Speaker #1Homme, soit-il astou, bienvenue pour ce nouvel épisode d'Amanaskabali, le podcast. Vous avez compris, vous le savez maintenant, vous êtes les habitués très certainement. Nous vous proposons de découvrir la culture indonésienne, les traditions indonésiennes, l'histoire aussi. qui ont marqué des étapes de la culture et des traditions indonésiennes. Nous parlons de Bali, nous parlons de la Sulawesi, nous parlons de plein d'îles différentes. Et puis nous partageons avec vous des tips, des moments plus pratiques, des choses... choses plus pratiques. Mais là aujourd'hui, nous allons parler de l'art, ou plutôt de l'artisanat. Enfin c'est les deux en fait. Nous allons parler d'un sujet qui émerveille tous les voyageurs, qui pose le pied sur cet archipel, mais qui est souvent mal compris en fait. Donc c'est pour ça que nous avons décidé d'en parler aujourd'hui avec vous, l'art et l'artisanat. Quand vous promenez dans les rues d'Auboude, de Jakarta, ou dans les villages de Sumba, ou même aux florais d'ailleurs aussi, vos yeux sont sans cesse sollicités par une profusion de couleurs. des tissus finement tissés, des masques sculptés et des danses envoûtantes. Mais ce que l'on oublie souvent de nous dire, c'est que dans la culture adonaisienne originelle, l'art pour l'art, ça n'existe pas. Historiquement, l'artisanat et les arts du spectacle étaient avant tout l'expression d'une dévotion, une dévotion. nécessité spirituelle pour maintenir l'harmonie entre les humains, la nature et le divin. Ce fameux principe d'équilibre cosmique. Presque chaque création avait une fonction magique ou religieuse avant que le tourisme et la mondialisation ne viennent, il faut bien le dire, parfois altérer cette dimension sacrée au profit d'une production purement commerciale. Alors aujourd'hui, j'aimerais vous amener détricoter ce fil des dieux. Nous allons explorer l'incroyable complexité des textiles traditionnels, comprendre le rôle cérémoniel, spirituel ou spectaculaire plutôt des arts et de la scène, et voir ensemble comment vous, en tant que voyageurs conscients, vous pouvez soutenir cet héritage inestimable. Commençons par ce qui enveloppe littéralement l'histoire et les corps des Adonésiens, les textiles. L'archipel possède sans doute l'une des traditions de tissage les plus diverses et les plus complexes du monde. A l'origine, le tissage n'était pas une simple activité manuelle, c'était une affaire exclusivement féminine, considérée comme une véritable pratique ascétique et spirituelle, intimement liée au cosmos et au monde de l'invisible. Dans la croyance ancienne, les couleurs elles-mêmes possédaient une signification cosmique puissante. Le blanc et le rouge représentaient les forces sacrées, tandis que le jaune et le noir étaient associés au domaine profane. Parmi ces trésors textiles, l'ikat est sans doute l'un des plus faciles. Le mot vient du terme indonésien mengikat, qui signifie nouer ou attacher. C'est originaire principalement des îles de la Seine. sonde comme nous certains gars sumba ou flores et ces techniques consiste à ligaturer fermement certaines parties des fils avec des fibres de palmiers afin de les plonger avant de les plonger pardon dans les bains de teinture végétale les parties nouées résine existent à la couleur, et ce n'est qu'une fois le tissage commencé que le motif final apparaît comme par magie. Imaginez la précision mathématique et spirituelle qu'il faut, et le nombre de temps qu'il a fallu pour créer, pour imaginer et créer. Sur l'île de Sumba, par exemple, la confection de ces étoffes somptueuses, appelées inguis, pouvait prendre jusqu'à dix ans de travail acharné. Leur motif spectaculaire représente des crocodiles, des coques ou des arbres de vie. Ils ne sont pas... pas de simples décorations, ils reflètent l'organisation sociale et religieuse des villages, agissant comme de véritables cartes d'identité spirituelle pour ceux qui les portent. Et n'oublions pas Bali. A Bali, au village de Teganan, que vous pouvez visiter si vous le souhaitez, c'est possible, on préserve encore... La technique rarissime du doublicate, une étoffe réputée pour sa puissance magique et protectrice. Et ensuite le songuet, une technique d'une élégance absolue. Ce sont des étoffes de soie luxueuses dans lesquelles les tisserandes viennent