dans le match les 6 fois où je l'ai fait 4 fois j'étais vraiment dans le match pour faire un top 10 mais j'avais jamais ce petit truc pour réussir à rentrer dans le top 10 et aujourd'hui les mecs qui font du cross les Van Aert les Pitcock ils n'en font plus les Van Der Poel les Del Grosso quand tu vois les Thibaut Nice quand tu vois le niveau qu'ils ont sur la route aujourd'hui pour être un bon crossman il faut être un disons 20 ans
- Speaker #0
la plupart Nice il a
- Speaker #1
maintenant il a 23 ans dès le gros saut il a 22 ans c'est la nouvelle génération qui arrive donc ça pousse puis quand tu vois même les juniors le junior hollandais je ne sais même plus son nom qui a gagné le gamin il a 16 ans il est tanké il est tanké déjà un truc de dingue je pense qu'aujourd'hui le vélo il faut déjà être limite pro dans sa tête à 16-17 ans et puis il faut tartiner il faut de la force bah ouais à notre époque quand je dis ça aux gens ils ne comprennent pas
- Speaker #0
mais moi on me disait déjà que j'étais vieux bon j'étais en élite, j'étais pas pro mais j'étais en élite et à 22 ans tu sors des espoirs et déjà il faut réfléchir à... T'es déjà vieux, t'as 22 ans C'est fou de dire ça alors que maintenant tous les jours je me dis putain je commence à vieillir je commence à vieillir mais c'était il y a presque 20 piges
- Speaker #1
Non mais ce qui est dingue ce que tu dis Steven c'est hyper important aujourd'hui c'est que malheureusement je dis bien malheureusement tu vois c'est qu'on arrive à faire croire aux gamins de 20-22 ans qui sont déjà trop vieux. Alors que tu sais aussi bien que moi que dans ta tête, à 20 piges, t'es pas forcément prêt, peut-être même à 22, 23, 24 ans, t'es pas encore prêt à faire tout ce qu'il faut pour être un bon pro. Et puis ton évolution, elle est faite avec les épreuves de la vie aussi. Franchement, moi, ma mentalité aujourd'hui, mais comme la tienne, en fait, elle a rien à voir quand on avait même ne serait-ce 25 ans. Donc c'est terrible pour moi de... tuer des fois des gamins parce qu'on leur dit non mais mec t'as 22 ans t'es trop vieux
- Speaker #0
Pourquoi ? Parce qu'ils veulent les manipuler mais c'est pas le bon mot mais ils veulent pouvoir les bouger les tenir, les utiliser parce que je me rappelle celui qui faisait pas assez pro le plus jeune c'était pas loin d'être Marc Madiot à l'époque C'était le seul, un des seuls, qui faisait passer à 19-20 ans. Thibaut Pinot, 19, je crois.
- Speaker #1
19 ans ?
- Speaker #0
19. Johan, je ne sais plus, Johan Ofredo que j'ai eu ici, 21 ou 20. Et après, derrière, c'était que des mecs 19-19 ans.
- Speaker #1
En fait, ce qui est fou, tu vois, même moi, à Aubert, j'ai vu arriver Tony Gallopin, il avait 19 ans à l'époque. C'était un truc de dingue. Il sortait de junior, il passait. Et en fait, on accordait un petit peu de temps quand même aux jeunes. En fait, on leur faisait une formation accélérée à 19-20-21 ans dans des équipes comme Aubert, avec le Javelet, tu vois, pour les faire progresser. Et puis, ouais, t'as des énergumènes comme Thibaut Pinot, à 19 ans, il passe chez les pros, 20 ans, il gagne déjà. Mais en fait, ce qui est terrible, c'est qu'on essaye de faire de ça une normalité, alors qu'ils sont pas normaux, ces gars-là. C'est des machines de guerre, et on veut trouver la machine de guerre partout, à droite, à gauche, dans les pays de l'Est, et on a l'impression qu'on a tout le temps le nouveau Remco, le nouveau Pinot, le nouveau Van Der Poel, alors que t'as des mecs comme, je prends l'exemple de Nicolas Prodhomme, tu vois, qui a explosé sur le tard. C'est des mecs... à qui on a laissé le temps. Voilà, ils ont fait des études. Toi, t'as connu aussi Jérémy Roy, qui est arrivé aussi, qui a fait son école d'ingénieur, etc. C'est eux, la norme, en fait. C'est pas les autres. Pour moi, c'est très, très dur. Surtout que j'ai un gamin qui a 17 ans, qui a liste. Et lui, le vélo, il se rend pas compte, en fait, qu'il pourrait en faire son métier. Il s'amuse. Mais je me dis qu'en fait, dans trois ans, déjà, les équipes, elles seront déjà plus dessus parce qu'ils vont se dire non mais le gosse il a 20 ans il est déjà trop vieux ça c'est dingue
- Speaker #0
Ouais, ça je suis impressionné et puis j'ai l'impression qu'ils sont presque pros dans leur manière de réfléchir et de s'entraîner. Parce que moi je suis à Nice maintenant la plupart du temps. Je t'avoue que des fois je vais même plus rouler dehors parce que j'ai des mômes de 17-18 ans.
- Speaker #1
Pour la demi-roue ?
- Speaker #0
C'est pas la demi-roue,
- Speaker #1
c'est la roue.
- Speaker #0
Non, ils mettent un camion. C'est-à-dire qu'on replie du pied en haut du col. Je pense que le gars bien énervé... Je pense qu'il me met 10 minutes, vraiment. Et c'est vrai, quand on avait 17, 18 ans, t'es un peu énervé, tu fais tes 2-3 heures. Mais là, les mecs font 5 heures de vélo, ils s'entraînent comme nous quand on était espoir. Toi, t'es passé à quel âge ?
- Speaker #1
Écoute, moi, je suis passé pro tard. C'est terrible de dire ça, je suis passé pro à 23 ans. Donc, alors que j'ai eu mes années espoir. Je suis passé deux ans au Baird,
- Speaker #0
2007-2008.
- Speaker #1
Après, j'étais chez Bouygues, Bbox, Bouygues Télécom, avec Thomas Vauclair, Pierre-Éric Fédérico. enfin... Pyrrho ? Pierre Roland ? c'est là que tu fais ton meilleur résultat à Roubaix non j'ai fait mon meilleur résultat à Roubaix ma deuxième année FDJ je fais 16 l'année Bouygues je gagne à la panne je fais le quatrième à travers la Flandre je fais mon numéro autour des Flandres on est 9 devant avec Bounen Conchellara Pozzato Flecha t'avais la jambe qui tremblait un peu non ? ouais je me disais qu'est-ce que je branle là ? tu me fais ralentir un peu vite t'as vu je leur disais on tourne les gars Rires
- Speaker #0
Tu regardais dans ta poche. C'est une autre époque. Je ne dis pas qu'aujourd'hui, j'ai plus de mal à regarder le vélo. Mais en fait, les mecs, il y a un tel monopole. Bon, Kounselara gagnait beaucoup. Bounen gagnait beaucoup. Il y avait Juan Antonio Flecha. Mais Juan Antonio Flecha, si tu regardes son palmarès, comparé à Van Der Poel, ça n'a rien à voir. Parce que là, je les vois parler. cyclocross, machin, tout le monde parle de Pogacar, mais le palmarès de Van Der Poel aujourd'hui, il est indécent
- Speaker #1
Non mais Van Der Poel, en plus le truc qu'il y a c'est qu'il court très peu, il a 2100 rémots, 3 flancs de 3 roubets il a fait 3 à Liège-Bastogne-Liège, une fois il a dit ouais je vais enchaîner après, je vais aller voir ce que ça donne à Liège, non le palmarès il est fou, pour moi c'est avec Pogacar là sur les 10 dernières années, pourtant tu connais mon amour pour Wout je suis un pauvre en art, mais non
- Speaker #0
les Pogacar ils sont sur une autre planète t'imagines la tristesse pour Wout non mais grave t'imagines la carrière les résultats t'enlèves les deux le mec il a juste 1, 1, 1, 1 parce que là lui il doit avoir dans sa carrière
- Speaker #1
40 places de 2 je sais plus j'avais regardé il y a pas longtemps figure-toi mais c'est incroyable mais tu tombes toujours quand même avec les époques sur des mecs comme ça Mais là, eux, ça fait un moment qu'ils sont sur le devant de la scène. Dès qu'ils sont là, il n'y a pas de course de prépa. Tu sais, ils font cinq ou six. Ah, j'avais un jour 100. C'est pareil, c'est terrible pour l'adversité. Même là,
- Speaker #0
c'est Evenepoel, il commence sa saison.
- Speaker #1
Ouais, trois gagnent. Bim.
- Speaker #0
Putain, c'est tranquille. Déjà, t'en gagnes trois dans ta carrière, c'est pas mal chez les pros.
- Speaker #1
Non, mais est-ce que tu te rappelles quand même que, même en élite, on reprenait les courses fin janvier, début février, tu sais, à Ronde du Canigou, etc. c'était des courses de prépa t'arrivais là-bas, t'avais 2-3 kilos de trop ton DS, ouais, essayez d'avoir une bonne cohésion, c'est tout et ce qui est dingue aujourd'hui c'est que t'as plus de course de prépa, tu sais que si tu vas sur une course tu dois être prêt, si t'es pas prêt tu restes chez toi,
- Speaker #0
tu t'entraînes ce qui est fou c'est que j'ai parlé avec Pierre, il était à ta place il y a un mois et il m'a dit un truc et j'ai mieux compris sa carrière et j'ai mieux compris mes conneries, tu vois en une heure avec lui le gars, il dit en fait quand il passe Merci. Il venait de passer, il était chez les amateurs avec Stéphane Lowe, Xavier Jean et tout ça. Et il avait calculé... que pendant sa saison, son début de saison, il durait deux mois. Et il fallait qu'il fasse tout pendant deux mois. Et après, il ne faisait pas les classiques. En gros, il avait tout mis sur deux mois. Bon, c'est un risque, mais c'était plutôt un grimpeur. Même si au début de sa carrière, il avait un peu plus de masse musculaire. Et le gars, il a marché direct. Il a tout fait direct. Après, il faisait sa coupure. Et puis voilà, il s'est rendu un peu indispensable en étant très jeune. Et maintenant, ils font tout ça. Il n'y a pas un mec qui ne marche pas. De toute façon, je pense que tu ne marches pas, tu n'arrives pas à suivre.
