Speaker #1Homme, Swasti, Astou. Il y a des îles, il y a des îles que l'on visite pour leur plage et puis il y en a d'autres que l'on traverse pour leur paysage. Et puis il y a la Sulawesi, la Sulawesi qu'on appelait autrefois les célèbres, vous connaissez peut-être ce nom, les célèbres. Ce n'est pas une île que l'on comprend en un seul regard, il faut la visiter, il faut la découvrir. Sa forme semble presque impossible, des bras de terre qui s'étirent vers la mer, des montagnes au centre, des côtes... découpés, des villages isolés, des peuples de marins, ce sont des peuples de marins, des hauts plateaux, des récifs coralliens, parmi les plus riches d'Indonésie. Ici, le voyage ne ressemble pas du tout à Bali. Ce ne sont pas les mêmes paysages, ni même la même culture, ni la même tradition. Donc ce voyage, il est plus brut, plus vaste, parfois plus lent d'ailleurs. Mais c'est justement ce qui fait sa force. La Sulawesi est une île pour ceux qui veulent sentir une Indonésie plus secrète, plus contrastée aussi, et plus profonde. Une Indonésie où l'on passe des rues animées de Makassar, aux maisons ancestrales des Toraja, en passant par Tempe, des marchés de poissons aux montagnes embrumées des villages traditionnels, aux tombes creusées dans la roche des peuples de navigateurs au fond marin de Bunaken ou de Wakatobi. Pour commencer à comprendre la Sulawesi, il faut commencer par son histoire. Eh oui, il y a une histoire en Sulawesi qui est assez riche, car au sud de Makassar, Makassar fut longtemps une grande porte maritime de l'Est indonésien. C'était un lieu d'échange, de passage, de commerce, de pouvoir aussi. Le fort Rotterdam, encore visible aujourd'hui, on peut le visiter, rappelle cette histoire complexe, celle du royaume de Goa Talo, puis de la présence des Hollandais après de nombreux conflits, de nombreuses guerres. Et c'est pas seulement un monument, c'est une trace, une trace de l'époque où la Sulawesi était déjà au cœur des routes maritimes entre l'Asie, les Épices, les royaumes locaux et les puissances coloniales. Et cette dimension maritime est essentielle, oui, parce que les Bouguises et les Makassars... Les peuples majeurs du sud de l'île sont connus depuis longtemps pour leur rapport à la mer. En effet, navigateurs, commerçants, pêcheurs, parfois même aventuriers, ils ont participé à relier les îles entre elles. En Indonésie, on ne comprend jamais vraiment une île sans comprendre la mer qui l'entoure. Et à Sulawesi, la mer n'est pas un décor, mais c'est une route, une mémoire, une identité. Mais Sulawesi, ce n'est pas juste une seule culture, c'est une mosaïque, une grande mosaïque. Et l'un des voyages les plus marquants se trouve dans les montagnes du Pays Toraja, que personnellement j'ai découvert il y a une vingtaine d'années. Tana Toraja est probablement l'une des régions les plus fortes culturellement de toute l'Indonésie. On y arrive après de longues heures de route depuis Makassar. entre 7h, 8h, 9h, parfois un peu plus, à partir de Makassar. Donc on traverse une bonne partie du sud de la Sulawesi. Et on arrive donc au pays Toraja. La route monte, l'air change, les paysages deviennent plus verts, plus profonds. Et soudain apparaissent les Togakonan, ces maisons traditionnelles. aux toits immenses courbés vers le ciel comme des bateaux posés sur la terre. D'ailleurs, vous retrouverez des photos sur notre site internet de ces maisons très particulières. Ces maisons ne sont pas simplement belles, parce qu'elles sont effectivement très belles, elles sont travaillées, mais elles sont surtout liées à la famille, aux ancêtres, au rang social, à la mémoire. Chez les Toraja, la maison n'est pas seulement un lieu où on habite, c'est un lieu d'origine, un point d'ancrage entre les vivants, les morts et ceux qui viendront après. Et aussi dans cette région, on découvre certaines traditions funéraires parmi les plus singulières d'Anne-Louise. Et quand nous partons avec nos voyageurs, nous faisons visiter la soie voisine, nous nous indiquons tout de suite de ne pas juger ces traditions et de les regarder avec... Un regard bienveillant et un regard extérieur d'occidental et d'essayer de comprendre l'origine