- Emmy
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode d'Antichambre. Aujourd'hui, je suis avec Inanna. Merci beaucoup d'être venue. On va parler du porno, de la production de films pour adultes. Parce qu'Inanna, elle est productrice, mais d'un nouveau style de porno. Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter rapidement, s'il te plaît ?
- Inanna
Bien sûr. Moi, c'est Inanna Justice, pronom L. Je suis, entre autres, productrice des films adultes. Moi, je fais ce qu'on appelle le post-porn ou le porno éthique. Ça veut dire avec un regard un peu différent de ce qu'on imagine souvent quand on imagine des pornos. Par ailleurs, je suis dominatrice professionnelle. J'ai un donjon privé dans le 20e arrondissement.
- Emmy
Qui est très beau.
- Inanna
Oui, tu as eu la chance d'assister à un de mes ateliers. Ça, c'est une autre partie de mon activité. Je suis présidente de l'association Kinky Saloon France, c'est dans ce cadre que j'organise entre autres des ateliers mais aussi des soirées tous les deux mois, des Munch & Play. Qu'est-ce que je fais bien d'autre ? Plein plein plein de choses, mais aujourd'hui on est là pour parler des films pour adultes.
- Emmy
Déjà pour commencer, depuis quand tu en crées ?
- Inanna
C'est comme beaucoup beaucoup de choses dans ma vie, c'était pas du tout quelque chose que j'avais... programmé, planifié. Mon compagnon travaille dans la télévision depuis très longtemps, 25 ans, quelque chose comme ça. Et il y a, je dirais, 5 ou 6 ans, j'ai commencé à lui demander de me faire des vidéos pour faire de la com sur ma marque Inanna Justice, mes séances de domination et coaching. Voilà, donc on a commencé à faire des petites vidéos et je lui ai dit, mais t'es tellement douée, il faut qu'on fasse plus, il faut qu'on fasse plus. Il a dit non, je ne suis pas sûre. Et il y a quatre ans, on a tourné une séance avec un de mes partenaires de jeu. Et on a décidé de l'envoyer au Berlin Porn Film Festival, qui est un peu le plus grand festival de porno dans le monde. Ça existe depuis longtemps. Je pense que ça fait 20 ans ou 30 ans que ça existe. Cette année, il fête soit 20 ou 30, je ne me souviens plus. Mais bon. Ça fait longtemps. Bien installé. C'est un festival incroyable. Et on a envoyé ce film qui s'appelle Sonde, des sondes rétrales, qu'on a envoyé dans ce festival et ça a été accepté. Donc pour nous, c'était un peu le début de la production audiovisuelle pour les productions audiovisuelles kinky, donc sex-positives. À ce point-là, j'ai vraiment poussé mon compagnon de faire des trucs. C'est son rêve de faire des pornos, un peu plus classiques que ce que je fais moi. Et je dis, allez, let's go, j'ai envie de lui encourager dans ses rêves. Moi, j'avais des trucs que je voulais filmer aussi. Et on a eu énormément de succès. On a beaucoup, beaucoup de chance. déjà j'ai énormément de chance d'avoir un partenaire qui a 20 ans d'expérience, plus de 20 ans d'expérience dans le montage des vidéos, bien que ce n'est pas du tout la même chose que ce qu'on fait. Donc, il arrive à mettre en lumière les meilleures parties d'une séance BDSM ou autre.
- Emmy
Oui, parce que ça va être ma question aussi, c'est en fait, tout ce qui est production filmée, Un porno, en soi, ce n'est pas juste deux personnes ou plus couchent ensemble et on les filme. Il y a tout un scénario, il y a les lumières, il y a toute l'ambiance à créer et même les points de vue. Parce que filmer un corps sous un angle, sous un autre, etc. Tout ça, c'est vous deux qui réfléchissez.
- Inanna
Oui, c'est ça, exactement. Alors, mon partenaire s'appelle Jay ou JJ. Il a énormément d'expérience dans tout ça. Mais effectivement, ce qu'on voit sur l'écran, c'est... pas du tout ce qui se passe derrière. Il y a énormément de négociations, il y a des contrats à signer, il y a la lumière, il faut penser à la lumière, il faut penser aux prises du sang, il faut penser à la relation entre les actrices. C'est super important. Par exemple, moi, quand je tourne, je vais sélectionner les personnes où il y a vraiment une amitié ou une relation, un lien qui se crée lors d'un tournage. Parce que pour moi, c'est la Magie qui fait toute la différence sur l'écran. On peut mettre deux acteurs ensemble. Et parfois, ça matche super bien et parfois, ça ne matche pas du tout. Et parce que là, on filme l'intimité, on filme la sexualité, la sensualité. Pour moi, c'est super important que les actrices se rencontrent avant qu'il y ait une négociation en amont. S'il n'y a pas un bon feeling, et ce n'est pas ni contre un, ni contre l'autre personne. En fait, les deux ou trois ou cinq ou douze.
- Emmy
C'est une question un peu d'alchimie. C'est comme dans les rapports privés. Il y a des personnes où on va coucher avec. C'est bien. Mais il n'y a pas cette petite étincelle, cette alchimie.
- Inanna
Oui, et c'est quelque chose que je pense souvent, on n'y pense pas trop quand on regarde un film. Et ça peut être un film vanille, comme ça peut être un film...
- Emmy
Parce que ça paraît naturel, du coup, on n'y pense pas.
- Inanna
C'est ça.
- Emmy
Mais par contre, dans le sens inverse, si ça ne matche pas, je trouve que ça se voit.
