- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode d'Antichambre. Aujourd'hui je suis avec Nicolas, merci beaucoup d'être venu. Aujourd'hui nous allons parler de la photographie érotique, toute la sensualité derrière. Pour commencer Nicolas, est-ce que tu peux te présenter s'il te plaît ?
- Speaker #1
Avec plaisir, merci déjà de m'avoir accueilli. Et donc moi je m'appelle Nicolas, je viens d'Alsace et je suis photographe boudoir et aussi photographe de portraits intimes.
- Speaker #0
Qu'est-ce que exactement boudoir ?
- Speaker #1
Alors la partie boudoir, ça va vraiment être des séances photos qui seront très axées sur le fait d'aider le rapport que la personne va avoir sur son image. Le but, ce que je dis souvent, c'est que pour moi, le but du boudoir, de ma vision du boudoir, c'est que quand la personne sort du studio, elle se voit différemment. Elle se voit changer, elle est gagnée en confiance en elle, enfin voilà, un petit peu tout ça, elle est un peu reconnectée avec sa féminité. Donc ça pour moi, c'est vraiment propre boudoir et du coup, les séances sont assez spécifiques de ce côté-là.
- Speaker #0
Et je me demandais exactement, tu sais d'où ça vient le mot boudoir ?
- Speaker #1
Oui, alors je ne sais plus exactement de quelle époque, c'était autour du Moyen-Âge. Mais en fait, le boudoir, si je ne dis pas de bêtises, je n'ai pas révisé. Mais c'était comme une petite antichambre où les femmes venaient un peu se recueillir pour rester entre elles et passer du temps vraiment entre elles.
- Speaker #0
Pour moi, le boudoir, c'était vraiment la photographie justement érotique, un peu... calfeutrie, très intime, sombre, mais en fait pas forcément.
- Speaker #1
Ouais, pas forcément. Ça peut, ça peut être une branche, ça peut être une direction artistique, mais c'est pas que ça, c'est pas forcément que ça.
- Speaker #0
Et comment t'en es venu à faire de la photographie, Boudoir ?
- Speaker #1
Alors, moi, ça fait dix ans que je fais de la photo. J'ai exploré pas mal de domaines différents. Je me suis beaucoup épanoui encore aujourd'hui dans le mariage. Et en fait, le mariage, c'est tout ce qui est lié à l'émotion d'un couple. Et avec le temps, j'ai eu l'occasion de shooter aussi tout ce qui était grossesse, naissance, faire aussi des shootings couple classiques, en forêt, main dans la main, tout ça, tout ça. Et petit à petit, j'ai commencé à me dire, punaise, j'adorerais, avec aussi peut-être l'âge qu'il fait, et je suis aussi devenu papa deux fois, donc j'ai peut-être réfléchi un peu différemment sur l'impact que pouvait avoir mon travail. Et je me suis dit, en fait, j'aimerais bien essayer de capturer l'essence d'un couple, la pureté d'un couple. Et donc, je me suis demandé, qu'est-ce que ça peut être ? La naissance d'un bébé, ça fait partie. Mais je me suis dit, c'est quoi la genèse de tout ça ? C'est quoi la base de tout ça ? Et donc, j'en suis venu sur la partie un peu intimité. Donc, ça, c'était déjà des premières planètes qui ont commencé à s'aligner. Et après, en parallèle, je disais, moi, je suis papa de deux petits-enfants. Et j'ai aussi vu le regard de ma femme changer. Donc du coup je suis en couple avec quelqu'un qui a fait du sport de haut niveau en gymnastique, donc a toujours eu un corps très fité, et après deux grossesses, le corps change, le regard qu'une femme a sur elle change aussi, donc ça c'est des choses que j'ai découvertes et que j'apprends encore au quotidien. Et en fait après le second postpartum, il y avait une petite phase où elle n'était pas forcément alignée avec elle-même, et je lui demandais mais qu'est-ce qui ne va pas, j'arrive pas trop à comprendre, et elle me dit ouais, je ne sais pas, je ne sais pas. il y a un soir elle me dit en fait je me sens plus femme j'ai l'impression d'être qu'une mère peut-être pas la meilleure des mères peut-être pas la meilleure des amantes entre guillemets je me sens pas femme, je me sens pas belle, je me sens grosse et du coup la liste elle commençait à... et en fait j'étais là et je suis tombée de haut, je me suis dit en fait elle a très vite retrouvé sa silhouette d'avant-grossesse, pareil le corps a une mémoire donc ça joue aussi Et je lui ai dit, je te trouve belle, je te trouve attirante, je te trouve sexy, pour moi ça n'a pas changé. Elle m'a dit, tu dis ça parce qu'on est ensemble. Je me suis dit que je n'étais même pas si légitime que ça, chose que je peux comprendre. Mais surtout, j'ai compris que le regard qu'elle avait, les lunettes qu'elle avait sur son propre regard avaient changé. Et donc je me suis dit, peut-être que la photo ça peut aider. Et alors j'ai commencé un peu à me renseigner sur tout ce qui était photothérapie, tout ça, tout ça. Je ne suis pas photothérapeute. Le mot thérapeute en France, c'est très légalement, c'est très driveé. Mais je me suis beaucoup intéressé sur comment aider les femmes à reprendre un peu confiance en elles. Et je me suis dit, tiens, pourquoi pas voir si mon travail peut avoir un impact un peu autre que juste purement visuel. Je ne vais pas dire que j'y suis arrivé, mais on y travaille. Et je me suis dit, tiens, OK, c'est cool, le regard a changé, j'ai eu des bons retours. Et je me suis dit, bon, moi, je vais essayer avec d'autres personnes. Donc d'autres mamans. Alors, j'ai commencé par des personnes que je connaissais. Et très vite, j'ai eu des retours de fou. Et en fait, je me suis dit, déjà moi, personnellement, déjà mon travail avait un impact. Et en fait, je me suis dit, c'est ça que je vais faire. Je vais faire plus que ça. Et donc, c'est comme ça que je me suis lancé dans la partie boudoir.