entremêler des fils d'argent et d'or. C'est un tissu de cour, ce que vous pouvez porter les rajahs, un vêtement de prestige que l'on réserve pour les plus grandes cérémonies religieuses et les mariages. Et bien sûr, comment parler des textes qui analysent les choses. sans évoquer le batik de Java, cette technique ancestrale qui utilise la cire pour dessiner des motifs en réserve avant la teinture. Le summum de cet art est le batik toulisse, où l'artiste dessine métilleusement à la main des motifs d'une finesse incroyable à l'aide d'un petit stylet en cuivre appelé canting. Il existe aussi le batik cap, où l'on utilise un tampon de cuivre. retrouvé dans certains magasins anciens, ces tampons qui existent encore, qui sont là. On utilise un tampon de cuivre pour appliquer la cire chaude, ces motifs dont il existe des milliers de variations portées autrefois des significations philosophiques profondes et certains étaient même exclusivement réservés aux familles royales des grands sultanats de Solo ou de Jakarta. Et il est fascinant de noter que les motifs du batik sont intimement liés à une autre forme d'art sacré indonésien, le théâtre d'ombre. En effet, c'est souvent le dalang, le maître marionnettiste, qui concevait les motifs des vêtements de ces marionnettes. motifs qui étaient ensuite reproduits sur les tissus par les femmes. Ce qui nous amène tout naturellement à la deuxième partie de notre voyage, les arts du spectacle. En Indonésie, la danse et le théâtre ne sont pas simplement des divertissements profanes, ce sont des des vecteurs de communication avec les divinités et les ancêtres. Vous le savez, par exemple, à Bali, on parle avec les ancêtres, on parle avec les esprits, on parle avec les divinités. Prenons le Wayankulit, ce fameux théâtre d'ombre utilisant des marionnettes plates en cuir finement ciselé, accompagnées par les percussions hypnotiques, les métallophones et les flûtes de l'orchestre du gamelan. Ce spectacle qui dure très longtemps, seulement de la tombée de la nuit jusqu'à l'aube, raconte les grandes épopées du Ramayana. et du Mahabharata. Si vous ne connaissez pas, vous pouvez les trouver aussi dans les magasins qui vendent des livres, dans les librairies, cherchez le mot, n'hésitez pas en France ou en Belgique ou en Suisse, en Luxembourg, à La Réunion ou là où vous êtes, dans les pays francophones, peut-être au Canada, vous trouverez certainement ces livres qui parlent du Ramayana et du Mahabharata. Et donc on va l'adapter, ce qui a été adapté à la culture locale et on va... parler, on va communiquer, on va raconter des histoires, et Dieu sait si le Ramayana, encore une fois, est extrêmement riche en termes d'histoire. Mais ce n'est pas une pièce de théâtre, attention, l'espace de la représentation devient une zone de sécurité surnaturelle pour la communauté. Le Dalong, l'homme qui manipule une centaine de marionnettes et fait toutes les voies, c'est en réalité un prêtre. À Bali et à Java, il a le pouvoir de préparer de l'eau sacrée et de purifier les âmes. L'un des rituels les plus marquants liés au... au Wayang, c'est la croyance. Un enfant né pendant la semaine calendaire du Wayang est maudit et risque d'être dévoré par le terrifiant dieu Kala, l'incarnation de la destruction. Et lors de ce rituel du du sapot léger, le dalangue, mais en scène, la légende où le jeune rare Kemara échappe à Kala en se cachant dans les instruments de musique. Et grâce à l'aubénité au mantra, le prêtre marionnettiste lève la malédiction et purifie l'enfant. C'est une sorte d'acte d'exorcisme d'une puissance inouïe. Et encore une fois, on ne juge pas. C'est une façon de penser les esprits, de penser notre environnement de façon différente, mais c'est important. de comprendre que ça fait partie de la culture indonésienne. Puis il y a les danses classiques balinaises, qui obéissent à cette même logique du sacré. L'architecture des temples balinés, les puras, est divisée en trois cours, selon le principe du trimandala, de la cour extérieure, la plus profane, jusqu'à la cour intérieure, la plus sacrée. Et les danses sont classées selon l'endroit où elles peuvent être exécutées. Dans le secteur intérieur, on ne perfore que des danses sacrées, les wali, invisibles, pour les touristes ordinaires. Parmi elles, il y a le Pandé, une danse