- Pauline ArtEcoVert
Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast de celles et ceux qui veulent comprendre, structurer et déployer la couleur végétale et du vivant dans le monde réel. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes et depuis trois ans, chaque jeudi, je reçois celles et ceux qui font la couleur du vivant. On part de la graine à la couleur finale. On parle plantes et autres sources tanctoriales, usages concrets, filières, santé. environnement, innovation et biotechnologie. Du textile à la cosmétique, de l'artisanat à l'industrie, du design aux fibres naturelles, une seule approche, relier la couleur du vivant aux usages réels. L'objectif est clair, fédérer et démocratiser la couleur végétale et recréer une souveraineté de la couleur du vivant chez nous. Belle écoute ! Bonjour à tous, je suis ravie d'accueillir sur le podcast ArtEcoVert Tania Blanquart. Bonjour Tania.
- Tania Blanquart
Bonjour Pauline.
- Pauline ArtEcoVert
Ça fait un moment qu'on essaye d'enregistrer toutes les deux et on a enfin réussi. Alors Tania, les membres de la Guilde te connaissent, les membres de Patreon te connaissent, mais pour tous nos autres auditeurs, est-ce que tu pourrais te présenter qui tu es et ton parcours pour arriver à la couleur végétale ?
- Tania Blanquart
Alors, je m'appelle Tania Blancard. Donc, j'habitais à Lille. Là, j'habite en Portugal depuis 2020, trois mois avant le Covid. Donc, j'ai eu la chance pour ça. Donc, j'ai un parcours assez agroalimentaire. Je suis ingénieure de production biologique avec un master en marketing et produits qualité alimentaire que j'ai fait à Lille également. Et donc j'ai commencé ma vie professionnelle dans le secteur agroalimentaire. Et puis en 2012, suite à la naissance de mon premier enfant, et suite à quelques complications médicales, j'ai décidé de changer de métier. Et je me suis orientée plutôt pour l'animation et pour la nature. Donc je me rapprochais un petit peu sur ce thème nature. Et j'ai commencé à étudier, donc j'ai fait beaucoup de formation là-dessus, surtout phytothérapie, cosmétique naturelle, sabonnerie liquide, solide. Et puis j'ai passé pour les plantes, donc j'ai découvert les pigments, l'extraction de pigments. Et là, c'était l'amour faux, cette pratique. Et du coup, j'ai commencé... plutôt à commencer à lire les livres de Michel Garcia et les vidéos. Et j'ai enchaîné par une formation avec Marie Marquet, que j'adore, chez Color Garance, à l'ORIS, qui m'a permis aussi de développer un projet qui s'appelait Minibo. Donc, c'était à Lille, c'était Minibo, pour des pratiques sustentables. Donc, j'ai commencé à travailler en partenaire avec Codinacef. qui travaille avec un projet de coordination éco de crèche. Et dans ce projet, j'ai développé un projet qui s'appelait éco de crèche avec plusieurs axes en accord avec l'agenda 2030. Et j'ai développé des axes d'animation pour les familles et le professionnel et pour les enfants. Donc déjà là, j'étais dans l'animation. Suite à ça, ma santé commençait à se dégrader, pourquoi pas, et j'ai resté un an sans pouvoir bouger mes jambes. Le médecin ne savait pas quoi faire de moi, donc qu'est-ce que j'avais ? J'avais fait tous les types d'examens comme pas possible, il n'y avait pas de suite à ça. Donc je faisais cinq heures de kiné et j'ai commencé à décliner le projet, c'est-à-dire que je commençais à réduire mon temps d'animation. parce que je n'avais pas à raconter. Les gens ne savaient pas que j'avais ce problème. Donc à chaque fois que je sortais, j'étais toujours tout bien, mais derrière, je souffrais pas mal. Donc j'étais un an à l'été. J'ai fait après cinq ans de kiné pour pouvoir bouger mes jambes. Je sentais une lourdeur comme c'est 200 kilos. Et quelqu'un m'a dit, Madame, il faut que vous changiez de vie à nouveau. puisque vers vos 40 ans, je vous serai en chaise roulante, poter roulante. Et donc moi, je me suis dit, bon, c'est le moment d'aller au Portugal. Mes parents, ils ont le terrain. On va là-bas, on va refaire un nouveau projet. Je vais vivre à mon rythme, etc. Donc voilà, je suis arrivée en 2020 et j'ai créé Blanc Art, le projet Blanc Art Studio. Et donc j'ai eu une énorme crise dans laquelle j'étais en train de conduire et j'arrivais plus à sortir de la voiture. Ils m'ont enlevée à l'hôpital, ils ont découvert mon problème et aujourd'hui je n'ai plus de problème. Donc voilà, j'ai été opérée deux fois et suite à ça, je suis bien. Donc c'était juste un problème de varice interne dans le sacroiliac et dans les zones pelviennes qui me faisait, avec les règles, avoir douleur. Et cette douleur, c'était un désenteur dans lequel je n'arrivais pas à marcher. Je ne commandais pas mes jambes. Donc bref, c'est réglé. Donc Tania a pris toutes les années qui étaient un peu coincées. Elle a commencé à se dire, bon, maintenant je peux tout faire. Donc, je commençais à descendre des ravines aussi à côté de la plage pour aller chercher des pigments minéraux. Enfin, je commençais à tout faire. Et je me suis dit, ça y est, maintenant, je vais faire mon projet Blancard Studio. Je vais animer, je vais faire des ateliers. Et c'est là que je vais raconter un petit peu mon procès jusqu'au tourisme tempurien. Mais ce n'était pas facile. C'est-à-dire, je n'étais plus malade. J'aviate. pepsi, géant d'énergie, de tonnerre, mais du coup, faire simplement des ateliers, ça ne marchait pas, en fait. Il fallait faire autre stratégie pour pouvoir avoir quelque chose local, en fait, avoir un ancrage territorial. Donc, c'est ça qu'on va discuter.
- Pauline ArtEcoVert
Tu es la première qui m'a parlé du tourisme tinctorial, donc, notamment sur la plateforme Patreon, puis maintenant sur la Guilde, tu as été... dans plusieurs tables rondes où à chaque fois, tu as porté ce regard-là et tu as aussi été dans les magazines couleur végétale. Je trouvais génial ton approche et ce que tu avais fait avec tes étudiants, mais comme tu dis, c'était un long parcours. Donc, vas-y, tu nous expliques et tu me dis quand tu veux que je fasse avancer la présentation, je t'écoute.