- Inanna
Oui, c'est ça. Donc, tout le casting, c'est super important. Moi, j'ai énormément de chance de pouvoir travailler avec des personnes que j'adore, qui sont des amis, des partenaires de jeu de longue date. Et c'est super important. Et ils sont professionnels aussi. Et ça, c'est un autre truc encore. Est-ce que la personne va signer les contrats à temps ? Est-ce que la personne va parler avec, s'il y a un ou une coordonnatrice d'intimité, par exemple ? Est-ce que la personne va répondre à temps ? Est-ce que la personne est capable de faire X, Y et Z ? Parce que du côté acteur aussi, C'est important que cette personne soit professionnelle, sinon ça complique mon job en tant que productrice. Donc oui, énormément de choses à prendre en compte avant qu'on arrive sur scène. Et puis sur scène, on a deux heures d'installation de lumière et du son. Et nous, on tourne des trucs simples. On a des micro-productions avec des micro-budgets, voire budgets non existants souvent. Souvent, on tourne dans mon donjon parce qu'on a accès à un lieu. On a énormément de chance pour ça, mais si vous regardez nos vidéos, vous verrez beaucoup la Justice Room parce qu'on n'a pas de budget pour louer les grandes salles de tournage, par exemple. Et tout ça, on n'y pense pas forcément. Donc, ça nous force une créativité, ce qui est super. OK, comment est-ce que je peux transformer cette pièce aujourd'hui ?
- Emmy
Se débrouiller, trouver des petits tips pour réussir. Donc,
- Inanna
il faut jouer avec la lumière, il faut jouer. Par exemple, l'autre jour, j'ai tourné des scènes médicales. J'ai mis des draps blancs partout. J'ai mis une lumière très blanche, très forte, très dure pour changer complètement l'ambiance d'une pièce. Et ça, j'aimerais bien si plus de personnes prenaient ça en compte quand elles regardent un film. Que c'est pas juste, ah oui, les deux là, ils baisent, c'est cool, il y a quelqu'un avec un iPhone derrière. Bien qu'on peut faire des super films avec son téléphone, mais la plupart du temps, les productions sont chronophages et coûteuses en termes de temps et énergie.
- Emmy
Et du coup, ça peut t'arriver d'être actrice dans tes propres films ?
- Inanna
Moi, je suis exhibe, oui. Donc, ça a commencé comme ça avec moi devant la caméra.
- Emmy
Et tu préfères quoi ?
- Inanna
J'aime tout. Il faut changer un peu de temps en temps. Oui, j'aime bien être productrice. Je suis très organisée. J'aime bien organiser des projets. Je vais parler de mes nombreux projets un peu plus tard, y compris un festival de porno qui arrive en janvier 2027. Donc, j'adore ce côté organisationnel en tant que productrice, de pouvoir écrire. J'adore écrire, donc ça m'aide beaucoup. beaucoup, en fait, je profite pleinement de ce temps créatif, de ce temps d'organisation. OK, moi, je pense beaucoup à cet acteur, mais je sais que ça ne matche pas du tout avec cette personne. Alors, elle, je veux bien parce que X, Y ou Z, mais ça ne va pas matcher avec les pratiques, par exemple, ou avec le timing, tout simplement, parce qu'on est quatre, six, huit personnes sur scène. Il y a une question d'organisation temporelle aussi.
- Emmy
Ça va être ma question aussi. Du coup, les scénarios, est-ce que tu les crées et après tu cherches des acteurs qui matchent ou des fois, une personne va t'inspirer à un scénario et tu me dis, ah, elle, j'aime vraiment comment elle joue parce que du coup, en fait, il joue l'excitation ou il la ressent vraiment ?
- Inanna
Alors... Il y a trop de questions dans une phrase. Non, non, non, c'est très, très bien. Et c'est tout lié. Parce que j'essaie de faire des films éthiques, engagés, voire militants, féministe, c'est très important que les personnes avec qui je travaille comprennent ça. Donc, souvent, c'est les personnes, les actrices qui vont inspirer un scénario. Parfois, ça va marcher dans l'autre sens où on a une idée et on va trouver un actrice pour jouer le rôle. Mais pour nous, pour la façon dont on veut produire les films, souvent, c'est OK, je pense à machin, et... Ça peut être vraiment bien pour ceci ou cela. On a quelques personnes qui sont extrêmement polyvalentes. Ça nous aide aussi. Récemment, on a tourné un film avec un très bon ami, partenaire de jeu de longue date. Et c'est un film sur le mindfuck. Ça veut dire qu'on va baiser le cerveau de la personne. Et en écrivant... J'avais cette personne, Wilfried, en tête pour le rôle. Donc, à la fois, on a une idée de base. Souvent, c'est Jay qui a des idées de génie et moi, j'écris derrière. Il a la grande idée et puis c'est moi qui fais toutes les petites choses. OK, comment est-ce qu'on peut vraiment mettre ça en scène ? Quelles sont les pratiques qui sont adaptées ? Et donc, quand on a commencé à parler de ce film de Mindfuck, nous deux, on a pensé directement à Wilfried. On sait qu'il est capable de jouer ce rôle très bien. Par la suite, on a écrit une première version. Ensuite, on a envoyé le texte à Wilfried pour qu'il valide et aussi qu'il nous donne son feedback. Parce qu'on est une micro-boîte, on a cette liberté d'être collaboratif dans nos productions. Et c'est précieux. Parce que les personnes comme Wilfried ou d'autres qui ont beaucoup d'expérience nous aident à apprendre. On n'a pas d'ego concernant les œuvres d'art. C'est un œuvre d'art collaboratif. Et ça, c'est quelque chose qui est magnifique dans le porno comme dans une séance BDSM. Et je vois beaucoup de parallèles entre les deux. Entre les deux, oui. Ça veut dire que quand quelqu'un vient vers moi pour vivre une séance BDSM, elle a des idées en tête, elle a des fantasmes. Et par la suite, je vais prendre ces idées et m'inspirer de ça pour créer quelque chose que moi, j'ai envie de vivre. Ça, c'est très important dans ma façon de faire la domination féminine. C'est que ça reste mon œuvre, bien que je prends tous les petits pépites que cette personne a envie d'explorer. Et je le retourne pour faire une séance à ma sauce. Et c'est pareil dans les micro-productions, comme avec Gin Club Creation, que Mrs. Ink, elle a ses idées à elle. Elle adore ses pratiques, que Wilfried a ses pratiques à lui, qu'il apprécie plus ou moins que d'autres. Et donc, parfois, oui, c'est la personne qui inspire. Parfois, par exemple, The Wrong Airbnb, un film qu'on a fait il y a quelques années, c'était l'actrice qui a inspiré l'œuvre.
