Speaker #1Homme, souhaitiez-vous bienvenue sur le podcast d'Amanaska Bali, vous le savez, ou peut-être pas, peut-être la première fois que vous écoutez l'épisode d'Amanaska, le podcast. Eh bien nous vous proposons, nous sommes une agence de voyage, nous vous proposons... de vous faire découvrir Bali et ses soeurs indonésiennes à travers la culture et les traditions. Nous sommes là pour organiser avec vous votre voyage, celui qui est important pour vous, celui qui part pour un voyage de votre vie, vous accompagner en famille, avec des amis, pour découvrir Bali et les îles indonésiennes. Vous le savez, nous avons mis en place plein de guides, des cahiers, des carnets de voyage, un espace voyageur personnalisé rien que pour vous. tout ça dans le but de vous faciliter la vie et se... Ce podcast est là aussi pour faciliter la vie. Et aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet que je trouve très intéressant. En tout cas, c'est encore une fois une question d'un voyageur. Je n'ai pas le nom devant moi, mais c'est une question qui est revenue de la part de notre voyageur. Et nous avons décidé d'en parler dans cet épisode. Nous allons parler de l'art de la négociation et de l'argent. à Bali en général. On va parler d'argent, d'Urupi et surtout d'un art que l'on maîtrise très bien en Occident, la négociation. Je ne sais pas si c'est un art véritablement, mais on va le proposer ou le poser comme cela. Alors quand on arrive... À Bali, pour la première fois, on est souvent un peu perdu avec ces billets de banque où s'alignent beaucoup de zéros et plein de couleurs de billets différents. On se retrouve millionnaire en quelques secondes après un passage au distributeur. On se retrouve avec 2 millions, 3 millions de millionnaires. Et très vite, on fait face à nos premières scènes de marchandage sur le marché d'Ogout, par exemple, de Sukawati, ou même en discutant le prix d'un taxi ou d'un souvenir sur la plage. Pour beaucoup de voyageurs, la négociation, c'est une source de stress. Vous n'avez pas l'habitude de négocier ou vous n'y prenez peut-être pas dans le bon sens. Ça vous angoisse, ça vous énerve parfois. Et donc effectivement, ça peut être une source de stress, tout simplement. Et on a peur de se faire avoir. Ou à l'inverse, on a peur d'être mal poli ou de passer pour un touriste arrogant et radin. Personne n'a envie d'avoir cette image-là. Alors aujourd'hui, sans filtre, avec beaucoup de bienveillance, en tout cas, on va essayer. On va décrypter ensemble le rapport de l'argent à Bali pour que vous compreniez comment on peut mieux négocier avec un local. Parce que c'est un peu particulier. C'est normal. C'est une culture qui est différente avec le sourire, le respect et surtout en payant. Le prix juste, et pas juste un prix. Donc la première chose, c'est le choc du portefeuille et la réalité de la double économie. Pour bien comprendre le rapport à l'argent ici, il faut d'abord poser les bases de l'économie locale. Ça peut être très compliqué. Beaucoup de voyageurs s'offusquent de voir qu'il existe parfois un prix touriste et un prix local. Et on se dit « C'est injuste. On profite de nous » . Nous, les premiers qui vivons à Bali... En tant qu'occidentaux, nous payons les satés, le nasi goreng, le migoreng, parfois le double que peuvent payer, alors que c'est vraiment des baraques locales, ça s'appelle les warongs ou d'autres façons de se restaurer. On se retrouve à payer le double. Ça nous arrive. Pas tout le temps. Parce que maintenant, on parle un peu indonésien, donc ça aide. Mais on s'était dit que c'est injuste. En fait, nous avons l'étiquette d'occidentaux. On paye plus cher que les autres. Mais on va essayer de regarder les choses avec un petit peu de hauteur. Le salaire ? Le minimum moyen à Bali, ça tient autour de 2,5 à 3 millions de roupies par mois, ce qui équivaut à environ 150 à 180 euros par mois. À côté de ça, un billet d'avion pour venir ici, pour beaucoup, parfois, le salaire de 6 mois ou plus pour un travailleur baliné. Il y a donc une disparité de pouvoir d'achat et le prix touriste est d'une certaine manière une forme naturelle de redistribution des richesses. De plus, l'argent à Bali n'a pas la même fonction individuelle qu'en Occident. Quand un baliné gagne de l'argent, Une part colossale de ses revenus ne va pas dans son épargne personnelle ou dans ses loisirs, mais dans sa communauté. Être baliné, c'est faire partie d'un banjar, c'est un village de conseil de quartier, et d'un