Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour à tous, bienvenue dans Anthroponomie. C'est aujourd'hui notre seconde émission. La dernière fois, nous avons introduit les deux savoirs, respectivement le savoir de type 1 ou hypostase de la personne qui explique le monde en lui attribuant la psychologie humaine et le savoir de type 2 ou hypostase de la langue qui décrit le monde tel qu'il se présente à l'observateur, à partir des notions dont il dispose. Donc à partir de sa langue. Aujourd'hui, nous allons aborder le début de l'abstraction, du totémisme à l'animisme. Les deux savoirs sont complémentaires. Le savoir de type 2 décrit le monde mais ne l'explique pas. Car il n'en atteint pas les mécanismes. Son statut uniquement descriptif constitue la caractéristique fondamentale du savoir ou des savoirs de type 2. C'est le savoir de type 1 qui explique le monde. A partir de mécanismes qui lui sont imputés par l'homme. Depuis toujours, l'homme explique le monde en lui attribuant, comme nous l'avons vu, sa propre psychologie. De ce fait, par la suite, toute l'histoire du savoir et toute l'histoire de l'humanité va consister dans la progressive dé-psychologisation du monde. Car, avec le temps, ces savoirs évoluent. On peut même dire que leur évolution est constitutive de l'histoire des sociétés humaines. Les savoirs de type 2, qui décrivent le monde observable, le monde visible, vont s'étoffer et se complexifier, gagner progressivement du terrain en conquérant de nouveaux territoires. P endant que les savoirs de type 1 vont au contraire progressivement se retirer du monde visible, jusqu'à inaugurer et organiser un monde invisible. Au cours de cette évolution, c'est la transformation du savoir de type 1 en différentes étapes successives qui va caractériser les différentes civilisations humaines. Nous allons à présent nous intéresser à lui car c'est le savoir de type 1 qui détermine la typologie des civilisations. À partir donc de cette étape première d'hypostase totémiste de la personne, l'évolution du savoir de type 1 va consister en un long et progressif mouvement d'abstraction. P robablement accompagné par la pression du savoir de type 2 qui se développe, gagne du terrain et repousse vers le haut, vers l'invisible, le savoir de type 1. Nous allons aborder à présent le début de l'abstraction. Ce chapitre est intitulé « Du totémisme à l'animisme". Au départ, en attribuant une psychologie analogue à la sienne à toutes les entités de la nature, l'homme suppose que chaque plante, chaque animal, chaque source ou chaque rocher est autonome et indépendant, susceptible d'exercer son propre arbitraire. Pour décider de se développer plus ou moins, de se laisser cueillir ou chasser, ou pas, de fournir beaucoup d'eau ou pas etc. Mais avec le temps l'homme va comprendre que chaque entité ne décide pas pour elle-même. Le chasseur cueilleur fait l'expérience à la fois de l'aléa qui peut le conduire à rentrer bredouille alors qu'il avait respecté le rituel qui aurait dû lui garantir le résultat. Et de la régularité. Quand il comprend que les entités du monde visible obéissent à des régularités qui leur sont extérieures. L'aléa et la régularité conduiront le successeur du savant totémiste à considérer que ce n'est pas de son propre chef qu'une source décide de couler ou de ne pas couler. Une plante de pousser ou de ne pas pousser. Une espèce animale de proliférer ou de se raréfier, ou de se laisser chasser. Etc. Ces entités s'avèrent également soumises à des régularités qui leur sont extérieures et donc à des mécanismes qui dépassent leur simple arbitraire individuel. J usqu'à conduire à remettre en question celui-ci. A cesser de les en créditer. L'homme va donc leur retirer sa propre psychologie. C esser d'attribuer à toutes les entités du monde visible et perceptible les mécanismes de sa propre personne. I l ne va pas pour autant l'abandonner. Car, l'animal, la plante, la source ou le rocher conservent leur propre "personnalité". Ils diffèrent et ne sont pas interchangeables. L'homme va donc continuer à expliquer le monde en lui attribuant sa propre psychologie. Il ne va pas y renoncer, mais il va l'abstraire. Il va la retirer aux entités qu'il fréquente quotidiennement et auxquelles il a accès, pour l'attribuer à d'autres entités