- Speaker #0
Les photos sont très, très belles. Je pense que durant l'épisode, ceux qui regardent sur YouTube, on mettra des petits, certains clichés. Mais complètement. Moi, je sais que le boudoir, j'en ai entendu parler, je devais avoir 18 ans. Et une de mes sœurs en a fait. Et je disais, mais je trouve ça incroyable. Parce qu'en fait, vu que... Toutes les images retranscrivent une certaine sensualité qui me correspond dans ma vision. J'étais là, ça peut tellement nous donner confiance en nous, de nous voir comme ça. Parce qu'en fait, on va se regarder dans le miroir, par exemple en lingerie, mais il n'y a pas tout ce qui est autour, les lumières, les positions. Même, ça reste un miroir, ou alors un autre téléphone, ce n'est pas pareil. Mais je suis là, waouh, juste pour ta confiance en toi.
- Speaker #1
Je trouve ça incroyable. C'est sûr, je vais prêcher pour ma paroisse, mais oui, carrément. Après, je le vois, pas dire à chaque séance, mais pratiquement si. Déjà, il y a le fait qu'en tant que femme, vous vous regardez, quelle que soit la lingerie, quelle que soit la lumière, quel que soit le décor, vous allez quand même vous regarder toujours avec votre filtre à vous. Et en fait, vous allez d'office cibler sur vos complexes, sur ça, ce qui va pas, ça qui va pas, ça qui va pas, que le fait d'être juste vu par quelqu'un d'extérieur... Déjà, rien que ça, ça va vous apporter une autre dimension de ce que vous êtes.
- Speaker #0
Du coup, tu n'as fait que des femmes ou après tu as élargi ?
- Speaker #1
Je fais essentiellement des femmes, mais j'ai aussi beaucoup d'hommes qui me contactent. J'ai fait aussi des séances boudoir pour hommes. Ils assument un petit peu moins le fait de se dire « j'aimerais bien aussi me trouver beau en photo » . Mais ça arrive et du coup, moi, au studio, j'ai deux ambiances différentes, dont une pièce un peu plus dark, spécialement pensée aussi pour... pouvoir accueillir la jante masculine.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que justement les hommes, ils ont moins... Ils osent moins parler du fait de se trouver beau, un peu par rapport à ce que renvoie la société ?
- Speaker #1
Ce n'est que mon point de vue. Oui, c'est ton point de vue. Je pense que oui. Autant on pointe souvent le doigt sur la société vis-à-vis des femmes, mais je pense qu'il y a aussi la société vis-à-vis des hommes, où on n'a pas forcément le droit d'accepter de se dire... En fait, oui, j'aime bien m'habiller. J'ai envie qu'on me trouve beau, entre guillemets, quand je sors. Pas forcément dans l'idée d'attirer, d'être séduisant, mais juste se dire, OK, je m'aime comme je suis là, et je suis beau, et puis voilà. Et ça, je trouve qu'on peut avoir du mal à assumer ce côté-là. Alors de là à écrire à quelqu'un en disant, je veux faire un shooting photo, il y a encore un monde. Mais j'ai... quand même pas mal de mecs qui m'ont contacté.
- Speaker #0
Et ça t'arrive de refuser des personnes ? Je pense là plus à des couples, de te dire finalement je pourrais pas faire... Enfin, je vais pas faire de shooting.
