Speaker #0Hello les petites molécules en suspension ! J'avais envie de vous donner un petit surnom et je me suis dit que celui-ci était plutôt pas mal et collait bien au sujet et à la tendance de la chaîne. Mais bon, à voir. Dites-moi sur ma page Instagram PharmaMakins si vous aimez, si vous avez d'autres idées et puis sinon je chercherai d'autres idées moi-même si l'inspiration me vient. Bref, après un temps imprévisible, petit peu plus long que les autres fois entre deux épisodes, vous écoutez à la bonne dose et aujourd'hui je vous embarque pour une immersion dans un sujet qui fait monter la pression plus vite qu'un espressoage. On va parler des renouvellements d'ordonnances hors délai, des dépannages qui peuvent être refusés, des photos d'ordos qui servent pas à grand chose, des stupéfiants, des hiéroglyphes écrits par les médecins enfin... Tout ça, tout ça, quoi. J'espère que vous êtes prêts, parce que c'est souvent des sujets qui divisent professionnels et patients. Alors, accrochez-vous et sortez vos ordonnances. Je suis sûre, voire même persuadée, que vous connaissez la scène autant en tant que professionnels que... patients finalement. Bon, si vous ne voyez pas, je vous décris la scène vite fait. Tu as le patient qui rentre dans l'officine. Bon, il y a plusieurs profils. Il y a la personne très inquiète, la personne gentille et puis la personne vraiment sûre d'elle. Quand je parle de elle, c'est vraiment la personne en général, le patient et pas une femme. C'est vraiment général. Donc prenons la personne sûre d'elle. Elle pose les mains sur le comptoir, souffle un peu trop fort, comme si elle allait t'annoncer, je ne sais pas moi, un secret d'état. Moi, perso, ça m'est déjà arrivé d'oublier ma pilule, même en étant dans le médical, l'ordonnance de la pilule. Et je suis plutôt du genre à faire profil bas. Peut-être parce que je travaille là-dedans, j'en sais rien. Mais en général, quand je fais quelque chose que je sais qui est contraire à ce qui doit être fait, je fais plutôt profil bas. A priori, on n'est pas tous pareils. Mais bon, revenons à notre film. Donc la personne arrive sur Dell, bien sûr, et te sort vraiment sur un ton comme ça. Je veux mon antihypertenseur. Oui, ok. Et avant même que tu aies pu ne serait-ce que lui poser une seule question, il te dit, j'ai plus l'ordo, mais bon, ça fait 20 ans que je le prends, c'est bon, je connais. Donnez-moi mon antihypertenseur. Ok, mais vous êtes qui ? C'est-à-dire que dans ce cas-là, sans connaître la personne, compliqué. Et puis antihypertenseur, il n'y en a pas qu'un seul. Il n'y a pas qu'un seul nom d'antihypertenseur, il n'y a pas qu'une seule classe. Enfin voilà, là dans ce cas-là, mon moi intérieur a vraiment envie de lui dire en fait monsieur 20 ans, c'est de l'ancienneté dans une boîte, pas un motif de délivrance. Mais bon, je le dis. la phrase qui fait sortir des gonds les gens en général, je ne peux vraiment pas vous le délivrer sans ordonnance celui-là en fait. Et à partir où ils entendent « je ne peux pas » , sans ordonnance, transformation, on se retrouve avec les yeux écarquillés, le regard injecté de sang presque, regard de poisson de clown, il te coupe et te sort. Vous jouissez de ma souffrance, j'en suis sûre. Si je vous dis cette phrase, c'est que c'est du vécu, c'est que c'est de l'entendu. donc oui, ils peuvent sortir des phrases comme ça après, on est face à des gens malades qui ne justifient pas tout le temps qu'on se fasse parler n'importe comment mais il faut avoir quand même dans un côté de sa tête que ce sont des personnes malades et que c'est pas un public classique et qu'il faut prendre des pincettes expliquer les choses essayer de comprendre