- Speaker #0
Bienvenue dans En Pupitch, le podcast qui donne le temps aux entrepreneurs et entrepreneuses de présenter leur métier en profondeur. Je suis Valérie Sten, hypnologue spécialisée dans l'accompagnement des émotions des dirigeantes et dirigeants et dans les neurosciences cognitives appliquées à ton quotidien entrepreneurial. Ici tu vas rencontrer des personnes de qualité et trouver des modèles et des conseils pour développer ton activité. J'ai hâte de savoir ce que tu vas retenir de cet épisode. Bonjour Mélissa.
- Speaker #1
Bonjour Valérie.
- Speaker #0
Je suis très contente de t'accueillir aujourd'hui dans mon podcast. Ça va être un épisode un petit peu particulier, parce que d'habitude je reçois des personnes qui sont déjà en activité, qui ont déjà quelques mois voire quelques années d'entrepreneuriat. Et toi aujourd'hui, ça va être un peu spécial puisque tu n'as pas encore lancé ton projet. C'est en cours de réalisation, donc tu vas nous expliquer tout ça. Est-ce que tu veux bien, pour commencer, te présenter en quelques mots de la manière dont tu le souhaites ?
- Speaker #1
Ok. En tout cas, merci de me recevoir. J'ai 34 ans. Je suis dans la région depuis bientôt trois ans, en juillet, ça fera trois ans. À la base, je viens du nord de la France, de Lille, où j'étais chef de projet digital et communication. Et puis, j'ai atterri dans cette belle région en suivant mon conjoint. Et en fait, je me suis tout de suite plu. Et c'est une des raisons qui m'a poussée à me lancer dans l'entrepreneuriat. Oui,
- Speaker #0
donc tu as envie de t'ancrer dans cette région, d'être actrice un peu de la culture locale, etc., de rencontrer les gens. J'imagine qu'il y a un peu de ça qui te nourrit.
- Speaker #1
C'est ça, c'est ça. Très, très vite, je me suis intégrée dans mon village. Alors, je vivais à Varambon. Maintenant, je suis à Saint-Martin-du-Mont. Et en fait, très vite, j'ai intégré le CCAS. J'avais envie de donner de ma personne pour les gens, les gens du territoire, pour la vie locale.
- Speaker #0
Ok, écoute, super. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur ton projet qui s'appelle La Louvre ? En quoi ça consiste ? De quoi il s'agit ? Si tu peux expliquer aussi peut-être ce que c'est qu'un tiers lieu pour les gens qui ne connaissent pas. Pourquoi ? Comment tu as choisi ce nom ? Enfin, la genèse de ton projet, s'il te plaît.
- Speaker #1
D'accord. Alors, la Louvre, à la base, c'est parti un peu d'une petite blague d'une amie, toute simple. Parce qu'en fait, j'aime beaucoup les jeux de société. Et pour la petite histoire, quand je suis partie du Nord, tu sais, souvent, les gens font des petites cagnottes, des petites choses, des petits cadeaux pour les départs. Et donc, ils m'avaient fait une carte cadeau. Et moi, j'ai dépensé pour m'acheter des jeux de société. Mais on voulait que tu t'achètes des meubles. Je lui ai dit, non, je n'ai pas besoin de meubles, je veux des jeux de société. Et donc à chaque fois que je recevais un jeu de société, je leur envoyais un petit message où je leur expliquais quel était le jeu, à quoi il servait, comment il jouait, etc. Et puis elle me disait, oh mais je te verrais bien travailler dans un magasin de jeux à présenter, à animer les tables, etc. Et en fait... L'idée a fait son petit bonhomme de chemin dans ma tête, surtout que l'entrepreneuriat, c'était quelque chose que j'avais toujours en tête. Je ne savais pas comment, je ne savais pas trop quoi, mais j'avais envie de pouvoir créer quelque chose pour les autres. Et en fait, toutes ces petites idées se sont mises dans ma tête et j'ai fini par me dire pourquoi pas ouvrir un salon des bars pour que les gens puissent se rassembler et puissent jouer. passer du temps, faire des activités. Et en fait, au fur et à mesure des rencontres, ça a vraiment évolué. Ce n'était plus qu'un salon-thé-bar, mais je voulais proposer des ateliers en tout genre. Ça pouvait être de la couture, de la peinture, ou des ateliers un peu plus manuels ou sportifs, mais aussi des temps de rencontre, autour de thématiques diverses. Ça pouvait être l'isolement à la campagne, par exemple, la parentalité, l'emploi jeune. des choses très variées. Et en fait, en discutant autour de moi, on m'a dit « Mais ce que tu veux faire, c'est un