- Speaker #1
Non, alors... Oui et non. Je suis quelqu'un où j'ai besoin de beaucoup cadrer les séances. Déjà parce que je suis quelqu'un qui est très bienveillant envers les personnes qui viennent au shooting. Je suis conscient aussi que c'est des personnes qui viennent avec toutes leurs... fragilité. Donc là, je suis conscient de ça et je vais pas faire n'importe quoi avec ça. Je pars du principe aussi que pour moi le boudoir n'a pas forcément d'âge, de sexe, de morphologie. Donc pour moi le boudoir c'est pour tout le monde. Donc moi je ne vois pas à quel moment je pourrais dire non, on shoot pas ensemble. Sauf si dans les discussions ou autres je sens que la personne soit me demande clairement ou je sens qu'il y a une autre idée derrière la tête. C'est déjà arrivé. Là dans ce cas je ne mets pas forcément un stop. mais j'explique en disant que ma position je suis un photographe professionnel je vis de la photo boudoir aujourd'hui je suis tout à ce qu'il y a de plus stable dans ma vie familiale émotionnelle et tout ça donc là ça peut être un gros red flag et après si ça part sur une direction artistique où je me sens pas forcément dès que c'est trop vulgaire ou autre, voire pornographique Ça ne m'intéresse pas. Il y a plus ce côté artistique. Et puis photographier des attributs pour photographier des attributs. Dans ce cas, va sur les sites ou autre. Je veux dire justement,
- Speaker #0
pour toi, c'est quoi la nuance qui fait que ça passe dans le vulgaire ?
- Speaker #1
Alors, très bonne question. La différence qu'il peut y avoir entre une photo artistique et vulgaire. Je n'aime pas trop le mot sexy parce qu'on met tout et n'importe quoi dedans. Mais je vais plus dire quelque chose de... sensuelle et non vulgaire, ça va déjà être sur l'intention qu'on va avoir dans le fait d'appuyer sur le bouton de faire une photo. Est-ce qu'on veut juste... faire naître une envie sexuelle, dans ce cas pour moi là on bascule dans le côté un peu plus vulgaire où est-ce qu'on veut et c'est vraiment ma manière à moi de travailler, venir faire naître quelque chose d'un peu plus subtil de faire suggérer au mental de la personne qui va voir la photo et de se dire ah mais en fait là je crois qu'elle est topless mais en même temps je vois pas vraiment sa poitrine mais qu'est-ce qu'elle est vraiment en train de faire il y a une photo que j'adore faire aussi où Alors... La femme, elle est cambrée un peu en arrière et puis elle a la main qui glisse au niveau de l'entrejambe, à l'intérieur de la cuisse. Et il y a le bras qui se tend. Du coup, on peut deviner qu'elle est en train de faire quelque chose. Mais déjà, pour la petite histoire, elle n'a jamais la main sur l'entrejambe. Je la fais glisser sur la cuisse. Mais en fait, si je te montre la photo, tu vas me dire, ouais, mais elle est en train de faire ça. En même temps, on ne voit pas. Mais c'est fou. En plus, il y a cette tension au niveau du visage. Alors qu'en fait, non. En fait, c'est ça que je trouve pertinent et intéressant. Et pour moi, la limite, elle est là. entre la partie artistique et la partie un peu plus vulgaire, un peu plus pornographique peut-être.
- Speaker #0
Est-ce que ça peut être la peur aussi de comment choisir un bon photographe et qu'un photographe ou une boudoir ne soit pas un peu tendancieux ?
- Speaker #1
Je ne vais pas dire que c'est mon débat du quotidien, mais j'entends énormément d'histoires. de photos, alors c'est souvent je ne pointe pas du doigt les mecs ou pas mais c'est souvent des photographes hommes qui profitent un peu de cette position où en phase 2 il y a quelqu'un qui est dans toute sa fragilité dans toute son intimité j'entends souvent des histoires où elle s'est allée au-delà, pour moi il y a plein de red flags à faire attention j'en parle un petit peu sur mes réseaux aussi et du coup pour essayer de reconnaître un bon ou un moins bon photographe boudoir, du moins sur sa partie professionnelle, je ne vais pas parler sur la partie artistique, mais juste sur le savoir-être et tout ça, je pense qu'il y a déjà le fait de regarder bien ce qui va se passer sur les différents échanges. Est-ce que la personne peut être gentille dans les messages et d'un coup, commencer à être de plus en plus dans l'affirmation ? voir aussi s'il y a une cohérence entre les messages que la personne peut écrire, avec les réponses sur les commentaires, avec les avis Google, essayer de cartographier un petit peu pour essayer une cohérence. Après, je ne dis pas que tout ce que je vais dire là, ça va éviter les mauvaises surprises, mais il y a ça, il y a aussi pour moi le fait qu'à un moment, un photographe ne peut pas imposer quoi que ce soit à la personne qui est en face. Quoi qu'il arrive, c'est une discussion, c'est un projet qui se fait main dans la main. Enfin, main dans la main, tu m'as compris. mais un projet qui se construit ensemble et à aucun moment le photographe peut dire je veux qu'on fasse ça, tu vas faire ça tout ce qui est contrat moi je travaille beaucoup avec ça ça aide aussi pas mal les personnes à se sentir en confiance ça sécurise déjà moi je m'engage à ne pas respecter leur image, à ne pas nuire à leur intégrité encore une fois je dis que moi j'ai tout à perdre à faire n'importe quoi et il y a bien sûr un droit à l'image avec est-ce que j'ai le droit de l'utiliser ou d'exploiter tout ou partie ou pas du tout le contenu créé. Et moi, je me fie à 2000% à ça. Donc voilà.
