- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast officiel d'American Crew, le rendez-vous business des entrepreneurs de la coiffure masculine et du barbering. Ici, on parle vision, performance et croissance. On décrypte les stratégies qui font évoluer les salons. On partage les retours d'expériences de professionnels passionnés et on explore les tendances qui façonnent l'avenir de la coiffure masculine. Bienvenue à cette nouvelle édition, nouvelle émission podcast en direct. Je suis Guillaume Fort, All-Star American Crew France et ici, je suis accompagné de Kevin Ciaro.
- Speaker #1
Salut Guillaume,
- Speaker #0
ça va ? Très bien,
- Speaker #1
très bien.
- Speaker #0
Très heureux de te recevoir aujourd'hui.
- Speaker #1
Merci de m'accueillir, ça me fait super plaisir de pouvoir partager.
- Speaker #0
C'est normal, comme d'habitude. Écoute, Kevin, tu es là pas pour rien, pour nous parler de ton histoire, ton parcours. Moi, je te connais très bien, mais les auditeurs ici présents ne te connaissent pas forcément. Et tu sais à quel point je respecte ton parcours et ta progression, parce que moi, j'en parlais de progression. On va commencer par le début. Tu n'es pas issu de la coiffure de base ? Enfin si, tu es né...
- Speaker #1
J'ai grandi. Ma maman était coiffeuse, donc j'ai grandi dans les salons de coiffure. Après l'école, il fallait aller au salon attendre que maman termine, donc forcément j'ai grandi dans ce milieu. Mais c'est vrai que papa n'était pas très porté pour que je puisse faire ces études-là. C'est pour ça que je me suis dirigé vers complètement autre chose. J'ai fait des études de comptabilité, j'ai fait du marketing.
- Speaker #0
Ça se ressentira aujourd'hui que tu as fait tout ça.
- Speaker #1
Ça sert. Merci papa, ça sert. Je suis venu dans la coiffure un peu plus sur le tard.
- Speaker #0
Quel âge t'as commencé ? La coiffure.
- Speaker #1
J'ai ouvert officiellement, ça fait 10 ans, il y a 5 jours.
- Speaker #0
Et dans quel type de local exactement ?
- Speaker #1
Alors au départ, je n'avais pas les moyens de pouvoir installer un salon en tant que tel, de mettre une caution, de louer un emplacement, etc. Et ma femme, qui est mon associée aujourd'hui aussi, m'a suggéré, elle m'a dit « Pourquoi tu ne fais pas comme les food trucks ? » Les food trucks ? « Mais oui, pourquoi tu ne fais pas itinérant ? » Je dis « Ce n'est pas bête ça. » Et donc j'ai regardé un petit peu, je me suis dit « Dans une caravane, ça peut le faire, il y a moyen de se l'acheter. » Donc on a trouvé une caravane avec 500 euros.
- Speaker #0
Excellent.
- Speaker #1
Ouais, 500 euros qu'on a désossé. J'ai été voir mon frère qui est menuisier. J'ai dit, tu penses qu'il y a moyen de faire un salon là-dedans ? Chiche.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
OK. On a créé donc ce salon dans une caravane.
- Speaker #0
Quelle année ça ?
- Speaker #1
2016.
- Speaker #0
OK. En 2016. Le concept avait été déjà vu, je pense. Tu avais déjà vu ce genre de concept quelque part ?
- Speaker #1
Pas en Europe, au Brésil.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Au Brésil, j'ai fait des fouilles. Et c'est vrai qu'au Brésil, c'est courant en fait. Pareil, manque de moyens. Ils font comme ils peuvent. Donc, j'ai vu ce concept et je pense, en Belgique, j'étais le premier. C'est pour ça que j'étais assez médiatisé à la sortie du truc.
- Speaker #0
Et quand tu as ouvert ce genre de shop, est-ce que tu savais ce qui t'attendait en termes d'histoire ? Ce que tu as aujourd'hui dans les doigts ?
- Speaker #1
Ah oui, non, absolument pas.
- Speaker #0
Pourquoi partir de ça et grandir et se développer comme tu l'as fait aujourd'hui ? Qu'est-ce qui a fait que justement tu as une histoire ? On va la raconter brièvement lors de ce podcast. Mais on va essayer d'aller chercher les détails qui ont fait que tu as pris un virage à 180 degrés qui disait bon mais ça c'est terminé pour moi, hop on va aller sur autre chose. Qu'est-ce qui a fait que tu as voulu justement développer comme tu l'as fait aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je pense que j'ai une soif d'apprendre qui est infinie et j'étais toujours en quête de formation, de trouver le moyen de m'améliorer, d'améliorer les choses et puis de grandir parce que le côté entrepreneurial, on va pas se mentir, c'est quelque chose qui m'anime fort. et le côté business etc donc je me suis dit comment je vais pouvoir faire pour m'améliorer, pour grandir etc c'est vrai qu'à l'époque de la caravane j'étais déjà très content que ça marche, les médias m'ont beaucoup aidé par le concept à la base mais en termes de service etc je trouvais ça quand même un peu moyen bon il y avait les tarifs qu'elle avait à l'époque donc ok c'était rigolo, c'était très bien mais je voulais évoluer et en fait tout a vraiment changé sur une rencontre au MCB donc ben On s'est connus, je pense, à Bologne, au Cosmo Pro.
- Speaker #0
On s'est rencontrés à Bologne. Oui,
- Speaker #1
je te suivais sur les réseaux, j'étais un peu fan. Je dis, ce gars, ce qu'il fait, c'est dingue. Et je t'ai rencontré, on s'est checkés, on a discuté ensemble et ça a matché.
- Speaker #0
Je me souviens très bien.
- Speaker #1
Mais c'est au MCB à Paris qu'il y a vraiment eu le gros changement parce que je suis arrivé sur le stand American Crew.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et le stand, grand, super beau. Et là, un commercial vient, vous travaillez avec la marque, vous connaissez, etc. Non, non, écoutez... J'ai dû remplir un petit formulaire. Et on vous recontactera. Ok. Les semaines passent, je n'ai pas de nouvelles. Et puis un beau jour, j'ai un représentant qui m'appelle et qui me dit, ben voilà, vous avez rempli un document au MCB. Je suis représentant American Crew pour votre région. Est-ce qu'on peut se rencontrer ? Je me souviens, à l'époque, c'était la campagne Elvis, avec le plug Elvis. Je me rappelle. Et donc, j'ai rencontré ce gars et puis il voit mon truc, mais je vois que...
- Speaker #0
Et il n'accroche pas.
