Speaker #0Merci par avance de vous abonner à ce podcast si vous l'aimez, ça m'aide beaucoup pour sa création. Psst, tu savais qu'un minuscule oiseau peut plonger comme un sprinter, lancé à près de 40 km heure ? Bienvenue dans Animaterae, murmure du vivant. Chaque jour, la Terre nous raconte une histoire. Je suis Flore, j'aime contempler la nature, chercher à la comprendre et partager ce bonheur immense. Bonjour vous ! Si je vous parle d'un minuscule oiseau éclatant, au plumage bleu turquoise et orange flamboyant, d'un oiseau qui file au ras de l'eau comme une flèche et disparaît en une seconde, reconnaîtrez-vous son nom ? Nous parlons aujourd'hui du Martin Pêcheur. dont vous aurez peut-être connu le chant. Et nous allons tâcher d'en apprendre un peu plus sur lui ensemble. Le Martin Pêcheur, c'est un peu la vedette des berges. Avec ses 16 cm à peine, il a pourtant l'allure d'un guerrier. Une tête énorme par rapport à son corps, un bec taillé comme une dague et des couleurs qu'on croirait sorties d'une boîte de bijoux. Son bleu incroyable n'est pas vraiment du bleu. Il n'y a aucun pigment. Ses plumes fonctionnent comme des prismes microscopiques qui décomposent la lumière. C'est le même phénomène que pour les ailes des papillons morphos, où les plumes dépendent. Ce jeu d'optique transforme la lumière en un turquoise métallique éclatant, qui semble briller de l'intérieur, comme si cet oiseau portait son propre projecteur. Mais derrière l'éclat, sa vie est une course contre le temps. Il vit rarement plus de deux ou trois ans. Pendant ce court passage sur Terre, il doit tout accomplir. Le couple se forme au printemps, fidèle pour une saison entière. Si les deux survivent, il arrive qu'ils se retrouvent l'année suivante. Mais le Martin pêcheur n'est pas un éternel romantique. Il est surtout fidèle à ses propres besoins. Le couple creuse ensemble un terrier dans une berge sablonneuse, parfois longue d'un mètre, au bout duquel se trouve une chambre sombre. La femelle y pond 5 à 7 oeufs et là commence un véritable marathon pour les deux parents. On a faim, on a faim, on veut manger ! Ils pêchent sans relâche pour nourrir la couvée jusqu'à... 80 poissons par jour. En une saison, ils peuvent avoir deux, parfois trois pontes. Ce qui veut dire qu'au cours de sa brève existence, un seul Martin pêcheur peut voir éclore 20, 30, parfois 40 petits. Tous n'y survivront pas, bien sûr. Mais l'oiseau a trouvé sa manière d'aller vite, très vite, pour laisser sa trace. On l'associe souvent aux rivières, mais on peut le rencontrer ailleurs, en mer aussi. Et oui ! Moi, j'en ai vu un surgir d'une grotte marine pour mon plus grand plaisir. On le retrouve partout dans le monde, en Europe, en Afrique, en Asie, en Australie. Plus de 90 espèces différentes existent. Certaines ne mesurent que 10 cm, quand d'autres font la taille d'une pie. Mais partout, on le reconnaît. Même tête massive, même bec pointu, même vol tendu. Et c'est pour ça qu'on l'aime tant. Il est si iconique qu'il a inspiré le Shinkensen, le train à grande vitesse japonais. Les ingénieurs cherchaient à réduire le bruit en sortie de tunnel. En observant le bec du Martin Pêcheur entrant dans l'eau sans éclaboussure, ils ont eu l'idée de remodeler l'avant du train. Plus rapide, plus silencieux, plus économe en énergie. Comme quoi, parfois, la nature tient le brevet avant nous. Et ce n'est pas tout, écoutez un peu. Dans la mythologie grecque, Alcyone et CX, un couple d'amoureux, osèrent se comparer à Zeus et Hera. Punis par les dieux, CX... périt en mer, foudroyé par Zeus. Désespéré, Alcyone se jeta à son tour dans les flots. Émus par leur malheur, les dieux l'échangèrent en Martin Pêcheur pour qu'ils puissent rester ensemble pour l'éternité. On raconte alors qu'Éole, le père d'Alcyone et maître des vents, calma la mer chaque hiver pour permettre à l'oiseau de pondre ses œufs au bord des vagues. Ces périodes de calme furent appelées les jours alcyoniens. Et aujourd'hui encore, on utilise ce mot en l'utilisant. littérature pour parler d'un temps miraculeux, de paix et de douceur au cœur de l'hiver. Peut-être est-ce pour cela que notre petit oiseau, malgré sa beauté et son histoire légendaire, n'a pas la vie facile, comme si la tragédie de ses ancêtres mythologiques continuait à l'accompagner. À chaque plongée, il défie le destin, mais il rate sa pêche trois fois sur quatre. Et pourtant, il replonge encore et encore avec la même ardeur, fidèle à son histoire et fidèle à la vie. Alors la prochaine fois, qu'une flèche bleue traversera votre regard. Souvenez-vous, la beauté n'a pas besoin de durer pour être bouleversante. S'émerveiller d'un instant, c'est déjà aimer le monde. Dans le prochain épisode, nous quitterons les rivières pour lever les yeux au ciel. Et si le ciel grondait sa colère, nous plongerons dans la lumière et le fracas des orages. Merci d'avoir écouté Anima Terrae, Murmure du vivant. Et souvenez-vous, gardez les yeux grands ouverts sur la beauté simple du monde qui nous entoure.