- Pauline ArtEcoVert
Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast de celles et ceux qui veulent comprendre, structurer et déployer la couleur végétale et du vivant dans le monde réel. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes et depuis trois ans, chaque jeudi, je reçois celles et ceux qui font la couleur du vivant. On part de la graine à la couleur finale. On parle plantes et autres sources tanctoriales, usages concrets, filières, santé. environnement, innovation et biotechnologie. Du textile à la cosmétique, de l'artisanat à l'industrie, du design aux fibres naturelles, une seule approche, relier la couleur du vivant aux usages réels. L'objectif est clair, fédérer et démocratiser la couleur végétale et recréer une souveraineté de la couleur du vivant chez nous. Belle écoute ! Bonjour à tous, je suis ravie d'accueillir sur le podcast ArtEcoVert Aline Rouleau. Bonjour Aline.
- Aline Rouleau
Bonjour Pauline.
- Pauline ArtEcoVert
Alors Aline, je suis ravie de te rencontrer. On racontera notre histoire plus tard. Aujourd'hui, on va parler savonnerie avec toi. J'aimerais vraiment que tu nous racontes ton cheminement d'une transition, d'une reconversion à la savonnerie et cerise sur le gâteau. à la savonnerie utilisant des pigments végétaux, ce qui est le sujet d'ArtEcoVert. Est-ce qu'Aline, tu pourrais te présenter pour les gens qui ne te connaissent pas, raconter un petit peu ton parcours, ce qui t'a amenée à passer à la savonnerie et à passer au colorant végétaux ?
- Aline Rouleau
Ok, donc Aline, je suis savonnière depuis 2021 dans le département des Ardennes avec ma savonnerie qui s'appelle l'Atelier de la Réserve. Et comment je suis venue à fabriquer des savons ? En fait, ça n'a pas du tout commencé comme ça à la base. Donc, c'est vrai que moi, j'ai fait des études dans le domaine agricole, particulièrement dans le domaine de l'élevage. Donc, pendant dix ans, j'ai accompagné les exploitations agricoles dans le domaine de l'élevage à, on va dire, réussir techniquement et économiquement leur entreprise. Donc, c'est un métier qui m'a beaucoup plu. Et après, j'ai toujours été très intéressée par toutes les alternatives naturelles pour le soin de la peau. Mais ce n'est pas comme ça que ça a commencé. En fait, au départ, moi, ce qui m'a, on va dire, enclenché le premier pas, c'était la lessive. La lessive pour laver le linge. Parce que si on fait attention, si on regarde les étiquettes des cosmétiques, on a tous les ingrédients. On ne comprend rien, il y en a 30 000. mais au moins tout est écrit. Alors que pour la lessive, on sait qu'on va avoir 30% de savon, des enzymes, peut-être 2-3 autres ingrédients et c'est tout. Donc on a 70% de... On ne sait pas ce que c'est, c'est certainement de l'eau, puisqu'on est sur une forme liquide, mais on ne sait pas. Du coup, je me suis dit, je n'ai pas envie d'utiliser quelque chose dont je ne connais pas la composition. Et du coup, ça a commencé comme ça. J'ai fait ma lessive. Donc, je ne sais pas depuis combien de temps maintenant, mais je dirais que ça doit faire au moins 15 ans que j'ai fait les premières lessives. Et après, petit à petit, les lessives, ça a été les produits d'entretien ménager. Et ensuite, seulement, ça a arrivé où je me suis vraiment intéressée à la cosmétique. C'était le plein boom d'Aromazone avec plein de recettes, plein d'ingrédients. Quand on est un peu créatif, il ne faut pas mettre... trop le pied là-dedans parce qu'en fait...
- Pauline ArtEcoVert
Tu dépenses des sommes astronomiques pour faire des baumes, des machins.
- Aline Rouleau
C'est très bien rodé. Donc en fait, à chaque fois, il te faut 10 000 ingrédients différents. Bon, après, au fil du temps, on arrive quand même à simplifier un peu les recettes. Mais du coup, je suis arrivée qu'au savon en 2016 où j'ai fait mon tout premier savon. En fait, au départ, j'ai mis un peu de temps à me lancer parce que... Qui dit savon dit manipulation de la soude et j'avoue que ça m'impressionnait un peu au début et j'avais un peu peur de manipuler la soude donc voilà j'ai mis un peu de temps. Ma toute première recette c'était un savon 100% huile d'olive, je me souviens très bien et j'avais trop peur, je me suis dit mais si la trace elle vient pas, si mon truc il est foiré et tout. J'avais suivi une recette d'un livre donc j'avais peu de chance de me tromper mais bon voilà le stress de la première fois quand même. Et tout s'est bien passé. Et puis, j'en ai rapidement fait d'autres et encore d'autres et encore d'autres. Et tu as tellement de possibilités, autant sur les parfums, les plantes que tu peux incorporer, les couleurs, les différentes huiles. Il y a plein, plein d'huiles végétales différentes. Donc, il y a vraiment plein de choix. C'est une activité super créative. Et quand même, du coup... Une seule année après avoir fait mon premier savon, je décide quand même de partir en formation pro en me disant un jour peut-être que j'ouvrirai ma savonnerie. Et du coup, je suis partie en 2017. Moi, je me suis formée chez Drumana dans la Drôme, qui était un des premiers organismes de formation pour les savonniers. Et du coup, j'ai perfectionné, on va dire, la technique de saponification. Là-bas, après toute la partie réglementation qui est indispensable dans nos métiers, qui est quand même assez colossale comme partie. Et puis voilà, après j'ai mis beaucoup de temps à cheminer le projet, à me dire est-ce que vraiment c'est un vrai métier ? Est-ce que je vais pouvoir gagner ma vie avec ça ? Assurer un peu mes arrières aussi, parce qu'on ne quitte pas un CDI comme ça du jour au lendemain. Je trouve que c'est un peu trop risqué sans avoir filé de sécurité. Et du coup, j'ai ouvert qu'en 2021, donc quand même quatre ans plus tard. Mais le temps déjà de bien travailler toutes mes recettes, parce qu'une fois que les recettes sont établies, que l'évaluation toxicologique est faite, on ne la bouge plus. Donc, il faut qu'elle nous plaise vraiment, qu'on soit sûr de la stabilité du produit, autant sur les huiles que sur les couleurs et les parfums. Donc voilà, j'ai mis beaucoup de temps et 2021, ça a été vraiment l'année pivot pour moi. Alors, ce n'est pas le Covid qui m'a décidé. Moi, c'est mon premier enfant qui m'a mis la misère toutes les nuits. Et à l'époque, comme je faisais plus d'une heure de route matin et soir pour aller travailler, en fait, j'étais vraiment capoute. Et à un moment donné, je me suis dit, je le veux bien finalement. alors on a tous Pas toujours le choix, il faut qu'on travaille et qu'on gagne de l'argent. Mais je me suis dit, en fait, rien ne m'impose absolument un rythme de vie qui ne me convient pas. Et donc, ça a été surtout le manque de sommeil, le déclic et le fait de me dire, à un moment donné, le rythme, il ne me convient pas. Je n'ai pas envie de vivre comme ça pendant 10, 15, 20 ans. Et une fois que j'ai dégrossi un peu... En faisant l'étude de marché, en voyant quand même qu'il y avait d'autres savonniers qui gagnaient leur vie comme ça. Donc, je me suis dit, s'ils y arrivent, il n'y a pas de raison que moi, je n'y arrive pas. Et je me suis lancée en mode, j'y vais. Il n'y a pas moyen. Il faudra que je me débrouille pour que ça marche. Mais ça marchera. Génial.
- Pauline ArtEcoVert
Et directement, tu t'es lancée sur des savons au colorant végétaux ou pas du tout ? C'est venu encore après ?
- Aline Rouleau
Non, directement, oui, parce que j'ai commencé. j'avais une plus petite gamme que celle que j'ai maintenant, mais j'avais quand même 5 savons, dont 3 qui étaient colorés avec des colorants végétaux. Et en fait, pourquoi les colorants végétaux ? Pour moi, c'est important de pouvoir l'expliquer de façon simple aux gens, c'est-à-dire, j'utilise des poudres de plantes pour colorer, tout le monde comprend ça. Si je dis, j'utilise je sais pas, des mica, on sait pas trop ce que c'est, ok, c'est d'origine minérale, ça vient d'où, comment c'est extrait ? Je trouve beaucoup plus de questions que le végétal où c'est très simple. C'est des poudres de plantes, c'est de la poudre d'ortie et ça colore en vert. Et puis sur les étiquettes aussi, c'est important pour moi d'être transparente. Alors les étiquettes des cosmétiques, tout est écrit, tous les ingrédients sont bien présents. Mais quand c'est marqué CI 77007, je trouve que le client ça peut un peu l'effrayer alors que c'est naturel et que c'est ok. Mais voilà, j'avais aussi envie d'être vigilante par rapport à ça. Et puis, enfin, ouais, je ne sais pas. Je me disais qu'il y avait bien assez de colorants végétaux qui donnaient des belles couleurs. Je pense que celui qui m'a mis le plus de temps à avoir, quand même, c'est le bleu. Même si maintenant, j'ai l'impression que l'indigo, c'est évident. Mais non, j'ai eu plein, plein de tests sur le bleu. Et c'est quand j'ai découvert le champ des couleurs que j'ai testé. Et là, je me suis dit, waouh, mais c'est exactement ça que je voulais. Parce que je voulais des couleurs vraiment vives, pétantes. Un peu l'image pour certaines personnes, le savon, c'est le savon de mamie, qui est tout beige, qui est sur le bord de l'évier, dans son jus, un peu tout dégoûtant, qu'on n'a pas envie d'utiliser. Et du coup, moi, je voulais rapporter un peu quelque chose de plus chaleureux, avec des couleurs plus chatoyantes, qui donnent envie de l'utiliser. Il y a les parfums aussi qui peuvent, on va dire, casser un peu le mythe, c'est vieux le savon. Mais les couleurs, c'est la première chose qu'on va voir. Et même si j'ai aussi toute une gamme de savons très neutres sans colorant, j'adore les savons colorés. Et franchement, les couleurs sont...
