Speaker #1Quand les tout-petits appellent, moi je traduis. Bienvenue dans Allô maman, le podcast qui aide les adultes à comprendre les enfants. Allô maman ! Bonjour à toutes et bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. Aujourd'hui je souhaite aborder un sujet un petit peu différent des autres fois, mais c'est un sujet qui me tient très à cœur, c'est la dépression postpartum. Parce que moi je l'ai vécu et je sais combien on peut se sentir seule, coupable ou honteuse. Et je tiens à rassurer tout le monde, non ce n'est pas une honte de vivre une dépression postpartum. Ça peut arriver à n'importe qui et c'est pour ça qu'il faut oser en parler. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui j'ose en parler sur ce podcast pour pouvoir changer un peu les mentalités sur cette maladie que l'on connaît, j'ai l'impression, beaucoup trop peu encore aujourd'hui. Difficile donc de commencer cet épisode aujourd'hui, non pas parce que je n'arrive pas à parler. de cette dépression postpartum, mais plutôt parce que je ne sais pas par où vraiment commencer, il y a tellement de choses à dire. Je pense que dans un premier temps, j'aimerais vous parler un petit peu de moi, ce qui s'est passé, de pourquoi ma dépression et comment je l'ai vécu, pour ensuite aider peut-être d'autres mamans qui traverseront ça. Je pense que cette dépression maintenant, avec deux ans de recul, elle est en partie, ou en tout cas il y a peut-être une infime partie, mais je pense qu'elle est due au fait que j'ai idéalisé ce que c'était l'accouchement, idéalisé la vie de maman. C'est vrai qu'on a tendance toujours à entendre des discours « tu vas voir, ça va être le plus beau jour de ta vie » , « tu vas voir, un enfant, c'est la plus belle chose qui puisse t'arriver » . On imagine que c'est un conte de fées, même si on se doute qu'il y a des moments compliqués, parce qu'aujourd'hui, on entend de plus en plus de parents dire que la fatigue, ce n'est pas toujours simple, qu'élever un enfant, ce n'est pas non plus ce qu'il y a de plus évident. Mais on idéalise quand même beaucoup, et donc moi, je visais un peu cette vie toute rose, ce monde un peu de bisounours. Et malgré un accouchement qui, je dois le dire, été absolument j'imagine, parfait, parce que j'en ai pas vécu d'autres, mais voilà, si je devais regarder concrètement mon accouchement, il s'est super bien passé, mais allez savoir pourquoi, ça n'a pas été le plus beau jour de ma vie, je n'ai pas honte de le dire, ça ne veut pas dire que j'aime pas ma fille, mais je pense que parfois il faut aussi savoir dire que non, l'accouchement, le jour où vous rencontrez votre enfant, ce n'est peut-être pas forcément le plus beau jour de votre vie, parce que c'est comme l'amour avec votre partenaire, ça se construit, et moi l'amour avec ma fille, il n'a pas été inné, j'ai dû le construire au fur et à mesure. Et au début, j'en avais honte, je culpabilisais beaucoup. Et aujourd'hui, j'en suis fière parce que je crée une relation avec ma fille que j'ai appris à l'aimer, que je sais et qu'elle sait que je l'aime. Et ça, c'est vraiment quelque chose qui est important et que j'aimerais dire aujourd'hui. C'est si vous ne ressentez pas de suite l'amour envers votre enfant, ne culpabilisez surtout pas, bien au contraire. Vous allez construire un amour petit à petit à votre rythme. Et c'est aussi une magnifique belle histoire qui commence. Donc vraiment, ne vous inquiétez pas. Concernant donc ma dépression post-partum, dès que l'on a posé ma fille sur moi en avril 2023, j'ai senti que quelque chose n'allait pas. Je sentais évidemment que je ne ressentais pas ce bonheur et malheureusement je ressentais beaucoup plus de tristesse et de colère que de joie. Et au fur et à mesure des jours et des semaines, cette tristesse s'est accentuée, je pleurais beaucoup, j'avais beaucoup de phobies d'impulsion. Donc pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont des images que l'on voit et moi dans ces phobies d'impulsion, je me voyais faire du mal à ma fille. Et ça, il en était hors de question. Je pense que dans ce moment-là, ce qui a été très important pour moi, c'est de réaliser que ce n'est pas toujours les autres qui font les erreurs. C'est-à-dire que là, on pourrait dire, non, mais toi, jamais tu franchiras ce cap, t'es pas comme ça. Oui, mais le problème, c'est que là, je sentais que je ne me gérais plus, que je sentais que je n'étais plus moi. Et donc, je ne voulais pas prendre ce risque-là de pouvoir faire quelconque mal à ma fille. Et donc, à partir de là, j'ai décidé qu'il fallait que j'aille me faire aider et que je sois prise en charge par des personnes pour qui c'était le... le métier, et donc j'ai décidé d'aller voir l'UPP, c'est