- Emmy
Donc,
- Inanna
Jay, il a trouvé une muse, il a dit, ah, j'ai vraiment envie de… Et donc, on a créé quelque chose autour de l'actrice. Donc ça peut aller dans les deux sens. Et même si on pense qu'on crée un oeuvre pour cette personne, en fait, avec cette actrice en question, ça peut évoluer.
- Emmy
Oui. Et du coup, tu penses que les acteurs, il faut qu'ils arrivent à quand même... Waouh, je me reprends. Les acteurs, du coup, ils doivent réellement ressentir de l'excitation ?
- Inanna
comment ça se passe du coup il y a des procédés ou par exemple du Viagra ou pour aider alors il y a déjà il y a très peu de pénétration dans nos films parfois avec des jouets mais en général c'est pas le point focus pour nous ça veut dire que ça peut pas exister mais en général oui il y a des questions techniques comme ça c'est quelque chose à prendre en compte en plus Merci. Avec Ginklab Creation, un de nos objectifs, c'est de montrer une gamme de corps différents. Ça veut dire plein d'âges différents. Ce n'est pas que des vingtenaires avec des corps parfaits, entre grands guillemets, avec des corps hyper soignés. Ça peut être aussi des personnes plus âgées. En fait, plein de corps différents. Donc, question de viagra, de lubrifiant, ce sont des vraies questions. Est-ce que la personne a vraiment... besoin de sentir le rôle ? Je ne sais pas. À Hollywood, est-ce que la personne... C'est la même chose.
- Emmy
Oui, c'est ça. D'un côté, je me dis qu'ils vont jouer une émotion, mais je me suis toujours posée la question, mais même pas que dans le porno, par exemple, quand il y a des scènes érotiques dans des films, je me dis qu'est-ce qui se passe si la personne est vraiment excitée ? Parce qu'elle est censée jouer ce rôle. Mais comment l'autre, il va le prendre si finalement, elle est vraiment excitée et que ce n'est plus un rôle ?
- Inanna
Ça revient à une question très importante, en fait, quelque chose qui est très important à garder en tête. C'est du travail. Ce qu'on fait, c'est du taf. Sex work is work. C'est du travail du sexe, clairement. C'est notre rôle d'arriver, d'être préparé, d'avoir fait les soins nécessaires en amont, de préparer psychologiquement, de se mettre dans le rôle. autant que possible. Et ça, c'est énormément de travail en amont. Et donc, c'est le rôle de machin d'arriver à un prix, j'espère que non, parce qu'on ne va pas faire la parenthèse là-dessus, mais j'espère que c'est réel. J'espère et je pense que quand je suis actrice dans les films, quand je fais des perfs, pour moi, je ne peux pas faire semblant. Pour moi, c'est important d'avoir... un vrai lien. Parfois, c'est là et parfois, c'est à un niveau beaucoup plus élevé. Il y a des personnes avec qui je suis plus ou moins confortable, mais je ne peux pas jouer avec quelqu'un que je n'apprécie pas en dehors. Mais ce n'est pas le cas pour tout le monde. C'est aussi varié que le nombre d'acteurs qu'il y a dans le monde, je pense.
- Emmy
Et pour toi, c'est quoi la différence entre justement le porno que tu produis et le porno classique qu'on peut voir, entendre ?
- Inanna
Alors, heureusement, il y a une évolution énorme depuis une petite vingtaine d'années grâce aux boîtes de production comme Erika Lust, comme Aeora Films. Énormément de progrès où on sort un petit peu du male gaze, du regard masculin sur les films et on bouge vers d'autres choses. Déjà, la communication en amont avec ce côté collaboratif dont j'ai parlé avant, ça aide énormément. Et c'est ce qu'on appelle du post-porn. Et il y a des boîtes qui sont absolument incroyables pour ça. J'ai mentionné Erika Lust, il y a Four Chambers, il y a Carré Rose, Carré Rose Films en France, qui est une femme extraordinaire. Ça aide énormément. il y a beaucoup... plus de productrices femmes qu'avant aussi. Avant, c'était vraiment male gaze. On a cette vision souvent des gangbangs un peu violentes, des scènes très hétéronormées où il n'y a pas une grande gamme de corps. Par exemple, il n'y a pas une grande gamme de situations différentes. Et ça commence vraiment à évoluer. Et Gin Club est vraiment dans cette idée qu'il faut montrer plein de personnes différentes, il faut montrer plein d'expériences différentes. Ce n'est pas juste des rapports pénétratifs hétéronormés. Qu'on peut avoir une sexualité sans génitalité, par exemple. Et que tellement se passe là, la négociation, la coordination d'intimité, que ce soit avant ou pendant une scène, Tout ça, ça joue dans cette idée de post-porn ou porno éthique.