la situation de la population. Tout ça, ça fait partie du métier et il faut vraiment le faire. C'est super important. Donc là, on peut quand même lui dire, mais non, laissez-moi finir. On ne fait pas pour le plaisir, mais pour votre sécurité. En fait, il faut vraiment axer le discours sur la sécurité, puisque c'est le cas. On veut vous donner le bon traitement et, accessoirement, respecter la loi. Parce que s'il arrive un souci à un patient sur lequel on a délivré un traitement sans ordonnance et qu'on est responsable de cette erreur, C'est à nous qu'on vient taper sur les doigts, donc on est là pour votre sécurité, pour respecter la loi, mais dans la plupart du temps, on va trouver une solution. Parce que oui, il y a souvent des solutions. Mais bon, je ne vais pas vous donner tous mes tips, sinon ce n'est pas... Non, mais par exemple, quelqu'un qui vient, qui n'aurait pas d'ordonnance, qui est là en vacances, on peut très bien essayer d'appeler sa pharmacie référente ou auquel cas appeler son médecin traitant si vraiment on n'arrive pas à avoir d'info à la pharmacie et récupérer une ordonnance pour pouvoir lui délivrer les traitements pendant les vacances. Certes, c'est un peu plus long, hein ? Mais si vraiment cette personne veut son traitement, elle peut attendre 5 minutes de plus ou 10 minutes de plus à la pharmacie. En fait, si on dit non, c'est pour votre santé. Parce que sans preuve, sans assurance du bon traitement, on ne peut pas vous délivrer le traitement. Et puis quand bien même, qui nous dit que le docteur n'a pas augmenté de dosage ou ajouté un médicament ? Même non, mais dosage différent. Et ça, ça change tout. parce que si le médecin a modifié surtout quand il a modifié sur la même molécule le dosage par exemple. Parce que s'il a modifié ce dosage à la hausse ou à la baisse, c'est que l'organisme n'avait plus besoin du dosage précédent et qu'il a absolument besoin d'augmenter le traitement par exemple. Donc c'est important de nous fournir cette ordonnance. Donc voilà, vous pouvez dire c'est une urgence, je le connais par cœur, je vous ramène l'ordo au plus tôt. Bon, ça c'est quelque chose aussi, je vous ramène l'ordonnance au plus tôt. tôt, on aimerait dire oui, pas de soucis, je vous délivre et revenez avec l'ordonnance. Mais bien souvent, et moi la première parce que j'ai le cerveau un peu percé pour ce genre de choses, la personne ne revient pas avec son ordonnance. Donc on se retrouve avec des avances de médicaments qui posent problème parce qu'au final on n'a pas respecté la loi, on n'a pas respecté la sécurité du patient et en plus de ça... On l'a dans le baba parce qu'on ne peut pas récupérer cette avance de médicaments qui est dans la nature et qui ne nous sera pas réglée. Vous pouvez me dire aussi, vous me l'avez donné l'année dernière, c'est bon quand même, vous n'êtes vraiment pas sympa. Nous, on veut de la sécurité pour vous et pour nous. Un autre motif de traitement sans ordonnance, et là, attention, attention, les antibiotiques. Je vous fais pareil, je vous mets un peu dans le mood, mais imaginez un patient qui arrive et qui vous sort, j'ai besoin d'antibiotiques, je suis vraiment ultra malade, enfin plutôt ça donne, j'ai vraiment besoin d'antibiotiques parce que je suis vraiment malade. Ça donne à peu près ce genre-là. Et j'ai vu sur Internet, j'ai besoin d'Erythrusol. Et là, tu regardes. De quoi ? Un antibiotique, vous ne connaissez même pas vos médicaments. Et là... Bon, déjà, apprends à lire, parce que Erythrusol, ça n'existe pas. Et puis, Internet, on en parle. En fait, je ne délivre pas des antibiotiques comme si c'était un menu du McDo. Oui, oui, pas de souci, madame. Un antibiotique