- Geoffroy
Vous écoutez Quartier d'Affaires, le podcast dédié au monde de l'entreprise. Un podcast dans lequel vous retrouvez des interviews de professionnels passionnés et passionnés. Nous parlerons de leur histoire, leur activité et leur business, leur actualité et leur projection, en gardant un axe fondamental, l'humain. Comme l'a si bien dit Antoine de Saint-Exupéry, la grandeur d'un métier est avant tout d'unir les hommes, il n'est qu'un luxe véritable et c'est celui des relations humaines. Bienvenue sur ce nouvel épisode de Quartier La Ferme. J'ai le plaisir d'être en compagnie de Virginie. Bonjour Virginie.
- Virginie
Bonjour Geoffroy.
- Geoffroy
Virginie Langlet. Virginie, tu es avocate.
- Virginie
Oui.
- Geoffroy
Spécialisée spécifiquement dans le droit du travail. Alors, tu es inscrite à quel barreau ? C'est comme ça qu'on dit. Oui,
- Virginie
absolument. Je suis inscrite au barreau de Paris depuis 18 ans. J'ai créé mon cabinet il y a 17 ans. Donc, j'ai roulé ma bosse déjà en tant qu'avocate indépendante. Ton cabinet est où physiquement ? À Saint-Lazare.
- Geoffroy
À Saint-Lazare. Oui. D'accord.
- Virginie
Voilà. Et moi, ma particularité, c'est que je suis le support des dirigeants d'entreprises employeurs en PLS face à leur code du travail et la gestion de leurs salariés.
- Geoffroy
Ça arrive tellement complexe. Comment on fait à un moment donné ? Quel est le chemin pour s'intéresser à quelque chose d'aussi grand, énorme, complexe ? du travail, c'est phénoménal. C'est quoi ? Tu te réveilles un matin et tu te dis, j'ai envie de faire ça. C'est une volonté d'être dans l'univers juridique. Tu voulais être avocate. Est-ce que la spécification s'est faite après ? Ou est-ce que quand tu as voulu être avocate, tu t'es dit je veux aller vers le droit du travail ?
- Virginie
Alors, moi, mon parcours, j'ai commencé un peu par hasard la fac de droit. J'aurais un peu eu envie de faire du commerce, mais j'étais vraiment nulle en maths, donc très vite ça s'est imposé à moi que ce n'était pas possible. Donc, fac de droit, avec toujours un peu les fantasmes, je vais être juge pour enfants, etc. tourner vers la défense des victimes, du plus faible. Et puis, très vite, le monde de l'entreprise m'a intéressée. Parce qu'au début, les premières années, on a quand même une base plus généraliste et progressivement, on se spécialise par des nouvelles matières. Et là est apparu le monde de l'entreprise, droit des affaires, droit des sociétés, droit du travail. Et ça m'a vraiment plu. Donc, j'ai continué jusqu'à un DESS, maintenant c'est le Master 2, mais DESS, droit des affaires. Et puis, j'étais à Clermont-Ferrand, je suis provinciale. Je suis née à Clermont-Ferrand, j'ai fait mes quatre premières années à la fac de Clermont. Après, je suis partie faire mon DVSS à Amiens. J'avais pour envie et projet de venir vivre à Paris. C'était un peu mon fantasme depuis très longtemps. Et l'année du DVSS, j'ai un très bon copain qui me dit, écoute... passe le barreau parce que tu seras directrice juridique à 30 ans et au moins tu seras à la tête du service. Et ça, ça m'a vraiment plu. L'idée de diriger après toutes ces années d'études. Donc je passe le barreau. J'arrive à Paris à la fin de ma cinquième année de droit. Je m'inscris à la fac pour passer le barreau. Je fais une prépa privée en parallèle. Je faisais un stage la journée et les cours du soir. Très dense. Et en même temps, très intéressant parce que je rencontrais plein de gens, je faisais beaucoup de choses dans le milieu juridique. Et dans le cadre de l'école du barreau, donc je passe le barreau, j'obtiens l'entrée à l'école du barreau. Et là, je rencontre une avocate dans le cadre d'un stage qui me fait briller les yeux. Je me dis, c'est ça le métier d'avocat, c'est canon. Elle était fantastique et ça m'a vraiment passionnée. Donc j'ai abandonné complètement l'idée. de faire jury d'entreprise, enfin d'intégrer une entreprise et je me dis, je resterai dans la profession d'avocat. Et cette avocate-là me recrute, une fois que je... On peut dire son nom ? Non,
- Geoffroy
on ne peut pas dire son nom.
