- Emmy
Bonjour et bienvenue sur Antifambre, ton nouveau podcast sans tabou dédié à la sexualité pour toutes et tous. Je m'appelle Emy, j'ai 22 ans et je t'invite à débuter cette aventure ensemble pour explorer et vivre pleinement ta sexualité. Alors mets-toi à l'aise et viens écouter les voix d'Antifambre. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode d'Antichambre. Aujourd'hui, je suis accompagnée d'Alice et Léwis. Merci beaucoup d'être venus. Cet épisode sera autour du BDSM et principalement la soumission. Pour commencer, Alice et Léwis, pouvez-vous nous présenter ?
- Alysse
Eh bien, bonsoir. Donc, Alice, je suis accompagnée de Léwis. L'ourson, c'est un petit peu mon... Je ne suis pas mon doudou BDSM, on va dire, mon ourson noir en cuir avec ses petits harnais, qui m'accompagne dans beaucoup de mes périples et de mes expériences, on va dire. C'est un peu la mascotte. Voilà, exactement, c'est le mot juste. Je suis une femme de cinquantaine d'années et qui continue en tout cas d'explorer sa sexualité.
- Emmy
Justement, est-ce que tu pourrais nous expliquer comment s'est passée ta découverte de ta sexualité ? Environ quand est-ce que ça est arrivé, l'attrait du BDSM, comment tu es rentrée dans ce milieu-là ?
- Alysse
Alors, pour parler précisément du BDSM, c'est en tout cas relativement récent, puisque ça date de 2018, pour être précise. J'ai donc 7 ans, donc on va dire plutôt sur le tard. Avant ça... J'ai une sexualité plutôt classique, en tout cas qui n'était pas orientée du tout BDSM. Mais à partir de 2018, oui, les choses ont changé. Ça s'est fait, j'ai envie de dire, avec un concours de circonstances. Ils m'ont poussée. C'est comme si la vie, en fait, à un moment, m'a aiguillée, m'a poussée vers cet univers. Alors, il n'est pas arrivé comme ça. Ça ne m'est pas tombé dessus du jour au lendemain. Il faut dire que juste dans les deux années qui ont précédé, 2016, pour être précise, 2016-2017, J'avais décidé d'explorer, de remettre un peu ma sexualité qui avait été pendant de longues années un peu en mise en sommeil et donc de me relancer dans cette vie et de redécouvrir un petit peu ma sexualité en tant que femme à travers des applications comme Tinder, etc. Et pendant ces deux années, j'ai eu un certain nombre de partenaires où ça s'est plutôt d'ailleurs bien passé. plutôt une bonne découverte, je dois dire. Et c'est là où je me suis rendue compte que oui, je pouvais aussi partager des moments avec des hommes même plus jeunes que moi et sans que ce soit forcément avec un engagement derrière, mais en étant aussi dans quelque chose de léger.
- Emmy
Sans plus de tête que le moment présent.
- Alysse
Exactement, sans tabou particulier. Mais, c'est vrai que j'ai remarqué que quasiment systématiquement et très rapidement, je suis tombée sur des partenaires qui avaient ce penchant pour, en tout cas ce côté dominant dans la sexualité. Alors, on était dans une sexualité, on va dire, classique à la base, mais dans les ébats et dans l'intimité, il y avait plein de moments où tout à coup ça basculait dans un échange où je sentais qu'on avait envie de me dominer. Et très rapidement, je me suis rendue compte que moi, Ça me plaisait énormément de me soumettre, en tout cas dans ce type de jeu. Alors ça pouvait être, on pourrait avoir donné des exemples concrets, m'attraper les cheveux, me donner une fessée, ou avoir des postures où tout à coup il y a l'autre qui est vraiment dans sa posture de domination, sentir la force de l'autre et puis qui prend le contrôle de la situation. Petit à petit, je suis allée aussi dans des sex-shops, acheter des accessoires, comme des monotes, des bandeaux, des sex-toys, des choses comme ça, pour aussi agrémenter quand j'avais des partenaires. Je remarquais que ça plaisait beaucoup. Et c'est vrai qu'il y en a eu un en particulier, partenaire, qui était assez orienté sur tout ce qui était fétichisme. C'était plus axé fétichisme du pied. Des chaussures, des talons, etc. Et moi, je me suis engouffrée là-dedans. Bon, voilà. Mais toujours en ayant des partenaires divers et variés et toujours dans ce côté où on mélangeait, on apportait comme ça des touches. Alors, on pouvait y avoir des scénarios aussi, etc. Mais voilà, je commençais à me poser quand même des questions. Et puis, par la suite, il y a eu une lecture. en particulier d'un livre que j'avais offert à une amie et puis qui en fait me l'avait bien aimé mais me l'a ensuite rendu en me disant je pense que ça va plus te correspondre qu'à moi. Et c'était la découverte de cette autrice que j'adore et qui est très connue dans le milieu du BDSM, c'est Eva Delambre, qui a écrit beaucoup beaucoup de romans. principalement sur les relations de maître et soumise. Et à la lecture de ce roman-là, j'ai adoré. Moi qui n'avais d'ailleurs jamais lu aucun livre érotique, pornographique ou quoi que ce soit. Et du coup, après, j'ai acheté tous ces romans, les uns après les autres, toute sa bibliographie. Et à chaque fois que je lisais, j'avais les images qui me venaient et il y avait l'excitation aussi qui me... prenait et je me disais j'aimerais j'aimerais être à la place de ces femmes qui se soumettent à ces hommes etc. et sans forcément poser des milliards de questions pourquoi, comment voilà donc il y a eu ça et dans quasiment le même mois, dans les mois, le deuxième mois même qui ont suivi, j'ai participé à un atelier qui a été organisé, c'était par une association qui organisait pas mal d'ateliers sur la sexualité féminine et masculine. Et il y en avait un particulièrement sur le BDSM. Et donc, j'y suis allée. Et ça a été là où j'ai eu le déclic, parce que là, pour la première fois, j'ai envie de dire, je n'étais plus dans des livres. C'était concret. Il y a eu deux personnes qui sont venues faire une démonstration. Alors, c'était sur les impacts. Donc avec tout un tas d'accessoires, ça allait de la cravache au martinet à tout un tas de types de fouets, etc. Et on était une quinzaine de personnes. Et donc lui expliquait en même temps avec un côté très pédagogique tout ce qu'il faisait comme geste. Bien sûr, les conditions de sécurité, d'hygiène, de respect, etc. Avec sa partenaire, enfin une partenaire qui était là. Et moi, j'ai été subjuguée, j'ai été hypnotisée et j'avais qu'une envie, c'était d'être à la place de cette femme. Donc à la fin, je suis allée le voir et j'ai dit j'aimerais bien découvrir cet univers. Je ne connais personne, peut-être aller dans des soirées. Et il m'a donné un certain nombre de conseils, un organisme qui propose justement des munchs, des apéros, etc. qui a déjà été citée comme Paris M et qui m'a bien aidée au début aussi pour rencontrer un peu des personnes de la communauté. Oui,
- Emmy
parce que c'est vrai que quand on connaît personne, c'est pas facile à aborder tout de suite.