tiers-lieu » . Et donc, c'est là que j'ai appris le mot tiers-lieu qui est simplement un espace qui permet aux gens de se rencontrer et d'échanger. Et ça peut être sur plein de thématiques différentes, ça peut être sur plein de publics différents. Je l'explique parce que c'est vrai que ça ne parle pas aux gens le mot tiers-lieu en fait. Et des tiers-lieux, il y en a plein. Il y en a pour les professionnels, il y en a pour les particuliers, il y en a pour les deux, il y en a même pour les associations. Et moi, l'objectif, c'est vraiment de rassembler un peu tous ces gens, la population, les acteurs du territoire, que ce soit les associations ou d'autres structures. pour créer des choses ensemble et pourquoi pas même se dire de créer des actions citoyennes, vraiment ce serait génial. Et voilà, et donc pour le nom La Louvre, alors là je me suis passée par plein de mots différents qui faisaient trop professionnel, pas assez, parce qu'à la base mon métier c'est la communication et en fait le cordonnier le plus mal chaussé j'ai envie de dire. c'était pas très beau les mots que je trouvais et en fait j'ai fini par me recentrer sur les valeurs que je voulais donner à la Louvre qui étaient la communauté,
- Speaker #0
le travail ensemble prendre soin des autres et en fait mon animal que je considère totem c'est le loup et donc du coup j'ai fini par la Louvre super intéressant est-ce que tu as déjà un local ou est-ce que c'est Tu as plusieurs pistes ou tu as déjà une piste très marquée ?
- Speaker #1
Alors, ce qui est marrant dans l'histoire, c'est que j'ai un peu commencé par le local. C'est-à-dire que quand j'ai commencé à avoir mon idée, j'en ai discuté avec la maire de Varambon. Et en fait, elle m'a dit « mais il y a le restaurant qui est en train de fermer, peut-être ça peut t'intéresser, etc. » Et donc en fait, à partir de là, j'ai commencé à aller voir le restaurant, comment je pouvais me projeter. Et pour l'instant, on est sur celui-ci. Après, le restaurant n'est pas réservé à mon nom. Mais en tout cas, pour l'instant, je me projette là-bas.
- Speaker #0
D'accord. Donc ça veut dire que les espaces qui sont disponibles correspondent à ce que tu imagines ? J'ai vu un petit peu tes publications, différents espaces, notamment un espace de coworking qui, le soir, pourrait se transformer en autre chose.
- Speaker #1
On a au total l'espace d'à peu près 300 m², je crois. Et on a quatre pièces. plus une cinquième petite un peu excentrée dans la maison. Et l'objectif, c'est de se dire, ben voilà, la petite pièce excentrée, elle pourrait servir pour des ateliers un peu au calme ou du co-working au calme. La grande pièce du haut pourrait servir soit pour, par exemple, des entreprises qui souhaitent faire des grosses réunions, mais le soir, ça pourrait être l'espace bar un peu plus animé. Et en bas, en fait, on a plein de petites pièces. Donc si les gens souhaitent réserver une petite pièce, être au calme entre eux, c'est possible. Si on souhaite être en co-working, mais au contact quand même des gens, mais un petit peu au calme, on peut aller dans une des petites pièces. En fait, c'est très modulable et très adaptable en fonction des besoins des gens, en fonction des événements. Si je fais une soirée que je souhaite garder un petit espace au calme, je peux aussi. Et voilà, c'est vraiment ce type d'espace-là que je recherchais et qui finalement correspond au projet.
- Speaker #0
D'accord. Donc, ça veut dire que toi, tu vas organiser des événements et que d'autres personnes peuvent aussi réserver un espace pour créer leurs propres événements.
- Speaker #1
C'est ça, tout à fait. C'est vraiment une volonté pour moi de le mettre au service des gens. Ce n'est pas que pour moi créer des événements, des ateliers. C'est vraiment que les gens puissent en servir comme un outil pour eux, que ce soit un outil professionnel ou même un outil personnel, un anniversaire, une célébration. C'est vraiment l'idée de se dire, on construit quelque chose ensemble et je vous mets à disposition ce lieu. Et puis moi j'aimerais aussi aller plus loin, c'est-à-dire les accompagner là-dedans parce que j'ai fait de l'événementiel aussi dans mon précédent métier et de les accompagner là-dessus.
- Speaker #0
Ok génial, oui ça a l'air très très complet.