- Speaker #1
Non, déjà, tu n'arrives pas à suivre. Et puis en plus, c'est clair que tu n'envoies pas des bons signaux à tes managers. Parce que comme je te dis, il n'y a vraiment plus de course de prépa. Et Pierre, pour avoir été avec lui deux ans chez Bouygues, franchement, la carrière qu'il a eue et le début de saison qu'il faisait, c'était mérité. Parce que c'était celui qui bornait le plus aussi pendant l'hiver. Il savait des compréhensifs. C'est pour ça que je m'entendais bien au Seik Piro. parce que chez Bouygues, franchement, c'était deux années incroyables.
- Speaker #0
une des équipes où franchement on a rigolé en fait je retiens c'est ce que je retiens le plus c'est terrible c'est les rigolades comme avec moi moi je te vois pas comme un je te vois pas comme un champion c'est un champion comme un plateur je me dis est-ce qu'on va rigoler je me dis quand je vais au Ruck d'Azur et que t'es là et tout t'es invité par Canyon je te vois je te regarde je dis ah non ah il est là alors voilà oh putain Parce que tu me vois, je vois que t'as des étoiles dans les yeux, t'es sur une discussion intéressante. Voilà, bah tu vois, le sponsoring. Et là, tu me vois, t'as 8 ans d'un coup.
- Speaker #1
Je te rappelle le coup-là où on avait rigolé. Mais après, tu sais, le truc qu'il y a, c'est, en fait, le milieu du vélo, c'est un milieu, justement, où je trouve que t'as des mecs qui sont ultra sérieux et ils me font rire. Et t'as des mecs qui sont, comme toi, comme moi, qui étaient beaucoup moins sérieux. Et en fait,
- Speaker #0
ils me font rire. La différence avec moi c'est que tu...
- Speaker #1
C'était bizarre pour toi, parce que je pense que j'étais pas le pro ultime dans mon approche de la performance, mais j'avais une telle... Comment dire ? J'arrivais à sortir de mon truc, à me dire écoute, je m'entraîne bien, après ça marche tant mieux, ça marche pas, ça va, c'est que du vélo, j'ai toujours eu ce truc, c'est que du vélo.
- Speaker #0
Tu t'es jamais pris au sérieux, je me souviens d'avoir, je pense que c'était les premières fois où il y avait des caméras quand on est... J'étais chez les jeunes et j'étais plus jeune que toi. Moi, je te connais depuis tout petit. Je t'avais raconté cette anecdote. Je pense que j'avais, première fois que je te vois, j'ai pas 12 ans, mais je pense que c'était à La Palisse, un challenge national. Et moi, je vois des planches, je pense entre 45 et dans ma tête, je me dis, c'est sûr que ça passe. Et je vois un gars qui la découpe en deux. Et après, il réinstalle une planche et t'arrives avec ton frère. Et là, vous sautez en vélo. T'avais quoi ? T'avais 16-17 ans ? Ah ouais, je devais peut-être...
- Speaker #1
Non, peut-être sortie junior, je devais être espoir.
- Speaker #0
Et là, j'ai dit, ah ouais. Donc ça passe en vélo et les gens me disent, mais Steve Chanel. C'est qui lui ?
- Speaker #1
C'est quoi le chambier ?
- Speaker #0
Chanel ? Je connais pas. Je connais pas.
- Speaker #1
Tu connaissais pas le parfum ?
- Speaker #0
Donc j'ai essayé de passer cette planche. au bout de trois soleils je me suis quand même dit je vais peut-être passer à pied mais toi t'avais ce truc de jouer en fait c'est pour revenir au jeu et je pense c'est ça ta carrière parce que t'as toujours joué je me rappelle tour de la manche aussi où là franchement je savais tu sais quand tu sais que tu marches ouais putain impossible de tenir ta roue pourtant j'étais explosif rien à voir avec toi mais je savais que je pouvais je pouvais sortir 1200 watts 1300 watts 1400 putain tu me sortais des démarrages Déjà faire 5, 6, 7ème derrière toi Tour de la Manche t'as gagné 2
- Speaker #1
J'ai gagné 2 étapes ouais Mais je fais 2 du général Il y avait le chrono Ouais ouais ouais Mais ouais c'était
- Speaker #0
C'est assez punchy J'aimais bien cette course Ah ouais ouais ouais Ouais punchy Après c'est sûr Quand tu mets 4 vélos
- Speaker #1
Même juste à la sortie des virages S'il pleut Tu sais que tu peux lui faire Un petit coup de relance Un petit troll Ouais toi tu préviens pas C'est dur quand t'attaques
- Speaker #0
T'appelles pas les gens Ah merde il est déjà parti Il est déjà à la boulangerie le gars Mais ouais ouais sur TVF. Franchement, des putains d'explosifs. Après, ça,
- Speaker #1
c'est une qualité. Franchement, Steven, le truc, c'est qu'on me dit toujours « Ouais, t'étais hyper dynamique et tout » . Déjà, il y a deux choses. La première chose, c'est que j'avais cette génétique, cette musculature pour ça aussi. J'ai toujours été très tonique. Et j'avais compris que c'était mon point fort. Et ça, je le travaillais. C'est comme la technique des planches. Depuis que je suis tout petit, j'ai commencé le vélo. C'était le cyclocross qui m'intéressait. c'était les passages de planches les passages de planches parce que J'en avais vu 2-3 en élite qui passaient.
- Speaker #0
Et puis ça a gagné du temps, vraiment.
- Speaker #1
Tu gagnais du temps. Puis en fait, moi, le truc, c'est que je voulais toujours faire le malin. Je voulais impressionner mon père, je voulais impressionner mes potes. On a vu récemment. J'ai impressionné même le public parce qu'on peut se vautrer sur les planches. Mais ça a toujours été un geste technique que j'adorais faire. Même des fois, je pense que tu perdais du temps à passer. Mais moi, pour le fun, je passais, tu vois.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais. J'avais toujours ce truc. J'ai toujours. Tu faisais partie des mecs qui m'inspiraient. Moi, j'étais en équipe avec un copain que tu connais très bien, qui s'appelle Anton Nicolas. Il y avait Nico Bazin dans le team. Ouais. Et eux, c'était pas leur délire. Tu vois, c'était vraiment pas lui. C'était dans un truc d'efficacité, soulager le matos et tout. Et moi, j'étais un briseur, quoi. Moi, je leur demandais, c'est quoi ? Vous mettez combien dans les boyaux et tout ? Tu sais, ils me regardaient genre... Non.
- Speaker #1
Abuse pas.
- Speaker #0
Non, Anthony Collat, je pense qu'il avait 0,8 dans les boyaux. Donc, je ne sais pas si ça vous donne une idée, mais les mecs aujourd'hui, moi, j'organise des épreuves gravelman où j'ai un mec, encore hier, aucun jugement de valeur sur lui. Mais il me dit, je suis en chambre R, est-ce que 4 bar, c'est beaucoup ? Pour faire de la route, mais là, au premier platane, t'es dedans, tu vois. C'est sûr. Ah, et lui... Là, un spécialiste de ça, du sous-gonflage, c'est Van Der Poel aussi.
- Speaker #1
Ouais, Van Der Poel, il sous-gonfle, mais tu as raison sur ce que tu dis. Il pèse 60 kilos, non ? Après, on le voit de toute façon, il suffit de regarder l'image. Le boyau, il travaille, c'est un truc de malade. Non, il travaille,
- Speaker #0
mais je le sortais de la jante. Ouais, non. Non, mais il y a un moment, il y a une limite physique.
- Speaker #1
Mais qui te collait ses boyaux ? C'est ça la question.
- Speaker #0
Des fois, en fait, à la fin, j'ai compris que le mec ne mettait pas assez de colle pour moi, je pense. parce qu'il voulait les enlever facilement après parce qu'il savait que j'allais le découper mais en fait le cyclocross les gens se rendent pas compte mais la connaissance de son vélo on a tous à peu près les mêmes trucs, les braquets c'est une chose mais le gonflage des boyaux et le matos, la chape, le truc Anthony c'était un spécialiste de ça il était passionné,
- Speaker #1
après il faisait la moitié de mon poids je pense mais c'est surtout que tu peux gagner un temps monstre gratuitement Il suffit juste d'être bien gonflé et d'être bien chaussé. Franchement, toi, quand tu fais tes aventures, tes gravelmans, etc. Si t'es ne serait-ce 0,5 bar trop gonflé, tu vas commencer à avoir mal au dos, tu sais pas pourquoi. Tu vas te tabasser, tu vas dire « Ah putain, qu'est-ce que j'ai aujourd'hui ? Je suis pas bien. » Juste parce que t'es trop gonflé. Et le vélo, c'est ça, c'est aussi savoir gérer sa mécanique. Pourtant, je peux te dire que moi, tu me mets ma selle un centimètre plus haut, je sens pas la différence. Par contre, tu me mets 0,2 trop... ou 0,2 trop bas tu balances avec le gonflage
- Speaker #0
Marcel est trop par contre le fauteuil il est bien gonflé il doit être à 0,7 0,8 c'est psychologiquement pour quelqu'un qui est câblé normalement de taper la jambe carbone constamment dès que tu passes un trottoir je pense que c'est très difficile de se rendre compte tant que tu as jamais roulé avec des boyaux à 1,2 1,4 une fois Une fois, je fais une course, mec. Je me retrouve. Ligne de départ, parce que je startais plus vite qu'Antonio et Nico Bazin et tout. Il y avait Michel Etchebot, vraiment paix à lui et pensée pour Michel. Mais il m'avait dit, t'es très fort, t'es très fort, tu nous fais le start. Et là, je pars, mais comme un boucher. Ah bah, 800 mètres. 800 mètres, sortie de virage, Vissou, virage à gauche, boyau sorti. Non mais j'avais gagné ma journée, j'avais fait le hot shot, j'étais parti, j'étais sur la voie arrière. Oh putain, premier virage, et je me suis dit mais comment ils font ces salopards tu vois. Après tu passes ta journée à essayer de remonter les touches. Mais toi t'as jamais sorti un boyau dans ta classe ? Non,
- Speaker #1
non, en plus j'avais capté qu'il ne fallait pas que ce soit moi qui l'école, parce que c'était un délire. Non, c'était mon pote, c'était Arnaud Lemar qui me l'écollait, qui était coursier à l'époque, et lui c'était un casse-couille du collage. il mettait deux couches boy ou couches argentes, machin, pour être sûr que je déjante pas. Et comme il savait, en plus, que moi, j'ai un pilotage quand même assez agressif, tu sais, quand tu vas chercher un appui avec ta roue avant, si t'as pas confiance dans ton collage, t'es mort. Mais t'as dû en niquer aussi un paquet de jantes. Ah oui, oui.