- Speaker #0
Et avec les couples, tu arrives à créer une alchimie ? Tu dois avoir des tips de quelle position, comment faire ?
- Speaker #1
Alors oui, du coup, on a beaucoup parlé sur la partie boudoir qui était vraiment sur le fait d'aider les personnes à se voir autrement. Sur ces séances-là, je suis omniprésent dans la séance, dans le sens où c'est un peu, je dis souvent, un ping-pong. Entre la personne qui vient et moi, j'essaie de me mettre en scène, j'essaie de montrer les poses. Je dis souvent que ça ne rendra jamais aussi bien que quand les personnes le feront. Mais déjà, les personnes voient que je mouille le maillot aussi. Des fois, on rigole aussi. Du coup, je montre les poses. Ensuite, c'est la personne qui fait la pose, on peaufine et toutes les deux, trois poses, je montre les clichés. Du coup, il y a vraiment cette prise de confiance qui peut se faire petit à petit. Des barrières qui peuvent un peu s'enlever aussi. Et c'est là où la personne va prendre en confiance et elle va se rendre compte de ce qu'elle peut dégager. En parallèle de ça, du coup, si je reviens un peu sur ce qu'on disait avant, je voulais, par rapport au couple, essayer d'immortaliser le côté le plus pur du couple. Et pour moi, j'en suis vite arrivé à la conclusion de, à Nico, un jour, il faudrait que tu essaies de photographier un acte entre deux personnes qui s'aiment. Et c'était il y a 4-5 ans que je me suis fait cette idée-là. Et du coup, je tournais un petit peu autour. J'avais essayé déjà une première fois de me lancer dans le boudoir. Mais je me suis arrêté tout seul en me mettant un faux frein, en me disant, je suis un mec, jamais de la vie, ça marchera. Et ça cheminait, ça cheminait. Et je me suis dit, punaise, mais si seulement je pouvais être une femme, en fait, pour pouvoir faire ça. Et un beau jour, sur Instagram, je suis tombé sur un mec, Benjamin, du coup, photographe boudoir en France, qui pour moi, elle bosse dans le domaine.
- Speaker #0
La référence.
- Speaker #1
Exactement. Et en fait, je suis arrivé par hasard sur son profil. Et en fait, je vois déjà les clichés incroyables. Je vois 44 000 abonnés. je vois un mec et je vois tout en français. Et j'ai fini, mais en fait, c'est l'ovni que je cherchais depuis longtemps. Et je me suis dit, mais en fait, c'est possible. Et donc, du coup, je me suis mis de nouveau à fond dedans. Et là, du coup, dans l'optique de me dire aussi, en plus d'aider les gens à se voir autrement, de pouvoir immortaliser ce côté, justement, cette pureté, cette pureté dans l'instant charnel entre deux personnes qui s'aiment. Et du coup, c'est des séances où... Je suis tout à fait à l'opposé d'une séance boudoir classique, puisque là, je vais venir chercher à m'effacer de la séance. Par contre, il y a tout un travail autre là-dessus, puisque je vais devoir mettre en confiance les personnes. Donc, ça passe par plein de choses, dont beaucoup d'échanges avant. On dit que la communication, c'est la base de tout. Là, c'est la preuve. Et ensuite... Pendant la séance, j'explique un petit peu comment va se dérouler la séance. Je les aide un petit peu à se positionner par rapport à la lumière, selon ce qu'ils décident de faire. Si c'est plus qu'une inerguse, fellation. Ensuite, s'ils vont jusqu'à l'acte, selon la position, comment se mettre par rapport à la lumière. Et ensuite, on démarre avec de l'effeuillage. Donc, c'est l'art d'enlever petit à petit des couches. Et je monte le son de la musique. Je me recule, pareil, j'ai du matériel qui me permet d'être assez à distance. Et très souvent, je ne suis même pas dans la même pièce qu'eux.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et en fait, là, du coup, on commence petit à petit. Et puis du coup, ils commencent à s'embrasser, ils commencent à se faire des petits câlins. Et petit à petit, la tension commence à monter. En fait, ils font comme ce qu'ils feraient dans leur intimité.