- Speaker #1
Et donc du coup il y aura un bar qui sera offert à certains horaires pour ceux qui vont venir juste boire un petit thé, travailler sur son ordi ou juste rencontrer les gens. C'est ça, sur la temporalité, on serait plutôt sur l'après-midi, salon de thé et le soir, le bar. Donc ce sera plutôt vendredi, samedi soir où je proposerai effectivement des boissons, des planches apéritives, des choses comme ça. Et il y aurait aussi le midi une ouverture avec de la fast food, mais pas de la fast food grasse, mais des petites quiches, des tartes, des sandwichs. pour que les gens qui souhaitent se poser, manger rapidement, puissent venir ici. Même si on est en co-working, on peut prendre une petite heure pour manger, il y a tout ça à disposition.
- Speaker #0
C'est un projet quand même assez colossal. Est-ce que tu as déjà tes futurs fournisseurs, tes futurs collaborateurs ? Tout ça, ça avance. J'imagine que c'est quand même un sacré morceau.
- Speaker #1
C'est un gros morceau. Oui, j'avais déjà trouvé mes fournisseurs. Parce qu'en fait, très vite, quand j'étais dans le projet au début, j'ai très vite contacté des fournisseurs pour un peu tout. Donc l'objectif, c'est d'être le plus local possible. On ne peut pas tout faire en local, mais en tout cas, j'ai vraiment été chercher mes fournisseurs sur le territoire. C'était très important pour moi et pour les collaborateurs. De toute façon, c'est les acteurs du territoire aussi. Donc, j'ai contacté par exemple la mission locale à Neuville-sur-Rhin. J'ai contacté Le Cocon également qui est un centre social itinérant. Et j'ai aussi au plus haut objectif de contacter les associations toujours du territoire pour pouvoir proposer des ateliers en partenariat avec eux.
- Speaker #0
Ok, écoute, tout ça m'a l'air vraiment très intéressant. J'ai hâte de voir la suite. Tu nous as parlé un peu de ton parcours. Je vais préciser un petit peu ma question. Alors deux choses. Déjà, qu'est-ce qui dans ton parcours te semble aujourd'hui utile pour ce projet ? Et puis, qu'est-ce qui t'aide à garder la motivation, à gérer tout ça parce qu'il y a beaucoup de choses à penser ?
- Speaker #1
Moi, je l'ai toujours trouvé un peu chaotique. Et en fait, quand je regarde le final, tout m'a menée à ça. C'est assez marrant, assez bizarre, mais comme si la vie me disait « tu vois, t'as fait tout ça, mais en fait, c'est pour une bonne raison » . J'ai fait une licence d'éco-gestion avec une option management des entreprises. Après, j'ai bifurqué vers un master marketing, puis après vers un diplôme de chef de projet digital. Je me suis dit « mais où je vais ? » Et puis finalement, mon dernier CDI dans le Nord, c'était dans une entreprise qui accompagnait les entrepreneurs et les entreprises. Et en fait, tout ce mélange a fait que j'ai été au contact de l'entrepreneuriat. J'étais au contact de comment fonctionne une entreprise, comment elle se fait voir, comment elle commercialise, comment elle communique. Et puis à côté de ça, j'avais des petits boulots, j'ai eu du bénévolat en association. pendant mes vacances scolaires, quand je ne travaillais pas encore en alternance, du travail en caisse. Et en fait, tout ça, je trouve, a forgé un petit peu mon parcours et je me suis rendue compte que ce que je voulais, c'est travailler auprès des gens et les servir, leur proposer quelque chose pour leur vie personnelle et professionnelle. Et tout ça, ce petit mélange a fait que finalement, la Louvre fait hyper sens dans mon parcours. Oui, complètement. Comme tu dis, c'est vraiment, tu as pu glaner des compétences, une curiosité,
- Speaker #0
une connaissance qui font qu'aujourd'hui, tu as tous les bons outils dans ton couteau suisse. C'est ça.
- Speaker #1
En fait, je me dis, génial, quand je vais pouvoir ouvrir, j'aurai à la fois les compétences un peu professionnelles, administratives que je connais et puis pareil, le contact auprès des gens, je l'ai aussi grâce à mes métiers, à mon bénévolat. Et même là encore, en attendant, je suis factrice pour pouvoir avoir mes après-midi pour travailler sur le projet. C'est la même chose, on est au service des gens et puis on échange avec eux et puis on a le contact client. Donc voilà, c'est vraiment une continuité finalement. Oui, complètement.
- Speaker #0
Et du coup, qu'est-ce qui t'aide au quotidien pour te motiver ? Parce que si tu as déjà un emploi à ton partiel et qu'en même temps, tu as tout ce projet à construire. Qu'est-ce qui te donne de l'énergie ? Qu'est-ce qui te motive ? C'est quoi ton pourquoi ?
