Speaker #0En gym, on passe des semaines à répéter nos mouvements et zéro minute à entraîner la tête qui nous permet de les réussir. Ici, on va changer ça. Bienvenue dans Aligné, de la tête aux pointes. Ce podcast s'adresse aux gymnastes et aux coachs qui ont compris que répéter plus ne règle pas toujours ce qui se joue à l'intérieur. Je m'appelle Arthur Planck, préparateur mental spécialisé en gymnastique. J'accompagne les gyms et leurs entraîneurs à comprendre ce qui ne se voit pas, mais décide de tout. Ce podcast ne t'apportera pas d'astuces toutes faites pour piler tes réceptions, mais plutôt une autre façon de voir tes entraînements, et c'est certainement ça qui t'aidera le plus à progresser. Ici, on remet les choses dans l'ordre. La tête d'abord, les pointes ensuite. Bon, j'avais envie d'enregistrer un épisode de podcast de manière spontanée, c'est-à-dire que je ne le prépare pas, je n'ai pas préparé mes notes et très probablement que je n'enverrai pas cet audio à mon audio qui s'occupe de faire le montage de mes podcasts. Je vais simplement le partager dans mon podcast. Et je voulais faire ça parce que c'est un partage d'expérience perso que j'ai eu au Championnat de France à Amiens en 2026. Et pourquoi est-ce que je vous le partage ? Parce que je pense que ça peut aider autant les parents que les entraîneurs. que les gymnastes qui pourraient ressentir par moments de la difficulté à voir les autres réussir et pas soi. Pour vous remettre dans le contexte, avec mon équipe, on a su se qualifier dans la division nationale 4, et donc on commençait aux anneaux, et c'est un agréé tout particulier pour moi, parce que c'est un de mes agréés forts que j'ai pu beaucoup travailler, notamment pendant ma période de blessure. Comme vous le savez, j'ai été blessé aux deux chevilles, donc j'ai priorisé les agréés. sur les bras, et les anneaux en font partie. C'est donc un agréé déjà sur lequel je prends énormément de plaisir, et aussi un agréé sur lequel on m'attend, ou en tout cas, on a une attente vis-à-vis de moi, dans l'équipe, pour rapporter une note, puisque je suis celui qui ramène généralement une note qui compte à cet agréé. Donc, on démarre aux anneaux, et de moi-même, j'ai aussi envie d'atteindre un certain nombre de points, je visais les 12 points, je sais que j'en étais capable. avec la note des difficultés que je présentais et ma préparation qui m'avait permis de peaufiner les quelques détails qui me permettaient de gagner des points en exécution. Donc on s'échauffe sur cet agré là, et au moment du passage, je fais un très bon passage, sauf qu'à la sortie, je lâche mes anneaux trop tôt, et je chute à ma sortie, mais pas une simple chute qui coûte juste un point, mais une chute avec deux gros pas en arrière, la rotation qui n'est pas totalement terminée, bref, je tombe même en dehors du tapis. et donc c'est une chute qui me fait globalement si on compte les fautes qui vont avec une chute qui me fait perdre 2 points sur ma note totale, je termine même à une note je m'en souviens plus exactement mais dans les 9 points alors que je visais les 12 points et ça c'était mon premier agré le premier passage sur le championnat de France par équipe donc imaginez un peu l'état dans lequel j'ai pu être à ce moment là, quand j'avais un haut niveau d'attente sur cet agré, que j'ai démarré mon championnat de cette manière là et en plus j'étais pas tout seul, on était en équipe Au-delà de vous laisser imaginer comment j'étais, je vais vous le dire, à ce moment-là, j'étais clairement déçu, frustré, parce que je m'étais beaucoup préparé pour cet agré. J'avais vraiment beaucoup d'attentes. Et les attentes n'ont pas pu être atteintes à cet agré-là. Donc, drôle de manière de démarrer un championnat sur lequel on a de l'ambition. Et donc, je suis un peu dans un état d'esprit compliqué, surtout que mon copain qui passe après passe, et sa manique craque en plein milieu du mouvement. Donc on se