- Speaker #0
J'ai appris énormément sur moi.
- Speaker #1
Tu t'écoutes pas, tu sais pas qui t'es, t'es malheureux, tu veux juste gagner.
- Speaker #0
J'ai tout fait pour l'oublier.
- Speaker #1
On dirait un super saiyan qui a évolué, tu vois.
- Speaker #0
Je rentrais, j'étais une autre personne.
- Speaker #1
C'est putain, qu'est-ce qu'ils ont fait, ils ont pas dormi.
- Speaker #0
Mon problème génétique, je me suis renfermé un peu sur moi-même.
- Speaker #1
De la morgline pour t'entraîner. Comme ça tu sens pas la douleur.
- Speaker #0
Je dis que le vélo c'est ma vie parce que le vélo ça m'a... C'est mon moyen, pour moi c'est mon moyen d'expression.
- Speaker #1
Cet épisode est réalisé en collaboration avec Aliber Tricking. Aliber, c'est une agence de voyage spécialiste de l'aventure pour tous. Il suffit parfois d'un déclic pour oser sortir, faire ce premier pas, et vivre quelque chose de plus intense, de plus vrai. Aliber est là pour ça, vous accompagner, vous inspirer, vous ouvrir la voie. Pas pour cocher des destinations, mais pour vivre des expériences qui comptent vraiment. Alors peut-être que l'aventure qui changera tout, elle commence ici. Bonjour, monsieur Victor Bozoni.
- Speaker #0
Bonjour Stéphane.
- Speaker #1
Enchanté, on s'est déjà vu.
- Speaker #0
Oui, on s'est déjà vu. Moi, je suis super honoré d'être ici parce que tu m'as donné envie de faire de l'ultra. Tu m'as fait découvrir de l'ultra. Moi, je me rappelle de Paris-Dakar et je regardais ça avec mon père. J'étais encore coureur et du coup, c'est... Ça fait bizarre d'être ici avec toi.
- Speaker #1
Je suis vieux un peu quand tu me dis ça. J'ai l'impression de...
- Speaker #0
2017,
- Speaker #1
2018... Ah ouais, déjà. En 2019, Paris-Dakar. L'Himalaya 2018. Ouais, putain. Je prends un coup de vieux, mec. Allez, recommence pas. Non, mais moi, le souvenir de toi que j'ai, je te l'avais dit il y a quelques mois, c'est un môme qui vient... Dans le Jura, j'avais Gravelman Jura qui est venu en vélo de Dijon. C'était Dijon ? Tu partais ?
- Speaker #0
En fait, j'avais fait Dijon-Vendin chez ma grande tante. C'est à côté de Bourg-en-Bresse. Et après, j'ai fait le retour entre Bourg-en-Bresse et Dijon en passant par le Jura. Et ouais, je voulais passer. Je savais qu'il y avait Gravelman Jura à ce moment-là. Et du coup, je voulais passer pour te voir.
- Speaker #1
Il y a un gars qui est venu me voir, qui me dit « Ouais Stéven, il y a un gars qui veut te voir, il est venu en vélo et tout. » Je dis « Oui, on se verra après. » « Non, t'as pas compris, le gars il a fait ça, ça. » Je sais qui. Et là, je vois le maillot des tubes. Je dis, putain, c'est un vrai. Parce que pour moi, je fais la différence avec ma copine quand je suis en scooter ou en vélo. Et elle me dit souvent, c'est un faux ou un vrai ? Parce que tu sais, les mecs sont habillés avec des habits de pro ou d'élite. Et il y en a, la plupart, ce n'est pas des vrais professionnels. Et à Nice, tu en as énormément. Des mecs qui ont des tenues d'équipe, qui sont mécanos ou assistants. Et là, je dis, ah non, c'est un vrai. Je dis, non, c'est un vrai. Et je t'avais salué. Tu m'avais ému. Vraiment, ça m'avait ému. parce que j'ai dit euh C'est pour ça que je fais ça. Maintenant, j'ai vieilli. Même si ça ne fait pas si longtemps, j'ai un peu vieilli. Je fais moins d'ultra. Et c'est toi la relève. C'est toi la grande relève. Parce que je pense que tu as un beaucoup plus grand potentiel que moi et de ma génération. Je vais parler à la place de Sofiane. Mais tu arrives, tu as une carrière avortée de cycliste élite ou pro. Plus gros potentiel physique, je pense, que moi.
- Speaker #0
Ouais, c'est difficile à dire parce que toi, t'as fait plus que moi en élite. C'est drôle que tu dis ça parce qu'on a un peu le même parcours. Mais toi, t'as quand même gagné une classe 2. En élite, j'étais juste présent. Mais en fait, j'avais un problème génétique qui faisait que je produisais très peu de testostérone depuis que j'étais junior. Et du coup, j'étais très maigre. je faisais 46 kilos à l'époque pour 1m67 et en fait j'ai dû arrêter parce que j'étais bloqué,
- Speaker #1
je ne pouvais plus progresser je régressais même en sprint je dépassais à peine les 700 watts c'était un peu dramatique et du coup on ne dit pas ça aux débutants parce qu'ils vont se dire après 10 ans d'entraînement ça
- Speaker #0
se ressent beaucoup quand on fait des courses élites d'équipe Amen. Dès qu'il pleuvait, j'étais loin. Sur les courses plates, il y avait de la bordure. Je me faisais lâcher. Et du coup, j'ai dû arrêter pour faire ce traitement. Et c'est dans cette transition que je me suis mis à l'ultra. J'ai commencé à faire des sorties de 200-300 km. Et c'était ma première sortie de 300 km lorsque je te rends compte.
- Speaker #1
Et t'as fait un traitement de quoi ? De 10 ans ça a duré ?
- Speaker #0
Ah non, c'était 6 mois en fait. C'était de la testostérone. Et ouais, au bout de 6 mois en fait, du coup quand... Quand je me dis que j'aime beaucoup l'ultra et que je veux me mettre à faire des courses, j'avais coché la Norscape parce qu'elle passait par chez moi à Dijon. Tu m'avais inspiré pour la faire parce que j'avais suivi aussi la Norscape que tu avais faite. Du coup, je me suis dit que je n'avais pas envie de faire ce traitement toute ma vie. J'ai envie d'être libéré quand je m'inscris sur une course. Du coup, j'ai arrêté. Et quand j'ai arrêté, en fait, sans l'accord de mon endocrinologue, en fait mes taux sont restés à la normale et en fait ça a relancé la machine et aujourd'hui je ne prends plus aucun traitement et ça a tout relancé en fait ça a relancé la machine et tu regardes quelque chose c'était cette époque d'élite ou oui
- Speaker #1
bah en fait combien t'as fait chez les élites ?
- Speaker #0
j'ai fait une année deux années au Scodijon et une demi-année à Etup ok Merci. Et oui, j'en garde beaucoup de choses. En tout cas, ça m'a appris à me connaître et à savoir vraiment ce que je voulais. Parce que les courses élites et l'ambiance qu'il y a, je me suis rendu compte que ça ne me ressemblait pas. C'est très ingrat. Et surtout, quand tu es dans le mal, quand tout ne va pas bien, quand tu n'es pas performant. Et c'est là qu'on ne fait aucun cadeau et qu'on ne cherche même pas à te comprendre. Après, j'ai eu de la chance à l'étude avec Melvin Ruyer qui m'a beaucoup aidé, qui m'a compris, qui a essayé de me soigner. Et lui, du coup, il m'a accompagné jusqu'à ce que j'arrête en fait. Et il n'a pas été un gras comme j'ai pu le connaître par le passé. Je dis ça vulgairement,
- Speaker #1
mais je trouve que j'ai toujours dit ça et j'ai été décrié au début pour ça. Mais en conférence, j'ai toujours dit que pour moi, le vélo, c'était un peu la guerre sans les armes. C'était le système le plus capitaliste qui soit, c'est-à-dire les forts devant, les faibles derrière. Et il n'y a pas d'entre-deux. Il n'y a pas de sympathie, de bienveillance, de psychologie. Ça n'existait pas. Je pense qu'il y a même dans ta carrière, il y a peut-être dix ans d'écart avec moi. Moi, c'était horrible. J'entendais dans l'oreillette, c'est qui le gros derrière ? Et je me dis, mais il parle de qui, là ? Parce que tu vois, dans ma tête, j'ai quand même perdu 6 kilos. Je prenais le truc, c'est qui le gros derrière ? T'imagines si aujourd'hui, on disait ça ? Ou même un organisateur ou n'importe qui. C'est horrible. Je me mets à ta place. J'ai eu ces trucs de faiblesse. Tu vois, la veille au Loir-à-Cher, quand je gagne, pour la petite histoire, je finis groupé tôt la veille. Sinon, je pense que je ne gagne pas au Loir-à-Cher. Parce que j'étais nul. J'étais nul, je n'y arrivais pas. Parce que coup de bordure, on peut expliquer ce que c'est, mais il y a du vent qui s'ouvre et tout se met en place. Et si tu es mal placé, et si tu fais 46 kilos, c'est encore pire, c'est que tu te fais sortir, soit au bout de deux minutes, deux kilomètres, ou des fois plus longtemps, et tu passes la journée dehors, tout seul, des fois à 20 minutes, 30 minutes derrière le peloton, et tout le monde s'en fout de ta vie. Des fois, ton équipe t'a oublié.
