Speaker #1Homme, souhaitiez à tout, bienvenue sur le podcast d'Amanaska Bali. Aujourd'hui nous allons parler d'une... Nous allons plutôt répondre à une demande qui nous vient assez régulièrement. C'est comment tout simplement on découvre l'Indonésie, qui compte quand même plus de 17 000 îles, comment on aborde en fait cette île de Bali, mais comment on aborde aussi les autres îles. Et on va tout simplement en parler librement, rapidement aussi d'ailleurs, parce que ça nous tenait à cœur de vous expliquer un petit peu notre point de vue. Donc on avait envie de vous amener faire un petit pas de côté, un voyage dans le temps pour repenser notre façon d'explorer l'Indonésie, de déconstruire, c'est un mot très à la mode en ce moment, un peu de ce regard que nous portons sur cet archipel fascinant. Alors comment découvre-t-on une nation, l'Indonésie, qui compte plus de 17 000 îles ? Comment on l'aborde ? Il faut imaginer un peu l'immensité géographique de ce territoire avant l'ère des avions. D'ailleurs, vous le savez sans doute. doute, mais déjà il y a 20 ans, on mettait 24 ou 30 heures pour venir à Bali. Maintenant, on en met 16 ou 17. Donc ça nous rapproche de plus en plus de Bali, de l'Indonésie, de Flores, de Sulawesi. On est de plus en plus près. Et comme on est de plus en plus aussi envie, une forme d'instantanéité de paradis. On a toujours eu envie de voir Bali. On s'est imaginé Bali, on s'est imaginé la Sulawesi, Flores, les dragons de Komodo, on s'est imaginé Gili, et puis on l'a plus rapidement, on y arrive plus rapidement. Donc ça nous donne un regard particulier. Donc avant l'ère des avions, l'anomésie se découvrait exclusivement par la mer. Bien avant notre époque, il existait ce qu'on appelle une véritable méditerranéenne, méditerranée javanaise. Une sorte de réseau d'échanges maritimes incroyablement vaste, animé par de formidables peuples navigateurs comme les Bouguises et les Macassars, originaires de cela voici. Vous avez d'ailleurs un épisode qui... qui parle de la Sulawesi, n'hésitez pas à l'écouter. Depuis toujours, l'archipel attire les voyageurs du monde entier. Toujours, depuis toujours. On a toujours cette idée de l'Indonésie, de ses îles, et on a toujours envie de les découvrir. Ce n'est pas d'hier. Au début de notre ère, ce sont les navigateurs indiens qui s'y pressaient, cherchant ce qu'ils appelaient le pays de l'or. Et plus tard, ce furent les marchands arabes et européens, attirés par le mythique pays des épices. D'ailleurs, il y a... Il y a les néerlandais qui étaient très présents, qui ont participé à la route des épices. Et donc ils sont venus pour s'y procurer, notamment de la loi de Muscade et des clous de girofle. On trouve d'ailleurs la trace de passages historiques marquants, comme celui de Marco Polo. On le connaît bien, Marco Polo, par exemple pour ses voyages en Chine. Eh bien il a fait escale à Sumatra en 1292, ou encore les immenses jonques chinoises de l'amiral Zheng He, qui sillonnaient ses eaux au Vème siècle. Mais alors comment on est passé de ces grandes routes commerciales à une découverte, on peut le dire, beaucoup plus touristique ? Eh bien l'invention du regard touristique moderne remonte à l'époque coloniale néerlandaise autour des années 1920 et même un petit peu avant. C'est à ce moment-là que le regard occidental... a littéralement fabriqué, on peut le dire, l'image paradisiaque de Bali. Il faut bien comprendre que pour masquer leur domination politique, souvent très brutale, comme lors des fameux massacres des Puputans, c'est-à-dire les suicides collectifs, les colons néerlandais ont défendu. délibérément transformé Bali en un véritable musée vivant. Alors je m'arrêterai deux minutes sur ce sujet. En 1906, vous