Speaker #1Quand les tout-petits appellent, moi je traduis. Bienvenue dans Allô maman, le podcast qui aide les adultes à comprendre les enfants. Allô maman ! Bonjour à tous et bonjour à toutes, j'espère que vous allez bien. Nous sommes de retour pour un nouvel épisode aujourd'hui qui, je suis sûre, est un sujet qui va parler à beaucoup puisque nous le vivons. Très souvent ou très régulièrement, c'est l'angoisse de séparation. Tu sais, c'est ce moment où son enfant va se mettre à pleurer quand tu pars de la pièce ou quand tu vas le laisser à la crèche ou à l'école et là que ton sœur se sert et que ce petit bout de chou se met à pleurer. Eh bien ça, c'est l'angoisse de la séparation. Et donc dans cet épisode, je te propose de voir ensemble pourquoi c'est normal qu'un enfant vive l'angoisse de séparation, ce qui se passe dans son cerveau, les âges où on rencontre ces angoisses qui sont, on va dire, un petit peu plus intenses et surtout, évidemment, comment la compagnie dans cette étape pour qu'elle soit plus douce et pour lui et pour toi. Donc c'est parti, j'espère que cet épisode va te plaire. Donc, dans un premier temps, je pense qu'il est important de comprendre l'angoisse de séparation, ce que c'est, etc. L'angoisse de séparation, c'est une étape qui est normale et saine du développement. Et ça c'est vraiment très important de le comprendre en tant que parent, car si vous le comprenez, vous l'appréhenderez et vous vivrez cette période de stress de façon un peu plus raisonnable. souvent elle va commencer autour de l'âge de 8 et 10 mois à cet âge là nos bébés découvrent la permanence de l'objet donc la permanence de l'objet c'est quoi c'est quand ils comprennent que on existe même quand on n'est plus là et ça forcément ça va inquiéter c'est par exemple quand tu vas voir apparaître les fameux pleurs dès que vous quittez la pièce souvent parfois au coucher le soir ça ça veut dire à cet âge là que votre bébé est en train de comprendre la permanence de l'objet et donc de vivre sa première séparation en bois de c'est pas Un autre pic arrive souvent aux alentours de 18-24 mois. Donc à cet âge-là, notre enfant, il gagne l'autonomie, mais il a encore besoin de sécurité. Et donc il a besoin de présence, de nous, et donc à ces moments-là, souvent, effectivement, il va y avoir des petites angoisses de séparation. Et enfin, la dernière étape, donc tenez bon, elle est aux alentours de l'âge de 3 ans, où certaines séparations peuvent redevenir difficiles. Et donc là, en ce début d'année, on pense surtout à la rentrée des classes, qui peut être difficile pour certains enfants. Maintenant côté cerveau, qu'est ce qui se passe ? Chez les êtres humains nous avons tous on va dire deux cerveaux plus ou moins. On a le système limbique qui lui gère la partie émotionnelle donc elle est en alerte lorsqu'il y a quelque chose qui ne va pas et donc là quand vous vous partez votre enfant se sent en alerte et donc c'est le système limbique qui va réagir et ensuite on a le cortex préfrontal. Si vous avez écouté mes épisodes précédents vous le savez le cortex préfrontal jusqu'à l'âge de 6-7 ans il est encore très immature en fait Le cerveau et l'enfant n'a pas la capacité de réguler ses émotions ou de se raisonner. Et donc il n'est pas en mesure de se calmer tout seul, il n'est pas en mesure de prendre du recul sur une situation. Il a encore énormément besoin de nous ou d'un adulte sécurisant pour l'aider à se réguler. Et donc ça c'est très important, c'est d'être présent pour nos enfants à ce moment-là car plus on sera présent pour eux et plus ils arriveront à passer cette phase de l'angoisse séparée. Alors je vais vous dire quelque chose qui va peut-être vous surprendre, mais l'angoisse de séparation, c'est quelque chose qui est sain et qui est même positif. Ce n'est pas du tout un problème, bien au contraire. En fait, ça, ça montre que votre enfant, il a un attachement, un lien solide. Il vous reconnaît, vous, comme sa base de sécurité. Et il développe peu à peu la conscience qu'il est une personne apparente. Donc c'est une vraie étape qui va poser les bases de sa future autonomie. Un enfant rassuré par son parent devient un adulte plus confiant. Comprenez bien que plus votre enfant sera rassuré, plus il sera en mesure rapidement de partir et d'aller explorer le monde car il se dira toujours ok là je peux m'éloigner de mes parents car je sais que quand je vais revenir ils seront toujours là. Un enfant qui va être plus dans une phase, un attachement dit insécure, lui ne va pas oser s'éloigner de ses parents car il va se dire oula attends si je m'éloigne de trop et que je les vois plus je sais pas moi si je vais les retrouver, s'ils seront là pour moi à ce moment là donc il vaut mieux