Speaker #0Merci par avance de vous abonner à ce podcast si vous l'aimez, ça m'aide beaucoup pour sa création. Hé, psst ! Un corps qui apprend plusieurs manières de respirer. Nous ne pouvions pas passer à côté. Bienvenue dans Anima Terrae, Murmure du vivant. Chaque jour, la Terre nous raconte une histoire. Je suis Flore, j'aime contempler la nature, chercher à la comprendre et partager ce bonheur immense. Bonjour vous ! Aujourd'hui j'aimerais vous parler d'animaux que l'on croit modestes, parfois un peu maladroits et qui pourtant comptent parmi les plus anciens et les plus performants du vivant. Il s'agit des anours, un groupe qui rassemble notamment les grenouilles, les crapauds, les rainettes et les aigus. Avant d'entrer dans le détail, il est utile de préciser que ces animaux appartiennent à un ensemble plus large, celui des amphibiens. Les amphibiens sont des animaux à la peau nue, capables de vivre entre deux mondes. Ils commencent leur vie dans l'eau, puis pour la plupart, passent une grande partie de leur existence sur Terre, sans jamais rompre totalement avec le milieu aquatique. Parmi eux... Certaines lignées conservent une queue toute leur vie, comme les salamandres et les tritons, tandis que d'autres, plus rares et difficiles à observer, vivent enfouies dans le sol. Les anours, eux, se reconnaissent à une caractéristique simple. À l'âge adulte, ils n'ont plus de queue. Ce sont ceux que nous appelons, dans le langage courant, grenouilles ou crapauds, même si ces termes usuels ne correspondent pas toujours à une classification scientifique précise. Les anneaux sont apparus il y a plus de 200 millions d'années. Ils ont traversé des extinctions massives, des bouleversements climatiques majeurs et des continents en mouvement. Et pourtant, ils sont encore présents aujourd'hui sur presque toute la planète. On les retrouve dans des milieux très variés. Leur point commun n'est pas le climat mais l'eau. Car l'eau est indispensable à leur naissance et au moins temporairement à leur reproduction. Les anneaux vivent ainsi sur une frontière permanente. entre deux mondes. Ils commencent leur vie sous forme de tétards, un stade durant lequel ils respirent grâce à des branchies, à la manière des poissons. Puis, leur corps se transforme de façon radicale. Des pattes apparaissent, les poumons se développent et la queue disparaît, recyclée par l'organisme lui-même. Il ne s'agit pas d'une simple croissance, mais d'une métamorphose complète, finement régulée par des hormones et des tétards. très sensible à l'environnement. Lorsque la marde s'assèche ou que les conditions se dégradent, le corps accélère ses transformations et l'animal quitte l'eau plus tôt, parfois plus petit mais vivant. Chez l'adulte, tout est organisé pour fonctionner efficacement. Le seau, par exemple, n'a rien d'anecdotique. Toute la morphologie des anneaux est construite pour cette locomotion. Les longues pattes arrières, le bassin mobile et la capacité des os à restituer l'énergie permettent à certains individus d'effectuer des bonds pouvant atteindre plus de 20 fois la longueur de leur corps. Il ne s'agit pas d'une prouesse gratuite, mais d'une stratégie de survie qui privilégie la fuite rapide plutôt que l'affrontement. Cette capacité d'adaptation prend cependant des formes très différentes selon les espèces. Certaines, comme les rainettes, ont conquis la hauteur grâce à de petites pelotes adhésives situées au bout de leurs doigts. Elle grimpe aux arbres et se déplace avec une aisance remarquable dans un monde vertical. D'autres anours font un choix radicalement différent. Face à la chaleur, à la sécheresse ou au danger, ils s'enfouissent sous terre en quelques secondes, disparaissent du paysage jusqu'au retour de conditions plus favorables. Le fonctionnement interne est tout aussi remarquable. Les anours adultes utilisent plusieurs modes de respiration. La peau fine, très vascularisée, et la cavité bucco-pharyngée grâce à de légers mouvements du plancher de la bouche. Ces modes ne sont ni constants ni équivalents, mais leur combinaison permet aux anours de rester longtemps sous l'eau, d'hiverner dans la vase ou de survivre dans des milieux pauvres en oxygène. La peau joue d'ailleurs un rôle central. Elle permet les échanges respiratoires. Elle peut produire des substances toxiques dissuasives et elle constitue un moyen de défense. efficace. Mais cette même peau est aussi d'une grande vulnérabilité, car polluants et pesticides la traversent facilement. C'est pour cette raison que les amphibiens sont considérés comme de puissantes sentinelles écologiques et que leur déclin n'est jamais anodin. Depuis longtemps, les anours occupent également une place importante dans les sciences et en médecine. Leur développement embryonnaire et leur métamorphose ont permis de mieux comprendre comment des hormones orchestre des transformations profondes du corps et comment certaines substances peuvent perturber ces équilibres. Dans l'art et l'imaginaire collectif, la grenouille incarne depuis longtemps la transformation et le passage, non par effet de style, mais parce que sa biologie même donne forme à cette idée de changement. Et pourtant, malgré leur ancienneté et leur ingéniosité, les anours déclinent aujourd'hui un rythme inquiétant. Ce déclin ne s'explique pas par une mauvaise adaptation, mais par le fait que le rythme le rythme de nos transformations dépasse largement leur capacité d'ajustement. Peut-être ont-ils alors quelque chose à nous apprendre sur l'adaptation, sur la sobriété et sur une forme de performance qui n'a pas besoin de se montrer pour être efficace. Dans le prochain épisode, j'élargirai encore le regard et je vous parlerai du pouvoir extraordinaire des animaux, un pouvoir sans démonstration mais d'une efficacité redoutable. Merci d'avoir écouté Anima Terrae, Murmure du vivant. Et souvenez-vous, gardez les yeux grands ouverts sur la beauté simple du monde qui nous entoure.