- Speaker #1
Avec l'image, ça ne va pas aller. Je vais demander à mon boss si on peut rentrer la marque pour vous. Bon, ok. Ok. Il vient et il me dit qu'il va falloir commander pour autant la première fois. J'étais jeune entrepreneur, je n'avais pas forcément beaucoup de moyens, je me suis dit que ça allait être compliqué.
- Speaker #0
Il y a un droit d'emprunt. Oui,
- Speaker #1
un peu ça comme ça. Et on accepte de venir travailler avec vous. Je dis, tant pis, on essaye. Je prends le peu que j'ai, je fais la commande et on verra bien. Mais il m'a dit, par contre, vous avez l'obligation de suivre des formations. Parce que pour pouvoir utiliser les produits, il faut être formé. Parce qu'il y a pas mal de références, etc. Aujourd'hui, avec le recul, j'ai envie de dire, oui, c'est vrai. Et c'est là qu'est venue la première formation à Paris.
- Speaker #0
À l'ancienne Académie, la première.
- Speaker #1
À l'ancienne Académie rue du Colisée.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. À très loin des Champs-Élysées.
- Speaker #1
C'est ça. Et donc, j'ai fait cette première formation. C'était deux jours. C'était avec Samy. Samy Peutot. Et Max à l'époque. Et donc, je suis cette première formation, je prends beaucoup de notes, mais vraiment beaucoup. Et je dis, c'est pas assez, il faut que j'y retourne. Je refais la même formation. Deux fois. En partant de là, je demande le calendrier des formations et je m'inscris à toutes les formations. Absolument toutes. Bon, ça coûte un billet, il faut venir à Paris.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #1
Parce que j'avais beaucoup d'informations et je me dis, ils sont... Samy est très, très, très process. Je remarque dans ses paroles, procédure, il faut faire comme ça, il faut faire comme ça, parce que comme ça. La naissance des rituels, finalement. Et je dis tout ça, il faut les mettre par écrit, il faut les mettre en application. Et donc, j'ai suivi toutes les formations. Ça, c'était pour la partie produit. Et après, sur la partie technique pour les formations coupe, même chose. Il y a du process. Il faut le mettre en place pour tous les coiffeurs. J'avais déjà une vision, en fait. Je me dis,
- Speaker #0
là,
- Speaker #1
il y a moyen de créer un concept. Vraiment. Et tout le monde travaille pareil et est axé sur le soin, sur l'expérience, sur le moment. Ce que les autres ne faisaient pas. Ou mal.
- Speaker #0
Vers chez toi.
- Speaker #1
Oui, de manière générale.
- Speaker #0
Oui, en général.
- Speaker #1
Ou assez mal. Et le niveau d'expertise que ça m'y donnait en formation, il était tellement énorme. Moi, je les ai encore les notes. C'est costaud. C'est là que ça a démarré. Et mon activité, petit à petit, les clients commençaient à avoir du changement. Mais moi, j'ai été confronté à un problème. C'est que je ne peux plus. bosser comme je veux bosser maintenant avec la marque, avec les process, les rituels, les protocoles, au tarif où je suis. C'est impossible. Et là arrive la fin du truc. Là, c'est le moment de changer de concept. Ça ne va plus. Et puis, de toute façon, j'ai de la demande.
- Speaker #0
C'est-à-dire que le lieu dans lequel tu as accueilli tes clients, tu ne peux pas facturer à la hauteur que tu voudrais par rapport au process qui te demande du temps et forcément de la facturation.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Donc, ce n'est plus en adéquation.
- Speaker #1
Non. Il y avait un mois, un mois, un mois et demi d'attente. C'était plus tenable. Là, il fallait engager. Donc là, on a pris un local et on a revu le concept. J'ai pris un architecte intérieur, etc. Un grand local. J'ai tout remisé et je me suis remis à zéro. J'ai tout investi.
- Speaker #0
Quelle année, ça ?
- Speaker #1
2018, 2019 ?
- Speaker #0
Non,
- Speaker #1
2018. Et le local était tellement grand que je me dis, OK, je n'ai pas assez avec le business de la coiffure dans ce local. Il est trop grand. On va y mettre un bar parce que les gens, ils aiment bien boire un coup, etc. Donc, on a mis coiffeur, barbier, un bar. partie revente, une belle partie revente parce que j'avais l'espace et là est vraiment né notre concept là est vraiment né notre concept parce que j'ai pu mettre en application tous les process que j'avais écrit et là tu recommences sur une feuille blanche un peu complètement, là on revoit tout tu perds des clients ? ouais,
- Speaker #0
beaucoup ah j'ai eu peur parce que ta tarification change ou ton concept change ?
- Speaker #1
concept et tarification ok,
- Speaker #0
moi je pense que tu perds pas du client je pense que tu t'attribues tes clients
- Speaker #1
C'est à une période de transition. C'est à la fin d'une ère et le début d'une autre.
- Speaker #0
C'est ce qui se passe souvent quand on a des formations. On parle de tarification, souvent avec nos stagiaires. Tout le monde a peur d'augmenter ses prix. Mais je pense qu'il faut se mettre en adéquation avec ce qu'on est. Et là, ce que tu es en train de dire, c'est hyper intéressant. Ce que moi, je voulais, ça ne correspondait plus à ce que j'avais. Donc effectivement, tu t'es adapté à toi. Tu aurais pu rester dans ta caravane toute ta vie. C'était très bien. Et faire ça et gagner de l'argent, certes, très bien. Mais ce qu'il y a en toi et qui t'anime, c'est le côté process, que t'es développement, faire en sorte que des clients soient satisfaits par le parcours que tu leur proposes. Et je pense que c'est ce qui a fait la réussite aujourd'hui de ton expertise et qui fait qu'aujourd'hui tu es reconnu dans le métier en tant que tel parce que tu pars du simple caravane, que je dénigre pas du tout parce que ça reste quand même l'ADN de ton histoire. C'est important, il faut l'exposer dans ton nouveau salon. Mais il faut comprendre que là ce que je suis en train d'entendre c'est grâce à tes formations que tu as animées,
- Speaker #1
que Samy t'a apportées donc American Crew tous les process qui t'ont présenté t'ont tellement plu que tu t'es dit je vais utiliser ça pour faire ma nouvelle entreprise et ma nouvelle identité en fait je me suis rendu compte en faisant les formations et en créant les process et les protocoles et en les mettant en application qu'on crée un véritable parcours client et une véritable expérience client mais dans un métier ou un secteur commercial comme le nôtre qui est ultra concurrentiel Merci. On est obligé de démarquer. Dans un sens ou dans l'autre. Moi, j'ai choisi la voie plus luxueuse. J'ai choisi la voie du soin, du conseil, du suivi client.