- Emmy
Je n'ai jamais regardé de porno. Oui, je sais. Et c'est vrai que ce n'est pas du tout un truc qui me tente. Je me dis qu'il faudrait peut-être que je le fasse pour voir. Mais c'est vrai que ça ne m'attire pas du tout. Toi, tu m'avais invité à voir un de tes films. Et je m'étais dit, dans ce cadre-là, où c'est une sorte d'avant-première, pourquoi pas me poser chez moi et regarder. C'est vrai que j'ai... Ça ne me tente pas. Et qu'en plus... Alors, vu que je ne connaissais pas, pour moi, pendant longtemps, quand j'étais jeune, je pensais que... Vu qu'on m'avait dit, oui, c'est des films qui sont faits pour exciter quand on les regarde. On m'avait décrit ça comme ça. Je m'étais dit, OK, ça veut dire qu'en fait, c'était une sorte de caméra embarquée pour moi. C'est-à-dire qu'en fait, on ne voit qu'une personne. Parce qu'à ce moment-là, déjà, à 14 ans, pour moi, c'était qu'à deux. Et du coup, tu vois juste un corps. Donc, je m'étais dit, les garçons qui regardent du porno, hétéros, ils vont en fait avoir être à la place de l'œil de l'homme. Ensuite, quand j'ai appris que c'était pas le cas, je me suis dit mais alors, en fait, vous êtes excités de regarder aussi un homme coucher. Donc j'étais un peu là, mais attends, si c'est aussi l'homme qui vous excite, bah, enfin, j'étais partie super loin, je comprenais pas trop. Et du coup, c'est vrai que voir des inconnus qui couchent ensemble, c'est pas un truc qui... Je peux peut-être me dire, quand je vois des scènes érotiques dans des films, Ah, euh... Je pourrais avoir envie que ça m'arrête. Je trouve ça sympa, l'alchimie. Mais ça n'a pas m'excité parce que c'est des inconnus, en fait, pour moi. Et après, quand j'en ai parlé avec d'autres potes qui regardent du porno... Alors déjà, pareil, jeunes, les garçons étaient là. Mais les filles, ça ne regarde pas de porno. Et ensuite, on est passés à l'étape de les filles regardent du porno. Mes potes filles, elles étaient un peu là. Il y en a qui regardent du porno gay parce que déjà, ça les excite. Mais aussi parce qu'elles sont là. C'était tellement dans les clichés de... La fille, elle est super bien foutue selon la société, genre voilà, des fesses énormes, des seins énormes, une taille fine, elle crie à tout va, le gars est juste là, elle a fourré violemment, c'est horrible comme terme, mais...
- Inanna
Oui,
- Emmy
du coup elles sont en mode, mais en fait tu me reconnais pas. Et en même temps il y a des garçons aussi, maintenant... de ma génération, donc dans la vingtaine, qui sont de plus en plus conscients que ce n'est pas du tout la réalité et que ça ne les a pas forcément aidés au début d'avoir cette vision de la sexualité.
- Inanna
Oui, oui. Et encore, heureusement que ça change parce que pendant très longtemps, je ne regardais pas de porno parce que, justement, j'avais cette même perception les premiers pornos que j'ai vus. C'était des femmes qui... Pour moi, c'était des poupées, des barbies. des hommes avec des sexes impossibles, des pénétrations violentes, parfois des rapports de pouvoir qui, pour moi, n'allaient pas. En plus, moi, j'étais toujours un peu dominante dans mes rapports. J'ai regardé un peu de porno gay parce que je me retrouvais beaucoup plus dans cette situation, en fait, dans cette image dynamique du pouvoir. Ça me semblait beaucoup plus équitable. C'est assez récent pour moi. Et encore, c'est grâce à Kareo, c'est grâce à Erika Lust, c'est grâce à des boîtes de production qui essaient de montrer quelque chose un peu différent que le sexe PIV, penis in vagina, la pénétration classique avec le mec dominant et la femme soumise et elle doit tout prendre et si elle ne prend pas, ça ne m'allait pas du tout. Et maintenant, on voit dans les festivals, dans les plateformes, il y a une plateforme super que j'adore qui s'appelle Pink Label TV, qui est que du porno. On peut tout trouver là-dessus. Du dessin animé jusqu'au IA et tout au milieu. Pour donner quelques exemples, pour parler un petit peu de notre travail, l'année dernière, on a fait deux films, deux courtes-métrages. Un qui s'appelle Taste Like Chicken, où je prépare un poulet et je prépare mon soumis d'exactement la même façon. Alors, il n'y a pas de sexe pénétratif, il n'y a pas de rapport, il y a un déséquilibre de pouvoir, parce que ce que je fais, c'est la domination. Mais il n'y a pas de sexe pénétratif, il n'y a même pas de génitalité dans le film. Pourtant, c'est considéré comme un porno. Ça peut passer, pourtant, ça peut passer, c'est interdit à moins de 16 ans. C'est classé comme ça. Mais c'est excitant. Ça ne veut pas dire forcément sexuellement, mais ça provoque des sensations corporelles et c'est ça qu'on cherche dans le pendant. Moderne, on va dire. Ce n'est pas forcément de vouloir baiser après. C'est juste, est-ce que ça titille un petit peu ?
- Emmy
Ok, je vois.
- Inanna
L'autre film qu'on a fait s'appelle BDSM The Musical. Et encore, il n'y a pas de génitalité, il n'y a pas de sexualité classique. Pourtant, c'est super bien reçu dans les festivals porno. Et on voit ça de plus en plus, que la sexualité, ça ne passe pas par ici. Et c'est ça que j'adore dans ces créations de porno maintenant. C'est qu'il y a beaucoup moins de focus sur la génitalité et beaucoup plus sur l'humain. Et c'est ça qui est intéressant. Et je pense que ça fait partie du temps de travail dans le sens large. c'est que c'est... La sexualité, ce n'est pas ce qu'on pense. C'est beaucoup plus large et c'est aussi individuel que chacun, chacune d'entre nous. Et donc, il y a tellement de pornos maintenant qui montrent. On était à un festival hier. Il y a un collectif qui s'appelle la Brandelée, ici à Paris. Ils ont fait un festival Nikon et hier, on était à une séance. Et il y avait plein de choses différentes. Il y avait un film sur le livreur. pizza avec la femme à la maison, machin, qui était méga drôle.
- Emmy
OK.