qu'il ne fréquente pas et ne rencontre pas quotidiennement. Des esprits. La psychologie humaine va continuer à expliquer le monde, mais en se retirant des entités perceptibles de la nature, pour se concentrer dans des entités abstraites, postulées et inaccessibles. Qui sont, à ce stade, toujours dans la nature. Mais dans des endroits reculés, difficiles d'accès et finalement même prohibés, c'est-à-dire sacrés. Au plus profond de la forêt, au sommet le plus élevé de la montagne, etc. Les esprits sont élaborés par abstraction à partir des entités naturelles. Il ne s'agit plus de la source, du rocher, de l'arbre et de l'animal, mais d'un esprit de l'eau, un esprit de la forêt, un esprit de la montagne, ou de l'espèce animale. Le monde est donc toujours régi au final par la psychologie humaine, mais celle-ci a gagné en abstraction. Elle n'est plus située dans le monde visible quotidien mais s'en retire, s'en éloigne, ce qui va permettre de rendre compte d'un écart entre les entités immédiatement perceptibles et leur psychologie. Ce n'est plus l'animal, mais c'est l'esprit, de l'animal, de l'eau ou de la forêt qui exerce son arbitraire sur les entités perceptibles. Ayant quitté les ontonomie totémistes, nous sommes ici parvenus aux ontonomies animistes, qui constituent un premier degré d'abstraction de la psychologie humaine vis-à-vis de la nature dans laquelle elle a été hypostasiée. Dans les sociétés animistes, ce sont les esprits qu'il faut amadouer pour s'attirer leurs bonnes grâces. Les mécanismes et propriétés de la personne humaine, qui régissent le monde, ne se situent plus dans les entités visibles de la nature, mais sont attribuées à des entités postulées, invisibles et inatteignables, situées dans ses confins difficilement accessibles. Nous allons en rester là pour cette seconde émission au cours de laquelle nous avons décrit l'amorce du mouvement d'abstraction du savoir de type 1 qui va organiser l'évolution des sociétés et des civilisations humaines. La prochaine fois, nous suivrons la progression de ce mouvement d'abstraction jusqu'aux sociétés polythéistes. Je vous remercie de votre attention. A bientôt.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour à tous, bienvenue dans Anthroponomie. C'est aujourd'hui notre seconde émission. La dernière fois, nous avons introduit les deux savoirs, respectivement le savoir de type 1 ou hypostase de la personne qui explique le monde en lui attribuant la psychologie humaine et le savoir de type 2 ou hypostase de la langue qui décrit le monde tel qu'il se présente à l'observateur, à partir des notions dont il dispose. Donc à partir de sa langue. Aujourd'hui, nous allons aborder le début de l'abstraction, du totémisme à l'animisme. Les deux savoirs sont complémentaires. Le savoir de type 2 décrit le monde mais ne l'explique pas. Car il n'en atteint pas les mécanismes. Son statut uniquement descriptif constitue la caractéristique fondamentale du savoir ou des savoirs de type 2. C'est le savoir de type 1 qui explique le monde. A partir de mécanismes qui lui sont imputés par l'homme. Depuis toujours, l'homme explique le monde en lui attribuant, comme nous l'avons vu, sa propre psychologie. De ce fait, par la suite, toute l'histoire du savoir et toute l'histoire de l'humanité va consister dans la progressive dé-psychologisation du monde. Car, avec le temps, ces savoirs évoluent. On peut même dire que leur évolution est constitutive de l'histoire des sociétés humaines. Les savoirs de type 2, qui décrivent le monde observable, le monde visible, vont s'étoffer et se complexifier, gagner progressivement du terrain en conquérant de nouveaux territoires. P endant que les savoirs de type 1 vont au contraire progressivement se retirer du monde visible, jusqu'à inaugurer et organiser un monde invisible. Au cours de cette évolution, c'est la transformation du savoir de type 1 en différentes étapes successives qui va caractériser les différentes civilisations humaines. Nous allons à présent nous intéresser à lui car c'est le savoir de type 1 qui détermine la typologie des civilisations. À partir donc de cette étape première d'hypostase totémiste de la personne, l'évolution du savoir de type 1 va consister en un long et progressif mouvement d'abstraction. P robablement accompagné par la