- Tania Blanquart
Donc, voilà. Donc, j'ai pu développer ce projet 100%, comme je disais. Ce projet reflète un petit peu moi-même mes apprentissages et ma résilience aussi de continuer toujours en avant, en suite. Comme le nom l'indique, il y a trois thématiques, nature comme laboratoire, couleur comme patrimoine et le territoire comme expérience. Car quand je suis arrivée ici, je me focalisais un peu comme le système de, ok, je fais un atelier, j'ai une technique et j'y vais. Sauf que ça ne marchait pas du tout. Donc, je suis dans un petit village, alors de 40 habitants, entre 40 et 60, je ne sais pas, il y a 10 enfants. Je suis en campagne, carrément. Je suis à 7 minutes de la grande ville Caldas d'Arainga, et je me suis dit, OK, les gens ne m'acceptent pas. Je suis assez folle. C'est quelque chose de nouveau, parce que c'est des terrains agricoles, vinicoles, des pommiers. Des poiriers, il n'y a que ça en fait ici. Et donc, je me suis dit comment je vais faire pour créer de la valeur. Donc, c'est ça mon approche. Et donc, du coup, ça se passe. Donc, le prochain slide, c'est observer avant de proposer, créer les liens avant de créer les produits. Donc, voilà, je viens d'installer ici. J'ai rénové un espace. Et donc... J'identifie les ressources que j'ai autour de moi. J'ai fait la récolte, donc travailler avec ce qui est disponible localement. Donc, toutes les plantes autochtones, pour moi, c'est important, même les minéraux, parce qu'on a vraiment des minéraux très jolis, la couleur et tout, donc on a plein de choses. Transformer, donc du coup, je transforme toujours, je teste, je fais la documentation. Et transmettre, donc du coup de transmettre, c'est le plus compliqué à faire pour avoir la crédibilité. Donc du coup, voilà, j'ai m'approché déjà dans l'état public et j'ai un certificat, une accréditation pour pouvoir former des professeurs. C'est-à-dire, mes formations permettent aux professeurs de monter des échelons. Je ne sais pas comment ça se passe en France, mais c'est monter des échelons. Je donne des points pour qu'ils puissent monter de salaire, des trucs comme ça en fait. Ça fait partie vraiment de l'éducation nationale. Donc ça c'est une victoire depuis novembre l'année dernière. Et donc j'ai transmis, donc j'ai essayé de commencer par là. Mais du coup ça revient à le prochain thème. Il a fallu repenser à mon projet, comment créer de la valeur, quelle histoire méritait d'être racontée pour que mes produits ou mes services puissent avoir une crédibilité, un intérêt par le public. Comment faire le buzz ? Et donc c'est là que je me suis posé la question, comment créer de la valeur ? Je me suis dit, il faut créer de la valeur. Je suis en campagne, je ne suis pas à Lisbonne. pas à Porto, comment je vais le faire ? » Donc voilà, d'abord, comme je disais, il y a la ressource locale, donc identifier, faire un diagnostic. Il y a une histoire. Quelle est son histoire ? Pourquoi existe-t-elle ? Pourquoi elle a disparu ? Il y avait des plantes qui étaient disparues et que les habitants jouaient avec. Donc, OK, j'essaie de tisser un petit peu un lien par rapport à ça. Après, il y a une émotion. Il fallait créer un lien effectives faire ressentir, donner envie de raconter cette histoire. Donc il fallait créer un lien entre mon produit et mon service. Parce que si on n'a pas de lien, ça ne marche pas, ça n'accroche pas. Surtout aujourd'hui avec les réseaux sociaux, ça n'accroche pas. Et puis, donc on a l'expérience, du coup, soit à partir d'un atelier, une balade, une rencontre, soit avec le tourisme. Et on a aussi l'identité territoriale, et c'est ça notre force, c'est que chaque territoire, il y a une histoire, et chaque produit, chaque service, il est unique. Si, imagine, on va faire un exemple, j'ai de la garance, le Sous-de-la-France, il y a de la garance. Ma garance, certainement, elle est différente du Sous-de-la-France. Donc, on pourrait quand même créer un lien, il y a une façon de raconter cette histoire de la garance, en fait.
- Pauline ArtEcoVert
Oui, en lien avec le territoire, le patrimoine.
- Tania Blanquart
Tout à fait, voilà. Donc, du coup, mon projet aujourd'hui, Blancard, il a quatre axes d'intervention. Donc, la recherche transdisciplinaire, donc avec les agriculteurs, les pigments, parce que j'ai quelqu'un qui produit des fleurs, donc je récupère tous les déchets pour faire l'extraction des pigments et les coprines. Donc il y a les plantes naturelles, j'ai fait aussi la production agricole en petite quantité, parce que je n'arrive pas à tout suivre. Valoriser les ressources végétales, on a une autre place, un marché à Cadaz, qui a beaucoup de déchets, donc on récupère aussi des résidus organiques. Et puis la création artisanale, les arbres végétaux, l'impression botanique. les pigments, les matériaux pour les beaux-arts, tout ça en fait, le deuxième point. Et le troisième point, les formations ateliers, les médiations scientifiques et culturelles, institutions publiques, collectivités territoriales. Alors, ici il y a plusieurs types, mais je pense que Nathalie Lutour, qu'elle va parler dans son direct, il y a plusieurs façons d'animer un atelier. Donc, si on est quelqu'un qui veut l'expertise, c'est... D'une façon, si on est avec un public tourisme, il faut faire le show, il faut faire une storytelling, il faut faire des choses comme ça parce que sinon, on va décrocher en fait le tourisme.
- Pauline ArtEcoVert
D'accord, ok.