- Inanna
Mais toute la salle était enfourrée hier soir. Et ça joue un petit peu sur les anciens pornos. En plus sur les clichés. Sur les clichés, la femme en peignoir satinée, le mec un peu bof qui arrive à la porte avec la pizza, elle n'a pas d'argent. Et ça joue avec ça. Et en fait, c'était un commentaire social aussi. Et c'est intéressant parce que le porno, pour une grande partie des productrices modernes, Euh... Le pente, c'est politique pour nous. C'est un commentaire politique. C'est une façon pour nous de casser les codes, de sortir un petit peu des schémas qui ne nous conviennent pas, de montrer qu'on peut avoir un point de vue différent, avoir une sexualité différente, de trouver l'excitation. Quand je fourre un poulet, je le mets littéralement au four. que ça peut faire partie de ma sexualité et ça, ça traduit aussi dans mon donjon lors des séances. ça ramène un petit peu à la même chose parce que ce que je fais c'est du travail du sexe je suis très claire là dessus pourtant il n'y a pas de génitalité ça ne veut pas dire que ce n'est pas sexuel que ce n'est pas sensuel, qu'on n'est pas dans la connexion avec l'autre, qu'on ne vit pas les moments intimes donc les deux vont ensemble pour moi et de mettre ça sur le film c'est une façon d'explorer ça autrement et de partager Merci. Cette philosophie de...
- Emmy
Du coup, je m'en doutais un peu vu qu'on avait discuté, mais c'est vrai que je pense qu'il y en a pas mal qui n'ont pas cette vision du porno, là, du coup. Et justement, j'allais dire, comment on peut trouver tes films ou des films qui sont dans le même esprit ? Est-ce que c'est parce que les plateformes très connues, est-ce qu'il y a ce genre de films dessus où, justement, il n'y en a pas ?
- Inanna
mais c'est plus accessible donc les gens oui il faut creuser sur les plateformes un peu classiques alors nos films c'est à jinklabcreation.com on peut vous pouvez nous trouver sur tous les réseaux sociaux à Jinklab donc on a un site web où on vend nos vidéos en direct c'est une façon pour nous parce qu'on a beaucoup de choses qui ne passent pas sur les plateformes payantes classiques on va dire et il y a des plateformes comme Pink Label TV qui est extraordinaire. C'est une plateforme basée aux États-Unis. Je les ai déjà mentionnées. C'est PinkLabel.tv. C'est une sorte de Netflix du porno éthique. Donc, un prix d'abonnement, je ne me souviens plus. Mais ce n'est pas très cher. Et vous aurez accès à plein, plein, plein de choses différentes. Il y a d'autres plateformes aussi. Erika Lust, une espagnole, en fait, une boîte de production espagnole, une femme. qui fait des trucs extraordinaires. Il y a Aorta Films, qui est une autre boîte. Donc ça existe, il faut creuser un peu plus. Si vous cherchez des trucs qui sortent un petit peu de l'ordinaire, évitez OnlyFans, évitez les grosses plateformes genre le Pornhub. Il faut vraiment chercher. Mais si vous faites des recherches, cherchez Pornhub Ethique. de production, si vous voulez soutenir. Moi, je reste à disposition toujours pour donner des références. Il y a des références sur mon site web aussi pour trouver du porno éthique.
- Emmy
Mais je trouve ça... En fait, du coup, il y a une partie de moi qui a envie de voir plus effectivement ton style de porno pour essayer de comprendre. Et je me dis peut-être que c'est plus le genre de film que je pourrais... Je vois ce que tu veux dire. En fait, ça titille l'imagination et pas forcément chercher à m'exciter. Je vois le principe.
- Inanna
Ça peut nourrir les fantasmes sans te donner envie de jouer.
- Emmy
J'ai pas de fantasme. J'ai zéro fantasme. Et je me dis...
- Inanna
Je vais pas te donner des liens. En fait,
- Emmy
je sais pas si c'est parce que du coup, vu que je suis tellement focus sur la personne avec qui je couche, qu'en fait, j'arrive pas à avoir un fantasme global. parce que c'est trop sur la personne. Ou je me dis, vu que je suis souvent gênée ou parasitée, etc., et peut-être que j'ai trop une vision... Je ne me reconnais pas dans les fantasmes classiques, peut-être, je ne sais pas. En même temps, je sais que je suis très vanille, donc je me mettais dit, peut-être pas forcément dans le BDSM que je vais trouver des fantasmes. Oui,
- Inanna
mais même en étant très vanille, il y a des trucs qui sortent absolument d'une norme quand on pense au... Parce que je pense qu'une grande partie d'entre nous, quand on pense au porno, on pense à la blonde avec des seins comme ça, un cul comme ça, un mec avec un gros sexe. Et c'est un peu cette image qui se... Et moi aussi. Même, ça fait longtemps que je fais des pornos éthiques, même moi, quand les gens disent porno, la première chose qui vient en tête, c'est cette image. C'est pas moi qui... attachement soumis avec des perles et des rubans dorés. C'est pas du tout ça. Mais on peut trouver plein de trucs.
- Emmy
Vanille, mais beaucoup plus sensuelle, beaucoup plus dans la connexion avec l'autre.
- Inanna
Oui, c'est plus mon truc.
- Emmy
Four Chambers, c'est génial pour ça. C'est vraiment du art house, haut de gamme, extrêmement bien travaillé. Parfois, Vanille, j'ai des images qui viennent en tête, qui sont vraiment... J'aspire un jour d'être à ce niveau. Mais qui sont... beaucoup plus accessible et qui pourrait, pour une personne comme toi, qui n'a pas énormément de fantasmes ou qui n'a pas accès à tes fantasmes, ça peut t'inspirer de dire, ah oui, ok, il y a un film de Ford Chambers qui s'appelle Tresses, donc les tresses, et le film est autour des cheveux. En fait, c'est le point central, donc on dit... c'est un peu bizarre, les cheveux, je trouve ça pas très sexuel. Et puis le film se déroule. Donc il y a des films vanis où on va pas forcément être attiré par ça quand on pense au porno. Et ça existe.