pression du savoir de type 2 qui se développe, gagne du terrain et repousse vers le haut, vers l'invisible, le savoir de type 1. Nous allons aborder à présent le début de l'abstraction. Ce chapitre est intitulé « Du totémisme à l'animisme". Au départ, en attribuant une psychologie analogue à la sienne à toutes les entités de la nature, l'homme suppose que chaque plante, chaque animal, chaque source ou chaque rocher est autonome et indépendant, susceptible d'exercer son propre arbitraire. Pour décider de se développer plus ou moins, de se laisser cueillir ou chasser, ou pas, de fournir beaucoup d'eau ou pas etc. Mais avec le temps l'homme va comprendre que chaque entité ne décide pas pour elle-même. Le chasseur cueilleur fait l'expérience à la fois de l'aléa qui peut le conduire à rentrer bredouille alors qu'il avait respecté le rituel qui aurait dû lui garantir le résultat. Et de la régularité. Quand il comprend que les entités du monde visible obéissent à des régularités qui leur sont extérieures. L'aléa et la régularité conduiront le successeur du savant totémiste à considérer que ce n'est pas de son propre chef qu'une source décide de couler ou de ne pas couler. Une plante de pousser ou de ne pas pousser. Une espèce animale de proliférer ou de se raréfier, ou de se laisser chasser. Etc. Ces entités s'avèrent également soumises à des régularités qui leur sont extérieures et donc à des mécanismes qui dépassent leur simple arbitraire individuel. J usqu'à conduire à remettre en question celui-ci. A cesser de les en créditer. L'homme va donc leur retirer sa propre psychologie. C esser d'attribuer à toutes les entités du monde visible et perceptible les mécanismes de sa propre personne. I l ne va pas pour autant l'abandonner. Car, l'animal, la plante, la source ou le rocher conservent leur propre "personnalité". Ils diffèrent et ne sont pas interchangeables. L'homme va donc continuer à expliquer le monde en lui attribuant sa propre psychologie. Il ne va pas y renoncer, mais il va l'abstraire. Il va la retirer aux entités qu'il fréquente quotidiennement et auxquelles il a accès, pour l'attribuer à d'autres entités qu'il ne fréquente pas et ne rencontre pas quotidiennement. Des esprits. La psychologie humaine va continuer à expliquer le monde, mais en se retirant des entités perceptibles de la nature, pour se concentrer dans des entités abstraites, postulées et inaccessibles. Qui sont, à ce stade, toujours dans la nature. Mais dans des endroits reculés, difficiles d'accès et finalement même prohibés, c'est-à-dire sacrés. Au plus profond de la forêt, au sommet le plus élevé de la montagne, etc. Les esprits sont élaborés par abstraction à partir des entités naturelles. Il ne s'agit plus de la source, du rocher, de l'arbre et de l'animal, mais d'un esprit de l'eau, un esprit de la forêt, un esprit de la montagne, ou de l'espèce animale. Le monde est donc toujours régi au final par la psychologie humaine, mais celle-ci a gagné en abstraction. Elle n'est plus située dans le monde visible quotidien mais s'en retire, s'en éloigne, ce qui va permettre de rendre compte d'un écart entre les entités immédiatement perceptibles et leur psychologie. Ce n'est plus l'animal, mais c'est l'esprit, de l'animal, de l'eau ou de la forêt qui exerce son arbitraire sur les entités perceptibles. Ayant quitté les ontonomie totémistes, nous sommes ici parvenus aux ontonomies animistes, qui constituent un premier degré d'abstraction de la psychologie humaine vis-à-vis de la nature dans laquelle elle a été hypostasiée. Dans les sociétés animistes, ce sont les esprits qu'il faut amadouer pour s'attirer leurs bonnes grâces. Les mécanismes et propriétés de la personne humaine, qui régissent le monde, ne se situent plus dans les entités visibles de la nature, mais sont attribuées à des entités postulées, invisibles et inatteignables, situées dans ses confins difficilement accessibles. Nous allons en rester là pour cette seconde émission au cours de laquelle nous avons décrit l'amorce du mouvement d'abstraction du savoir de type 1 qui va organiser l'évolution des sociétés et des civilisations humaines. La prochaine fois, nous suivrons la progression de ce mouvement d'abstraction jusqu'aux sociétés polythéistes. Je vous remercie de votre attention. A bientôt.