classique, sans sel, sans lactose, taille M, ça vous va, c'est bon ? Non mais en fait, imaginez quoi. Je pense qu'on a assez de prévention sur tout ce qui est résistance aux antibiotiques pour que maintenant ça rentre un peu dans les mœurs, parce qu'on ne prend pas des antibiotiques chez soi juste parce qu'on a un petit rhume. Ou alors, on devient demandé classiquement comme ça à la pharmacie des antibiotiques. Pour moi, je... Mais non, a priori, ce n'est pas encore entré dans les mœurs. Alors, vous pouvez me dire, oui, si moi, la dernière fois, j'ai une infection urinaire, mon pharmacien m'a délivré un antibiotique parce que j'avais l'infection urinaire et je n'ai pas eu besoin de passer chez le médecin pour une ordonnance. Alors oui, maintenant, il y a deux moments où on peut vous délivrer des antibiotiques sans ordonnance, enfin du moins, sans passer par chez le médecin, c'est pour des angines et des infections urinaires, mais sous protocole strict. Et vous allez passer un interrogatoire digne d'une série américaine, genre affaire criminelle, quoi. Parce qu'un antibiotique mal utilisé, je l'ai déjà dit tout à l'heure, c'est une armée de bactéries qui deviennent si résistantes qu'elles pourraient survivre à une saison de télé-réalité, quoi. Enfin, non, mais ça crée des résistances de dingue. Et le jour où vous serez vraiment malade, et où vous serez hospitalisé pour cette maladie, maladie infectieuse par exemple, et que vous avez besoin d'antibiotiques, on va se retrouver vraiment dans une impasse pour trouver l'antibiotique qui vous convient. Donc pour clarifier les choses, voilà la règle fondamentale que... 95% de la population oublie. c'est que vous avez 3 mois pour venir chercher votre ordonnance le premier mois. Et si on continue à faire des vidéos dessus ou podcasts, c'est que ce n'est pas su et que le message n'est pas passé. Et quand je dis 3 mois, ce n'est pas 3 années, ce n'est pas 3 périodes glaciaires, c'est 3 mois. Si l'ordo est par contre à renouveler et qu'elle a déjà été délivrée la première fois, vous avez 12 mois pour faire les renouvellements. Sauf mention contraire du médecin, bien sûr, ce qui peut arriver. Et en fait, je vous rappelle cette règle fondamentale, parce que parfois, on a quand même des gens qui arrivent avec une ordonnance d'avant Covid, ou même d'avant l'enfant qui marche à côté d'eux. Des fois, c'est assez lunaire, mais bon, sans connaître la règle, on peut se dire que mon ordonnance, elle a renouvelé six fois, je l'ai pris deux fois l'année dernière, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas prendre. Parce qu'en fait, il faut peut-être réévaluer la maladie et peut-être changer de traitement. Donc, il faut absolument faire le suivi comme il se doit, surtout quand on a une maladie chronique. Sinon, si on partait du côté des quartiers Nord ou de la Castellane... On peut crier à l'opioïde ou comment... Je ne sais pas si j'en parle. Bon allez, sincèrement, j'ai vraiment une profonde peine pour les gens dépendants, mais c'est parfois des situations difficiles où il faut garder de la rigueur, mais aussi de l'empathie. c'est des personnes malades qui ont été dépendantes à des substances dangereuses. et qui parfois ferait beaucoup de choses pour avoir leur traitement substitutif plus qu'il n'en faut. Donc c'est là où il faut repérer les comportements addictifs, les comportements hors-la-loi, et aussi pouvoir l'accompagner dans son sevrage en fait. Pouvoir alerter les médecins qui les suivent quand ça ne va pas, quand on se rend compte que ça ne va pas. Et parfois faire face à des comportements agressifs, très agressifs, ce qui nous est déjà arrivé. Mais malheureusement, ces comportements