- Speaker #0
Ils finissent par t'oublier ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Ça peut prendre plus ou moins de temps. Mais une fois qu'ils m'ont oublié, c'est plus compliqué de les arrêter que de continuer. Donc c'est la preuve que je fais bien mon travail, entre guillemets, que j'arrive bien à m'effacer. Et après, l'idée, c'est de profiter du moment et de se laisser aller. Et pourquoi je fonctionne comme ça ? Parce que, c'est ce que je dis souvent, je pourrais très bien faire une séance couple en guidant. Mais le problème, c'est que ça va à l'opposé de ce que moi, j'ai envie de retranscrire dans mes clichés, qui sont la passion et la complicité qu'il peut y avoir dans ce moment-là. Et du coup, si moi, je commence à dire, ok, mettez-vous comme ça, ça sera des photos de leur intimité mais au travers de mon regard ce qui ne sera pas la nature de leur couple et moi je suis extérieur à leur couple et je n'ai rien à savoir de leur intimité, vraiment rien donc c'est pour ça que je suis quasi obligé d'avoir cette manière à travailler si je veux arriver au résultat que je souhaite t'as pas eu des retours sur est-ce que ça peut être pris comme du voyeurisme ou pas ? Alors, j'ai rarement eu ce type de retour, mais par contre, j'ai eu souvent ce type de discussion ou de commentaires sur les réseaux sociaux. C'est aussi, des fois, j'ai l'impression de mettre des coups d'épée dans l'eau parce que ça tourne en rond. Et j'ai souvent arrêté, en fait, dernièrement d'en parler parce que je me rends compte que les gens ne sont pas prêts à comprendre ma manière de penser. Donc, en fait, je ne prends même pas le temps de répondre. Mais en fait, ce qu'il y a, c'est que c'est compliqué à comprendre. Encore plus que je suis un homme en face de, soit juste de femmes ou de couples. Mais en fait, j'ai un regard qui est 100% professionnel. Quand je suis en shooting, que ce soit boudoir, solo, couple, héros, porn art, tout ça. En fait, je suis en train, dans mon cerveau, je suis en train d'étudier la lumière. Je suis en train d'essayer d'anticiper un petit peu ce qui peut se passer. Pour que je puisse avoir le meilleur angle, sans gêner les personnes. Mon cerveau, ça part à 2000. Et très souvent, 15-20 minutes après une séance, je suis incapable de dire ce qui s'est passé. C'est pas que je n'étais pas concentré, mais c'est que j'étais tellement focus sur des points spécifiques que je suis incapable de dire comment ils étaient habillés, ce qu'ils ont fait. En fait, j'en suis incapable.
- Speaker #0
Je pense que c'est vu que tu es seule, tu vois, et que ce n'est pas une sorte de boîte de production. Tout de suite, on a du mal à se dire non, c'est professionnel. Je pense que c'est plus simple.
- Speaker #1
attaquer en fait. Oui, c'est ça. Donc oui, c'est un débat que j'ai souvent, j'ai souvent aussi avec mes potes que j'ai arrêté un petit peu d'alimenter mais en même temps, ça me conforte, ça me rassure parce que le fait qu'il y ait de la réticence en face, ça prouve aussi que les personnes derrière sont là à se dire ah mais attends, je vais peut-être pas aller chez n'importe qui et ça peut aussi dans un sens limiter les personnes qui vont venir profiter de tout ça. Donc c'est bien. Mais après, il faut aussi être capable et savoir écouter les personnes qui, comme moi, entre guillemets, qui peuvent dire, en fait, non, chez moi, c'est safe et aucun souci. Je ne suis pas là pour me rincer l'œil. Sinon, j'aurais fait autre chose. Il n'y a rien de plus important pour moi que de garder cette stabilité dans ma famille. Donc, ce n'est sûrement pas en faisant venir un couple à la maison pour shooter que je vais risquer de mettre tout ça en péril.