- Virginie
On ne dira pas son nom. Secret professionnel. Parce que la relation contractuelle, ce n'est pas très bien passé. C'est un peu inutile. C'est la raison pour laquelle je me suis installée très vite. Je n'ai travaillé qu'un an. Donc, à la fois, tu lui rends hommage. En même temps, c'est parce que tu en es fort deviné. Je ne lui rends pas hommage parce qu'elle m'a formée sur beaucoup de choses, parce que j'ai géré beaucoup de choses dans l'adversité. Le monde des avocats est un milieu un peu difficile quand même. Il y a beaucoup d'égo, il y a une très forte concurrence. Enfin, voilà, c'est un métier un peu particulier. Et la relation avec les collaborateurs jeunes débutants n'est pas toujours très bonne. C'est ce qui m'est arrivé. Donc j'ai pris la décision de démissionner. J'avais zéro client, zéro dossier, rien. Et elle avait refusé de me faire faire du droit du travail ou du droit des affaires parce qu'il y avait déjà les collaborateurs en charge de ces dossiers. D'accord. Donc, j'ai fait des parloirs du droit pénal et du divorce. Autant dire que...
- Geoffroy
Hyper formateur ! C'est très exotique, très formateur.
- Virginie
J'en garde un souvenir. En même temps, c'était hyper dur, mais c'est un super souvenir parce que du coup, j'ai fait tous les parloirs des maisons d'arrêt, je me suis déplacée comme ça. Mais oui, c'est assez incroyable.
- Geoffroy
Ça n'a pas dévié de ton envie et de ton projet ?
- Virginie
Non, moi j'étais vraiment sur droit des affaires, droit du travail. Et donc, j'ai démissionné. Je me suis installée, j'ai créé mon cabinet à partir de rien et j'avais que dalle. J'étais vraiment...
- Geoffroy
Par contre, tu arrives, tu crées ton cabinet, tes jeunes avocates, donc là, tu plonges dans le gambin, tu as le barreau. Comment on fait pour avoir le premier client ? C'est quoi ?
- Virginie
Alors, j'ai eu beaucoup de chance parce que dans mon parcours, j'ai rencontré un confrère qui m'a pris sous son aile, qui m'a prêté un bureau et qui m'a dit « Voilà, vous allez faire quelques petits dossiers pour moi de temps en temps, quelques audiences, rien à voir du droit immobilier, des expertises. » Je n'avais pas la contrainte financière de payer le loyer, etc. Donc, j'ai acheté un petit ordinateur, un petit téléphone.
- Geoffroy
Et tu as commencé ?
- Virginie
J'ai commencé sans rien et c'était assez incroyable. Et puis, ça a assez vite marché parce que j'avais un copain qui devait un service à un développeur web. Donc, du coup, ils m'ont fait un site internet. Donc, j'ai fait comme ça avec un peu de... Tu t'es débrouillée en fait ? Oui, avec un peu de...
- Geoffroy
Mais c'était très entrepreneurial en fait. Mais moi, j'ai adoré. Et voilà, c'est ça.
- Virginie
Et en fait, toute ma vie professionnelle, c'est ça. Parce que comme personne ne m'avait formée sur le droit du travail, sur le côté concret, Je suis allée assister à des audiences toutes seules pour voir comment on montait un dossier, comment on plaidait le dossier. Et j'ai eu mes premiers clients.
- Geoffroy
Une sacrée force de caractère quand même Virginie, parce qu'il faut vouloir y aller et tout ça, c'est fort. Oui,
- Virginie
mais c'était soit ça, soit je quittais la robe. Après huit ans d'études, c'est un peu dommage. Oui, c'était dommage. Et puis je suis hyper contente de mon parcours, parce que ça n'a pas été simple naturellement. Il y a eu des belles années, des années absolument catastrophiques. Ça s'est fait comme ça.
- Geoffroy
Eh bien, écoute, justement, pour encore apprendre à mieux te connaître, on va faire une chronique, la chronique Up and Down. Souvenir, souvenir, Virginie, d'un moment fort, puissant, récent ou ancien où vraiment ça te galvanise, tu te dis, wow, voilà pourquoi je fais ce métier.