- Pauline ArtEcoVert
C'est génial que tu dis ça parce que, comme je te disais, j'échange avec des savonières et le gros préjugé, c'est les couleurs en végétaux, je n'ai même pas essayé parce qu'en fait, ça m'a pris assez vif. Quand on voit, j'invite tout le monde à aller voir le travail d'Aline sur l'atelier de la réserve, quand on voit les couleurs, tu vois bien qu'il n'y a pas de problème. On en parlera après, mais vu ce qu'on travaille, tu vois que les couleurs, elles sont incroyables. Donc toi, dès le début, tu avais déjà ce réflexe-là ? Donc plutôt pour être plus clair dans tes explications sur comment t'apportes la couleur et simplifier l'étiquette, la liste inky et tu passes d'un CI quelque chose à poudre d'ortie écrit en latin je suppose le nom.
- Aline Rouleau
En anglais ou en latin, ça dépend un peu.
- Pauline ArtEcoVert
Et du coup, tu as eu des difficultés avec le bleu mais tu as trouvé ça incroyable quand tu l'as réussi. Est-ce que d'autres plantes ? D'autres choses ont été évidentes et assez simples. Ou tu dirais quand même que pour les colorants végétaux, il faut quand même une maîtrise. C'est une étape après, c'est une étape de plus. Comment tu le vois ?
- Aline Rouleau
Le Roku a été, je pense, le plus évident. C'est un piment qui marche très bien, qui est très puissant. Il en faut peu. L'ortie m'a donné un peu de fil à retordre. Parce que l'ortie, en tant que telle, elle donne un vert qui est très bien, mais qui est un peu... un peu terne, pas dans l'intensité de la couleur, mais plus dans la luminosité de la couleur. Ça ne fait pas un vert pétant, flashy. C'est vraiment couleur végétale. Et donc là, il a fallu retravailler un peu avec de l'indigo, notamment pour obtenir un vert qui soit plus lumineux. Et la garance aussi a été un petit peu plus complexe, Parce que... C'est peut-être le colorant le plus sensible, je dirais, à la lumière, par exemple. Mais après, j'ai beaucoup travaillé sur l'intensification des couleurs, soit par infusion, soit en maîtrisant les températures lors de la saponification. Mais ces deux points-là sont quand même super importants et ont clairement permis d'intensifier les couleurs et d'avoir des couleurs qui tiennent bien dans le temps.
- Pauline ArtEcoVert
De toute façon, on va revenir sur la partie couleur après. Ce que je voulais voir avec toi, c'est, j'ai vu que sur ton site internet, tu faisais notamment de la lessive aussi, j'ai vu.
- Aline Rouleau
Oui.
- Pauline ArtEcoVert
Donc la boucle est bouclée. J'ai vu que tu proposais aussi des soins de visage et d'autres choses. Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu, est-ce que c'est par choix de proposer une gamme plus large à tes clients ou par rapport à des demandes, ou c'est pour toi évident de compléter une gamme savon par d'autres produits ? pour, justement, comme tu disais, la pérennité économique de son entreprise ?
- Aline Rouleau
Je dirais un peu des deux. Après, si je devais prendre un peu de recul sur la gamme que je propose aujourd'hui, il y a peut-être eu quelques produits où j'ai eu une demande, mais en fait, le premier moteur, ça a été aussi pour moi de me faire plaisir, de proposer des produits qui me plaisent. Donc après, il faut toujours trouver un peu le compromis entre ce que les gens veulent et ce que moi, j'ai envie de faire. des fois on va me demander un savon monoeil et bien non je ne ferai pas un savon avec un parfum monoeil au même titre que les colorants végétaux je suis très puriste dans l'approche que j'ai eue c'est que des colorants végétaux, aucun autre type de pigment pour les parfums c'est exactement la même chose c'est que des huiles essentielles, je n'utilise pas de parfum donc c'est un peu la même démarche dans les deux options J'ai développé la gamme pour pouvoir proposer un ensemble de produits pour moi qui sont essentiels, qui sont vraiment utilisés couramment, à peu près par tout le monde. Par exemple, les baumes à lèvres. Je pense que tout le monde utilise à peu près un baume à lèvres. On en a tous besoin. Mais je n'ai pas été jusqu'à décliner chaque produit dans différents senteurs, par exemple. Aujourd'hui, j'ai un déodorant. Alors, c'est une force et une faiblesse parce que j'ai un seul déodorant. Si j'en avais décliné en plusieurs parfums, Peut-être que ça apporterait un plus, mais pour moi, il y en a un. Le parfum, il est unisexe, il est léger, il est frais. Ça ne justifie pas pour moi d'en avoir 15 000. Mais après, chacun a des stratégies différentes. Après, moi, comme je travaille toute seule aussi, il faut pouvoir gérer le stock en permanence, éviter les ruptures de stock. Donc, du coup, c'est pour ça que j'ai une courte gamme de produits, mais vraiment des produits auxquels je crois, qui pour moi sont essentiels. Il y a des produits que je sais que je ne ferai jamais parce que je ne suis pas du tout adepte ou parce que ça ne me plaît pas de proposer un produit comme ça. Je pense aux dentifrices solides. On m'en demande assez régulièrement, mais l'absence de fluor, pour moi, est un gros frein. Et pour le coup, c'est un produit cosmétique quand même très, très spécifique. Il ne faudrait pas avoir quelque chose d'un peu trop agressif pour les dents. Et voilà, même si je sais que j'en vendrais, je n'ai pas envie. Donc voilà, après, souvent, les choix que je fais sont bien réfléchis en amont. J'essaye à la fois de répondre aux demandes des clients. Je ne pense pas que ce soit avant tout une nécessité économique, même si dans certains cas, ça peut l'être quand même, de vendre exclusivement du savon. C'est vrai que ça peut être un peu limitant, encore que je pense que ça dépend de la stratégie qu'on met en place. Mais voilà, après, ce qui est important aussi, c'est de proposer des produits auxquels je crois, qui me font plaisir. Et là, je vais bientôt sortir une nouveauté. Et je sais d'avance que ce ne sera peut-être pas mon best-seller, mais je sais que les gens qui vont l'utiliser devraient, j'espère, autant que moi, être vraiment fans du produit. Même si je sais que je n'en vendrai pas des tonnes, je sais qu'il y aura des vrais adeptes et je sais que ça apportera quelque chose de vraiment différent par rapport à tout ce qui existe aujourd'hui et par rapport au côté économique. Je pense qu'il faut aussi... Et j'en parlais à une des masterclass, je crois, où en fait, il ne faudrait pas tomber dans le piège. Évidemment, on sort une nouveauté, ça augmente les ventes automatiquement. C'est mathématique. Sauf qu'il ne faudrait pas que ça cache le fait qu'on ne vende pas assez de volume au départ. Donc, je sors très peu de nouveautés parce que déjà, j'essaye de m'assurer une bonne stabilité avec les produits et la gamme que j'ai aujourd'hui. Et si je développe un nouveau produit, et bien euh C'est vraiment pour apporter quelque chose de plus au client et ne pas compenser un manque de volume sur le reste de la gamme.
- Pauline ArtEcoVert
Donc, c'est encore des choix éclairés pour tenir économiquement. C'est le verre de la guerre quand même. Donc, on a compris tes choix sur les couleurs. On va peut-être dire ce qui existe comme autre type de couleurs. Les mica, tu as rappelé, il y a les argiles. Oui. Il y a aussi les… colorants de synthèse, dans tous nos choix de couleurs. Tu as parlé des parfums, donc les fragrances. Pareil, toi, tu choisis les huiles essentielles, mais il y a aussi des fragrances. Je ne sais pas comment le terme, c'est synthétique, c'est des parfums de synthèse.
- Aline Rouleau
Parfums de synthèse, il y a des parfums naturels aussi. Et puis dans les colorants végétaux, on a les oxydes et les ultramarines aussi, qui sont d'origine minérale.
- Pauline ArtEcoVert
Les ultramarines, on a...