- Speaker #0
Ah non, mais à la fin, j'avais des jantes d'un 6. Parce que moi, ce que j'avais mis à ça, c'était que ça faisait du bruit, tu vois. Du coup, je prenais des 60 mm. Je m'en rappelle. Mais oui, normal. J'avais des je sais plus quoi là Des Pas des profils design, mais des trucs. J'avais mon Ampela. Tu te rappelles de cette époque-là ? Ampela, c'était la classe ! C'était énorme, ouais. Lisana, après Ampela et tous les bruits. Je dis, tu vois, l'entraînement, il ne roule pas si vite. Finalement, ce n'est pas pareil. C'était une belle époque, quand même. Moi, j'aimais bien cette époque-là. Quand je vous voyais là, putain.
- Speaker #1
Les Morels,
- Speaker #0
Cyril Beaudant, toi.
- Speaker #1
Mais en plus, tu es quand même aussi dans une région où il y avait des sacrés crossmans. Tu parlais de Bazin et d'Antonio Nicolas, mais c'est vrai que tu avais Cyril Bonan à l'époque. Tu en avais plein sur la région, même Picardie, tu avais Christophe Hérissé, Seb Minard.
- Speaker #0
Les Seb Minard et tout ça, quand ils arrivaient au départ, j'avais une goutte qui courait. Et tu crois qu'il est là, lui ? Il court, il court ou il vient supporter quelqu'un. Et là, quand il commence à sortir du camion, les trois vélos alignés, juste tu regardais les vélos.
- Speaker #1
T'avais déjà perdu.
- Speaker #0
Il a beaucoup de paires de roues de rechange. C'était toi, t'as tes deux paires de roues. Déjà, tu t'es saigné pendant un an pour les avoir. T'as vendu tes trois vélos en acier trempé. Moi, j'ai une affection particulière pour beaucoup de raisons pour toi. Mais une, en fait, vraiment, il y a eu un basculement dans notre amitié. On s'est retrouvé sur une épreuve dans le sud de la France, invité par un ami qui s'appelle Geoffroy Lecatre. On se retrouve avec des... des princes du middle east et tous les jours on faisait la course on essayait, arrête de rigoler on essayait de les faire rêver les faire rigoler, de les passionner donc toi tu le faisais très bien Il y avait un garçon qui s'appelle Copifossi, on avait énormément rigolé un jour, c'était le dernier jour non ?
- Speaker #1
Avant dernier jour.
- Speaker #0
Avant dernier jour, et je me dis, faut que je les fasse rêver, tu vois ? Et je me suis dit, faut faire le départ, et j'attaque comme un furieux, et j'en emmène un avec moi, il est dans ma roue, et on est allé chercher le col de la couilleule, et on prend, putain je regarde sur mon compteur 65, je suis sorti de l'Himalaya tu vois, je me disais bon... De toute façon, quitte à péter, il vaut mieux péter au bout de 60 bords en ayant fait un truc. Donc on est invité, personnalité et tout. Je l'emmène, le gars. 70 km heure, 80, 90. Et je vois la voiture qui commence à mettre le clignotant. Je dis, putain, c'est déjà là, la couilleule ? Et la voiture tourne. Et je vois mon copain. Je vois, il ne freine pas. Et là, il fait un vol vers les étoiles. Et vous, vous êtes arrivé derrière, et toi tu vois ma tête, mais j'étais entre la peur, la rigolade, et l'envie de rigoler. Et j'avais le côté qui... et toi, t'avais les larmes qui coulaient. « Tu crois que c'est grave et tout ? » Et moi j'étais dans une panique, et là on a eu un fou rire qui ne pouvait jamais s'arrêter, parce qu'il était au sol, et c'est notre running gag. « Oh ! » Et comment ils s'appelaient leurs chefs, là ? C'était Khaled. Ah ouais. Khaled, il lui dit, relève-toi, relève-toi. C'est la honte pour nous, c'est la honte. Déjà, tu nous fous la honte d'être tombé et tout. Ah ouais, il s'est éclaté la clavette et l'autre n'avait aucune pitié et tout. C'est la honte pour nous, c'est la honte pour nous. Relève-toi, relève-toi. Et on l'a revu le lendemain. Bon, on est reparti en fourrir pendant deux heures. Mais je me suis dit, ce mec-là, heureusement ou malheureusement, je ne t'ai pas connu dans la carrière, on n'a pas été dans la même équipe. On n'aurait pas pu finir les étoffes.
- Speaker #1
Cette semaine-là, ce Explore Nice, il est incroyable, parce que c'était d'encadrer des groupes qui avaient payé pour être autour de Nice. Et c'est vrai que quand on a vu arriver ces émirs-là, c'était des doubaillotes avec Mohamed, Raled, ils étaient 5, 4 ou 5.
- Speaker #0
Ils ont tous 12 vélos.
- Speaker #1
Les gens se disent, we want to climb, we want to climb. Ouais, t'inquiète, on va te faire grimper, il n'y a pas de problème. Il a tant,
- Speaker #0
on lui avait fait gagner le maillot. Le maillot vert, ouais. On l'avait fait un meilleur sprint. Il avait trois mecs, trois mecs qui étaient chez les pros et deux gars chez les amateurs, qui étaient assez bons chez les amateurs. Je pense qu'on avait pris 70 km heure. Évidemment, on n'était plus que 5, 6, il n'y avait que nous. Et il avait gagné le sprint. C'était un fan de Marc Cavendish, mais là, il était Cavendish pendant deux, trois jours. Il l'avait gagné au final, son maillot. C'est le meilleur sprint.
- Speaker #1
Après, il était tout seul à faire, je pense. Alors on avait rigolé. Mais c'était un truc de dingue. Mais franchement, quand on s'est remémoré cette anecdote au rock, je revois le Mohamed Zahar. Le Mohamed Zahar.
- Speaker #0
Parce que franchement, toi tu rigoles beaucoup, parce que t'es comme ça. Moi c'était une carrière où, même si c'était une microscopique carrière où je me suis mis un peu la pression. Tu rêves, tu rêves de passer et tout. J'ai pas toujours rigolé. Mais toi, je suis obligé de rigoler avec toi. T'as peu de mecs. où tu te dis, putain, il est aussi barjocon. Non, mais c'est vrai, au Rock d'Azur, on a passé encore 3-4 jours ensemble, et on saignait des larmes. On était comme ça. Et en plus, toi, tu as consommé avec modération, mais tu n'en consommes presque pas, tu ne bois pas. Tu n'avais pas besoin de boire. Naturellement, moi, j'ai le bimalaïa, j'avais besoin de rigoler, de m'amuser et tout. Mais c'était fou de se dire... Putain c'est un frère d'armes et le gars il est déglingax quoi. Non mais t'es rigolo toi.
- Speaker #1
Écoute c'est dingue parce que je sais qu'il y a des mecs comme ça avec qui tu sais que ça passe tout de suite. Il n'y a pas de timidité ou de filtre.
- Speaker #0
Il y en a, il y a beaucoup d'égo, d'orgueil, de statut. Tu les connais les gars, même sur le rock. Tu vois les gars avec les lunettes, les machins, ils ont l'air comme s'ils n'étaient pas contraints. Et nous on était à la fête foraine pendant 30 jours. On était quand même dans le plus gros partenaire de l'event, en train de faire l'écran.
- Speaker #1
Mais même avec le micro, t'as vu, on prenait le micro. Hé, on a Steven Lejary qui a... Avec le micro,
- Speaker #0
il y a genre, je ne sais pas comment il y a, mais il y a 200 000 personnes qui passent par jour sur la roque et nous, on prenait le micro en mode fête foraine, auto-tamponneuse. Mais c'était un bon souvenir.
- Speaker #1
C'est trop important de rigoler. Il y en a beaucoup qui pensent que je suis juste à rigoler. Mais moi, j'ai juste conscience qu'on n'a qu'une vie. que demain ça peut s'arrêter et je me prends suffisamment la tête à essayer de construire mon cocon familial le mieux possible que quand je suis dans le monde du vélo, quand je suis à la télé, quand je suis avec des potes, ça va, on ne va pas se prendre la tête. La vie,
- Speaker #0
elle est assez dure.