Share
Embed
You may also like
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour à tous, bienvenue dans Anthroponomie. C'est aujourd'hui notre seconde émission. La dernière fois, nous avons introduit les deux savoirs, respectivement le savoir de type 1 ou hypostase de la personne qui explique le monde en lui attribuant la psychologie humaine et le savoir de type 2 ou hypostase de la langue qui décrit le monde tel qu'il se présente à l'observateur, à partir des notions dont il dispose. Donc à partir de sa langue. Aujourd'hui, nous allons aborder le début de l'abstraction, du totémisme à l'animisme. Les deux savoirs sont complémentaires. Le savoir de type 2 décrit le monde mais ne l'explique pas. Car il n'en atteint pas les mécanismes. Son statut uniquement descriptif constitue la caractéristique fondamentale du savoir ou des savoirs de type 2. C'est le savoir de type 1 qui explique le monde. A partir de mécanismes qui lui sont imputés par l'homme. Depuis toujours, l'homme explique le monde en lui attribuant, comme nous l'avons vu, sa propre psychologie. De ce fait, par la suite, toute l'histoire du savoir et toute l'histoire de l'humanité va consister dans la progressive dé-psychologisation du monde. Car, avec le temps, ces savoirs évoluent. On peut même dire que leur évolution est constitutive de l'histoire des sociétés humaines. Les savoirs de type 2, qui décrivent le monde observable, le monde visible, vont s'étoffer et se complexifier, gagner progressivement du terrain en conquérant de nouveaux territoires. P endant que les savoirs de type 1 vont au contraire progressivement se retirer du monde visible, jusqu'à inaugurer et organiser un monde invisible. Au cours de cette évolution, c'est la transformation du savoir de type 1 en différentes étapes successives qui va caractériser les différentes civilisations humaines. Nous allons à présent nous intéresser à lui car c'est le savoir de type 1 qui détermine la typologie des civilisations. À partir donc de cette étape première d'hypostase totémiste de la personne, l'évolution du savoir de type 1 va consister en un long et progressif mouvement d'abstraction. P robablement accompagné par la pression du savoir de type 2 qui se développe, gagne du terrain et repousse vers le haut, vers l'invisible, le savoir de type 1. Nous allons aborder à présent le début de l'abstraction. Ce chapitre est intitulé « Du totémisme à l'animisme". Au départ, en attribuant une psychologie analogue à la sienne à toutes les entités de la nature, l'homme suppose que chaque plante, chaque animal, chaque source ou chaque rocher est autonome et indépendant, susceptible d'exercer son propre arbitraire. Pour décider de se développer plus ou moins, de se laisser cueillir ou chasser, ou pas, de fournir beaucoup d'eau ou pas etc. Mais avec le temps l'homme va comprendre que chaque entité ne décide pas pour elle-même. Le chasseur cueilleur fait l'expérience à la fois de l'aléa qui peut le conduire à rentrer bredouille alors qu'il avait respecté le rituel qui aurait dû lui garantir le résultat. Et de la régularité. Quand il comprend que les entités du monde visible obéissent à des régularités qui leur sont extérieures. L'aléa et la régularité conduiront le successeur du savant totémiste à considérer que ce n'est pas de son propre chef qu'une source décide de couler ou de ne pas couler. Une plante de pousser ou de ne pas pousser. Une espèce animale de proliférer ou de se raréfier, ou de se laisser chasser. Etc. Ces entités s'avèrent également soumises à des régularités qui leur sont extérieures et donc à des mécanismes qui dépassent leur simple arbitraire individuel. J usqu'à conduire à remettre en question celui-ci. A cesser de les en créditer. L'homme va donc leur retirer sa propre psychologie. C esser d'attribuer à toutes les entités du monde visible et perceptible les mécanismes de sa propre personne. I l ne va pas pour autant l'abandonner. Car, l'animal, la plante, la source ou le rocher conservent leur propre "personnalité". Ils diffèrent et ne sont pas interchangeables. L'homme va donc continuer à expliquer le monde en lui attribuant sa propre psychologie. Il ne va pas y renoncer, mais il va l'abstraire. Il va la retirer aux entités qu'il fréquente quotidiennement et auxquelles il a accès, pour l'attribuer à d'autres