ArtEcoVert Pauline LerouxBonjour à tous, aujourd'hui je vous propose une réflexion autour des différents défis de la couleur végétale qu'on a proposé pour les rencontres du 18 et 19 novembre prochains à l'IUT de Béthune. Le défi numéro 1 s'articulera autour des débouchés agricoles. Alors pourquoi ? Et bien tout simplement parce qu'il y a un paradoxe qui est fondateur d'ArtEcoVert, c'est qu'il y a un marché des colorants naturels qui atteignait déjà 2 milliards de dollars en 2024. et qui, selon les estimations et les sources, arriveraient aux alentours de 5 milliards d'ici 2035. Mais le paradoxe, c'est qu'en France, pourtant, il y a une majorité d'agriculteurs en plan tanctorial qui peinent à trouver des débouchés et à vendre leurs récoltes à un prix qui leur permette de vivre. Et ce paradoxe, c'est vraiment un des sujets fondateurs du podcast Areco Vert. Et c'est normal parce qu'en tant qu'ingénieur agronome, pour moi, c'était hyper important de commencer par la base, par l'essentiel. Et donc, on en est où aujourd'hui ? Eh bien, en fait, il y a une culture de plantes tinctoriales en France qui existe, qui se développe, qui est cartographiée. On a fait un premier état des lieux en début d'année 2026. On a des gens qui s'installent, qui nous contactent, qui contactent à Récovers en disant que leur chambre d'agriculture leur a… les a orientés vers un récovert. On a des gens qui sont en reconversion et qui veulent avoir des informations sur la culture des plantes tinctoriales. Et en fait, cette filière, elle existe, vraiment, mais elle n'est pas encore reconnue au niveau institutionnel parce qu'en fait, elle est noyée, on va dire, dans les plantes à parfum aromatiques et médicinales. On y a glissé les tinctoriales. Et même au sein des PAM, il y a encore des infos qui manquent. J'ai contacté récemment Merci. des France Agrimaire, des acteurs des PAM, etc. C'est assez nébuleux. Et donc, on est en train d'entamer ce vrai travail. Il y a un vrai problème d'identification des plantes tinctoriales. Et donc, dans la Guilde, qu'est-ce qu'on fait ? En fait, on est en train de pallier à l'absence de formation autour des plantes tinctoriales. Il y a eu des UCAR, des formations, notamment Agnons, animées par Marie Marquet, Magali Bontou, etc., qui ont... cessées ou qui sont en stand-by faute de financement. Et donc en fait, ce qu'on fait dans la guilde tinctoriales, c'est que là, on est en train de prendre le relais. On a trois agricultrices expertes pionnières dans le domaine de la couleur végétale et l'agriculture tinctoriales qui, à L3, cultive toutes les plantes tinctoriales, globalement, qui accompagnent les agriculteurs. On est plus d'une vingtaine déjà dans la guilde, ça a commencé en mai. à venir identifier les débouchés potentiels de leurs plantes tinctoriales. Certains ne les connaissent pas tous. On leur fournit du contenu, donc il y a le podcast qui est disponible pour tout le monde, vous avez une playlist sur l'agriculture tinctoriale ou même sur la culture des plantes tinctoriales, mais vous avez surtout dans la guilde tous les replays des quinzaines tinctoriales puisqu'on a eu à cœur de mettre en lien les acteurs en réseau pour avoir un système de confiance ce qui fait que vous allez avoir une très belle preuve de cette... confiance agricole aux rencontres du 18 et 19 novembre prochain. Donc inscrivez-vous, ne serait-ce que au moins pour voir ce bel exemple. Et donc dans la guilde, c'est simple, on vient présenter les débouchés de la couleur végétale, on vient accompagner les agriculteurs qui ne sont pas dans tous les domaines par exemple, à aller se convertir leur culture, les mettre enfin, entre guillemets, aux normes pour qu'elles soient acceptables par par exemple la cosmétique qui est une réglementation Merci. extrêmement pointilleuses et donc comment on les accompagne là-dedans avec des experts, donc toxicologues, acteurs de la réglementation. On les aide aussi à ne pas être isolés, donc avec des rencontres qui se font directement en champ. On en avait encore une en juillet dernier avec des agricultrices qui nous expliquaient la culture de la persiquaire, les points clés et les moments charnières qui sont hyper importants. Et donc l'idée, c'est de mutualiser dans la guilde ces informations ces ressources, ce réseau et d'en faire quelque chose. L'idée, ça va être de vous proposer tout ça en novembre. Alors, il y a plein de raisons, il y a plein de freins qui bloquent l'agriculture tinctoriales. On n'arrivera pas à tout résoudre pendant ces rencontres du 18 et 19 novembre prochains, mais je suis curieuse avec vous d'entamer cette réflexion sur, déjà, il y a, comme on l'a dit, une invisibilité institutionnelle