- Speaker #0
C'est ce qui est intéressant, c'est ce que tu dis, c'est que tu as choisi. C'est-à-dire que c'est un choix,
- Speaker #1
encore une fois.
- Speaker #0
Si toi, tu es convaincu de ce que tu veux mettre en place, tu te donnes les moyens de le mettre en place, c'est très bien. Et après, il faut se battre pour ça.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Mais c'est un choix.
- Speaker #1
C'est un choix.
- Speaker #0
Personne ne te force à faire ça.
- Speaker #1
Non, absolument pas. Non, non, du tout. Et voilà, on est rentré dans ce nouveau concept store à deux. J'avais déjà engagé quelqu'un à ce moment-là. Et on est ressorti pour aller dans nos nouveaux locaux aujourd'hui. On est ressorti de la A7.
- Speaker #0
C'est magnifique.
- Speaker #1
C'est incroyable. Là, on n'a pas compris. Bon, sur l'entrefait, on a eu aussi du média. encore une fois pourquoi ?
- Speaker #0
parce que j'ai décidé de participer à des concours j'ai participé au Barber Meeting à Montpellier et moi je voyage d'ailleurs on a eu parlé sur un épisode des concours et aussi du fait que tu sois grâce à tout ça tout ton investissement t'as été nommé aussi All-Star récemment quelle année ?
- Speaker #1
ça c'était 2023 c'est récent malgré tout mais j'ai fait le concours All-Star Challenge en 2019 je l'ai remporté au niveau national j'ai pas eu la chance de pouvoir faire l'international Ah. Mais c'était très bien parce que j'étais à New York, c'était les 25 ans, etc. C'était une expérience absolument dingue. Et puis, même avec les finalistes, il y a un lien, il se passe quelque chose. Et donc, c'est juste hors norme. Donc, j'ai vécu une expérience absolument dingue. Et j'ai joué aussi sur le fait d'avoir gagné le National. Parce qu'au niveau média, encore une fois, ça a fait un boom. Et là, on ne va pas se mentir,
- Speaker #0
il y a eu un grand changement.
- Speaker #1
Une fois que le média passe par là, il y a une certaine légitimité, une reconnaissance. Et puis, les gens sont curieux. Le client est curieux. Je vais aller tester. Tu vas aller voir. Et donc là, oui, la clientèle, elle a vraiment, vraiment...
- Speaker #0
Donc du coup, ça, ça aide aussi à mettre une pierre à l'édifice, à l'image que tu transpires aujourd'hui. C'est-à-dire la crédibilité professionnelle, le fait d'avoir pris des risques de concours, parce que c'est des risques de prendre... Pas facile. D'être gagnant d'un concours. Tout ça, ça te permet de te projeter en avant, d'être mis en lumière. Et effectivement, ça te donne encore un peu plus de pouvoir, d'action et de dire, si Aro Barbershop, ça devient de plus en plus une entreprise crédible, avec de l'expérience, de l'expertise. et que je mets à disposition pour mes clients aujourd'hui.
- Speaker #1
Exact. C'est génial. Ça a été énorme. Ça, ça a été un...
- Speaker #0
Et le fait d'être nommé All-Star aussi, ça a changé. Avant ça,
- Speaker #1
il y a eu la partie devenir formateur.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
La marque est venue me trouver en disant, est-ce qu'éventuellement pour la Belgique, tu peux donner des formations, etc. J'ai pris à l'académie, on va rendre. J'ai pris les infos à l'académie, maintenant on va les rendre. Donc aujourd'hui, je suis formateur pour la marque également en Belgique, un petit peu au Luxembourg. Et ça a commencé comme ça. Là aussi, ça apporte une légitimité dans le secteur, le fait de devenir formateur. Après, je le fais avec sincérité. Comme vous, vous l'avez fait avec moi. Je le fais avec sincérité. J'ai vraiment l'envie de transmettre. Ça prend, ça prend, ça prend pas, ça prend pas. Avec le public qu'on a devant nous, ça peut importe. Mais j'ai vraiment l'envie de transmettre et d'élever le secteur, d'élever le métier. Parce qu'on va pas se mentir, si mon père voulait pas que je fasse coiffeur, c'est parce que c'était un métier de trappe. Tu fais ça, il n'y a pas moyen de faire autre chose. Et ça, c'est une mentalité que je veux stopper. Donc, par la formation et en élevant, je pense, le secteur et les coiffeurs, je veux changer ces idées-là. Ça, c'est personnel.
- Speaker #0
C'est assez commun. Je suis assez d'accord avec ça. Voilà.
- Speaker #1
Et ensuite, après, oui, j'ai donné du temps, etc. Je suis vraiment rentré dans la famille.
- Speaker #0
Tu formes vraiment Belgique-Luxembourg ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça t'arrive de former à Surparis aussi, non ?
- Speaker #1
De temps en temps, en duo, s'il y a besoin, parce qu'il y a du monde. Donc là, oui, à un moment donné, il faut assister, mais c'est principalement Belgique-Luxembourg.
- Speaker #0
Et après ça, donc ?
- Speaker #1
J'ai fait deux retreats pour devenir All-Star.
- Speaker #0
C'est ce qu'on a dit dans un épisode précédent, c'est quelque chose de très difficile de devenir All-Star.
- Speaker #1
Ah, c'était chaud !
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
bien sûr. Je suis appelé par Phoenix Thompson en 2019 pour passer une sélection à Barcelone pour devenir All-Star. Tout en anglais, etc. Et là, j'arrive, des coiffeurs... De 40 horizons différents. Tchéquie, Italie, Espagne. De partout, c'est énorme. Et c'était l'époque de... C'était MMG. La collection MMG. Et donc, on fait les coupes, mais ça bombarde. C'est pas pourri.
- Speaker #0
C'est pas évident.
- Speaker #1
C'est vraiment violent. Et donc, ça se passe 5 jours. 4 ou 5 jours, je pense. Je me souviens, je rentre dans ma chambre d'hôtel. Je pense qu'on s'est contactés, mais j'ai appelé ma femme. Et j'ai dit, mais je sais pas quoi faire, en fait. Elle me dit, comment ça ? Mais je sais pas quoi faire. Elle me reprend tout le temps. Non-stop. Elle arrête pas. Non, stop, non, il faut faire comme ça. C'est un truc de malade. OK, on reste humble. On change, on adapte, on rectifie. On transpire des gouttes, mais je fais mon boulot. C'est vrai que dans les groupes, beaucoup d'égo en coiffure, dans le groupe, il y en avait qui étaient très fermés à la remarque. Bref, moi, je corrige tout, je fais ce que je peux. Et puis voilà. Vient la fin du stage et Fénix m'appelle. Elle me dit, je voyais les gens sortir de la salle en pleurant. Parce qu'ils ne s'étaient pas pris ou énervés. C'est assez impressionnant. Et donc j'arrive et je me dis, bon, je vais prendre mon grade aussi, vu que j'ai été repris non-stop. Et Fénix me dit, écoute, t'as été le coup de cœur du stage. OK. Donc déjà, on lâche, c'est quand même Fénix Thompson.