avez peut-être écouté dans Histoire de Bali, dans votre podcast préféré à Manaska Bali, il y a dans les premiers, enfin ça doit être le 7e ou 8e me semble-t-il, sur Histoire de Bali, numéro 3, il y a l'histoire en 1906 du Puputan. Et ce Puputan a fait beaucoup de mal, non seulement aux Balinais, Bien évidemment, mais à l'image que pouvaient avoir les néerlandais, puisqu'ils amenaient les épices récupérées en Indonésie, ils les ramenaient dans leur pays. Et l'image n'était pas forcément bonne, puisqu'il y a eu des journaux qui ont repris ce massacre, désignant les néerlandais comme des personnes corrompues, colonialistes, qui créaient de l'esclavage et qui avaient dénaturé l'Indonésie, ce qui n'était pas complètement faux d'ailleurs Sauf que pour le commerce, ce n'était pas forcément une bonne idée. Donc ils ont décidé de se dire, voilà ce qu'on va faire, on va faire de Bali le joyau de l'Indonésie. C'est eux qui ont décidé de faire ça. Aidé par des orientalistes et des artistes étrangers venus s'installer sur place, comme le peintre Walter Spy ou l'anthropologue Margaret Mead, ils ont figé la culture pour soi-disant la protéger des influences modernes. En fait, ils ont fait quelque part un peu le contraire. Ils ont amené eux-mêmes leur façon de danser, la façon de... peindre, ils ont transmis ça aux balinés. Ils ont créé de toutes pièces ce mythe du dernier paradis. Une île qui serait exclusivement peuplée d'artistes, ce qui n'était pas le cas à l'origine. Et ce qui est vertigineux, c'est que ce regard extérieur a profondément façonné l'idée même que les balinés se font aujourd'hui de leur propre identité, cherchant souvent, dans le miroir tendu par les touristes, la validation de leur propre culture. Et ça c'est important de le comprendre. Alors aujourd'hui, face à tout cela, comment le voyageur moderne, comment vous, nous, on peut découvrir l'Indonésie sans tomber dans le piège de la culture purement touristique. D'ailleurs, quand vous faites vos demandes, quand vous nous envoyez vos demandes via le site internet à Madagascar Bali, vous nous dites « Nous, moi, je ne veux pas un programme touristique » . touristique. Je ne veux pas me retrouver avec une bande de personnes, une vingtaine de personnes qui suivent un guide avec un drapeau. Ce n'est pas ce que je veux. Et on le comprend. Ce n'est pas ce qu'on propose. Depuis plusieurs décennies, le gouvernement indonésien, d'ailleurs, a mis en place le concept de tourisme culturel. Donc ce n'était pas que les Néerlandais qui ont mis ça en place. Le gouvernement indonésien s'est dit que puisque la Bali, c'est le joyau, ça a été mis en place comme le joyau, la perle de l'Indonésie, on va quand même montrer le reste de l'île, le reste des îles. c'est une approche qui a transformé parfois les rites sacrés, les traditions profondes, ce qu'on appelle l'ada, et ils ont transformé ça en de simples spectacles, en seni budaya, uniquement pour satisfaire notre désir d'exotisme à nos visiteurs, tout simplement répondre à nos attentes d'une forme de paradis. L'exemple d'ailleurs le plus frappant de cette folklorisation, c'est le fameux parc Taman Mini Indonesia Indah, le parc de la belle Indonésie en miniature. situé à Jakarta, c'est un... une sorte de parc à thème conçu par le gouvernement qui résume l'immensité de l'Indonésie à une série de maisons traditionnelles et de costumes figeant la diversité de l'archipel dans une vitrine finalement très superficielle et artificielle. Et on le retrouve également à Bali, une sorte de parc dans le même esprit avec des maisons. Chaque maison a été construite avec un savoir-faire particulier, les maisons de Flores, les maisons de Kalimatan, les maisons de Sumatra. et on voit des gens qui