Speaker #0Merci par avance de vous abonner à ce podcast si vous l'aimez, ça m'aide beaucoup pour sa création. Hé, psst, savez-vous quel événement naturel a ravagé Paris en 1788, détruit les récoltes et précipité une crise qui allait changer l'histoire ? Bienvenue dans Animaterae, murmure du vivant. Chaque jour, la Terre nous raconte une histoire. Je suis Flore. J'aime contempler la nature, chercher à la comprendre et partager ce bonheur immense. Bonjour vous. Aujourd'hui, je vous emmène sous un ciel qui s'assombrit. Un ciel où la lumière se déchire, où le tonnerre tonne et où nous nous sentons tout petits. Parlons de ce grand théâtre qu'est l'orage. On confond souvent tout. L'orage, c'est le spectacle entier, nuages. Pluie, éclair et tonnerre. L'éclair, c'est le flash lumineux. Le tonnerre, c'est le bruit qui suit, provoqué par l'air qui se dilate brutalement sous la chaleur de l'éclair. Et quelle chaleur ! Un éclair peut atteindre 30 000 degrés Celsius, cinq fois plus chaud que la surface du soleil. Pas étonnant que ça claque un peu. Et il va vite ! 30 000 km par seconde. La lumière nous parvient instantanément, alors que le son, lui, traîne derrière. C'est pour ça qu'on compte les secondes entre l'éclair et le tonnerre. Trois secondes, c'est environ un kilomètre. Une petite règle simple pour savoir si le danger se rapproche. Car oui, ce spectacle peut être mortel. Ne jamais s'abriter sous un arbre isolé, ne pas courir en plein champ, mieux vaut s'accroupir les pieds rapprochés. Et à la maison, évitez de prendre une douche. La foudre adore voyager par les tuyaux. Il voulait se laver, il a fini lavé du monde. C'est une épitaphe que je ne saurais vous envier. Et parfois elle frappe là où on ne l'attend pas. En 1975, au Congo, pendant un match de football, la foudre est tombée sur le terrain. Les 11 joueurs de l'équipe de Benazadi sont morts sur le coup. L'équipe adverse, elle, est sortie indemne. Un hasard terrible qui a nourri les rumeurs de sorcellerie. Mais tous les éclairs ne sont pas les mêmes. Certains restent coincés entre les nuages, d'autres frappent le sol. On en trouve même qui partent du sol pour remonter vers le ciel. Il existe des éclairs aussi très rares, presque poétiques. Les sprites, de grandes décharges rouges qui dansent au-dessus des nuages, comme des fantômes lumineux. Et si je vous disais qu'il existe un endroit où ce spectacle éclate presque tous les soirs ? Pas en Bretagne, non. Au Venezuela, sur le lac de Maracaibo. Plus de 250 nuits par an. Les marins l'appelaient autrefois le phare de Maracaibo, car ses éclairs guidaient leurs navires. Imaginez un GPS céleste gratuit. Il y a ceux qui ne fuient pas, mais qui le traquent. Les chasseurs d'orage. Caméras braquées, radars portatifs et beaucoup de courage. Il sillonne les plaines américaines ou les Cévennes françaises pour capturer la beauté fugitive d'un éclair. Pour la science, cela aide à mieux prévoir cru et grêle. Pour la passion, c'est l'ivresse pure au risque de finir grillée comme une frite. Cette force destructrice et sublime, l'homme a longtemps voulu la dompter. Nikola Tesla dressait ses immenses bobines électriques rêvant de capter l'énergie des éclairs. Mais la foudre est trop capricieuse, trop sauvage. Elle se laisse contempler, jamais enchaînée. Et puisque l'homme ne peut la posséder, il en fait une muse. Les musiciens l'ont traduite en symphonie, coup de timbale et tempête orchestrale, comme dans l'opéra de Rossini en 1829, Guillaume Tell. Les peintres, eux, ont tenté de fixer sur la toile son éclat fugace. Navire balotté sous un ciel déchiré, horizon embrasé, nous pensons à Turner par exemple. Quant aux poètes, Ils y ont vu le passage des dieux, une lumière brève et sacrée qui fend la nuit. Victor Hugo écrivait « L'éclair, c'est Dieu qui passe » . Et même si aujourd'hui nous savons que ce n'est que de l'électricité, il reste ce sentiment de sublime, ce mélange de beauté et de terreur qui nous dépasse, et nous rappelle que nous ne sommes pas les maîtres du ciel. Alors la prochaine fois qu'ils grondent, peut-être que vous compterez les secondes entre l'éclair et le tonnerre. Mais peut-être aussi que vous choisirez de l'écouter comme une symphonie, de le regarder comme une toile vivante, ou de le lire comme un poème écrit à même la nuit. Et la semaine prochaine, nous irons voir comment la science s'inspire de la nature. Cela porte un nom, le biomimétisme. La nature est une inventrice qui inspire nos technologies les plus futuristes. Merci d'avoir écouté Anima Terrae, Murmure du vivant. Et souvenez-vous, gardez les yeux grands ouverts sur la beauté simple du monde qui nous entoure.