- Speaker #0
Qui, je rappelle, est la globale éducatrice.
- Speaker #1
La globale éducatrice de la marque, exactement. Et donc là, à ce moment-là, elle me dit... Mais t'es pas encore tout à fait prêt. Il y a encore du travail. C'est déjà top, franchement. Et elle m'a dit, j'ai adoré parce que tu es humble et tu laisses ton égo de côté. Elle a fait exprès de me rentrer dedans, elle me l'a dit. J'ai besoin de tester, j'ai besoin de voir. Exactement. Et donc, ok, elle dit, continue à travailler, bosse ton anglais, et on se reverra. Mais bon, le Covid est passé par là. Et moi là, sincèrement, je me suis dit c'est fini, c'est terminé, ça va passer. Ça va passer. Eh bien non, après le Covid, je suis rappelé en 2023 à Barcelone. Je refais l'expérience sur une autre collection cette fois-ci. Et là, d'entrée de jeu, elle me met à l'aise parce qu'elle dit « T'as changé, c'est bien, c'est mieux, t'as bien évolué, etc. » Donc je suis cool en fait. Je me dis « Cette fois, c'est peut-être bien la bonne. » De nouveau, beaucoup de coiffeurs. Et là, vient la fin du stage et là, on se voit. Parce que je vous vois arriver.
- Speaker #0
Nous, on était en retraite avec Samy, on avait rendez-vous à Barcelone.
- Speaker #1
Il y avait la formation de All-Star après nous.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Exactement. Donc, on se croise à l'hôtel. Alors, ça a été... Ah ben non, ça n'a pas été... Ça ne va pas. Donc, j'ai eu de nouveau, après le stage, je l'ai vu. Et elle m'a dit, je ne sais pas, je ne pense pas que ça va le faire encore et tout. Ok, c'est bon. Voilà, tu n'as pas le niveau, tu n'as pas le niveau. C'est comme ça. Voilà, à un moment donné, voilà. Et donc, je vous vois et là, je vous dis, non, ça n'a pas été. Je pense, ça ne le fait pas, etc. Et puis, il y a la fameuse soirée de clôture. Et là, vous êtes tous invités. Donc, c'était exceptionnel parce qu'il y avait beaucoup d'all-stars quand même.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et là, grosse surprise, là, c'est l'ascenseur émotionnel. Donc, tu te fais descendre. Deux heures après,
- Speaker #0
dans la nomination,
- Speaker #1
il y a eu trois nominés All-Star.
- Speaker #0
Imagine sur combien vous étiez au préposé.
- Speaker #1
On était quelques-uns. Une tenne. Ouais, facilement.
- Speaker #0
T'imagines, vous êtes trois retenus.
- Speaker #1
Facilement. On est trois retenus cette année-là. Et là, c'est exceptionnel. Fénix qui remet le prix.
- Speaker #0
Premier All-Star belge.
- Speaker #1
Premier All-Star belge.
- Speaker #0
De l'histoire. De l'histoire. C'est quand même beau.
- Speaker #1
C'est un honneur de fou.
- Speaker #0
Au final, en francophone, nous sommes un trio. Souvent, on travaille à trois avec Samy et toi.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
Tous les trois. On s'entend bien sur ça. Et c'est vrai qu'on a la même vision du travail. Effectivement, je suis assez fier que tu rejoignes l'équipe des All-Stars. Et les retraites, maintenant, que nous allons avoir par la suite, se passeront sur le morceau Barcelone à nous. Oui, oui. Mais trop bien. Et après, le parcours t'a permis, justement, grâce encore une fois à une nouvelle casquette, donc formateur et maintenant All-Star,
- Speaker #1
Là, on bosse sur l'international. Là, le métier change un peu. Déjà, dans mon travail à moi, parce que les équipes ont grandi, on se recule un peu du fauteuil à un moment donné. En tout cas, on essaye. Et le boulot avec la marque change aussi. Donc, il y a toujours cet aspect formation, etc. Mais on commence à recevoir des nouveaux produits. Il faut en avant-première, il faut remplir des fiches. Comment tu les trouves ? Il faut les tester, etc. Donc, on est vraiment investi.
- Speaker #0
Ce n'est pas que l'étiquette qui va avec. Ou le travail aussi. Il ne faut pas l'oublier. Devenir All-Star, ce n'est pas juste avoir un titre et dire « Voilà, c'est bon, je suis All-Star, je vais… » Je vais me faire flamber sur les réseaux. Non, non, c'est travailler aussi. C'est-à-dire que vous devez remplir des fiches techniques. Quand on reçoit des produits, il faut donner notre avis concret, les tester sur tout type de cheveux, tout type de façon de travailler, c'est-à-dire cheveux humides, cheveux séchés, et donner un ressenti vraiment pur. Il y a beaucoup de travail derrière. Il y a un gros travail derrière.
- Speaker #1
Moi, je suis arrivé dans cette fonction-là justement à la naissance des pre-stylers.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, le premier, on reçoit les shampoings dans des bouteilles test, donc même pas avec un vrai packaging, etc. Et on commence à tester, on commence à remplir des notes, des fiches. Ça, c'est bien, ça, c'est moins bien, etc. Puis, il y a eu les produits hybrides qui sont arrivés également. Et là, on a même pu les tester avant leur sortie avec Phoenix à Paris, sur une collection coupe. Et là, on a testé, on a repris des notes, on a refait... C'est un autre métier. Du coup, là, c'est tout à fait autre chose. Mais effectivement, ce n'est pas qu'un titre. Il y a un travail à faire derrière. Et c'est exceptionnel. Encore une fois, de là où je viens... Tu ne pensais jamais...
- Speaker #0
D'une caravane.
- Speaker #1
D'une caravane, clairement.
- Speaker #0
Non, mais c'est bien. Moi, je trouve que ton parcours, il est incroyable. Tu es une personne qui est très persévérante, tu es toujours accrochée à tout. Et du gars que j'ai rencontré moi à Bologne, dans les allées d'un événement, qui est venu tout seul chercher des produits ou chercher des nouveautés, qui vraiment, déjà, on sentait à cette époque-là que tu étais quelqu'un de très investi, parce que prendre un billet d'avion, pour venir juste sur une journée ou un week-end pour voir ce qui se passe dans le métier. Je pense qu'il n'y a pas beaucoup qui sont capables de le faire, mais ça, ça donne déjà quand même un indicateur sur ta volonté de vouloir grandir dans le métier. Et le résultat que tu as aujourd'hui, je pense que c'est ni plus ni moins que ta persévérance qui a fait que décupler et faire en sorte. Et cette chance d'avoir découvert American Crew, alors c'est clair que je vais mettre tous les honneurs aussi sur une marque partenaire. Parce que là, on... On peut parler de partenaire dans ton cas.