de ces cérémonies et de ces traditions funéraires, par exemple, qui sont encore une fois vraiment très particulières en Indonésie. Il faut donc en parler avec respect, parce qu'ici la mort n'est pas traitée comme une femme brutale ou un sujet à cacher, elle est carrément intégrée à la vie sociale, familiale et spirituelle. La cérémonie Rambou Solo. Lorsqu'elle a lieu, peut rassembler des familles entières, parfois un village. Elle ne se résume pas à un rituel impressionnant. Elle exprime le lien aux ancêtres, le devoir familial, la place de chacun dans la communauté. Dans certaines zones Toraja, on trouve aussi des sépultures creusées dans les falaises, des grottes funéraires ou des effigés appelés Tao Tao, qui veillent symboliquement sur les vivants. Comme je vous le disais, le rapport à la mort et le rapport au funéraire est très particulier en Sulawesi, plus précisément au pays Toraja. Dans certaines communautés, il y a des traditions qui consistent à prendre soin des ancêtres défunts, à nettoyer ou à changer leurs vêtements vu l'extérieur. Ça peut surprendre, c'est vrai, mais pour les Toraja, ce n'est pas une mise en scène macabre. C'est une manière de dire que le lieu familial ne s'arrête pas avec la mort. Voyager en Péitoraja demande donc de la délicatesse. On n'y va pas pour voir une cérémonie comme on irait voir un spectacle, c'est d'ailleurs la même chose sur Bali. On y va pour comprendre une autre manière d'habiter le temps, la mémoire, la famille, et puis l'invisible, bien sûr, très présent. C'est là que la Sulawesi devient un voyage rare. Elle ne cherche pas seulement à plaire, elle l'oblige à regarder autrement. Plus au nord, l'île change en côte de village. Autour de Malado, on découvre une autre ambiance, plus tournée vers la ville. la mer, les volcans, les marchés, les influences chrétiennes du nord de Sulawesi et surtout l'un des plus grands trésors marins d'Indonésie, Bounaken. Mais avant de parler de Manado et Bounaken, sachez que quand on traverse du Péitoraja jusqu'à Bounaken et Manado, nous retrouvons des communautés balinaises, puisque nous avons pu rencontrer des communautés balinaises qui se sont installées il y a bien longtemps et qui sont présentes et qui, elles, ont gardé et ont respecté les traditions balinaises et sont présentes en Sulawesi. Je vous disais... Quand je vous parlais de la force des traditions en Indonésie, eh bien, elles sont bien là. Donc Boulaken, c'est un nom que les plongeurs sous-marins connaissent bien. Des tombants spectaculaires, une vie marine dense, des coraux, des poissons, des tortues, et une sensation de verticalité sous l'eau. Ici, on ne nage pas seulement dans une jolie mer tropicale, on entre dans le triangle de corail, l'une des zones de biodiversité marine les plus importantes de la planète. Et puis il y a Wakatobi, au sud-est de Sulawesi, notre monde, plus isolé, plus exclusif, plus marin encore. Wakatobi, c'est l'Indonésie des restives, des lagons, des villages posés entre ciel et mer, un voyage pour ceux qui aiment la plongée, les snorkeling, les horizons calmes, et cette impression très particulière d'être loin du monde sans être coupé de la vie. Mais Sulawesi, ce n'est pas seulement spectaculaire par ses paysages. Elle est aussi par sa position dans l'histoire naturelle. Oui, parce que dans cette région que le naturaliste, peut-être que vous connaissez, Alfred Russel Wallace, a observé certaines des grandes différences entre les espèces d'Asie et celles d'Australie. Je ne sais pas si vous connaissez, c'est la fameuse ligne de Wallace qui se passe entre Bali et Lombok, puis entre Borneo et la Sulawesi. Elle rappelle que l'Indonésie n'est pas seulement un archipel touristique, c'est aussi un laboratoire vivant de biodiversité, d'évolution. de migration ancienne et de monde qui se rencontre. Et c'était ça finalement qui définit Sulawesi, la rencontre. Rencontre entre la mer et les montagnes, entre les peuples marins et les peuples des hauts plateaux, entre l'islam, le christianisme et les croyances ancestrales, entre l'histoire coloniale et les royaumes locaux, entre la beauté naturelle et la profondeur culturelle, entre ce que l'on croit connaître