l'unité périnatale de ma ville, et donc de me faire encadrer par, au début, une psychologue et une aide-soignante, et ensuite par la suite, par une psychiatre, afin de prendre des antidépresseurs. Je ne vous cache pas qu'au début, prendre des antidépresseurs, c'était quelque chose que je ne voulais absolument pas faire, sauf que j'ai réalisé que je n'arriverais pas à m'en sortir sans ça. On a beau dire aux gens qui traversent des dépressions parfois, « Allez, bouge-toi, tu vas voir, il faut juste que tu fasses des choses » , c'est pas vrai. Il m'a fallu plus d'un an et demi, je vais vous le dire avec toute transparence, pour arriver à me laver tous les jours. Il y avait des fois où je n'arrivais même pas à me laver, je ne pourrais pas vous expliquer pourquoi. Et j'avais beau me dire, mais Romane va te laver, c'est juste une douche, c'est rien. Je n'y arrivais pas et c'était plus fort que moi. Et je pense que tant qu'on n'a pas vécu une dépression ou quelque chose de cet ordre-là, on ne peut pas comprendre. Mais vraiment, si vous connaissez quelqu'un dans votre entourage ou si vous-même vous le vivez, Et ce n'est pas à coup de « allez, bouge-toi, motive-toi, il faut juste faire pour que ça aille mieux » , bien au contraire. Ça ne passe pas que par ça et j'ai même envie de dire que parfois ça, ça peut même accentuer le mal-être encore plus et la culpabilisation que l'on peut ressentir donc vraiment. on évite ce genre de phrase aujourd'hui. Si on veut accompagner quelqu'un, je pense qu'il faut lui demander ce dont il a besoin, c'est d'être présent pour cette personne, être à l'écoute, sans juger, sans faire culpabiliser la personne en face, parce que c'est vraiment important. Et selon les personnes, je pense qu'il est vraiment important de les encourager à aller en discuter avec un professionnel parce que vraiment, moi, c'est grâce à ça que j'ai pu avancer. Alors évidemment, il y a le soutien de ma famille et mes amis qui m'ont énormément aidée, on ne va pas se mentir, mais je pense que c'était complémentaire aussi à une prise en charge pour le coup médical. Quand on parle de la dépression à des personnes, on peut avoir différentes réactions. On a celles qui vont comprendre, qui vont être là pour nous soutenir. On a celles qui, on se rend compte quand on le dit, peuvent être gênées pour nous de se dire « Oh là là, elle n'aime pas son enfant » ou « Quelle vie ils vont avoir ? » et donc on sent que ça peut être un peu un sujet délicat. Et puis il y a ceux qui ne comprennent pas du tout la maladie et qui sont, on va dire, même si elles ne vous jugent pas devant, on sent les choses. Je pense qu'il faut faire abstraction de ces personnes-là et il faut vraiment rester focus sur ceux qui vous veulent du bien. Moi en tout cas, c'est ce que j'ai fait. Par chance, j'ai été entourée d'amis et de familles qui ont compris ce que je vivais ou qui ont essayé de comprendre, qui ont essayé de me soutenir et ça m'a fait un bien fou. Mais je sais que si j'avais rencontré des personnes qui n'auraient pas su m'aider ou qui n'auraient pas été d'une bonne intention, je me serais éloignée d'eux parce que dans ce moment-là, je pense qu'il y a une chose qui est vraiment importante, c'est de faire ce qui nous semble le mieux pour nous à ce moment-là. et de nous écouter et pas de vouloir faire plaisir aux autres. Enfin voilà, écoutez-vous, c'est vraiment ce qu'il y a de plus important. On passe, je pense, par différentes étapes dans une dépression postpartum. Je suis passée par des phases où je n'avais aucun espoir de pouvoir m'en sortir. Je suis passée par des phases où je me disais que je pouvais comprendre les gens qui pouvaient à un moment vouloir en finir, puisque ce n'est pas une vie que de vouloir en vivre, de vivre ainsi. Ce n'est pas non plus un acte égoïste, parce qu'en fait, on se rend compte que quand on traverse une période comme ça, on fait aussi souffrir malheureusement ceux qui nous entourent. Et ce n'est pas l'objectif, et on ne le fait pas exprès. Voilà, je suis passée par des phases où j'étais plus optimiste, et il y a beaucoup de bas, de hauts, et au fur et à mesure, ça finit par passer. En tout cas, moi, dans mon cas, il a fallu quelques temps, mais ça finit par passer. Et je dois avouer que la victoire à la fin est d'autant plus belle quand on arrive à surmonter tout ça. Je n'ai aucune honte et je me trouve très courageuse d'avoir été consultée. Certains diront non, ça manque de courage que d'aller voir quelqu'un. Au contraire, je pense qu'il faut beaucoup de courage pour aller voir quelqu'un et lui dire ce que l'on traverse et assumer le fait de ne pas y arriver, de ne pas savoir quoi faire. Donc vraiment, n'ayez jamais peur de ça. Là, dans les mots que je