Speaker #0Bienvenue dans Anti-Pitch, le podcast qui donne le temps aux entrepreneurs et entrepreneuses de présenter leur métier en profondeur. Je suis Valérie Sten, hypnologue spécialisée dans l'accompagnement des émotions des dirigeantes et dirigeants et dans les neurosciences cognitives appliquées à ton quotidien entrepreneurial. Ici, tu vas rencontrer des personnes de qualité et trouver des modèles et des conseils pour développer ton activité. J'ai hâte de savoir ce que tu vas retenir de cet épisode. Et c'est parti pour une série de mini-épisodes pratico-pratiques avec à chaque fois du concret, du scientifique et des exercices pour que tu puisses mettre en place pour de vrai tout ce que tu apprendras dans cet épisode. Je suis Valérie Sten et dans cette série d'épisodes courts, on va parler de trucs que personne ne te dit quand tu te lances à ton compte, mais qui font toute la différence entre galérer et gérer ta boîte de manière efficace. Aujourd'hui, on va parler de ce moment où le salon, ou le canapé, ou le coin cuisine, ou peu importe l'endroit chez toi, devient l'endroit où tu te retrouves à bosser parce que tu n'as pas de bureau dédié, ou parce que c'est pratique, ou parce que tu te dis que ça n'a pas tellement d'importance. Et bien, breaking news, pour toi, ça a de l'importance. Ça amène beaucoup d'importance. Je vais t'expliquer pourquoi. Mieux encore, je vais te donner 5 raisons, en appui sur les recherches en neurosciences, pour lesquelles travailler depuis ton salon, s'annuient à ton activité. Et à la fin de l'épisode, je t'embarquerai avec moi dans un exercice concret pour que tu identifies exactement ce que ça te coûte à toi personnellement dans ta situation. Raison numéro 1, ton cerveau ne sait pas où il est. Le cerveau fonctionne énormément par association. Quand tu travailles dans le même espace que celui où tu te détends ou que l'endroit où tu manges ou l'espace où tu fais ton sport, il reçoit des signaux contradictoires. Est-ce que c'est un moment où on se repose ? Est-ce qu'on est en train de bosser ? Ce flou embrouille ton cerveau qui ne sait pas dans quel mode d'attention, de concentration il doit se placer. Ce flou empêche aussi ton cerveau d'entrer sereinement dans des moments d'ennui sains qui lui permettent de se mettre en mode par défaut. Tout risque de se brouiller un peu. Le mode focus, le mode rêverie, le temps de concentration ou de dispersion, des pensées qui partent dans tous les sens. Il y a aussi un autre phénomène qu'on appelle la coïncidence. contextualisation de la mémoire. En fait, le contexte, celui où tu encodes une information, c'est-à-dire celui où tu mémorises quelque chose, celui où tu apprends quelque chose. Je te donne un exemple, si tu apprends un théorème dans la salle de maths du lycée, ce sera l'endroit où tu restitueras le mieux ce que tu as appris. Et c'est là où tu as du bol si le jour du bac tu te retrouves à passer l'examen dans la même salle que celle où tu apprends les maths habituellement. Autre point, Ton cerveau associe tes états mentaux, tes ressentis et tes humeurs aux environnements où tu les vis. Si chaque jour où tu travailles dans ton salon, il y a du stress, difficile de garder ce lieu comme un espace de détente pour te relaxer en fin de journée. Un bureau dédié, même s'il est tout petit, envoie un signal clair. Ici, on se concentre. Ton canapé envoie un signal beaucoup plus ambigu, s'il te sert à la fois d'espace de repos et de lieu de travail. Raison numéro 2 L'ergonomie n'est pas un luxe, c'est préserver ton outil de travail numéro 1, c'est-à-dire toi. La table basse trop basse, le canapé trop mou, la lumière dans le dos ou dans les yeux, le laptop posé sur les genoux, je suis sûre que là ça te parle ce que je suis en train de te dire. En 20 minutes, ton corps commence à compenser. Ta nuque est tendue, ton dos tire, tes jambes souffrent. Au bout d'un moment, ton cerveau consacre une partie de ses ressources à gérer la douleur ou l'inconfort. Cette énergie mobilisée par ton cerveau, elle