- Speaker #0
Merci. Ça me refait penser à des moments, mais c'est hyper blessant. Et puis, en fait, tu fais tout pour ne pas être là. Et tu n'as pas envie d'être là. Et quand, au débriefing, on vient te dire que les gars, il faut vous remettre en question, qu'on n'essaie pas de te comprendre pourquoi tu es comme ça, etc. Là, ça fait mal parce que tu es tout seul dans ton truc. Et en fait, à ce moment-là, tu vis pour ça. Et quand tout ne va pas, c'est vraiment dur.
- Speaker #1
Je pense que ce n'est clairement pas fait, le haut niveau, pour les hypersensibles. Après, maintenant, il y a beaucoup de visages et de langues qui se délient, qui commencent à parler. J'ai beaucoup d'amis, notamment, je pense à Laura Marino, qui était enjeuse, qui est allée jusqu'au jeu à Rio, qui a vécu une carrière incroyable, mais difficile sur la fin de carrière. parce que c'est un jugement de valeur qui est instantané sur le plongeon, à Johan, Alfredo ou d'autres que j'ai rencontrés sur mon parcours, qui sont pour moi des athlètes et des hommes, femmes hypersensibles, c'est difficile, je pense, d'avoir des sentiments, des émotions, de craquer, de pleurer. Je pense que je n'ai jamais pleuré durant ma carrière vélo. Je pleurais dans les lunettes, mais je ne les enlevais même pas.
- Speaker #0
Oui, c'est vraiment dur.
- Speaker #1
C'est des sujets dont tu parles. Tu parles souvent du machisme, plus ou moins, tu n'utilises pas ce mot-là, mais tu parles du féminisme, de l'ouverture vers les femmes. C'est carrément un monde très macho. On parle beaucoup de bagnole, de meuf, de bagnole, de gonzesse, mais il n'y a pas grand-chose d'autre. Mais ça a changé, je pense. Je pense que le milieu a changé, les mecs ont changé, les filles ont changé. Les gens sont beaucoup plus, je ne dirais pas éduqués, mais cultivés. Et on est dans un monde plus ouvert, je pense. Je crois.
- Speaker #0
Oui, je pense. Après, moi, j'ai gardé beaucoup de... du coup surtout sur mes années etup où j'ai encore des copains qui passent en world tour là ils regardent un peu ce que je fais donc ça devient plus ouvert mais dans ma transition d'ultra je pense que ça a été un peu perçu qu'est-ce qu'il va faire je pense que c'est une Merci. Nouvelle porte.
- Speaker #1
Ouais, ouais, c'est nouvelle porte. Mais moi, quand je t'avais vu, j'ai pas vu ça. J'ai pas vu un mec perdu. J'ai vu la première fois que je t'avais rencontré ce jour-là et je te l'ai jamais redit, mais je me suis dit il est couillu, quoi. J'en ai des comme ça. J'en ai un qui s'appelle Thibaut. Il regarde tous les podcasts. Il est fan. de ce que je fais et je respecte pour mille autres choses que ça parce que moi je m'en fous quand même mais ce môme m'avait appelé une fois il me dit bah moi j'aimerais travailler pour toi un peu comme toi tu vois mais vraiment un môme 19-20 ans je dis vous êtes môme parce que vous avez 15 ans de môme moi ou 20 ans et je lui dis mais tu veux faire quoi ? bah rien ce que tu veux j'ai juste envie d'être avec toi et si je peux gagner un peu d'argent je lui dis mais tu fais quoi dans la vie ? bah je suis boulanger chez Leclerc et tout et j'ai toujours la pensée de ce mec quand je te vois parce que toi t'es arrivé dans le Jura comme ça c'était possible que tu me vois pas du tout tu vois ça je l'ai jamais fait de ma vie j'ai jamais osé me dire je prends le risque de me rater je l'ai fait sur d'autres choses, sur des aventures tout seul Mais j'avais peur d'être déçu, de ne pas avoir la personne ou qu'elle ne soit pas exactement comme je vois. Et ce môme-là, ce Thibaut, il est comme toi. C'est-à-dire que des fois, il part de chez lui en Normandie, au fin fond de la Normandie. Et il arrive sur les gravelmans. Des fois, c'est à 1000 bornes en vélo. Il a fait 1400 bornes. Et comme ça, avec son casque. Oui, juste, je suis arrivé un petit peu plus tôt. Est-ce qu'on peut manger ensemble ? Le mec, il met tout de suite. Et il dort par terre parce qu'il ne gagne pas trop de fric et tout. Et j'ai un peu cette parallèle en moi et voilà. Et cette année, c'est la première fois, depuis que tu as arrêté, est-ce que tu étais payé à l'étude ? À l'étude ?
- Speaker #0
À l'étude, très 400 balles quoi. Même pas. 136 euros. Ah oui, donc c'est pas de l'argent. Oui.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, c'est la première année où tu es athlète professionnel ?
- Speaker #0
Oui, c'est incroyable. Quand je me suis mis à l'ultra, jamais j'aurais pensé. pouvoir vivre de ça.
- Speaker #1
Vraiment ?
- Speaker #0
Je le rêvais peut-être, mais je ne savais même pas qu'on pouvait en gagner. Je ne savais pas s'il y en a qui pouvaient gagner leur vie. Et ouais, c'est venu petit à petit, mais surtout...
- Speaker #1
Très vite quand même.
- Speaker #0
Très vite, oui.
- Speaker #1
Ça fait deux ans que tu fais de l'ultra. Ça fait trois ans. Norscape, trois ans.
- Speaker #0
Oui, trois ans. Mais bon... Il se passe tellement de choses. Il se passe beaucoup de choses,
- Speaker #1
parce que tu vas vite, tu apprends vite, tu comprends vite, tu racontes des choses, tu mets de l'émotion, tu es très humain, donc ça va vite.
- Speaker #0
Ouais, ça va vite, mais je me laisse un peu couler comme ça vient en fait. C'est incroyable. Je pensais que ça allait venir petit à petit. Et en fait, cette année, je peux en vivre complètement sans avoir l'aide de mes parents, de mon père. Mon père qui a cru en moi et qui m'a poussé vers ce rêve. Et sans lui, je n'aurais pas pu espérer tout ça. Parce qu'il faut le dire, l'ultra, ça coûte cher aussi. Quand on est jeune, on ne peut pas se faire une saison d'ultra tout seul. j'ai dû démarcher des partenaires pour essayer de me défrayer le maximum mais jamais j'ai pu me défrayer au max et heureusement que j'ai eu des personnes qui m'ont aidé c'est cher le vélo le cyclisme traditionnel ça coûte cher mais l'ultra encore plus c'est des déplacements déjà le matériel
- Speaker #1
Déjà, si tu comptes le vélo, tu as un trailer, c'est 5000 euros par an. Ça coûte à peu près de faire un UTMB au minimum. Un triathlète, c'est entre 10 et 15K par an. Et un ultra endurance athlète, c'est entre 15 et 20, d'après les chiffres que j'ai. Ce qui est énorme. Après, tu parles de voyage, tu parles de gens qui prennent des vols en avion, qui voyagent beaucoup, mais le matos, ça coûte cher.
- Speaker #0
Oui, et puis même dans la course. Moi je me suis rendu compte que dormir à l'hôtel c'était beaucoup plus... ça me rendait plus performant, mais sauf que...
- Speaker #1
Ça arrive vite hein !
- Speaker #0
En fait ça explose les prix, et en plus prendre l'hôtel le meilleur sur ton parcours et ne pas faire un détour parce qu'il est moins cher ailleurs, ça fait déjà un écart de performance.
- Speaker #1
T'as pas fait la divine encore ? Non. Tu vas voir ce que c'est de payer cher. Ah oui ! Là c'est horrible, là c'est un monde... J'en ai parlé à Sofiane parce que moi c'était un des 3 ou 4 chocs culturels que j'ai eu sur cette course. Cette course tu vas la faire cette année normalement ?
- Speaker #0
Oui je vais la faire cette année.