que je reste avec eux comme ça au moins on est sûr. Donc vraiment, plus vous allez donner de l'amour à votre enfant, plus vous allez le rassurer et le sécuriser, et plus votre enfant sera capable d'être autonome rapidement. Donc si vous avez encore un petit bout de chou avec vous, n'hésitez pas à donner beaucoup d'amour et le rassurer, car ce ne sera que bénéfique pour la suite. Donc maintenant, passons à l'étape de comment vous allez pouvoir accompagner votre enfant. Il existe plusieurs techniques qui peuvent aider et que je vous invite à mettre en place, même si tout se passe bien, car ce sont des choses qui seront très bien pour lui. Déjà c'est de... Préparer son enfant. Un enfant a besoin de prévisibilité. Donc plus il va savoir ce qu'il va se passer dans les prochaines minutes, heures, jours, et mieux ce sera pour lui. Donc là le matin par exemple quand vous déposez votre enfant à la crèche ou à l'école, vous lui dites voilà on va arriver à l'école, ensuite tu vas jouer, tu vas manger, tu vas faire dodo. après je viens de chercher ce qui va permettre à l'enfant de se dire ok j'ai une structure et peut-être parfois même de se rappeler en disant ah oui c'est après le dodo papa maman ils viennent me chercher donc ça ça va vraiment les aider ensuite quelque chose qui est je pense indispensable c'est de créer un rituel de séparation vous le savez les rituels c'est vraiment ce qui aide les enfants à se sentir beaucoup plus en sécurité et donc là ce rituel de la séparation le matin peut vraiment vous aider un rituel de séparation c'est quelque chose qui va être assez court mais qui va être répété tous les jours dans le même ordre, de la même manière. Donc ça peut être un bisou spécial, une phrase particulière, un petit geste, un petit check, vraiment ce que vous voulez. Soit vous le faites vous-même, soit vous en discutez avec votre enfant pour voir ce qu'il veut. Vous allez faire tous les jours la même chose, comme ça, ça va le rassurer. Ensuite, il peut y avoir une autre technique, c'est d'utiliser des objets dits transitionnels. Donc ça va être un petit doudou, un petit bracelet, une petite photo que vous mettez dans sa poche, ou même un petit cœur que vous allez dessiner sur sa main. c'est des rappels qui vont lui permettre de dire que vous vous êtes toujours relié, que vous êtes toujours connecté, que vous pensez à lui, que lui peut penser à vous. Et ça, souvent, ça aide les enfants pour pouvoir se lancer et partir, retrouver la maîtresse ou la nounou, peu importe. Mais ça, ça aide aussi pas mal. Donc, trouvez ce qui vous convient, mais ça peut être une super idée. Ensuite, il est très important, c'est accueillir les émotions. Il faut que votre enfant se sente compris. Vous pouvez lui dire, vous avez le droit, vous devez même lui dire que « Ah, tu te sens triste que je parte ? » C'est normal. Moi aussi, quand on se quitte, je suis triste. Je comprends que tu aimerais rester avec toi mais je reviens ce soir. En fait en validant son émotion ça veut pas dire que vous allez céder, que vous allez rester avec lui, mais ça veut dire que vous lui donnez la permission de ressentir et ça fait du bien à un enfant. Comme ça nous fait du bien finalement nous des adultes quand on vient nous voir, vous êtes triste et qu'on te dit ah je comprends t'es triste ça doit pas être facile, ça fait du bien plutôt que quelqu'un qui dit allez allez c'est bon arrête de pleurer, ça va c'est pas si pire que ça. On a besoin de se sentir validé et donc quand on valide l'émotion de notre enfant lui se sent mieux aussi, il se sent plus accepté et peut passer plus facilement à autre chose. Donc vraiment, validez son émotion. Ensuite, c'est quelque chose qui est très important, c'est qu'il faut rester cohérent et calme. Il vaut mieux privilégier les adieux qui sont courts et constants et qui sont donc beaucoup plus sécurisants pour votre enfant plutôt que de partir en cachette ou alors de s'éterniser, de partir, de revenir. Parce qu'en fait, ça va créer de l'angoisse chez votre enfant. Si vous avez l'habitude de mettre peut-être, je ne sais pas, 20-25 minutes pour partir, votre enfant, tous les matins, pendant 20-25 minutes, il vit vraiment une angoisse qui est extrême et du coup après il va encore plus associer la séparation à de l'angoisse parce qu'il la ressent beaucoup plus. Alors que si vous partez en 5 minutes, c'est beaucoup plus court et donc votre enfant il va moins se dire « Oh la la, attends, c'est vraiment horrible ce qui se passe, c'est moins long, vous voyez. » Donc vraiment il vaut mieux faire quelque chose avec les règles qu'on a dites précédemment, de beaucoup plus concis et constant plutôt que de beaucoup trop long. Et surtout ne partez pas en cachette car ça il n'y