- Inanna
Et qu'est-ce que tu penses de la pornographie en France ? Ou le travail du sexe, etc.
- Emmy
Oh, mais ça, c'est deux questions complètement. On va commencer déjà par la pornographie. Je pense qu'il y a des productrices, notamment des productrices que j'admire énormément. Il y a Anushka et il y a Carmina, deux femmes que je trouve absolument extraordinaires. Alors, il faut dire tout d'abord, pour ceux et celles qui n'ont pas compris, je suis anglophone, je suis américaine, ça fait dix ans que je suis en France. Ça fait très peu de temps que je suis dans le milieu du porno. Donc, je suis une petite bébé. Donc, je ne prétends pas tout savoir loin de ça. Mais il y a énormément de personnes qui font des choses chouettes. J'ai parlé de la collectif La Brondelée, qui a fait un festival hier. Il y a Porn sur Mars, qui est un festival du porno à Marseille. Donc, pour un petit pays, parce que la France... quand même, ce n'est pas les États-Unis, ça reste quand même un petit pays. On a pas mal de choses qui se passent. Nous, on commence un festival de porno, c'est le premier festival international du porno, des courtes-métrages, Once Upon a Time, qui aura lieu en janvier 2027. Donc, pour un petit pays, on commence à faire des grandes choses. C'est un peu grâce aux acteurs comme Dorcel. Ça, c'est un nom qui est souvent associé, pas de la meilleure façon. Ils ont fait énormément d'améliorations depuis quelques années pour les personnes qui ont des a priori sur cette boîte. Ils ont vraiment avancé sur pas mal de choses. Ce qui a cet effet d'influencer les petites boîtes. Ils étaient parmi les premiers à mettre en place des coordonnatrices d'intimité sur chaque tournage, à exiger des interviews avec leurs actrices en amont et après. Donc ça change. Mais Dorcel existe depuis longtemps. C'est un grand acteur mondial. Et le fait que Dorcel est français, c'est une boîte française, ça nous touche en fait. On a cette influence dans la culture française. Et la France est un pays très sexy. C'est très cul, c'est une des raisons pour lesquelles je suis venue en France. Ah ouais ? Tu trouves que c'est cul ? Oui, je dis la bouffe, le vent et le cul.
- Inanna
Moi je trouve ça très tabou le sexe en France, par rapport plus au Canada. J'ai l'impression qu'il y a une sorte d'hypocrisie en public. C'est-à-dire qu'il y a plein de gens qui vont venir me parler de sexe, même des gens que je ne vais pas forcément connaître depuis longtemps, parce que vu que je suis à l'aise, ils vont me poser plein de questions, ils vont être à l'aise d'en parler mais en même temps il y en a plein aussi qui vont juger je sais plus si j'en ai déjà parlé mais quand j'ai fait mon master sur la sexualité, il y a quand même une fille de mon école qui elle se revendiquait hyper ouverte à l'aise pour parler de sa sexualité etc elle a quand même insinué que j'étais une salope quand elle a su que je faisais ça et j'étais là mais c'est fou parce que toi t'es à l'aise pour parler sexualité et... et ta sexualité, t'es là, allez-y, parlez-en. Et en fait, quand quelqu'un le fait, non, ça va pas. Et je trouve qu'il y a un peu ça. En fait, il y a plein de choses sexuelles, mais faut pas trop le dire, faut pas trop en parler, faut pas montrer que tu le fais. Alors que, je veux dire, personne serait là si le sexe existait pas.
- Emmy
C'est ça, l'être humain, on a besoin des trois choses. On a besoin de la nourriture, on a besoin de l'abri, on a besoin de la sexualité. C'est trois choses pour que l'espèce continue à survivre. Alors, on parle tout le temps de la nourriture, surtout les Français, quand on est à table, on parle du prochain repas. On parle toujours de la nourriture, on parle toujours de l'abri, les améliorations qu'on va faire chez soi, ce genre de choses. La sexualité, on en parle très, très peu. Ça commence... Heureusement, ça a changé avec ta génération. Mais ta génération, c'est avec vous qu'on a énormément d'espoir. Ma génération, OK, on commence un petit peu. La génération entre nous deux, oui, ça a évolué un petit peu. Ça va continuer à s'améliorer, j'espère. Le problème, c'est que ce n'est pas instantané. sont trop parlés politiques et religieux parce que tout ça, ça joue vachement. On ne peut pas complètement le mettre à côté parce que ça joue vachement. Oui, il y a des tabous, mais pour moi, je vois les changements. Je dis que depuis 20 ans, on voit les évolutions dans les pornos. Ce n'est pas juste du male gaze 24-7 et c'est les seuls pornos qu'on peut trouver, c'est du male gaze. Donc ça montre l'évolution positive aussi. En fait, positive dans mon sens. Parce que selon certaines personnes, ce n'est pas forcément la meilleure chose. Oui, il y a des jugements. Mais une petite parenthèse encore, les jugements protègent l'espèce aussi. Et quand on n'a pas l'habitude, c'est difficile pour nous de comprendre, dont ta collègue qui dit que, oui, je veux parler de la sexualité, mais pas toi. Cette hypocrisie, bien sûr que ça existe. Et ça va continuer à exister sous d'autres formes, malheureusement.
- Inanna
Et je me demandais, on revient un peu sur tes films, mais est-ce que tu as des petites anecdotes ou des choses drôles ou inattendues ? Ou même des fois, tu ne pensais pas que ça pourrait se passer comme ça ?
- Emmy
Tout le temps. C'est toujours des surprises. On essaie de faire un truc et un autre se passe. Des exemples précis, pas trop... Mais je t'invite à passer sur un tournage, tu verras le scénario, la feuille de route en début de journée.
- Inanna
Ah oui, je veux trop voir.
- Emmy
Ça ne résonne pas du tout la fin de la journée. Ah c'est fou ça. Bah ouais,
- Inanna
j'aimerais, j'aimerais de ouf.