- Speaker #1
C'est incroyable comme tout est cher. De manger c'est cher, de boire c'est cher. À un moment, je me suis dit, mais il y a quoi qui est gratuit dans ce pays respiré ? Franchement, tout est cher. Tu arrives dans une station-série, je me souviens, au Kirghizistan ou machin, tous ces pays-là, je ne prends que des trucs un peu chimiques, genre sneakers, marches, aucun sponsoring là-dedans, mais je ne prends que de la merde, en fait, ou des fromages fermés, des goudas de je ne sais pas quelle année. Mais aux US, mec ? Une part de pizza, c'est genre un truc comme ça, un quart ou un huitième de la pizza, c'est genre 6 ou 7 dollars. Donc évidemment, t'en prends 4-5, plus un litre de coca, plus un litre d'eau pétillante ou d'eau normale. Et le prochain ravito, il a 200 miles. Et donc t'es comme ça, tu regardes ton vélo, tu dis je n'ai aucune place pour rien mettre. Tu regardes tes poches, tu vois. Tu vas voir, c'est une belle expérience. Après toi, tu vas aller vite, plus vite que moi, je pense. Mais Robin, qui a fait le record, j'en parlais avec mon invité d'avant, Stéphane Brugner, impossible de comprendre comment il a fait, sans aucune assistance, aller dans les stations-service, dans tous les trucs, dormir à l'hôtel, pas dormir à l'hôtel. Ça va vite, tu verras. Je vais te laisser découvrir ça.
- Speaker #0
J'ai regardé un petit peu ce qu'il a fait. C'est assez impressionnant. C'est difficile de se rendre compte.
- Speaker #1
Il met deux jours, quoi. Il met deux jours à Sophia et 24 heures à Justina. C'est dingue. Après, toi, t'as mis 24 heures à Justina sur la TCR.
- Speaker #0
Oui, peut-être.
- Speaker #1
C'est pas le roi des itinéraires. Mais après, il peut se perdre entre le 11e et le 16e à Paris. Justina, ça, il me l'a fait quand il est venu à la maison. Du coup, je n'ai aucune surprise là-dessus. Mais cette année, c'est à... première, selon moi ta première vraie année d'ultra off-road ouais là je vais faire zéro course sur route,
- Speaker #0
c'est quelque chose que j'avais envie de découvrir en fait dans ma tête le cheminement c'était de faire des courses sur route et ensuite découvrir l'ultra VTT off-road parce que j'ai suivi les courses et que ça m'attire bien mais c'est vrai que ça a l'air de quand même assez différents avec beaucoup moins de possibilités de se ravitailler, de dormir. Dormir à l'hôtel, c'est un peu plus difficile.
- Speaker #1
Ça dépend lesquels, ouais. Ça dépend de ta vitesse. Sur une divide, je pense que tu peux, mais c'est des gaps. En fait, ce qui est difficile, c'est t'arrives à 18h dans une ville, tu sens qu'il te reste 4h de jour. Tu passes dans la ville et tu te dis, putain, est-ce que je dors là ou est-ce que je fais le jump et c'est à 100 km. Et tu ne sais pas exactement si ça va être très dur, si quand tu es cramé, tu vas à 10 km heure. Et c'est ça qui est dur, je fais quoi, je dors dans les toilettes ? Mais toi, je pense que tu es plus intelligent que moi en tous les cas sur ça. C'est que tu t'arrêtes et tu te dis, ok, ma vitesse me permet de revenir dans le jeu. Là sur la TCR, t'as dormi combien de fois ? Tous les jours ou non ?
- Speaker #0
Quasi tous les jours, sauf la première nuit et celle juste avant le ferry. Sur 4400 ? 4800.
- Speaker #1
4800 il y avait cette année. 4800 kilomètres et t'as mis ?
- Speaker #0
10 jours et 16 heures.
- Speaker #1
10 jours et 16 heures. Tu mets 6 heures de plus que moi, j'ai mis un North Cape. Alors qu'il y a beaucoup plus de D+, non ? Il doit y avoir 10 000 de plus.
- Speaker #0
Il y avait 50 000,
- Speaker #1
je crois. Ah oui.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ah oui, oui. C'est selon ton parcours. Parce que c'est la gagnante course qui est aujourd'hui avec, si on enlève la Race Cross America et toutes ses courses assistées, qui est le plus gros monument, selon moi, avec la Tour d'Ivay, tu vois, c'est à peu près ce même niveau de notoriété. Et les courses de Nelson, toutes ces courses-là, c'est le top niveau mondial. Et tu as gagné à combien d'heures d'avance ? 6 heures ? 5 heures ?
- Speaker #0
Oui, 4 ou 6 heures. Mais je me suis fait avoir sur le dernier jour parce qu'on m'a refusé un pont parce qu'on a des routes interdites. Et ce pont, il était un petit peu ambigu parce que l'organisation ne savait pas si c'était praticable à vélo. Si on pouvait passer par... par l'endroit où les piétons passent. Et du coup, ils sont venus au dernier moment. Au moment où je passe le pont, ils me disent stop, tu fais demi-tour et tu cherches une autre solution. Ah,
- Speaker #1
c'est comme ça que ça s'est passé ? Ouais. Ah ouais, je savais même pas. Je croyais que c'était dans le règlement et que t'avais été à l'hôtel direct.
- Speaker #0
Non, et du coup, j'ai dû... J'ai un peu paniqué, j'ai dû choisir une autre solution. Et il y avait le ferry. Mais en fait, je suis arrivé trop tard au ferry, quelques... Ouais, une centaine de bornes après. Et... Et du coup, j'ai dû attendre 8 heures devant le ferry à 150 kilomètres de l'arrivée. Donc,
- Speaker #1
moins de 8 heures de vélo, quoi. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Et du coup, j'ai dormi et je suis arrivé le lendemain.
- Speaker #1
Mais lui aussi, il a fait des bourdes. C'était un Français, je crois, non ?
- Speaker #0
Non, ça c'est Nicolas. Lui, c'était avant le ferry de Bari pour passer dans les Balkans. et maintenant en fait on est arrivé deux au ferry avec Martin qui était l'allemand c'était avec lui que je me suis battu sur les
- Speaker #1
1000 bornes finales impressionnant et ouais j'ai vu des vidéos de toi je crois que la pire image c'est col des fenêtres là en Italie Je pense que tu roulais à 30 à l'heure dans le col, non ? Il y a un gars qui est dans ta roue, je me souviens de l'image, il respirait comme un buffle, un italien, il dit « waouh, il va me tuer, il va me tuer, machin » . Tu roulais très très fort, là.
- Speaker #0
Ouais, voilà, à ce moment-là, j'étais super bien. En plus, j'avais loupé mon réveil le matin. Ça aide,
- Speaker #1
hein ? Ouais, ça aide.
- Speaker #0
Tu verras avec l'expérience. J'avais dormi une heure de plus, mais ouais,
- Speaker #1
ça m'a fait... Une heure, c'est rien. Ouais, ça va. Sur la Diva, j'ai fait 4 heures. Une fois, j'ai perdu mes deux téléphones et je n'avais plus de réveil. J'ai mis cela dessus. Et pour moi, ça fait juste un bruit d'oiseau, tu vois. J'entendais un bruit d'oiseau à côté de mon oreille. Je dis, ouais, c'était un rêve. Et je pense que j'ai dormi quatre heures de plus. Mais sur les courses off-road, pour moi, la fatigue physiologique, les bagnoles, ça fatigue, tu vois. Mais la fatigue de la concentration en permanence, les cailloux, les tout.
- Speaker #0
Tu ne peux pas.
- Speaker #1
de reposer l'esprit et puis les casse-matos pour moi elles sont beaucoup plus importantes et les réparations et le stress et de savoir que t'as déjà deux mèches dans ton pneu pour moi c'est le point avec la bouffe qui fait la diff avec la route parce que la route je dis pas que t'es sur un tapis roulant mais tu mets un grand plateau au milieu de cassette quand t'es fort, tu déroules après tu montes l'école au tempo t'arrives en haut, tu te ravis dans les descentes tu peux pas prendre ton tel comme ça en train de faire des...
- Speaker #0
c'est difficile il y a aussi les vibrations les mains,
- Speaker #1
moi j'ai des problèmes avec les mains après moi j'en ai moins en VTT j'ai vu que t'avais un VTT un guidon de VTT et c'est quand tu as un flat bar tu as mis des spear grip ou non un appendice ça c'est pas mal pour avoir une autre position que celle là parce que celle là elle te bloque le nerf normalement et ça normalement ça bloque moins ce nerf là pour moi c'est de mon expérience après tu as un prolongateur ouais j'ai un prolongateur bon bah de toute façon tu vas voir si tu as une fourche Tu verras qu'au bout de 3 jours sur l'Atlas Mountain Race, t'es sur le prolongateur, dans des tas de cailloux, t'as tellement plus de bras, c'est comme ça, alors que t'es dans des tas de... Le pire, c'est la Divine. Là, t'es un robot. Tu verras, quand t'es devant, t'es sur le prolongateur pendant 10-15 heures par jour, alors que tu te dis, mais jamais ça passe en prolongateur. Tu vois, t'es clairement sur du off-road. Mais ta saison, c'est... Atlas Mountain Race.
- Speaker #0
Oui, Atlas Mountain Race. Ensuite, je vais faire The Traca.
- Speaker #1
The Traca, encore 500.
- Speaker #0
Oui, The Traca 500. Ensuite, Unbound.
- Speaker #1
Que tu as déjà gagné.