- Alysse
Et en tant que femme seule, j'avais pas envie d'atterrir n'importe où, avec n'importe qui. Et puis il m'a dit aussi, si tu veux aller à une soirée, il m'avait conseillé d'aller à une soirée qui s'appelle la Hello Kinky et qui est une soirée avec une très bonne ambiance, on peut danser, un très bon état d'esprit et voilà. Pour une première, c'était ok. Donc ce que j'ai fait, en ne connaissant personne, à part lui qui était présent, et je me suis rendu compte très rapidement que les gens, on pouvait discuter très facilement, les gens étaient ouverts, je me suis sentie comme un poisson dans l'eau, et j'avais qu'une envie, c'était d'aller à une autre soirée, etc. Et surtout, le déclic, ça a été que je me suis dit, je veux rencontrer un partenaire. qui devienne mon maître, véritablement. Je ne veux plus simplement d'un partenaire sexuel avec qui je vais jouer, je veux quelqu'un qui soit assez mature, et qui connaisse cet univers, qui connaisse la posture de maître, et qui puisse être mon guide, me guider à travers cet univers, moi en tant que sa soumise, et lui en tant que mon maître. Donc je me suis mise à...
- Emmy
Sur du long terme, du coup.
- Alysse
Oui. Enfin, en espérant que ce soit sur, en tout cas, du moyen.
- Emmy
Parce que je suppose que les relations maître-soumise ou maître-soumis, ce n'est pas en deux, trois fois. Ça dure plus longtemps parce qu'il y a quand même le temps que vous vous trouviez de comprendre l'un l'autre.
- Alysse
Ça va dépendre après de ce qu'on cherche, bien sûr, parce qu'autant dire qu'il y a autant de façons d'appréhender le BDSM et la relation, comme on dit, DS, dominant, soumis, après, homme-femme, peu importe. On peut le faire de façon très épisodique dans des soirées, changer de partenaire, etc. Ou il y a aussi une autre porte d'entrée qui va être de trouver vraiment un partenaire auprès duquel, là du coup je parle pour moi, je vais être de façon exclusive en tout cas dans ce rapport de domination-soumission. Et là c'est différent et c'est ce que je recherchais. Donc j'avoue j'ai rencontré deux, trois personnes avec lesquelles ça n'a pas collé. Et puis, mais assez rapidement, j'ai rencontré, en août 2018, celui qui allait devenir mon maître. Et là, tout de suite, c'est un peu comme un coup de foudre. Quand je l'ai vu déjà, je me suis dit, bon, waouh ! J'ai senti qu'il y avait cette espèce de, moi je dis toujours, cette fébrilité qui m'a envahie. Physiquement, je l'ai vu arriver, j'étais... J'ai des sourds charmes. Et puis, on a passé toute la soirée à discuter. Et les échanges ont été très fluides, très spontanés. Il m'a dit tout de suite, et j'ai su qu'il n'était pas libre dans le sens où il était en couple depuis dix ans avec une personne qui est comme sa femme, mais que c'était un couple ouvert. Donc, il n'y avait aucun problème. Il pouvait tout à fait vivre ce genre d'expérience. donc j'ai dit ok Avec quand même un petit pincement au cœur, j'avoue, parce que j'aurais préféré, bien sûr, qu'il soit totalement libre. Mais bon. Et à partir de là, on a commencé la relation. On a dû se voir, enfin, on a eu des échanges quotidiennement. Et on a dû se voir très rapidement, au bout de dix jours. Et notre première soirée, on l'a passée dans un club libertin. Parce qu'on avait parlé de ça et il savait que moi ça avait été un de mes grands désirs, un peu de mes fantasmes à l'époque où justement je voyais un certain nombre de partenaires. Et je n'avais jamais trouvé la personne qui...
- Emmy
Veuille t'accompagner.
- Alysse
Voilà, qui en tout cas ose et soit assez audacieuse pour venir avec moi. Il m'a dit moi il n'y a aucun problème, je l'ai déjà fait, je peux le faire donc pour t'accompagner. J'ai dit bon si c'est ok et... Il y a eu beaucoup de préparation et ce que j'ai beaucoup apprécié, c'est là que j'ai vu, en fait, que déjà j'avais affaire à quelqu'un de très respectueux, de très mature. Et avec, bien évidemment, avant on a discuté déjà du cadre, quelles étaient mes envies,
- Emmy
tes limites,
- Alysse
si j'avais des tabous, si des choses que je n'avais pas du tout envie de faire, de voir que... Et puis le jour J, on avait décidé aussi de maintenu. On a pris un taxi ensemble pour aller hester au Chandel, un des lieux les plus connus dans cet univers-là. Et là, on est arrivé vraiment au début. Il n'y a personne qui est encore arrivé pour qu'il puisse me permettre de faire déjà le tour des lieux, me montrer un peu les espaces, prendre une coupe de champagne, voir les gens arriver petit à petit, me mettre dans l'ambiance. Oui,
- Emmy
que tu sois à l'aise.
- Alysse
Voilà, et se comporter. Il s'est comporté avec moi, il me tenait la main, etc. Comme si on était un couple. Et puis après, quand les choses ont commencé un peu à s'agiter, j'étais impatiente quand même d'aller voir ce qu'il se passait. Pour moi, c'était une première. Et donc, on est allé dans une des salles et c'est vrai que les premières minutes, j'avoue, j'ai eu un moment de flottement. Je me suis retrouvée avec tous ces corps en face de moi, ces bruits, ces sons. Et je ne savais pas trop. Je me suis dit, mais qu'est-ce que je fais là ? Pendant peut-être 10, 20 secondes, mais il a perçu un peu mon flottement, mon avara. Donc, il m'a dit, c'est OK de rester. On peut retourner, reprendre un verre, etc. Donc, on a fait une petite pause. Et puis, on a continué à parler. Mais en fait, au fur et à mesure, je sentais quand même l'excitation monter. Je me suis dit, ce n'est pas possible. Je suis là. Je ne vais pas ne rien faire.
- Emmy
Je ne vais pas rentrer.
