Speaker #0Merci par avance de vous abonner à ce podcast si vous l'aimez, ça m'aide beaucoup pour sa création. Psst, tu savais qu'il existe des êtres vivants qui étaient déjà là quand les pyramides d'Egypte étaient neuves, qu'ils ont vu naître et disparaître des civilisations entières sans jamais quitter leur sol ? Bienvenue dans Anima Terae, Murmure du Vivant. Chaque jour, la Terre nous raconte une histoire. Je suis Flore. J'aime contempler la nature, chercher à la comprendre et partager ce bonheur immense. Bonjour vous ! Aujourd'hui, je vous emmène à la rencontre d'un arbre fascinant, le séquoia. Ces géants ne sont pas de simples silhouettes vertes dans un paysage. Ils sont des citadelles vivantes des sentinelles de siècle. Leurs écarts sont comme des livres de temps où se lisent les incendies, les pluies, les sécheresses, les pas des hommes. On distingue trois espèces vivantes. Le séquoia géant, qui règne dans la Sierra Nevada et peut atteindre 95 mètres de haut. Le séquoia à feuilles d'if sur la côte californienne qui détient le record mondial avec Hyperion, 115 mètres. Et le séquillat de Chine ? longtemps connus seulement comme fossiles, redécouverts vivants dans les années 1940. Leur histoire est faite de légendes. Au XIXe siècle, un chasseur californien poursuivant un grizzly affirmait avoir découvert un être végétal si immense que ses compagnons éclatèrent de rire. Il fallait les emmener sur place pour qu'ils y croient. Les séquoias vivent dans des régions où les incendies font partie du cycle naturel. Leur écorce est... épaisse et spongieuse, agit comme une armure contre les flammes. Et paradoxalement, le feu leur est bénéfique. Leurs graines sont enfermées dans de petits cônes, semblables à des pommes de pin. Avec le temps, ou sous l'effet d'insectes, certains s'ouvrent d'eux-mêmes. Mais lorsqu'un incendie modéré traverse la forêt, la chaleur ouvre en masse ces cônes restés fermés depuis des années. libérant leurs graines sur un sol nettoyé et enrichi de cendres. Le feu ne leur est pas indispensable, mais il crée les conditions parfaites pour une nouvelle génération. Sans lui, les jeunes séquoias germent difficilement, étouffés par l'ombre et la végétation. On pourrait croire qu'en les plantant partout, on limiterait les incendies. Mais les séquoias ne les préviennent pas, ils vivent avec eux. Et leur bois, une fois coupé et privé de son écorce, brûle comme les autres. C'est pourquoi, malgré sa beauté, il est peu utilisé en architecture. Sa force réside dans son élévation vivante, enracinée, patiente. Sur la côte, les séquoias à feuilles d'hiv captent la brume du Pacifique. L'eau se condense sur leurs aiguilles, ruisselle le long des troncs et abreuve les racines. Ces arbres transforment littéralement l'air en pluie. Ils savent aussi remettre autrement. Certaines souches donnent naissance à de nouvelles pousses, formant parfois des cercles clonés, une même vie qui se répète sous d'autres formes. Leur nom rend hommage à Sequoia, un amérindien shiroqué qui inventa un alphabet pour son peuple, comme si la langue et la forêt s'étaient rejointes dans un même geste. Ces géants communiquent entre eux, leurs racines associées à des champignons invisibles, échangent nutriments et signaux chimiques de véritables communautés végétales unies dans le silence. Certains humains ont voulu leur rendre hommage, tenter de traduire leur force tranquille. L'artiste Patrick Meyer a créé une sculpture intitulée « Sequoia Mirabilis » élancée et verticale comme si le métal cherchait à imiter leur puissance immobile. Et dans les années 1990, l'activiste Julia Butterfly Hill a vécu plus de deux ans perché dans un séquoia menacé d'abattage. Son action a sauvé l'arbre, devenu symbole de résistance. Aujourd'hui, il ne reste que 5% des forêts originales de séquoia côtiers. Leur longévité, parfois plus de 3000 ans, fait d'eux de véritables archives vivantes des sécheresses, des pluies et des renaissances du monde. Le séquoia n'est donc pas qu'une curiosité botanique, c'est un témoin. Il nous rappelle ce que la Terre a traversé et ce qu'elle risque d'oublier. Dans le prochain épisode, après avoir côtoyé les cimes des séquoias, nous resterons dans l'élan du feu et du temps, mais en plongeant cette fois dans les entrailles de la Terre pour explorer le fascinant univers des volcans entre feu et métamorphose. Merci d'avoir écouté. « Anima terrae » « Murmure du vivant » Et souvenez-vous, gardez les yeux grands ouverts sur la beauté simple du monde qui nous entoure.