- Speaker #1
Non, mais c'est bon, tranquille. Mon grand-père était handicapé, je l'ai toujours connu sur une chaise roulante, il m'a toujours fait comprendre que j'avais déjà rien que de la chance d'être debout, tu vois. Et puis mes parents m'ont toujours éduqué dans cette manière de c'est pas grave, c'est toujours bien, il y a tout ce qui va bien, donc il faut profiter de la vie, tu vois. Donc moi, je rigole tout le temps. Et c'est même des fois chiant, je vois un mec tomber dans la rue, je rigole parce que si c'est moi qui tombe, je rigolerais. Et la chute me fait rire. Même ma copine malade qui vomit, je suis mort de rire. Parce que... Là,
- Speaker #0
tu lui dis, tiens-toi la clavette. Mais franchement, je pense... Je ne dis pas que ça t'a sauvé ta carrière, mais d'avoir ça, ça permet de relativiser. Parce qu'il ne faut pas se mentir, dans le vélo, on perd tout le temps. Tu vois le nombre d'années de carrière que tu as fait. Les gens, ils pensent à Pogacar, Van Der Poel. Mais ça n'existe pas. La Philippe Pogacar, Rondepoule, Peter Sagan et les autres, des gens qui gagnent 10 courses par an chez les pros, déjà même chez les amateurs, c'est rare. Mais tu pourrais expliquer à quel point ça peut être difficile d'être athlète professionnel au quotidien ?
- Speaker #1
C'est hyper dur parce que justement, et tu as complètement raison de le souligner, c'est qu'en fait, quand tu passes pro déjà, Tu as des rêves plein la tête. Tu te dis, je vais gagner des courses, je vais faire ça, puis je vais marcher, etc. Mais franchement, 90% de ton temps en course, en tout cas, c'est tu ramasses ou tu fais le boulot. Et tu fais ça le boulot, mais aujourd'hui, je dis ça le boulot, mais c'est un super boulot d'être équipier. Mais en fait, tu prends très, très cher. Tu prends très, très cher. Et si tu n'as pas cette déconnexion, justement, et d'avoir un peu de recul sur le fait que c'est comme ça, que c'est un jeu malgré tout. non Moi, ça m'a quand même un peu porté préjudice, si tu veux, de tout le temps rigoler et de pas être hyper sérieux quand il fallait être hyper sérieux. C'est qu'on me prenait pour un rigolo, justement. Alors que j'étais quelqu'un, quand j'avais un dossard sur le dos, je peux être un sale con aussi, tu vois, je suis un compétiteur malgré tout. Et j'avais du mal, des fois, à penser que c'était un métier. Moi, ça a toujours été un jeu, le vélo. Et c'est aujourd'hui que le recul, je me dis, est-ce qu'une seule fois, tu t'es posé ou tu t'es dit, non, franchement, Steve, fais pas le con, c'est ton job. Non. Pour moi, c'était... Passion rémunérée, je dois rappeler ça le vélo, passion rémunérée. Et on gagne un peu de fric, c'est trop bien. Mais franchement, c'est dur. Et même moi qui n'étais pas un bon pro, franchement je ne le referais pas. Je ne le referais pas parce que j'ai subi un divorce, je me suis souvent barré de la baraque. Je n'ai pas forcément vu mes deux grands grandir. Et puis en réalité, je pense que je n'étais tout simplement pas fait pour ce milieu-là. Et je ferais complètement différent. Et je pense que je découvrirais déjà d'autres sports avant. Parce que moi, six ans, j'ai commencé le vélo. Je n'ai connu que ce sport-là. Et je pense que s'ouvrir un petit peu à d'autres pratiques, ça aurait été un petit peu plus malin de ma part.
- Speaker #0
Ça, ils le font un peu les mecs. Pas beaucoup, mais maintenant, ils croient en polyvère. Ils font d'autres trucs. Ils font du cross-training et tout. Il y en a qui s'intéressent à d'autres disciplines. Mais c'est monotâche quand même le vélo. C'est un truc. C'est les hivers qu'on fait. Moi, je me rappelle une année. Je ne sais pas. J'avais lu dans Vélo Magazine. C'est à l'époque. pas grand-chose.
- Speaker #1
Nicolas Perchut, le magazine.
- Speaker #0
Oh putain ! On avait Vélo Magazine, ces magazines-là où t'avais trois trucs, t'avais pas les 400 programmes ou Training Peaks ou tous les trucs qu'ils ont les mecs, ou même Strava. Donc tu regardais, ah ouais putain, il a commencé la saison Tom Boonen avec 8500 kilomètres. J'ai dit, c'était ça la clé. Après, je fais un hiver, 8500 bornes, j'étais collé. J'arrive au premier stage à nos gens, avec nos gens en Espagne, et je dis, il y a un... Et là, tu as tout de suite les managers. Je ne t'ai pas entraîné, si tu veux. Tu peux rien leur dire. T'es en colère, t'as envie de les taper. Tu te dis, mais en fait, je suis plus au millimètre. Je crois que t'as grossi. Mais t'sais, t'as tout fait. Carré dans l'axe, dans le pire, c'est quand tu pètes à l'entraînement. Je m'en rappelle, un jour, on pète avec Carl Demar. Il me restait une patte de fruits. Et il me regarde, à 19 ans, il arrive. On avait fait 2-3 sprints pancartes, voire un peu plus.
- Speaker #1
Il t'a éclaté.
- Speaker #0
Et là, il reste. Tu vois le panneau. 30 kilomètres, Lioré-Delmar. J'ai une pâte de fruits. Je sais que celle-là, il faut la savourer.
- Speaker #1
Tu commences à loucher.
- Speaker #0
Je me dis à 15 bornes. Non, je commençais à avoir des petites étoiles. Mais tu sais, la pâte, tu la gardes parce que tu l'aimes bien, cette sensation de j'ai bien bossé. Et là, il me regarde, il me dit, je crois que je ne pourrais pas aller plus loin. Tu n'as pas quelque chose à manger ? Et là, je dis, soit je suis un bâtard, soit il va se souvenir de moi si je lui donne la pâte. Parce que j'avais dit, dès les premières sorties, lui, dans trois ans, il gagne sur le tour. J'avais dit ça, tout le monde avait rigolé. Je les ai vus, les mecs. Les frères Turgis, lui, Après, j'en ai eu deux, trois autres.
- Speaker #1
Johan ?
- Speaker #0
J'ai dit ça. Ouais, Johan, mais Johan, c'était pas ça. C'était soit, je me disais, soit il va à l'hôpital, soit il gagne des gros. Parce que pour moi, en fait, il était vraiment fort en chrono. Il battait Jérôme, des fois, Coppel. Je me disais, soit il gagne, soit il arrête. Soit il arrête et il fait, je sais pas quoi, du golf, ou il devient chanteur de pop, ou j'en sais rien, de pop culture. Je me disais, il est tellement excentrique pour le milieu, c'est pas possible, il va péter. Comme toi, comme d'autres gens, je me disais, mais pas possible, ils sont comme moi, c'est des artistes. Comment ils peuvent faire du vélo ? Et demain, je lui donne la pâte de fruits, et là, je fais une hippo.
- Speaker #1
Tu t'en rappelles encore ?
- Speaker #0
Je crois que je n'y avais jamais rentré. Et là, ils étaient déjà tous à la salle de muscu, les petits et tout. Tu connais ce genre de profil. Alors, vous avez fait deux fois le tour ?
- Speaker #1
Charlo, Adry.
- Speaker #0
Là, tu es sous la douche et là, tu penses toute la journée. Et le lendemain, tu dis, je veux prouver que c'est dur. C'est très dur. Début de saison et puis, toi, tu as un tout haut niveau. Tu as couru avec des mecs, les Thomas, Vauclair, les Pierre et d'autres. Vous aviez une équipe un peu, pas de numéro 10, mais je trouvais que c'était des frères. Tu vois, Bouygues, c'était quand même... Il y avait Saïd aussi. Il y avait Saïd Haddou, mais oui, grave. Non,
- Speaker #1
mais il y avait Laurent Lefebvre, Pierrick Freyot, Johan Tchop, Mathieu Sprik. Il y avait Julien Belgi, mon ami, on était toute une bande.
- Speaker #0
Julien Cyclocrossman aussi.
- Speaker #1
Arnaud Lab. Ah ouais, Arnaud Lab, Cyclocrossman. On a rigolé, mais je te jure, c'est un truc de dingue, les stages. Mais tu vois, cette sensation de se sentir... Moi, j'allais rouler avec Pierrick Fédéric. Tu sais que Pierrick, il faisait 1000 bornes petit plateau, à l'ancienne, tu vois. Et à l'époque, je me rappelle, c'était Marion Cligny. 46. Non, non, non. Il tournait la patte Pierrick avec la petite cheville comme ça. Ah putain, là j'étais à la chasse cet hiver, j'ai pas trop tortiné, j'ai pas trop borné. Le mec il faisait mille bornes, petit plateau, il tournait la patte comme ça. Et tu savais que sur le tour, il était capable de péter une étape. Ça parlait de chasse avec Laurent Lefebvre. Franchement, on a rigolé. Et moi, je me sentais dans mon élément quand on n'était pas sous le vélo. Parce que dès qu'on est sous le vélo, j'avais quand même ce sentiment que j'étais moins fort que Thomas. Il faut plaire que Pierre, que toute la clique. Il n'y a que sur la période de classique où là, je me sentais dans mon élément. Parce qu'il y avait cet élément technique.
- Speaker #0
et de jeu même si c'est très dur il y a une part de technique ça se prend en commun avec Yo-Yo ah mec j'en ai parlé à Yo-Yo et je l'ai un peu saoulé avec ça mais ça frotte à mort toi
- Speaker #1
t'avais ça dans le sang ou j'en sais rien mais t'as peur de rien non j'avais pas peur parce que j'avais confiance en moi j'avais pas confiance aux autres mais j'avais un peu quand même capté qui était dangereux et qui n'était pas dangereux Et les mecs qui étaient dangereux, je les évitais. Et tu vois, c'est comme les crevaisons, Roubaix, 6 crevaisons. Roubaix, j'en ai fait 6, j'ai une seule crevaison. En plus, c'est un tubeless, c'est la première année où t'es tubeless. Les chutes sur les classiques, aucune, si ce n'est Van Avermaet qui tombe jamais, qui tombe devant moi, le deuxième Roubaix, KH2R, alors qu'on n'est plus que 10 devant, c'est un truc improbable. Mais j'avais ce truc de me dire, si là t'es pas dans les 10, Steve, t'es mort. Parce que physiquement, t'es moins bon. Donc moi je jouais quasiment ma course sur le placement. Et c'est pour ça que j'ai aussi aujourd'hui cette légitimité de dire, vous pouvez ne pas être le plus fort sur les classiques, mais juste avec le placement, ça vous amène très très loin. Sauf qu'aujourd'hui tout le monde le sait, et c'est pour ça que ça frotte comme des barges. Et si tu ne débranches pas un peu ton cerveau un moment, en fait ta course elle est morte. parce que si tu réfléchis tu regardes ton compteur, tu vois 65 à l'heure et 200 mètres après, t'as un équerre droite et tu sais qu'il faut que tu sprints, il faut que t'accélères encore. Franchement, il faut quand même être sacrément taré.