- Aline Rouleau
Violets et bleus.
- Pauline ArtEcoVert
dans la saponification il y a aussi deux types de saponification saponification à froid et au chaudron pour repréciser un petit peu tout ce qu'on a comme choix et donc dans tes choix de produits on a compris d'avoir une gamme qui tient la route pour que tu fasses des volumes pour que tu sois une entreprise terrain tu fais aussi des accessoires autour pour les compléments de vente donc j'ai vu les éponges les portes ça c'est tellement bien Ah oui, oui. Franchement, même pour salir la douche et tout. Bref, les aimants, les portes-savons aimantées. Ça y est, portes-savons aimantées. Est-ce que tu fais du shampoing solide ?
- Aline Rouleau
Aussi, oui. Donc, il y a une autre technique de fabrication qui n'est pas de la saponification. Et je propose deux shampoings solides dans la gamme.
- Pauline ArtEcoVert
Et pareil, shampoing solide, tu m'avais expliqué qu'il y avait deux façons d'en faire.
- Aline Rouleau
Oui.
- Pauline ArtEcoVert
Est-ce que ça, tu peux rapidement l'expliquer ? Parce que ça, c'est un... C'est quelque chose où toi, tu m'as éclairée en disant « Attention, il y a deux techniques. » Oui,
- Aline Rouleau
parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, quand on achète un shampoing solide, il y a un peu deux types de shampoing solide, sauf que le client ne va pas forcément faire attention à comment il a été fabriqué. Donc, en fait, il y a le savon-shampoing. Donc là, c'est de la saponification. On va utiliser des huiles spécifiques pour les cheveux. Et donc, c'est des huiles qu'on transforme en savon. Il y a la cure qui dure quelques semaines. et ensuite le shampoing est prêt à être utilisé. Et le shampoing solide, comme moi je le fais, c'est un assemblage de différentes matières premières. Donc on retrouve les huiles végétales, mais on les couple avec une partie quand même assez importante de poudre de plantes, des argiles lavantes. On a un tensioactif qui est issu de l'huile de coco qui lui permet de laver en douceur, d'éliminer les impuretés des cheveux. Et la grosse différence entre les deux produits, on va le retrouver notamment sur le pH. puisque le pH du savon va être entre 9 et 11, alors que sur un shampoing solide, on va arriver à un pH neutre de 7. Et pour les cheveux... Je trouve que pour beaucoup plus de personnes, le shampoing solide de la deuxième technique va beaucoup plus convenir. Sur les savons shampoing, les cheveux courts, il n'y a pas de souci. Mais les cheveux longs, ça peut donner un peu un effet poisseux, lourd. Et les gens peuvent être déçus. Après, il y a des savons shampoing qui sont très bien formulés aussi. Et je trouve que c'est, on va dire, moins consensuel. Pour la plupart des gens, le savon-shampooing, et c'est pour ça que je suis partie sur le shampoing solide. Moi, le savon-shampooing pour mes cheveux, c'est catastrophique. C'est vraiment pire. Une fois que je me suis lavée qu'avant, donc ça m'a vite découragée à développer le savon-shampooing. Et on a quand même aussi, c'est pas le choix qui a fait que, mais on a une durée de séchage qui est beaucoup plus courte, puisque en une semaine, le shampoing peut être vendu, alors qu'en saponification, il faut beaucoup plus longtemps, il faut plusieurs semaines. Mais voilà, ça coïncide plus avec les habitudes des gens, ça va très bien mousser, ça va laisser les cheveux beaux tout de suite. Il n'y a pas besoin de transition de trois semaines, un mois avant de trouver une texture de cheveux qui redevienne à la normale. Donc voilà, pour moi, c'est Tim
- Pauline ArtEcoVert
Doe. On pourrait dire qu'il y a un shampoing solide saponifié et un avec tension active, si on veut résumer. C'est ça, ok. Ce qu'on voit depuis le début, c'est quand même qu'il y a plein de ramifications dans votre domaine de la savonnerie. Donc, pour réexpliquer si les gens arrivent là, moi, je m'occupe de tous les domaines d'application de la couleur végétale et je découvre des artisanats, des méthodes, des savoir-faire. La savonnerie, j'ai découvert il n'y a pas très longtemps, début avril 2026. Et en fait, ce que je me rends compte, c'est que vous, dans votre univers de la savonnerie, c'est comme dans d'autres domaines, vous avez plein de ramifications possibles. Savonnerie à froid, savonnerie... Au chaudron, les couleurs, on a une palette de possibilités. Pareil pour les fragrances. Tu vois, pareil pour les autres cosmétiques solides ou autres. Vous avez aussi plein de palettes, plein de savoir-faire. Et tu vois, là, par exemple, shampoing solide, je crois que c'est toi aussi qui me l'as dit, pourquoi pas utiliser des colorants végétaux dans les shampoings solides ? En fait, c'est possible. Dans les baumes à lèvres dont tu parlais tout à l'heure, c'est possible. Et donc, en fait, on se rend compte qu'en partant par le savon coloré végétalement, En fait, il y a toute une... porte qui s'ouvre derrière, mais c'est encore une fois une question de maîtrise, comme tu disais, comment on tient les couleurs, etc. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a quand même plein de branches, plein de façons de faire dans votre métier, et des fois, avec tous les échanges que j'ai eus avec les savoniers, des fois ça peut être aussi des points de vue différents, et des points de vue que chacun défend, etc., mais au final, on voit qu'il y a pas mal de possibilités de ramification. Ce que je voulais savoir avec toi, c'est que tu as animé un... un direct sur la pérennité d'une savonnerie. Je voulais parler avec toi un petit peu canaux de distribution. Parce que toi, tu es un petit peu perdue dans le sens… Clairement. Dans un coin. Je suis bien perdue. Tu vois, moi, je suis campagne, toi, tu es campagne perdue. Oui. Et comment on fait ? Comment on fait pour faire réussir une entreprise quand on est dans une campagne perdue, sans dénigrement aucun pour tout le monde ? Mais comment tu fais pour distribuer tes savons ? Puisque tu as fait une gamme qui respecte tes valeurs, qui est alignée avec ce que tu as envie de faire, que tu as consolidée pour qu'économiquement ça tienne. Maintenant, comment tu fais pour les vendre quand tu n'as pas de grande ville à proximité ? Comment tu t'organises ?
- Aline Rouleau
C'est le cas de le dire. On est vraiment très loin parce que la première préfecture est à plus d'une heure. Moi, je suis un peu à cheval sur trois départements. Enfin, à cheval. À cheval. Je suis dans les Ardennes, mais je suis très, très proche de la Meuse, très proche de la Marne. Mais tout est à une heure. Donc, comment développer, effectivement, quand on est dans un trou perdu ? Alors, l'avantage que j'ai eu déjà, c'est qu'il y a très peu de savonniers autour de moi. C'est tellement perdu qu'il y a tellement peu de population qu'il y a aussi peu de savonnerie. Donc, on va dire, dans un rayon de 40 kilomètres, je suis toute seule. Donc, c'est quand même un avantage. Même si aujourd'hui, je pense que... S'il y avait une autre savonnerie qui se montait dans ces 40 kilomètres, je ne suis pas sûre qu'elle arriverait à faire sa place parce que je suis déjà partout et que d'autres savonneries sont aussi partout. Ça s'est monté un peu partout. Donc maintenant, le marché est un peu plus saturé qu'il n'a pu l'être au moment où je me suis lancée. Mais du coup, moi, je vends quand même en grande partie sur les marchés, donc à l'ancienne, sur les marchés locaux. Et il y a quand même pas mal d'événements. Moi, je vais faire, on va dire, maximum 40-45 minutes en général autour de chez moi. Ça peut arriver que j'aille un peu plus loin de temps en temps, mais une grosse partie des événements que je fais sont vraiment autour. 45 minutes, c'est juste à côté pour nous. Après, je fais pas mal de journées de marché quand même à l'année, parce que je fais 40 jours à peu près. Sur 52 semaines, ça fait quand même pas mal de jours. Je ne fais aucun régulier, c'est-à-dire que ce n'est pas possible de me retrouver tous les samedis à tel endroit. À chaque fois, c'est des marchés artisanaux, des marchés de producteurs, très ciblés, on va dire, produits locaux ou artisanales locales. Donc, je vais vendre pas mal via ces biais-là. Évidemment, les marchés de Noël aussi. Après, j'ai une douzaine de boutiques qui distribuent mes produits aussi sur les Ardennes, la Meuse, la Marne, plus maintenant, mais ça arrive en boutique éphémère, par exemple, où des fois, je peux aussi travailler avec des boutiques de façon, on va dire, ponctuelle. Et petit à petit, j'ai aussi pu développer la vente en ligne. Donc là, en vrai, c'est un travail colossal parce que je pense qu'on ne se rend pas compte. Moi, sur les marchés, les gens me disent « mais toi, tu as la boutique en ligne, donc en gros, tu as des ventes assurées » . Non, non, la boutique en ligne. Alors en plus, j'ai tout fait de zéro. Donc, j'ai créé mon site Internet. Moi, je suis WordPress. Le truc, il n'est pas du tout intuitif, il faut quand même se le dire. Donc, aujourd'hui, il est peut-être bien comme il est, mais il n'a pas du tout ressemblé à ça pendant longtemps. Et j'investis beaucoup, beaucoup. de temps à être présente sur les réseaux sociaux, partager les coulisses, expliquer mes choix, parce que comme je disais si j'ai fait tel choix c'est parce que j'en ai pas fait d'autres et que je l'ai réfléchi en amont et les gens ils ont besoin de savoir aussi qu'est-ce qui fait que j'ai fait ces choix là on va dire je vais être assez affirmée dans les prises de position que je vais avoir et euh Et puis, c'est un moyen d'expression aussi pour moi qui est super. Et plus ça va, d'ailleurs, plus je me rends compte que l'entrepreneuriat et créer son entreprise, c'est aussi un moyen d'exprimer sa personnalité. Parce que, par exemple, dans les couleurs de savon, je voulais quelque chose de chaleureux. Les couleurs, elles sont vives. Dans la forme, je ne voulais pas faire comme tout le monde. Alors, les savons, ils sont en forme de petites maisons. Il y a tout un tas de petits détails comme ça où je me dis, mais si je ne me verrais pas... Demain, gérer une savonnerie avec rien de tous ces petits détails-là que j'ai choisis. Et ça, c'est super chouette aussi. Après, il y a l'équilibre entre ce qu'on a envie de faire, ce que les clients attendent et la partie gestion économique. Mais c'est quelque chose d'ultra passionnant.
