ArtEcoVert Pauline LerouxBonjour à tous, aujourd'hui je vous parle de l'extraction des colorants végétaux. Donc on a vu dans le précédent épisode l'importance des cultivateurs des plantes tinctoriales, leur propre défi à eux, mais il y a une étape qui est cruciale, c'est l'étape de l'extraction des colorants végétaux. Donc vous connaissez les plantes tinctoriales si vous écoutez ce podcast, la garance pour les rouges, le pastel, la persiquaire pour les bleus. Mais là, l'idée, c'est de comprendre que la plante ne nous donne pas la couleur comme ça, clé en main. Il y a toute une étape d'extraction, donc de retirer, entre guillemets, la couleur de la plante pour s'en servir dans différents domaines d'application. Et ça, c'est une expertise qu'il faut avoir parce qu'il existe de nombreuses méthodes d'extraction et il existe de nombreux départs à l'extraction, c'est-à-dire que vous pouvez avoir à extraire des racines. pour la garance, vous pouvez avoir à extraire à partir de tiges, de feuilles, d'inflorescence, de graines, de fruits, des colorants. Et donc, en fonction de la quantité de la biomasse et du type de biomasse, vous avez un panel d'extraction différente qui se propose avant. Et donc, on pose d'abord ses bases. donc on voit bien que déjà il y a comme je le disais la qualité la quantité qui est importante et les acteurs de l'extraction ont du matériel qui coûte cher, qui nécessite des volumes d'entrée. Donc vous ne pouvez pas extraire 2 kg dans certains systèmes d'extraction comme vous ne pouvez pas extraire 2 tonnes de biomasse dans d'autres systèmes d'extraction. Donc on a reçu énormément d'acteurs de l'extraction sur le podcast à Récovers. Pourquoi ? parce que déjà ce monde est assez petit et il est, comment on va dire, il est singulier dans le sens où il y a des cellules un peu partout en France, de peu d'acteurs, des acteurs privés, des acteurs publics, des acteurs qui ont des systèmes d'extraction qui fonctionnent en continu, d'autres qui fonctionnent où il y a peine à remplir. On a des systèmes d'extraction, donc c'est ce qu'on verra pendant les rencontres du 18 et 19 novembre. prochains, on a des extractions au niveau atelier, donc des artisans, et là on a pareil, plein d'extractions, micro-ondes, l'infusion, la décoction, il y en a plein, niveau atelier. Il y a des modèles de semi-industrialisation de l'extraction, et ensuite on a des modèles industriels, et donc on essaye de donner la parole sur le podcast à tous ces modèles, et moi mon rêve absolu serait de pouvoir cartographier les acteurs en fonction des régions. des territoires, avec les clés d'entrée de savoir quel type de biomasse peut être traité, à partir de quel volume de départ, et surtout, ça conditionne aussi pour quel domaine d'application, est-ce qu'il y a des molécules d'intérêt isolé, etc. Donc, c'est beaucoup plus complexe que ça. En plus, il y a la notion d'environnement qui arrive sur ce sujet d'extraction, c'est-à-dire que l'extraction, avant, pouvait se faire avec des solvants ou des composés Merci. plutôt, on va dire, nocifs et pour celui qui manipulait, et pour l'environnement. Aujourd'hui, il y a ce qu'on appelle l'éco-extraction, c'est-à-dire se servir de méthodes qui soient moins impactantes sur l'environnement, valoriser au max les suites de l'extraction, donc la soupe, tout ce qui reste après, mais aussi faire que tout ce qui soit utilisé en amont, en aval, soit le moins impactant possible. Ensuite, ce qu'il faut savoir, c'est que l'extraction des colorants végétaux, ne provient pas que de nos champs de plantes tinctoriales. Pourquoi ? Parce qu'il y a des coproduits agricoles, donc d'autres agricultures, qui peuvent être utilisés pour en extraire de la couleur. Je pense notamment à la culture d'artichaut, dans laquelle on va venir extraire un colorant dans les verts et jaunes. Donc ça, c'est un coproduit. Je pense à la pelure d'oignon, pour laquelle on va venir extraire de la quercitine. Je pense à la vigne, où on vient extraire d'autres choses, les pépins de raisin, où on peut obtenir une couleur, par exemple des coproduits de la distillation, où on vient récupérer le thym une fois utilisé pour les huiles essentielles, d'où le lien avec la filière PAM, plantes à parfum aromatiques et médicinales, et de ce résidu de thym venir en faire une couleur. Ça, ce sont des acteurs qu'on a reçus sur le podcast. Vous pouvez aller écouter ces épisodes passionnants. Mais ça peut aussi venir, on l'a dit, des plantes tinctoriales. d'éco-produits agricoles, ça peut venir aussi des déchets forestiers, les écorces d'arbres, certains les gogues de noix, pour exter des tannins, donc les tannins de châtaigniers qui sont utilisés dans certains domaines, etc. Et donc, ça c'est pareil, c'est comment avoir une cartographie de ces installations d'extraction en fonction des méthodes utilisées, des intrants nécessaires, les volumes, la biomasse, etc. et les débouchés qui 1 qui arrivent après, cosmétiques, nutraceutiques, etc. Et donc, on a des acteurs de l'extraction. Et comme je vous disais, certains incluent même, donc il y a de l'extraction publique, il y a de l'extraction privée. Donc, des acteurs de domaine de la couleur végétale intègrent dans leur propre procédé la phase d'extraction pour des questions de brevets, de maîtrise de toute la chaîne, etc. Ce qui peut carrément se comprendre. Mais ce qui serait