est plus disponible pour la tâche que tu es en train de réaliser. Ce n'est pas juste une question de confort, c'est vraiment une question de ressources cognitives. La douleur physique mobilise de la tension, et la tension c'est quelque chose de fragile. Autant mettre toutes les chances de ton côté pour ne pas la gaspiller ou pour ne pas t'épuiser inutilement. Raison numéro 3, les interruptions plus fréquentes. Ces interruptions, elles sont... beaucoup plus coûteuse qu'il n'y paraît. Je vais t'expliquer pourquoi. Par exemple, une machine à laver qui finit tournée, un livreur qui sonne, un conjoint qui passe, un enfant qui t'appelle, un chat qui s'installe sur ton clavier, la tentation d'aller chercher quelque chose à grignoter. Chaque interruption, aussi brève soit-elle, n'est pas juste une petite perte de temps. C'est aussi un coup pour se concentrer de nouveau. Il y a beaucoup d'études qui ont montré qu'après une interruption, il faut environ une vingtaine de minutes pour pouvoir retrouver exactement le même niveau de concentration profonde. Si tu multiplies ça par le nombre d'interruptions dans ta journée quand tu travailles chez toi, tu peux commencer à voir combien de temps tu te retrouves à bosser en surface sans jamais vraiment te concentrer à fond. Raison numéro 4, la frontière travail-vie-perso s'effondre dans les deux sens. Quand tu travailles chez toi sans délimitation physique claire, Il y a deux choses qui se passent en parallèle. Tu travailles dans ta vie perso, tu bosses le soir, le week-end, parce que ton ordi portable est là, et tu es dans ta vie perso pendant les heures de travail. Par exemple, tu vas faire une machine, tu vas ranger, tu traînes un peu. Le résultat, c'est que tu ne récupères jamais vraiment. Ton cerveau ne sait plus quand il peut se déconnecter, il ne sait plus quand arrêter de réfléchir à tes tâches professionnelles. Attention, sur la durée, tu t'exposes à un risque d'épuisement. Pas forcément un épuisement spectaculaire, mais une fatigue diffuse et persistante. Tu risques de te sentir toujours à bloc, mais jamais vraiment efficace. Raison numéro 5, ton identité professionnelle s'érode. C'est une conséquence plus subtile, mais hyper importante. Se sentir professionnel, ça passe aussi par l'environnement dans lequel on évolue. Un vrai espace de travail, même s'il est tout simple, ça envoie un signal à ton cerveau. Le signal que ça envoie, c'est « ce que je fais est sérieux, j'ai un métier, je suis entrepreneur, je suis entrepreneuse » . Par exemple, si tu travailles en pyjama sur le canapé, c'est pas seulement sur la perception des autres que ça a un effet, mais ça a un effet aussi sur ta propre estime de ton activité. Et cette estime, elle est directement corrélée à ta capacité à te demander ce que tu vaux, ta capacité à tenir tes engagements, ta capacité à te projeter. C'est un peu comme si tu faisais un jeu de rôle. Si tu te mets dans une tenue professionnelle, des vêtements dans lesquels tu as l'impression de te sentir légitime, ça a un vrai effet sur ton comportement et sur l'image que tu renvoies, à la fois aux autres et aussi à toi-même. Faisons maintenant le lien entre tout ce que je viens de te dire, l'hypnose et les neurosciences cognitives. Tout ce que je te décris dans cet épisode, la difficulté du cerveau à entrer dans le bon état selon l'environnement, C'est exactement ce sur quoi je travaille avec mes clients en accompagnement. En hypnose, par exemple, on peut créer ce qu'on appelle des ancrages, des ancres mentales. On va associer un état ressource, par exemple la concentration, la confiance, la clarté. On va l'associer à un contexte donné. Ce qu'on fait dans une séance d'ancrage en hypnose, c'est ce que ton espace de travail doit faire pour toi au quotidien. Plus tard, Si même avec un bon espace de travail bien défini, tu peines à entrer dans un mode boulot, il y aura peut-être un travail à faire sur tes ancrages internes. Bon, tu l'attendais, le voici, le voilà, passons maintenant à l'exercice pratique