- Pauline ArtEcoVert
Donc, on a dit marché loco, des événements aussi, des événements qu'il y a dans ton coin. des boutiques de revente. Donc, c'est boutique de dépôt ou c'est d'autres contrats ? Enfin, comment tu fonctionnes ? Parce que c'est aussi vous, les deux qui m'avaient expliqué la différence. Est-ce que tu peux expliquer quel système tu as choisi pour tes boutiques ? Est-ce qu'ils achètent tes stocks et donc, t'es tranquille, entre guillemets, c'est acheter et ça veut vendre ? Ou est-ce qu'il y a une autre possibilité ? Est-ce que tu peux expliquer ça ?
- Aline Rouleau
Oui, je pense qu'il y a deux façons différentes quand on veut travailler avec une boutique. Soit ils nous proposent un dépôt-vente. À ce moment-là, on dépose les produits, mais on reste propriétaire des produits. Et du coup, ils se prélèvent une commission sur les ventes. Dans le dépôt-vente, il peut y avoir juste une commission ou alors un loyer fixe plus une commission.
- Pauline ArtEcoVert
et la deuxième option c'est de l'achat-revente donc nous on a des tarifs en tant que savonnier on fait des tarifs spécifiques pour les boutiques ils achètent et ils revendent en faisant leur marge du coup les produits leur appartient ils sont libres de définir le prix de vente par exemple alors qu'en dépôt-vente on est maître et c'est nous qui disons les savons tu les vends à tel prix Mais après, d'expérience, moi, je freine des cas de fer désormais pour les dépôts-ventes parce qu'en fait, ils vont avoir plein de produits différents. Des fois, ça peut être des permanences entre artisans. Et du coup, quand c'est quelqu'un d'autre qui vend ton produit, ils ne vont pas forcément pouvoir répondre à toutes les questions des clients, etc. Et puis après, moi, j'ai toujours... Pardon, j'ai toujours... à l'esprit. Oui, mais alors, si mes savons, ils restent neuf mois sur l'étagère, ils ne seront plus aussi jolis que si je les garde chez moi. Et quand on est sur de l'achat-revente, je trouve que les boutiques se sentent un peu plus responsables, un peu plus proactifs dans la vente que dans le dépôt-vente. Et de toute façon, j'ai envie d'expérience, les meilleures ventes, les meilleurs volumes de ventes, je trouve, se font dans les boutiques d'achat-revente et pas pour moi, en tout cas, dans les boutiques dépôt-vente. Et en plus, c'est loin. Donc, je ne peux pas me permettre de changer le stock toutes les deux semaines.
- Aline Rouleau
Et puis, achat-revente, tu as une somme tout de suite. Ça fonctionne comme ça. Et dépôt-vente, c'est quoi ? Ils te donnent des commissions en fonction de quand ils vendent des trucs ?
- Pauline ArtEcoVert
Tu as une facturation tous les mois. Donc, si tu as vendu pour 100 euros de savon qui prennent 30 %, ils te reversent 70 euros. Donc, tous les mois, tu as quand même ta facturation et ton règlement qui arrivent.
- Aline Rouleau
Mais c'est quand même plus sympa, même pour la trésorerie, l'achat-revente et l'investissement du vendeur dans les salons.
- Pauline ArtEcoVert
Après, tout dépend des commissions parce que tu peux trouver encore certaines boutiques qui te font des commissions de 20-30 %, alors qu'en achat-revente, il faut clairement pouvoir proposer un prix attractif aussi parce que les boutiques doivent se rémunérer aussi derrière. Donc, il faut avoir bien calculé ces prix pour pouvoir proposer un prix à la fois intéressant pour la boutique, mais rémunérateur pour nous aussi.
- Aline Rouleau
Ok, top. Merci pour ces précisions. On a vu aussi dans les canaux de distribution les commandes pro.
- Pauline ArtEcoVert
Oui.
- Aline Rouleau
Alors toi, tu as la chance que ce soit des gens qui te proposent des choses en disant Aline, on voudrait que tu nous travailles telle chose. Est-ce que tu peux nous parler de tes partenariats et après on parlera de notamment la prospection dont on parlait toutes les deux. Est-ce que tu peux nous expliquer, toi les gens viennent te chercher et t'imposent entre guillemets, comment ça fonctionne votre partenariat ?
- Pauline ArtEcoVert
Est-ce que tu expliques ? Par exemple, je vais être contactée par une entreprise. L'année dernière, j'ai fait pour une grande banque, l'Assemblée Générale. Ils font des cadeaux aux sociétaires de la banque. Ils viennent me voir en me disant qu'on aimerait bien faire un cadeau. Souvent, c'est des entreprises locales. Ils sont contents de mettre en valeur l'artisanat local. Après, je vois avec eux... S'ils ont déjà un budget défini, sur quel format de savon on peut partir, s'ils ont peut-être déjà une idée du rond, du carré, du rectangle. Et j'essaie de leur proposer une personnalisation plus plus. C'est-à-dire, on peut faire un tampon personnalisé avec une imprimante 3D qui reprenne vraiment le logo comme il est. Pareil au niveau des étiquettes. Alors après, pour les étiquettes, pour les partenariats pro, je fais d'ailleurs comme pour les miennes. Je fais tout imprimer chez l'imprimeur. Comme ça, c'est vraiment pro. C'est nickel. Ce n'est pas imprimé à l'arrache sur mon imprimante, tout pixelisé. Et c'est prêt à être déposé. C'est-à-dire que je leur livre. Ils n'ont plus qu'à mettre les savons dans les pochons ou dans les sacs ou sur les chaises. Tout est prêt. C'est étiqueté. Et le visuel, tout le visuel, que ce soit le savon, s'il est tamponné ou l'étiquette, tout est vu en amont. Comme ça, quand ils le reçoivent... C'est exactement comme on l'a vu. Et ça, c'est cool. En fait, j'essaye. Parce que comme le démarchage pour moi, ça me rend presque malade, ça m'angoisse terriblement. J'ai juste peur que les gens me disent non. Ce n'est pas grave s'ils me disent non, mais en fait, moi, je le prendrais. Je pense trop personnellement en me disant qu'ils ne m'aiment pas, ils trouvent que mes produits sont nuls. Du coup, je ne démarche pas. J'ai eu la chance que les partenariats que je fais, parce que chaque année, j'en ai quand même des nouveaux qui arrivent, arrivent parce qu'ils ont entendu parler de moi. par quelconque façon. Alors des fois, d'une entreprise à l'autre aussi, ça peut fonctionner. Le bouche à oreille. Le bouche à oreille. Mais c'est vrai que je ne démarche vraiment pas parce que je ne suis pas à l'aise avec ça. C'est le point noir. Aujourd'hui, ce que je pense, je pourrais faire tellement plus si je démarchais, mais je ne sais pas par quel bout y prendre, comment trouver la bonne personne, etc. Donc voilà, en fait, je pars plutôt dans l'esprit, soit visible pour que les gens se disent « Ah mais oui, mais tiens, elle a publié une photo, elle a fait des savons pour une assemblée générale, tiens, pour le mien, je ferais peut-être pareil, quoi. »
- Aline Rouleau
Non, mais ton Instagram, il est vraiment... Tu proposes plein de choses, c'est dynamique, on voit plein de manies, plein de trucs, allez regarder Atelier de la Réserve. On a vu aussi, dans les savonières qu'on accompagne, qu'on a dans la ville, on a vu aussi les événements mariage, on a vu aussi les événements sportifs, on en avait parlé. En fait, il y a de plus en plus d'entreprises qui se tournent, comme tu dis, vers l'artisanat, et trop bien, et faites que ça continue. Donc, trop chouette. Il y a plein d'autres manières aussi comme canot. tu m'avais parlé de la possibilité aussi de certaines savonières de transformer des matières premières d'agriculteurs ou de cultivateurs. Je crois qu'on avait parlé du miel, du lait. Alors, est-ce que ça, tu peux l'expliquer comment ça se passe ? Un petit peu nous raconter. C'est aussi des gens qui viennent te chercher ?