entités qu'il ne fréquente pas et ne rencontre pas quotidiennement. Des esprits. La psychologie humaine va continuer à expliquer le monde, mais en se retirant des entités perceptibles de la nature, pour se concentrer dans des entités abstraites, postulées et inaccessibles. Qui sont, à ce stade, toujours dans la nature. Mais dans des endroits reculés, difficiles d'accès et finalement même prohibés, c'est-à-dire sacrés. Au plus profond de la forêt, au sommet le plus élevé de la montagne, etc. Les esprits sont élaborés par abstraction à partir des entités naturelles. Il ne s'agit plus de la source, du rocher, de l'arbre et de l'animal, mais d'un esprit de l'eau, un esprit de la forêt, un esprit de la montagne, ou de l'espèce animale. Le monde est donc toujours régi au final par la psychologie humaine, mais celle-ci a gagné en abstraction. Elle n'est plus située dans le monde visible quotidien mais s'en retire, s'en éloigne, ce qui va permettre de rendre compte d'un écart entre les entités immédiatement perceptibles et leur psychologie. Ce n'est plus l'animal, mais c'est l'esprit, de l'animal, de l'eau ou de la forêt qui exerce son arbitraire sur les entités perceptibles. Ayant quitté les ontonomie totémistes, nous sommes ici parvenus aux ontonomies animistes, qui constituent un premier degré d'abstraction de la psychologie humaine vis-à-vis de la nature dans laquelle elle a été hypostasiée. Dans les sociétés animistes, ce sont les esprits qu'il faut amadouer pour s'attirer leurs bonnes grâces. Les mécanismes et propriétés de la personne humaine, qui régissent le monde, ne se situent plus dans les entités visibles de la nature, mais sont attribuées à des entités postulées, invisibles et inatteignables, situées dans ses confins difficilement accessibles. Nous allons en rester là pour cette seconde émission au cours de laquelle nous avons décrit l'amorce du mouvement d'abstraction du savoir de type 1 qui va organiser l'évolution des sociétés et des civilisations humaines. La prochaine fois, nous suivrons la progression de ce mouvement d'abstraction jusqu'aux sociétés polythéistes. Je vous remercie de votre attention. A bientôt.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour à tous, bienvenue dans Anthroponomie. C'est aujourd'hui notre seconde émission. La dernière fois, nous avons introduit les deux savoirs, respectivement le savoir de type 1 ou hypostase de la personne qui explique le monde en lui attribuant la psychologie humaine et le savoir de type 2 ou hypostase de la langue qui décrit le monde tel qu'il se présente à l'observateur, à partir des notions dont il dispose. Donc à partir de sa langue. Aujourd'hui, nous allons aborder le début de l'abstraction, du totémisme à l'animisme. Les deux savoirs sont complémentaires. Le savoir de type 2 décrit le monde mais ne l'explique pas. Car il n'en atteint pas les mécanismes. Son statut uniquement descriptif constitue la caractéristique fondamentale du savoir ou des savoirs de type 2. C'est le savoir de type 1 qui explique le monde. A partir de mécanismes qui lui sont imputés par l'homme. Depuis toujours, l'homme explique le monde en lui attribuant, comme nous l'avons vu, sa propre psychologie. De ce fait, par la suite, toute l'histoire du savoir et toute l'histoire de l'humanité va consister dans la progressive dé-psychologisation du monde. Car, avec le temps, ces savoirs évoluent. On peut même dire que leur évolution est constitutive de l'histoire des sociétés humaines. Les savoirs de type 2, qui décrivent le monde observable, le monde visible, vont s'étoffer et se complexifier, gagner progressivement du terrain en conquérant de nouveaux territoires. P endant que les savoirs de type 1 vont au contraire progressivement se retirer du monde visible, jusqu'à inaugurer et organiser un monde invisible. Au cours de cette évolution, c'est la transformation du savoir de type 1 en différentes étapes successives qui va caractériser les différentes civilisations humaines. Nous allons à présent nous intéresser à lui car c'est le savoir de type 1 qui détermine la typologie des civilisations. À partir donc de cette étape première d'hypostase totémiste de la personne, l'évolution du savoir de type 1 va consister en un long et progressif mouvement d'abstraction. P robablement accompagné par la pression