- Speaker #1
Aujourd'hui, oui.
- Speaker #0
Grâce à American Crew, tu as réussi à t'ouvrir sur le métier et à te dire, moi, de mon métier, je vais en faire un luxe. Et quelque chose qui justement va redorer le blason des coiffeurs, parce que c'est vrai, je suis assez d'accord sur ça, sur le fait que les coiffeurs à l'époque avaient une image plutôt négative et c'était un métier de garage, votre garage, en mode, allez, tu vas faire coiffeur, tu ne vas pas nous souder. Et aujourd'hui, c'est un métier qui peut briller. On peut gagner sa vie correctement en étant coiffeur. Il faut prendre des risques. Des gros risques. Il faut oser. Il faut oser. Ce n'est pas facile. Il faut avoir confiance dans ton produit.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
mettre des process en place et ça c'est ce qui fait aujourd'hui le succès de ton entreprise là t'as acheté aujourd'hui les murs de ton salon tu as créé 6 postes si je m'abuse ouais c'est ça,
- Speaker #1
ici on a au moment du Covid je m'embrouille un peu avec le propriétaire de l'ancien local c'est ça, exact donc ça se passe pas très bien et je dis à ma femme, j'écoute, moi je veux plus avoir affaire à qui que ce soit, on va acheter nos murs Bon, je ne pensais pas que ça allait être le combat le plus difficile de ma vie, mais c'est voilà. 2020, on achète les murs. Pas de bol, on est confinés juste après. Ouais, là, c'est l'enfer. Je me retrouve avec le personnel au chômage, 7000 euros de charge fixe, et en Belgique, on ferme 7-8 mois. Là, je dis, on ne va pas le passer. Compliqué. Ouais, on ne va pas le passer. Les banques nous tournent le dos, secteur à risque. J'ai dit, comment on va faire les travaux de ce salon ? Gros projet. On voulait encore monter le niveau du luxe. Bon, on l'a fait, finalement, par... La persévérance, on y est arrivé et on a créé un super salon avec six postes et on est monté encore d'une gamme. Je me dis, il faut encore plus de services, il faut plus d'expérience client. Donc là, on a changé la digitalisation, on a revu nos process et on est vraiment axé sur le soin. Il y avait deux choix, soit on fait de la masse, moins jolière, du volume, ou soit on part vraiment sur un niveau encore supérieur. Et je me suis inspiré des maisons de luxe, en fait. Samy en formation il disait souvent aller chez Hermès, aller là-bas et regarder comment ils travaillent. Et finalement, je me suis rendu compte, ça a été l'objet d'un article ici dans un magazine sur lequel j'ai pu intervenir, ça a été le fait de, ok, je sais mettre des choses luxueuses en place pour monter l'expérience client et ça ne me coûte pas un franc. Je ne dis pas qu'il ne faut pas investir. Je dis que par l'attitude des gens, par l'attitude des coiffeurs, des collaborateurs, par l'expérience, on peut encore monter en gamme. Par le vocabulaire, par l'accueil. Voilà. Et tout ça, on a revu. J'ai recréé des nouveaux process et on est monté en gamme. J'ai encore de nouveau monté les prix parce que le service allait avec.
- Speaker #0
Oui, parce que tu es à la hauteur de ce que tu vends.
- Speaker #1
Exactement. Et là, encore une fois, voilà. Est-ce que ça va passer ? Est-ce que ça ne va pas passer ? Est-ce que le marché va l'accepter ? Je touche du bois, tout va bien.
- Speaker #0
Il y a toujours un risque.
- Speaker #1
Il y a toujours un risque.
- Speaker #0
Mais si tu ne le prends pas, tu ne le sauras jamais.
- Speaker #1
Exactement. Et là, on a commencé à travailler les leviers. Donc là, on est vraiment, je pense qu'on a même changé de nom. On était Ausha Barbershop. à l'époque de la caravane et même de quand je me suis installé. Et comme Barbershop avait une connotation un peu négative dans l'opinion générale, malheureusement, on est devenu Tiaros Coiffeur Barbier. Parce que Barbershop, ça ne collait plus.
- Speaker #0
Ça donnait une autre image.
- Speaker #1
Oui, ça donnait une autre image. Donc on a un peu modifié le nom et là, on a vraiment créé une marque. C'est devenu une marque. Une marque premium, beaucoup plus luxueuse et qui s'est imposée vraiment...
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Je pense que je suis le seul dans ma région à arriver à faire ce travail-là aujourd'hui. C'est un choix, c'est très risqué, attention.
- Speaker #0
Non mais comme tu le dis encore, c'est un choix. C'est un choix. Tu l'as fait mûrement réfléchi, je pense. Le marché, il est tellement concurrentiel, comme tu l'as dit. Il y a de tout. Tu peux très bien avoir une coupe à 10 euros comme une coupe à 50 euros.
- Speaker #1
Exactement. Et là, on a travaillé les propositions de services. Donc avec la marque, on a l'opportunité de pouvoir proposer des services techniques. On a la possibilité avec les produits de les utiliser de différentes manières. à proposer même du skin care service technique avec le blend notamment et tout ça monte à monter la fiche moyenne augmenter ta fiche moyenne mais en fidélisant le client le client est fidélisé, ils ont une proposition, ils vivent une expérience c'est pas juste je viens me couper les cheveux,
- Speaker #0
je m'en vais tu saurais nous dire une fiche moyenne chez toi ?
- Speaker #1
là on est un petit peu redescendu l'année passée parce qu'on a eu un peu moins d'effectifs mais on est entre 74 et 78 euros de fiche moyenne en coiffure c'est pas mal on dépasse les 24 de revente produit pur à la revente à la maison. On est même un peu plus haut mais c'est parce qu'on a une partie parfumerie mais si je parle cosmétique on est à plus de 20 % de revente.
- Speaker #0
Et là j'ai vu très récemment aussi sur tes plateformes que tu étais en train de créer un institut pour hommes.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
C'est magnifique. Moi j'ai eu la chance de venir sur ce lieu, de le visiter en vrai. Ouais c'est vrai. J'ai déboulé une veille de Noël ou une bêtise comme ça. Non, après Noël. Entre Noël et 1er de l'an, il y en a un, je crois. Et c'est vrai que le lieu est magnifique. T'as un jardin incroyable dehors, ça donne juste envie. Le seul problème, c'est que t'es en Belgique. Je plaisante, bien sûr.