- Pauline ArtEcoVert
Oui, ouais.
- Aline Rouleau
On a chance. il y en a qui vont se dire moi je dois démarcher comme une dingue faire de la prospection ça me prend un temps de fou donc t'imagines si t'allais prospecter après il faut suivre aussi dans la production après voilà je pense qu'ils ont entendu parler de moi parce que j'ai communiqué à un moment donné et que c'est pas de la prospection c'est juste un peu et coucou je suis là quoi et puis les marchés c'est quand même tu croises du monde la présence sur les réseaux sociaux les gens commencent à commenter à te connaître et puis quand tes savons ils arrivent dans une assemblée générale de n'importe de n'importe quelle société après ton nom il apparaît partout et donc ça marque vachement les esprits parce que par rapport au stylo les calepins les trucs les calepins après
- Pauline ArtEcoVert
je dis pas que c'est pas bien c'est très bien aussi c'est pratique mais ça marque vachement plus les esprits ah bah tiens c'est un savon c'est vraiment ça change de d'habitude artisanal local il y a des valeurs ça change ouais ouais Merci.
- Aline Rouleau
Et donc, du coup, comment tu... Donc, les gens viennent te chercher, peut-être des fois pour valoriser des ressources agricoles.
- Pauline ArtEcoVert
Donc, oui, moi, par exemple, je travaille avec plusieurs apiculteurs et éleveurs. Moi, il y a les apiculteurs qui viennent me voir parce qu'il y a de plus en plus d'apiculteurs qui développent un peu leur gamme aussi. C'est-à-dire qu'ils ne font pas que du miel, ils font du nougat, ils font des bonbons, ils font d'autres produits. Le savon, c'est quand même un savoir-faire très spécifique. Réglementairement, c'est un... C'est une boule de nœuds. C'est très complexe. Donc, le fait de pouvoir le déléguer à quelqu'un, ils ont la tranquillité d'esprit de se dire c'est mon miel, ça va être des savons avec mon miel, mais je n'ai pas à gérer la fabrication, je n'ai pas à gérer la partie réglementation, étiquetage, etc. Donc, par exemple, les apiculteurs, ils me donnent leur miel. Moi, je fais faire une fabrication spécifique pour eux avec leur miel. Ça veut dire qu'en amont... j'ai quand même intégré dans mes process internes comme quoi leur miel correspond bien au type de miel que j'ai validé dans ma recette dans mon DIP et du coup je fais la fabrication, alors il faut qu'ils soient patients puisque le séchage prend du temps mais du coup après je leur livre souvent ce qu'on va mettre, alors on peut faire une étiquette personnalisée aussi dès l'instant qu'elle est pareil déclarée sur le portail européen le CPNP On peut faire une étiquette personnalisée, c'est souvent ce qu'on fait d'ailleurs, avec, je ne sais pas, le nom du rucher. Et puis derrière, on va mettre le miel et les produits par Monsieur X. Et c'est Madame A qui a fait les savons. Avec à chaque fois, on met les communes. Comme ça, les gens voient que c'est vraiment un produit 100% local. Et ça change vraiment parce que les apiculteurs, des fois, ils peuvent proposer des savons en forme hexagonale. Mais c'est en fait des savons industriels. Parfum synthétique, huile de palme.
- Aline Rouleau
C'est bien de le dire, ça. C'est bien de le dire. De regarder les étiquettes. De toute façon,
- Pauline ArtEcoVert
on le voit tout de suite, le truc, il est moulé. Il sent fort le miel. Moi, mon savon au miel, il ne sent pas le miel. Et pourtant, il y a le max de la dose de miel qu'on peut incorporer dans un savon. Mais il n'y a pas le parfum miel. Donc, après, voilà, c'est clair dès le départ. Je veux dire, il faut expliquer le produit. Expliquer déjà que ça met longtemps à sécher. expliquer que même s'il y a du miel, il ne va pas y avoir l'odeur miel, mais les gens le comprennent complètement si c'est bien expliqué. Et puis derrière, les retours qu'ils ont sur les gens, la douceur sur la peau. Ça n'a rien à voir. Eux, c'est un vrai plus dans leur gamme. Et puis moi, c'est une autre façon de vendre mes produits aussi. Souvent, on fait des formats différents des miens. Je peux me faire un peu plus plaisir avec de la décoration un peu différente sur le dessus du savon. Alors que moi, comme mon toit est dans le fond de mon moule, je ne peux pas faire de déco sur le dessus. Donc ça change aussi un peu pour moi de ne pas toujours faire les mêmes savons. Et pareil pour les éleveurs. Là, les savons sont en cours de séchage avec une éleveuse de chèvres, avec un éleveur de brebis, où du coup, ils me fournissent le lait. Alors moi, ça m'a demandé un peu d'adapter mes recettes parce qu'aujourd'hui, j'avais déjà une recette de savon au lait, donc je ne l'ai pas créée spécialement pour eux. Mais ma recette, c'était avec du lait d'anais. Donc, il a quand même fallu refaire des variantes au niveau du DIP pour pouvoir intégrer le lait de brebis et le lait de chèvre. Donc je pense que... Je proposerai en édition limitée quelques fois dans l'année des savons au lait de brebis et au lait de chèvre parce qu'il y a un petit coût pour l'évaluation toxicologique et je ne me voyais pas la répercuter pour l'éleveur. Donc, c'est moi qui l'ai réglé. Après, en faisant un peu de vente à côté, à mon nom, je veux dire, je pense que ça paiera largement tout ça. Je pense que ça apportera un peu de nouveauté sans que ce soit une nouveauté euh énorme pour le client, mais ça peut être chouette parce qu'on m'en demande aussi de temps en temps des savons avec d'autres types de lait. Et moi, ça me fait super plaisir de pouvoir travailler avec des producteurs locaux pour valoriser leurs matières premières. C'est super, quoi. Et pour eux, il y a très peu, pour le coup, autant sur les apiculteurs, il y en a quand même pas mal qui peuvent revendre des savons industriels au miel. Mais sur les éleveurs, un peu moins. On est vraiment très fromage, très yaourt. Donc, le savon, ça change. Et puis, je trouve que c'est complètement cohérent de proposer un produit qui valorise aussi le lait.
- Aline Rouleau
Top. Tu as dit DIP, je le dis pour si jamais on a des teinturières, dossier d'information produit. Donc, tout ça, c'est des choses que j'ai découvertes avec vous. Tout votre univers est une réglementation très forte dans l'univers de la savonnerie. Alors ? Il y a plein de choses que tu as dit. Par exemple, tu as parlé de la cure. Est-ce que tu peux expliquer ce que c'est ? Pareil, si on a des savonnières. Parce qu'en fait, ce qui est intéressant sur le podcast, c'est que tu as des gens qui font d'autres pratiques de la couleur végétale qui écoutent. La cure, est-ce que tu peux expliquer en deux mots ce que c'est ? Pareil, tu as parlé de la trace. Est-ce que tu peux définir ces deux mots-là, qui sont quand même hyper importants dans le milieu du savon, pour que les personnes ne soient pas perdues ?
- Pauline ArtEcoVert
Ouais, alors la trace, en fait, quand on va mixer les huiles avec le mélange d'eau et de soude, on va utiliser donc un gros mixeur pour épaissir la pâte. Et la trace, c'est cette étape où, en fait, la saponification commence tout juste et on va avoir une texture un peu crème anglaise. Moi, c'est ce que je dis souvent. Je crois qu'Alison avait dit exactement la même chose. Voilà, c'est-à-dire qu'on prend un petit peu avec la spatule de la pâte, on la fait couler et si en surface, on voit... Le léger filet de là où on est passé, c'est qu'on est à cette étape cruciale de la trace. C'est souvent à la trace qu'on va rajouter des éléments un peu plus précieux, comme des huiles végétales plus nobles, des huiles essentielles qui vont être un peu plus préservées que si on les met dès le départ, où déjà la température est quand même beaucoup plus élevée qu'au moment de la trace. Et l'autre terme, c'était la cure. La cure, c'est la période de séchage du savon. Donc le savon, ça ponifie à froid. a besoin d'une période de séchage assez longue. Ça va vraiment varier d'un savonnier à un autre parce qu'en fonction des recettes, ça peut varier beaucoup. On peut être sur quatre semaines jusqu'à trois mois. Généralement, ce que je fais, c'est que je ne sors jamais les savons avant deux mois. Par contre, les savons qui contiennent du lait, que ce soit le lait d'avoine, j'en ai un aussi au lait d'avoine, ou des laits animaux comme le lait de chèvre, vi ou anais. Là, je sais que je ne vais pas pouvoir les sortir avant trois mois, donc il faut beaucoup anticiper. Mais la période de la cure, elle est vraiment essentielle parce qu'elle permet de faire évaporer l'eau, l'humidité dans le savon. Et du coup, le savon va être plus dur et va durer beaucoup plus longtemps. Donc, en fait, plus on le laisse longtemps, plus le savon va avoir une bonne durabilité. Et c'est pour ça que ça peut varier aussi d'une recette à l'autre parce qu'on peut aussi réduire la quantité d'eau en amont. C'est vrai qu'il y a plein de recettes différentes, mais je pense qu'en moyenne, on est sur six semaines. Je pense que la plupart des savonnés doivent faire des cures de six semaines.