- Speaker #1
Oui, alors ce n'est pas facile parce qu'en plus c'est un emploi à temps plein. Donc en fait, au tout début du projet, ça a été assez difficile. Le projet, j'ai été dessus en 100% à peu près pendant six mois. Et puis après, il fallait que je cherche du travail pour pouvoir conserver mon chômage pour pouvoir me payer plus tard. pendant l'ouverture de la Louvre. Et là, ça a commencé à descendre petit à petit parce qu'en fait, on apprend un nouveau métier, on est fatigué. Et encore là, aujourd'hui, j'étais sur une période un peu difficile après les fêtes. Et en fait, ce qui m'aide vachement, finalement, c'est l'entourage. Et pas forcément que l'entourage personnel, mais surtout, même beaucoup, l'entourage professionnel. Les gens qui nous accompagnent. Il y a Ronald Pierre, encore hier c'était France Active, il va y avoir la BGE qui m'accompagne. Et en fait ils sont là en boost, on se dit bon on sent que ça redescend un petit peu, t'inquiète ça va aller, il faut remonter. Ça franchement c'est un boost énorme. Et puis ce qui me donne un boost un peu tous les jours c'est mes réseaux sociaux, quand je vois que les gens réagissent, ont envie, je leur parle du projet aussi en vrai et qu'ils ont envie vraiment de... de venir voir la Louvre et de participer, franchement, ça fait beaucoup de bien parce que quand on est entrepreneur, on ne se rend pas compte, même si on est entouré de plein de gens. En fait, on est seul. En tout cas, si on est seul en train d'ouvrir le projet comme je le fais, on est seul et c'est vraiment un poids sur les épaules qui est assez difficile à apporter. Je ne me rendais pas forcément compte, mais maintenant que je le vis, c'est vrai que c'est assez difficile.
- Speaker #0
Merci pour cette réponse que je trouve très intéressante. Ça fait écho à beaucoup d'autres entrepreneurs et entrepreneuses que j'ai pu rencontrer ou avec lesquelles on a échangé, soit sur le podcast ou soit en dehors. Il y a cette question, parmi tout ce que tu as dit, il y a plein de choses intéressantes, mais il y a une chose sur laquelle j'aimerais rebondir, c'est quand on fait le choix, ou pas forcément le choix, mais financièrement on n'a pas forcément le choix. de mener une autre activité professionnelle à côté pour avoir un salariat, pour avoir au moins une base pour la vie de tous les jours. Des fois on se pose la question, est-ce que c'est une perte de temps ? Est-ce que ça ralentit le lancement ou le développement de l'entreprise ? En même temps, pas forcément, parce que des fois ça va nous aider à mettre le focus sur ce qui est essentiel. Il y a peut-être moins faire des choses supplémentaires qui ne seraient pas forcément utiles. Donc, est-ce que toi tu as un avis là-dessus ? Est-ce que tu penses que ça peut être quelque chose qui te ralentit ou que si on gère bien finalement c'est pas forcément gênant ?
- Speaker #1
Alors moi personnellement ça m'a ralenti. C'est-à-dire qu'au bout d'un moment, au bout de 8 mois, j'ai dû dire stop parce que j'arrivais plus à me concentrer et je commençais à lâcher un peu le projet parce que j'arrivais plus à avancer. Donc en fait j'ai dit stop. Et j'ai dit, OK, je me recentre. Je remets les choses au clair. Je me crée une timeline avec des objectifs. Et c'est aussi un peu à ce moment-là qu'est arrivée la BGE, en fait, qui m'a permis d'énormément structurer le projet. Et à partir de là, à partir du moment où j'avais mis cette timeline, au bout d'à peu près trois, quatre mois, je me suis rendue compte que, OK, là, j'ai mes objectifs qui sont bien clairs. Je sais où je vais. J'ai des objectifs surtout réalistes. Et je vais pouvoir reprendre mon activité de factrice. Mais voilà, si je peux donner un conseil, c'est en fait dès le début de se faire accompagner et de créer un planning, mais un planning viable. En fait, on aimerait faire plein de choses parce qu'il y a tellement de choses à faire. Mais se dire tant pis si le projet doit prendre un an parce qu'en plus, en général, un projet prend un an à se construire. Eh bien, on prend un an et on fait des choses étape par étape. on peut prendre une activité à côté.
- Speaker #0
Oui, je trouve ton analyse très pertinente. Effectivement, se faire accompagner, moi je le dis souvent, ça peut être hyper précieux. Il y a des structures, des pépinières d'entreprise, la BGE, Ronalpia, tout ça qui sont des structures vraiment... En plus, elles sont ancrées dans le paysage local, connaissent bien le marché, ont vraiment du concret. Donc c'est très chouette. Et en effet, il vaut mieux prendre son temps.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Finalement, même en termes de communication, parce que tu vois, toi par exemple, ce n'est pas encore concrétisé. Cependant, on est déjà teasé par tes publications. C'est super chouette aussi de suivre la construction du projet et je pense que ça va développer une certaine affection.