intéressant, voilà, c'est... Dans cette extraction, ce qui manque, selon moi, c'est cette cartographie des acteurs. C'est aussi le fait qu'ils se parlent entre eux pour qu'on puisse, notamment quand on a des projets, savoir vers qui orienter les gens par rapport au, comme je disais, type de biomasse, quantité, etc. Et il y a aussi une étape clé avant, pour moi, c'est l'acteur qui va savoir analyser chaque lot et les mutualiser. Pourquoi ? Parce que je vous l'ai expliqué dans l'épisode précédent sur les... acteurs agriculteurs de la couleur végétale. On a de l'agriculture industrielle, ok, mais il ne faut pas chasser d'un revers de main tous ces agriculteurs en plus petite surface qui sont ok de mutualiser leur lot et qui produisent des sources tinctoriales de grande qualité. Et pour ça, il faut un acteur entre deux qui sache analyser ses lots, en faire comment je vais dire, sans être vulgaire, mais en faire un produit qui soit homogène dans le temps. Peu importe le terroir, d'où vient la plante, la météo qu'il y a eu cette année, les problématiques d'extraction, etc., sur chacun des différents lots agricoles, il faut que ces lots puissent être mutualisés et harmonisés pour avoir une matière. Donc ça peut être des colorants liquides, ça peut être des extraits, ça peut être des concentrés, bref, mais qu'ils soient homogènes dans le temps. C'est-à-dire que, peu importe les récoltes, peu importe les saisons, on arrive à avoir globalement une qualité de colorant et un nuancier qui est possible à peu près similaire. Ça, c'est hyper important parce qu'en fait, il faut dans l'approvisionnement à Montagricole, en plus de tracer les parcelles et tout ce qu'on a vu dans l'épisode précédent, il faut en plus qu'on ait des lots homogènes pour pouvoir reproduire, par exemple, les protocoles des teinturières et teinturiers en végétal, mais aussi les recettes pour la savonnerie. mais aussi tous les tests qui ont été effectués avec des lots, il faut pouvoir retrouver les mêmes systèmes. Donc ça, c'est hyper important. Deuxième frein, c'est cette valorisation post-extraction. Donc comment on arrive encore à valoriser ce qui est extrait après toutes ces étapes d'extraction. Et encore une fois, il y a la notion de coût. L'extraction, c'est un sujet qui coûte cher. Pourquoi ? Parce que le matériel coûte cher. La connaissance coûte cher et les procédés utilisés, comme les extracteurs de CO2 supercritiques, etc., ça coûte cher. Par contre, ce que je vois là de mes échanges avec ces acteurs, c'est que certains modules d'extraction ne sont pas utilisés toute l'année, d'autres sont surchargés, etc. Et l'idée, c'est comment est-ce qu'il est envisageable de mutualiser le matériel ou de voir comment, en faisant tribut, on arrive à être, comment dire, dans ces extractions, dans la répartition de ces extractions, sachant que comme la cosmétique va de plus en plus vers le végétal, l'extraction, que ce soit pour la couleur ou pour des molécules d'intérêt, n'est pas là de s'arrêter. Donc ma question, et c'est un peu ce qu'on verra, c'est pas un peu, c'est le sujet qu'on va aborder dans les défis de l'extraction, c'est qu'est-ce qu'on extrait, qui peut extraire quoi, et à quelle destination ? et comment on réfléchit pour que ça fluidifie cette filière et qu'encore une fois, on arrive à avoir des coûts qui s'affinent et qui se rapprochent et qui tendent vers nos fameux colorants de synthèse qui ont un coût moins élevé aujourd'hui que les colorants végétaux. J'espère que c'est clair parce que je vous fais ça un petit peu a cappella avec mes notes, mais vraiment pour vous dire l'intérêt de cette rencontre, donc les 18 et 19 novembre prochains. C'est vraiment un sujet qui va être abordé avec des acteurs dans ces domaines et à différents niveaux d'extraction et travaillant différents gisements d'extraction. Donc voilà, ça c'est génial. Et on va pouvoir aussi avoir à l'IUT de Béthune les laboratoires de chimie qui vont être ouverts pour que Patrick Martin et ses équipes d'étudiants et de collègues puissent vous montrer un petit peu comment on regarde quand on analyse la couleur, etc. Bref, ça va être hyper intéressant. Et donc, rejoignez-nous à Béthune les 18 et 19 novembre prochains pour partager vos problématiques, vos questions sur l'extraction. Ce n'est pas évident pour tout le monde, ça ne l'était pas pour moi. J'espère qu'avec les épisodes que vous avez pu entendre, c'est plus clair. Et encore, on aura de nombreux extracteurs qui vont arriver puisqu'il y a encore beaucoup de personnes à entendre. Ce qui est intéressant, c'est de parler de ces sujets-là et les perspectives à 5 ans, c'est que si on arrive à avoir une carte, ça sera beaucoup plus facile, comme je vous le disais, d'indiquer les bonnes personnes aux bons endroits, de fluidifier davantage cette filière tinctoriales, donc de réduire les coûts. d'optimiser les zones d'extraction pour qu'elles soient remplies, qu'elles fonctionnent en permanence, sans que ça coûte trop d'argent aux gens, et pourquoi pas se faire un savoir reconnu d'extraction en France. Voilà, écoutez, pour vous inscrire aux rencontres du 18 et 19 novembre prochains à l'IUT de Béthune, les places sont limitées à 120, donc dépêchez-vous, je vous mets le lien et on s'y retrouve avec grand plaisir pour échanger notamment sur l'extraction. Belle journée à tous ! 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