Speaker #0Homme, sois-tu astou. Bienvenue sur le podcast d'Amanaska, Manaska Bali le podcast, où nous vous racontons des histoires, des traditions, des cultures, et nous partageons avec vous, tout simplement, des astuces aussi pour voyager plus simplement, plus facilement. facilement sur Bali et ses sœurs indonésiennes. Alors n'hésitez pas, bien sûr, à laisser un commentaire avec plein d'étoiles sur Apple Podcast, Spotify, ça nous fait plaisir, ça nous fait du bien. Et aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet très particulier. Aujourd'hui, On avait envie de vous parler d'un sujet qui surprend souvent les voyageurs, quand on commence à gratter un peu sous la surface de la culture balinaise. Oui, parce qu'il y a Bali, le côté un peu touristique, mais il y a aussi un Bali beaucoup plus profond, et qui est là, et qui est présent, que nous voyons tous les jours, que nous vivons tous les jours. Vous le savez, à Bali, la société est profondément patriarcale. Donc, traditionnellement, c'est la femme qui quitte son foyer, qui abandonne les divinités de ses ancêtres, pour rejoindre la famille de son mari. mari et s'occuper de son temple à lui. Alors ça ferait crier les féministes occidentales, mais c'est comme ça que ça se passe à Bali. Mais que se passe-t-il quand une famille n'a que des filles qui va s'occuper des parents âgés, de l'héritage, et surtout qui va prier et faire les offrandes au temple familial pour que l'âme des ancêtres ne soit pas oubliée ? Eh bien là, c'est là qu'intervient une exception culturelle qui, pour nous, est assez fascinante. On en parle d'ailleurs très peu. C'est le mariage Niantana. C'est le moment où la tradition balinaise s'inverse totalement pour sauver la lignée. Dans ce mariage, la fille de la famille est élevée au rang d'héritier mâle. On l'appelle alors une Santana Ragged. Elle devient le chef de famille, elle hérite du patrimoine et c'est elle qui perpétue la lignée. Et le mari dans tout ça, c'est lui qui vient s'installer chez sa femme. Et oui, c'est l'inverse. Il abandonne sa propre famille et adopte le statut traditionnel féminin qu'on appelle Pradhana. Il y a même une cérémonie très forte, le Meripas, qui symbolise la rupture officielle des liens entre l'homme et ses parents biologiques pour s'intégrer à sa belle famille. Dit comme ça, on pourrait se dire que c'est une belle preuve de flexibilité de la part de la culture balinaise. Mais dans la réalité, pour des hommes balinés, accepter un mariage Niantana, c'est un... un véritable parcours du combattant. C'est extrêmement difficile, et pour des raisons très concrètes. D'abord, il y a la question de l'héritage, et de la famille. En devenant pradana, l'homme perd traditionnellement ses droits d'héritage dans sa famille d'origine. Alors, imaginez le drame si c'est un garçon qui est fils unique. Sa propre famille refusera catégoriquement de le laisser partir, car il est le seul espoir de perpétuer leur propre lignée. Même si aujourd'hui de nouvelles règles tentent Honte d'adoucir les choses en lui accordant une petite part d'héritage, un ratio de 2 pour 1 en faveur de la famille d'origine. Ça crée tout de même d'énormes conflits avec ses frères ou sa famille. Ensuite, il y a le poids du système des castes. À Bali, on ne badine pas avec la pureté de la caste. Si l'homme est d'une caste supérieure à celle de sa future femme, sa famille s'opposera farouchement à ce qu'il aille vivre avec elle en tant que Niantana. Même si la loi a aboli ces interdictions d'un autre temps, la pression sociale et familiale reste écrasante. Et puis il y a le fardeau psychologique et social au quotidien. L'homme doit s'intégrer dans un nouveau banjar, un village. la communauté du quartier de sa femme. C'est difficile, car la société pose souvent un regard un petit peu tabou sur ces hommes. Et le paradoxe, c'est que même s'il a un statut féminin dans son foyer, le banjar, donc le village, va tout de même... exigeait de lui qu'il remplisse les lourdes obligations