agressifs sont souvent liés à leur manque, à leur forte dépendance et parfois à des traitements qui ne sont pas vraiment équilibrés. Pour vous donner une petite anecdote, ce n'est pas une anecdote vraiment, mais nous, souvent les renouvellements chez nous, pour les stupéfiants sont faits par les médecins généralistes qui suivent le patient. Je ne dis pas qu'ils n'ont pas les compétences, mais parfois, dans un sevrage de drogue dure, il est nécessaire d'avoir affaire à une évaluation par des professionnels vraiment spécialisés dans les addictions. Et nous, ça manque. Par chez nous, ça manque, ça. En fait, souvent, le traitement est renouvelé. par le médecin traitant, avec augmentation ou baisse de traitement, mais parfois une réelle, vraie, vraie, vraie réévaluation par un addictologue, par une personne qui suit le patient dépendant, serait quand même plus efficace que des renouvellements comme ça. Je vais peut-être me mettre des médecins à dos, mais non, je pense sincèrement qu'il faut qu'ils aient un suivi, parce qu'en fait, nous, on se retrouve après avec des gens pas équilibrés, pouvoir leur renouveler leur ordonnance du coup, puisque les stups, par contre, c'est quelque chose qui est sans solution. On ne peut pas délivrer de stupéfiants comme ça, sans ordonnance. En plus, c'est des ordonnances sécurisées, donc il faut que ce soit sur la bonne ordonnance. Non, on ne peut pas. Donc, en fait, si la personne est mal dosée et qu'elle se retrouve à avoir pris du... traitement en plus et donc se retrouve à devoir venir chercher son traitement avant mais n'a pas d'ordonnance, elle est à un moment donné en manque et on se retrouve avec des personnes super agressives qui, je dis pas pour tous, attention, mais super agressives qui vont avoir une tendance à l'insulte où nous on va avoir peur qu'il y ait un geste déplacé et bien souvent quand on se retrouve 3-4 filles, parce que on va pas se mentir, c'est quand même un métier un petit peu plus largement féminin sur surtout chez les préparatrices en pharmacie, on se sent un peu... Pas en danger, mais presque un peu démunis face à ce genre de situation. Et pour le côté sujet d'aujourd'hui, le côté ordonnance, on n'a vraiment pas de solution. On peut appeler le médecin pour qu'il le prenne le plus rapidement possible, même dans la journée, même dans l'heure qui suit. Bien souvent, les médecins nous aident sur ce côté-là. Mais dans l'immédiat, il n'y a pas de solution. Enfin, quand je dis dans l'immédiat, il n'y a pas de solution. Ce n'est pas vraiment qu'il n'y a pas de solution. On peut trouver un compromis. Le problème, c'est que... on est vraiment border sur ce genre de compromis et ça peut être d'avancer un jour de traitement, le temps de laisser à la personne, le temps d'aller chez le médecin si le médecin n'est pas disponible si on n'a pas pu joindre le médecin bien sûr c'est la responsabilité du titulaire de la pharmacie mais ça reste délicat c'est des situations un peu particulières où ben c'est On est sur de la déontologie, on est sur est-ce que je fais bien, est-ce que je ne fais pas bien. En fait, tout dépend de la situation. Si on se retrouve le samedi soir, le lendemain, c'est dimanche. C'est souvent le cas d'ailleurs, c'est souvent dans ces périodes-là, ces moments-là, 18h ou 19h, samedi soir, où on n'arrive plus à joindre un médecin, où on essaie de se... débrouiller un peu comme on peut en attendant le lundi matin, mais il faut que ça reste exceptionnel et c'est très compliqué de prendre ses décisions quand on sait que la personne n'est pas équilibrée. J'avais aussi envie de vous parler dans cet épisode de podcast du côté rupture. Je vous la refais encore une fois, mais c'est