- Alysse
Donc, on y est retourné. Et à partir de là, on ne pouvait plus marquer. Alors, on était vraiment ensemble et j'ai eu quelques interactions avec d'autres personnes, qui pouvaient être d'ailleurs femmes ou hommes, parce que j'aime aussi les femmes, mais lui toujours présent, avec toujours ce côté, je sentais le côté protecteur. Il y a un moment, on s'est retrouvés dans une posture. Alors, on savait très bien qu'on était dans un club libertin. On n'était pas là dans un club de BDSM, soirée BDSM. Donc, ça limitait quand même les interactions. Mais à un moment, on a eu cet échange. où il y a eu un homme qui s'est mis derrière moi, et lui s'est placé devant moi, me regardait et a commencé à me parler en me disant des mots assez crus, en m'attrapant, etc. Et on a senti qu'il y avait cette envie forcément...
- Emmy
Ça a commencé à monter, la domination.
- Alysse
Et moi, je me serais tout à fait vue aller beaucoup plus loin, alors que c'était la première soirée. La fin de soirée se passe très bien, on se retrouve tous les deux ensemble, dans une pièce, même s'il y a d'autres gens à côté de nous, mais véritablement pour déjà se découvrir intimement, et tout se passe très bien. Et à la suite de ça, on continue à échanger jour après jour, on fait des briefs. Très important aussi, dans cet univers-là, et quand on est dans cette relation, de débriefer sur ce qu'on a vécu. Et ensuite, on a dû se revoir, pareil, je pense, une semaine après, au Dijour, cette fois-ci, chez moi, où il est venu. Et là, on était dans un tout autre mode, puisque là, il n'y avait plus que lui et moi. Et lui, dans sa posture de dominant, j'avais quelques accessoires, lui, il en avait apporté. On avait bien cadré. c'était important de poser le cadre, comme on dit souvent dans cet univers-là, c'est-à-dire déjà pour dire qu'est-ce qui était ok, pas ok, qu'on sache verbalement, est-ce qu'il y a des mots qu'il ne faut pas prononcer ? Donc, moi, j'avais posé mon cadre, et à partir de là, à lui de le respecter, ce qui a été bien évidemment le cas.
- Emmy
Mais par exemple, je suppose que les relations, elles changent en fonction de chaque binôme de dominants soumis, mais Toi, dans ton cadre à toi, par exemple, c'est « il te donne des ordres, mais est-ce que tu as le droit de répondre ? Tu n'as pas le droit de répondre ? Tu dois juste agir ? »
- Alysse
Alors, je parle donc dans mon cas, moi, ce que je voulais, c'était vraiment être dans une immersion, une posture de soumission. C'est-à-dire à partir du moment où, comme on dit, la séance commence, on avait convenu à ce moment-là, je le vouvoyais, je l'appelais « monsieur » . Et ensuite, je devais me laisser guider, obéir. à chacune de ses demandes, chacun de ses ordres. Et donc voilà, j'avoue que j'en menais quand même pas large quelque part. Parce qu'à un moment, pour une première séance, mais je ne sais pas comment l'expliquer, la confiance, il y a quelque chose qui s'est instauré très rapidement. Pourtant, je me suis retrouvée à genoux, les mains dans le dos, il avait pris une sorte de harnais où j'étais complètement attachée, les mains relié avec le cou, avec une barre derrière. Il m'avait bandé les yeux et je me suis dit, mais là, je ne vois rien, je ne peux pas bouger. Maintenant, je suis très vulnérable.
- Emmy
Donc,
- Alysse
j'ai eu un moment où j'ai senti le cœur s'emballer. Mais, je me suis dit, bon, c'est maintenant ou jamais. Donc, il faut que je fasse confiance et on va voir pour la suite. La suite, après la séance, s'est déroulée. Alors, il m'a dit... donner tout un tas d'ordres, etc. Puis, il y a eu aussi le mélange avec aussi des pratiques aussi sexuelles, un moment aussi où on enlève le bandeau, et jusqu'à ce que la séance se termine, enfin c'est lui qui décide à un moment que la séance est terminée. Ensuite, on fait ce qu'on appelle l'aftercare, c'est-à-dire ce moment très important où chacun redescend et se retrouve dans sa posture, j'ai envie de dire, on n'est plus plus dans sa posture de soumise.
- Emmy
Plus d'égalité, quoi.
- Alysse
On se réhumanise, comme dirait Axel de Sade, quand il parle de l'aftercare. Et du coup, il me prend dans ses bras. On prend un temps pour respirer, un temps de silence, même, on n'est pas obligé de parler. Et puis, c'est lui qui, tout à coup, va se mettre à parler. Pas de la pluie du beau temps, mais on revient à des sujets pour... Il sait que là, je redeviens la personne que je suis, lui aussi. Et puis, on finit la séance comme ça, en parlant de choses et d'autres, jusqu'à ce qu'ensuite, il parte. Voilà, ça a été la première séance.
- Emmy
Et donc, c'est toujours ton maître actuellement ?
- Alysse
Non.
- Emmy
Donc, tu en as eu plusieurs ?
- Alysse
Non. Je n'en ai eu qu'un seul. Cette relation, elle a duré jusqu'à il y a deux ans en arrière. Voilà, elle s'est arrêtée. Bon, ce n'était pas de mon fait et j'aurais... évidemment, en tout cas moi, aimer qu'elle dure. Mais voilà, malheureusement non. Et n'empêche qu'on est restés proches, on est toujours en contact. Et voilà, parce que c'est quasiment 5 ans, comme ça, de lien, de...
- Emmy
C'est un petit sport quand même.
- Alysse
Voilà, qui a évolué au fil du temps. Parce qu'après, on a continué à se voir. Alors, on se voyait... Il faut quand même que je recadre. C'est vrai qu'on ne se voyait pas toutes les semaines, tous les quinze jours, de par sa situation. On se voyait de façon assez éloignée. Donc, on pouvait attendre trois semaines, un mois sans se voir. Mais il y avait toujours quand même... quand même, ce lien au niveau des échanges, des messages, beaucoup de communication.
- Emmy
Oui, vous entreteniez quand même la relation.
- Alysse
Bien sûr. Et puis, ça a évolué aussi parce que 2019, courant de l'année, sa compagne a eu envie de faire ma connaissance et donc, on s'est rencontrés tous les trois. Et c'est là aussi un moment où la relation a pris une tournure qui moi m'était totalement inconnue parce qu'on a développé une sorte d'amitié même, on s'entendait très très bien je crois aussi qu'elle a compris que je n'étais pas là pour lui voler. Oui,
- Emmy
ta démarche.