- Tania Blanquart
Puis voilà, il y a le quatrième point, c'est le territoire et la communauté parce que mon projet, il marche si j'enveloppe tout le territoire et toute la communauté. Voilà. Et de là, cette réflexion, je me suis dit, bon, il faut que je teste. Et j'ai testé, j'étais en train de ramasser des plantes récoltées ici en village. Et j'ai découvert qu'il y avait une résidence artistique et qu'il y avait une danseuse mexicaine qui faisait un spectacle, qui voulait faire une cérémonie entre la danse et la céramique. Et du coup, elle m'a envoyée ramasser des plantes. Et je me suis dit, j'ai raconté ce que je faisais. Et donc, elle m'a dit, ah, c'est bien parce que nous, on voulait avoir notre corps avec plein d'encre différente, de peinture différente. Et moi, je me suis dit, ah, nickel, c'est l'opportunité de tester, tu vois. Et donc, du coup, je suis allée tester et j'ai pris des connaissances de cosmétiques et j'ai mis des pigments naturels, des plantes de cortème. Moi, j'habite dans le village et on a tout, son corps était complètement ouvert. pigments, voilà, d'ici des plantes, c'était génial et puis après ils m'ont invitée pour la phase suivante, c'était la phase développer des projets. Donc, qui est le prochain slide.
- Pauline ArtEcoVert
Ventania, par rapport à son projet sur les encres, c'était quoi comme plante ? Qu'est-ce que tu as comme plante au Portugal ? Parce que nous, on connaît nos plantes tinctoriales en France, mais toi, au Portugal, qu'est-ce que tu as ? Quelles sont les sources de bleu, de jaune, de rouge ? Et par exemple, pour ton projet de teindre cette personne, qu'est-ce que tu as mis comme plante pour ces encres corporelles ?
- Tania Blanquart
Alors, j'ai fait des plantes et des résidus organiques. parce que je me suis dit qu'il ne faut pas mettre des plantes avec des tentes très puissantes parce que sinon ça ne sort pas. Donc j'ai fait la carotte sauvage, des choses qu'on ramassait. On a fait aussi le brode noir. Mais du coup, en fait, elle a eu trois jours pour enlever le corps. Tu vois, c'était assez puissant. On a fait la betterave, on a fait des choses très très simples, on a fait les faines de carottes aussi, parce que ça donne le jaune, donc du coup, bon, c'était pas, ça allait bien. On a fait des choses très, il y a une doutante qu'elle n'a pas réussi, c'était la carotte sauvage, qu'elle n'a pas réussi à enlever, alors le brûle de noix brûlait. C'était terrible en fait, elle n'a pas réussi à faire le corps, il a pris deux jours pour le faire retirer. Mais c'était très joli parce que les habitants sont venus voir le spectacle et c'était quelque chose de très communautaire, très joli. Et c'est là que j'ai compris en fait qu'il fallait passer par la communauté de cette façon-là en fait. Et donc les projets que j'ai développés du coup... Je peux expliquer parce que le projet développé, le véritable produit n'est pas que la couleur en fait, c'est tout. Tu vois, c'est tout l'enveloppement. Donc j'étais invitée pour faire une résidence artiste un mois et demi pour étudier les plantes qu'il y avait dans notre village et en même temps inviter les habitants à participer. Et là c'était magnifique, c'était un projet génial. Franchement, il suit donc, voilà, ce projet va suivre les mêmes axes que j'ai travaillé, les quatre axes que j'ai pu développer stratégiquement. Et donc, c'était super bien. Et quand j'ai fini ce projet, j'ai eu beaucoup de demandes, je continue à faire. Donc là, dans la vidéo, on va un petit peu ramasser mon indigo. Là, par contre, l'indigo, c'est cultivé. Donc voilà, j'ai les atis... Tenturières. Tenturières, mais là, c'est la persil carrière, donc j'avais quand même, donc j'ai montré un petit peu. Et puis, j'ai commencé à avoir des problèmes dans la propriété, c'est-à-dire j'ai une tempête qui m'a pris ma serre, donc aussi. Et c'est là qu'en fait, je me suis dit, bon, il faut que je trouve un autre boulot. Et du coup, je suis allée être professeure enseignante de tourisme. Et c'est là, en fait, que je me suis dit qu'il y a démarré le deuxième projet plutôt éducatif, mais qui a complémenté aussi ce projet de recherche territoriale, en fait. Du coup, j'avais déjà cette image, cette vision du projet, mais aller dans l'éducation... Je ne connaissais rien du tout, tu vois. Donc du coup, le prochain projet, c'était effectivement le chaos. Donc on n'a pas vu le chaos. Donc c'est le prochain slide, si tu peux passer. Donc voilà, la première expérience, c'était l'ancrage territorial. Comme je disais, c'était vraiment construire des projets à partir des serveurs locaux. Donc on a mis tout le village en contribution pour ce projet. Il était gratuit pour tout le monde et ça faisait partie de ma recherche en fait dans la résidence. C'est mettre les habitants aussi dans la couleur et de comprendre comment marcher parce qu'ils ne connaissaient rien du tout. À part le vin, les pommiers, les poirets, alors là, ils étaient un petit peu loin de tout ça. Donc tout ça, ça m'a permis, donc du coup j'ai cherché un boulot et je suis allée également. au lycée et là j'arrive et je vois un tourisme très archaïque, des programmes désactualisés de tourisme, c'est-à-dire c'était un tourisme de masse. C'était l'hôtellerie, c'était tout ça. Et je me suis dit, mince, qu'est-ce que je vais faire ici pour que ça me plaît aussi. Parce que du coup, j'avais mi-temps l'école et j'avais mi-temps aussi Blancard. Qu'est-ce que je vais faire ici pour que mes élèves puissent aimer le tourisme parce qu'ils n'aimaient pas du tout le cours de tourisme. Et là, j'ai eu l'idée, en fait, de ramener la sustentabilité. dans le tourisme en fait. Voilà. Et donc, c'est là qu'il a commencé à développer le prochain projet, le projet qui est dans le slide 6, non, 7, le « Hard House » en couleur, voilà, dans lequel était vraiment un projet super intéressant. J'ai pris beaucoup de temps à le développer. J'ai appris que le territoire était… Elle m'a mis ma laboratoire, c'est-à-dire que les habitants devenaient un partenaire. Alors, les plantes, un décor. Et comment je pouvais faire à l'école ? Avec plein de règles, apprendre plein d'administrations, avec les professeurs qui ne veulent pas savoir, ils n'ont pas de temps. C'était assez compliqué. Donc, j'ai proposé ce projet avec... Les élèves de tourisme feraient une route touristique, un circuit touristique du village. C'est dans le prochain slide. Désolée.
- Pauline ArtEcoVert
Non, t'inquiète.