- Speaker #0
Mais c'est ça qui est bon. Personne ne peut se rendre compte. C'est impossible de s'imaginer. Moi, je n'ai pas eu ton niveau, mais je sais ce que c'est d'être à 65, 70 km heure avec les kidons qui se touchent, avec des Néerlandais. La selle a tapé mon casque. Tu connais ces gars-là qui font 1m98. Même Michael Schaer, des mecs comme ça. Quand ils étaient à côté de moi, je me disais, putain, il a pris de la soupe cet hiver ou quoi ? Merci. Je disais, il n'y a rien de problème. Tu crois qu'il frotte le gars, là ? Les mecs, ils étaient tous plus grands que moi. Je fais 1m78, je ne fais pas 1m12. Les mecs, ils n'étaient pas accablés à en dire « je pense que je peux faire la bagarre avec eux » , et puis les entrer dans le secteur. Tu vois, c'est un sprint à chaque fois. Maintenant, qui dure 40 bornes, mais avant, ça durait 10, 15 bornes, 20 bornes du placement. Puis, les jumbos, les machins, on peut dire tout ce qu'on veut, oui, physiquement, ils sont forts. Ce n'est pas les plus gentils de faire ça.
- Speaker #1
Non mais de toute façon, il faut être une salope, c'est terrible ce que je dis. Mais moi j'étais un petit... Je fais 1m80, mais tu sais sur mon vélo je suis un peu tout... Il ne compte pas avec toi, le boy est une autre dame. Puis moi je m'excuse toujours, moi franchement... T'as un maillot derrière. J'ai un camelback. Non mais moi je suis gentil, mais toi sur les classiques, je vais vraiment être une petite salope. C'est-à-dire que je vais passer sous le guidon, sous le coude, salope, salope ! Et je mets un petit coup de coude, puis je m'excuse, oh pardon ! Puis je fais genre machin. Mais ça, les mecs, ils le savaient. Et le nombre de fois où je me suis pris la tête avec des mecs, parce qu'il y a aussi ce respect de... Parce que c'est ma paye, parce que c'est Quickstep, on ne va pas les frotter et machin. Moi, j'en avais... Mais Pozzato, il m'aimait bien, je pense. Même moi, des fois, je disais, hé, Pipo ! Je le charriais un petit peu. Et puis hop, j'ai discuté avec lui, je faisais partie du groupe. Mais après, il connaissait le fait que j'étais un très bon frotteur. Et il savait aussi que si je passais en dessous,
- Speaker #0
moi je freinais pas moi j'y allais et je suis jamais tombé et puis il y a du respect je pense quand tu commences à faire des top 20 de ces classiques et puis quand ils te voient sur une saison deux saisons ah ouais j'ai déjà vu sa gueule lui il va nous faire chier mais tu sais même un mec comme Terpstra quand je fais 4 à travers la Flandre c'est Maty Brechel qui gagne on est à 3 derrière et
- Speaker #1
tu fais 15 bornes pour essayer de revenir bon bah voilà moi je fais dernier du groupe et en fait les mecs après ils ont fait un coup avec toi Ils savent que s'ils viennent avec toi, tu ne vas pas être le boulet que tu trimballes. Je chantais,
- Speaker #0
tu faisais la course quoi.
- Speaker #1
Ouais, je chantais un peu la course, j'aimais ça. Après, moi je faisais partie de ceux qui adoraient l'oreillette, parce que malheureusement, je n'ai pas le sens d'orientation. Et là, c'était rien.
- Speaker #0
T'es des barrières toi.
- Speaker #1
Oui, mais des fois on disait... Tourne à gauche les gars. Ouais les gars, on va aller monter le Copenhagen, après on va bifurquer, on va aller redescendre, machin. Mais je ne savais pas moi. Non,
- Speaker #0
mais ce n'est même pas ça. c'est que Moi, je l'ai découvert parce que j'avais mon meilleur ami qui était chez les pros. Et un jour, j'ai fait deux saisons où je fais les hivers et le Tour des Flandres. Si tu prends le parcours et d'autres au Nédaland aussi, tu passes des fois 16 fois au même endroit. Mais bien sûr. Il y a des épreuves. Non mais grave. Surtout quand tu as fait les classiques, quand on fait 5-6. T'es passé dans tous les sens. Ah ouais, dans tous les sens.
- Speaker #1
Mais c'est ça qui est terrible, c'est que justement, toi à la française, un mec comme Martel Gaillant...
- Speaker #0
Les pavés sont écartés.
- Speaker #1
Prenez bien à gauche au niveau du Chris Berg, parce qu'à droite, il y a une plaque d'égout, et derrière, il y a trois pavés qui sont décalés. Mais c'était fou. La rigole est à droite. Mais c'est pour ça qu'à l'Oriette, ils nous donnaient cette information. Et moi, j'ai kiffé. Et après, quand j'arrivais dedans, je me disais, ah ouais, c'est ça. Et après, au fur et à mesure, et aujourd'hui, quand je commente ces courses à la télé, je me rappelle où ils sont, tu vois. Mais si tu veux, le Tour des Flandres, c'est autour d'Oudénard. Tu traces un périmètre, tu traces 25 bornes autour et ils font une course de 220 bornes, 240 bornes là-dedans. Ah ouais,
- Speaker #0
parce que quand j'ai organisé un Gravelman Flanders et tout, j'ai pris la map de... Tu plais m'as ? J'ai mis en fait... Ah ouais, c'est un 8 le bordel, ça n'a aucun sens, il faut que j'aille plus loin. Du coup, je prenais d'autres classiques, je les prenais un peu toutes. Puis les ravitaux, les mecs qui font, je pense tes assistants sur le Tour des Flandres, tu dois avoir les gouttes qui coulent, c'est un 860 et tu te loupes. Tu te prends un bilan dans la gueule par contre, c'est là, je pense que ça peut te faire bizarre. T'étais où, enfoiré ? J'ai crevé de l'arrière 12 fois. Non mais, ça je vais t'énerver. Mais, donc... cette carrière et maintenant t'es commentateur avec une passion d'un gamin tu commandes comme un grand môme comme quand t'as vécu ta carrière c'est-à-dire passionnément je trouve t'as aussi moi j'adore ça chez les commentateurs et chez les consultants c'est un amour et un respect pour les légendes de ce sport parce que pour moi quand tu commandes même un championnat du monde de cyclocross Merci. même si les audiences sont limitées comparé à un tour de France, mais les mecs, c'est des monstres. Aujourd'hui, le Je dirais même le top 20, top 30 mondial en cyclocross. C'est des gars qui peuvent gagner chez les pros des courses sur route, tu vois.
- Speaker #1
Mais grave !
- Speaker #0
Elle devient d'où cette passion ?
- Speaker #1
Bah écoute, moi j'ai baigné dans le milieu du vélo depuis mes 6 ans, alors que honnêtement, beaucoup connaissent mon histoire, mais moi, il n'y a personne dans ma famille qui faisait du vélo. Moi je suis vraiment, je suis arrivé au vélo par pur hasard. Vraiment, mon père m'a fait essayer. Et en fait, j'ai vraiment mordu à l'hameçon et j'ai vraiment mordu au vélo. Mais quand je dis j'ai mordu au vélo, toi c'était encore les championnats d'Europe sur piste hier, j'ai fini de commenter les championnats du monde, maintenant on va faire un tour avec les filles et tout, on est chez mes parents, j'ai regardé les championnats d'Europe sur piste, parce que je suis un fou de vélo, j'ai cette passion, et en fait quand je commente une course de vélo, en toute honnêteté, si je la commente pas, je la regarde quand même.
- Speaker #0
Tu commentes chez toi, je peux en commenter toi.
- Speaker #1
Non je commente pas. Oh putain ! Mais pourquoi il fait ça ? T'es comme ça avec tous les sports en plus,
- Speaker #0
les gens ne le savent pas, moi je le sais, je te connais. T'es comme ça avec tous les sports, c'est un truc de fou. T'es toujours... Qu'est-ce que tu rigoles ? Non, il y a le basket. C'est le championnat de France. Ouais,
- Speaker #1
Betclic, je suis un dingue.
- Speaker #0
Attends, il y a le hand qui commence. Attends, il y a le biathlon aujourd'hui. Ouais, je suis un dingue. C'est impressionnant et tu connais tous les sports, tous les résultats. Ah là, mais c'est parce que là... Il était à Friedrichshafen et il sort des trucs, mais c'était un dictionnaire, c'est un dictionnaire. Je pense que demain on te met commentateur, bon c'est pas une invitation ou un truc, mais on te met commentateur sur le basket, tu serais capable de commenter je pense.
- Speaker #1
C'est un problème, biathlon, hockey sur glace, depuis trois ans maintenant.
- Speaker #0
Tu as le gabarit ?
- Speaker #1
J'ai la mentalité.
- Speaker #0
C'est la bataille ?