- Speaker #0
Du coup, ma question suivante, ça allait être justement... ta femme par rapport à ça,
- Speaker #1
mais je suppose qu'elle entend très bien le côté tu restes professionnel donc elle doit pas avoir ce problème ouais c'est un sujet qui me fait un peu sourire mais je me sens ultra chanceux de ce côté là parce que je pense qu'il y a, je vais pas dire personne mais pas beaucoup de femmes qui pourraient accepter ça, mais encore une fois ça fait 8 ans qu'on est ensemble, elle m'a vu aussi grandir dans ce milieu là c'est quelqu'un avec qui on échange énormément, elle connait mes motivations et en fait c'est quelqu'un qui a aussi une appétence à aider les gens. Et du coup, elle voit aussi l'impact que mon travail a. Et du coup, elle comprend. Mais de l'extérieur, on est des ovnis. De l'extérieur, même dans notre entourage, on a des potes qui nous disent « En fait, on ne comprend pas vos fêtes, mais tu n'es pas jalouse. Je suis sûr qu'il va te tromper, etc. » Alors que pas du tout, en fait. Ça peut être tellement compliqué à comprendre que des fois, on se dit...
- Speaker #0
Oui, bon,
- Speaker #1
laisse tomber. Elle a confiance en moi, pour moi, c'est le plus important. Les personnes qui viennent au studio ont confiance en moi, pour moi, c'est le plus important, le reste.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des retours, par exemple, extérieurs, justement, qui vont juger ton travail, plus le côté avec les couples ? Je m'explique. Je sais que j'ai un podcast sur le sexe, ça ne prend rien. Et le regard extérieur de certaines personnes, juste le fait que je parle de ça, change complètement.
- Speaker #1
Oui, alors... Je trouve pareil, le sexe, c'est un sujet central dans la société aujourd'hui, mais c'est un sujet que peu assument. Mais par contre, beaucoup vont aller sur leur téléphone, quand il y a personne qui les regarde, aller un petit peu se renseigner, écouter des podcasts, regarder des photos ou autre. Mais quand ils font en parler, ça devient déjà un petit peu plus... Enfin, assumer le fait d'en parler, ça devient déjà un petit peu... Un peu comme si on n'assumait pas trop. Sur les séances couple, j'ai énormément de personnes qui me contactent. pour savoir comment ça se passe. Et une des questions qu'on me pose le plus, c'est « Mais là, ils sont vraiment en train de faire l'acte ? » Beaucoup pensent que c'est du coup monté de toutes pièces. Et en fait, quand je dis « Non, ils sont vraiment en train de prendre du plaisir » , ils disent « Ah ouais, mais comment tu fais ? » J'appuie sur le même bouton, je prends mes photos, pour moi, il n'y a rien qui change. Et du coup, je me rends compte que ça intrigue énormément les personnes. Et alors, je ne sais pas si c'est parce que c'est... ce côté, ils ne comprennent pas comment moi, je peux faire, parce que peut-être qu'à ma place, ils ne réagiraient pas comme ça. Ou est-ce que c'est vraiment parce qu'ils se diraient, ah ouais, punaise, mais moi, j'aimerais bien aussi avoir ce genre de souvenir de mon intimité ou avec mon ou ma partenaire. En tout cas, il y a beaucoup d'échanges à ce niveau-là.
- Speaker #0
Quand j'ai parlé de ce podcast à différentes personnes, c'est les retours que j'ai eus. Il y a eu, ah ouais, il se fait plaisir. Ah bon ? Mais ça doit être super intéressant. Il y a vraiment eu les deux opposés. Après, aucun n'était négatif, mais je me suis dit... Ah oui, bon... Oui, en fait, je pense qu'il y en a beaucoup qui n'arrivent pas à se dire qu'on peut dissocier. Enfin, moi, c'est le nombre qui pense que j'ai une sexualité, mais de dingue, hyper... Oui, alors, je suis ouverte d'esprit, mais je fais plein de choses et je suis là... Mais en fait, non, j'en parle. Enfin, et c'est pas parce que j'en parle que ça veut dire que je pratique, que je fais. C'est pas parce que tu prends en photo. que tu pratiques ou quoi ? C'est comme une sorte de coordinateur d'intimité au final.
- Speaker #1
C'est ça. Moi, ça m'a un peu fait sourire parce qu'encore ce matin, on m'a envoyé une vidéo d'un mec sur les réseaux qui est en train de bâcher un peu les photographes boudoirs, héros, tout ça en disant « Mais attends, ça fait dix ans que tu fais ta carrière là-dedans, tu vas pas me dire que t'es totalement assaillie dans ta tête et tout ça. » Encore une fois, dans ce cas, je prends l'exemple d'un gynéco qui fait toute sa carrière là-dedans. Est-ce que moi, je vais dire « Attends, mec, Ça fait 20 ans que t'es gynéco, tu vas pas me dire que t'as pas envie... En fait, non. Mais en fait, quand le gynéco est en face d'une femme, il va pas se dire, ah ouais, punaise, c'est sexy, tiens, j'ai bien envie de...