- Speaker #1
C'est ça, c'est super important quand on crée un projet, c'est que finalement le projet ne se fait pas tout seul, même si on porte le projet seul. On a quand même besoin d'une communauté pour leur suivre, parce que pour être très « commercial » , ce seront eux nos clients. Donc c'est aussi pour eux qu'on crée le projet et pour leur offrir un service ou un produit. Donc derrière, la communication, c'est hyper important pour les intégrer, pour qu'ils se sentent ancrés dans le projet et qu'ils aient envie de découvrir ça. Et c'est pour ça qu'effectivement, j'ai fait cette communication parce que la Louvre, si je n'ai personne, elle ne peut pas vivre. Elle ne vivra qu'avec les gens, qu'avec la population. Et c'est pour eux que je souhaite leur montrer « voilà ce que j'ai envie de vous faire » . Et puis aussi, ça me permet d'avoir un retour. Est-ce que ça leur plaît ? Est-ce que ça ne leur plaît pas ? Est-ce qu'il y a d'autres choses qui les intéressent malgré le fait que j'ai fait une étude de marché au tout début ? c'est toujours important d'avoir le retour des gens et de pouvoir modifier le projet parce que nous ce qu'on a en tête c'est pas forcément ce que les gens souhaitent toujours et donc l'objectif c'est de s'aligner entre ce qu'on souhaite et ce que eux ont besoin ce que eux ont besoin oui
- Speaker #0
c'est vraiment ça, c'est identifier des besoins et puis faire la part des choses entre toi ce que t'as envie de faire et qui peut-être finalement tu vas devoir faire certains choix, abandonner certaines choses que t'aimais bien mais voilà voir ces... comment dire Oui, les besoins, être en contact avec les besoins des gens pour vraiment y répondre et que ce soit...
- Speaker #1
C'est ça, oui.
- Speaker #0
Ok, ok. Aujourd'hui, de quoi est-ce que tu as besoin pour que ça se concrétise, que ça avance, que ce soit en termes financiers, en termes d'aide ? De quoi as-tu besoin ?
- Speaker #1
Alors aujourd'hui, là on est sur un point de bascule du projet en fait. Donc j'ai commencé à émuler des gens autour du projet avec la communication et puis le fait que j'en parle tous les jours. Et là le point de bascule en fait c'est qu'il est financier. C'est-à-dire que malheureusement je n'ai pas les finances nécessaires pour apporter moi-même un apport nécessaire. Ce qui est en général 10% d'un prêt. Et donc, du coup, je fais appel aux gens via une cagnotte participative pour pouvoir lancer ce projet. Parce qu'en fait, c'est vrai que je parle de bascule parce que si je n'arrive pas à avoir cet apport suffisant, en fait, la Louvre, elle ne pourra jamais ouvrir parce que malheureusement, les banques souhaitent toujours avoir un apport. Et voilà, cette cagnotte, en fait, elle sert à ça. Elle sert à se dire OK, elle va servir bien sûr à pouvoir acheter de la belle décoration, des tables, des meubles. mais elle sert aussi surtout à créer ce point de bascule auprès des financeurs en leur disant, vous voyez, on est sérieux. Les gens ont vraiment envie que la Louvre ouvre et donnez-moi ce prêt bancaire pour qu'on puisse se lancer tous ensemble.
- Speaker #0
Alors, où est-ce qu'on la trouve cette cagnotte ? Où est-ce qu'on peut aller en savoir plus ? Et puis surtout participer si on le souhaite.
- Speaker #1
Oui, alors il y a trois manières. Soit on va directement sur le site. J'ai décidé de ne pas prendre les plateformes classiques, litchi, etc., mais une plateforme française qui s'appelle onparticipe.fr que je trouve vraiment top. Et il suffit de taper la Louvre dans les cagnottes et on la trouve tout de suite. Ou sinon sur mes réseaux sociaux, sur Facebook, la Louvre Tiers Lieux ou sur Instagram, la Louvre Tiers Lieux. Ils sont en lien dans la bio de chaque réseau.
- Speaker #0
Parfait. dans les commentaires, comme ça, s'il y a des personnes qui ont la flemme d'aller visiter, je les encourage quand même à y aller. Moi aussi. Directement, voilà. OK. Du coup, là, c'est surtout financier. Est-ce que tu as d'autres besoins ? Ou bien est-ce qu'on peut t'aider d'une autre manière ?