temple familial. Et c'est pour cela que ça a un coût financier et temporel astronomique. On ne s'en rend pas compte, et même culturellement, c'est compliqué de comprendre que les trois quarts de l'argent que l'on gagne part directement dans les cérémonies et dans la partie temple familial. et dans le banjar. Chaque famille doit participer au financement des rituels de son village. Les cinq grands types de sacrifices sacrés qui rythment la vie de l'île. Des naissances aux crémations collectives, en passant par les fêtes de temples, acheter des montagnes de fleurs, de fruits, abattre des ports pour les banquets, payer les prêtres. Tout cela, ça représente des sommes folles. Parfois, les familles doivent s'endetter sur des années pour honorer leurs obligations religieuses et maintenir l'harmonie que vous connaissez peut-être, puisque nous en avons déjà parlé dans le précédent épisode, et on continuera à en parler, cette harmonie cosmique du Tri-Ita-Karana. Alors, quand vous achetez un objet, qu'on paye un service, gardez en tête que cet argent ne sert pas uniquement à s'acheter une nouvelle télévision, ça peut arriver, mais c'est surtout pour faire vivre un tissu social et spirituel millénaire. Alors, négocier à Bali, c'est pas déclarer la guerre. C'est pas dans ce sens-là que les Bahiennais le voient et c'est pas dans ce sens-là qu'il faut aborder le sujet. C'est pas un combat où l'on doit écraser l'autre. C'est un jeu, un jeu social. Il vient d'ailleurs du rapport entre les Chinois et puis les Japonais qui sont venus, qui étaient des grands négociateurs et qui négociaient avec les Bahiennais. C'est là aussi que les Bahiennais ont compris et appris à négocier. Donc c'est un jeu social avant tout. C'est une discussion polie. Voilà. C'est une discussion polie. Ne le voyez pas ça comme le but de gagner à tout prix 100 000 roupies ou 200 000 roupies qui n'obéissent à rien pour vous et qui, pour eux, effectivement, peuvent faire la différence. Mais là, ce n'est pas le sujet, puisque c'est une discussion polie. C'est presque une danse de courtoisie. Si vous négociez de manière agressive, avec un visage fermé ou un ton sec, vous avez déjà perdu, parce que la personne en face de vous va être tchapèque, c'est-à-dire qu'elle va être vexée et ne vous parlera pas. À Bali, on préserve l'harmonie sociale et on évite le conflit direct, qui est une règle d'or de l'ADA, la coutume. Donc voici les règles d'or pour négocier dans les règles de l'art. Baliné. La première règle, c'est le sourire qui va être votre meilleure arme. Si vous souriez, tout va bien. Surtout souriez. Je pense aux Français qui, parfois, ne sont pas forcément très très souriants. Je parle pas à vous qui écoutez. Je parle en général. Alors, vous abordez le vendeur avec un grand sourire et un ton chaleureux. Et vous le saluez, si vous pouvez, à l'indonésien. « Salamat pagi » , « Bonjour le matin » , ou « Salamat sore » , « Bonjour l'après-midi » . Et vous utilisez quelques mots de la langue locale qui montrent que vous respectez votre interlocuteur. Et déjà, ça va détendre immédiatement l'atmosphère. Et puis ensuite... N'allez pas tout de suite vous jeter sur l'article que vous voulez acheter. Ne commencez pas si vous n'avez pas l'intention d'acheter. C'est la règle de base du respect mutuel. Ne demandez pas le prix d'un objet. Ne commencez pas à négocier serré. Si vous fournez vos, vous savez que vous n'allez pas l'acheter. C'est un peu non seulement si ridicule pour vous et, quelque part, vous manquez de la personne ou du vendeur. Donc si le vendeur accepte votre prix, la coutume veut que vous concluiez la vente. Revenir sans la parole, c'est très mal vu. La troisième technique, c'est la technique du premier acheteur, Penglaris. Si vous êtes le tout premier client de la journée, ça vaut le coup ça, juste après l'ouverture du stand, vous avez une position. très spéciale. Je ne vous dis pas de dormir dans la rue en attendant que les shops ouvrent pour avoir cette position très spéciale, mais il faut le savoir. D'arriver très tôt à l'ouverture des marchés, ça vous donne une position très spéciale. Pour les commerçants balinés, la première vente de la journée apporte la bénédiction des dieux pour toutes les ventes à venir. C'est le penglaris. Le vendeur sera souvent beaucoup plus enclin à vous faire un excellent prix pour s'assurer que l'argent entre dans sa caisse dès le matin. Attention, on n'en profite pas pour descendre le prix à outrance ou faire un