a rien de pire pour vos enfants. Je pourrais vous en reparler une autre fois mais vraiment ça c'est pas terrible. Et ensuite... Prenez soin de vous. Si vous êtes stressé, votre enfant va le ressentir. Ce sont de vraies éponges, chiquantes. Vous commencez à le mettre dans la voiture, vous sentiez que vous vous agacez, que vous êtes stressé, que vous commencez à déjà vous dire, oh là là, il va mettre 10 ans, votre enfant, il va le ressentir, et donc, bim, c'est ce qui va se passer. A contrario, si vous montrez que, ah, mais ça va être trop bien, l'école, la crèche, tu vas faire ci, oh là là, j'ai trop hâte que tu me racontes ce soir ce que tu vas faire, etc. déjà votre enfant il se dit waouh, à un moment ils sont confiants, ils ont l'air rassurés, ça va bien se passer, donc moi aussi je suis rassurée. Et enfin, la dernière petite technique, ça c'est un petit bonus, n'hésitez pas à dire ce que vous allez faire le soir en rentrant avec votre enfant, ce qui va lui donner le sentiment que du coup vous n'avez pas le choix que de revenir le chercher. C'est, ah bah ce soir ce que je te propose c'est qu'on aille au parc, ou alors qu'est-ce que tu voudrais faire ce soir, plutôt ça ou ça ? Et vous lui proposez, et comme ça, tu te souviens quand vous allez vous partir, tu te souviens ce soir on fait ça, donc moi je viens te chercher et on fait ça. Ça va les aider, toujours dans le même concept, c'est de les rassurer. Et si ça dure, quoi faire ? Ça va, voilà, ça fait quelques semaines que votre enfant est rentré à l'école ou ailleurs et il pleure toujours autant, de façon toujours aussi intense. Alors déjà, ce qu'il faut vous dire, c'est que le rythme de chaque enfant est propre à chaque enfant. Donc certains enfants vont au bout de trois jours, c'est bon, c'est lancé et tout va bien. Et puis pour certains enfants, il faut plusieurs semaines et c'est normal. Là où il peut être intéressant de regarder, c'est au niveau de l'intensité des pleurs. Est-ce qu'au fur et à mesure des semaines, les pleurs sont toujours aussi intenses ou parfois il y a un petit peu de mieux ? Est-ce qu'à l'école ils vous disent « Ah non mais après toute la journée il continue à pleurer » ou ils vous disent « Non maintenant ça va mieux, au bout de 5 minutes ça y est c'est passé, on passe à autre chose » Ça c'est des éléments qui peuvent vous aider à vous dire « Ok, on va vers du mieux, c'est juste que c'est un peu long » ou alors « Effectivement non, il y a quelque chose qui ne va pas » Si ça ne va vraiment pas, ce qui peut être intéressant de faire c'est de vérifier que votre enfant est bien accueilli par les adultes sur place Échanger avec eux pour voir si tout va bien, proposer peut-être des choses parce que vous, vous connaissez vos enfants qui pourraient mettre votre enfant plus en sécurité, ça c'est très important vérifier aussi qu'il ait bien son rituel stable, peut-être même après quand il est avec l'adulte, qu'ils aient en place eux aussi un rituel pour qu'il puisse se lancer dans sa journée. Et enfin, c'est quelque chose peut-être qu'on ne soupçonne pas toujours, mais vérifier que votre enfant dort bien à la maison. Car plus on est fatigué et plus l'angoisse est amplifiée. Donc ça peut aussi beaucoup jouer. Si l'angoisse est vraiment trop forte, que rien ne change, que malgré les accompagnements, on est sur quelque chose qui est vraiment très prononcé, dans ce cas là je vous invite à aller voir les professionnels de l'enfance sur le site où votre enfant est et si vraiment vous n'avez pas de solution peut-être dans ce cas là effectivement aller consulter quelqu'un qui sera un peu plus spécialisé et qui pourra vous accompagner d'une manière beaucoup plus saine à vous et votre enfant et il faut pas du tout le voir comme un échec ou c'est juste votre enfant a peut-être quelque chose qu'il n'arrive pas à exprimer à intercepter un message ou autre peu importe c'est peut-être parfois des choses qui nous semblent anodines mais qui ont beaucoup d'importance pour eux et c'est important de les aider donc vraiment ne soyez pas gênés d'aller consulter quelqu'un spécialisé dans le domaine. Donc voilà pour résumer l'angoisse séparation c'est une étape qui est tout à fait normal et qui montre que votre enfant il est attaché et qu'il se développe très bien. Notre rôle c'est de les préparer, de les sécuriser et de rester constant. Et surtout il est important de se rappeler que c'est petit à petit qu'il va gagner en confiance et vivre la séparation sans stress donc ne soyez pas inquiet ça va bien se passer au fur et à mesure on ira vers le mieux. Voilà j'espère que cet épisode vous a plu N'oubliez pas de vous abonner à Allo Maman pour ne louper aucun épisode. Et puis moi, je vous dis à très vite. Salut !