- Speaker #1
On n'a pas le soleil aussi souvent qu'à Pékin. Non, on va pas se mentir, mais bon.
- Speaker #0
Le lieu est cosy, il est super beau et il sent le bien-être. Et tout ça fait qu'effectivement, on peut se laisser guider, happé par le luxe, en fait.
- Speaker #1
Le but est vraiment, on a vraiment étudié... Je me suis... posé avec ma femme et on a retracé le parcours client. Pour ceux qui ne savent pas c'est quoi un parcours client, quand vous allez chez Ikea, il est fléché au sol votre parcours client, vous êtes obligé de passer partout, c'est ça le parcours client. Et on l'a retracé et sur toutes les étapes, on s'est dit, ça, ça doit être positionné là, à cet endroit-là. Et là, on devrait le bar pour la convivialité. Ils sont là, ils patientent un petit peu, on a une chouette terrasse, ils prennent un verre, hop, ça fait monter l'affiche client. la prestation, les leviers, les propositions de services, etc. Les soins, ça fait monter le ticket moyen également.
- Speaker #0
C'est ce qu'il va faire.
- Speaker #1
On parfume le client, il a une proposition de PCR American Crew, encore une fois, qui m'avait donné ce tips-là. Il y avait trois parfums à l'époque et on a toujours parfumé nos clients. La parfumerie, aujourd'hui, fait partie intégrante de mon concept. Et donc là, dernièrement, effectivement, l'esthétique. Pourquoi ? Parce que j'avais des clients qui disaient « Moi, le skincare, j'aimerais bien, mais je n'aime pas devant tout le monde. » On entend ça. Une fois, deux fois, trois fois. Ok, il faut faire une pièce privative. Et comme de fait, on l'a ouvert il y a deux semaines. C'est ma femme qui gère ça et elle a des réservations. Et ça se passe super bien. Manucure, épilation, donc des services complémentaires à l'homme.
- Speaker #0
Après, c'est juste savoir qu'est-ce que tu dois mettre en place pour continuer à développer le service de luxe, entre guillemets. Il faut sans arrêt se réinventer. Est-ce que tu as des projets futurs ?
- Speaker #1
Il y a des projets futurs. On a fait un deuxième salon aussi entre-temps, il y a un peu plus d'un an. ça se passe super bien parce qu'on est dans une zone assez loin, à une heure de route du salon principal, donc on n'est pas du tout connu et on a, avec les process, on a simplement mis nos process en place, on a déjà fait un hub de plus de 60 000 euros de chiffre d'affaires en un an par rapport à l'ancien exploitant donc ça s'annonce assez bien, à ce niveau là c'est vraiment top on a des projets, on aimerait grandir mais c'est vrai qu'on est dans un secteur qui est compliqué on est dans un secteur en pénurie on est aussi Voilà, sur 10 ans, la croissance a été telle qu'on passe de 500 euros d'achat d'une caravane à aujourd'hui, on est à plus d'un million d'euros d'immobilier en investissement. Donc c'est chouette, sur papier, c'est top. C'est magnifique, mais c'est dur.
- Speaker #0
C'est pas facile. C'est très dur. De créer une entreprise comme la tienne, aujourd'hui, il y a beaucoup de risques qui ont été pris. Tu aurais très bien pu rester, comme on le disait tout à l'heure, dans ta caravane. Exactement. Tout va bien pour moi, mais tes projets de vie ne seraient pas les mêmes.
- Speaker #1
Exactement, ça ne serait pas les mêmes, effectivement. Donc oui, on a des projets. Oui, c'est vrai qu'on aimerait grandir. Mais pas n'importe comment. Je n'ai pas envie de grandir et que la qualité s'en aille. Je n'ai pas envie de...
- Speaker #0
Mais ça reste en optique. Développer sur la qualité, l'homme très haut de gamme.
- Speaker #1
Le marché a toujours raison, on verra. On verra s'il y a une demande. En tout cas, on veut le faire, mais correctement. Et oui, cibler des salons intemporels et toujours dans le haut de gamme. Et on suit notre développement step by step. Mais c'est vrai qu'on ne va pas se mentir, parce que c'est bien de faire briller. Mais le quotidien dans un métier en pénurie, il n'est pas facile. Quand on est face à nos responsabilités d'investissement, ce n'est pas facile. J'ai de moins en moins de cheveux.
- Speaker #0
Après, ça fait partie de la réalité du marché, ce que tu es en train de dire. La difficulté de beaucoup de choses. Le recrutement.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
Très difficile.
- Speaker #1
Et ne pas faire d'erreur de casting.
- Speaker #0
Ça peut coûter cher.
- Speaker #1
Il ne faut pas oublier que quand on est premium, il y a une attente. Donc, les erreurs passent moins bien chez le client. Donc, c'est très exigeant.
- Speaker #0
Il y a beaucoup d'exigences. et il y a... beaucoup de risques aussi à prendre. C'est-à-dire que au vu de ton histoire, on pourrait se dire « Ah, lui, il va bien. Tout va bien pour lui. » On ne sait pas forcément ce qui se passe dans ta compta, en fait.
- Speaker #1
Tout va bien. C'est notre travail de trouver des solutions. On ne va pas se mentir. C'est vrai que des fois, on se dit « Ok, comment on va faire ? » Allez, on y va.
- Speaker #0
Ce n'est pas tes clients qui vont payer tes crédents. C'est eux qui vont le payer indirectement, mais c'est toi qui prends les risques, en fait. Si ce n'est pas payé... C'est ton entité qui va prendre. Et puis, ta crédibilité face aux banques et face à tout le reste.
- Speaker #1
Face à l'ensemble. Donc, c'est ça. Il faut être prudent. Il faut faire attention. Mais je respecte mon ADN. Ça veut dire que là, par exemple, cette année, il y a eu des soucis. On s'est dit, OK, qu'est-ce qu'on fait ? Comment on agit ? Tu l'as dit. On a créé une cabine esthétique supplémentaire. On monte encore de niveau.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Je ne descends pas.
- Speaker #0
Tu apportes des solutions, mais au-dessus.
- Speaker #1
C'est ça. Et on optimise et on crée et on finalise ce concept.
- Speaker #0
On va vraiment jusqu'au bout. Et on continue de s'inspirer des gens qui font mieux que nous, des entreprises qui sont là depuis très longtemps. Et je m'inspire de tout, je me renseigne de tout. Des chaînes, d'autres secteurs comme les maisons de luxe, etc. Et je vais voir ce qui marche. Et je reprends et on continue et on travaille.