des plantes tinctoriales qui sont rattachées au PAM. Alors que les PAM ne savent pas tellement bien les identifier. Donc, on va travailler là-dessus. Il y a un isolement des agriculteurs qu'on est en train de résoudre, donc les mettre en lien, les faire avoir confiance, les rencontrer régulièrement autour de réunions, de groupes de travail, etc. Il y a aussi eu des erreurs qui ont été transmises dans notamment des manuscrits anciens d'agronomie qui ont été recopiés, qui ont été faux, qui ont causé du doute et qui ont éloigné certaines plantes tectoriales sous de mauvais prétextes. et les études agronomiques aujourd'hui sont réalisées par des gens qui ont les moyens et ne sont pas forcément mis en open source pour que tous les agriculteurs en profitent. Donc il y a ça aussi qui est compliqué, et donc cette fameuse connaissance agronomique privée qui n'est pas partagée et qui fait que, en fait, seuls ceux qui ont les moyens avancent, d'où l'opposé qui est le collectif qui fait avancer par partage de savoirs. Et donc là, on fait vraiment tribu avec ces agricultrices qui sont généreuses dans leur... leur partage pour faire avancer le collectif. Et dès qu'il y a des nouveaux qui s'installent, ils arrivent forcément sur un récovert parce qu'aujourd'hui, c'est là où on a les connaissances en attendant d'avoir mieux. Il n'y a pas de sécurité économique pour s'installer. Il n'y a pas d'aide particulière pour les plantes tectoriales alors qu'elles permettraient d'avoir une certaine souveraineté nationale de la couleur, qu'elles résolvent à elles seules des problématiques sur notamment les colorants textiles, la pollution, etc. Ça, on le verra dans d'autres épisodes, mais il n'y a pas de sécurité là-dessus. On a vu qu'il y avait des problèmes de mécanisation, parce qu'en fait, on n'est pas dans de l'agriculture industrielle. Il y a de l'agriculture industrielle en sectoriel, mais ce n'est pas forcément les personnes qu'on accompagne. Nous, c'est plutôt des personnes avec des surfaces complètement différentes, des modèles différents. Certains ne sont pas du tout mécanisés, d'autres sont mécanisés avec des astuces, C'est-à-dire qu'il faut retravailler. du matériel agricole et le transformer pour l'adapter aux plantes tectoriales, qui sont aussi diverses et aussi techniques qu'il est possible de faire. C'est-à-dire qu'on a de la récolte de racines à 45 cm dans le sol, comme on a de la récolte de boutons floraux à un temps précis. Bref, ce sont des cultures où il y a une nécessité de mécanisation. On a aussi une nécessité d'avoir des séchoirs pour... conserver cette matière tinctoriales. Bref, comme je vous l'ai dit, il n'y a pas forcément de formation agricole. Il y a eu à l'époque des formations, mais ça n'est plus le cas. On a aussi un problème de surcoût, c'est-à-dire que la couleur issue des plantes tinctoriales, donc issue de nos champs de plantes tinctoriales, est plus chère que de la couleur de synthèse créée en labo dérivée de produits pétrochimiques. Sauf qu'avec le contexte actuel, cet écart tend à se réduire et la filière tinctoriales n'est pas encore à son optimum d'organisation. Qui dit pas tout à fait organisé dit la réduction des coûts, la massification, l'assemblage de l'eau, etc. Tout ça n'est pas optimisé, donc il y a encore des coûts qui pénalisent. L'objectif ici, c'est vraiment de tendre à ce que les colorants végétaux aient tout ce qu'ils apportent. la biodiversité, le stockage carbone, la biodégradabilité, le moindre impact sur l'eau, les sols, l'environnement, etc., que tout ça tende vers se rapprocher des colorants de synthèse. Je pense qu'ainsi, le choix sera évident de se dire, allons au moins explorer ce qu'il y a dans les colorants végétaux et comment on peut le faire. Ensuite, il y a une méconnaissance des débouchés. On essaye sur le podcast d'en parler, donc encore une fois, allez voir cette playlist. Et surtout, si vous êtes dans cette situation-là, rejoignez la guilde, parce qu'en fait, on en parle tout le temps. Quels sont les débouchés agricoles, les cahiers des charges, on met les acteurs en lien, que ce soit tous les domaines d'application qui ont besoin de nos plans territoriales. On a même répertorié le top du podium et on accompagne les agris et les cultivateurs, puisqu'on est toutes surfaces confondues là-dedans. Il y a encore aujourd'hui, c'est ça que je voulais dire, aussi pas forcément de sélection variétale publique, c'est-à-dire que les essais d'obtention de variétés qui donnent de la couleur et qui ont des gros rendements, je pense notamment au SORGO, sont des variétés qui sont privées, donc détenues par des brevets de certaines personnes, et ça n'est pas accessible à