dit, là, c'est un enchaînement de... de passages difficiles qui nous font perdre des points et on démarre de cette manière-là, c'est vraiment difficile d'entamer la compétition avec d'entrées de jeu, des erreurs qui nous coûtent des points. Et à ce moment-là, je me rappelle que je ne m'en veux pas tant pour l'équipe, je n'ai pas trop de culpabilité vis-à-vis de l'équipe. Je sais que ça peut arriver à n'importe qui, n'importe quand. Bon, il se trouve que là, c'est arrivé au Championnat de France au premier regret. C'est comme ça. Je n'ai pas tant de culpabilité à ce propos de ça, à propos de ça, mais j'ai plutôt... de l'énervement, de la frustration, de manquer mon objectif perso, et aussi de ne pas pouvoir contribuer à la hauteur de ce que je peux faire pour l'équipe. Et donc à ce moment-là, je suis conscient, je prends conscience en tout cas de mon état, et en tant que préparateur mental ou en tant que sportif expérimenté, je me dis que si je reste dans cet état-là, la compétition ça ne va pas être une partie de plaisir, et il reste encore 5 agrès, donc il reste encore plus d'une heure et demie de compétition, et je n'ai pas envie de vivre une heure et demie. dans le mal comme ça, de frustration et d'énervement. Je sais aussi que ça ne va pas m'aider à réussir la suite, d'autant plus que j'avais des gros éléments à faire rentrer sur la suite de la compétition, j'avais des passages difficiles à présenter. Donc il fallait vraiment que je sois en mesure de changer mon état d'esprit à ce moment-là, sinon je n'allais pas me mettre en facilité de réussite, j'allais même être mon propre ennemi à ce moment-là, et ce n'était pas l'idée. Donc je réfléchis, et mon cerveau finit par trouver une ressource qui me permet de changer d'état d'esprit à ce moment-là. Et je vais vous le partager, ça peut paraître un peu bizarre au premier abord, mais c'est ce qui m'a permis, de mon côté, de changer d'état d'esprit et de donner une suite complètement différente du début. Alors comment j'ai fait ? Ça va vous paraître complètement bizarre quand je vais vous l'expliquer comme ça, mais je me suis mis à la place du perdant et j'ai été très pessimiste. Je me suis dit, bon bah là c'est fichu, c'est foutu. On a commencé avec les anneaux et les deux mouvements forts de l'équipe. Il y en a un qui chute, c'est moi, et un qui craque sa manique. Et on commence comme ça, donc c'est fichu pour le reste. On part déjà avec des points de retard par rapport à notre potentiel de points. Alors évidemment, on ne sait pas ce que font les autres, si ça se trouve tous les autres vont en chuter à tous les agrès. Mais il y a une partie de moi qui est très pessimiste, et je vais me servir de cette partie pessimiste en moi pour rebondir. En fait, je me dis, ok, je pense que là, on ne sera pas sur le podium. alors qu'il n'y avait qu'un agré de passé. Et je me dis, mets-toi à la place de ceux qui vont gagner. En me disant que ce ne sera pas moi. Je me dis, mets-toi à la place de ceux qui vont gagner. Si tu étais à leur place, est-ce que tu serais 100% satisfait d'être sur la première marche du podium face à des gymnastes qui ont abandonné, qui ont juste lâché l'affaire, qui ont juste enchaîné les ratés et qui n'ont même pas essayé de bien faire. Est-ce que tu serais 100% satisfait d'être sur cette première marche du podium face à des gens qui ont eu cette attitude ? Et de mon côté, la réponse, elle vient très vite. Je me dis, je n'accepterais même pas d'être premier. Je me sentirais presque illégitime et je n'aurais pas 100% de satisfaction d'être premier face à des gens qui ont abandonné. Et donc, je me branche à ce côté pessimiste en moi qui me dit, je ferai partie des perdants. Et je me branche à une deuxième partie de moi. La partie empathique qui me met à la place des gagnants, des futurs gagnants, et qui me dit, pour eux, pour eux, j'ai même pas envie qu'ils puissent gagner et ne pas être satisfaits de leur victoire. Donc pour