- Speaker #0
Oui, que j'ai gagné. Et là,
- Speaker #1
il y a un gros level.
- Speaker #0
Oui, ça roule vite. L'année dernière, je fais 24 de moyenne. C'est vrai qu'il roule vite. Oui, c'est un sien. Mais oui, là, ils ont changé l'horaire. Ça partira à midi. Au lieu de 18h, c'est ça ? Au lieu de 6h.
- Speaker #1
6h du matin
- Speaker #0
Parce que j'étais arrivé en même temps que le départ de la 360. Du coup, ça a foutu un peu le bordel.
- Speaker #1
Oui, mais c'est mieux pour toi. Parce que là, tu avais tous les photographes. Oui,
- Speaker #0
j'ai fait exprès un peu.
- Speaker #1
On s'en fout. C'était genre la première année quand ça a nué. C'était genre, mais qu'est-ce qu'ils foutent là ? Ils avaient fait, je ne sais plus, Sébastien de Breuil, il m'a invité à un off. J'étais allé, je me suis dit, mec, on est 15, je vais... Je vais faire 60 bornes avec vous et je vais faire la 300, tu vois. Mais ouais, c'est bien que tu sois arrivé en même temps que les 300 pour la médiatisation.
- Speaker #0
Après, je fais faire Unbound XL juste avant la Tour de Divaï.
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais. Comme il a fait Robin. Ouais,
- Speaker #0
c'est ça. Et puis ensuite,
- Speaker #1
je vais faire Unbound XL. Un gros niveau aussi, je pense. Un peu moins, je pense, que The Traca, mais...
- Speaker #0
Ouais, les 3-4 mecs qui sont forts, c'était Rob Britton qui a gagné l'année dernière. Et deuxième, c'était la clan Morton. Et troisième, Robin.
- Speaker #1
Mais il va refaire cette année, je ne crois pas, Britton ?
- Speaker #0
Britton ? C'est pas son programme ? Ouais, je ne sais pas son programme.
- Speaker #1
Parce que là, c'est possible que tu te le tapes sur toutes les épreuves. Parce que tu m'as dit qu'il venait sur l'Atlas ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
il fait la classe il a l'air d'être méchant oui c'est mon coéquipier du coup chez Factor ah ouais ouais il y a un certain Romain Bardet aussi oui un Romain Bardet chez Rafa aussi ouais t'as 10 mecs enfin il y a je pense ils ont pris 10 athlètes ils ont pris combien ? 10 garçons 5 filles je crois ouais quelque chose comme ça waouh j'ai vu la en fait j'avais pas j'avais pas capté et c'est uniquement quand Romain a partagé J'ai commencé à cliquer sur le site, j'ai vu la team, j'ai dit ah ouais, parce que c'est la grande mode du gravel. Il y a beaucoup de teams qui se montent, mais souvent 2, 3, 4 athlètes.
- Speaker #0
Ouais, c'est plus en fait des teams, c'est du sponsoring, mais du coup c'est un collectif. C'est un peu différent, mais du coup ils ont pris ce virage vu qu'ils ne sponsorisent plus l'équipe pro. Ils prennent le virage de... Comme on dit en anglais, c'est privati. Et ouais, c'est chouette.
- Speaker #1
Ça leur coûte moins cher, je pense.
- Speaker #0
Oui, je pense. Mais ouais, je pense que ça a plus d'impact. En tout cas, il y a plus de relations entre la marque et l'athlète.
- Speaker #1
Selon moi, aujourd'hui, je suis n'importe quelle marque, mais même des trucs qui n'ont rien à voir avec le vélo, je mettrais de l'argent sur le gravel. Pour moi, tu mets de l'argent, trailles les gravels. Pour moi, c'est les deux trucs porteurs. évidemment course sur route et tout ça mais c'est porté beaucoup par des canyons et tout ça là on est sur des athlètes tu vois là je suis au Père Romain Bardet Factor il y a toi Brighton et d'autres mecs franchement
- Speaker #0
Tu vois le prize money, je n'avais pas vu qu'il y avait un prize money en Australie. C'est rien pour un cycliste professionnel. Mais je crois que le prize money à la gagne, il était de 1500 dollars ou 1500 euros. Tu vois, nous, si on nous avait donné 1500 euros en gagnant Norscape ou des courses comme ça, on serait un petit peu content. Après, on ne fait pas tout ça pour ça, mais c'est bien quand même de gagner un petit peu sa vie.
- Speaker #1
Surtout,
- Speaker #0
il n'y a vraiment pas d'argent.
- Speaker #1
ça coûte vraiment cher ça rembourse au moins un peu la course l'inscription moi la TCR ça me coûte plus de 1000 euros 1500 euros parce que tu dois payer pour chaque sponsor tu dois payer une licence et
- Speaker #0
ça chiffre sur la médiatisation C'est la médiatisation Pour avoir un pack média, c'est ce qu'ils appellent les packs médias.
- Speaker #1
Juste pour avoir l'autorisation de porter des logos sur ton maillot ou d'identifier sur tes stories des marques.
- Speaker #0
Je ne savais pas, c'est fou, monstrueux. Alors qu'ils ne sont pas du tout le tour de France. C'est Nelson qui avait installé ça il y a quelques années. Et il s'était engueulé, c'est vrai, avec des sponsors dont je ne citerai pas le nom, qui ne sont pas les miens, mais sponsors d'autres mecs, parce qu'ils chopaient les... photos sur les Instagram, enfin les marques prenaient les photos sur les Instagram des athlètes, notamment Sofiane et d'autres, et ils postaient directement. C'était bien joué, sauf que Nelson et les photographes commençaient à dire, les gars, c'est mon travail et tout ça. C'est sans doute comme ça qu'ils gagnent leur vie aussi, mais ça commence à se professionnaliser. Après, je trouve ça bête, parce que pour moi... L'athlète rend service aux orgas et les orgas rendent service aux athlètes. C'est un gagnant-gagnant. Mettre un peu des bâtons dans les roues aux athlètes, je trouve ça complètement con pour un sport qui ne te fait gagner pas grand-chose.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Les millionnaires en ultra, je n'en connais pas.
- Speaker #1
Les millionnaires ?
- Speaker #0
Je pense que la seule que je connais qui gagne un petit peu d'argent avec l'ultra, qui gagne des sommes conséquentes, à ma connaissance, c'est l'AL, Wilcox. Et après, c'est les mecs du gravel sur le Lifetime Grand Prix ou des trucs comme ça aux USA, où là, il y a beaucoup d'argent. Mais nous, en Europe...
- Speaker #1
Ouais, c'est... On essaye de survivre.
- Speaker #0
C'est chaud. Sofiane, il n'a pas gagné sa vie pendant dix ans, je pense. Il a gagné sa vie sur les trois, quatre dernières années. Désolé, je n'étais pas fini, Sofiane. On n'est plus vieux. Les deux, c'est dur, je pense, de gagner sa vie.
- Speaker #1
Mais en tout cas, je pense que ça commence à s'ouvrir de plus en plus. Moi, je suis content, je suis soutenu par des belles marques qui m'accompagnent financièrement. T'as Factor, t'as la marque d'euro. Factor, Rafa,
- Speaker #0
Black Ink,
- Speaker #1
j'ai Coros, j'ai Typhine et puis d'autres marques.
- Speaker #0
Tu les mets moins en avant, Typhine.
- Speaker #1
c'est bon c'est en cours parce que j'avais pas encore tout reçu et je vais mettre bien mon setup pour les mettre en valeur j'ai vendre Riesel aussi pour le casque ouais ils auraient bien aimé t'avoir non ?
- Speaker #0
tu peux pas dire je pense qu'ils auraient vraiment bien aimé t'avoir moi si j'avais signé un mec là si j'avais signé un mec cette année c'était toi tu vois si j'avais eu du fric ou une grosse marque ouais c'était Pour moi, tu es un des athlètes internationaux. Romain, je ne savais pas qu'il se lancerait vraiment dans le gravel. Romain, s'il ne part pas dans la politique sport manager d'athlète, je pense qu'il peut basculer vers l'ultra dans les dix prochaines années. Il prend quelques kilos. Et après, Pierrot, il est mordu. Il est mordu, mais Pierrot, j'ai hâte de le voir. perdu au fin fond de la tour d'Ivaï tu vois au bout de cinq six jours tu verras au bout de cinq six jours quand tu as vu ta vie défiler quinze fois que tu as plus de messages de ta famille parce que tu as plus de réseaux tu as fait rien c'était
- Speaker #1
pas sur la TCR il faut avoir un caractère un peu spécial je pense pour faire de l'ultra un apaisement central et un truc de dire c'est pas grave je pense après tu me diras
- Speaker #0
C'est pareil que la TCR, je pense que ça ne se gère pas pareil. Et après, tu as Saison, et après, tu as The Traca, et après, c'est Divide ?