- Alysse
Ma posture, elle était claire. J'étais dans une posture, je suis sa soumise, etc. Je ne suis pas là pour me dire, je ne vais pas faire des plans sur la comète. Donc, les choses étaient quand même très cadrées. Il y avait beaucoup de respect, beaucoup de transparence. Je ne l'aurais pas fait, je ne me serais pas lancée s'il m'avait dit, je suis avec quelqu'un, cette personne n'est pas au courant, etc. Ça, pour moi, ce n'est pas quelque chose qui est envisageable. Après, le fait qu'on se soit vus, Moi, je les ai emmenés, je leur ai fait découvrir, par exemple, le club Cris-Chuchotement, qui est le club BDSM de Paris, que je recommande parce que c'est vraiment un très bel endroit et on y a passé de très bons moments, tous les trois. Mais toujours, moi, dans ma posture de je suis sa soumise à lui, mais elle, elle pouvait être aussi présente et il pouvait y avoir quelques interactions. Moi, je la considérais aussi comme la femme de mon maître. Et donc, j'aurais été prête même à être presque leur soumise quelque part, c'est-à-dire me soumettre aussi à elle autant qu'à lui. Donc, voilà, les choses n'ont pas évolué comme ça. Mais il y a quand même des interactions.
- Emmy
Mais la confiance, tu disais que tu te sentais vraiment à l'aise, etc. Mais j'ai l'impression que dans le même milieu du BDSM, souvent, on a un peu le préjugé que c'est... brutal ou confus. Et en fait là plus les épisodes avancent, plus je me rends compte le cadre comme tu dis, il est tellement important que tous ceux qui en parlent ils ont l'air hyper rassurés, très à l'aise. Je suis en sécurité totale parce qu'il y a eu tellement de transparence, d'honnêteté, on est forcément sur la même longueur d'onde. Si on n'est pas sur la même longueur d'onde, ça se passe pas. Et du coup ça crée vraiment un endroit safe en fait. Enfin je trouve ça assez fascinant parce que de l'extérieur Moi qui avais un peu des idées...
- Alysse
Des préjugés ? Oui,
- Emmy
vraiment une mauvaise image de ça. Je me rends compte que quand on est consentant avec le cadre, je comprends. Maintenant, je comprends mieux toute cette atmosphère, cette envie, même toutes les soirées. C'est vraiment un univers presque accueillant et chaleureux. Et pourtant, je trouve que chaleureux, ce n'est pas le premier terme qu'on pourrait associer au BDSM. Mais oui.
- Alysse
Complètement.
- Emmy
Et ça me fascine aussi. Quand tu expliques que tu t'es sentie vulnérable. Je connais quelqu'un aussi qui est insoumis. Et donc, souvent, on échange sur ce qu'il a fait. Moi, si je sais que c'est quelque chose, j'en serais incapable. Et justement, ça me fascine. Je dis, mais ça m'impressionne, cette capacité. Parce que je trouve qu'il faut être très en accord avec soi-même, avoir confiance en soi, se connaître, en fait, pour réussir à se dire, OK, je lâche prise. Je laisse quelqu'un me guider. alors que moi je serais terrifié. Donc bravo. Déjà, bravo.
- Alysse
C'est en fait, parce qu'il y a plusieurs choses très justes dans ce que tu dis. Déjà, comme le disait très justement Eva Delambre et d'autres personnes aussi que j'ai pu rencontrer dans cette lumière, on a tendance à croire que la personne qui se soumet, homme ou femme, c'est quelqu'un qui est faible, etc. C'est tout le contraire. Il faut avoir une force et c'est dans... cette force qu'on va aller puiser quand on se met dans cette posture de soumission par rapport à quelqu'un. Alors, c'est vrai que je ne suis pas là non plus pour dire faire une sorte de prosélytisme et dire le BDSM, c'est merveilleux, ce n'est pas le monde des bisounours non plus, et comme partout, j'ai envie de dire, il y a aussi des personnes mal intentionnées, malveillantes, irrespectueuses, et il faut être particulièrement, surtout, je pense quand on est une femme, il faut être vigilante parce que ce qu'on appelle des pseudo-maîtres, ça existe. Ceux qui se proclament maîtres, et qui veulent juste, et qui sont juste là, en fait, pour prendre. Ils vont simplement prendre ce qu'ils ont à prendre pour leur propre plaisir sans tenir compte des besoins, des envies de la personne qui se soumet, et souvent, ce ne sont pas des gens responsables, parce qu'il faut avoir une... grande responsabilité, il faut être conscient de sa grande responsabilité quand on est à la place de la personne qui domine. On a quelqu'un en face de soi qui va se remettre, enfin, moi, pour le coup, je parle vraiment, c'est ma conception, on se remet corps et âme. on est là je veux dire à la fois physiquement parce que alors après bien sûr chacun pourra avoir le genre de pratique qu'il a envie d'avoir BDSM c'est très large, souvent on le réduit au sadomasochisme c'est beaucoup plus que ça il y a des gens qui détestent avoir mal ou faire mal donc il y a vraiment tout un tas d'autres pratiques c'est très cérébral aussi et moi c'est ce qui m'a Merci. plus aussi là-dedans, c'est-à-dire qu'on sort aussi d'une sexualité juste génitocentrée. Enfin, il peut y avoir cette sexualité-là, mais elle va être vraiment bicupée. Mais c'est vrai que l'histoire aussi de cette confiance, avoir confiance dans la personne qu'on a en face de soi, c'est extrêmement important. Moi, je dis toujours, si on sent le moindre doute, la moindre hésitation, j'aurais tendance à dire, il ne faut pas y aller. Moi, à ce jour, j'ai eu qu'une seule expérience, en tout cas d'un maître qui, je me proclamais, est sa soumise. Alors, il se trouve que j'ai eu énormément de chance de tomber sur quelqu'un d'extrêmement respectueux, qui a toujours pris en considération mon intégrité physique et psychologique, émotionnelle. et je pense que c'est aussi pour ça que je me suis autorisée à aller aussi loin, de plus en plus, avec lui. Parce qu'évidemment, au fur et à mesure du temps qui a passé, des séances, les choses ont évolué. Le cadre de départ s'est élargi. C'est moi qui, à un moment, lui ai demandé, j'ai dit, est-ce que je peux t'appeler maître ? Parce que pour moi, monsieur, ça n'avait plus de sens, parce que des messieurs, moi, j'en balançais toute la journée. Je dis, mais maître, c'est un mot que je ne prononcerai qu'avec le ritoire. Donc, même si après... J'ai pu avoir d'autres, quand j'allais en soirée, parce que j'ai fait beaucoup de soirées BDSM, enfin encore, et souvent ils ne m'accompagnaient pas. Mais ils exigeaient d'avoir un rapport détaillé de ce qui se passait. Puis ça faisait partie aussi de l'excitation. Parfois, j'avais même des tâches, enfin des ordres. Et donc, ça participait de cette excitation-là et aussi du contrôle, en fait, du pouvoir. Parce que finalement, c'est ça dans le BDSM, c'est cet échange de pouvoir. encore une fois la personne qui se soumet c'est elle qui donne le pouvoir à l'autre de la dominer c'est exactement pareil c'est pour ça que je dis les pseudo maîtres, moi ça me fait sourire vous n'avez le pouvoir de rien si on ne vous le donne pas, parce que si on ne le donne pas là on est dans de l'abus et de la violence ou de la torture ou ce qu'on veut donc là ça n'a plus rien à voir avec le BDSM dont je parle qui est celui entre adulte majeur On s'entend avec des gens qui sont responsables, matures et qui respectent, comme on dit, le cadre. Il y a des codes, safe word, after care, etc. Enfin, l'hygiène, la sécurité, suivant les pratiques qu'on va faire. Des plus softs aux plus hard, évidemment.