étranglement financier. On le retrouve en France aussi de toucher le bois pour se porter chance. Ce genre de choses comme ça qui fonctionnent très bien à Bali. Et c'est toujours un petit peu amusant de voir ça. Il nous reste ensuite quatrième façon d'aborder la négociation. C'est de proposer un départ réaliste. Une erreur classique est de diviser le prix initial par 10. Voilà, vous avez un prix et vous le divisez par 10. En général, sur le marché touristique, vous pouvez espérer obtenir une réduction de 30 à 50% du prix de départ. Si on propose un sarong à 150 000 roupies, vous proposez 70 ou 80. Et vous trouverez un terrain d'entente autour de 100 000 roupies. Il y a le piège du centime de trop. Comment... Identifier, ne pas se faire avoir avec ce piège du centime de trop. Voilà, c'est ici qu'on touche à la philosophie d'Amanaska. Parce que trop souvent, on voit des voyageurs se lancer dans des négociations féroces. On a l'impression qu'ils jouent leur vie, que c'est une question d'égo pour économiser 10 000 ou 20 000 roupies. Faites le calcul dans votre tête. 10 000 roupies, c'est environ 60 centimes d'euros. 60 centimes. Pour vous ? Voyageur européen qui avait payé un billet d'avion à 1 000 euros, ça ne changera absolument rien à votre budget de vacances. Ce n'est même pas le prix d'un café en Occident. Par contre, pour la personne, le petit artisan qui a passé des heures à sculpter un bol en bois à Penjagan ou pour la vieille dame qui a tressé un panier en osier à l'allure d'une bougie, je ne vais pas vous faire pleurer, mais ces 10 000 roupies, ça représente le riz de la famille pour le repas du soir. Négocier à outrance, pour le simple plaisir de gagner, c'est une erreur spirituelle qui brise l'harmonie. Pour payer le prix juste, c'est reconnaître la valeur du travail manuel, de la sueur, du temps passé et de la transmission d'un savoir-faire ancestral. Quand vous achetez un batik fait main à Java, un tissu I4 précieux tissé sur un métier traditionnel à Sumba, ou une céramique fine à Flores, par exemple, ou à... ou à Penjaten, rappelez-vous que vous n'avez pas un simple produit de consommation. Vous n'êtes pas chez Lidl et vous n'êtes pas chez Carrefour. Vous achetez un morceau de culture vivante, faite avec des mains locales indonésiennes, pleines de spiritualité, de culture et de tradition. Laissez de côté la misquinerie et payez avec générosité. Pourvoir donner avec le cœur, sans rien attendre en retour, fait parfois tout simplement briller les yeux d'une manière que vous n'oublierez jamais. Je terminerai en disant que parfois, nous avons des voyageurs qui nous disent « Oui, mais si on continue ou on commence à payer le prix qu'ils demandent, ensuite, ils vont être habitués, ils vont augmenter leur prix » . C'est en fait une réflexion typiquement occidentale, encore une fois, puisque les balinés augmentent leur prix parce qu'ils savent que les Occidentaux négocient de plus en plus et qu'ils vont être obligés de baisser leur prix. c'est une façon, encore une fois, d'échanger quelque chose avec les locaux, de sourire, de rire, de sourire. Discutez avec eux, prenez le temps de cette négociation et vraiment, vous y prendrez un grand plaisir. Ça fait partie de Bali et ça, ça n'a pas changé. L'argent en voyage, ce n'est pas qu'un outil de transaction froide, c'est un vecteur de relation, de relationnel. Et si vous l'utilisez avec conscience et respect, bien sûr, et équité, ça devient un pont magnifique pour soutenir aussi l'économie réelle des communautés qui vous ouvrent si généreusement leurs portes. C'est important de les aider, encore une fois. Prenez le temps d'échanger, de rire avec les commerçants, d'accepter que tout se passe pas forcément comme vous l'avez prévu. Ça ne se calcule pas au centimètre. Et vous verrez que la magie du voyage réside précisément dans ces petits instants de connexion humaine. Nous nous y tenons et nous nous plaçons au centre de nos voyages. Quand nous vous accompagnons, nous nous plaçons au centre, la rencontre et l'échange avec les personnes qui vivent là où vous partez en voyage. Merci. D'abord écoutez aujourd'hui cet épisode sur Amalaska Bali, le podcast. Si vous préparez votre voyage, si vous voulez que l'on dessine ensemble, qu'on dessine ensemble un itinéraire, ce mesure qui soutient directement les artisans, les communautés locales, n'hésitez pas à nous envoyer un message via notre site internet amalaskabali.com. 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