- Aline Rouleau
D'accord, ok. Donc, c'est un peu comme de l'affinage pour parler. C'est ça.
- Pauline ArtEcoVert
On ne les retourne pas comme les fromages. Une fois qu'ils sont posés, ils sont posés. Mais c'est un peu la même chose. Plus ils sèchent, mieux ils sont.
- Aline Rouleau
Donc, on va peut-être raconter maintenant comment on s'est rencontrés. Pour expliquer un petit peu comment on est arrivé sur le savon, en fait, en mars 2026, j'avais organisé une cinquième quinzaine de l'agriculture territorial. Et l'idée, c'était de montrer tous les débouchés des colorants végétaux. Donc, nos agriculteurs, il y en a pas mal maintenant, on est quand même bien nombreux sur la guilde. Nos agriculteurs en plantes tinctoriales avaient différents débouchés. Et ils ont rempli un questionnaire. Et on s'est rendu compte que le quatrième débouché des plantes tinctoriales, c'était la savonnage. Je l'avoue, je l'ai avoué plein de fois, je ne m'attendais pas du tout à ça.
- Pauline ArtEcoVert
Quels sont les trois premiers, du coup ?
- Aline Rouleau
Alors, le premier, c'est la teinture végétale. Le deuxième, c'est les beaux-arts. Donc, aquarelles, encres, frais grasses, etc. Le troisième, c'est les centres de formation, qui achètent beaucoup de matières premières pour leurs apprenants. Et le quatrième, c'est la savonnerie. Donc, en mars, quand je préparais cette quinzaine, je me prends un petit peu un... j'avais pas vu venir le truc. Pourtant, je suis au taquet sur les sujets. Je cherche à ce moment-là un témoignage d'une savonnière qui utilise les colorants végétaux. Alors, on avait déjà reçu sur le podcast Jessica Angélique de Blossom. Donc, j'avais son témoignage. Et Jessica, voilà, elle a vraiment répondu à plein de questions. Parce que pareil, c'est plutôt à l'Orient. Pareil, elle essaie plein de choses, mais elle avait des colorants végétaux. Et je tombe sur toi, sur ton Instagram, justement, qui est vachement fourni, c'est dynamique. Enfin, tu vois, t'es vraiment active. Et je te contacte et tu me dis OK pour intervenir. Donc, tu interviens. sur cette partie-là pendant la quinzaine de l'agriculture territorial et je me dis avec Aline, il y a un truc à faire. Je ne sais plus trop après comment ça se passe, franchement. Et donc, je te rencontre, j'échange avec toi, tu prends du temps pour parler avec moi. Je rencontre aussi Alison Fleck de la savonnerie Baba. Je me rends compte qu'il y a un trou dans la raquette, c'est-à-dire qu'on ne parle pas beaucoup de savonnerie artisanale, encore moins de savonnerie artisanale aux colorants, enfin aux pigments végétaux. Et là, toutes les trois, il y a un truc qui se passe, ça prend, enfin on se dit, il y a peut-être un truc à monter. Moi, j'y vois de l'intérêt parce que je me dis, moi, mon but, c'est de faire vivre la filière. Et donc, nos agriculteurs en tinctoriales, si vous êtes le quatrième débouché, c'est qu'il faut faire quelque chose. Là, je me rends compte que vous êtes très nombreuses, que vous êtes une communauté très dynamique, très dispersée aussi quand même, mais comme dans les autres domaines d'application de la couleur égale. Par contre, vous êtes... beaucoup plus réglementée. Catastrophe.
- Pauline ArtEcoVert
Ah oui,
- Aline Rouleau
c'est la branche la plus réglementée. Donc, on a dans la cosmétique, on a la coloration capillaire végétale, on les a reçues. On a eu tous les acteurs donc hyper passionnants, pareil, mais très réglementés. Et toujours dans la cosmétique, on a la savonnerie. Et là, pareil, de la toxicologie, de la réglementation, plein d'abréviations. Heureusement, maintenant, je comprends un peu mieux ce que je dis parce que vous m'avez, à force d'écouter, d'être avec vous. Mais voilà. Très, très réglementé. Par contre, pas forcément de colorant, pas forcément une palette complète de couleurs végétales. Et là, je me dis, il y a un truc à faire, en fait. Parce qu'on a les agris, on a les savonières passionnées. Et toi et Alison, vous ne vous connaissiez pas.
- Pauline ArtEcoVert
Pas du tout, non. Et puis, on est dans deux mondes complètement différents.
- Aline Rouleau
C'est exactement ça que je voulais. Voilà, exactement. Je me suis dit, on a Alison qui est à Paris. qui est une ancienne maître pâtissière qui fait des savons au cordeau, des œuvres d'art. Des œuvres d'art. Clairement, je n'oserais même pas utiliser ces savons tellement ils sont beaux. Et de ton côté, on a toi qui es perdue dans la campagne, qui fait des marchés, qui est hyper alignée. Tu fais des choix très stratégiques, très alignés avec ta personnalité sur tes savons. En disant, moi, toutes les deux, vous avez ça, des cahiers des charges très carrés de... Non, je n'utiliserai pas tel truc parce que moi, je crois que vous êtes très focus là-dessus. Et tu es beaucoup dans la pédagogie, c'est-à-dire que quand tu es intervenu auprès des agris et auprès de la communauté, tu étais hyper clair, on comprenait hyper bien ce que tu voulais dire. Et quand j'ai regardé ton site, j'ai vu que tu donnais aussi des formations. Donc, tu as des formations en ligne sur ton site, on en parlera. Je me note, on en parlera après. Et je me suis dit, mais ce serait tellement canon de réunir ces deux personnes ensemble qui ne se connaissent pas, mais qui apportent toutes les deux. pour moi, toute l'étendue de ce que je vois. de la savonnerie, tu vois. Et donc, on fait le pari fou en avril de réfléchir à quelque chose ensemble. Donc, de monter cette guilde tinctoriales qui accueille tous les métiers de la couleur végétale. Et on se focalise, en tout cas, moi, je choisis de commencer par les savonnières parce que je vous trouve hyper nombreuses, parce qu'on anime une masterclass, il y a plein de monde. Donc, on a eu des agris, le champ des couleurs qui était là, on a eu des transformateurs, on a eu... Patrick et Isabelle Brenac de chez Greening pour répondre. On a eu la chance d'avoir Laurent Bousquet, toxicologue et spécialiste de la réglementation, qui clairement moi m'a énormément aidée. C'est-à-dire que avant cette masterclass, Laurent il m'a fait une masterclass pour moi pour me dire que tu comprennes les enjeux, les trous dans la raquette, de la savonnerie, pourquoi c'est important. Donc lui ne fait pas que la savonnerie, il fait toute la cosmétique. Je me dis aussi on peut... Voilà. Et...
- Pauline ArtEcoVert
Je pense que la partie toxicologique, c'est essentiel parce que je pense qu'au début où je réfléchissais à mes recettes, etc., je pense que la partie réglementaire, c'est peut-être le frein numéro un parce qu'on se dit qu'on va vouloir travailler avec quelqu'un. Mais alors, qu'est-ce qu'il faut comme document ? Il faut que les agriculteurs arrivent à se mettre en conformité par rapport à ce que nous, on a besoin pour fournir aux toxicologues. Et c'est vrai que c'est une partie super importante. donc C'est top d'avoir pu l'intégrer au collectif.