d'offrandes magnifique exécutée par les femmes pour accueillir respectueusement les divinités. Rien que ça. Qui descendent dans les sanctuaires lors des cérémonies. Pour vous donner une idée du fossé qui peut exister entre la vision touristique et la réalité spirituelle locale, sachez que dans les années passées, je ne me rappelle plus du nom de l'hôtel, mais il y a un grand hôtel qui a eu l'idée d'utiliser la danse sacrée du pandètes pour accueillir ses clients à leur arrivée à la réception. Ça a provoqué un immense scandale et la colère des autorités religieuses balinaises parce qu'on n'utilise pas une danse pour des touristes et ça revenait à les traiter comme des dieux, ce qu'ils ne sont pas, ce qui est une profanation absolue de ce rituel. sacré. Heureusement, il existe des danses profanes ou semi-sacrées exécutées dans les cours extérieurs, que vous aurez certainement le loisir d'admirer, comme le gong, par exemple, ce qui est sans doute la danse la plus élégante de Bali, parce qu'il y a parfois des danses qui sont compliquées à comprendre. Le gong est exécuté par de très jeunes filles, dont les torses sont étroitement enserrés dans des tissus somptueux. Et cette danse est une merveille de grâce, caractérisée par des mouvements très précis des mains, des doigts aussi, des bras. bras et par des jeux de regards extrêmement expressifs, tout sur un rythme de gamelan qui s'accélère jusqu'à la frénésie. D'ailleurs, si vous le souhaitez, nous pouvons vous faire découvrir j'ai envie de dire un maître danseur, une personne qui, depuis des années, nous connaissons depuis plus de 20 ans, cet homme-là, accueille dans son village des jeunes enfants, des jeunes femmes et des jeunes garçons qui n'ont pas forcément Merci. L'argent pour se payer un professeur, et qui est revenu sur l'essentiel de la danse le long, par exemple. Et qui dit que dans les hôtels, ce n'est pas vraiment la vraie danse le long, qu'on ne respecte pas forcément la tradition. Et lui a remis la tradition au goût du jour. Et donc il vous propose de découvrir, il y a une sorte de donation, une forme de donation, et vous découvrez donc cet artiste que nous connaissons encore une fois depuis plus de 20 ans, qui revient sur l'essentiel. de la danse malinaise. Mais alors face à ce tourisme de masse qui, depuis l'époque coloniale norlandaise, a poussé les adonésiens à raccourcir leur danse, à simplifier leur rituel pour les adapter au format spectacle et à transformer leur culture, quelque part en vitrine commerciale, comment devons-nous réagir, nous, en tant que voyageurs ? J'ai presque envie de dire en tant que voyageurs à Madagascar. Parce que l'artisan, lui aussi, souffre. L'artisanat souffre. Aujourd'hui, on trouve dans les rues de Kouta des vendeurs de fausses montres. Et le marché central de Boud, bien que très joli et très photogénique, regorge de souvenirs fabriqués à la chaîne. Parfois même par des enfants déscolarisés. Ou des meubles en bois issus de la déforestation sauvage à Java ou Borneo. Et c'est ici qu'intervient le rôle du voyageur responsable. Il faut décider de voyager autrement. Ça veut dire qu'on ne va pas se priver. On va plutôt sans... pour préserver cet incroyable fil des dieux, cette artisanat, cette danse, l'acte d'achat doit revenir à un acte de respect et de soutien direct. Si vous souhaitez ramener une part de l'âme indonésienne chez vous, évitez d'aller dans des endroits extrêmement touristiques, des marchés touristiques. Vous allez voir des t-shirts « I love Bali » et des statues qui sont fabriquées à la chaîne. Fuyez les grandes boutiques standardisées et partez à la rencontre des artisans dans leur village. Par exemple, au lieu d'acheter une poterie sans âme dans un art shop, louez un scooter. Soyez extrêmement prudents avec les scooters. Qu'est-ce que je viens de dire là ? Prenez votre chauffeur avec vous et rendez-vous à Penjaten, dans la région de Tebanan. Vous allez découvrir autre chose. Ce village, autrefois spécialisé dans la fabrication des tuiles cuites au feu des corses de noix de coco, s'est reconverti dans la céramique de grande qualité. tasses et objets d'art sublimes, souvent décorés de motifs stylisés de gecko ou de fleurs de frangipaniers à des prix... bien plus justes pour vous et qui font vivre directement la communauté locale. Et