- Speaker #1
Alors moi, c'est surtout un appel un peu aux structures, aux associations, toutes celles qui ont envie de partager, de créer des ateliers, même deux associations ensemble. J'avais envie de créer un partenariat entre la mission locale et le COCON pour pouvoir créer des ateliers d'emploi jeunes. Et ensuite, pourquoi pas présenter à des entreprises locales des CV de jeunes par exemple ou même des présentations en direct. Et donc s'il y a d'autres associations qui souhaitent faire des ateliers que ce soit yoga, etc., qu'elles n'hésitent pas à me contacter. même des particuliers qui sont en association et qui se disent, tiens, ça pourrait être sympa de créer des choses ensemble, qu'ils me contactent et on verra ce qu'on peut faire ensemble.
- Speaker #0
OK, super. Est-ce que tu as appris des choses depuis que tu t'es lancée dans cette aventure ? Qu'est-ce que ça t'a amenée à développer comme compétence ou est-ce qu'il y a des choses qui t'ont surprise ? Comment as-tu grandi ?
- Speaker #1
Comment j'ai grandi ? Oui, j'ai beaucoup grandi. parce qu'en fait, je trouve que quand on se lance dans l'entrepreneuriat, on passe un peu d'un bébé où on est tout idéaliste, c'est tout beau, c'est tout rose, à un adulte, un vrai entrepreneur, un vrai chef d'entreprise. Et le chemin n'est pas facile. On se remet en doute, on se pose plein de questions. En tout cas, pour moi, je trouve que le chemin n'est pas facile et ça nous fait énormément grandir. Et surtout, ça nous apprend des choses sur nous. Moi, je ne me pensais pas si résiliente. Typiquement, prendre le travail à la poste, je ne m'en pensais pas capable du tout parce que j'ai travaillé quasiment tout le temps en bureau, à part quand j'étais en caisse ou que je faisais un peu de ménage. Mais je me suis dit « Waouh ! Est-ce que je vais y arriver ? Comment je vais faire avec le projet à côté ? » Et en fait, j'ai trouvé la force en moi de pouvoir faire ça « Ok, malgré peut-être toutes mes qualités et mes défauts, j'ai réussi à me structurer pour créer un tel projet et amener les gens aussi à croire en ce projet. » Et ça, moi je n'y croyais pas. Peut-être que c'est l'autre beaucoup d'entrepreneurs aussi, c'est le syndrome de l'imposteur. Et de se dire « Oui, en fait, qu'est-ce que je fais là ? Les gens croient à mon projet, mais qu'est-ce que je fais là ? » Et en fait, non, on est tous légitimes dans ce qu'on fait. Et si les gens ont envie de nous suivre, c'est que vraiment, c'est un projet légitime et que nous-mêmes, on est légitimes là-dedans. C'est moi, c'est l'en-moi. C'est vraiment ce que j'ai appris sur moi-même. C'est que j'ai les capacités, je peux le faire et que ce que je fais, c'est légitime. Par rapport à la gestion de ton temps,
- Speaker #0
de ton énergie, est-ce que tu arrives à être attentive à ta fatigue ? Parce que c'est vrai que quand c'est un projet qui tient beaucoup à cœur comme ça, on peut vite tomber dans la surcharge du travail, en faire trop. Donc comment tu gères ça toi ?
- Speaker #1
Au début, je ne gérais pas du tout. C'est-à-dire que je rentrais du boulot, j'enchaînais. Parfois, je ne rentrais même pas chez moi. J'enchaînais les rendez-vous, etc. Et en fait, j'étais épuisée et je me rendais compte que je n'étais plus assez… comment ? Je n'ai pas le mot, mais ça n'allait plus. Enfin, je n'arrivais plus à avancer.
- Speaker #0
Ta disponibilité mentale n'était pas optimale.
- Speaker #1
C'est ça. C'est-à-dire que je n'avançais pas du tout et il y a un moment, je me suis dit « OK » . où je trouve un rythme. Donc, ça a mis du temps à trouver ce rythme. En fait, du coup, le rythme que j'ai trouvé, c'est je rentre, je dors une sieste. C'est très important. Puis, j'ai une maladie aux ovaires qui fait que j'ai besoin absolument de dormir. J'ai besoin de ce repos et ensuite, je travaille le soir. Et quand je dois prendre des rendez-vous, je les prends sur mes jours de repos parce qu'à la Poste, on a un jour de repos par semaine. Et donc, je les prends sur mes jours de repos. Et ce qui me permet en fait de fluidifier un petit peu toute mon énergie, de la répartir plutôt que d'essayer de tout faire d'un coup et de terminer en log dans le canapé parce qu'on n'en peut plus. Du coup, ça veut dire que par exemple,
- Speaker #0
si tu as des mails ou des choses que tu reçois comme ça dans un moment où tu es censée te reposer, tu arrives à dire non, je le ferai sur mon temps dédié.