de l'Indonésie et ce que l'Indonésie révèle quand on prend le temps de l'explorer, de mieux la connaître, d'aller plus loin. Voyager en Slovisie, ce n'est pas choisir la facilité. C'est vrai qu'encore une fois, les routes sont longues, les chemins sont parfois escarpés, donc c'est une aventure quelque part. Mais les distances sont longues et les routes peut-être exigeantes, mais les étapes se méritent, j'ai envie de dire. Les étapes demandent parfois plus de patience que dans les destinations les plus connues. Si vous prenez Bali, par exemple, je la souhaiterais. Les routes seront plus longues, parfois plus escarpées, parfois il faudra s'arrêter pendant une heure ou deux pour... Pour faire passer un camion ou regarder, assister au nettoyage, au travail sur les routes, comme sur les routes montagneuses, il pleut beaucoup sur les montagnes en saison de pluie, donc ça abîme les routes. Les routes sont régulièrement rénovées, reconstruites, mais les routes sont encore un petit peu difficiles. Mais voilà, en fait, la souloïdiste, c'est difficile à décrire. Il faut le vivre, mais c'est précisément pour ça que l'expérience reste. On ne revient pas de cela oisier avec seulement de belles photos. On revient avec des images fortes, un Dogodan au milieu des rizières, un marché au lever du jour, une falaise funéraire silencieuse, un bateau au large de Malado. J'ai l'hoquet, pardon, je me suis attrapé le hoquet en même temps que je vous parlais. Une journée télé, oui, des lumières sur les montagnes Toraja, un récif qui descend dans le bleu. Personnellement, j'ai découvert, encore une fois, je viens de vous le dire, cette île il y a une vingtaine d'années. Elle évolue au fil du temps, elle change au fil du temps. Mais encore une fois, ces traditions, je parlais du lac de Tempe, avec ses maisons sur Piloti. Je parlais bien sûr de Toraja, de Manado, du Lac Toba, des sociétés... Les associations aussi balinaises, c'est une île extrêmement variée en termes de culture et de tradition, aussi en termes de biodiversité, qui encore une fois se mérite, parce qu'encore une fois, les routes sont longues, les paysages sont vastes et variés, et ça demande du temps et de la patience, tout simplement, pour visiter cette île magnifique. Sulawesi est une île pour les voyageurs qui veulent aller plus loin que l'évidence. Ceux qui veulent comprendre l'Indonésie dans sa diversité, ceux qui savent qu'un beau voyage n'est pas seulement fait de confort, mais aussi de rencontres, de questions, de respect et d'étonnement. Sur la Malaska, nous aimons Sulawesi pour cette raison-là, et puis aussi parce que nous avons des guides sur place, comme Sharif par exemple, guide francophone qui est absolument extraordinaire, que nous connaissons encore une fois depuis très longtemps, et qui ont une manière tout à fait particulière de faire visiter leur île, et qui donne tout le sens à ce voyage. Parce que la Sulawesi rappelle que l'Indonésie ne se résume jamais à une seule image, parce qu'elle demande du temps, parce qu'elle se mérite, c'est vrai, et parce qu'elle offre à ceux qui l'approchent avec humilité l'un des voyages les plus puissants de l'archipel. Sulawesi ne se contente pas de vous faire voyager, elle vous déplace intérieurement, et c'est parfois exactement ce qu'on vient chercher à l'autre bout du monde. Alors bien sûr, nous avons Bali comme base pour vous faire découvrir l'Indonésie, mais rappelez-vous que d'autres îles existent également. Vous pouvez découvrir ces îles avec nous pour prendre des programmes entre 8, 9, 10 jours, 15 jours. On va traverser complètement la Sulawesi qui dure environ 21 jours. Et encore une fois, dans des conditions qui ne seront pas les mêmes que celles de Bali. Nous sommes vraiment très heureux de vous faire découvrir cette île qui est très surprenante. Voilà, on va rester sur ça et puis on va continuer à vous faire découvrir Bali, découvrir la Sulawesi, les îles indonésiennes. Je crois que le prochain podcast sera sur Lombok. L'île voisine que l'on croit connaître trop vite. Donc aujourd'hui, c'est la Sulawesi et la fois prochaine, ça sera Lombok. Merci d'avoir écouté Amalaska Bali et on se retrouve très bientôt.