- Virginie
Quand mes clients dirigeants d'entreprises m'appellent, Juste pour me dire, écoutez, j'ai besoin de parler, il faut que je débriefe avec vous parce que ça va mal, et limite ils pleurent, et ça leur fait beaucoup de bien, parce qu'il y a évidemment un aspect un peu psy, ils sont souvent seuls, à la tête de l'entreprise, le conjoint, pas du tout. Et donc ils m'appellent, ils me disent, vous avez 10 minutes, on reste plus d'une heure au téléphone, et avant de raccrocher, ça m'a fait du bien, c'est bon, c'est clair pour moi, je sais ce que je dois faire, la stratégie. J'ai compris la dernière juriste prudence, la règle de droit. Et c'est pour ça que je fais ce métier. Je trouve ça génial, en fait, de pouvoir être un rempart.
- Geoffroy
C'est fort parce qu'au-delà de résoudre le problème à terme, tu as raison, la solitude d'entrepreneur est une vraie problématique dans le monde de l'entreprise. Parce qu'on parle d'entrepreneur, on imagine tout de suite la très grosse boîte, etc. Mais l'entrepreneur, c'est quelqu'un qui gère 2, 3, 4, 8, 10, 15 salariés et qui est confronté à des problématiques marchées et parfois des problématiques d'injustice aussi. vis-à-vis, là, on se... place évidemment dans la position de l'homme d'entreprise, du chef d'entreprise, de la femme d'entreprise. Mais vis-à-vis d'un collaborateur, parfois, c'est compliqué. Et là, oui, démuni, complètement démuni. Avoir quelqu'un qui peut répondre à une problématique et résoudre parfois quelques mots et sa connaissance accrue du système, qui est quand même d'une complexité absolue pour nous, hommes et femmes d'entreprise, oui, c'est fondamental. Et alors, à l'inverse, un moment où, on en a déjà un petit peu parlé d'ailleurs, tu te souviens de quelque chose ? très très dur, vraiment une galère où tu te dis, waouh, là, j'ai failli baisser les bras quand même ?
- Virginie
La galère, c'est parfois le manque de reconnaissance. Ça arrive quand même que certains clients considèrent que on n'a pas fait ce qu'il faut, qu'ils récupèrent leur dossier. Moi, on ne comprend pas. Ça m'est arrivé récemment. Je n'ai pas compris. On a beaucoup travaillé ensemble pendant des années. C'est un dirigeant qui a...
- Geoffroy
Pendant des années ? Ah oui.
- Virginie
Il a des difficultés d'ordre personnel. Il est en train de confier toutes ses affaires, y compris personnelles, à un autre avocat. Mais il ne m'a pas prévenu. Parce que c'est le confrère qui m'a prévenu. C'est un manque de courage quand même. Oui, parce que je pense qu'on avait une bonne relation et il s'est senti un peu... Un manque de courage. Un manque de courage, peut-être un peu honteux. Et ça, oui. Ça te blesse. Oui, après, moi j'ai appris à travailler en ayant beaucoup de recul. parce que Parce que les gens font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont, que chacun est dans des difficultés de tous ordres. Et si ça s'est imposé à lui, voilà, ça s'est imposé à lui. Mais je lui ai quand même fait un petit mail.
- Geoffroy
Mais t'as raison. Une relation professionnelle doit se terminer proprement, c'est normal. Oui,
- Virginie
et puis je trouve ça un peu bateau de dire ça, mais je mets quand même une part d'humain, parce qu'on est dans la vie des gens, et que moi je suis quelqu'un de très à l'écoute, très disponible. Enfin, j'essaye de vraiment m'adapter en disant, on a une relation de confiance, il faut que vous vous sentiez à l'aise. Vous me faites un petit SMS dès qu'il y a un souci. Pour moi, ce n'est pas une difficulté. Mais de me faire planter sans qu'on me le dise, après, je crois que ça faisait 5 ans qu'on travaillait ensemble, 4-5 ans, et j'ai trouvé ça pas juste. Donc, je lui ai fait un message. Écoutez, je peux comprendre votre décision, mais j'aurais aimé la connaître de votre bouche. Oui, bien sûr, évidemment. Donc, j'étais excusée.
- Geoffroy
Virginie, la typologie de tes clients. Client type de Virginie Langlais.