- Tania Blanquart
Donc voilà, c'est le prochain slide. Donc ça, c'est le projet en temps, dans la conception. Il y avait une histoire du village. Donc j'ai fait exactement la même stratégie que j'avais chez Blancard. Il y avait donc... l'étude, le diagnostic, qu'est-ce qu'on a dans la vie de Caldas de Reina. Il y avait une histoire d'une reine qui aimait les arts et qui a créé un hôpital thermal pour la première fois. Je me suis dit, les enfants, allez, on va chercher des évidences sur ce point. On a créé 14 points de points d'intérêt du village. On s'est dit, OK, on va faire un audio. de la reine a parlé de l'histoire de la ville. Et puis on s'est dit, mais alors comment on va faire pour approcher les minéraux, les pigments minéraux, les pigments végétaux, comment on va faire tout ça ? Et là, en fait, elle était mariée avec Jean XII, qui est... qui avait un lien avec l'Eisatis qui était cultivée à Doros et qui après a passé son histoire, enfin sa fabrication, sa production aux îles d'Azores. Donc du coup on s'est dit, ah mince, on peut vraiment lire l'histoire. Ils étaient mariés. Donc de là, on est allé chercher des minéraux parce que nous, nous sommes partis d'une... d'une zone géoparque UNESCO sur les minéraux de notre zone. Donc nous sommes allés récupérer quelques-uns. Nous sommes allés récupérer des plantes autochtones. Donc je parle de hulex. Je parle, on a pris des résidus organiques également. Donc les faines de carottes. On a pris plein de petites plantes qui étaient oubliées. On a pris la rubia peregrina.
- Pauline ArtEcoVert
Garance voyageuse.
- Tania Blanquart
Donc, du coup, il y avait des racines. Pauline, il y avait des choses incroyables. Il y avait énormes, elles étaient énormes. Ça se vit que c'était un terrain que personne ne bouge, que personne ne touche. C'était génial, on a fait des choses comme ça. Et mes élèves, ils ont tellement aimé le projet. Donc, ils ont développé toutes les parties graphiques. Ils ont créé un contexte. Donc, c'est ça. Quand je parle de circuit touristique, on a le tourisme sustentable, sensoriel, éducatif, expérience régénérative, urbain. Donc on a tout fait en fonction pour faire le buzz. Et les élèves d'art, ils ont dessiné les lieux de point d'intérêt avec les encres qu'on a créées avec ces 14 couleurs. Donc on voit ici des photos également. On avait des circuits en portugais et français. On peut entendre ce circuit en portugais et français. On avait aussi un partenaire avec le cours de céramique pour faire la palette. Donc, il y avait toutes ces ressources. Et donc, je me suis dit, bon, maintenant, on est dans un projet scolaire. Il faut qu'on arrive à sortir là. Donc, du coup, je me suis dit, comme je dois faire, comme je dois faire. Je suis allée au poste de tourisme. Et quand j'allais dans le chemin, je me suis dit, comment je vais faire, comment je vais faire. Et devant moi, j'ai trouvé le monsieur le maire. C'était vraiment la chance.
- Pauline ArtEcoVert
Il n'y a pas de hasard.
- Tania Blanquart
Voilà, j'ai trouvé le monsieur le maire qui ne connaissait pas du tout. Et je me suis dit, moi, je fonce. Je vais le demander. Je vais présenter le projet. J'avais quelques brouillons dans ma main. Et je parle et je parle et tout ça. Il m'a dit, venez me voir, on est super intéressés. Et du coup, j'ai mis l'école et le lit à la mairie. Et on a commencé à travailler ensemble. Et après ça, on a fait un vernissage pour présenter ce prototype. Donc, on n'avait pas gagné encore le concours, mais on a fait un vernissage. On a pris... Du coup, j'ai appelé le journal local et j'ai fait un buzz incroyable en disant que le monsieur le maire avait parlé, qu'il y avait trop le projet. Et donc, on a fait tout un buzz avec tout ça. Et j'ai appelé le tourisme centre également qui a fait un buzz. Et après, tu as fait sortir aussi l'article. Le magazine. Ça fait encore un autre buzz. Donc voilà, on est arrivé au concours. et on a gagné le premier prix de ce projet. La mairie a voulu tout de suite reprendre ce projet pour développer, donc justement, voir Caldas d'autres façons. Et donc aujourd'hui, le projet est avec la mairie. On continue à travailler dans d'autres points plus détaillés, mais en fait, la mairie a pris ce projet et elle est en train de commencer à le travailler. quelque chose de professionnel, parce que ça, c'est académique, c'est des enfants d'entre 15 et 17 ans qui ont développé un projet. Et puis, dans cette réflexion, je ne me suis pas arrêtée là, et je disais à mes collègues, ça serait génial de faire région. Donc, ils allaient étudier les traces, l'indigo aux Azores, parce que du coup, comme le roi était marié avec... Majesté et Léonard, on s'est dit, bon, il faut tracer les actifs, en fait. Et donc, nous sommes allés à Azazoriz, donc là, les photos dans le prochain slide, et on a présenté notre projet. L'objectif, c'est la méthode. On ne voulait pas que ce soit... On voulait que ce soit réplicable, mais pas égal. On voulait que... région puisse avoir son histoire.
- Pauline ArtEcoVert
Trop bien.
- Tania Blanquart
Voilà, et c'est là en fait. Et du coup, l'école était super contente et tout, ils ont été bien reçus, on a fait toutes ces démonstrations, mes élèves étaient super contents parce qu'ils n'ont jamais pris l'avion, donc du coup, tu vois, c'était les parents et tout, c'était vraiment très bien. Sauf que ce projet, il y a des limitations et c'est très compliqué de développer assez vite. Puisque c'est un cadre scolaire, les professeurs changent tous les ans. Il y a le côté administratif. Ce n'est pas facile de développer un projet comme ça. Il faut vraiment aimer les plantes et aimer ce projet pour pouvoir le développer. Aujourd'hui, à Soré, il a des difficultés à le faire construire. J'ai repris une méthode. à long de toute mon expérience depuis Colina CEP en France jusqu'à aujourd'hui, c'est ce graphique-là. Comment construire un projet territoriel. Donc, il faut toujours... Aujourd'hui, j'adapte tous les ans ça dans mes cours avec mes élèves. N'importe quel projet, je le mets le 17 objectifs développement durable au milieu. Et du coup, on a une image. Donc là, c'est des exemples. des exemples et on dit qu'est ce qu'on pourrait faire alors maintenant avec le marché, avec l'arène, avec la broderie de Caldas. Donc du coup on va étudier chaque axe et qu'est ce qu'on pourrait déligner comme objectif, comme action en fait dans ce projet là. Et ça avec mes élèves est sorti un nouveau projet.