prononce, vous vous reconnaissez. N'ayez jamais peur de manquer de courage d'aller voir quelqu'un. Bien au contraire, l'important c'est à la fin, c'est de s'en sortir et c'est ça qui frappe. fera que vous avez réussi jusqu'au bout à faire tout ce qu'il fallait pour vous en sortir. Et ça, c'est la chose la plus courageuse qu'on puisse faire pour soi, pour notre famille, pour nos amis. Vraiment, c'est vraiment quelque chose de très important. Pour vous parler un petit peu, je pense qu'il est important peut-être de vous donner aussi la différence entre le baby blues et la dépression postpartum. Le baby blues, c'est quelque chose, c'est normal, c'est à la suite de l'accouchement on va avoir une perte hormonale. Et donc, c'est quelque chose qui peut survenir sur les 14 premiers jours. Et généralement, c'est quelque chose qui est Merci. assez passager. Ça ne doit pas durer plus de 2-3 semaines grand maximum. Au-delà, c'est que sans doute vous traversez une dépression postpartum. Et les symptômes peuvent être très différents. Chez moi, il y avait beaucoup de pleurs, beaucoup de colère, mais aussi beaucoup de fatigue. J'étais énormément fatiguée alors qu'en soi, pour le coup, dans mon cas, ma fille dormait très bien la nuit. Donc je n'étais pas fatiguée des nuits avec ma fille, mais je portais une fatigue qui était psychique finalement. Vous pouvez avoir aussi beaucoup d'anxiété, vous pouvez avoir envie de vous... retirée socialement, ça peut passer par vraiment différents symptômes selon les personnes, donc il ne faut pas hésiter à faire attention à les repérer pour finalement prendre conscience que vous traversez une période comme ça. J'ai rencontré d'autres mamans, parce qu'on avait un groupe de soutien, qui ont mis des mois et des mois avant de se rendre compte qu'elles traversaient une dépression postpartum. C'est plus parce qu'en discutant après avec la sage-femme au cours des différents examens et médecins qui lui ont dit, écoute, je pense que tu traverses. Et c'est vrai que moi j'étais surprise parce que je l'ai su tout de suite et je me suis rendu compte que pour beaucoup de mamans en fait, elles mettaient ça sur le dos de la fatigue, c'est de la nouveauté. Et finalement beaucoup beaucoup de mamans traversent une dépression postpartum parfois même sans rendre compte. Pour vous donner des exemples, j'ai vu qu'Alexandra Sublé avait traversé une dépression postpartum et qu'elle ne s'en était même pas rendue compte. Ensuite Laure Manodou également, parce que comme elle était sportive, elle ne pensait pas que ça pouvait la toucher et donc a traversé une dépression postpartum. sans s'en rendre compte au début. Donc vraiment, beaucoup de mamans s'en sont dans cette situation où elles ne se rendent pas compte parce qu'elles mettent ça sur le côté de la fatigue, de devoir gérer un enfant. Enfin bref, il peut y avoir une multitude de raisons pour lesquelles on ne le voit pas et je préfère vous rassurer encore une fois, beaucoup de mamans traversent ça. Mais si je peux vous donner un conseil, c'est aller sur Internet. Il y a un questionnaire que vous pouvez faire depuis chez vous qui vous permet justement d'évaluer si vous traversez en tout cas une phase de dépression. C'est des questionnaires qui s'appellent, je crois, EPDS. Vous tapez sur Internet « questionnaire de dépression postpartum » et vous verrez, vous en avez plein. Et ça vous donnera déjà une bonne indication. Et si vous voyez que vous avez un score qui est élevé, n'hésitez pas à aller en parler avec un médecin, une sage-femme. Bref, pour en discuter. Et eux vous referont derrière des questionnaires plus spécifiques et pourront en discuter avec vous. Mais c'est déjà une bonne indication et ça vous permettra de vous aider. Donc voilà, à travers cette émission, j'espère que vous avez un peu mieux compris ce que c'est la dépression postpartum. J'espère pouvoir aider un maximum de mamans. qui peut-être avaient besoin d'entendre ces mots-là, n'hésitez pas à aller consulter, n'hésitez pas à en parler, il n'y a rien de grave, ça fait partie d'une vie. Vous surmonterez tout ça, car je vous assure qu'une fois encadré et avec les bonnes personnes, vous surmonterez ça comme il faut et ça fera juste partie de votre passé, et ça ne vous empêchera pas de créer une magnifique relation avec vos enfants. Donc n'ayez pas peur, c'est une maladie, ça reste une maladie contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, et vous serez très courageuse d'arriver à vous en sortir. Donc voilà, j'espère que cela pourra vous aider. N'hésitez pas à le partager si vous connaissez des mamans qui traversent une période un petit peu difficile en ce moment. Et puis moi, je vous dis à très vite pour un nouvel épisode. Salut !