- Speaker #1
S'inspirer, c'est très important. Et du coup, justement, quand tu as des gens qui sont très inspirants autour de toi et la chance d'avoir été formé par American Crew avec ses processus et tout ça, Je dis la chance parce que... Je pense que toutes les maisons, les partenaires n'ont qu'une envie, c'est de voir briller leurs clients. Et en l'occurrence, pour nous, tu es une vraie success story qui a encore évolué. Il faut continuer comme ça. Mais c'est vrai que ton histoire, elle est vraiment poussée de ce départ de petit salon à l'arrivée de ce que tu as fait. Ça peut donner de l'envie à cette jeunesse de se dire que c'est possible. Je peux commencer dans mon garage, comme beaucoup de coiffeurs ont fait. Beaucoup, bien sûr. Moi, j'ai coupé beaucoup de cheveux dans le garage de chez mes parents, à tous mes copains. Puis après, j'ai ouvert mon petit salon à Perpignan, en plein centre-ville. Et puis après, ça ne me suffisait plus. J'ai ouvert un deuxième, puis j'ai commencé à acheter des murs, un petit salon de 50 mètres carrés. Et puis aujourd'hui, j'ai fini avec un salon de 150 mètres carrés, avec six collaborateurs en tout dedans. Mais pareil, je n'étais pas prédestiné à tout ça. Donc au final, cette éducation que tu as, que j'ai eue grâce à un partenaire comme American Crew, ça m'a élevé et ça m'a donné une mentalité qui me dit, en gros aujourd'hui, c'est notre job en tant que formateur, en tant que all-star, en tant que coiffeur, d'élever notre métier vers le plus haut sommet. C'est-à-dire faire en sorte qu'on soit aussi crédible qu'un médecin.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
Clairement.
- Speaker #0
Exact, mais il faut une légitimité pour ça. La formation, la connaissance.
- Speaker #1
La légitimité, on l'a. Parce qu'au final, à l'école, on apprend tout ce qui est biologie. Sauf qu'on oublie que c'est le plus important presque, j'ai envie de dire. Parce que couper des cheveux, au final, tout le monde coupe des cheveux. Tous les coiffeurs coupent des cheveux. Ça, c'est important de le relever. La manière dont on coupe les cheveux, c'est une chose. Tout le monde peut couper des cheveux de la même manière. Ça, c'est clair avec une méthodologie. Mais ce qu'on ne peut pas faire, c'est faire vivre une expérience. C'est-à-dire, si toi, tu n'es pas en mode, je crois en l'expérience que je vends, c'est ça, en fait, c'est la seule différence aujourd'hui dans notre métier qui va faire qu'on va venir chez un Ciro plutôt que chez un Guillaume. C'est l'expérience que tu vends par rapport à celle que moi, je vais vendre. et c'est notre histoire en fait notre expérience tu peux pas la copier à quelqu'un tu peux pas dire bah tiens lui ce qu'il fait je vais faire exactement pareil dans mon salon ça ne marchera pas parce que c'est pas mon identité exactement mon identité m'appartient à moi tu vois moi je suis dans les années 30-40 j'ai toujours voulu ce concept de salon parce que j'aime cet univers là c'est intemporel ça me plaît mais c'est mon histoire à moi et personne ne peut la recréer cette histoire il y en a qui ont essayé mais ça ne marche pas donc au final il faut vraiment s'intégrer de son ADN et toi c'est ce que t'as su faire et c'est ce que j'admire
- Speaker #0
Merci beaucoup. J'ai entendu dans Un Chef Étoilé, je ne sais plus si c'est HBest, que c'était par l'excellence que tout se passait. Au plus on essaie d'être excellent, au plus on monte le niveau, au plus on rend quelque chose de qualitatif et le succès passe par là. La reconnaissance passe par là. C'est comme dans le sport. Il y a de plus en plus de sportifs de haut niveau qui battent des records sans arrêt. Pourtant, ça paraissait impossible avant. dans le métier, dans notre métier ou dans beaucoup de métiers, c'est comme ça que ça fonctionne. Il faut aller viser l'excellence et une nouvelle génération qui arrivera et qui fera mieux que nous. Et crescendo, ça va. Et tant mieux. Et tant mieux pour nos clients, en tout cas.
- Speaker #1
Tant mieux, oui.
- Speaker #0
Tant mieux pour nos clients.
- Speaker #1
Après, il y a une histoire de culture. C'est à nous aussi de donner la culture de la coiffure haut de gamme, moyen haut de gamme, du moins, pour que les clients ne se disent pas qu'une coupe de cheveux, ce n'est qu'une coupe de cheveux.
- Speaker #0
Pas que moi, je pense qu'il y a tout. l'accompagnement qui va autour. Il y a un accompagnement,
- Speaker #1
effectivement, il y a un vrai travail de recherche.
- Speaker #0
Il y a un vrai travail de recherche et de personnaliser. En fait, on doit personnaliser les services. Ça, c'est super important, c'est ce que je dis à mes équipes. Chaque client est différent, ils ont tous une problématique différente, ils ne viennent pas chercher la même chose, mais on doit pouvoir leur donner un service qui est personnalisé. Et ça passe par mille et une choses, techniquement déjà, pouvoir apporter les tendances, être à jour, etc.
- Speaker #1
Il manque l'homme à changer aussi.
- Speaker #0
Il change encore.
- Speaker #1
Et il change encore parce qu'à l'époque, l'homme, c'était vraiment de la coiffure, juste de l'hygiène. C'est-à-dire, on raccourcit.
- Speaker #0
3, 6, 9, 1 centimètre au-dessus. En gros, c'est ça.
- Speaker #1
Mais aujourd'hui, grâce à des visions plus pointilleuses du métier, de la recherche de besoins, du diagnostic, c'est ce que disait sur un podcast Samy, au niveau de remédier, détecter, enfin détecter, remédier et pouvoir expliquer justement ce qui se passe sur la tête d'un client. Ça, c'est une nouveauté, mais ça a toujours existé au final. C'est juste qu'on ne le faisait pas.
- Speaker #0
On ne le faisait pas. Exactement.
- Speaker #1
Mais en coiffure femme, ça a toujours existé de diagnostiquer. Sauf que les femmes sont beaucoup plus éduquées à ça. Les hommes, non.
- Speaker #0
Oui, nous, on doit aller un peu plus creuser. C'est pour ça qu'on pose des questions.
- Speaker #1
Mais si on met ça en place dans tous les centres de coiffure d'hommes. de toute la France ou du monde entier, la coiffure homme sera au même niveau que la coiffure femme en termes de tarifs déjà. Ça sera normal.