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
En fait, non. Il va voir une partie du corps qui va venir analyser, voir s'il n'y a pas de problème, etc. En fait, pourquoi un photographe boudoir doit avoir ce raccourci du... Ouais, bah en fait, il fait du boudoir, c'est pour se rincer l'œil, derrière, il pense à ça, Même si je ne dis pas que ça n'existe pas, loin là, il y a aussi beaucoup de photographes boudoirs qui profitent de ça pour après derrière... Il dira, si vous voulez, je vous fais le shooting gratuit, mais derrière, on continue. Il y a des personnes qui sont OK avec ça. Je me suis mis, moi, sur une plateforme qui s'appelle Wild, une plateforme plus axée sur le milieu du libertinage. Et en me disant, en fait, moi, pareil, une de mes plus grandes frustrations aujourd'hui, c'est de ne pas arriver à montrer mon travail. Parce que Instagram, ça bloque beaucoup et tant mieux dans un sens. mais c'est un peu un jeu du chat et de la souris et je me suis dit comment je pourrais faire parce qu'on me demande beaucoup ce type de clichés mais je ne vais pas m'amuser à envoyer à toutes les personnes en privé et sur les réseaux c'est qui tout double et donc je suis allé sur ces plateformes là pour me dire tiens il y a peut-être des personnes qui sont intéressées je peux aussi moi montrer mon travail sans filtre entre guillemets sans être bridé et en fait j'ai eu pas mal de personnes qui m'ont contacté en me disant ouais ok on adore ce que tu fais est-ce qu'il y a moyen qu'on se rencontre On shoot et puis après, si tu veux, tu peux te joindre à nous. Tu peux go-teamer. Oui, exactement, c'est ça. Et je dis, ouais, non, pas du tout, ça ne fait pas partie du truc. Et moi, je suis juste un professionnel passionné par son travail, passionné par le fait de mettre en avant les personnes. Et ça s'arrête là. Une fois, on peut avoir ce raccourci très facile de se dire, ouais, en fait, c'est un mec qui pense à ça. C'est une fille, une femme assez jeune qui parle de sexe. Bah ouais, derrière, en fait... Je pense que c'est parce que pareil, la société doit aider là-dedans aussi. Et peut-être que les gens peuvent se rassurer derrière en ayant ces raccourcis-là.
- Speaker #0
Un gros rapprochement, mais je pense qu'on ne se rend pas compte de tout ce qui est lumière, position, à quel point ça joue. Et moi, j'ai ce petit débat, donc je ne suis pas du tout fausse aux graves boudoirs, mais sur les nudes. Mais j'aurais dit, mais vous ne vous rendez pas compte de... En fait, juste tu changes quelques petits trucs et ça joue énormément. Et je me dis, si rien qu'avec notre téléphone... et pas du tout des lumières de studio etc, un shooting complet, je me suis dit effectivement ça doit faire un effet fort tu vois.
- Speaker #1
Ouais après du coup comme dit la lumière va beaucoup jouer le téléphone que tu auras va aussi beaucoup jouer mais on voit beaucoup des fit girls ou des fit boys qui expliquent je vois plus ça avec des fit girls qui disent, en fait, là, vous me voyez avec les tablettes et tout ça, mais en fait, selon mon cycle menstruel, selon la journée et autres, mon ventre, ce n'est pas du tout la même chose. Et regardez, et du coup, là, tu as le ventre qui sort un petit peu plus. Et la meuf se tourne un peu. Et en fait, elle prend une pose où sa silhouette est plus affinée. Elle dit, en fait, ça, c'est le même corps. Et le rendu n'a rien à voir. Après, c'est sûr qu'en studio, quand tu es en face d'un photographe professionnel où c'est son métier, c'est normal que du coup, le rendu soit un peu différent que juste avec son téléphone. Mais oui, on va venir avoir un travail de la lumière qui sera différent. Moi, j'ai une pièce où les murs sont assez sombres. Donc là aussi, ça va aider à venir boire la lumière. Et donc, du coup, on va pouvoir plus se concentrer sur les courbes de la femme. Et après, oui, bien sûr, il y a les pauses. Il y a tout ça qu'on va pouvoir jouer pour mettre en avant un galbe ou autre, pour justement mettre en avant une silhouette. Et derrière, après, aider dans la confiance en soi et retomber sur le schéma classique.
- Speaker #0
Et tu as des couples justement où tu trouves qu'ils sont sortis plus complices après ?