- Speaker #1
Ben regarde, faut bien tenir le mec là, petite salope. Attends,
- Speaker #0
t'es un peu bagarreur Je suis pas bagarreur Non mais bagarreur gentil Non moi j'aime bien me placer Ouais ouais te placer ouais Mais non mais je suis un dingue de tous les sports
- Speaker #1
T'as tout résumé Moi tous les sports m'intéressent Sauf l'équitation Je suis pas fan de l'équitation Alors que ma gamine de 3 ans Elle veut monter à cheval Ça m'emmerde
- Speaker #0
Tu peux sauter les planches Putain ! le gonflage c'est ce qu'on fait je vais en remettre dans les savots Bobby du 34 donnez-moi un autre cheval tu crois que ça passe sur le vélo les 2m40 là attends non mais ouais pour toi je pense qu'il ne faut pas te mettre sur un cheval moi non plus non moi je le sais le cheval sinon il va s'affaisser un ostéo pour le cheval le Yari qui est monté dessus putain mais on n'a pas eu de fourré encore on va le finir à un moment Mais comment tu arrives à tenir des émissions de télé ? Parce que tu as un coéquipier de conneries sur Eurosport où tu pleures de rire tous les jours.
- Speaker #1
Je pleure.
- Speaker #0
Et même avec les caméras allumées, tu t'arrêtes jamais en fait.
- Speaker #1
En fait, déjà, je fais abstraction des caméras. Quand je suis avec Jackie, quand j'étais avec Guillaume, avec Oui Pierre, avec Fou Pigeon, peu importe avec quel journaliste je suis. Déjà, je fais... très vite abstraction. Bien sûr, je ne vais pas dire tous les gros mots de la terre. J'essaye d'être propre, mais par contre, il ne faut pas me demander d'utiliser un langage soutenu. Moi, je veux... Ça a été d'ailleurs l'un des premiers conseils de Guillaume Digrazia. C'est grâce à lui que je suis à Eurosport et c'est grâce à lui que je suis à la télé. L'histoire, elle est assez incroyable. C'est que... On le racontera plus tard. Grosse pensée à Guillaume, évidemment. Mais moi, il m'avait dit ne joue pas au consultant. et c'est le premier conseil qu'il m'a donné parce qu'en fait comme tu sais j'adore tous les sports et je regardais les consultants genre JD Paganelli et tout et je me dis waouh mais les mecs ils parlent vrai tu vois ils sont pas là oui tout à fait avec une attaque assez impressionnante sur un 56-11 non ça c'est pas moi c'est waouh la cacahuète qu'il vient de mettre c'est impressionnant moi je veux parler comme j'ai envie de parler et il y a Jackie on est là et en fait c'est très subtil on se fait des jeux de mots en douce on se coupe le micro on est off air on se raconte des conneries et franchement j'ai un tel régal à venir sur Paris pour commenter quand il est là parce que maintenant depuis le Covid on le fait à distance mais ouais non mais moi je rigole tout le temps il y a de l'auto-dérision quand on commente le Grand Prix Samin je suis sans arrêt en train de faire ça m'intéresse ah ça m'intrigue ah c'est une course à Samin j'ai un délire rien qu'à préparer la course sur les jeux de mots quand on était passé sur le tour à Moncu à la ville de Moncu et j'avais une liste moi qui écris pas mal sur les bouts de papier et Donc t'es un bosseur. Le passage de mon cul. Mais évidemment, on peut pas arriver comme ça. Le refusie.
- Speaker #0
Faut le dire aux jeunes. Parce que tout est un jeu. On parle d'Awi, d'Underpool, de Pogacar, tout le monde parle de Z2 et tout. Mais au-delà de ça, tous les gens qui réussissent quelque chose dans la vie... C'est des bosseurs, des gros bosseurs, des travailleurs, ils optimisent tout. Toi, je ne sais pas si tu optimisais tout, mais tu maîtrisais énormément de paramètres. En sport de haut niveau, c'est encore différent, mais ce que tu fais aujourd'hui, tu es un gros bosseur. On dirait que tu arrives et tu es à la fête foraine, mais ce n'est pas vrai. Non,
- Speaker #1
mais justement, le fait de ne pas avoir été un très grand pro sur l'investissement, et je pense que je n'étais pas un gros bosseur quand j'étais cycliste, je me suis rendu compte à la fin de ma carrière, je me suis dit merde.
- Speaker #0
Tu n'aimais pas quoi à l'entraînement ?
- Speaker #1
J'aimais pas l'entraînement. Moi, c'était vraiment la compète. L'entraînement, ça me saoulait. Tu voulais être en colo tout le temps. Non, mais en plus, on commençait à me parler de faire gaffe à la bouffe et tout. Moi, j'ai toujours été linéaire à faire des craquages, à bouffer équilibré. Déjà, je ne bois pas d'alcool, par exemple.
- Speaker #0
Tu m'as dit un truc juste l'autre fois, et je trouvais ça intelligent de me dire ça à des mômes. C'est, moi, je suis de l'inverse de toi. Ouais. Non !
- Speaker #1
Mais c'est pour ça que j'aime être avec toi aussi.
- Speaker #0
Non, mais tu disais, moi, je ne fais pas d'excès. En fait, je préfère me manger un demi ou un petit pain au chocolat tous les jours et une demi-bière ou un autre truc, mais un petit peu tous les jours et faire le job et me faire mes 3, 4, 5, 6 heures de vélo, mais pas me prendre la tête, plutôt que de me mettre une cartouche et m'en souvenir pendant deux jours.
- Speaker #1
C'est ça, moi, je suis très linéaire. Comme je dis, pour moi, les excès... que ce soit les excès de job ou excès de craquage, il y a un rebond.
- Speaker #0
C'est de rien.
- Speaker #1
Ça, par contre, c'est à volonté. Et c'est très, très bon pour la santé. Non, mais ouais, j'ai toujours été linéaire, même sur le poids. Tu vois, j'ai jamais eu plus 8, moins 14. Je me doute. Non, non, pour moi, la vraie justesse, c'est ça. C'est d'être toujours dans le juste. Alors, des fois, il y a des... petits craquages supplémentaires, et puis des fois, il y a des « allez, je fais un petit peu plus gaffe » , mais je n'ai jamais été dans l'extrême. Et pour revenir sur le fait de travailler, c'est que justement, j'ai toujours été très linéaire dans mon job de coureur cycliste. Quand je suis devenu consommateur, je me suis dit « Steve, par contre, là, il n'y en a que deux par chaîne. En gros, il y a 4-5 titulaires et c'est une place en or. Donc, boss, ne fais pas la même connerie que quand tu étais pro. » Je me fous de ma gueule moi-même, mais je ne parlais pas vraiment bien anglais. J'ai utilisé mon diff, j'ai fait 20 heures. Déjà, français, c'est un peu dur. Pour comprendre les interviews, faire un interview. J'ai déjà fait des zooms pendant une heure avec la presse britannique. J'ai fait Netflix. Ça, j'ai travaillé.
- Speaker #0
je suis toutes les courses les coureurs quand je fais les critères d'après tour les gens disent ta Chanel il prend un billet t'es putain de connu à l'étranger mais avec Netflix avec Netflix les espagnols j'allais dire les espagouins les espagnols les itales ils savent non non je me souviens il y a des espagnols sur mon Instagram quand je suis au rock avec toi et ils m'ont dit this is the man on Netflix des espagnols et des britanniques qui me disaient ouais bah je le connais mais aussi bien quand même t'étais le gars de XXI ouais je suis avec le super héros il est là et puis aaaah mais je dis il est meilleur en rigolade même au rock tu te rappelles quand on a été rouler quand il y avait Maxime Prieur et tout parce que nous il faut pas nous évidemment qu'on rigole hors vélo mais aujourd'hui on se prend pas vraiment la tête et c'est sûr on nous inscrit à une rando vélo au rock d'assurance Les vélos, bon, ils n'étaient pas prêts encore à 21h la veille. On savait même si tu m'as volé mon vélo, je crois. T'as pris mon vélo, t'as pris le meilleur vélo. Salopard. Moi, ils m'ont mis un vélo et je vois. Putain, mais c'est pas mes pneus. Ouais, mais j'ai pas de pédale. C'est lequel mon vélo ? Et on a rigolé.
- Speaker #1
On n'a fait que ça.
- Speaker #0
On a fait un contre-pour de dérapage, de mur impossible. On a changé le parcours.
- Speaker #1
Mais oui.
- Speaker #0
On a tenté la solution offensive parce qu'on a rajouté un looping. Alors avec Steve, on a barriéré un endroit là. C'était un passage interdit. Non, mais on a voulu changer le parcours.
- Speaker #1
Mais tu sais c'est quoi qui est fou ?
- Speaker #0
Il s'est passé technique.
- Speaker #1
Tu sais c'est quoi qui est fou ? C'est que je savais que ça allait se passer comme ça avec toi et Johan. Fredo, je savais que ça allait partir. Mais t'as vu,
- Speaker #0
il s'est arrêté. Il s'est arrêté pour nous attendre. Je savais ! Il est parti. En fait, Johan, il n'a jamais été champion de France ou champion d'Europe de cyclocross. À l'époque, je pense, tu lui mettais un piquet ou des planches, il les coupait en deux. Ou il crevait.
- Speaker #1
Il a beaucoup crevé, Yo-Yo. Ah ouais,
- Speaker #0
ouais. Ah bah non, il regarde pas. Non mais il regarde pas. Il monte sur le vélo. Déjà, il sait même pas si c'est son vélo, Johan. Des fois, il a des cales de route. Putain, mais c'est des SPD qui sont mis sur le truc. Mais Johan, il en a rien à foutre. Et il part en mode je vais faire la course, je vais voir et tout. Bon, il a fait un peu mal à tout le monde. Après, il nous a attendus pendant une heure. Putain, vous faisiez quoi et tout ?
- Speaker #1
On a rigolé.
- Speaker #0
Il nous a attendus pour faire le con parce que il a besoin de rigolade. Il est toujours aussi déglingo.
- Speaker #1
Mais là,
- Speaker #0
on a passé une belle petite journée de vélo.
- Speaker #1
C'était énorme.
- Speaker #0
Mon moviemaker me cherchait, putain. Et du coup, vous n'avez pas fini. Vous n'avez pas passé la ligne, si je ne me trompe pas.
- Speaker #1
Mais même, tu as vu les gars de GCN, Max et Louis, ils disaient, mais c'est quoi ces barjots ?