- Emmy
Est-ce qu'il y a une pratique, par exemple, quand tu as commencé ta relation avec ton maître, tu t'étais dit, ça, jamais je la ferai. Et au final, tu as eu envie de la faire ou c'est arrivé ? Au début, tu t'étais dit vraiment jamais et au final, tu as changé d'avis.
- Alysse
Alors, au tout début, il y a une pratique où je me disais, qui était plutôt par exemple sur l'euro, où je me disais, ça ne me parle pas, je ne vois pas l'intérêt, etc. Et qui a fini un peu par faire... faire son chemin. Donc, sur ce qui était ça, ou le fait aussi de... qu'on crache dessus, que ce soit dans la bouche ou au visage. Et en fait, je me suis rendue compte, au fur et à mesure du temps qui a passé, que... C'était des sources d'excitation profonde parce qu'en fait, ce que j'ai particulièrement aimé, moi, dans les pratiques que j'avais avec Moued, c'était en dehors de tout ce qui était impact, j'ai appris à aimer la douleur, en tout cas, jusqu'à un certain degré, mais en tout cas, à aller l'explorer et tout ce qui était humiliation.
- Emmy
Alors, ça passait du verbal, par exemple, typiquement, le cadre que j'avais posé au début, moi ça me fait sourire parce que j'avais... Non, non, alors verbalement, je ne veux pas être traité de tous les noms, j'autorisais juste le mot chienne parce que, bon ben, pour moi c'est évident, je portais un collier, une laisse, à partir du moment où il me mettait le collier, ça y est, je comprenais que je rentrais dans ce personnage et je n'en sortais pas jusqu'à ce que ça se termine. et donc il y avait ce côté-là donc tout ce qui... qui était autour de ça, je l'acceptais. Et puis, rapidement, j'ai senti que, même s'il le respectait tout à fait, je sentais qu'il y avait quelque chose qui nous frustrait. Donc, à un moment, j'ai dit, mais c'est moi qui ai dit, j'ai dit, je revois si c'est ok pour vous, je revois le cadre en disant, carte blanche, je ne mets pas de... verbalement.
- Alysse
Mais comme tu disais, il a été respectueux, il a attendu que,
- Emmy
tu vois,
- Alysse
tu donnes ton accord, que tu sois consentante. pour ces humiliations poussées.
- Emmy
Voilà. Mais à partir du moment où j'ai donné la carte de planche, alors là, pour le coup...
- Alysse
Il y en a revenu payer. Là,
- Emmy
c'était... Mais pour notre plus grand plaisir et parce que là, on rentrait dans quelque chose. Alors, souvent, c'était lié en même temps à des postures, à des pratiques. Donc, avec aussi... Parce qu'ils mettaient au défi d'un certain nombre de choses à chaque fois dans les séances qui duraient un certain nombre d'heures. Donc, il fallait à la fois suivre, être à la hauteur. Et c'est aussi ce qui fait le... L'excitation, j'ai envie de dire, pour une soumise, en tout cas pour moi, c'est de se dire, je veux que mon maître soit fier de moi et lui montrer que je suis capable d'aller explorer ses limites et voir que même si je suis dans une posture extrêmement périlleuse ou qui est compliquée pour moi, etc., que je vais y arriver. Alors parfois, c'est compliqué. C'est aussi là où on voit que si on a en face de soi quelqu'un aussi qui va être très observateur, et moi c'était le cas, au fur et à mesure en plus.
- Alysse
Je pense qu'il lisait mes réactions corporellement.
- Emmy
Si tout à coup, je me crispais, même si je ne disais rien, parce que parfois, je voulais faire celle qui... Et c'est lui qui, parfois, faisait un pas en arrière. Donc, il y a aussi ce côté de savoir jauger jusqu'où on peut aller. C'est là aussi où on parle des limites, bien sûr, au niveau des personnes qui soumettent. Mais il faut que les personnes qui dominent en aient aussi. Les limites, elles sont des deux côtés. et c'est là toute la subtilité, j'ai envie de dire, quand on mène une séance, de savoir jusqu'où on va. Est-ce que là, on est au bord d'un précipice ? Est-ce que c'est ok ? Est-ce qu'on fait une pause ? C'est pour ça que, personnellement, moi, je préfère être de l'autre côté et me laisser porter. C'est pas tout repos non plus. Mais plutôt que d'être du côté de la personne qui va initier, guider, il faut être extrêmement créatif, extrêmement imaginatif. Ça demande aussi beaucoup de force et d'énergie.
- Alysse
Est-ce que dans votre relation de soumission, par exemple, c'était que des actes sexuels ?
- Emmy
Non.
- Alysse
Ça pouvait être complètement autre chose ?
- Emmy
Non. C'est vrai qu'après, au fur et à mesure du temps, quand ça se passait chez moi, il y avait un rituel que j'adorais. Je savais qu'il arrivait à telle heure, etc. Je savais ce que je devais faire. Je devais disposer sur ma table tous mes accessoires. Je disposais une serviette pour que quand il arrive, systématiquement, il allait laver les mains. Je m'habillais d'une certaine façon, bien évidemment. Je faisais en sorte que l'ambiance soit OK. Et il me mettait souvent à l'approche, il en a deux minutes, etc. et quand il sonnait je devais ouvrir l'interphone le temps qui monte, entre ouvrir la porte et me mettre par exemple dans il m'avait dit Par exemple, tu seras dans telle posture, etc. Donc j'étais très souvent soit par terre agenouillée, la tête contre le sol, les mains en posture, enfin posture d'accueil, d'attente. Et donc je ne le voyais pas. Je voyais que ses pieds, j'entendais la porte s'ouvrir. Il me disait bonsoir, je lui disais bonsoir maître. Il posait ses affaires. Et j'attends, moi, que ce soit lui qui vienne me toucher, qui commence à prodiguer les premiers gestes. et je ne sais pas même à partir du moment où je sais qu'il est en route, j'entends l'intervention, etc., c'est une fébrilité indescriptible qui m'envahit. Même, j'ai envie de dire, c'est presque plus cet état-là, c'est presque plus pour moi que l'orgasme en lui-même. Je ne sais pas comment aller.