- Speaker #1
Oui, mais je ne vais pas forcément dire ça par rapport au rendu des photos, parce que moi je donne les photos sous 7 jours. Et je les envoie en numérique, donc je ne vois pas ce qui se passe après. Par contre, juste après la séance, oui, parce qu'en fait c'est quelque chose qui reste extraordinaire entre guillemets dans leur intimité. Et donc du coup, c'est plus une complicité dans le sens... on l'a fait, on a fait ça, c'est un petit truc en plus qu'on a fait avec une personne extérieure puisque je reste une personne qui assiste à leur intimité même si pendant le shooting encore une fois je suis pas dans je suis extérieur mais il n'empêche que je suis quand même là, je gravite autour d'eux et ils se sont dit on est arrivé à à être à l'aise et à oublier et en fait à être dans leur moment vraiment à l'instant présent et t'as un shooting qui t'a marqué que ce soit Euh...
- Speaker #0
seul ou en couple mais où t'as eu une sorte de déclic ou même pas,
- Speaker #1
juste ça a créé quelque chose de différent alors j'ai eu trop d'images qui me sont venues pendant ta question on va faire un diapo je vais dire que c'est pas pour me vendre ou pour le mec mais pour moi chaque séance elle est spéciale parce qu'il y a beaucoup de travail en amont, les séances couple pareil en fait c'est hyper intense émotionnellement parlant et mentalement parlant pour moi aussi Par contre, je dirais qu'il y a une séance qui, pour moi, se démarque un peu du lot. C'est ma première séance avec deux femmes. C'était aussi la première fois pour elles qu'elles avaient ce moment-là intime avec quelqu'un d'autre extérieur qui photographie.
- Speaker #0
Et en fait, c'était un moment où... Alors, je pense que comme beaucoup d'hommes, on trouve que deux femmes qui se font du plaisir, moi, je trouve ça ultra magnifique, ultra beau. Je dis bien beau et pas sexy. Et je me suis dit comment je vais réagir à ce moment-là. Et parce qu'il y a quand même, même si je suis ultra droit dans mes bottes, carré dans ma tête et tout ça, il y a toujours cette part où la première fois, tu ne sais pas vraiment comment ça va se passer parce que je reste un homme et puis parce que... il y a tout ça. Même si j'étais intimement convaincu que ça allait bien se passer, je me suis dit qu'il y a ce petit pourcentage qui me dit... Une petite appréhension. La porte n'est pas à 100% fermée, qu'est-ce qui pourrait se passer ? Je me suis dit qu'est-ce qui se passe si il y a un truc qui commence à vriller un peu dans ma tête et je me suis direct dit, t'éteins l'appareil photo et tu sors. Le shooting commence à se faire et en fait, j'ai plongé dans la séance et c'était un moment juste incroyable. J'ai des clichés qui sont incroyables. Et en fait, oui, je trouve déjà qu'il n'y a rien de plus beau que deux personnes qui se font du bien. Et quand c'est deux femmes, je trouve qu'on monte encore un peu le niveau. Et ouais, c'était une séance pour moi. Ça sera gravé dans ma tête encore longtemps.
- Speaker #1
J'ai hâte de voir quelques photos après. Mais oui, c'est vrai que franchement, je trouve ça incroyable. Du coup, de toute façon, on va donner ton Instagram après. Je vous conseille vraiment d'aller voir, c'est super beau. Et c'est vrai que cet épisode, je le trouvais bien à faire parce que la sexualité, ce n'est pas non plus que l'acte. Il y a tout ce qui va autour. Et donc, le fait de la photographier sans pour autant y participer, je trouve que ça joue aussi, que ce soit pour les personnes, ressentir, être dans l'instant présent, même se découvrir aussi. Parce qu'en fait, on ne se voit pas quand on le fait. Donc, on ne sait pas à quoi on ressemble. Et même pour tout le monde, de faire découvrir un peu ce... Donc merci beaucoup d'être venu, c'était super. Je ne sais pas si tu as des projets, tu as envie d'en parler, s'il y a des choses qui arrivent.
- Speaker #0
Des projets, il y en a plein. Déjà, merci du coup pour l'accueil encore une fois. Oui, j'ai un projet sur Octobre Rose, par exemple, où là, le but, c'est un petit peu de mettre un petit peu en avant aussi les traces que peut laisser en fait cette maladie-là sur le corps d'une femme. et après si je rebascule un peu plus sur la partie boudoir et couple je vais lancer un Patreon c'est une plateforme payante où en fait je peux poster mon contenu 100% artistique sans fil sans censure ça c'est dans les projets aussi et après il y a plein de projets encore qui vont venir une fois les tuer j'y vais petit à petit encore merci beaucoup Nicolas merci à vous de nous avoir écouté
- Speaker #1
et à bientôt sur Antichambre.