- Pauline ArtEcoVert
qui ça restait dans le papier mais bon c'est mieux que rien c'est la prochaine étape c'est le cas de la broderie des caldas parce que les gens disaient effectivement que la reine teignait ses fils pour faire la broderie je crois que c'est faux, c'est une légende mais c'est quelque chose que tout le monde raconte en fait c'est officiellement la production artisanale c'est certifié aujourd'hui mais c'est quelque chose qu'on pourrait prendre et faire un autre projet un autre kit un autre idée prendre un agriculteur prendre la laine on pourrait en fait y aller plus loin et donc c'est ça une plante médicinale qui a été utilisée pour notre infusion derrière il y a un mémoire local qui est la tradition de la laine la broderie de la Reine, on pourrait créer un lien émotionnel parce qu'il y a la santé, le savoir-faire et l'histoire locale. Et puis aujourd'hui, cette broderie est certifiée, mais de quoi on pourrait aller plus loin ? On pourrait vraiment faire quelque chose avec ça. Et donc c'est cette démarche-là que je parle beaucoup dans mes cours pour mes élèves de tourisme, qu'il faut développer des circuits itinéraires. et avoir l'intention.
- Tania Blanquart
Trop génial.
- Pauline ArtEcoVert
Donc, du coup, avec tout ça, j'ai connu un chercheur, le professeur Dr. Luis de Mendonça, qui est quelqu'un qui connaît beaucoup de choses. Donc, il a une approche ethnobotanique.
- Tania Blanquart
D'accord.
- Pauline ArtEcoVert
Il a donc un projet, un site Internet qui valorise des projets comme le mien. qui m'a invité pour mettre mon projet Blancard dans son site. Et donc, il y a tout un groupement de projets qui valorisent le patrimoine végétal, les communautés et l'ethnobotanique. Tout est lié. Tout est lié. Franchement, en ce moment, il y a des gens qui viennent dans ma vie et qui se mettent devant moi. Et en fait, ça marche très bien. Du coup, il est génial, c'est quelqu'un qu'il fallait connaître parce qu'il a une connaissance incroyable. Il connaît toutes les traditions des plantes, comment elles étaient utilisées, c'est génial. Il est vraiment quelqu'un de très très important. Le projet, ça s'appelle, donc il est spécialiste en ethnobotanique, titulaire la chaire UNESCO, Ethnobotanique, Plantes, Personnes, Ethnodiversité. sauvegarde du patrimoine d'origine végétale à l'Institut Polytechnique de Béja. Donc c'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup, il a beaucoup de connaissances et que ça vaut le coup de connaître parce qu'effectivement il est vraiment bien en fait. Donc tout ça, ça m'a permis de comprendre en fait le produit aujourd'hui, le produit c'est en plus de toute l'expérience. Le produit... c'est un prolongement de l'expérience, valorisation de produits. Donc, si on crée ce côté émotionnel, on pourrait avoir, je ne sais pas, créer un certificat ou quelque chose d'unique qui puisse dire que cette expérience est certifiée et on a un produit associé, un produit, un service. Donc, ça, c'est la conclusion que je suis arrivée. Les gens vont acheter. Parce qu'ils ont une mémoire, ils ont un lien avec toute cette expérience-là. Voilà, donc du coup, ça c'est d'autres projets que je vais développer, donc je voulais quand même citer. Là, c'est une expérience en français ici à Cortem. Donc je vais faire venir Laurent Descalones qui travaille la fresque de biodiversité. Il est à Lille, il va venir. Et on va travailler donc en expérience nature-créativité sur cette biodiversité. On va parler sur la biodiversité et on va aussi creuser les connaissances. Et puis, j'ai un autre projet qui va naître en septembre. C'est un autre prototype. C'est avec la résidence CAO que j'ai montrée. On va faire un projet ensemble et ça s'appelle donc Portem. Et c'est le village, c'est l'événement. Les habitants, ils vont partir. Et puis dans l'événement ? Ils vont faire des ateliers de teinturiers, ils vont raconter des mémoires, des récits du village. Il y aura un marché partagé, atelier de masterchef. Donc on va essayer de grouper. toutes les connaissances dans ma petite village qui est ici, dans la colline, tu vois, puis il y a un valet, il n'y a plus rien après. Et donc, du coup, on va faire ce prototype, on verra si ça va marcher ou pas. Et donc, ça, c'est mes projets de maintenant, mais j'ai un autre rêve, c'est donc faire ce tourisme sancturiel, donc par région. Ça peut être par Portugal, ça peut être en Europe, donc ça serait très bien de lier si ça va faire. Et donc là, en fait, je me posais des questions. Comment transformer la colère végétale en expérience de territoire durable ? Parce qu'il y a beaucoup de petits détails qu'il faut faire attention. Il faut avoir beaucoup de partenaires, en fait, dans la même lignée de pensée. L'intérêt repoussif collectif, il y a cinq points. Donc, identifier les ressources centuriennes. les savoir-faire, transformer la matière en couleur, documenter et transmettre et co-créer le patrimoine. Donc ça, c'est les bases d'un circuit. Et puis, si tu passes pour le slide après, donc je ne vais peut-être pas dire ça, si tu veux, ça c'est quelque chose qu'on peut discuter le 17 juin.
- Tania Blanquart
Le 17 juillet, parce que tu donnes un atelier.