- Alysse
Il y a une délicatation en attente.
- Emmy
Je peux me dire d'être dans cette posture comme ça et sentir que tout à coup, il est là, avec cette puissance autour de moi et que tout à coup, il va faire de moi ce qu'il veut, mais je ne sais pas quoi. Et souvent, d'une séance à une autre, c'était jamais la même. On pouvait reprendre des choses ou des pratiques, mais c'était jamais la même chose. Et ça pouvait aller du fait qu'il s'assoit, il n'avait pas eu le temps de dîner, donc je lui servais de table pour disposer ses sushis. Je devais lui apporter un verre et donc je devais le servir dans les règles de l'art. en arrivant à quatre pattes, à genoux, à tendre. Et au début, oui, on fait parfois des petites erreurs, parce que parfois je prends un peu confiance en moi, alors je m'autorise un geste ou un truc, et là, tout à coup, on m'attrape, et il me regarde et il me dit... Mais je t'ai autorisé, t'as demandé l'autorisation, et du coup, je me rends compte que, oups, alors je me rappelle les livres des vats, et je me dis, mais comment t'as pu oublier ? Et voilà, et après, soit ça part dans, c'est lui qui décide de m'amener dans telle posture, telle pièce, ou des choses qui peuvent être, ou ça peut être tout à coup basculé dans quelque chose de très, alors j'aime pas le mot violent, parce que pour moi, il y a Merci. Il n'y a pas de violence, mais de très intense. Ou alors, ça m'est arrivé parfois, je le faisais un peu exprès, mais je m'emmordais les doigts de le provoquer un peu en n'obéissant pas tout de suite à un ordre. Et là, il me fait vite comprendre, il recadre qui commande. Et comme j'avais le collier, la laisse, le rôle de chienne, j'avais par terre un petit équel, où un jour il m'a servi de l'eau, etc., pour que j'aille boire dans mon eau. Et après, lui buvait, et il m'attrapait, et pour me punir, par exemple, il me... Il me crachait au visage toute son eau et on me demandait d'ouvrir la bouche ou ce genre de choses. Et ça, c'était des choses qu'on n'avait pas forcément... La première fois qu'il l'a fait, je me souviens, je suis restée comme ça, mais il a vu que ça a provoqué chez moi l'excitation. Et puis, de toute façon, encore une fois, on avait bien évidemment établi un claveboard. Et tant que je ne le prononçais pas, et d'ailleurs, je ne l'ai jamais prononcé pendant toutes ces années, je n'ai jamais eu à le faire, c'est que c'était OK pour moi. Et c'est là que je me suis dit, et plus on allait vers ce genre de choses, parce qu'il y avait ce côté... Côté humiliant, côté d'objet, côté... Plus on allait vers ça, d'abord plus d'ailleurs je ne pensais à rien d'autre, ma tête était vidée de tout le reste. J'étais l'objet de son attention et pour moi tout ce qui comptait c'était ses paroles, ce qu'il me demandait. est-ce que là je vais tenir, pas tenir, je suis punie, je suis récompensée, parce qu'il y a toujours ce jeu de punition-récompense sur lequel on joue. Donc voilà.
- Alysse
Justement comme tu le disais, souvent les personnes assimilent un soumis à quelqu'un de faible au quotidien, etc. Mais je trouve qu'aussi la sexualité c'est une grosse partie de notre vie, et quand on a une sexualité épanouie, ou qu'on se trouve, dans la vie du quotidien on est aussi un peu plus confiant. Est-ce que tu as senti que le fait d'avoir découvert ce milieu-là, toi, tu as eu plus confiance en toi ou ça a changé quelque chose ?
- Emmy
Alors indéniablement. C'est quelque chose que d'ailleurs j'ai partagé souvent avec lui quand on faisait des débriefs et après quand on a parlé de façon générale. Mais moi, j'ai vu une évolution. C'est-à-dire que plus... On allait loin, on repousse un peu nos limites l'un et l'autre, en tout cas dans ce genre de pratiques. Et moi, dans ma vie, que ce soit par exemple au travail ou dans mes relations socialement ou autre, je sentais qu'il y avait des situations où j'avais une posture beaucoup plus ancrée, où je m'affirmais davantage, ce qui n'était pas forcément le cas. avant. Donc ça, pour moi, c'est indéniable. C'est le renforcement, en fait, de la confiance parce qu'on travaille beaucoup là-dessus, finalement. Donc, sur cette confiance en soi et suivant, bien sûr, le regard que l'autre aussi va porter sur vous et comment aussi la personne qui domine va vous guider. Parce que, bien sûr, que là-dedans, alors pour moi, c'est un lien qui est tellement fort où on est en on est en osmose, on est en alchimie aussi avec l'autre donc c'est un moment un peu de j'ai envie de dire de bascule pour moi véritablement dans ce moment là j'étais dans une part de comme s'il y avait une part de moi Comme je dis souvent, cette part d'ombre, alors on a tous plus ou moins un côté ombre-lumière, etc. Mais en tout cas, chez moi, il y avait cette part-là et on se disait souvent, lui aussi, nos perversions se sont rencontrées. Nos perversions, dans le sens du terme, elles se sont rencontrées, elles se parlent et elles peuvent s'exprimer en toute liberté et surtout en toute sécurité. Et c'est un mot aussi important, me semble-t-il, parce que, oui. s'il y a insécurité On ne peut pas forcément se lâcher ou s'ouvrir de la même manière. Si on est en train de penser à « Oh, là, il n'a pas fait ça, ou elle aurait dû, ou etc. » Donc c'est extrêmement important aussi, ce côté sécurité.
- Alysse
Je repense à ce que tu as dit tout à l'heure sur le fait qu'il y a beaucoup de pseudomètres. C'est vrai qu'en fait, je me dis qu'il y a quand même souvent ce fantasme, en tout cas dans les relations hétérosexuelles, beaucoup fantasment un peu le fait d'avoir une soumise. Mais c'est vrai qu'en y réfléchissant, je pense que beaucoup des gens que j'ai pu côtoyer ne sauraient pas forcément gérer le type de relation que tu nous décris. C'est vraiment plus une légère domination de peut-être je lui tiens le coup, etc. Mais au final, ça va plus loin que ça.