du savoir de type 2 qui se développe, gagne du terrain et repousse vers le haut, vers l'invisible, le savoir de type 1. Nous allons aborder à présent le début de l'abstraction. Ce chapitre est intitulé « Du totémisme à l'animisme". Au départ, en attribuant une psychologie analogue à la sienne à toutes les entités de la nature, l'homme suppose que chaque plante, chaque animal, chaque source ou chaque rocher est autonome et indépendant, susceptible d'exercer son propre arbitraire. Pour décider de se développer plus ou moins, de se laisser cueillir ou chasser, ou pas, de fournir beaucoup d'eau ou pas etc. Mais avec le temps l'homme va comprendre que chaque entité ne décide pas pour elle-même. Le chasseur cueilleur fait l'expérience à la fois de l'aléa qui peut le conduire à rentrer bredouille alors qu'il avait respecté le rituel qui aurait dû lui garantir le résultat. Et de la régularité. Quand il comprend que les entités du monde visible obéissent à des régularités qui leur sont extérieures. L'aléa et la régularité conduiront le successeur du savant totémiste à considérer que ce n'est pas de son propre chef qu'une source décide de couler ou de ne pas couler. Une plante de pousser ou de ne pas pousser. Une espèce animale de proliférer ou de se raréfier, ou de se laisser chasser. Etc. Ces entités s'avèrent également soumises à des régularités qui leur sont extérieures et donc à des mécanismes qui dépassent leur simple arbitraire individuel. J usqu'à conduire à remettre en question celui-ci. A cesser de les en créditer. L'homme va donc leur retirer sa propre psychologie. C esser d'attribuer à toutes les entités du monde visible et perceptible les mécanismes de sa propre personne. I l ne va pas pour autant l'abandonner. Car, l'animal, la plante, la source ou le rocher conservent leur propre "personnalité". Ils diffèrent et ne sont pas interchangeables. L'homme va donc continuer à expliquer le monde en lui attribuant sa propre psychologie. Il ne va pas y renoncer, mais il va l'abstraire. Il va la retirer aux entités qu'il fréquente quotidiennement et auxquelles il a accès, pour l'attribuer à d'autres entités qu'il ne fréquente pas et ne rencontre pas quotidiennement. Des esprits. La psychologie humaine va continuer à expliquer le monde, mais en se retirant des entités perceptibles de la nature, pour se concentrer dans des entités abstraites, postulées et inaccessibles. Qui sont, à ce stade, toujours dans la nature. Mais dans des endroits reculés, difficiles d'accès et finalement même prohibés, c'est-à-dire sacrés. Au plus profond de la forêt, au sommet le plus élevé de la montagne, etc. Les esprits sont élaborés par abstraction à partir des entités naturelles. Il ne s'agit plus de la source, du rocher, de l'arbre et de l'animal, mais d'un esprit de l'eau, un esprit de la forêt, un esprit de la montagne, ou de l'espèce animale. Le monde est donc toujours régi au final par la psychologie humaine, mais celle-ci a gagné en abstraction. Elle n'est plus située dans le monde visible quotidien mais s'en retire, s'en éloigne, ce qui va permettre de rendre compte d'un écart entre les entités immédiatement perceptibles et leur psychologie. Ce n'est plus l'animal, mais c'est l'esprit, de l'animal, de l'eau ou de la forêt qui exerce son arbitraire sur les entités perceptibles. Ayant quitté les ontonomie totémistes, nous sommes ici parvenus aux ontonomies animistes, qui constituent un premier degré d'abstraction de la psychologie humaine vis-à-vis de la nature dans laquelle elle a été hypostasiée. Dans les sociétés animistes, ce sont les esprits qu'il faut amadouer pour s'attirer leurs bonnes grâces. Les mécanismes et propriétés de la personne humaine, qui régissent le monde, ne se situent plus dans les entités visibles de la nature, mais sont attribuées à des entités postulées, invisibles et inatteignables, situées dans ses confins difficilement accessibles. Nous allons en rester là pour cette seconde émission au cours de laquelle nous avons décrit l'amorce du mouvement d'abstraction du savoir de type 1 qui va organiser l'évolution des sociétés et des civilisations humaines. La prochaine fois, nous suivrons la progression de ce mouvement d'abstraction jusqu'aux sociétés polythéistes. Je vous remercie de votre attention. A bientôt.
Share
Embed
You may also like