sont censés... à habiter dans ces maisons de musée, et qui sont là pour nous dire bonjour quand on passe dans une voiture, une sorte de petit minibus ouvert, et les gens nous disent bonjour, au jour de la musique, comme s'ils habitaient là depuis toujours, alors que c'est quelque chose de complètement fabriqué, très préfabriqué d'ailleurs. Et c'est pas ça l'esprit de Bali et de l'Indonésie. Mais pourtant, c'est le gouvernement indonésien qui a mis en place. concept de tourisme culturel, certainement en toute bonne foi, en se disant qu'après tout, le tourisme ne devait pas aller que sur Bali. Il y avait d'autres îles, et c'est vrai qu'il y a d'autres îles à visiter. Alors le conseil qu'on donne toujours à ceux qui préparent leur voyage, qui nous appellent pour parler avec nous, pour savoir comment on découvre l'Indonésie, il faut accepter de s'éloigner de ces spectacles préfabriqués. Il y en a beaucoup. Il y en a beaucoup à Obud, par exemple. Vous savez, nous habitons à Obud. Alors je ne dis pas qu'il ne faut pas les voir, mais il faut les voir en conscience. Il faut se confronter surtout à la véritable... âme de l'archipel. Le concept dada, c'est-à-dire le droit coutumier et la tradition qui régissent la vie quotidienne et spirituelle. En Indonésie, c'est comprendre que derrière chaque danse, chaque sourire, chaque offrande, il n'y a pas seulement un spectacle pour divertir. J'ai envie de dire que Bali, quand vous le découvrez la première fois, vous dites, waouh, c'est extraordinaire, on a l'impression d'être dans un théâtre, de voir un spectacle. Oui, mais ces gens-là vivent surtout à travers leur tradition, leur cérémonie, Les ancêtres, leur rapport aux ancêtres, ce n'est pas du tout un musée. Et c'est avant tout un système millénaire ancré dans des principes philosophiques vitaux comme le tri-hita-karna. Dont le but est de maintenir en permanence une harmonie entre les humains, la nature et le divin. Et c'est avec ce regard-là que l'archipel vous révélera vraiment sa véritable magie. On découvre, comme on découvre l'Indonésie, comme on découvre Bali ou toutes les îles, comme Java, comme Langbok ou autre, eh bien, on le découvre patiemment. D'abord, on prend le temps de découvrir, de prendre le temps de faire des rencontres, de vraies rencontres, pas forcément organisées, parce que le programme est important, c'est vrai, ça vous donne des indications, mais il y a aussi beaucoup de temps à vous que vous pouvez prendre pour simplement partir le matin à 6h, aller voir des résiculteurs ou des pêcheurs. leur parler, vous allez dire, oui, moi, je ne parle pas indonésien. Ce n'est pas grave. On n'a pas besoin de parler indonésien, ni même de parler anglais. On se comprend avec des mots, on se comprend avec des gestes, on se comprend avec des sourires. Mais surtout, on comprend le véritable cœur de l'Indonésie en allant tout simplement au-devant des personnes qui habitent là-bas. Et puis, c'est aussi le fait de respecter les Indonésiens, les Balinés, par exemple. Vous le savez peut-être, mais à Malaska, on ne propose pas d'hébergement chez l'habitant. Nous assistons surtout beaucoup Sur ce point, ça peut choquer. Parce qu'il y a beaucoup de nos agences locales ici, pour ne pas dire la plupart, je crois que nous sommes les seuls à ne pas le proposer, sur Bali, d'aller chez l'habitant. Eh bien nous ne nous proposons pas d'aller chez l'habitant. Tout seul on voit que Bali n'est pas un musée. Et que même avec tout le cœur du monde, la passion du monde, la gentillesse du monde, ces deux chocs culturels, nous ne voulons pas transformer les balinés, nous ne voulons pas les influencer en amenant des cultures occidentales, avec des chaussures Nike Air Force 1. avec des montres