comme promis au début de cet épisode. Je te propose de faire toi-même un audit de ton espace de travail. La question à laquelle on va répondre, c'est combien ton salon te coûte vraiment ? ton salon ou le petit coin où tu fais ton travail qui n'est pas un vrai bureau. Alors tu vas prendre une feuille de papier ou quelque chose pour noter, ça peut être une note dans ton téléphone si c'est ce qui te convient le mieux et je vais t'emmener à travers quatre étapes. Est-ce que tu es prête ? Est-ce que tu es prêt ? Allez c'est parti, étape numéro 1, on va cartographier les endroits où tu travailles. Tu vas te rappeler les cinq derniers jours et tu vas noter exactement Où tu as travaillé dans chaque endroit et combien d'heures tu as passé dans chacun de ces endroits. Vraiment, tu notes les endroits précisément, le salon, la table de la cuisine, la chambre, le café, l'espèce de coworking, etc. Sois honnête et note bien tous les endroits où tu as travaillé ces cinq derniers jours. Étape numéro 2, tu vas évaluer ton niveau de concentration réel pour chaque session de travail dans chaque endroit que tu as listé. Et tu vas lui donner pour ça une note de 1 à 5. 1, c'est quand tu étais dispersé, pas très concentré. Et 5, c'est quand tu étais dans le flot, c'est-à-dire là où tu t'es senti vraiment efficace et super concentré. Tu notes comment tu t'es senti vraiment, pas comment tu aurais voulu te sentir. Sois le plus objectif, la plus objective possible. Étape numéro 3, identifie les 4 plus grandes sources d'interruption. Là, ce que tu dois noter, ce ne sont pas seulement les interruptions professionnelles que tu subis, comme par exemple un coup de fil de client ou un collègue qui vient te parler, mais plutôt celles que tu te crées toi-même. Par exemple, les interruptions quand tu es allé chercher à manger, quand tu as regardé ton téléphone. Quand tu t'es dit, ah bah tiens, je vais ranger juste deux minutes. Ou les interruptions non pro qui sont liées à ton environnement. Exemple, un voisin qui sonne pour te proposer un café, ton chien qui vient te réclamer une balade. Toutes ces interruptions non professionnelles qui sont liées à ton environnement. Ensuite, tu vas compter ces interruptions honnêtement sur une journée type. Étape numéro 4, on va calculer maintenant le coût réel de ces interruptions. Si par exemple, tu perds en moyenne 1h30 de concentration profonde par jour à cause de ton environnement, sur 220 jours travaillés par an, ça fait 330 heures. Multiplie ces heures par ton taux horaire et c'est ce que ton salon ou ton canapé te coûte par an. Écris ce chiffre. Impressionnant, n'est-ce pas ? Par exemple, si ton taux horaire est de 30 euros, tu perds 9900 euros. Bon, je reconnais que ce calcul est simpliste. et ça ne prend pas en compte tout un tas de paramètres comme le temps gagné par exemple lorsque tu es en ta lessive en quelques minutes ou si tu viens réceptionner ton colis en étant à la maison, plutôt que d'aller le récupérer à la poste après un avis de passage. Là je te rappelle que ce qu'on mesure en fait c'est la perte invisible, la perte d'attention, la perte de concentration, celle qui est difficilement mesurable si on n'y prête pas attention justement. Et maintenant la vraie question est qu'est-ce qui t'empêche de créer ? un espace dédié à ton travail, même temporaire, même imparfait ? Note ta réponse. Elle est souvent plus révélatrice que le problème d'espace lui-même. Voilà pour cet épisode. Si tu veux aller plus loin, que ce soit pour l'organisation de ton espace mental, pour la concentration ou sur ce que tes modes de fonctionnement révèlent de toi et de ton rapport au travail, tu sais me trouver à mon site internet stanhypnose.fr ou encore mes réseaux sociaux. Dans le prochain épisode, on parlera de solitude entrepreneuriale. J'attends tes questions et tes remarques dans les commentaires. Pense à partager cet épisode à une personne pour qui il sera utile. Et puis toi, je suis curieuse de savoir, qu'est-ce que tu retiens de l'épisode d'aujourd'hui ?