eux, je me dois presque de me donner à fond sur le restant désagréable. Et à partir de ce moment-là, il y a un truc très bizarre dans ma tête qui me dit, maintenant, je dois être le bon perdant. Je dois avoir la bonne posture, c'est-à-dire le mec qui se donne à fond, quoi. Parce que pour les premiers, je me dis, je préférais vraiment être devant des gens qui ont tout donné, qui n'ont rien lâché, qui ont même réussi. Je préfère être devant des gens qui ont réussi que devant des gens qui ont raté. Et donc dans ce sens-là, moi je vais participer à leur bonne réussite en étant le bon perdant. Et on peut se dire, c'est bizarre comme façon de penser, mais cette ressource-là, elle m'a aidé à me remobiliser et à tout donner par la suite de la compétition. Et donc avoir l'attitude de quelqu'un, d'un gymnaste qui va chercher les détails, qui va chercher chaque point qu'il peut gagner, qui se donne à fond, qui s'échauffe comme il faut, qui passe avec concentration et détermination, c'est cette ressource, aussi bizarre soit-elle, qui m'a permis d'avoir le comportement adéquat sur le plateau de compète. Et je ne te dis pas ça pour que tu dupliques ce modèle lors de ta prochaine compétition, peut-être que ça pourrait t'aider si tu es quelqu'un de très empathique. quelqu'un qui a aussi une part de lui pessimiste et qui sait s'en servir, c'est ok, tu peux t'en servir bien sûr. Mais je te le partage aussi pour amener à cette réflexion-là beaucoup plus générale, qui est que parfois nos ressources, elles sont vraiment insoupçonnées, et elles peuvent paraître très bizarres au départ. Ici, j'ai su me reprendre grâce à mon pessimisme et à mon côté bon perdant, ce qui peut paraître complètement fou, mais c'est vraiment ce qui m'a aidé sur le moment à retrouver une attitude, un état d'esprit. un comportement et donc de réaliser des prestations qui étaient en tout cas réalisées avec de la détermination et de l'envie de réussir. Donc je ne sais pas trop comment terminer ce podcast, mais je veux vraiment le terminer sur cette ouverture qu'on a vraiment pléthore de ressources en nous et c'est en développant cette capacité à à la fois aller les chercher et à la fois cette capacité à s'autoriser à utiliser n'importe quelle ressource, peu importe si c'est bien vu ou mal vu. souvent c'est mal vu d'être pessimiste, c'est mal vu de penser aux autres pendant une compétition, c'est mal vu de se penser perdant, mais pourtant ça a été une ressource qui a été gagnante pour moi. Alors autorise-toi à aller chercher n'importe quelle ressource, autorise-toi à utiliser n'importe quelle ressource parce que ça peut clairement t'aider. Et je pense que c'est pas anodin si je suis arrivé à ce genre de ressources, c'est en partie parce que j'ai beaucoup travaillé sur mon mental. Donc je ne peux que t'inviter si tu as de la difficulté à trouver les ressources pour rebondir quand tu fais face à une difficulté. De continuer à nourrir ton mental par exemple en écoutant... des podcasts d'un préparateur mental et d'un gymnaste qui te partage comment lui il trouve ses ressources, ou bien si tu veux passer à la vitesse supérieure d'être toi aussi accompagné sur ton mental parce que c'est vraiment ce qui fait la différence sur le long terme Si ce que tu viens d'entendre t'a parlé, ce n'est probablement pas par hasard, c'est souvent le signe que tu as déjà compris que le problème n'est pas de travailler plus, mais de comprendre autrement Si tu veux aller plus loin que ce podcast, tu trouveras tout ce qu'il te faut pour continuer de t'entraîner mentalement dans la description de cet épisode. Ce podcast est là pour ouvrir des prises de conscience. L'accompagnement, lui, permet de les transformer en changements concrets. À l'entraînement comme sur le plateau de compète. On se retrouve très vite pour le prochain épisode. Et d'ici là, souviens-toi, dans la gym comme dans la vie, ce qui compte n'est pas ce qui t'arrive, mais ce que tu en fais.