- Speaker #1
C'est ça. Au début, ce n'était pas facile. Mais en fait, je me suis dit... Moi, quand les gens... En fait, j'ai inversé la situation. Je me suis dit, moi, quand j'envoie un mail aux gens, « Oh mon Dieu, est-ce que j'ai besoin d'une réponse tout de suite ? » Non, ce n'est pas grave. Si c'est urgent, oui, je sais que je vais répondre tout de suite. Si ce n'est pas urgent, je me dis, les gens ne vont pas maintenir rigueur. Et donc, je vais prendre ce temps où j'ai besoin de me reposer, et ensuite, je répondrai.
- Speaker #0
C'est très bien. Je te félicite parce qu'il y a beaucoup de personnes qui n'arrivent pas à faire ça. Et en fait, personnellement, moi, c'est mon métier d'accompagner les entrepreneurs dans... la gestion émotionnelle, la gestion de l'énergie. Et c'est très compliqué de ne pas culpabiliser. Je milite pour les siestes et les temps de refroidissement. Parce que après la sieste, en fait, tu en fais trois fois plus.
- Speaker #1
C'est ça. Je suis aussi une grande militante de la sieste. D'ailleurs, quand je travaillais même en entreprise, j'allais faire une sieste après parce que... J'en avais besoin, en fait. Tout simplement, on apprend à connaître notre corps et les siestes étaient hyper importantes pour moi, pour mon bien-être, le bien-être du cerveau et puis celui du corps.
- Speaker #0
Ben écoute, bravo pour ça. Est-ce qu'il y aura un petit coin sieste à la Louvre ?
- Speaker #1
Oui, j'aimerais beaucoup faire un petit coin sieste.
- Speaker #0
Ce serait sympa, bien isolé, bien douillet.
- Speaker #1
Oui, ce serait l'idéal.
- Speaker #0
Je pense qu'on a une bonne vision de ton projet, de ce que ça va être, de comment on peut participer si on est intéressé. Du coup, pour suivre l'avancée ou même pour déjà se connecter avec la Louvre qui bientôt naîtra, où est-ce que c'est le mieux pour te suivre ?
- Speaker #1
Je dirais sur les réseaux, sur Facebook, sur LinkedIn. Alors LinkedIn, je poste un peu moins. Pour moi, c'est encore un petit peu complexe de savoir comment je poste. je peux accrocher les professionnels, mais surtout sur Facebook et Instagram dans ce cas.
- Speaker #0
Je pense que sur LinkedIn, tu auras plus de matière une fois que ce sera lancé parce que là, tu pourras proposer des projets, des espaces.
- Speaker #1
C'est ça, oui.
- Speaker #0
Pendant la genèse, c'est peut-être moins pertinent.
- Speaker #1
Oui, parfois, je parle un petit peu de parcours, de l'entrepreneuriat, mais c'est vrai que je suis dans la création du projet. Donc, du coup... compliqué de leur faire un retour en sachant que je suis en plein dedans. Mais effectivement, tu as raison. Après, je pense que j'aurai un peu plus de matière.
- Speaker #0
Du coup, j'ai une petite question sur la communication. Là, en repensant à tout ce que tu as posté et que j'ai pu voir jusqu'à présent, comment tu as choisi tes codes couleurs, tes visuels, le ton que tu emploies ?
- Speaker #1
En fait, c'est ce que j'aime, moi, et ce qui reflète les valeurs. Donc un vert, le vert qui se rapporte aussi beaucoup à la nature. Cette région avec plein de nature, où on est entouré par la nature. Donc des teintes assez chaudes avec le terracotta aussi, un peu jaune ocre. C'est des couleurs hyper douces.
- Speaker #0
qui vont parler aux gens et qui, voilà, leur disent : "La Louvre c'est vraiment un petit cocon, un petit endroit cosy." Et puis du coup pour le ton c'est exactement la même chose, quelque chose de doux, d'un peu poétique, d'où l'aquarelle aussi sur les visuels. Sur l'indie on est quelque chose d'un peu plus réaliste pour le coup sur la communication. Mais voilà, on reste dans ces tons un peu nature. À la Louvre, sur les visuels que j'ai faits, c'est exactement la même chose. C'est des tons très doux, des matières naturelles, du bois, de la brique. La brique pour faire un peu rappel aussi au nord de la France. Voilà, donc ça, c'est un petit peu la raison pour laquelle j'ai créé un peu toute cette identité visuelle.