- Aline Rouleau
Et donc, Laurent, avant même de parler du collectif, il m'explique à moi en disant « Attends, si tu veux parler aux Savonières, il faut que tu comprennes de quoi tu parles. » Hyper pédagogue, etc. Je lui dis « Mais vas-y, Laurent, on se fait un épisode de podcast. » Il était hyper clair. Et là où toutes les Savonières que j'avais contactées, pour elles, c'était la prise de tête, l'angoisse. Tu vois, j'ai même eu des mots. Et en fait, je me dis « Mais attends, Laurent, il est hyper… » Bon, après, quand tu vois son parcours, Je vous remettrai l'épisode de Laurent, mais quand tu vois son parcours, il a tenu des savonneries, il fait ça depuis des années, il est passionné. Oui,
- Pauline ArtEcoVert
c'est quelqu'un qui a investi dans le domaine de la savonnerie depuis longtemps. Voilà,
- Aline Rouleau
donc ce combo-là, on se réunit pour une masterclass en avril. Et là, un monde de dingue. Franchement, il y a eu du monde, il y a eu des questions. Je te jure, moi, ce jour-là, je me suis dit, mais je ne pense pas avoir eu autant de monde dans les autres domaines d'application de la couleur végétale. Vraiment. Je me dis, il y a quelque chose chez les savonnières qu'il n'y a pas... À côté, c'est cette soif de progresser, d'être plus sereine avec la réglementation, d'y aller et vraiment de construire quelque chose. Parce que vous êtes très cadré, vous avez des normes, de la toxicologie à valider, des recettes qui doivent passer vraiment... Vous êtes contrainte sur plein de choses. Les tic-tacs, votre atelier, les matières premières doivent rentrer comme ça, conserver comme ça, qu'on n'a pas dans d'autres domaines d'application. Et en fait, j'ai l'impression que c'est ça aussi qui vous donne cette niaque de... Déjà, il y a toute cette partie relou qu'il faut avoir en base. Et après seulement, il y a la créativité, la production, l'intégration de colorants si c'est notre choix. Donc bref, cette masterclass, franchement, moi, ça a été un déclic. Je me suis dit, waouh, les questions qui ont été posées, les gens qui partagent. Bref, franchement, ça m'a fait quelque chose. Et je me suis dit, on commence la guilde avec les savonières. Paris, complètement fou, puisque moi, ça faisait trois ans et demi que je m'occupais des teinturières, de toute autre chose. Donc, on a fait les savonières. et les agris, parce que les agris étant ingé agro, toi ayant fait des études agricoles, etc. Et puis pour moi, c'est la base, c'est la base de notre filière.
- Pauline ArtEcoVert
Oui, ben oui.
- Aline Rouleau
Et donc, cette guilde tinctoriale regroupe sur un outil, on va l'expliquer vite fait, mais c'est une plateforme communautaire, regroupe des savonières, on va parler de la savonnerie. L'idée, c'est quoi ? C'est de combler les trous dans la raquette. Donc, tu parlais toxicologie réglementaire. Donc, Laurent a rejoint ce collectif en tant qu'expert. Il anime des directs. Donc, les directs, c'est tous les jeudis, 13-14 heures, une heure sur un sujet spécifique qui aide les Savonières. Et donc, Laurent, il répond tellement. Mais tu as vu le nombre de questions auxquelles il a répondu. J'étais là, il va être épuisé. Bon, bref, il répond aux questions, il répond aux questions. Vous votez sur les sujets que vous voulez réapprofondir. Donc là, on réapprofondira les DIP, dossiers d'information produit. Et ensuite, il y a vous deux. Et franchement, Aline, je profite de ce podcast pour encore une fois vous remercier tellement chaleureusement. puisque vous m'avez fait confiance alors qu'on ne se connaissait ni d'Eve ni d'Adam. Vraiment. Je ne connaissais rien aux Slavons et je vous l'ai dit. Vous étiez toutes les deux complètement opposées et vous ne vous connaissiez pas. Et vous avez fait ce pari fou d'accepter de venir partager votre expertise avec une générosité qui m'a franchement scotché parce que je me suis dit, mais attends, est-ce que même moi, je l'aurais fait auprès d'étrangers, de gens que je ne connaissais pas ? Bref. Et donc, cette guilde, là, au moment où on enregistre, là trois mois. Et les retours qu'on a sont top. Donc, on va relancer une vague de recrutement de Savonnières. Mais en gros, j'explique vite fait. Ce fonctionnement, il y a la communauté. C'est un petit réseau social qu'on a dans cette plateforme. Il y a la bibliothèque vivante où on partage vos nuanciers que vous travaillez. On partage les remarques, les retours ou les questions des savonières. Comme ça, on a une base où tu ne perds plus du temps à chercher des réponses. Elles sont là. Et on a la partie formation. Sur la partie formation, c'est vous trois qui l'animez. Plus on invite des extérieurs et on se fait plaisir. Vraiment, c'est le cas de le dire. vous votez les sujets. Donc, voilà. Et donc là, pour le moment, on a eu pas mal de directs. Est-ce que tu peux raconter un peu toi ce que tu as animé, ce que tu as suivi ? Et puis, je compléterai. Et j'aimerais que tu me dises ce que ce projet te fait. Puisque l'objectif de ce projet, c'est vraiment de faire du réseau entre pairs pour ne pas être isolé, d'avoir des réponses plus facilement, soulager la partie réglementaire et toxicologique. d'apporter de la créativité, du plaisir dans le métier et de se faire plaisir par l'inspiration des gens qu'on reçoit, franchement, et de l'innovation aussi avec les huiles pigmentaires. Est-ce que tu peux raconter un peu, toi, ton point de vue ? Parce que moi, j'ai le mien, de celle qui organise, va appeler les gens. Mais toi, qu'est-ce que t'en penses ? Qu'est-ce que... À quoi tu...
- Pauline ArtEcoVert
Je pense que ce qui déjà fait que... En tout cas, pour ma part, pour Alessane, je ne sais pas. Ce qui a fait que j'ai accepté un peu le défi. C'est vrai, sans te connaître, mais d'ailleurs, on s'est appelé avant. Au fait, qui tu es ?
- Aline Rouleau
Je me souviens.
- Pauline ArtEcoVert
Je ne peux pas m'engager si je n'en sais pas plus. Le temps est précieux. Donc, c'est vrai que... Bref, il fallait qu'on fasse connaissance. Ce qui, je pense, on a un peu tous besoin, c'est que dans les Savonnières, on est très nombreux et nombreuses à être tout seuls. On travaille tout seul. Souvent, ce n'était pas notre métier. Je veux dire, on n'a pas fait d'études pour créer une entreprise. Donc, il y a des choses où on va avoir des affinités, d'autres où on ne va pas en avoir. Mais on est tout seul dans notre coin. On essaye de faire du mieux qu'on peut. Parfois, c'est efficace. Parfois, ça l'est moins. Donc, je pense que le fait de se retrouver dans une communauté où on sait que... Enfin, moi, j'y suis vraiment allée dans ce mode-là. On partage tout. Et on se fait confiance, quoi. On se dit pas, ah, mais je vais pas lui dire ça parce que peut-être elle va faire le même truc que moi. Ben, c'est le jeu, on est dans le partage. Je pense que tout le monde est un peu dans cette même ligne-là, à se dire, voilà, je pense que nous, on donne un peu de notre expérience avec Alison. Mais d'autres personnes vont faire d'autres tours qui vont aussi nourrir tout le monde, quoi. Donc c'est du donnant-donnant. Donc je pense que sortir de l'isolement... Ça va être le point, c'est vrai, le numéro un. En plus, il n'y a pas que les thèmes de savonnerie. Il y a les thèmes transversaux qui servent à tout le monde. Comment se rendre unique ? Là, il y a bientôt un thème là-dessus. Plein de thèmes transversaux qui aident au développement de l'entreprise et pas seulement juste technique savonnerie.
- Aline Rouleau
C'est ça que tu as raison de préciser. En fait, il y a la formation métier, les métiers de la couleur. Donc, vous, vous êtes là pour former au métier de la savonnerie. Et il y a les directs. entrepreneuriaux, là, on vient parler comment créer une page de vente, comment obtenir des articles dans la presse, comment écrire un livre pour transmettre ses savoirs. Et encore une fois, c'est vous qui choisissez les thèmes. Donc là, par exemple, tu l'as dit, le mois d'août, c'est du travail introspectif. En fait, c'est être aligné avec qui on est, ce qu'on fait, etc. pour recadrer son entreprise. Tu ne dois pas subir une entreprise que tu as créée. Je l'ai compris en devenant entrepreneur aussi. Tu dois faire des choses qui te font kiffer et c'est ça qui va te donner l'énergie. Donc, tout le mois d'août, c'est là-dessus. Donc, c'est la vente, la prospection, Aline. C'est ce qu'il y a là. Oui, oui. Donc, vendre, comment se vendre, les profils de vente, comment se vendre sans se trahir. Parce qu'en fait, c'est dur pour tout le monde de se vendre. On a l'impression de vendre des tapis. Mais ce n'est pas du tout ça, en fait. C'est apporter une solution à quelqu'un qui cherche une réponse. Et en fait, vous l'avez, mais c'est juste qu'il faut aller la porter. Et en fait, donc changer ce regard à la vente. On aura même d'autres canaux de distribution. On va tous les voir, mais on va aussi proposer de la vente sur d'autres choses. Enfin bref, on essaye de vous faire des mois thématiques sur l'entrepreneuriat. Et oui, ça sert aussi les savonières, puisqu'en fait, oui, vous êtes avant tout des entrepreneurs, artisans. Enfin, il y a les deux, quoi. Et donc, c'est ça aussi qui a bien fait de le préciser.