- Pauline ArtEcoVert
Voilà, et ce qu'il faut éviter, c'est... carrément folkloriser les habitants, en fait. Il faut vraiment qu'ils fassent partie de l'expérience. Il faut qu'ils soient insérés et que, voilà, il ne faut pas les mettre comme un décor, tu vois. Il faut vraiment le venir dans l'expérience et il ne faut pas standardiser. C'est-à-dire, si on fait un circuit temporel, il ne faut pas que mon circuit s'appareille, je ne sais pas, à la région, à la France. chaque région a une caractéristique. Il ne faut pas aller trop vite, il ne faut pas s'isoler, il faut faire attention aux ressources locales. Donc voilà, ça c'est des choses que je voulais parler. Et puis pour finir, il y a cette étape d'un circuit tempuriel, c'est le slide 20. Voilà, 20, 20, parce que je... Donc, observer l'ancrage local, l'impact juste, cartographier. Donc toi, tu as déjà un travail là-dessus avec ton docteur, donc ça c'est important. Construire un premier itinéraire pilote, tester, documenter et partager. Partager cette méthode avec d'autres, réappliquer cette méthode et faire l'obèse. Quelle région sera la plus prête pour l'itinéraire pilote ? Quels acteurs doivent être autour de la table dès le début ? Quelle place donner aux habitants dans la gouvernance ? Et comment relier Portugal, France, Europe, Pompors ? dans ce réseau international de la couleur. Je pense que la Guilde a tout à fait cette place pour le faire.
- Tania Blanquart
Trop bien. J'arrête de partager. Je reviens pour être avec toi parce que sinon je ne te vois pas. Franchement, Tania, j'ai des émotions de te voir à ton travail. Franchement, je te l'ai dit dès le début, je trouve ça tellement génial. Pour reprendre sur ce qu'on a vu, ce que tu nous as montré, déjà franchement, tellement bravo. parce que c'est du bon sens, mais c'est tellement génial. Donc, ce que je voulais dire, moi, c'est que je pense que notre filière, Tinctorial, elle doit passer par le tourisme Tinctorial. En fait, c'est même plus une question pour moi, c'est une voie à prendre. Je pense à des épisodes de podcast où on a des gens qui ont fait des choses. Donc, je pense là à Bruno Bertoumieux. qui a fait de son exploitation de Pastel un lieu touristique, où aujourd'hui il ne vit que de ça, du tourisme, des bus d'école, des touristes qui viennent, qui regardent comment c'était fait avant, qui s'émerveillent de se dire que le bleu de certains jeans maintenant est issu de Pastel, des teinturiers. Je pense aussi à Géraldine Goya dans les Hauts-de-France, qui elle se bat comme une dingue, pareil, pour faire que le réseau, elle voudrait créer une route de la couleur. Donc, vraiment dans les Hauts-de-France. Mais Géraldine, il faut trop que vous vous parliez. C'est génial,
- Pauline ArtEcoVert
c'est génial.
- Tania Blanquart
Mais oui, et Géraldine, du coup, c'est tous les Hauts-de-France et elle relie avec des musées médiévaux, l'histoire. Tu sais, il y a eu la bataille d'Azincourt. Il y a eu de la couleur végétale là-dedans. Il y a un musée avec un jardin tinctorial . Enfin bref, elle est en train de regarder comment ça peut s'organiser. Donc, je pense à Géraldine Goya. Et ensuite... Je pense à moi, tout le travail de fourmi que je fais depuis un an et demi, qui est de cartographier les acteurs. Et je me dis, tu vois, la carte, elle va sortir cet été. Toi, ton atelier, donc ton direct que tu fais dans la guilde pour les membres, donc c'est vraiment du pratico-pratique, où tu vas les accompagner pendant une heure à passer à l'action. Je me dis que tout ça, avec le fait qu'on ait cartographié les acteurs, qu'on sache les différents domaines d'application de la couleur vegetale. Parce que... Moi, je travaille beaucoup avec les agris, je travaille avec les artisans, mais j'ai aussi les entreprises qui ont des belles choses à nous montrer et les chercheurs qui continuent à nous aider pour que ce cercle vertueux fonctionne. Donc, la cartographie, on l'a. L'histoire, on l'a, que ce soit en France ou ailleurs. Ce qui est génial aussi dans la Guilde, et je te remercie parce que, grâce à toi, on a le Portugal qui est arrivé. Grâce à Nathalie, on a l'Espagne. On a Sabrina qui ouvre sur l'Italie. On a la Suisse qui rejoint. On a la Belgique. On a l'Angleterre, l'Écosse, l'Irlande. Enfin bref, c'est en train de prendre. Donc, le but de la guilde, vous l'avez compris, c'est qu'on se rassemble, etc. Et que des belles initiatives qui se passent dans d'autres pays et des volontés, parce que c'est toi. Toi, tu portes une volonté, tu portes une vision. Et qu'on puisse mettre à contribution tout ça. Donc, je suis vraiment hyper contente que tu puisses faire un direct sur ce sujet-là et que tu puisses accompagner. pour moi, on a tout ce qu'il faut. C'est-à-dire qu'on a l'histoire, l'envie. Et tu vois, je rappelais un truc tout bête, mais la France, alors je ne parle pas que de la France, mais la France, c'est le premier pays visité au monde. Et je me dis, mais attends, s'il n'y a pas un truc à faire là-dessus, je ne comprends pas. Ensuite, on a des régions, tu vois, sur les plantes tinctoriales qui sont très actives. On a l'Occitanie, qui avait encore des moulins, etc. On a les Hauts-de-France. Alors, ça peut être contre... contre-intuitif, mais on a les Hauts-de-France, et on a la Bretagne aujourd'hui qui se réveille vraiment fort, avec, tu vois, tout ce maillage d'agriculteurs qui transmettent aux artisans, les artisans qui rayonnent, et ça se bat pour vraiment faire rayonner, rajouter de l'histoire, etc. Et aussi, et on l'oublie pas, tu vois, tout ce qui est les biotechnologies de la couleur peut paraître surprenant, mais par exemple, en Bretagne, ils ont aussi la valorisation des algues pour avoir de la couleur, et en fait, tu vois... on peut aller beaucoup plus loin et c'est vraiment le passé avec l'histoire, le présent avec toute cette envie de monter des communautés, de ne plus être que dans l'IA, de ne plus être isolée, tu vois tout ça et l'avenir de comment on produit de manière responsable, comme tu disais, soutenable, un tourisme soutenable. Franchement, je te jure, quand je t'entends parler Tania, j'ai des émotions parce que je me dis, c'est génial, tu as mis un modèle en place qui peut être dupliquée et j'espère qu'on va réussir à dupliquer tout ça parce qu'il y a largement de quoi faire. Tu vois, même en Italie, Sabrina l'a expliqué, il y a plein de trucs dans tous les pays. Donc l'idée, c'est comment ça peut s'articuler, de quoi tu aurais besoin, comment tu vois les choses.