- Speaker #0
Ah ouais, Non, moi, le pire, c'est leur moviemaker. Il vient me voir, il me dit,
- Speaker #1
mais vous êtes des malades.
- Speaker #0
Non, mais moi, j'en ai deux, je rigole avec eux et tout. Maxime est fou. Mais vous, vous avez pris des trucs, des vitamines spéciales ou vous en avez un ? Et il était 9h ! 9h du mat, on faisait des concours de dérape. Bon, désolé à Sponsor de pneus, parce que je pense qu'il y a des pneus qui sont un peu carrés. C'était des vélos de Tess Canyon. Ils talonnaient un peu le pneu. Non, mais j'ai voulu tester un peu le matériel. On a fait des conneries pendant deux heures, il y avait deux ou trois influenceurs et influenceuses.
- Speaker #1
Il y avait Adrien Raffaud,
- Speaker #0
le stripteaser de campagne, champion d'Europe d'acteurs pornos. Adrien, je l'ai reçu ici, on a beaucoup rigolé parce que je l'ai taquiné, pas comme ça mais pas loin. C'est une machine. d'une gentillesse non mais franchement si j'aimais les hommes je pense que c'est la première porte à laquelle je te crée podcast viens nous parler de ta sexualité non mais le gars il enlève son t-shirt qui que tu sois même 65 ans barbu t'aimes la chasse c'est vrai si tu le mets en retenue tu puis mets le sur les réseaux
- Speaker #1
Adrien Raffo, il est énormissime. Un mec comme ça.
- Speaker #0
En plus, il a une Lamborghini. C'est vraiment...
- Speaker #1
Moi,
- Speaker #0
je suis plus une Volvo, tu vois. Je suis plus une Volvo, mais on a quand même mis la caravan derrière. Toi, t'es... C'est pas une voiture excentrique. Ouais. Fiat Uno.
- Speaker #1
Une Chine Crescento.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais, je pense. Mais qu'on a surboosté. La voiture, elle fait des...
- Speaker #1
Petit gabarit, mais tonique.
- Speaker #0
On a rigolé avec le... Parce que lui, pareil, moi je l'ai découvert à la base. Au rock, pareil. Mais on a vachement rigolé. Est-ce qu'aujourd'hui, tu peux dire que t'es heureux ? Là, je suis obligé d'arrêter, sinon on va rigoler pendant une demi-heure. Aujourd'hui, t'es heureux ? Je suis heureux quand t'es coureur ou pareil ? Ouais, je pense que je suis plus heureux que quand j'étais coureur. Vraiment, parce que j'ai pris du recul sur ma carrière. Mon but ultime, c'était un jour d'être champion de France. Je l'ai été en 2018, alors que j'étais en plein divorce. Pas fait exprès, je le sais. Pas fait exprès du tout. La seule année où je ne dois pas être champion de France, franchement.
- Speaker #1
C'est émouvant. Tout le monde.
- Speaker #0
Tout le monde m'en reparle encore. C'est dingue.
- Speaker #1
Et puis même, tous les observateurs, les connaisseurs et tous les fans de cyclocross. Il ne faut pas se mentir, c'est une communauté qui est restreinte, qui grandit parce que, bon, Van Der Poel, Van Aert et compagnie, mais c'est une communauté restreinte et tout le monde était content pour toi. Même tes adversaires, même celui qui fait 2, 3, 4 jusqu'au... Ouais, Francis Mouret, Arnaud Crençon.
- Speaker #0
Ouais, c'est dingue. Tout le monde déjà savait ma situation personnelle puisque mon ex-femme, au mois d'août, me dit « Ouais, je t'aime plus, je me barre, machin. » Et en fait, non, je suis vraiment en pleine séparation avec mes gosses que je vois une semaine sur deux. Et en fait, l'histoire, elle est incroyable, c'est que justement au rock et Bon, ça faisait quand même plus de deux mois et demi que j'étais seul. Je me suis dit, il faut que je profite un petit peu quand même. Ça faisait 17 ans que j'étais avec mon ex-femme. Et puis, j'ai rencontré ma compagne au rock. Et en fait, elle est venue la veille de Kellnock pour me faire la surprise. Donc, je te laisse imaginer la soirée qu'on a passée, la nuit qu'on a passée. On n'a pas trop dormi, on a vraiment profité. Ouais, bah, on parlait. Adrien.
- Speaker #1
Ah mais il aurait pas fallu le mettre dans la chambre Ah bah non parce que là j'aurais encore moins dormi
- Speaker #0
Mais j'étais tellement décontracté auquel nec que j'ai été chercher ce titre et ça m'a fait prendre un recul de fou sur la performance et aujourd'hui j'ai deux magnifiques petites avec Émilie donc ma compagne, avec Lucie, on a deux grands enfants et c'est très bien, j'ai quatre gosses quand même t'imagines la vie mais non je suis tellement heureux Bien sûr, je suis comme tout le monde. On a les soucis et les tracas du quotidien. Quand tu as les taxes, les impôts qui arrivent, quand tu te prends des rappels, parce qu'on est quand même un pays où on aime bien quand même te mettre une petite boule au ventre. Toi,
- Speaker #1
tu ne dois pas être trop papillé, je pense. Je déteste ça. Quand il n'y a plus de 10 lignes.
- Speaker #0
Non, c'est un truc de malade.
- Speaker #1
Tu laisses à quelqu'un d'autre.
- Speaker #0
Exactement. tu vois le courrier attends je l'ouvre pas déjà pour toi je l'ouvre pas il y a un truc pour toi déjà je vois le nom de ma société sur le courrier déjà j'attends 3 jours parce que je sais qu'on te redonne jamais de thunes on t'a déjà redonné de la thune toi ? ah bon ?
- Speaker #1
ouais ouais 6,40 euros il y avait un surplus il y avait un surplus il y avait un surplus il y avait un surplus ils m'ont fait un report non mais ouais non mais on est dans un monde pour des gens comme nous c'est sûr que c'est dur à cadrer et puis quand tu construis des trucs quand t'as une boîte quand t'as ... Il faut être un peu carré. Et puis après, toi, tu as une autre responsabilité, tu as des gosses. Il faut quand même les assurer à l'école. Il faut quand même faire de toi... Faites gaffe quand vous arrivez à l'école cette année ou pas. C'était en novembre. Mais ils ont... Mais on est tard, là.
- Speaker #0
Mais tu as six ans, tu es encore en maternelle, toi ?
- Speaker #1
Parce que là, je te vois au terrain de basket tous les jours. Faudrait peut-être aller à l'école, mon copain. Non, mais toi... non mais non mais c'est C'est ouf de penser parce que moi, je te vois tel que je te vois. Mais t'es papa, mec. Mais oui, j'ai 4 gosses. T'es un môme. Toi, t'es un môme de 8 ans, en fait.
- Speaker #0
Mais ma carte d'identité, elle me dit 42. Mais moi, j'ai l'impression d'avoir 17. Je suis encore junior dans ma tête. Donc, t'imagines.
- Speaker #1
Parce que tu joues avec tes mômes. Tu fais du sport avec tes mômes.
- Speaker #0
Alors, du coup, c'est un petit peu plus compliqué que mes deux grands. Parce qu'ils me trouvent gênant. Parce que je rigole tout le temps. T'es gênant, t'es gênant Ouais souvent Mets ta gueule Ah Non, mais c'est vrai qu'en plus, j'ai tendance à tellement rigoler. On a l'impression que je suis hyper détendu. C'est le cas, mais que je prends de la place. Et je pense que je prends de la place quand il y a mes grands. Moi aussi, c'est pour ça qu'on a mis des fauteuils.
- Speaker #1
Au début, c'était des chaises. C'était des tabouins, mais ça fait ça. Mais c'est bien de prendre de la place.
- Speaker #0
Ouais, et puis après, honnêtement, j'en ai rien à foutre. Parce que j'ai pas envie de... de calculer, de me dire parce que mon fils ou ma fille ou parce que lui va penser que j'en ai rien à ce coup, c'est un truc de malade. Aujourd'hui, j'ai fait un tel recul.
- Speaker #1
Que c'était une opportunité, que c'est une chance.
- Speaker #0
Ils s'en rendront compte plus tard. Aujourd'hui, à 17 et 14 ans, 17 et 15 ans, par moment, ouais, papa, quand même, soit peut-être un peu plus mature ou autre, mais je ne vais pas changer. Je n'ai pas envie de changer. J'assume que je peux. C'est sûr,
- Speaker #1
si tu commences à jouer aux fléchettes. Tu commences à leur lancer des trucs.
- Speaker #0
Viens, on te fait une cible dans le dos, Caliste.
- Speaker #1
Si tu commences à leur dessiner des zizis avant qu'ils aillent à l'école, c'est sûr que ça peut être gênant. Non, mais je vois tout à fait le genre de père que tu peux être à vouloir faire le con, à vouloir... Et puis, il y a un autre truc, il ne faut pas se mentir, c'est que tu es fort encore. Enfin, tu es encore solide physiquement. Je pense que les mecs, ils vont jouer au bas. Tu vas faire la bataille avec eux. Ah, puis en plus, je n'ai pas envie de perdre. Ça, ouais. Ah ouais, ça, les gens, ils ne savent pas. C'est un très mauvais perdant.
- Speaker #0
C'est un très mauvais perdant. Et d'ailleurs, tu sais que... Tu veux tout gagner, toi. Je veux tout gagner, même une partie de Uno. Même au quart, je pense. Mais bien sûr, même une partie de Uno. Ma fille, qui est très mauvaise joueuse, qui a ras, je joue Uno, mais je triche. Rien à foutre. Si je vois qu'elle a 2 plus 4, machin... Moi, je... Tu te rends de la table. Ah ouais,
- Speaker #1
je me démerde. Non.
- Speaker #0
Mais ce qui est fou... C'est que beaucoup pensent que justement, je suis hyper nonchalant sur ça. Mais non, moi, je vais être le meilleur.