- Speaker #1
Oui, c'est Unbound Divide. Et ensuite, je finis par Badlands. Je pense que ça va être... En individuel ? Ouais en individuel. Je pense que ça va être bon pour cette année. Y'a ton attitude. J'ai hésité mais l'année dernière je m'étais mis plein d'événements, j'avais dit oui un peu à tout. Et j'ai fini l'année quand même très fatigué mentalement. En plus tu m'avais dit attention. Mais ouais là je me suis dit ouais. Je ne rajoute pas, très bien.
- Speaker #0
Je t'ai dit de faire gaffe parce que moi, je me suis cramé le mental. Physiquement, tu vois, 2022, je fais 100 nuits blanches. C'est cette course de plus de 5 jours, dont 2 de plus de 10 jours. Après, tu gagnes. Tu vois, quand tu gagnes, il n'y a rien qui est grave et tout ça. Et quand tu commences à cligner des yeux en octobre, à être carbonisé. Après, dans ma carrière vélo, j'ai toujours été comme ça.
- Speaker #1
pour moi la saison elle s'arrêtait en septembre octobre j'en avais ralcu c'est toujours pareil aujourd'hui et c'est pas si grave tu vois ces courses là elle te manquera pas à ton palmarès je pense je la ferai dans une autre année je me dis j'ai encore le temps d'en faire des
- Speaker #0
courses ça te fait rêver encore les courses de 700 bornes ?
- Speaker #1
ah de 700 bornes ? en fait c'est c'est différent c'est pas ce qui me fait le plus rêver je rêve de Silk Road je rêve de la Tour Divide après les courses de 700 mètres ça me permet de d'être moins fatigué, moins cramé et de pouvoir les enchaîner je pense qu'une Tour Divide tu peux pas en faire deux ça me parait assez le chien a fait quatre je crois quatre dans la même année des...
- Speaker #0
d'ultra de plus de 5 jours je crois que cette année là il en avait fait 3-4 ouais mais des tours divide au total je pense qu'il en est à 4-5 puisque je crois qu'il en a fait une en off et dans sa vie je crois qu'elle est autour de 10 la L, 10 tours divide je crois, peut-être plus un 10 quoi c'est la moitié de ton âge presque Et là tu veux faire quoi ? Tu veux tout gagner ?
- Speaker #1
Ouais j'aimerais En fait J'ai envie de D'essayer de gagner Toutes les courses qui existent Toutes les courses qui me font rêver De faire les plus belles courses qui puissent exister C'est quoi la start list ?
- Speaker #0
Là tu pars pour la classe Dans quelques jours Donc la start list Soyez un robot.
- Speaker #1
britain il ya c'est brûleur ah oui à seb je lui ai mis une heure sur le tracas mais après c'est différent après une crise mailman je crois que j'ai vu après
- Speaker #0
il n'y a pas trop d'anciens j'ai pas vu il ya toujours deux trois gars qui sortent du chapeau mais il check des hongrois des mecs Il y avait un Namibien aussi qui était venu il y a 2-3 ans. Il était monstrueux. J'avais fait un gros projet en Namibie. Et il y avait la famille qui m'avait accueilli là-bas. Ouais, il y a notre pote Dricus qui va venir. Ah oui ! Je dis, c'est cool. Mais tu sais, il voulait me voir à 24 heures du départ. Parce que le départ avait été décalé. Et j'avais dit, non, j'ai besoin d'être dans ma bulle. J'étais dans la chambre avec Justina. J'ai dit, non, désolé, pas de Dricus et tout. Il m'a humilié, le mec. C'était un monstre. c'était un monstre il a tenu tête à Justina il a même fini il a failli mourir le gars il s'était hongé dans un rond-point il a sauté son sommeil il ne bouffait plus il voulait gagner mais toi tu es plus prudent
- Speaker #1
Ouais, je fais attention. En tout cas, sur le sommeil, j'ai une philosophie plus conservatrice.
- Speaker #0
Parce que tu vas vite aussi, non ?
- Speaker #1
Ouais, mais oui. Après, je ne sais pas si moins on dort, moins on va vite aussi. Ouais, ouais. Donc, ouais, moi, je préfère ça et puis avoir un peu cette... Ouais, engranger du sommeil au début et pouvoir faire une nuit blanche, mais une nuit blanche efficace et ne pas devoir faire des micro-siestes un peu...
- Speaker #0
Pour faire le jump, quoi. Pour faire le jump à la fin. Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Et ça, ça m'a servi sur la transcontinentale pour le ferry. J'avais engrangé plus de sommeil que les autres et j'ai pu faire vraiment un sprint jusqu'au ferry. Voilà,
- Speaker #0
après t'es monstrueux, je pense. Je pense que t'es monstrueux physiquement. Ah ouais. Je sais pas. à jouer les vitesses en instantané Je vais juste un coup d'œil à toutes les courses, que ça m'intéresse de me dire, ça, ça joue. Et là, j'ai dit clairement, impossible. Impossible de le battre. Et il y en avait deux qui m'avaient dit, tu verras, tu verras, tu verras, il va tout casser. Je dis, c'était Stéphane. Stéphane, il était avec toi sur la Desertus. Oui. Il m'avait dit, c'est indécent. Il est très, très, très fort. Je dis, oui, c'est Desertus. Ce n'est pas du tout méchant pour cette épreuve, Tu vois, le niveau est un peu moins élevé. Et là, tu as vraiment 5 mecs qui font la course, 5-6 mecs très forts. Et après, c'est un peu plus cool. Sur Transcontinental, tu as plus de 30 à 50 personnes qui sont vraiment dangereuses.
- Speaker #1
Par rapport à il y a deux ans, j'avais déjà fait, du coup avec Ropini. Mais là, j'ai l'impression que c'était encore plus... La densité. La densité était encore plus folle. Je me suis retrouvé 5e alors que... L'année d'avant, j'étais dans les premiers dès le départ.
- Speaker #0
C'est ça la tentation. Tu verras, la tentation sur les courses de très haut niveau, c'est putain, qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils n'ont pas dormi. Et là, tu es dans une mécanique, tu vois. C'est comme en Formule 1. Après, tu es sur des réglages de... Qu'est-ce qu'ils vendent les gars ? Le seul moment où je suis passé en tête de l'Atlas, j'ai supprimé mon sommeil. Je dis là, je fais le jump. je me suis retrouvé décapsulé par un brouilleur qui arrive dans la nuit il me dit what the fuck gars t'as pas dormi et tout et moi je le regarde comme ça je le reconnais même pas je t'ai défoncé mais sinon je peux pas être devant lui je pouvais le battre je pense que j'aurais été un peu plus intelligent je l'aurais battu mais sur une silk si je supprime pas mon sommeil je le bats pas je l'aurais pas battu même avec son guidon cassé et toi Je pense que tu es plus fort, clairement. Mais tu verras en off-road, c'est une énergie à bloc. Tu roules vite dans les descentes, tu vas rouler vite sur le plat. Les cols, il faut les monter pas mal. Tu ne vas pas te fermer. C'est des temps plus longs. Sur un col, même s'il y avait du gravel sur la Transconti, là, tu peux monter des fois pendant 4-5 heures. Ce qui n'arrive pas sur la route. Il faut une montée de 100 bornes. Mais ouais, moi j'ai hâte de voir, j'ai hâte de voir, des fois je suis tenté de me dire tu peux revenir, je peux plus revenir quand je vous vois tous là, non non, ils sont trop forts. Et gravel court, non pas cette année.
- Speaker #1
Gravel court, type 360 ? Bah je sais pas, peut-être, mais en tout cas c'est pas prévu.
- Speaker #0
Pas ton objectif quoi.
- Speaker #1
Ouais parce que moi j'étais déçu sur la trac à du coup. il y a deux ans où ça avait été annulé, tu étais là. En fait, j'étais dans le premier groupe au premier Habito. Mais j'arrive, il y a un staff énorme pour chaque coureur. Il y en a qui ont cinq personnes. Il y en a qui ont cinq personnes. Il y en a un qui nettoie la chaîne. L'autre qui change le sac. Qui change les bidons. Moi, j'étais avec mon père. Heureusement qu'il était là. Mais je suis reparti une minute après les autres. Tu ne peux pas revenir. En fait, tu ne peux pas rivaliser. La vitesse. Oui, c'était une course.
- Speaker #0
Moi, j'étais à des années-lumière de toi. J'ai dû faire centième. Un des 100. Moi, la première fille, quand elle me double dans le premier mur, j'ai dit, mais qu'est-ce qui est fou ? On dirait une ado, elle me double la fille. Elle était à peine essoufflée. Je soufflais comme un buff, tu vois. Je dis, non, ça va être très dur. Et là, j'ai compris que c'était il y a deux ans. Donc maintenant, ça a pris encore un gap, tu vois, parce que tu as tous les mecs de la route, ton élite et tout, tous les mecs comme nous d'avant. La vitesse. T'en as des moments, je dis, là ça passe pas, t'arrives à 35 à l'heure, t'as un groupe de 30, je dis là, les flaques d'eau ça passe pas, c'est sûr que ça va tomber, ça va tomber.