communautaires masculines. C'est une pression énorme sur ses épaules. Et face à tous ces drames familiaux, à ces couples qui parfois fuient ou se séparent à cause de la pression, la société balinaise moderne a dû s'adapter. Et aujourd'hui on voit, alors c'est bien sûr encore une fois un cas particulier, mais aujourd'hui on voit émerger une alternative qui peut être quelque chose d'assez intéressant. s'appelle le mariage paléontologique. Pada Gelaang. C'est un compromis beaucoup plus équitable, car au lieu que l'un abandonne sa famille pour l'autre, l'homme et la femme gardent tous les deux leur statut de chef de lignée, pour la sainte. Ils assument ensemble une double responsabilité, s'occupant à la fois des ancêtres et des obligations du côté du mari, mais aussi du côté de la femme. Et c'est une évolution très intéressante qui montre que Bali, tout en protégeant ses traditions, c'est aussi faire preuve de flexibilité pour s'adapter au monde d'aujourd'hui. Le mariage Padagelaong est apparu comme une solution alternative et moderne pour résoudre les impasses et les drames familiaux souvent engendrés par les mariages traditionnels balinés ou par le mariage dont on vient de parler, le mariage Niantana. Il propose un modèle basé sur l'égalité et le maintien des liens d'origine par les deux conjoints. On propose de voir rapidement les principes fondateurs de ce mariage, qui est complètement différent de ce que nous connaissons nous en Occident, et puis les implications de cette forme du mariage. La première condition, le premier principe fondateur, c'est le maintien du statut de chef de lignée pour les deux époux. Dans le système patrilinéaire classique, ou dans le Niantana, l'un des deux conjoints doit rompre les liens avec sa propre famille pour intégrer celle de l'autre. Encore une fois, la plupart du temps, 98%, c'est la femme qui... part de chez elle et qui quitte sa propre famille. Mais le mariage pas d'agglomération bouleverse cette règle. Le mari et la femme conservent tous les deux leur statut de chef de famille et d'héritier principal. Aucun des deux ne quitte sa lignée d'origine. Le deuxième principe fondateur, c'est le principe des doubles responsabilités. Puisqu'ils conservent tous deux leur statut de prosa, les époux doivent endosser une double charge de devoir. Le couple s'engage à assumer conjointement les responsabilités maternelles et spirituelles envers les familles, leurs ancêtres, vous savez que les ancêtres sont très importants à Bali, et les temples, mais des deux côtés. Ces obligations peuvent être assumées de manière continue ou selon un calendrier convenu entre les deux familles. Bien que cela soit perçu comme une solution juste, ça représente quand même un investissement colossal en termes de temps et d'énergie, parce que le couple se dédouble carrément pour accomplir ses devoirs dans deux banjars. Alors qu'avant, dans les mariages traditionnels, la femme rejoignait l'homme, et c'était un seul banjar qui bénéficiait des « services » de ce couple-là. Là, c'est les deux banjars, les deux villages qui vont se profiter de ce mariage, Et donc les époux vont se... se dédoubler complètement. Et puis, il y a un troisième principe fondateur, c'est le glissement vers un système d'héritage parental. En matière d'héritage, le mariage Padang-Galaong marque une transition importante. Il s'écarte du système strictement patrilinaire pour adopter un système de succession parentale. Les époux héritent de manière conjointe et équilibrée des biens issus de la famille du mari comme celle de la femme. Parce qu'en termes d'égalité, le mariage traditionnel, c'est pas tout à fait ça. Ce système permet aussi et ainsi à une famille n'ayant que des filles de s'assurer une descendance et la pérennité de son héritage, sans pour autant exiger du mari qu'il renonce à ses propres droits successos. Il reste encore une autre règle, il y a deux règles encore, les règles strictes de célébration. Pour être valide, ce mariage exige une approche très