- Speaker #1
Je sais que tu es un winner, je te jure. J'ai ce souvenir de la palisse. Je pense que tu avais recommencé 40 fois le bordel jusqu'à ce que tu passes. Après, quand je sentais que la fourche était prête à se percer, je me disais que j'arrivais à la fin. Mais là, avant, il faut que tu pédaliers. Oh putain, je ne sais pas, il y avait quoi ? Il y a 3 mètres entre les deux planches. C'est peut-être un peu court pour passer un vélo. Et lui, il arrive. peut-être décaler le pilier si on passe en travers avec mon petit frère on se regardait je voulais être le seul à passer il s'appelait Steve Chanel à l'époque il me dit tu vas voir tu vas voir tu vas voir tu vas voir avec son frère tu vas voir avec son frère je pense qu'il faut que je fasse du golf qu'est-ce qu'il faut te souhaiter qu'est-ce que t'as envie d'être dans 5 ans, dans 10 ans le même
- Speaker #0
toujours le même gagner ou ono avec ma fille et puis continuer à être en bonne santé en vrai tu sais que quand on te dit chaque année bonne année bonne santé jusqu'à il y a 5-6 ans j'en avais tellement rien à taper un truc de fou et puis en fait tu te rends compte que la santé c'est essentiel mais parce qu'avec la vie qui avance t'en as qui partent et il y a eu ce covid qui a fait beaucoup de mal j'ai perdu mon beau-père, il y a eu beaucoup de choses aujourd'hui Et... où je me dis quand même la santé c'est essentiel parce que pour pouvoir rigoler à plein poumon pour être en pleine forme et être en bonne santé et franchement ça va être une phrase de vieux con mais qu'on me foute la paix mais vraiment c'est à dire que tous les empêcheurs de tourner rond y compris l'état qui commence vraiment à me casser les couilles avec ces taxes ouais non mais c'est important j'en ai marre, tu sais que j'ai envie de me barrer de ce pays Toi, je te vois voyager. Moi,
- Speaker #1
j'ai une petite maison au Maroc, pas du tout pour ces raisons fiscales, mais parce que je me sens libre. Là-bas, si je t'emmène, on va pleurer de rire pendant 10 jours, mais si je t'emmène là-bas, tu vas comprendre. En fait, ça reste sauvage, tu prends un chemin. En fait, aujourd'hui, c'est un truc fiscal, mais aujourd'hui, tout le monde est en colère. Les automobilistes, tout le monde, tu prends les transports, tout le monde est vénère.
- Speaker #0
Mais c'est normal.
- Speaker #1
Il y a une tension générale.
- Speaker #0
Tu sais Steven, franchement il y a 3 ans quand on me disait ça, je me disais arrête la vie est belle machin. 3 ans après, je peux te dire que là aujourd'hui, je regarde, si je ne peux pas me barrer, parce que j'en ai plein le dos, pour ne pas dire plein le CUL, de ce pays qui n'a rien compris, qui ne comprend rien, qui marche à l'envers, qui fait des trucs complètement insensés. Hier je regardais sur les normes, mais on ne se rend pas compte, le pays marche sur la tête, on te sort des trucs, des normes. Tu te dis mais c'est pas possible, les gens ne se rendent pas compte. Et un de mes meilleurs amis...
- Speaker #1
Ça, c'est ce qui est rendu public. Mais imagine ce qui est...
- Speaker #0
Exactement. Mais tu sais, un de mes meilleurs amis, David Burgic, patron de chez Chazal, métier de bouche. Donc métier où il faut nourrir. Même lui, il le dit, mais les gens en fait, même les bouchers, tout le monde tire la gueule. C'est un truc de malade. Mais non, on continue.
- Speaker #1
Il dépend des agriculteurs. Moi, je suis fils. Il n'y a pas grand monde qui le sait, mais je suis fils, petit-fils, mon oncle, Donc maintenant, tout le monde dans ma famille, sauf mon papa et ma mère. étaient agricoles. Ils sont de l'agriculture ? Tous, tous, tous. Et je m'en suis rendu compte, ça m'a tellement fait mal au bide et j'en ai pleuré pendant deux jours et je ne pouvais pas pleurer devant eux. En fait, mon oncle m'avait raconté, c'était le jour du Pax de mon frère, il y a cinq ou six ans, et il me dit, mais nous, Stéven, pendant dix ans, on a travaillé à perte, on gagnait moins de 1000 euros par mois.
- Speaker #0
Mais bien sûr, mais bien sûr.
- Speaker #1
Il me disait le prix auquel il vendait le lait et auquel le litre de lait est vendu sur le marché. Mais c'est indécent. Mais bien sûr. Ils ont travaillé toute leur vie pour gagner moins de 1000 euros par mois Ils étaient deux Ils ont été presque incapables de s'acheter Une maison après leur truc T'imagines, ils travaillaient toute une vie pour nourrir les gens Pour rien quoi Tu sais quoi,
- Speaker #0
tu viendras chez moi dans les Vosges Et j'habite juste à côté d'un laitier, Laurent Lahorte Et le mec, il te fait Il te le dit, cette semaine j'ai fait une petite semaine J'ai fait 80 heures Et le gars il est tout seul, il a 50 vaches Il fait la traite le matin, le soir Il est tout seul pour 1000 balles Et le gars, il est là, un, il se plaint pas C'est un truc de fou. Et lui, il est là, il reçoit aussi les lettres de relance. Et vas-y, que je te taxe et machin. Et puis t'as un jour de retard. Et puis eux aussi, l'énorme. L'énorme, mais l'esprit. Non, mais un truc de dingue.
- Speaker #1
Sur ces sujets-là, sur la bouffe. Tu sais, en fait, l'État, il y a une... Je crois que ça a été multiplié par 5000, le nombre d'institutions, sur justement créer des normes. Je ne te parle pas de multiplier par 5. Il y a carrément des trucs départementaux, régionaux, locaux régionaux, et des trucs nationaux, voire européens, sur les normes. Je crois que c'est de milliards en Europe, les créations de normes. Après, il y a certains trucs qui nous protègent. Mais il y a certains trucs qui défoncent la vie des gens, des agriculteurs.
- Speaker #0
Mais même des maires dans une ville. Ah bah bien sûr. Non mais c'est un truc de malade. Et puis moi, aujourd'hui, je sens vraiment que c'est quelque chose qui me pèse. C'est vraiment le truc aujourd'hui qui me pèse le plus. Parce que tu vois des vrais gens. Parce que je vois des vrais gens. Et puis surtout parce qu'aujourd'hui, moi qui ai pourtant une vie tellement belle, tellement sympa, j'ai du temps, je suis bien payé à Eurosport, tout va bien. Enfin, je pense être bien payé. Ça se trouve, ils font des affaires de fou, je ne sais rien. Mais si tu veux, je me rends compte qu'avec tout ce que je redonne, que je suis incapable de mettre vraiment de côté ou de préparer mon avenir. Parce qu'aujourd'hui, il faut juste savoir que comme je suis un indépendant, soit je cotise, soit je ne cotise pas. C'est hyper précaire malgré tout. Et quand je vois comme on te bombarde, c'est un truc de malade. Mais foutez-moi la paix. Parez-vous. Je produis des choses, j'essaye d'être au plus juste, je ne fais pas n'importe quoi, je ne roule pas sur l'or et tout. Et on vient te péter les couilles tous les 15 jours, tu as une lettre. Et moi, c'est aujourd'hui ce qui me pèse le plus. Alors, c'est pour ça que je prends beaucoup de recul et je me dis ça va bien. Mes enfants sont en bonne santé, etc. Mais aujourd'hui, j'en ai marre, mais marre, marre, marre. C'est un truc de dingue. Et je ne pensais jamais tenir ce discours-là, vraiment.
- Speaker #1
Quand tu es confronté, mes parents n'étaient pas forcément des gens. Mon papa a très bien réussi sa vie après. mais On a été éduqués vraiment terre à terre, pas énormément d'argent. Tu as toujours un mètre. Acheter deux vélos en cyclocross, c'était chaud. Acheter deux, trois paires de roues. Et c'est vrai que quand je vois ma maman qui est toujours en train de compter et tout, c'est dur. Je ne pensais pas du tout qu'on parlerait de ça. Mais voilà, tous les cas, j'ai passé un moment incroyable avec toi.
- Speaker #0
Moi aussi.
- Speaker #1
Et je pense qu'il y a beaucoup de fourrir. On ne sait pas si on va pouvoir découper avec toi. Pas rien ! Non mais sur les réels, je ne sais pas quel truc on va sélectionner parce que déjà il y a un rire qui fait 9 minutes déjà. Mais merci, je pense que tu inspires toute une génération. J'aimerais juste que tu dises un mot pour la jeunesse, qu'est-ce que tu leur souhaites pour passer pro, pour j'en sais rien, s'ils ont des rêves, s'ils ont des trucs. Parce que toi, tout ce que tu fais, tu le fais à fond, 100%. C'est ce qui te caractérise.
- Speaker #0
Amusez-vous, amusez-vous, l'essentiel c'est là, c'est de s'amuser. ne vous... Ne vous prenez pas la tête pour des broutilles. Essayez d'être le plus linéaire possible, mais s'amuser. Pour moi, c'est essentiel. S'il n'y a pas de plaisir dans ce que tu fais, ça ne marche pas. Moi, là, tu vois pourquoi ça match entre nous ? Parce qu'en fait, on a plaisir à se retrouver parce qu'on s'amuse. Et tu fais tes gravelman, c'est dur. Tu sais que tu vas en chier, mais franchement, tu t'amuses. Tu as des moments où c'est que tu vas délirer. Et pour moi, le self-motif pour avancer dans quoi que tu fasses, que ce soit dans le sport ou dans la vie de tous les jours, c'est s'amuser. c'est s'amuser et prendre son pied après le reste ça vient tout seul et des classiques pas des colorés merci merci à toi Steven je reviens quand tu veux et toi tu viens aussi dans les Vosges quand tu veux à Rémy à Rémy à Rémy à Rémy à Rémy à Rémy à Rémy à Rémy à Rémy Rires