- Speaker #1
Ah oui, je me rappelle les flaques d'eau, parce que c'était inondé au possible. Ah bah oui, inondé partout. On était à 30 alors ! C'était incroyable, on était en peloton dans les flacs, on roulait à plus de... Ouais, j'avais plus de 32 moyennes.
- Speaker #0
Bien sûr, parce que moi j'ai 32 moyennes et j'arrive au ravito, je fais putain, Steven t'es dedans, t'es dedans, t'es dedans, allez, top 50, top 50. Ok, 107, 108. Je dis mais il parle de quoi, c'est pas les classements. Le mec il me dit le classement, j'étais 108ème, je dis ah ouais, aucun sens. Non c'est incroyable. Et puis t'es à fond, tu peux pas te dire. j'ai crevé de l'arrière j'étais à fond depuis le départ impossible tu vois et toi tu fais 30 ou un truc comme ça ?
- Speaker #1
non je fais
- Speaker #0
15 ah ouais 15 mais devant déjà je voyais les 10 premiers impossible c'est Stetina qui avait gagné oui c'est ça Qu'est-ce que tu veux faire ? Déjà, je ne l'ai batté pas en élite. Qu'est-ce que tu veux que je fasse 15 ans ou 20 ans après ?
- Speaker #1
En tout cas, ça m'a débloqué des trucs mentalement, cette course. Parce que je me suis rendu compte qu'on pouvait aller à fond de A à Z sur une course de 360 km.
- Speaker #0
Tu vas voir sur le off-road.
- Speaker #1
Et sur le 560, je ne suis pas à basse. L'année dernière, je suis parti un peu dans cette optique. J'ai fait tout à fond. Et je n'ai pas eu de coup de mou.
- Speaker #0
Il y a des gens qui m'ont dit que tu descendais très très fort. Tu descends fort en off-road, tu n'as pas peur. Et ça, tu verras, c'est capital sur des courses. Je ne sais plus à qui je dis ça, c'était au Maroc. Quelqu'un qui me disait, mais tu descends comme un malade. Je disais, mais là, je suis en claquette. Non, mais vraiment, parce que tu verras sur une Atlas ou sur une Silk ou une Tour Divide. Tour Divide, c'est pire parce qu'il y a des descentes qui font 60 bornes. Tu ne freines pas et tu vas à des vitesses indescentes. Tu as entre 40 et 60 km heure. en off-road sur des grandes pistes et comme ça, et tu regardes en fait, et les mecs devant toi, tu verras devant, mais ils roulent à la même vitesse que toi, donc c'est très tentant de te dire, là je vais gagner du temps, est-ce que je saute cette bûche en vélo, ou est-ce que je descends de vélo, et ça va tout le temps vite et tu verras que la plupart du temps, tu veux te détendre, donc tu lâches les mains sur des descentes que déjà jamais de la vie tu lâcherais les mains à l'entraînement ouais, je pense que toi tu vas rouler vite si t'arrives à, là t'as un vélo suspendu en plus tout suspendu Bye. Et puis, celui-là, il marche bien. J'avais vu les Kenyans, c'était les Kenyans qui étaient venus avec.
- Speaker #1
Ah oui, de l'Utima Mania.
- Speaker #0
Ils allaient fort. Je descendais derrière eux, je dis, c'est quand même pas mal d'avoir une double suspension. T'imagines que Sofiane, il a fait, tu verras la course, il l'a fait en presque grave, en vélo full rigide. Et il disait que c'était la meilleure solution à l'époque.
- Speaker #1
Ouais, ça a évolué aussi, ce qui est matériel. Tu te rappelles la TACA 360, la première année où je l'ai fait ? Je suis parti en 32, parce que je venais de la route, je ne connaissais rien au gravel. Puis maintenant, je roule en 45 en gravel. Ah ouais,
- Speaker #0
maintenant tu roules en 32 sur la route, quoi.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Ah ouais, 32.
- Speaker #1
En fait, je ne connaissais rien. Ah ouais,
- Speaker #0
tu croyais que tu étais en super prestige de Hoogeride avec Sven Nys. Putain, impressionnant.
- Speaker #1
J'ai crevé au bout de 70 morts.
- Speaker #0
Ah ouais, t'as crevé. Et Tour Divide, c'est pareil, apprentissage ou la gaine directe ?
- Speaker #1
Je vise rien, je fais le max comme d'hab, mais je me mets pas trop de... Ouais, j'ai arrêté de me foutre des objectifs gagne ou obligatoire, parce qu'en fait, en ultra, il se passe tellement de choses, il peut se passer tellement de choses, et en fait, je me suis rendu compte que... Sur la TCR en 2024, on peut gagner énormément, même si on ne gagne pas une course. J'ai appris énormément sur moi en ne gagnant pas.
- Speaker #0
Plus parfois, non ?
- Speaker #1
Oui, beaucoup plus. Et c'est grâce à ces défaites que j'ai pu gagner, avoir une année comme celle-là.
- Speaker #0
C'était une histoire de passeport.
- Speaker #1
Oui, c'était une histoire de passeport, mais cette histoire de passeport, c'est dû à plusieurs choses. Donc, ouais.
- Speaker #0
C'est dû à quoi ? On va faire la psychologie maintenant.
- Speaker #1
C'est dû à quoi ? Ouais.
- Speaker #0
T'es toujours été tête en l'air ?
- Speaker #1
Ouais, j'ai toujours été tête en l'air, mais c'est aussi de m'accrocher à un seul et même objectif. En fait, je savais que j'avais perdu quelque chose. Mais j'ai tout fait pour l'oublier. Et j'étais comme attiré par... Non, je ne veux pas quitter cette première place. Que j'ai fini par aller creuser mon trou le plus... Le plus site, quoi. Ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Site sportif.
- Speaker #1
Ouais, du coup, ça m'a aidé aussi à relativiser et à comprendre vraiment ce que je voulais dans ces courses. ce que ça vous... Oui, ma motivation.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu veux ?
- Speaker #1
Oui, pour moi, ma motivation principale, c'est l'amour. C'est l'amour de ce que je fais, l'amour des autres, de recevoir, de donner. Et je trouve qu'avec l'Ultra, ça me permet ça, ça me permet de me connecter aux autres. Et voilà, mes proches, ils suivent mes courses. Et je vois qu'ils sont vraiment enthousiastes, ça leur donne beaucoup d'émotion. Et c'est vraiment ça que je recherche, c'est ça qui me fait vibrer plus que la victoire. Je m'en suis rendu compte même sur la TCR. L'année dernière, je suis arrivé et j'avais prévu de rester jusqu'au final, jusqu'à la fin de la finition de la partie. Mais en fait, j'étais malheureux parce que je suis arrivé, mais je n'avais personne avec qui fêter ça. Merci. Et ouais, j'étais triste alors que j'avais gagné la course de mes rêves. Mais le partager avec les gens que j'aime, c'est vraiment ça qui me fait vibrer. Et ouais, c'est ça que j'ai appris.
- Speaker #0
C'est dur. Moi, j'avais trouvé une seule technique que j'avais utilisée, Northscape, Race to Cross France. Race to Cross France, Arnaud, il ne vient même pas à mon arrivée. Et Northscape, les organisateurs, tu les connais, ils étaient forcément à l'arrache. La seule technique que j'ai trouvée pour avoir des amis, c'est poser mon téléphone à l'arrivée et parler avec les gens. Mais sinon, tu es seul. Tu es encore plus seul parce que tu as été au bout. Tu sens que c'est trop cool. Tu as vécu un truc intense et dense dans tous les aspects. Et ça se finit. Et c'est un peu la fin d'un tournage. Oui,
- Speaker #1
exact.
- Speaker #0
Oh, merde. Le rideau est tombé. En fait, les amis, vous m'aimez encore parce que c'est un peu ça. Moi, j'ai ça. Mais toi, j'ai vu ce truc. Mais il y a aussi ce moyen d'exister aussi. Parce qu'on a tous besoin d'exister. On a besoin d'amour.
- Speaker #1
Moi, clairement, le vélo, je dis que le vélo, c'est ma vie parce que le vélo, ça m'a... Pour moi, c'est mon moyen d'expression. Avec mon problème génétique, je me suis renfermé un peu sur moi-même. J'avais peu de testostérone, j'avais peu d'assurance en moi. Socialement, j'avais très peu de lien social. Et vraiment, le vélo, pour moi, c'est un moyen de m'exprimer, de dire qui je suis et de transmettre aussi des choses. voilà c'est ça c'est le seul endroit où tu te donnes le droit d'être toi-même non ? je veux pas parler à ta place c'est là où je me sens le mieux je peux m'exprimer pleinement t'as besoin de parler ? le vélo ça me permet de parler de dire
- Speaker #0
Ce que tu dis jamais. Là, par exemple, sur cette période-là, en fait, tu parles plus en 7 jours de transcontinentale ou en 10 jours qu'en 6 mois, non ?