- Emmy
Bah, t'es la bienvenue. Mais oui, on écrit des choses, on a des idées en tête, mais sur le moment, on a d'autres idées. C'est des interactions humaines. C'est un œuvre d'art toujours en évolution. Donc oui, il y a des petits trucs qui se passent tout le temps, mais j'aime bien ce côté vivant du porno aussi. Ça respire, ça bouge, selon nos besoins du moment, selon le regard de Jay derrière la caméra et moi devant. Alors non, je n'aime pas ça, je n'aime pas ça, il faut qu'on modifie. Et oui... C'est une indication littéralement, la feuille de route en début de journée. Il y a des traces rouges partout. On dit, ah non, en fait, ça ne marche pas. Sur le moment, on avait cette idée.
- Inanna
Est-ce que, du coup, tu trouves qu'avec ça, tu as appris le désir ? C'est quelque chose d'inné, mais est-ce que ça ne s'apprend pas aussi au fil du temps ?
- Emmy
Bien sûr, ça s'entraîne, ça s'entraîne, absolument. de trouver du désir de l'autre, je pense que ça s'entraîne. Je vois ça beaucoup, je vais parler un peu plus de mes séances parce que je pense que c'est plus pertinent et c'est là vraiment mon domaine d'expertise de parler du désir créé versus désir inné. Moi, j'ai la chance de jouer avec une grande gamme de personnes. Ce ne sont pas forcément les personnes que j'aurais choisies en les croisant dans la rue.
- Inanna
OK.
- Emmy
C'est ça le côté travail du travail du sexe. C'est que les personnes payent pour avoir accès à mon temps. Moi, j'ai la chance de pouvoir choisir parmi ces personnes. Mais mon rôle en tant que productrice d'une scène BDSM, parce que c'est une production, c'est une petite pièce de théâtre où moi je suis la star et la productrice. Je prends les idées de l'autre acteur, la personne bottom, qui est là pour vivre ses fantasmes. Moi, il faut que je trouve une façon de désirer l'autre au moins pendant le temps qu'on passe ensemble. Déjà, je suis quelqu'un qui aime tout le monde. Vraiment, j'ai énormément d'amour. C'est très facile pour moi de trouver quelque chose. Mais parfois, c'est difficile. Parfois, tu te dis, ça m'arrive beaucoup moins maintenant parce que j'accepte très peu de nouvelles personnes dans mon arème. Mais de créer, de fabriquer du désir, c'est important aussi. Ça s'entraîne. C'est comme un muscle, c'est comme quand on fait du sport. Oui, on est capable de marcher, mais est-ce qu'on est capable de marcher 10 kilomètres sans être complètement claqué à la fin ?
- Inanna
Je vois.
- Emmy
Et le désir, c'est comme ça aussi. Avec nos relations intimes, oui, parfois c'est feu d'artifice au début et puis ça descend un petit peu. Mais si on continue à l'entraîner, à continuer à réévaluer un petit peu, Qu'est-ce qu'on peut faire ? Qu'est-ce qu'on peut modifier pour rester en forme ?
- Inanna
Tu vois, pour reparler un peu de mon cas personnel, je pense que moi, je fonctionne vachement sur l'alchimie. Et dans mes relations amoureuses, sexuelles, etc., en général, pour vraiment que ce soit top, et mes relations amoureuses, c'est ça, c'est du très passionnel, du très fusionnel, c'est une sorte de symbiose. Et du coup, en fait, j'ai beaucoup ce désir inné. Parce que ça se passe comme ça. Et petit à petit, en grandissant, et en ayant d'autres partenaires, où généralement, en plus, il n'y a pas d'amour dedans, etc., je me suis dit, en fait, la création du désir, elle est compliquée pour moi. Parce que j'ai besoin de ce truc de... C'est un peu bizarre, mais de ressentir l'autre. Et souvent, je me dis, si je suis obligée de le créer, c'est que c'est pas... Oui, c'est que c'est pas inné, c'est que c'est peut-être pas vrai. Alors qu'au final, peut-être pas. C'est juste qu'il faut le démarrer autrement.
- Emmy
C'est ça.
- Inanna
Mais vu que je n'ai pas non plus de fantasme, du coup, je suis en train d'apprendre à comment on peut me créer du désir autrement.
- Emmy
Ça dépend de ce qu'on cherche dans les relations aussi. Certaines relations sont bonnes pour certaines choses et pas pour d'autres. Parmi mes copines, par exemple, j'en ai une qui est très drôle, j'ai une qui est très littéraire, j'ai une qui est... chacune a son rôle je vais pas demander à ma copine qui est super rigolote de parler de la philosophie avec moi je vais aller parler avec l'intello celle qui est super forte en business je vais pas demander à aller boire un coup et rigoler toute la soirée et donc qu'est-ce qu'on cherche je pense que ça c'est une question de poser même avant de, est-ce qu'on crée le désir ou est-ce qu'il faut que ça soit inné c'est Merci. qu'est-ce qu'on cherche avec cette personne ou ces personnes dans cette relation ? Et qu'est-ce qui est possible ? Est-ce qu'on a envie de construire à long terme ? Est-ce qu'on a envie d'un plan d'un soir ? Est-ce qu'on a envie de quelque chose de passionnel avec cette personne ?
- Inanna
Moi, je ne dissocie pas trop. C'est un truc où j'en parle souvent avec ma famille et des gens autour de moi. Et je suis impressionnée des gens qui arrivent à dissocier le sexe de l'amour ou d'une relation. plus profonde donc ça veut pas dire ça m'est déjà arrivé de coucher avec des personnes je suis pas sortie avec eux, je suis pas tombée amoureuse mais j'ai vachement ce truc et du coup c'est assez drôle parce que d'un côté je me dis peut-être que si j'arrivais à dissocier alors je vais pas me forcer peut-être que du coup je pourrais plus facilement apprendre à connaître mon corps parce que je serais plus apte à faire des dictes à l'an mais vu que j'arrive pas je me force pas et je me dis voilà c'est pas grave tant pis Je suis comme ça et peut-être qu'aussi, c'est une question d'âge. Je suis encore jeune. J'apprends justement à me connaître. Ça se trouve, dans dix ans, je serai là, aucun problème.