- Emmy
Oui, et pour avoir eu... Aussi d'autres, bien sûr pendant ces années, même en étant insoumise, quand j'étais en soirée, ça m'est arrivé d'avoir des expériences avec d'autres partenaires ou autres. Mais je savais qu'il y avait certaines choses que je n'aurais pas accordées. autre qu'à lui. Parce que, effectivement, quand on parle de ces pseudomètres ou de ces hommes qui arrivent comme ça un peu en terrain conquis, mais on les sent. Enfin, moi, je ne veux pas dire que j'ai un radar, mais à la façon maintenant dont on va m'aborder, les mots qu'on va employer, je sais tout de suite si toi tu me considères en gros un peu comme de la chair fraîche dont je vais pouvoir disposer à loisir et puis je vais pouvoir me servir de toi comme une carpette, t'insulter, de tous les... Et je me rends compte que autant avec mon maître, et pourtant je me suis retrouvée dans une posture, si vraiment de l'extérieur on avait dit, comment elle peut accepter une chose pareille, d'être traitée comme ça verbalement. et même physiquement et durement. Alors que parfois, même en soirée ou même ailleurs, mais jamais évidemment de la vie j'aurais permis à quelqu'un de dire un mot ou de faire un geste. Parce qu'évidemment, il y a un cadre qui est posé. C'est exactement la même chose que... On se balade dans la rue, dans le métro, et quelqu'un qui va avoir un mot de travers ou un geste de travers. Donc, encore une fois, là, on n'a pas donné son accord, on est dans un cadre qui est complètement différent. Là, on parle d'une situation quand même bien particulière.
- Alysse
Là, tu nous disais, ça t'arrive d'avoir d'autres rapports sexuels avec d'autres partenaires. Ce besoin d'être soumise, c'est du coup dans toutes tes relations sexuelles, ou justement, en fait, ce degré de soumission. va varier en fonction du contexte, de l'envie ? Ce n'est pas chaque rapport qui est aussi intense ?
- Emmy
Non, alors déjà, c'est vrai que pour le coup, avec cette relation, la barre a été mise assez haute, je dois dire. Donc l'après, forcément, il est compliqué. pour être honnête. Et donc là, il y a beaucoup de... Il y a un travail sur moi, il y a beaucoup de réflexion, et sur les personnes que je peux, où j'ai été amenée à rencontrer, où je vois que ça ne fonctionne pas, pour x et y raison, mais parce que je pense... que là, aujourd'hui, c'est aussi à moi de repenser la façon dont je veux maintenant, quelle place je veux accorder au BDSM, et si demain je rencontre une nouvelle personne, un futur partenaire, comment est-ce qu'on va construire, en fait, la relation, tout simplement, la relation tout court. Alors déjà avec de la sexualité, aussi classique, parce que je suis très sensible aussi à l'érotisme, à la sensualité, à tout ce qui peut être... Il y a... plein de champs. Et aujourd'hui, je me dis, est-ce que j'ai envie de me réduire juste à ce rôle-là ? Non. Aujourd'hui, je sais que non. En revanche, c'est toujours une part de moi, mais je sais que je ne peux pas Déjà, je ne vais pas, évidemment, essayer de recréer ce que j'ai vécu, parce que ça n'aurait pas de sens. Ça, c'était avec une personne, à un moment donné en particulier. Mais si je dois revivre, en tout cas, une autre expérience dans ce domaine-là avec quelqu'un d'autre, ça va être aussi avec un regard nouveau. Et puis aussi avec moi, toute ma réflexion, ce que ça m'a apporté, avec aussi les travers, ce qui a été positif, ce qui l'a été moins. Voilà, il va y avoir aussi tout ce champ de réflexion aujourd'hui.
- Alysse
C'est pas un peu comme... C'est une métaphore un peu peut-être horrible, mais comme des plats. En fait, cette relation, le BDSM, domination-submission, c'est ton plat préféré, mais c'est pas pour autant que tu veux le manger à chaque repas. Non, mais c'est pas...
- Emmy
Elle est pas mauvaise, cette image ? Oui, oui, oui. Après, je sais que, voilà, aujourd'hui, je suis consciente, pour avoir aussi bien travaillé le sujet, que... Lui a déclenché aussi ça au moment où moi je me suis dit tiens j'ai envie de rencontrer quelqu'un qui me guide, qui soit mon maître etc. J'ai eu cette chance de pouvoir explorer en tout cas en toute sécurité ce qui était déjà énorme. Maintenant aujourd'hui c'est aussi le regard que je porte sur toutes ces années là, sur toutes ces pratiques. Il y a des choses, même aujourd'hui, qui pourtant sont pour moi, comment dirais-je, pas faciles, et qui, avec certaines personnes, je me rends compte, ça ne fonctionne pas. Mais je me dis, pourquoi ça ne fonctionne pas ? Je sais qu'il y a des raisons aussi pour lesquelles ça ne fonctionne pas.
- Alysse
Est-ce que maintenant tu as envie de retrouver un maître ? Ou tu n'es pas dans la recherche et ça viendra quand ça viendra ?
- Emmy
Je pense que là... Non, là je ne peux pas, je pense que c'est encore trop tôt. Il y a une part de moi, je pense pour être honnête, qui fantasme cette idée de dire j'ai un partenaire avec qui je vais avoir une relation, et puis une relation aussi amoureuse, avec des sentiments, etc. Partager des moments, en étant disponible, et en même temps avoir tout cet aspect qui nous appartient, et où tout à coup on switch et on incarne ces rôles-là, mais voilà, on les incarne. c'est ce qui m'a plu d'être vraiment dans l'incarnation de cette posture. Après, voilà, c'était ma vision, mais moi, je n'étais pas forcément dans la même situation non plus. Il faut aussi avoir en face de soi quelqu'un qui est disponible et qui soit ouvert aussi à cet univers.
- Alysse
Est-ce que tu penses que si tu l'avais rencontré beaucoup plus tôt, voire plus jeune, Est-ce que la femme que t'étais, je sais pas, on va dire à mon âge, 23 ans ou 25 ans, aurait été apte à vivre ce type de relation ?