soiches, avec des belles chemises lacoste, tout ça, ça ne concerne pas les balinés, ce n'est pas leur façon de vivre, elle n'est pas mieux, elle n'est pas moins bien, mais elle est différente de votre façon de dormir aussi, votre façon d'évoluer dans une maison, votre façon de dormir et puis de prendre le petit-déjeuner le matin. Quand vous allez chez des habitants, même si ça semble local, et si ces personnes sont extrêmement souriantes, elles ont adapté leur propre façon de vivre. Pour vous permettre de la comprendre, cette affaire, en finalité, c'est un peu un musée. Je pense qu'il y a pas mal de monde, il y a suffisamment de monde sur Bali. Il y a suffisamment de balinés qui seront heureux de vous accueillir la journée, des résidents. Nous proposons d'ailleurs de découvrir des familles balinaises la journée, sans forcément partager leur quotidien. Même si ça vient d'un bon sentiment, ce n'est pas forcément encore une fois une bonne idée. Par contre, on peut aller à Sumatra, à Flores, à Komodo, c'est encore autre chose. Puisque là, il n'y a pas forcément des hébergements sur chaque étape. Donc là, on va aller effectivement dans des conditions particulières chez les personnes qui veulent bien nous accueillir et qui sont organisées pour ça encore une fois. Le regard du baliné, quand on parle à un baliné, le baliné vous dira « je suis ravi, ça me fait vraiment plaisir de recevoir les Occidentaux, ça me fait rire, ça me fait marrer » . Quel plaisir ! En finalité, il y a encore une fois une contamination, une forme de conditionnement que nous ne tenons pas à proposer aux balinés. Donc encore une fois, la journée, on peut tout à fait le faire, on peut tout à fait rencontrer des balinistes. On peut les voir de 6h du matin jusqu'au soir, sans avoir besoin de pénétrer, de rentrer dans leur quotidien, dans leur maison qui leur appartient. Ce n'est même pas une aparté, ça fait partie aussi de cet épisode, comment on découvre des îles particulières. Il y a beaucoup d'hôtels à Bali. Il y a des deux étoiles, des trois étoiles, des une étoile, d'aller dans ce qu'on appelle des costes. Il y a des petits hôtels organisés. Ça, c'est autre chose. C'est quelque part du tourisme, mais très léger. On pouvait aller, encore une fois, dans des hôtels une étoile qui sont faits pour ça. Il y a suffisamment d'hôtels sans qu'on ait besoin d'aller dormir chez l'habitant. Par contre, bien sûr, pour rejoindre, par exemple, Bali à Langboch, on va dormir carrément sur le bateau, sur un ferry extraordinaire aventure ou si on va à Sumba ou Sumbawa, là aussi, on va pouvoir dormir Il y a des hôtels aussi, donc on peut rejoindre les hôtels. Mais on va essayer tout simplement de laisser le moins d'empreintes occidentales dans notre découverte. Voilà, j'espère que cet épisode vous a intéressé. C'est notre façon à nous de découvrir Bali, tout simplement, de découvrir, pas que Bali d'ailleurs, parce que j'insiste bien dessus, toutes les îles indonésiennes. N'hésitez pas à nous contacter, n'hésitez pas à nous envoyer un message, parce que c'est peut-être votre propre idée de ce voyage. on peut le partager ensemble, cela surtout pour vous accueillir. accompagner, pour vous accompagner, vous dire ce qu'on pense, donner des conseils, comme on le fait à travers ce podcast, et puis comme on le fait aussi à travers Facebook, comme on le fait à travers Instagram, notre chaîne YouTube, et n'hésitez pas à chaque fois à laisser des commentaires, s'il vous plaît, mettez des étoiles, 5 étoiles, pour nous dire que vous appréciez tout simplement le contenu, et puis quelque part le parti pris d'Amanaska Bali. Merci d'avoir écouté cet épisode, et on se retrouve très rapidement pour un nouvel épisode d'Amanaska Bali, le