Speaker #0Merci par avance de vous abonner à ce podcast si vous l'aimez, ça m'aide beaucoup pour sa création. Bienvenue dans Anima Terrae, Murmure du vivant. Chaque jour, la Terre nous raconte une histoire. Je suis Flore, j'aime contempler la nature, chercher à la comprendre et partager ce bonheur immense. Bonjour vous. Avez-vous déjà levé les yeux dans une forêt, au printemps ou en été, et vous êtes redemandé pourquoi tout est si vert ? Et pourquoi à chaque automne, ce vert s'efface, remplacé par des jaunes éclatants, des rouges flamboyants, des ors presque irréels ? La réponse tient à la science, mais aussi un peu à la poésie. Les feuilles sont vertes grâce à la chlorophylle. Ce pigment capte la lumière du soleil et permet à l'arbre de fabriquer son énergie. Des sucres dont ils se gavent sans complexe. Et pourtant, ils gardent toute l'année un body summer élégant jusque dans ses branches. Le vert domine, parce que la chlorophylle absorbe presque toutes les couleurs, sauf le vert, qu'elle nous renvoie. Autrement dit, si les feuilles paraissent vertes, c'est uniquement parce qu'elles rejettent la couleur dont elles n'ont pas besoin. Une couleur par excès ou plutôt par refus. On vous rend les couleurs, merci, mais on n'en veut pas. Mais ce vert si intense au printemps n'est pas éternel. Quand les jours raccourcissent, que la lumière faiblit, l'arbre se prépare à l'hiver. Il retire peu à peu la chlorophylle de ses feuilles, comme on plie un manteau qu'on ne portera plus. Et là, les pigments cachés apparaissent, les caroténoïdes qui donnent les jaunes et les oranges, et les anthocyanes qui enflamment les érables de rouge et de violet. L'automne ! c'est un peu comme un dernier bal coloré avant le grand silence. Mais attention, la couleur n'est pas toujours synonyme de pure beauté. Certaines plantes carnivores, comme les népenthes, utilisent des teintes rouges pour attirer les insectes avant de les piéger. Comme quoi, même dans la nature, l'éclat peut cacher une intention perfide. Les humains, eux, y ont vu autre chose. Chez certains peuples amérindiens, on racontait que les arbres s'embrasaient de l'intérieur avant de s'endormir. En Asie, on fait encore des pèlerinages pour admirer les érables rouges, comme si les arbres devenaient des temples éphémères. Et chez nous ? Combien de poètes ont comparé les forêts d'octobre à des cathédrales en flammes ? En philosophie, l'automne est une métaphore de la vie qui décline, mais s'embrase encore. Montaigne parlait de la sagesse d'accepter ce qui tombe. Rilke écrivait que les feuilles tombent comme si les cieux lointains flétrissaient toutes choses. Et Camus, à l'inverse, transformait la mélancolie en beauté. Pour lui, l'automne était un second printemps, où chaque feuille est une fleur. En psychologie aussi, les saisons résonnent. L'approche existentielle, inspirée par Viktor Frankl ou Irvinia Lom, rappelle que la vie nous confronte à de grandes questions. La liberté, le temps qui passe, la finitude, et que nous avons à trouver du sens même dans ce qui échappe à notre contrôle. Dans cette perspective, L'automne devient une étape symbolique, un temps de récolte et de dépouillement qui nous invite à lâcher prise pour préparer un renouveau. Carl Gustav Jung y voyait un archétype de transformation intérieure, un passage vers l'inconscient. Plus concrètement, le psychiatre normal Rosenthal a montré que la lumière déclinante influence notre humeur, parfois jusqu'aux troubles affectifs saisonniers, appelés aussi « dépressions saisonnières » . Mais pour d'autres cliniciens, Cette saison peut aussi être vécue comme un ralentissement bénéfique, une invitation à se recentrer. Et cette fascination ne s'arrête pas aux poètes ou aux psychologues. En art contemporain aussi, l'automne inspire. L'artiste Olafur Eliasson, par exemple, recrée la lumière changeante de la nature dans son œuvre The Wither Project à la tête moderne de Londres. Il a plongé tout un musée dans un immense soleil artificiel. Une expérience presque mystique. Comme si l'on entrait dans l'automne, mais à l'intérieur. Alors la prochaine fois qu'une feuille tombera sur votre épaule, souvenez-vous qu'elle ne vous offre pas seulement un spectacle. Elle vous envoie un message, verte quand tout va bien, doré quand la saison décline, rouge pour impressionner. Dans le prochain épisode, nous aborderons un sujet plus grave, mais tout aussi mystérieux. La mort vue à travers les yeux des animaux. Des éléphants qui reviennent toucher les ossements. Aux singes qui veillent longtemps leurs petits, ces comportements troublants nous interrogent. Simple instinct ou véritable rituel funéraire ? Merci d'avoir écouté Anima Terae, Murmure du vivant. Et souvenez-vous, gardez les yeux grands ouverts sur la beauté simple du monde qui nous entoure.