- Emmy
On ne sait jamais et ça peut changer dans un sens comme dans un autre. Moi, j'avais une sexualité, je baisais tout ce qui bougeait. Vraiment. Et maintenant, je suis beaucoup plus calme. Moi, je pensais toujours être une grosse salope pour le reste de ma vie. Et en fait, ça a évolué. pour moi aussi, par rapport à ma relation avec Jay, l'ancrage dans ma vie, les changements. Donc, ça peut toujours évoluer dans un sens comme dans un autre. Ne te force pas,
- Inanna
tu vois ?
- Emmy
En fait, je dis ça pour tout le monde qui écoute aussi. Mais si tu as besoin d'une relation et que ça soit passionnel, mais vis ça et cherche que ça. Si t'as pas du tout besoin de ça et tu veux que des plans cul, fais ça. C'est d'être fidèle à soi-même, de ne pas se forcer en disant que, oh non, mais je devrais profiter des plans d'un soir, je devrais... Créer quelque chose, peu importe. Non, c'est être à l'écoute. Et c'est là où on peut vraiment vivre des choses incroyables.
- Inanna
Non, mais il faut que... En vrai, je pense que maintenant, aussi, j'apprends vraiment à me connaître. C'est fou. Je pense qu'en un an, et le podcast a bien deux ans, mais un an, je vois déjà une vraie différence. Et en fait, en même temps, c'est drôle, c'est que je suis en train de déconstruire ma sexualité. Et en fait, c'est un peu comme les montagnes russes, où c'est un peu aussi comme dans le sport, c'est que des fois, il faut désapprendre, et du coup, on « régresse » , pour après repartir. Et comme je disais, vu que mes premières relations sexuelles, ça a été ultra inné, et mes deux partenaires de relations amoureuses, il n'y a même pas eu tant besoin de communiquer sexuellement, parce qu'on était complètement alignés, que du coup, après, je me suis retrouvée complètement perdue. Quand il a fallu communiquer. Parce que je me suis dit, mais ça veut dire que ça ne va pas, ça veut dire que ce n'est pas bon. Mais parce qu'en fait, j'ai eu la chance d'avoir des premiers. Donc, je suis en train de...
- Emmy
Mais la communication, ça chauffe. La communication, c'est le truc le plus sexy du monde. De pouvoir communiquer avec son partenaire, de pouvoir parler des désirs ou manque de désirs. Ça, c'est aussi une façon de communiquer sur la sexualité. En ce moment, je suis fatiguée. Je suis surchargée au boulot, je n'ai pas l'énergie pour. Ça ne veut pas dire que je n'ai pas de désir pour toi. C'est juste qu'en ce moment, l'acte physique ne fait pas partie de ce que je peux faire.
- Inanna
Cette communication, je l'avais essayé de plus dire j'aime. Parler pendant, en fait. C'est plus ça. Là, d'habitude, vraiment, ça me bloque. Et là, petit à petit, je suis en train de, entre guillemets, me forcer, mais me dire OK, non. il faut essayer de le dire. Ou si la personne me parle, j'essaie de ne pas que ça me bloque et de me dire, OK, en fait, c'est bon.
- Emmy
Est-ce que tu aimes quand les autres te disent qu'ils aiment ça ou ils n'aiment pas ça ? Ou ils préfèrent... C'est une question... Je ne sais pas. Tu n'as pas besoin de répondre. Ah oui, je réfléchis. C'est juste... Parce que moi, je kiffe quand quelqu'un me dit, ah, j'adore ça. Est-ce qu'on peut changer ça un petit peu pour moi ? La confiance que quelqu'un me donne en disant que je n'aime pas ça, est-ce qu'on peut passer à autre chose ? ça c'est très beau aussi tu vois c'est un peu merci pour ton nom parce que ça peut m'aider à aller dans un autre sens qui convient mieux à moi ou à ma partenaire c'est fou après on
- Inanna
va clôturer l'épisode je dirais qu'on est un peu parti mais c'est vrai que moi pendant longtemps j'avais du mal à dire nom ou juste truc tout bête mais on va dire qu'un homme me doit et en fait je vais être là il faudrait qu'il décale un tout petit peu et en fait je vais pas oser le dire Merci. pendant longtemps, j'étais en mode en fait, c'est pas grave, je vais laisser parce que j'avais tellement peur de braquer l'autre parce que ma première fois, ça s'est passé comme ça. Ça, c'est pas ton problème. Ça,
- Emmy
c'est pas ton problème si la personne le prend mal.
- Inanna
Oui, oui. Maintenant, je sais. Mais quand j'avais 15 ans et que j'ai fait ma première fois, ça s'est passé exactement comme ça. Parce qu'en plus, ma ladresse, 15, 17 ans, la manière de communiquer était foireuse. Chacun l'a super mal pris alors qu'en fait, pas du tout. Et il n'y a pas de problème. Mais ouais, donc c'est vrai que pendant longtemps, j'étais là. En fait, il vaut mieux rien dire. Et maintenant, je me dis non, mais en fait, c'est trop bête parce que moi, j'aimerais l'entendre si c'est le cas. Voilà. Mais bon, bref. Voilà, petit aparté fini. Mais en tout cas, merci beaucoup d'être venue. C'est un grand plaisir. Je trouve ça super cool justement de pouvoir parler d'un autre type de porno. Peut-être que les gens qui nous écoutent, vous, vous allez découvrir ce style-là, voire aimer. peut-être que vous le regardez déjà, on ne sait pas mais voilà merci beaucoup d'être venu merci à vous de nous avoir écouté et à bientôt sur Antichambre