formelle. Là, il n'y a pas de fugue amoureuse. Oui, on en parlera dans un des épisodes où le mari ou le prétendant va kidnapper l'épouse, la future épouse, là on n'en parle pas. Bien sûr c'est fait encore une fois de façon traditionnelle. Là il n'y a pas de fugue amoureuse. Il doit obligatoirement être conclu par une demande en mariage en bonne et due forme. Il ne peut en aucun cas être le fruit, comme je viens de vous le dire, d'un enlèvement ou d'une fugue amoureuse. Ce qui était plutôt poétique et romantique dans les mariages traditionnels. Ça existe encore. Et puis il y a des principes moraux. Le couple doit sceller cette union en respectant les principes de Paxa. C'est la pleine conscience de la situation contraignante qui a amené à ce choix. Et puis il y a aussi l'acceptation sincère et volontaire des lourdes conséquences. Et la fidélité inébranlable à ses engagements. Vous voyez que ce n'est pas fait n'importe comment. C'est là que le contrat de mariage prend tout son sens. Et puis il y a une reconnaissance légale qui est encore complexe parce que ce mariage, encore une fois, il ne se fait pas tous les jours. Le mariage Padangalang a été officiellement reconnu par les hautes instances religieuses et coutumières en 2009. Et néanmoins, son application sur le terrain dépend entièrement des lois coutumières locales. Vous le savez peut-être, on parle souvent de tradition, de culture particulière, de cérémonie. on vous explique ce qu'est les cérémonies balinaises par exemple, ou même d'ailleurs en Sulawesi ou à Flores et certains parfois disent, non pas du tout, moi je suis à la Flores ça se passe pas du tout comme ça, ou je suis parti à Longue-Boc ou je suis parti à Bali et ce que vous me dites en termes de cérémonie ça se passe pas du tout comme ça, mais si c'est qu'en fait ça dépend en fait des villages, tout simplement. Ça dépend, si vous êtes sur les balayagas et si vous n'êtes pas dans des balinés plus traditionnels, les coutumes, les cérémonies seront complètement différentes. Et même chez les balinés dits traditionnels, il y a encore des coutumes d'un village à un autre qui seront différents. Ça, il faut le comprendre. Donc on comprend que son application sur le terrain, ça va dépendre entièrement des lois coutumières locales de chaque village. C'est pourquoi on le retrouve sous différents noms à travers l'île de Bali. Enfin, ce modèle soulève encore des problèmes purement administratifs à l'échelle nationale. La loi indonésienne peine à concevoir un foyer avec deux chaises de famille sur un même livret de famille. L'enregistrement officiel des domiciles et des statuts de ces couples... ça reste un défi bureaucratique. C'est ce genre de nuances, cette complexité humaine et sociale qui rend Bali, ici, j'ai envie de dire si puissante et passionnante à comprendre, au-delà des simples paysages de rizières, c'est extrêmement riche. Merci d'avoir écouté cet épisode. N'hésitez surtout pas à nous contacter via les formulaires de notre site internet à Manasca Bali. Et si vous voulez que l'on commence à réfléchir ensemble à votre futur voyage, pour venir découvrir tout ça de vos propres yeux. N'oubliez pas, s'il vous plaît, de nous laisser un petit avis. Les étoiles sur Apple Podcasts ou Spotify. Ça nous donne la force de continuer à vous transmettre notre passion. Allez aussi faire un petit tour sur notre Instagram. On l'a refait pour présenter des nouvelles interviews, des nouvelles photos, des nouvelles vidéos sur Facebook et sur notre chaîne YouTube. Voilà, on a fait le tour. On se retrouve très vite pour un nouvel épisode d'Amaska Bali. Et puis, bien sûr, vous avez peut-être remarqué, mais pour cet été, nous avons décidé d'en faire tout simplement un épisode par semaine. Voilà. On est gourmand. On a envie de vous faire plaisir. Donc cet été, vous aurez un épisode par semaine. Normalement, nous le faisions deux par mois. Et on a changé le rythme de parution pour vous accompagner pendant ces jolies vacances d'été. Merci et à très bientôt.