- Pauline ArtEcoVert
Je vois pour moi le réseau, la guilde, elle est très importante parce que ça nous a rapprochés et c'est vrai, je pense que que ça doit commencer là, en fait. Ce projet, il doit commencer là. En tout cas, moi, je suis au Portugal, je suis là, donc du coup, je vais travailler dans mon terrain, mais du coup, toute cette information, c'est comme si je l'envoie pour toi, en fait, pour que tu puisses aussi faire les autres territoires, ils doivent aussi faire la même chose. Donc, c'est là, en fait, je pense qu'il nous faut... Il nous faut quelqu'un qui soit un petit peu là-haut pour nous orienter. Parce qu'effectivement, moi, j'ai beaucoup de travail. En ce moment, ça ne s'arrête pas. Je ne montre qu'un petit truc que je fais, mais j'ai d'autres projets. J'ai travaillé jusqu'en novembre.
- Tania Blanquart
Je sais que tu fais plein de choses. Je vois, tu m'envoies des messages sur tous tes projets. Voilà. Et tu m'aimes.
- Pauline ArtEcoVert
Oui. Donc, du coup, je me consacre carrément et j'ai vraiment… Mon temps est dédié à ça, à tous ces projets, mais je suis super heureuse parce que je bouge, j'ai la vie et franchement, je suis super contente de pouvoir le faire. Et donc, ma tête n'arrête pas en fait. Quand je pense à une idée, il faut que je la vois. Donc, je commence à voir les visions et puis après, il faut que j'aille voir. Et donc, j'avance, je connais des gens et c'est ça la... Le beau des choses, c'est que ce projet, il est tellement intéressant. Imagine, ce n'est pas que ça peut être un itinéraire d'une couleur uniquement. Ça pourrait être juste le rouge. Mais le rouge, il peut être partout dans l'Europe, différemment, en fait. Ça peut être tellement de manières de prendre ce circuit.
- Tania Blanquart
Non, carrément.
- Pauline ArtEcoVert
C'est là qu'il faut travailler. Il faut voir qui vont être nos premiers... Le projet pilote, il va le faire sans en fait.
- Tania Blanquart
Pour te dire aussi, il y a beaucoup de personnes qui m'ont parlé de territoires de couleurs. Je repense à Delphine Talbot qui, dans son épisode de podcast, disait « je voudrais faire des territoires de couleurs » . J'ai eu une étudiante, Bertie, qui m'a envoyé son mémoire de fin d'étude. Elle a fait une magnifique carte, comme les cartes de cépage des vins. Elle a fait un travail de dingue avec des reliures et tout ça. En fait, ce que je veux dire, c'est que je pense que les gens sont mûrs. Les gens ont juste besoin d'un cadre. Et toi, le cadre, tu nous l'as posé, tu nous l'as présenté et tu vas venir nous mettre l'étincelle dans les directs, dans la guilde. Donc là, je pense que les gens vont prendre conscience qu'en fait, c'est faisable. Il faut se réunir, mais maintenant, on a la carte, on a les noms, on a les différents acteurs, on a la filière, on a les différents maillons. Et ce chapeau, il est là, comme tu dis, dans la guilde. Il y a des espaces que vous pouvez créer, qu'on peut créer pour accompagner ce projet. Mais franchement, moi, je suis tellement convaincue de ça. Je pense que ça fait plus d'un an qu'on doit enregistrer ensemble la Tania. Plus d'un an. Donc, trop bien. Franchement, ce que tu n'as peut-être pas dit et sur lequel je voudrais insister, c'est que ta carte avec la ville et les points de couleur et l'histoire, etc., tu as réussi à la numériser. C'est-à-dire que ça, moi, je trouve ça génial. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, peu importe la commune, peu importe… la région, le terroir, etc., il y a moyen de se rapprocher de l'office de tourisme, il y a moyen de faire un outil moderne sur un sujet du passé, du présent et de demain, un moyen de faire que ce tourisme, ce soit différent, parce qu'aujourd'hui, c'est tout le temps les mêmes choses. Les trucs touristiques, c'est tout le temps la même chose.
- Pauline ArtEcoVert
C'est toujours la même chose. C'est toujours le tourisme de masse. Et nous, on ne peut pas. Parce que, pour te dire un truc, ici, on était... on n'a plus de produits au supermarché à partir de 18h. Parce qu'il y a tellement de gens qui viennent qu'en fait, on est rivalisé.
- Tania Blanquart
Oui, d'accord. Et donc, je pense à ça dans le sens où n'importe qui qui écoute ce podcast a dans son entourage des gens, des acteurs. Donc, on s'est vachement rapprochés des fibres naturelles aussi. Donc, on a les acteurs des fibres, on a les agriculteurs, on a tous nos artisans. Franchement, j'ai regardé, on travaille, je regardais les artisans qu'on a qui se sont renseignés sur la carte. On a de tout. Franchement, on a de tout. Et donc, du coup...
- Pauline ArtEcoVert
On peut faire plein de projets.
- Tania Blanquart
On peut faire plein de choses.
- Pauline ArtEcoVert
Plein de folies.
- Tania Blanquart
Et je voulais aussi te dire autre chose. C'est que, tu vois, on se rapproche aussi beaucoup des territoires d'outre-mer. Tu sais qu'à chaque quinzaine, à chaque événement d'un récover, on mobilise les dom-toms. Et là, on a trouvé une ambassadrice qui pourrait relier ces dom-toms, etc. Pour aussi faire une... Pas un recensement, mais un peu comme tu disais, regarder quelles sont les ressources qu'il y a dans nos territoires d'outre-mer, comment on peut les intégrer aussi, parce qu'il ne faut pas les oublier. En fait, eux ont des couleurs qu'on n'aura jamais en métropole ou en Europe. Et donc, on a besoin d'eux. Et donc, je voudrais refaire un clin d'œil à tous ces acteurs qu'on a reçus et qu'on va recevoir pour dire que ça ne s'arrête pas ni à la France ni à l'Europe. C'est vraiment… Il est là. Il est là. Bon, franchement, écoute, trop bien. Est-ce que, Tania, on a oublié quelque chose sur ce sujet ? Est-ce qu'on a oublié quelque chose que tu avais envie de partager ?
