Speaker #0Merci par avance de vous abonner à ce podcast si vous l'aimez, ça m'aide beaucoup pour sa création. Hé, psst, savez-vous de quoi parler ? Arun Taizé F1 dit ça, quand on s'approche trop, on sait qu'on risque tout, mais on y retourne quand même. Bienvenue dans Anima Terrae, Murmure du Vivant. Chaque jour, la Terre nous raconte une histoire. Je suis Flore, j'aime contempler la nature, chercher à la comprendre et partager ce bonheur immense. Bonjour vous ! Aujourd'hui, plongeons ensemble vers les profondeurs de Gaïa, là où la terre respire, gronde et renaît sans cesse, à la rencontre des volcans. Ces derniers nourrissent les mythes. En Polynésie, Le feu prend un visage, Pellée, déesse de la lave et du désir. Elle détruit et féconde dans le même geste. Allons découvrir pourquoi il nous inspire tant. Sous nos pieds, la chaleur circule. À quelques mètres seulement, la température commence déjà à s'élever. Chaque kilomètre que nous descendons dans le sol fait grimper la chaleur d'environ 30 degrés Celsius. C'est ce qu'on appelle... le gradient géothermique. Concrètement, celui-ci s'exprime en Kelvin par mètre, soit environ 30 Kelvin par kilomètre. Ainsi, à 10 km de profondeur, la roche atteint déjà près de 300 degrés. Et plus bas encore, dans le manteau terrestre, au-delà de 50 km, la température dépasse les 3000 degrés. Là, la roche devient un plastique, se tord lentement ... et parfois font partiellement. De petites poches de magma se forment, mêlant roches, gaz et cristaux. Chargé de vapeur d'eau, de dioxyde de carbone et de soufre, ce magma cherche une issue. Lorsque la pression devient trop forte, le sol se fend et le feu jaillit. Rouge, vivant, incandescent. Un volcan né. C'est la planète qui parle, qui accouche d'elle-même. Allons-y ! Traversons ensemble la peau de pierre et débarquons en Islande. Ici, le feu et la glace se sont mariés, le vent fouette nos visages, le sol fume doucement et peut-être que les elfes nous observent derrière les pierres sombres. Sous nos pas, plus de 100 volcans au repos. En 2010, l'imprononçable Eyjafjallajökull A projeté ses cendres si haut que le ciel d'Europe s'est figé. Des milliers d'avions cloués au sol, un simple nuage, pour rappeler que la Terre ne demande jamais la permission. Quittons maintenant ces terres du Nord, balayées par les vents glacés de l'Atlantique. En traversant près de 13 000 km, nous passons des geysers à la moiteur équatoriale, du froid des glaciers à la touffeur des forêts tropicales. Sous nos pieds, la ceinture de feu du Pacifique s'anime. Une couronne de volcans encerclant l'océan, là où la planète respire le plus fort. Soudain, surgissent les îles d'Indonésie. Le Krakatoa a explosé ici au XIXe siècle. Savoie a fait le tour du monde. Plus loin, le Pinatubo. En 1991, s'est réveillé après cinq siècles de silence. Son panache est monté jusqu'à 35 kilomètres. pendant trois ans la terre a frissonné. Et alors que les peintres comme Pierre-Jacques Volère au XVIIIe siècle ont saisi la magnificence des éruptions sur leur toile, d'autres en captent aujourd'hui l'énergie, la chaleur des profondeurs transformée en force motrice. Sous certains territoires, comme en Islande ou dans le Pacifique, l'humain apprend à apprivoiser ce feu invisible. C'est la géothermie profonde, une alliance fragile entre la terre et l'ingéniosité humaine. Ainsi, il existe des volcans actifs, d'autres endormis et d'autres éteints. C'est le cas du Cantal en France, le plus grand stratovolcan d'Europe formé il y a environ 13 millions d'années. Son cratère d'origine dépassait 70 km de diamètre avant d'être érodé. Je vous convie à présent dans ma machine à remonter le temps. Nous voilà à Pompéi, en 79 après Jésus-Christ. Le Vésuve rugit. Sous la cendre, une ville retient son dernier souffle. La lave a figé la vie, surprise dans son geste. Un boulanger et son pain, un chien, une mère et son enfant, pour toujours dans la même position. Bien plus tard, en 1991, Katia et Maurice Kraft, volcanologues français, s'avancent, couverts d'argent, souriant à la lave. Plusieurs témoignages rapportent que Maurice Kraft avait conscience que sa mort surviendrait sans doute dans un tel contexte, au plus près du feu qu'il étudiait depuis toujours. Triste prédiction qui scellera le destin du couple. Regardons autour de nous. Sur la pierre noire, la mousse revient. L'herbe s'accroche, les fleurs repoussent. Après le feu, toujours la vie. Carl Gustav Jung, psychologue et psychiatre suisse. née en 1875, émet, voire dans le feu, une métaphore de l'inconscient. Ce qui brûle en dessous doit parfois jaillir pour que la vie reprenne son cours. Une allégorie puissante, celle d'une terre qui, comme nous, garde en elle des forces enfouies, prêtes à s'éveiller. Les volcans façonnent le relief, nourrissent les sols, participent au grand équilibre du climat. Ils rappellent que tout bouge, tout change, tout renaît. Dans le prochain épisode, nous passerons du souffre au souffle, celui du rire. Qu'en est-il de l'humour chez les animaux ? Merci d'avoir écouté Anima Terrae, Murmure du vivant. Et souvenez-vous, gardez les yeux grands ouverts sur la beauté simple du monde qui nous entoure.