du vécu. La personne vous dit au final, au bout d'un moment, à force d'avoir eu le traitement chez les uns et pas chez les autres, vous l'avez, mais vous ne voulez pas me le donner en fait. C'est juste ça. Oui, oui, bien sûr. D'ailleurs, je garde les boîtes derrière moi pour faire un jacuzzi ibuprofène. Non, mais je préfère en rigoler, mais quand c'est en rupture, c'est en rupture. Et là encore... On cherche des solutions, on ne va pas vous laisser comme ça sans zéro solution. On appelle des confrères, on fait appel à Vigirupture, qui est un site où on peut retrouver quelle officine va avoir du stock sur tel ou tel médicament, etc. Ah, d'ailleurs, message à certains futurs confrères, même si vous êtes dans le jus, faites au moins l'effort de faire ces démarches-là, parce que je vais vous donner une anecdote, mais quand j'ai fait mon stage cet été en... en PUI, donc pharmacie d'hôpital. Je me suis retrouvée à rechercher de la colchicine, qui était une denrée rare et qui l'est toujours, a priori, il me semble. Et le patient appelle parce qu'il sortait, il en avait besoin vraiment tous les jours pendant un long moment. Donc là, le médecin qui l'a gérée, avec qui on a une super entente durant le stage, m'appelle. Il me dit, je ne sais pas, il s'est trouvé une solution parce que dans sa pharmacie, ils n'en ont pas du tout. Je lui dis, mais ça, il n'est pas allé dans une autre pharmacie. Il me dit, non, mais je le fais te rappeler. Donne-moi le numéro. Bref, je vous passe les détails. Le patient me rappelle et me dit, non, non, mais je suis allée dans ma pharmacie. Ils m'ont dit qu'ils n'en avaient pas et que de toute façon, personne n'en avait. Mais non, mais en fait, ce n'est pas comme ça que ça se passe. Tu essaies toujours d'appeler un confrère, tu vas sur le site de Vigirupture, tu fais des démarches. Et donc, en fait, je me suis retrouvée à appeler. J'ai fait les trois premiers numéros qui me venaient en tête. Ce n'était même pas les numéros de pharmacie de copains. C'était vraiment les trois premiers numéros de pharmacie les plus proches de la pharmacie où il va habituellement. Sur les trois pharmacies, il y avait deux pharmacies qui avaient du colchimax ou de la colchicine. Donc, s'il vous plaît, chers futurs confrères, quand vous avez un patient qui a un traitement en rupture, faites l'effort, s'il vous plaît, d'appeler quelques-unes des pharmacies ou de lui dire, de faire des démarches et d'appeler les pharmacies, mais ne lui dites pas, j'en ai pas, donc personne n'en a, en fait. C'est pas ni réglo, ni sympa pour le patient, ni déontologique, en fait. Il faut trouver une solution. Moi, ça m'a mis hors de moi. Je pense que j'en parle encore avec les nerfs parce que je... Je ne comprends pas ces comportements. Une dernière chose que j'avais envie d'aborder dans ce podcast, parce que c'est quelque chose qui est de plus en plus courant et de plus en plus gonflant, mais je suis sûre que vous voyez à peu près le patient qui arrive tout sourire, téléphone dégainé, t'as un badge du FBI, et là, tu penses, laissez-moi deviner, Vous avez... A l'ordonnance, mais vous avez la photo ? Ah, la photo. Cette illusion collective que c'est accepté. Comme si la sécu allait dire, oui, oui, pas de soucis, une photo floue, ça vaut de l'or. Alors pourquoi on dit non concrètement à une photo ? C'est que déjà, premièrement, la photo, c'est retouchable. Encore plus avec les nouvelles versions de logiciels de montage. Et que parfois, en fait, on se retrouve avec des photos tellement floues qu'on dirait des preuves de... d'un cold case, d'une affaire criminelle. Et en fait, l'interprétation de l'ordonnance, la lecture de l'ordonnance se transforme en