- Virginie
Alors, mes clients, j'en ai deux catégories. Donc, j'ai la... catégorie des dirigeants d'entreprise, de toute petite boîte, il suffit d'avoir trois salariés pour que ce soit déjà une galère, jusqu'à des entreprises où il y a 200, 250 salariés, où là mon interlocuteur est plutôt un DRH, mais qui a quand même besoin d'aide, parce que les avocats ont quand même cette pratique du contentieux, donc quand on met en place une stratégie, notamment en droit du travail, avec les réformes quasi quotidiennes, la jurisprudence de la Cour de cassation, le Code du travail étant ce qu'il est, les DRH ne sont pas forcément toujours tout à fait au point, ou en tout cas ont besoin de se réassurer sur leur stratégie. Donc voilà, des dirigeants d'entreprises employeurs qui ne s'en sortent pas, qui n'ont pas le temps avec la gestion de leurs salariés. Et j'ai une autre casquette qui parfois est décriée, c'est que je défends aussi les salariés. Cadres, cadres dirigeants pour négocier les départs. Et ça, certains me disent, mais vous n'avez pas tranché, vous n'avez pas préparé. Et en fait, je ne veux pas. Parce qu'on est meilleur avocat quand on connaît la stratégie de part et d'autre.
- Geoffroy
Mais c'est ce que j'allais dire. Ça doit nourrir à la fois tes clients chez l'entreprise et tes clients cadres d'être dans les deux.
- Virginie
Tout à fait. Parce que quand un dirigeant veut rédiger une clause dans un contrat, moi je lui dis, attendez, je suis l'avocat du salarié, je vous la désigne toute prud'homme. Là, sa clause ne passera pas du tout. Et donc, ça nourrit mon expertise de travailler pour finalement les deux casquettes, les deux types de clientèle. Je négocie beaucoup les départs des salariés. Mes clients, que ce soit des employeurs ou des salariés, ont à peu près entre 45 et 55 ans en moyenne. Ils sont un peu dans le moment de la vie où on est tenaillé entre les enfants, les parents vieillissants, la vie professionnelle qui commence à peser. C'est là que j'apporte mon aide et mon épaule aussi. En tout cas, mes conseils, ma stratégie.
- Geoffroy
Magnifique. Virginie, si on veut te trouver sur Internet, réseaux sociaux, LinkedIn, Virginie Langlais, où est-ce que si on est intéressé ?
- Virginie
Alors j'ai une page LinkedIn.
- Geoffroy
Donc Virginie Langlais, L-A-N-G-L-E-T.
- Virginie
J'ai un site Internet, cabinetavocatlanglais.fr.
- Geoffroy
Cabinet avocat langlais tout attaché ?
- Virginie
Cabinet-6, avocat au pluriel, .fr.
- Geoffroy
Langlais.fr.
- Virginie
J'ai aussi un tout petit peu Instagram et j'ai une chaîne YouTube.
- Geoffroy
Ok, on peut te retrouver sur YouTube. Oui,
- Virginie
j'ai des vidéos, je fais des vidéos qui s'appellent les brèves de droit du travail, où je décrypte le droit du travail.
- Geoffroy
Le nom de la chaîne, c'est quoi ?
- Virginie
C'est mon nom, Virginie Langlais. Virginie Langlais. Oui, avocat. Et en fait, il y a une vingtaine de vidéos où vraiment, j'ai pris les questions que les dirigeants me posent et je décrypte en deux minutes, trois minutes.
- Geoffroy
Hyper intéressant. Oui. On va aller regarder ça.
- Virginie
Oui, parce que je trouve que le droit du travail, c'est hyper compliqué. Mais si on forme les gens, si on fait de la prévention, ça se passera mieux dans les entreprises et tout le monde va y gagner. Et c'est un peu mon idée. C'est vraiment faire de la prévention, accompagner, pour que la force vive de l'entreprise soit optimisée.
- Geoffroy
Donc YouTube, Virginie Anglais, on trouve ta chaîne, c'est parfait. Merci d'avoir été avec nous, Virginie.
- Virginie
Merci.
- Geoffroy
Nous espérons que cet épisode vous a plu. Retrouvez-nous sur votre plateforme de streaming préférée. Si vous avez aimé ce podcast, notez-le. 5 étoiles, c'est mieux. Et partagez-le. Si vous êtes une entreprise des Hautes-Alpes-Sud ou du sud de Paris, visitez le site internet de l'AEM, www.entreprise-montrouge.net, ainsi que ses réseaux sociaux. A très vite pour le prochain épisode de Quartier l'Affaire.