- Speaker #0
Tout à fait. Mais maintenant, l'accompagnement est essentiel, mais aussi dans le milieu. En faisant son travail, on vit mieux. Je m'explique. Le client, il vient pour une coupe à la base. Il vient peut-être pour 30, 40 euros. Ça dépend des tarifs. Mais on voit une désquamation. C'est impensable de couper sans lui en faire part, sans discuter avec lui, sans lui... proposer une alternative pour ne plus que ça arrive parce qu'il va rien vous dire on pourrait très bien faire la coupe et c'est terminé, peut-être qu'il ne s'en rend même pas compte j'ai des pellicules mais c'est en plus c'est la métaphore la plus frappante c'est pour ça que je parle notamment de l'antipel évidemment il y a un conseil qui suit derrière et il va être content, il va se dire c'est génial j'ai plus de pellicules ma femme m'embête plus parce que j'ai des peaux sur le t-shirt noir et bien finalement il est venu pour faire sa coupe à 30 euros, il est reparti avec le shampoing donc on a monté notre fiche, nous on est content lui il est content, il n'a plus de problème Et il se dit, mon coiffeur, c'est un tueur.
- Speaker #1
Et du coup, tu le fidélises. Et il est fidélisé. Parce qu'il y a un truc qui se passe, c'est ce qu'il se dit. Ça fait des années que j'ai ce problème de désquamation et on ne m'a jamais parlé de ces pellicules.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Donc au final, je suis conscient que j'ai un truc aujourd'hui, ce qui se passe sur mon cuir chevelu, mais je suis conscient aussi que je peux réparer ça.
- Speaker #0
Et là, on parle d'un produit.
- Speaker #1
Oui. On parle d'un produit. Tu peux le décliner à l'infini.
- Speaker #0
Exactement. Mais là, par contre, sur la vie et la pérennité des entreprises dans le secteur de la coiffure, ça passe par là.
- Speaker #1
Je suis d'accord.
- Speaker #0
Parce qu'à tous se tirer la bourre, à dire, moi je vais faire un peu moins cher, comme ça j'ai plus de clients, etc. On a de moins en moins de rentabilité.
- Speaker #1
C'est pas ça qui va faire...
- Speaker #0
Déjà, c'est pas la solution, parce qu'on se tire tous vers le bas. Mais en plus de ça, on va pérenniser notre entreprise. Le client est content, il est satisfait, il est fidélisé, et en plus de ça, tout le monde est gagnant, en fait, dans le jeu. Par l'excellence, par le diagnostic. Donc voilà, ça c'est ma vision.
- Speaker #1
Et en plus, on travaille beaucoup moins stressé. C'est-à-dire que... On ne se dit pas, il faut que je fasse du volume, de la quantité pour pouvoir réussir à faire mon chiffre d'affaires. Là, on va travailler sur la pertinence d'accompagner un client, de le conseiller fortement pour qu'il soit au top de sa beauté et que son suivi beauté soit bien suivi à la maison. Et tout ça va faire que tu vas faire en sorte que cet homme, il brille et il va se dire, Kevin a fait en sorte que moi, j'existe dans cette vie et que je sois beau. Donc, c'est notre rôle, en fait, que de sublimer. nos clients.
- Speaker #0
Et ça passe par la formation, ça passe par le point de départ de notre histoire sur ce podcast, ça commence par là. Simplement, la connaissance de ce qu'on utilise, des produits qu'on utilise, et s'inspirer des personnes qui ont de toute façon plus d'expérience que nous. Et c'est énorme. C'est énorme le résultat. 10 ans seulement. Vous avez vu ce 10 ans ?
- Speaker #1
C'est énorme. Si aujourd'hui, pour le dernier mot de la fin, si aujourd'hui tu devais donner un conseil à un jeune entrepreneur qui veut ouvrir son entreprise, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #0
J'aime pas donner des conseils. J'aime pas donner des conseils parce que chacun a une vie différente. Sa vie, c'est pas la mienne. Mais...
- Speaker #1
Entoure-toi, peut-être.
- Speaker #0
Entoure-toi des bonnes personnes. Moi, je dis toujours, tu deviens la moyenne... C'est ce que je dis à mes enfants. Tu deviens la moyenne des cinq personnes que tu vas fréquenter le plus. Entoure-toi des bonnes personnes qui vont te tirer vers le haut et qui vont t'inspirer. Et ensuite, fais ta vie. En fait, reprends toutes les recettes de tout le monde et fais-la ta sauce.
- Speaker #1
Oui, ça, c'est très bien.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
C'est pas mal. Après, il y a cette histoire de qu'est-ce que tu veux devenir aussi. Qu'est-ce que tu as envie d'être ?
- Speaker #0
Exactement. Mais vraiment, s'inspirer des bonnes personnes.
- Speaker #1
Et si toi, il y a dix ans en arrière,
- Speaker #0
on te disait que tu allais finir avec un salon comme ça, qu'est-ce que tu aurais dit ? Jamais, sincèrement jamais. Non, mais honnêtement, non, c'était pas...
- Speaker #1
L'éducation que tu as suivie auprès de ton partenaire t'a aidé à devenir ce que tu es aujourd'hui ?
- Speaker #0
Ah, largement. Largement.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #0
Largement. La rencontre avec la marque a complètement changé ma vie. Après, la marque est en contact avec des milliers, voire des millions de coiffeurs à travers le monde. Mais il faut être éveillé. quand on est en formation il faut être réveillé il faut penser plus loin il ne faut pas juste suivre et prendre des notes et qu'on les laisse de côté que ça prenne la poussière après la formation il y a un travail il faut être réveillé et là c'est la recette magique parce que tout le monde est content c'est pas comme si t'achetais une formation en ligne je
- Speaker #1
fais la formation forcément j'acquiers la compétence et c'est parti je suis assez d'accord avec toi sur ça tu prends la formation tu mets en application et tu adaptes c'est ça
- Speaker #0
et la remise en question c'est un métier qui évolue jusqu'à la fin en tout cas je te remercie
- Speaker #1
Kevin d'avoir accordé du temps pour ce podcast et je te souhaite encore beaucoup d'évolution dans notre profession, dans cette magnifique profession qui est la coiffure homme et barbier, à très bientôt on est là pour ça,
- Speaker #0
à bientôt, merci beaucoup merci,
- Speaker #1
avec plaisir, merci d'avoir écouté le podcast d'American Crew, merci à nos experts passionnés et passionnants pour ce nouvel épisode. Pensez à vous abonner, à commenter et à partager autour de vous pour vous aussi faire partie du groupe.