une interprétation assez aléatoire. Et ça, encore une fois, c'est dangereux. Donc en fait, la photo, elle peut servir prise dans de bonnes conditions à une seule chose, c'est de préparer l'ordonnance, mais pas de la délivrer. En fait, est-ce que tu retires de l'argent au distributeur avec une photo de ta carte bancaire ? Non. Donc ça paraît débile, mais voilà, c'est un peu le même principe. Donc c'est pareil, tu ne retires pas tes médicaments avec une photo. Au-delà de ça, il nous faut une ordonnance datée, signée, complète et originale. Et là encore, c'est souvent le parcours du combattant pour récupérer les infos manquantes. Souvent une perte de temps pour vous, qu'on se le dise, et pour nous. Mais si vous nous laissez un peu de temps, on peut trouver une solution. Je sais qu'en général, l'attente du médecin vous a irrité, mais laissez-nous un peu de temps pour faire correctement notre... travail et bien souvent ce refus de délivrance sur le moment parce qu'on n'a pas la bonne ordonnance, parce qu'on n'a pas le si le là, on peut trouver une solution. Finalement la seule photo qu'on accepte c'est la e-prescription. C'est une photo qu'on accepte sans faire les gendarmes parce que c'est pas une photo. Elle a un QR code sécurisé inviolable la plupart du temps et infalsifiable par le cousin fan de Photoshop ou de Canva. Plus simplement Bon. C'est comme si on se disait, c'est une ordonnance avec un passeport biométrique. Et elle existe dans un coffre-fort numérique. Alors, je sais, la photo, c'est tentant, c'est simple, c'est rapide. Mais c'est comme si tu envoyais une photo de ton frigo pour avoir les courses, quoi. Voilà, on arrive doucement au bout de cet épisode. Et si vous êtes encore là, c'est que soit vous aimez vraiment la pharmacie. Soit vous êtes reconnu quelque part entre la photo floue et je le propre puis disant, vous voyez le. Alors aujourd'hui, on a parlé de refus, de règles, de lois, ces fameux noms qui piquent un peu, mais qui, en réalité, évitent souvent de très gros problèmes. Parce qu'en pharmacie, dire non, c'est jamais par plaisir, c'est jamais pour punir, et c'est certainement pas parce qu'on aime vous compliquer la vie, en fait. C'est parce que derrière chaque boîte délivrée, il y a une responsabilité. partagée, une sécurité et même parfois une vie selon les cas. En fait, la pharmacie et je pense que plusieurs confrères seront, futurs confrères, seront d'accord avec moi, c'est pas un self-service, c'est pas Amazon, c'est pas une scène coupée de Breaking Bad. C'est un lieu où on vous veut vivant, fonctionnel. Et si c'est possible, de bonne humeur. Alors la prochaine fois qu'on vous dit non, rappelez-vous que c'est souvent un oui. à votre sécurité et qu'on peut trouver une solution. Donc, soyez patient et surtout, soyez sympa, en fait. Et pour les collègues pharmaciens, préparateurs, équipes officinales, vous faites un métier qui est exigeant, souvent invisible et parfois ingrat, mais c'est essentiel. Essentiel de respecter toutes ces règles. Respecter les règles, c'est pas être rigide, c'est juste être à la bonne dose. Ah, vous le sentiez pas venir, celui-là. Et restez bien à l'écoute parce que dans le prochain épisode, on recevra une invitée très spéciale qui viendra nous parler d'un sujet dont on a discuté dans les épisodes précédents. Mais elle s'y connaît vraiment très, très bien. C'est son métier. Elle est spécialisée dedans. Elle connaît les réalités du terrain, en tout cas sur le sujet dont elle vient vous parler. Et ça va être trop chouette. Alors abonnez-vous. Activez les notifications et préparez vos oreilles. A très vite dans un nouvel épisode de A la bonne dose. En attendant, prenez soin de vous.