si vous cherchez de la peinture, des objets sacrés, vous prenez la route de l'Est, vers les villages nichés entre Tiataganga et Bédanen. C'est une communauté fascinante de paysans, d'artistes et d'artisans, en vous baladant dans ces hameaux qui ne payent pas de mine. Vous découvrirez les confréries de forgerons, d'orfèvres créant des merveilles en argent, des sculpteurs et même des des lettrés qui continuent à graver minutieusement les écritures et les mythes anciens sur des feuilles de palmier dont on a déjà parlé dans le blog d'Amanas Kabali sur le site internet Les Lontards. Acheter une œuvre ici, c'est, quelque part, financer la transmission d'un savoir-faire millénaire. Et c'est encore une fois la même chose pour la peinture classique. Ou à Yang, il faut aller à Kamassan ou à Klong Kun, le berceau de cet art narratique exceptionnel. Peut-être que le magasin sera fermé, peut-être que l'artisan ne sera pas là, mais au moins vous aurez essayé tout simplement de découvrir et de comprendre la difficulté de leur art, de vous asseoir à côté des tisserands et surtout aussi acheter à un prix équitable. En fin de compte, comprendre l'art indonésien, c'est accepter qu'il n'est pas fait pour juste décorer votre maison, mais pour relier quelque chose, relier. et les dieux, les esprits avec l'humain et la nature. L'artisanat et les arts de la scène sont le ciment spirituel d'une société qui a toujours cherché à apaiser les démons, honorer les dieux et souder les hommes, tout simplement. Et en tant que voyageur, pendant le temps de chercher l'authenticité, en achetant avec conscience et en regardant une danse, non pas comme un simple show mais comme une prière en mouvement, vous devenez les gardiens respectueux. de l'île de ce fil des dieux. Je rajouterais que même si vous allez par exemple à Bédougoul, il y a un marché local là-bas qui vend aussi des sarongs, des t-shirts pour les touristes, ne vous moquez pas ! Ce n'est pas la peine de montrer du doigt en disant « Oh, mais c'est touristique, ça » . C'est votre choix. Votre choix d'acheter ou de ne pas acheter, de comprendre ou de ne pas comprendre. Mais les Indonésiens, pour eux, les Balinais par exemple, quand ils vendent des t-shirts « I love Bali » avec la tête de galère, Ganesha, c'est un moyen de faire du commerce pour gagner leur vie. Donc vous pouvez l'acheter en conscience en vous disant que ce n'est simplement qu'un produit touristique. Mais si vous décidez d'aller plus loin, regardez autour de vous, sortez de l'hôtel, sortez aussi du programme comme on vous a écrit, parce qu'il y a suffisamment de place pour aller voir des personnes qui font du café, qui font du riz, qui préparent des offrandes, et vous allez comprendre véritablement le lien intime entre les dieux, la nature et les hommes. Voilà, j'espère que cette plongée dans le monde sacré de l'art indonésien vous aura passionné. En tout cas, c'était notre cas, nous avons envie d'en parler avec vous. Parce que c'est en comprenant des nuances que votre voyage prendra tout son sens. Et chez Amalaskar Bali, nous sommes convaincus que c'est là que c'est le vrai luxe de l'exploration. Ne pas seulement voir, mais comprendre et ressentir. Parfois, on ne comprend pas, mais ce n'est pas grave. N'hésitez pas à nous contacter via notre site internet. Et si vous souhaitez qu'on intègre la visite de ce village d'artisans, la découverte de ce rituel sacré dans notre prochain itinéraire sans mesure, n'hésitez pas. Nous avons aussi une famille qui prépare des cerfs-volants. Alors on dit, oh, les cerfs-volants, c'est touristique, il y en a partout. Oui, mais quand vous commencez à les fabriquer vous-même, vous commencez à prendre la mesure. de ce que c'est qu'un cerf-volant, comment ça vole, et puis, sachant que les cerfs-volants étaient les messagers de Dieu, on en renvoyait des messages au Dieu, ces cerfs-volants sont quand même quelque chose d'important et d'authentique. Alors, une chose importante, si vous avez aimé cet épisode, comme les autres peut-être, prenez quelques secondes pour nous laisser des étoiles. Et un avis sur Apple Podcasts ou Spotify, faites-le s'il vous plaît, c'est important pour nous, ça nous aide énormément à faire vivre cette passion que nous partageons avec vous. 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