tout le monde. Donc il y a aussi tout ce travail-là à faire. Donc, tous ces freins, il y en a plein. On ne relèvera pas... tout, mais en tout cas, on les a identifiés. Et pourquoi c'est un enjeu maintenant de se focaliser sur cette agriculture tinctoriales, ces débouchés et toutes les perspectives dans les différents domaines d'application ? Eh bien, parce qu'en fait, le 27 septembre 2026 prochain... Retenez bien cette date. Il y a une directive européenne qui s'appelle EMCO UE 2024-825 qui entre en application dans 27 pays de l'Union européenne. Ce n'est pas une recommandation ici, c'est du droit. Ça signifie concrètement que toutes les allégations vertes, genre teinture naturelle, teinture végétale, textile éco-responsable, couleur de plante, sans documentation vérifiable, en fait, ça sera une infraction commerciale. il y aura des sanctions réelles et une amende dont on peut vous parler, c'est l'amende infligée à Chine, comme vous le prononcez, en juillet 25, en France, de 40 millions d'euros. Donc ça donne le ton. Et donc pour les marques qui utilisent des colorants végétaux sans traçabilité documentée, c'est une bombe à retardement. Sauf que nous, on va travailler ça pour que la marche entre « j'ai envie d'essayer les colorants végétaux, je trouve ça beaucoup mieux » et « je ne veux pas être… » rattrapé par la loi, nous, on va essayer de travailler là-dessus pour que ce soit le plus facile et le plus traçable possible pour les entreprises et faire que la couleur végétale soit un choix qui devienne le plus évident possible. Ensuite, la demande en plantes tectoriales sera du coup tracée, ça va s'accélérer, etc. Et les industriels, eux, ils cherchent des fournisseurs là maintenant, mais avant que tous les contrôles s'intensifient, donc c'est aussi pour ça que c'est le moment. Ensuite, on a constater que la PAC entre 2023 et 2027 prévoit des soutiens à la diversification des cultures. Donc, passer de monoculture ou de grande culture à aussi d'autres cultures. Et on se demande si les plantes tectoriales, elles ne pourraient pas être éligibles dans ces autres cultures. Mais ça, il faut encore creuser les sujets, il faut encore se relever les manches. On a énormément de travail. Donc, pourquoi se retrouver à Béthune les 18 et 19 ? novembre prochain sur le sujet des débouchés agricoles. Vous l'avez compris, c'est la base de toute notre filière sanctoriale. On va aussi vous proposer de vous montrer les débouchés possibles, les cahiers des charges attendus par les différents domaines d'application, les différents métiers de la couleur végétale. Et l'objectif, c'est que les acteurs se parlent entre eux pour mieux comprendre ce dont ils ont besoin, ce qui va, ce qui ne va pas, les formes, etc., qui sont nécessaires. Et nous, on aura Merci. la grande joie de vous présenter quelque chose qui montre que quand on fait tribu, quand on se réunit, quand on travaille en communauté, on arrive à faire des choses incroyables. Et donc ça, ça sera une des belles présentations du 18 et 19 novembre prochain. Et pour moi, les perspectives à 5 ans, c'est qu'on arrive à mettre en lien les débouchés avec les agriculteurs, qu'on puisse faire des plans de culture sur plusieurs années, qu'on s'attaque à la mutualisation de l'eau. et de l'eau L.O.T., l'eau de plantes tectoriales, de plus petites surfaces agricoles, qu'on rentre en lien avec l'agriculture industrielle en tectorial pour voir ce qu'on peut faire et peut-être se répartir les plantes, se passer des tuyaux, etc. On avance aussi sur la mécanisation, des solutions pour la récolteuse à garance qui ont été trouvées. On aura peut-être l'occasion d'ici cinq ans qu'un BPREA, en plantes tinctoriales soient remis à jour, donc animés peut-être par Marie Marquet, Magali Bntoux ou d'autres. Mais l'idée, c'est qu'on arrive à avoir une formation agricole spécifique plantes tinctoriales. D'ici cinq ans, j'espère qu'on aura créé des liens forts avec la filière PAM, plantes à parfum aromatiques et médicinales, qu'on ait pu isoler, entre guillemets, les surfaces, les débouchés, les volumes des plantes tinctoriales au sein des plantes à parfum aromatiques et médicinales. et qu'on continue à en parler à fond les ballons. Donc vraiment, rendez-vous le 18 et 19 novembre prochains à l'IUT de Béthune pour les premières rencontres professionnelles de la filière tinctoriales, co-animées avec ArtEcoVert et l'IUT de Béthune. Je vous laisse le lien pour vous inscrire, mais en tout cas, vous voyez qu'on a énormément de défis à relever, qu'on a des agriculteurs et agricultrices surmotivés, et donc il faut les aider, c'est maintenant. Belle journée à tous. 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