Speaker #0Merci par avance de vous abonner à ce podcast si vous l'aimez, ça m'aide beaucoup pour sa création. Hé, pssst, escalader un mur lisse comme du verre, ça paraît impossible, non ? Pourtant, le gecko le fait chaque jour, et nos ingénieurs s'en inspirent pour inventer des matériaux futuristes. Bienvenue dans Animate Rae, Murmure du vivant. Chaque jour, la Terre nous raconte une histoire. Je suis Flore, j'aime contempler la nature, chercher à la comprendre et partager ce bonheur immense. Bonjour vous. Aujourd'hui, je vous emmène dans un laboratoire pas comme les autres. Ces murs, des forêts, des rivières, des falaises. Ces professeurs, les oiseaux, les plantes, les insectes, découvrons ensemble le biomimétisme. La Terre a eu... 3,8 milliards d'années pour expérimenter. Nous, avec nos quelques siècles d'ingénierie, on débarque un peu comme des stagiaires en retard le premier jour. Alors on observe, et parfois tout commence par une simple promenade. Un Suisse, Georges de Mestral, rentre de balade avec son chien couvert de bardane. Plutôt que de râler, il regarde de près, de minuscules crochets accrochés au poil. Et il comprend. La nature lui tend une idée. Ce sera le velcro. Attention, pour les personnes sujettes à la misophonie, cette hypersensibilité à certains bruits du quotidien. Et je compatis, moi qui frissonne au simple contact du coton. La séquence qui suit pourrait ressembler à une petite séance de torture. Ça va ? Vous avez supporté ? Personnellement, c'est un son que j'arrive à gérer. Je vis avec un birdie de colis, sorte de pollux poilu qui transforme chaque crapahutage en élevage industriel de bardane. Dorénavant, je le verrai comme un scientifique sur pattes. Mais l'inspiration ne se cache pas seulement dans les champs. Elle se dresse aussi au cœur de nos villes. Prenez la tour Eiffel. Derrière ce colosse de fer se devine un os. Gustave Eiffel s'est inspiré de la structure du fémur humain. Léger, creux, incroyablement solide. Si elle tient encore debout après plus d'un siècle, c'est un peu grâce à nos squelettes. Et puisque nos yeux sont déjà levés vers la dame de fer, laissons-les filer plus haut encore, vers la lumière. Le bleu des papillomorphos n'est ni une encre ni une teinture. Leurs ailes sont recouvertes de minuscules écailles qui jouent avec la lumière comme des miroirs microscopiques. Selon l'angle, elles ne renvoient qu'une seule couleur, le bleu, d'où cette impression qu'ils brillent de l'intérieur. changeant subtilement à chaque battement d'ailes. Une couleur qui n'existe pas dans la matière, mais seulement dans la lumière. Quittons le ciel et plongeons maintenant sous la surface de l'eau. La peau des requins, hérissée de minuscules écailles dentelées, réduit la traînée et empêche les bactéries de s'accrocher. Ce détail a inspiré des revêtements hospitaliers antimicrobiens, comme quoi... Même le grand prédateur des océans peut se retrouver sauveur de vie. Restons encore un peu dans l'eau, mais remontons cette fois à la surface, à la découverte d'une plante singulière, le lotus. Sa feuille reste impeccable, même dans l'eau boueuse. Ses micro-reliefs empêchent l'eau d'adhérer, et les gouttes glissent en emportant la saleté. C'est l'effet lotus. Aujourd'hui, il inspire non seulement des façades auto-nettoyantes, Des tissus qui défilent les tâches, mais aussi des revêtements hospitaliers plus propres et plus sûrs. La pureté d'une fleur devenue astuce de pressing et d'hygiène médicale. Malheureusement, toutes nos ambitions à s'inspirer de la nature ne sont pas couronnées de succès. Immédiat pour le moins. Prenons Léonard de Vinci, non moins talentueux par ailleurs. Il passait des heures à observer les oiseaux et dessiner des machines volantes à ailes battantes. Ingénieux, mais irréalisable. Trop lourde, trop rigide. Il avait compris l'esprit mais pas encore les détails. On pourrait dire qu'il avait inventé l'avion mais avec un crash garanti dès le décollage. Et l'imitation ne se limite pas à la technique. Elle s'invite aussi dans nos cultures et jusque dans nos mots. Cocorico, cuicui, maou, des onomatopées qui reproduisent les sons du vivant pour mieux les apprivoiser. Ce n'est pas du biomimétisme au sens strict. Mais la logique est la même. Observer, copier, comprendre. Au fond, le biomimétisme, c'est un regard sur le monde, non pas comme une usine à exploiter, mais comme un maître à écouter. Alors la prochaine fois qu'une bardane s'accroche à votre pantalon, qu'un papillon traverse votre chemin, ou qu'un coq chante un peu trop tôt, souvenez-vous, derrière chacun de ces petits riens sommeille peut-être une invention. Dans le prochain épisode, nous irons vers un monde vert et silencieux, mais pas si calme qu'il en a l'air. Les plantes, elles communiquent, elles s'allient, elles se défendent. Et parfois elle triche. Merci d'avoir écouté Anima Terrae, Murmure du vivant. Et souvenez-vous, gardez les yeux grands ouverts sur la beauté simple du monde qui nous entoure.