- Emmy
Honnêtement, je ne suis pas certaine. Alors surtout, si je me replonge dans mes 23-25, c'était pas... C'était pas la meilleure période de ma vie. mais même après On a toujours tendance à dire ce qui ne s'est pas fait avant ne devait pas se faire. Mais au final, je n'ai pas de boule de cristal et je ne peux pas dire. C'est vrai qu'il y a aussi une part de moi qui aurait bien aimé connaître ça un peu plus tôt. Mais en même temps, est-ce que j'aurais eu... La maturité suffisante. Et je ne sais pas, parce que moi, je crois aux rencontres aussi. Donc, il y a un moment dans la vie, si on rencontre quelqu'un et qu'on a 30 ans et que ça se passe... Eh bien, oui. Je le vois aussi en soirée. Les tranches d'âge, elles sont très larges. personnes jeunes aussi qui ont entre 20 et quelques, 30 ans, jusqu'à des personnes qui en ont 60, 70. Mais pour le coup, j'ai envie de dire qu'il n'y a pas d'âge.
- Alysse
C'est quand tu l'as senti.
- Emmy
Ils ont fait la bonne rencontre. Il ne faut qu'à un moment et que les chemins se croisent pile poil au moment où on est prêt, où on a en tout cas cette envie. il faut aussi avoir cette envie moi j'ai des personnes autour de moi j'ai une micro-cause d'amis qui savent très bien, qui savent tout certaines avec qui j'ai partagé les univers aussi qui sont nus en soirée et d'autres pas du tout mais je sais qu'il n'y a pas de jugement de valeur c'est pas parce que je ne connais pas je ne pratique pas qu'ils ne sont pas forcément intéressés par le sujet parce que ça reste quand même un sujet riche
- Alysse
on l'a oublié depuis tout à l'heure mais du coup on n'a pas eu l'histoire de comment les Wix Louis est arrivé. Comment tu l'as trouvé ? Pareil, c'était une rencontre.
- Emmy
Oui, alors ça, je le dois et je vais la mentionner à Ness Harper, qui est très connue dans l'univers, puisque grande dominatrice et organisatrice surtout des goûters du Divin Marquis le vendredi et la soirée les Folles Nuits du Divin Marquis. qu'elle organise maintenant une fois par mois, et que j'ai découvert il y a déjà plusieurs années de ça. Et il y a quelques temps, il y avait une mascotte qui était un ourson, trois fois Lewis, en peluche, avec des harnais, etc. Et les gens pouvaient le prendre en pension pendant une semaine. Voilà. Ils le ramenaient d'un goûter ou d'une soirée à l'autre, et ils devaient poster. J'en fais des photos, de la mise en situation, etc. Et moi, je l'avais adoré. Quand j'allais en soirée, je le prenais. Il s'appelait Coda. Et à un moment, je l'ai eu. Parce que j'avais eu envie de le prendre. Je me suis dit, tiens, je pourrais m'amuser à le prendre pendant une semaine. Donc, je postais des trucs. Alors, je le mettais en situation de télétravail, je faisais faire de la gym, des trucs. Et quand je l'ai emmené, j'ai eu un petit passement au cœur, en fait. Je m'étais habituée. Et du coup, je l'ai cherché sur Internet et je l'ai trouvé. et c'est un donso qu'on trouve d'ailleurs là je crois, à la boutique d'Emonia. Et donc, ça fait... Bon, ça ne fait pas si longtemps, je pense que ça doit faire deux ans ou quelque chose comme ça. Et après, j'ai décidé que de temps en temps, je l'emmenais. Au début, je l'emmenais aux soirées du Divin Marquis, puis finalement, je l'ai emmené à d'autres soirées. Donc, souvent, on me voit avec lui sur le dos. Je l'ai emmené à des stages, les érotipes que j'ai faits, de l'or un pinceau, il était avec moi, alors tout le monde me pose la question, c'est quoi ce tourson ? Et voilà, C'est un peu mon fétiche à mon avis. Je suis tout à fait consciente, je rassure, que c'est un ourton en cuir.
- Alysse
Ça me fait rire parce que rien à voir avec la sexualité, mais au lycée, en classe de première, à un moment, il y a quelqu'un qui a ramené une sorte de peluche. Et on a fait exactement ce que tu as dit. Ce que tu as dit, pardon, c'est que toutes les semaines, quelqu'un l'avait et le ramenait en cours et le posait sur sa table. Il le ramenait chez lui, il pouvait prendre des photos. Et ça passait à plusieurs personnes de la classe. Ça crée cette cohésion, tous ensemble. Mais au final, il est très mignon, Lewis. C'est un peu une signature.
- Emmy
Voilà.
- Alysse
On peut parler de ton Instagram ou pas ?
- Emmy
Oui, oui,
- Alysse
oui. Moi, Alice, t'es trouvée sur Instagram. Et donc, ton nom, c'est Alice et Lewis. Et donc, jusqu'à ce que tu arrives... Moi, je pensais que Lewis était une autre personne. Je pensais que c'était ton maître, du coup. Donc, quelle était la surprise de voir qu'en fait, Lewis fait 50 centimètres. Lewis est un ourson.
- Emmy
Voilà.
- Alysse
On arrive à la fin de l'épisode. Donc déjà, merci beaucoup d'être venu.
- Emmy
Merci pour l'invitation. C'était un plaisir.
- Alysse
Et on a nos questions de fin. Donc, il faut piocher une question et répondre. C'est des questions un peu du tac au tac.
- Emmy
D'accord. Un truc que tu pensais ne jamais aimer. et que tu adores finalement ?
- Alysse
C'est la question que je t'ai posée tout à l'heure.
- Emmy
Oui, mais non, mais de façon plus...
- Alysse
Plus générale.
- Emmy
Plus générale. Eh bien... Être soumise à un maître. Si on m'avait dit ça, honnêtement, il y a 10 ans, 15 ans, 20 ans en arrière, en me disant tu vas être au pied d'un homme, il va te donner des ors, il va faire ci, il va faire ça, tu vas avoir mal, etc. J'aurais dit mais jamais de la vie. Moi je suis très chochotte et je n'aime pas avoir mal. Voilà, oui, je pourrais dire ça de façon générale.
- Alysse
Moi je n'ai aucune idée. Alors. Waouh ! Si tu pouvais passer une nuit avec quelqu'un de célèbre, ce serait qui ? Ça c'est super dur parce que j'expliquais que je n'arrive pas à avoir envie de quelqu'un si je ne le connais pas. Or je ne connais personne de célèbre. Donc franchement, je pourrais dire peut-être juste physiquement. Physiquement, quelqu'un que j'aime bien, c'est Aaron Taylor-Johnson. Mais alors de là à passer une nuit avec lui, je n'en suis pas là. Encore une fois, merci beaucoup.
- Emmy
Merci à toi.
- Alysse
Merci à vous d'avoir écouté cet épisode et à bientôt sur Antichambre.
- Emmy
Production Studio Moya. Studio Moya.