- Pauline ArtEcoVert
Non, je pense que je parlais trop vite peut-être parce que j'ai tellement de projets que du coup, j'ai du mal à canaliser toute cette phonie. L'important, c'est vraiment ça, c'est répliquer, c'est faire la... Maintenant, on a la méthode. Je sais qu'est-ce qui marche, qu'est-ce qui ne marche pas. Et en plus, il faut toujours, dans cette méthode, faire le buzz. L'important, c'est le buzz. Et la guilde, c'est pour ça.
- Tania Blanquart
Et donc, quand tu dis le buzz, pour moi, j'entends, tu vois, tout ce qu'on a travaillé dans la guilde, faire appel aux médias, passer dans la presse, les médias. Donc, pour les gens qui ne sont pas encore dans la guilde, je le dis, on travaille des directs. Donc, c'est une heure pour vous former chaque semaine, pour vous faire arriver quelque part. Tout ça, ce n'est pas pondu comme ça n'importe comment. On a commencé par la communication, comment arriver dans les médias, comment... rayonner davantage, etc. Et donc, c'est pour ça que tout est bien structuré. Enfin bref. Et donc, oui, quand tu dis faire le buzz, c'est ça, c'est avoir des médias dans sa poche, savoir dire ce qu'on fait, pourquoi c'est important pour la communauté, etc. Et dans la guilde, je suis d'accord avec toi, je pense que ça peut être le démarrage de ça, puisque maintenant, on commence à se connaître. En plus, on se voit toutes les semaines. Les gens commencent à sympathiser. Je vois que vous créez du lien beaucoup plus que sur les outils qu'on pouvait avoir avant. Donc, franchement... Je suis d'accord avec toi, mais c'est plus facile quand c'est quelqu'un qui le dit que soi-même. Mais en tout cas, je pense que ça peut être reprendre cette méthode, l'appliquer et trouver des gens là qui seraient motivés pour faire le prototype. Et après, c'est parti. On démultiplie.
- Pauline ArtEcoVert
C'est ça. Donc, étudier un petit peu le marché, voir aussi les ressources locales.
- Tania Blanquart
Tu vois, je pense dans le sud, avec les ocres du Roussillon. Je précise qu'on n'est pas fermé. On n'est pas que sur du végétal. On accepte très bien les minéraux, donc les ocres, les argiles. On accepte aussi les champignons. On a pas mal d'auditrices et de personnes qui sont passées sur le podcast. Je pense à Charlène. Poré qui travaille sur les champignons. On a aussi Nathalie, elle le dira mieux que moi, mais Nathalie le Turc qui travaille aussi la cochenille. Enfin bref, on n'est pas fermé. C'est la couleur naturelle, c'est la couleur du vivant. C'est ça le sujet et c'est ce tourisme territorial là qu'on défend. Bon bah écoute Tania, si c'est bon pour toi, franchement moi je voudrais te remercier parce que avec tout ce que tu as fait là, franchement je te jure, tu m'as fait vibrer. J'ai vraiment envie qu'on ait des premières... cartes, qu'on ait des premiers des premiers, tu vois, des exemples et je suis sûre que ça va inspirer vraiment pas mal de monde.
- Pauline ArtEcoVert
Ça va à chaque été.
- Tania Blanquart
Ouais, je pense. Et donc du coup, on se retrouve dans un direct que tu vas animer pour le passage à l'action et on va trouver dans les personnes qui seront là, qui est le premier, la première région, le premier territoire qui démarre et je sais que tu auras un œil pour quand même les aider, etc. Mais avec tout le boulot que t'as... pas plus, mais en mode marraine qui regarde si ça avance bien. Bon, écoute, Tania, un grand merci à toi.
- Pauline ArtEcoVert
Merci.
- Tania Blanquart
Je mets en lien de descriptif tout là où on peut te retrouver, les formations que tu fais, le site Internet, etc., tes réseaux sociaux. Tu me diras tout ce qui te semble intéressant. Et comme ça, ça fait aussi rayonner tout ce que tu travailles, toi, au Portugal. et que tu bouges vraiment beaucoup. Je vois vraiment les mails que tu m'envoies et ce que tu travailles. Et franchement, bravo pour tout ça, ce qu'il nous faut des gens comme toi qui sortent des cases et qui sont à fond dedans. Ça fait tellement du bien.
- Pauline ArtEcoVert
Merci. Merci pour l'écoute. J'aime bien être avec vous. C'est vrai que j'aime bien ce réseau parce que c'est la première qui m'a permis aussi de comprendre un petit peu les cadres européens. Et c'est vrai que c'est sympa.
- Tania Blanquart
Je pense que c'est d'autant plus, en fait, la guilde, un récovert, etc. Je trouve que c'est plus reconnu par les pays étrangers qui me disent, Pauline, mais nous, on n'a pas ça chez nous. Il n'y a personne qui fait un média, il n'y a personne qui rassemble, il n'y a personne qui organise des événements où on peut aller, etc. Et en fait, ces compliments-là, je les ai plutôt des autres pays de l'Europe, plutôt qu'en France. Alors en France, ils ont conscience que ça rassemble, etc. Mais je trouve que c'est plus... ceux qui sont dans leur pays et qui n'ont pas forcément ce réseau qui sont satisfaits. Et donc, j'en profite pour redire que la Guilde, c'est vraiment ouvert à tout le monde et qu'on a des pays européens et qu'en plus, maintenant, grâce aux outils, tout le contenu peut être traduit dans votre langue. Donc, en fait, il n'y a plus de frontières et ça, c'est génial.
- Pauline ArtEcoVert
Oui, tout à fait.
- Tania Blanquart
Bon, Tania, un énorme merci et je te dis à très bientôt pour la suite de ce tourisme tinctorial.
- Pauline ArtEcoVert
Merci, à très bientôt.
- Tania Blanquart
Merci pour votre écoute. Pour soutenir La Couleur Végétale, abonnez-vous au podcast à Récovers sur la plateforme d'écoute de votre choix et laissez un commentaire si vous avez appris quelque chose. Ça soutient vraiment le podcast. Pour les artisanes de La Couleur Végétale qui veulent aller plus loin, vous pouvez rejoindre la plateforme Patreon ou la communauté ArtEcoVert à vie. Et pour les entreprises qui souhaitent creuser davantage le sujet de la couleur végétale, me faire intervenir dans leurs entreprises pour leur expliquer la filière et les enjeux. Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale indigo tendance innovation nuances cosmétiques biotechnologies couleurs du vivant