- Speaker #1
Ouais, quasi. Et puis, je transmets aussi des valeurs qui sont les miennes.
- Speaker #0
Parce que ça te rend ultra lucide peut-être, non ? Sur ce que tu es, et tu dis que t'es... T'es légitime à ce moment-là ?
- Speaker #1
Ouais, je pense que c'est ça. Et puis, je sais pas, les gens sont peut-être plus sensibles aussi à qui je suis à ce moment-là, parce que je fais des choses qui peuvent paraître un peu exceptionnelles.
- Speaker #0
Si tu le fais maintenant, si tu le dis maintenant, tu penses que ça retransmet pas la même chose ?
- Speaker #1
Peut-être avec moins d'impact. Je sais pas.
- Speaker #0
T'as pas le même impact. Mais je suis persuadé, c'est pour ça que j'ai monté ce truc. Même mon agent m'a dit... qu'est-ce que tu fais ? Encore une idée farfelue. Et je dis non, j'ai besoin, j'ai besoin de voir des gens. Tu vois, j'avais besoin de re-rencontrer Johan. On se connaît intimement, mais je me suis rendu compte que je ne le connaissais pas. Pierre, revoir Pierre, revoir d'autres gens, te voir toi, revoir tellement de gens différents, voir des gens que je n'ai jamais vus. C'est mon moyen de pouvoir discuter avec vous. Sinon, j'en suis incapable. Je suis incapable de prendre mon téléphone et de t'appeler. Alors ? Parce qu'on aurait pu le faire. Mais je préfère parce que ça me rend lucide sur la vision que j'ai de toi et que j'ai de moi-même aussi. Je suis un peu plus vieux, mais je pense que l'ultra, c'est notre porte d'entrée avec l'acceptation de ce qu'on est. Ça nous donne une place dans le monde. Et se dire, on a le droit. On a le droit de parler. On a le droit d'être nous-mêmes. On a le droit d'être fort, on a le droit de pleurer, on a le droit de rigoler, on a le droit de s'exprimer. Il y en a qui aiment, il y en a qui n'aiment pas. C'est dur, des fois, les commentaires ou l'audience, les doutes, les trucs. Ah, est-ce que c'est possible de faire 500 bonnes par jour sans se doper ? Oui, Michel, oui, Michel, je te jure que c'est possible. Moi, j'ai lu tes commentaires, c'est plus... Oui, oui, c'est possible. En fait, j'aimerais avoir un autre moi-même qui est syndicaliste et qui répond à tous les commentaires comme ça. Oui, c'est extrêmement possible physiologiquement. Alors, je t'explique par une moyenne simple de 20 km heure fois 24 heures. Mais je pense, moi, je suis très content de t'avoir vu avant parce que je vois ce que tu es aujourd'hui. Et j'avais vu dans tes yeux un môme, comme je te le dis, pas perdu, mais trop pur. Je dis ça parce que je le pense profondément. Trop pur pour ce monde de l'ultra sport de haut niveau, tu vois. Parce que pour moi, c'était un ultra à ma caravelle, clairement. J'avais l'impression d'être déjà dans le monde du professionnalisme alors que je gagnais 400 euros par mois. Mais la personne que je vois aujourd'hui, on dirait un super saiyan qui a évolué, tu vois. Tu n'as pas les cheveux jaunes, mais c'est vrai, tu es Dragon Ball Z, tu commences, tu as pris du volume musculaire. Et t'es fort, on sent que là, même si t'as de la pudeur, de l'intimidité, t'as plus d'audace. J'ai vu même en course, et tu te permets.
- Speaker #1
L'ultra, c'est drôle, mais je ne sais pas si ça te le fait aussi. Mais moi, dans mon stade de ma vie, d'avoir fait des ultras, ça m'a fait grandir à chaque fois. je rentrais, j'étais une autre personne. Et je pense que ça m'a fait grandir à une plus grande vitesse que si j'avais fait une vie normale. Et ça m'a donné aussi énormément de confiance en moi. C'est assez incroyable.
- Speaker #0
Parce que tu as le droit d'être toi-même. Tu t'es interdit d'être toi-même pendant 10-15 ans. à être jugé, on en parlait avec Stéphane Brogniard juste avant, à être interdit d'ouvrir ta gueule parce que t'es jugé qu'au résultat. Et tu faisais pas de résultat, comme moi. Je jure, j'étais un semi-bon machin, je faisais 2-3 coups d'éclat, oh putain qu'est-ce qu'il va nous faire aujourd'hui ? Et voilà, j'ai gagné une vingtaine de courses élites et une course pro. Microscopique, on s'en fout, tout le monde s'en fout. Mais je pense qu'on est beaucoup plus intéressant aujourd'hui, on a beaucoup plus de choses à dire et on... T'as le temps d'être humble sur un vélo en ultra parce que la moitié du temps, t'as des sensations limites. Oh putain, comment je vais finir ma journée ? Tu vois, t'es sur le urgent, important et le vital. Manger, boire, dormir. Et tu vois, ça simplifie, je trouve, tous les schémas de la vie et dire que rien n'est grave.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
C'est sur ton vélo.
- Speaker #1
Même dans la vie en général T'apprends Là je suis toujours dans Dans le positivisme Toujours essayer de me dire Qu'est-ce qu'il faudrait faire Pour que ce soit meilleur Toujours essayer D'avoir un recul sur la situation Et ne jamais la juger Ne jamais aussi s'apitoyer sur son sort Toujours essayer d'avoir une
- Speaker #0
Des fois tu peux t'apitoyer tu découpes ton pneu pour la 15ème fois sur une silk ou une atlas je l'ai pas vécu ça putain mais qu'est-ce que j'ai fait mais t'en rigoles c'est pas grave c'est pas mortel et là tu réfléchis à ton choix d'optomatique il y a 3 mois tu
- Speaker #1
te dis putain je les ai testés comme ça mais pourquoi ils sont un petit peu plus légers ils vont mieux on m'avait dit que mais bon tu gagnes t'essayes quand même d'avoir un certain pas un contrôle mais d'essayer de Merci.
- Speaker #0
Maîtrise, ouais.
- Speaker #1
Ouais, de...
- Speaker #0
d'être proactif sur ce qui peut arriver après.
- Speaker #1
Tu ne peux pas exploser. C'est un savon, j'en ai marre. Tu es tout seul dans la pampa.
- Speaker #0
Non, mais c'est ça. Toujours dans l'action.
- Speaker #1
Dans le mouvement. Ce que je dis aux débutants sur Gravelman, je dis mouvement, toujours. Tu as froid, mouvement, toujours. Tu prends ton téléphone ou fais un truc, tu casses le matériel, mouvement. Essaye de faire une action. Tu ne vas pas dire... Oui, est-ce qu'il y a un rapatriement ? Non, essaie de te débrouiller. Et puis on se rend compte que,
- Speaker #0
moi je m'en suis rendu compte à chaque fois, j'ai plein d'exemples, qu'il y a vraiment toujours une solution. Tu t'en sortiras vraiment toujours. C'est assez incroyable. Des fois tu crèves au milieu de nulle part, tu n'as plus de chambre à rien ni rien, mais tu as quelqu'un qui vient t'aider. qui m'a payé un taxi pour que j'aille récupérer des chambres à air. Et puis tu reviens, le mec, il n'est plus là. Il est juste par pure générosité. C'est assez incroyable.
- Speaker #1
Après, je pense que tu attires ça comme tu as un mindset positif. C'est ça aussi. Le bien attire le bien,
- Speaker #0
je pense. C'est ça. S'ouvrir aussi. S'ouvrir au...
- Speaker #1
toutes les possibilités qui existent il y en a des millions mais ça l'ultra en fait ça peut être le piège des 15-20 prochaines années que si ça va trop vers la performance tu vois sur une Zotra K je suis pas sûr qu'ils soient tous sympas dans le top 20 qu'ils soient tous en train de se dire si tu veux tu as besoin d'une chambre à air j'en ai deux derrière mon vélo parce que les mecs n'ont aucune mèche, c'est à dire t'as aucune chambre à air rien sur le bike ils ont même pas un truc donc ouais Dès que tu rentres dans le haut niveau, tu re-rentres dans des travers.
- Speaker #0
J'en ai fait les frais sur Badlands. J'ai été vraiment choqué l'année dernière. Parce que je suis arrivé déjà... En fait, je l'ai fait avec un copain, donc j'étais plus vers l'arrière. Et du coup, j'ai pu voir un peu tout ce qui se passait, toutes les traces qui étaient laissées. Je suis arrivé dans une fontaine. Il y avait des papiers de ravito, mais au large. ça m'a choqué et puis un peu dans toutes les fontaines il y avait des papiers je me suis dit mais on a de la chance de faire des courses dans des lieux exceptionnels et puis on se retrouve face à ça et t'as pas posté un truc de produit ou je sais pas quoi et après plus tard dans la course j'ai récupéré du coup une plaquette de tramadol tu peux expliquer ce que c'est ? Le tramadol, c'est un antidouleur fort.