- Speaker #1
Et pour ton ameublement et l'aménagement vraiment physique du lieu, est-ce que tu as fait appel à... quelqu'un, une personne extérieure, un designer enfin une décoratrice d'intérieur ou c'est toi avec tes goûts ?
- Speaker #0
Non c'est moi avec mes goûts alors au début je l'ai fait sur une plateforme en ligne qui a disparu maintenant ça s'appelait Cozy Casa je crois à l'époque où on pouvait faire un peu tout en 3D et donc je me suis un peu comme tous ceux qui veulent créer un univers dans une maison, je suis allée sur Pinterest et j'ai regardé un petit peu tout ce qui m'intéressait ma maison est comme ça, avec des matières brutes, de la pierre, du bois, etc. Et donc là, c'était l'idée de se dire comment je veux structurer cet espace pour que ça transpire un peu la nature, le naturel. Et pour les meubles, ce que j'ai beaucoup envie de faire aussi, c'est recycler les meubles, donner des secondes vies, ne pas acheter des choses toutes neuves, ne pas que tout se ressemble.
- Speaker #1
tout sera assez différent, mais dans cette envie de rester dans le bois, dans le naturel. D'accord. Bon, écoute, j'ai hâte de voir tout ça. On a fait le tour de mes questions. Je te remercie beaucoup de t'être prêtée au jeu et d'avoir osé comme ça parler de toi, de ton projet. J'ai une dernière petite question qui est une question rituelle que je pose à tous mes invités et qui est en lien avec mon activité. Si tu pouvais changer quelque chose dans le fonctionnement de ton cerveau, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Peut-être, j'aurais envie de dire le doute. Enlever le doute, mais en même temps il nous permet aussi de nous remettre en question. Mais c'est vrai que peut-être un peu moins la partie négative qui nous pèse sur les épaules. Je pense que tout entrepreneur dirait que ça nous ferait du bien parce que ça nous tire vite vers le bas. Il suffit d'une chose qui va mal, d'une fatigue un peu trop poussée pour qu'à un moment on baisse les épaules en disant là j'en peux plus. Moi ça m'est arrivé à un moment au bout de six mois du projet et en fait j'ai eu un mois de down complet où j'étais au fond du trou parce que deux trois remarques qui ont fait que je me suis dit bon j'en peux plus, j'en ai marre, je pause parce que je ne peux plus avancer. Donc, je pense que si je pouvais changer ça, c'est un peu cette capacité de trop aller dans le négatif. On garde les doutes quand même parce qu'effectivement, c'est important, mais voilà, c'est la partie qui nous tire un peu, ce petit démon là sur l'épaule qui nous tire un peu. S'il pouvait un peu partir, ce serait bien.
- Speaker #1
Alléger l'émotion négative liée aux doutes, quoi.
- Speaker #0
C'est ça, c'est ça.
- Speaker #1
Écoute, j'ai envie de te rajouter une dernière petite question.
- Speaker #0
Dis-moi.
- Speaker #1
C'est quoi ton jeu préféré ?
- Speaker #0
Oh là là ! C'est dur parce que j'en ai plein, mais je reste souvent sur un jeu qui est un de mes premiers jeux qui s'appelle Dice Forge. En fait, c'est un jeu de gestion un peu de ressources. L'objectif, c'est d'avoir ce qu'on appelle le plus de points de victoire. Et pour avoir ces points de victoire, on peut le faire de manière différente. On a un dé avec des faces et en fait, ce dé, il peut se forger. Donc, on enlève les faces de dés et on peut en acheter de nouvelles. Et grâce à ce dé, on récupère des ressources. Et grâce à ces ressources, on peut acheter des cartes qui nous donnent des pouvoirs et qui nous font avancer et qui nous font gagner des points de victoire. Et petit plus de ce jeu que j'adore, c'est que la boîte est magnifiquement faite. C'est-à-dire que tout a sa place dedans. Et rien ne bouge même si on le secoue. Et moi je trouve ça génial.
- Speaker #1
Excellent. Merci beaucoup pour cette recueil. Je vais aller explorer ça. Je te remercie beaucoup, Mélissa. C'était extrêmement intéressant.
- Speaker #0
Je te remercie aussi.
- Speaker #1
Avec plaisir. Est-ce que tu as un dernier mot de la fin ou c'est tout bon pour toi ?
- Speaker #0
Ben non, en tout cas je voulais vraiment te remercier c'est un exercice pas facile et en même temps c'est assez plaisant de pouvoir en discuter avec quelqu'un et d'avoir ces retours donc merci beaucoup Ben écoute,
- Speaker #1
merci à toi et puis à bientôt à la Louvre alors Oui, à bientôt