- Speaker #1
J'utilise beaucoup d'athlètes de haut niveau que j'ai connus sur la fin de ma carrière avec des mecs qui me proposaient ça à l'entraînement. Je ne citerai pas les noms de ces athlètes. Et je regardais le mec, je dis non, mec, c'est quand même de la morphine pour t'entraîner. Comme ça, tu ne sens pas la douleur. Ça, tu l'as très bien résumé dans ton poste. Et qui a très bien marché, énormément de partage.
- Speaker #0
C'est des signaux. C'est des signaux qu'il faut écouter, justement.
- Speaker #1
Mais quand tu ne t'écoutes pas, tu ne sais pas qui tu es, tu es malheureux, tu veux juste gagner, dans le haut niveau, tu leur donnes une bouteille d'essence, certains, ils l'apprennent. Enfin, à cette époque-là, tu vois, c'était 2005 ou 2010, enfin, entre 2005 et 2010, ce n'était pas encore la même époque. Et je pense qu'en 1990 jusqu'à 2000, c'était encore différent. Je pense qu'on est dans une autre... une autre phase de l'histoire du vélo et tout. Et quand tu as posté ça, moi, ça fait dix ans que je le dis à des mecs comme Sofiane ou d'autres, c'est sûr qu'il y a du dopage en vêtement. C'est sûr que ce soit du dopage comme ça, avec du tramadol. Je ne vais pas dire que c'est pour les enfants, mais pour un coureur cycliste du Tour de France, je pense que ce n'est pas grand-chose. Mais sans jugement de valeur et sans dire que tous les athlètes sont dopés, parce que ce n'est absolument pas vrai, je pense qu'il y a des gars qui font le tour. ont gagné le tour, j'en sais rien, mais qui font le tour à l'eau à 100%. Mais, j'ai déjà eu affaire à ce genre de personnage, ce genre de truc, et dans le vélo ultra,
- Speaker #0
c'est sûr,
- Speaker #1
c'est sûr, aux US, il y a, moi je fais, je pense que j'ai dû faire 40 courses ultra dans le monde, j'ai jamais eu un contrôle. Je rêve de payer un contrôle antidopage, sauf que ça coûte 1000 euros par tête.
- Speaker #0
J'ai eu des messages qui m'ont dit, mais Merci. Attends, mais pourquoi tu dis ça, c'est autorisé ? Dans le règlement, il n'y a pas écrit ? Non,
- Speaker #1
exceptionnel.
- Speaker #0
Techniquement, en ultra, tout est autorisé parce qu'il n'y a rien de...
- Speaker #1
C'est pour ça que c'est spectaculaire. C'est sûr que les mecs qui roulent à 40 sous amphétamines ou d'autres trucs, je n'en sais rien, ce qu'ils prennent. Moi, ça n'a rien à voir avec les grands tours ou machin, mais le niveau aujourd'hui en gravel mondial, sur les courses de 100 bornes, 200 bornes et même 300 Il est incroyable. Toi, tu sortais d'élite. Tu fais combien ? Tu as dit 15e, tu fais ? Oui,
- Speaker #0
je fais
- Speaker #1
15e. Devant toi, c'est que des pro, anciens pro, d'élite. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. J'étais deuxième français derrière Alexis Brunel.
- Speaker #1
Ah ouais,
- Speaker #0
ouais. Qui a repassé, qui a repassé pro. Et puis, devant, il y avait Rob Britton. C'était du très haut niveau.
- Speaker #1
C'est une machine. Quand tu vas à 40 à l'heure dans les chemins... Si tu ne l'as jamais fait, c'est comme si tu prenais ton scooter et tu es à bloc, fond de cale, en plein chemin. Moi, je me disais comment on va sortir du virage et j'étais centième. Mais moi, je suis touché par ce moment et j'aimerais que tu fasses une conclusion, parce que tu es jeune. Pour les jeunes, tu vois, les mômes, j'en ai beaucoup sur les gravelmans, pour leur donner, je ne sais pas... C'est quoi ta clé, tes clés pour... Déjà, est-ce que tu es heureux aujourd'hui ?
- Speaker #0
Oui, je pense que...
- Speaker #1
Tu penses que tu es heureux ?
- Speaker #0
Oui, je suis heureux. Après, je ne suis pas encore à mon... Je pense que je peux être encore plus heureux quand ma vie sera bien lancée parce que là c'est encore un peu du bricolage mais c'est le meilleur tu verras dans 20 ans tu diras que c'était le meilleur moment je dis ça comme un vieux de 70 ans quand
- Speaker #1
on me disait ça j'aimais pas mais tu verras que c'est le meilleur moment quand t'as galéré un peu, tes premières courses tes premières pertes de passeport, tes premières conneries tes premiers oublis de Ravito sur la fontaine avec tes bidons,
- Speaker #0
tu les revois ton téléphone posé ces moments c'est les meilleurs je pense que j'ai un peu ce truc d'être jamais trop satisfait mais c'est vrai que quand je me regarde 3-4 ans plus tôt, je veux savoir quand je te rencontre, jamais j'aurais cru être là aujourd'hui aussi vite et ouais c'est vrai que ça me rend super fier Et je me dis, ouais, c'est un vrai espoir pour aussi ceux qui rêvent de ça.
- Speaker #1
Qui débutent aussi.
- Speaker #0
Qui débutent, c'est que, en quelques années, on peut y arriver. Après, j'avais un passé d'élite, j'avais de bonnes bases. Mais vraiment, quand on essaye de prendre du recul sur ce qu'on fait, parce que les... L'ultra, c'est quand même très spécifique. Il y a beaucoup de paramètres à maîtriser, etc. Au début, on est sûr de se rater.
- Speaker #1
Ou bien on est complètement sûr de soi et on se rate absolument. C'est souvent comme ça. J'ai tout capté.
- Speaker #0
Il faut toujours prendre du recul et faire une auto-analyse de ce qu'on a fait. C'est comme ça que j'ai pu progresser. Et atteindre une confiance qui me permet de gagner les plus grandes courses, même si je fais toujours des erreurs. Mais je suis heureux de les faire parce que je sais que je vais progresser. C'est comme ça qu'on arrive.
- Speaker #1
Quel conseil tu donnerais à un môme qui débuterait l'ultra ? Moi, j'en ai beaucoup sur les Gravelman des 18-22 ans. Tu lui dirais qu'est-ce qu'il faut faire pour démarrer, faire un peu de vélo ?
- Speaker #0
et puis il faut aimer ça pour moi c'est la clé c'est vraiment l'amour de ce que tu fais si c'est ta passion si vraiment tu fais ça sans que ce soit vraiment de la douleur pour toi et bah franchement ça ira tout seul et t'iras beaucoup plus vite en apprenant pour moi Ouais. Plus tu aimes quelque chose, plus tu progresseras vite. Donc, c'est aimer ce qu'on fait.
- Speaker #1
Et avoir un pourquoi aussi ? C'est quoi ton pourquoi ? On va conclure là-dessus.
- Speaker #0
Mon pourquoi ? Il y a beaucoup de choses. Je pense que c'est multiple. L'amour de mes proches.
- Speaker #1
Oui, tu as bien une colère, une tristesse, une connerie.
- Speaker #0
Oui, c'est peut-être une envie de m'exprimer aussi. C'est plein de choses.
- Speaker #1
Oui, c'est plein de choses. Je pense que ce pseudo échec de carrière vélo, c'est ton point d'entrée et c'est ton point d'accroche de te dire maintenant j'y suis, j'ai mis un pied dedans et je ne lâcherai pas.
- Speaker #0
C'est ça aussi, parce que je rêvais aussi de faire de ma passion mon métier. Quand j'ai arrêté, c'était très dur. Je me rappelle, j'avais même pleuré quand Direct Vélo avait fait mon article. Parce que pour moi, c'était la fin de quelque chose. C'était aussi mon identité. C'était pourquoi je visais. Et ouais, ça a été très dur. Après, j'ai très vite switché parce que j'avais cette envie toujours de faire du long, de faire de l'ultra en te suivant notamment. Et ouais, c'est une petite revanche aussi. Et aujourd'hui, en fait, c'est un signe du destin même. Merci. Aujourd'hui, je pense que je ne peux pas être plus heureux que si j'étais dans une équipe pro. Vu comment on sait maintenant, que je vois qu'il y a des coureurs juniors avec qui j'étais, comme Hugo Toumire qui dit « je suis très content d'avoir fait 4 ans, il ne m'en fallait pas une de plus d'année chez les pros » . Donc je me dis que je suis vraiment là où il faut être et là où je me sens mieux.
- Speaker #1
On va continuer les prends. Prends le temps, à chaque course, d'apprécier. Et faites ces moments de grâce. Parce que tu verras que c'est de la grâce. Après, ça devient comme moi, de la graisse. Mais prends soin de toi et je suis très content de t'avoir reçu. Merci mec.
- Speaker #0
Merci beaucoup.