- Pauline ArtEcoVert
Le collectif autour, on se réunit tous parce qu'on a le point commun de la couleur végétale, mais... Mais voilà, il y a plein de thèmes qui sont abordés. Je trouve ça super intéressant. Moi, j'apporte mes... Il y a plein... La prospection, je serai là, j'apprendrai ça. Après, moi, j'adore la technique savonnerie. C'est-à-dire, j'adore discuter de... Ah, mais toi, tu mélanges à telle température. Toi, tu fais ton mélange comme ci, comme ça. Ta couleur, tu la mets à quel moment. Tous ces petits détails qui font qu'au final, ton savon, il est beau. qui rend bien et que t'es content. Et d'ailleurs, il y a eu plein de questions sur ça.
- Aline Rouleau
C'est ça ta particularité. Tu sais, quand j'ai décrit Allison, moi, ce que j'avais vu chez toi, c'est ta technicité. Tu sais à quel moment exact et tu sais comment optimiser exactement. Et quand on te pose une question, parce qu'il y en a eu même, des fois, t'as pris au pied levé pour répondre, tu sais exactement pourquoi, à quel moment et pourquoi tu le fais. Il n'y a pas de mots pour dire ça, mais je dirais la technicité, le côté pointu.
- Pauline ArtEcoVert
En fait, je pense que j'ai beaucoup expérimenté. Il y a eu, par exemple, moi, je suis à fond sur les défauts esthétiques du savon parce que pour moi, ce n'est pas parce que c'est artisanal que ça doit rendre quelque chose d'approximatif, de peu soigné. Moi, au contraire, c'est de l'artisanat. C'est un produit presque de luxe et il faut que ce soit beau à regarder, qu'il soit... presque sans défaut, même si c'est de l'artisanat, qu'un savon, il a toujours des petites pliures, par exemple, puisqu'on chemise le moule, ce genre de choses. L'esthétique est importante. Alissa en est encore sur un niveau. Elle le conçoit encore de façon différente. Le savon, en tant que tel, est une œuvre d'art. Moi, les miens sont plus simples. Il n'y a pas de marbrage. Ils sont colorés de façon unie.
- Aline Rouleau
Oui, mais ils sont beaux.
- Pauline ArtEcoVert
il n'y a pas de bulle il n'y a pas de centre de soude il n'y a pas de différence de couleur à l'intérieur du savon et toutes ces petites choses c'est vrai que j'ai beaucoup expérimenté et des fois je pouvais rencontrer un problème et je me dis mais qu'est-ce qui a fait que alors je note tout, la température des huiles de la soude, de la pièce, tout en détail et au fur et à mesure on arrive à trouver qu'est-ce qui va bien qu'est-ce qui va mieux et comment avoir des plus beaux savons. Et c'est vrai que ça, ça m'intéresse beaucoup. Et j'échange aussi pas mal avec des savonneries un peu partout. Et des fois, elles m'envoient des photos, elles me disent « Regarde ce que j'ai, comment ça se fait que j'ai ça » . Et souvent, c'est des problèmes qui peuvent se régler facilement. Mais après, on est dans le rush du quotidien et on n'a pas toujours le temps d'expérimenter, de refaire. etc. Donc la guilde est super bien aussi, c'est pour le côté créatif parce qu'on va se lancer un peu des défis créatifs aussi, ça c'est chouette parce que sinon on fait toujours les mêmes savons toute l'année même si on adore faire des savons et que même si on pouvait partir 100% de notre temps à faire des savons, on le ferait mais là, arriver à prendre un peu de recul et à se dire tiens, on se donne un thème et tout le monde fait un savon sur ce thème-là et on peut gagner quelque chose de super intéressant au bout, ben Merci. Je trouve que c'est cool, ça donne un peu de vie à nos boulots, même si on est isolé, on arrive à se retrouver sur un thème qui nous...
- Aline Rouleau
Donc ça, les challenges créatifs, donc ils démarrent le 3 septembre, c'est une idée d'Alison, qui regarde beaucoup ce qui se passe à l'étranger, et qui, dès le premier coup de fil que j'ai eu avec elle, m'a dit « Ah, mais franchement, ça, c'est mon rêve » . Et je me suis dit... Attends, il faut qu'on lui trouve un moyen que dans la guilde, elle puisse le faire. Donc, il y a un espace dédié au challenge créatif. Ça commence au mois de septembre. Elle va proposer une couleur. Vous êtes jury. Toi, Aline, Alison et Laurent. Il y a un vote aussi pour la guilde, les membres de la guilde et un vote pour, si j'ai bien tout compris, les réseaux sociaux. Donc, on s'anime sur des couleurs et les gagnants. gagne des trucs de fou. Et franchement, je n'en reviens pas de ce qu'elle a mis en jeu. On ne dit rien.
- Pauline ArtEcoVert
On ne dit rien, mais franchement, c'est des beaux cadeaux.
- Aline Rouleau
Voilà. Et franchement, je trouve ça tellement génial. Et tu sais qu'il y a des gens qui ont rejoint la guilde. Donc, on a une vingtaine de savonières qui ont rejoint la guilde pour des raisons complètement différentes. Certaines pour sortir de l'isolement. D'autres pour l'accompagnement régulier, ne pas se sentir seule à faire ses choix, à ne pas savoir à qui poser les questions. Beaucoup sont rentrées pour l'esthétique des savons d'Alisson qui impressionne. pas mal de monde, la réglementation et la toxicologie. Et on a aussi des gens qui sont rentrés pour les colorants végétaux. Des gens qui font déjà des savons et qui trouvent que c'est le supplément d'âme d'aller colorer végétalement. Donc tout le monde rentre pour des raisons différentes, mais on va réussir à alimenter tout le monde, et notamment ce challenge créatif qui va rassembler tout le monde. Ceux qui ont envie de jouer vont se faire plaisir. Et donc on change de couleur, mais bien sûr c'est autour de colorants végétaux qu'on va faire ces... c'est challenge créatif c'est aussi pour nous intéressant de montrer que les colorants végétaux ça fonctionne dans la savonnerie moi c'est tellement je suis tellement contente de pouvoir encore mettre en avant tout le travail de nos agris ou d'amener progressivement vers les colorants végétaux donc il y a cette partie challenge créative tu l'as dit il y a ces formations toi qu'est-ce que ça te fait toi ? de te dire que tu... Qu'est-ce que ça te... Je ne vais pas te poser la question pour ne pas t'orienter, mais c'est quoi ton retour de ces trois mois ? Qu'est-ce que tu te dis ?
- Pauline ArtEcoVert
Je ne vais pas le cacher que c'est assez valorisant que tu m'aies choisi pour intervenir. Je me dis... Wow ! Experte savonnerie, quoi ! C'est un truc de ouf ! C'est super. Moi, ça me fait vraiment plaisir de... Parce que c'est beaucoup de travail, pour tout le monde. On est tout seul, mais monter une entreprise et la faire perdurer, c'est quand même énorme comme boulot et c'est d'ailleurs pas pour rien qu'il y a aussi beaucoup d'entreprises qui ne vivent que quelques années. C'est parce que franchement, c'est hard en coulisses. Donc, quand on vient te dire ton travail me plaît et j'aimerais qu'on puisse partager ça avec d'autres, c'est super valorisant. Donc, ça m'a vraiment fait très plaisir. Et après, du coup, moi, c'est vrai que je suis intervenue avec Alison sur les savons vert et violet, parce que c'est le truc un peu plus complexe, c'est vrai, à obtenir en coloration végétale. Et elle a apporté un peu le côté scientifique, composition des molécules, etc. Moi, j'ai beaucoup plus travaillé les mélanges de pigments pour obtenir les couleurs. Et puis, je suis intervenue aussi pour parler de la pérennisation de la savonnerie. c'est vrai que je pense que je suis aussi passionnée de savon que de gestion d'entreprise dans sa globalité après c'est aussi un peu en lien avec mon métier d'avant forcément moi j'avais le nez tout le temps dans les comptas je calculais les marges et je trouvais ça cool en fait et pour moi c'est essentiel parce que aujourd'hui je trouve que le rythme de travail, moi ça fait 5 ans du coup que j'ai ouvert le rythme de travail est quand même assez intense j'ai besoin de savoir où je vais, si tout ça, ça vaut le coup au final, si c'est rentable. Je veux dire, si je me rendais compte demain qu'il y a un produit où je mets beaucoup de temps à le faire, mais qu'en fait, ça ne fonctionne pas, je pense qu'il faut être assez lucide et prendre des bonnes décisions à ce moment-là. Mais la partie gestion m'intéresse beaucoup, donc ça m'a fait très plaisir d'intervenir là-dessus. Ça m'a fait me rendre compte aussi, parce que je me suis dit, allez, je prépare l'intervention. pérenniser sa savonnerie par quoi je commence, comment j'organise un peu l'heure et c'est là que je me suis rendue compte parce que moi je me suis dit j'ai pas vraiment de stratégie je fais un peu du mieux que je peux et en fait quand j'ai dû l'organiser pour pouvoir le présenter je me suis dit ah mais si quand même ça c'est vrai que je fais comme ça et pas d'une autre façon parce que je l'ai choisi comme ça donc ça m'a permis moi de me rendre compte qu'en fait c'était pas si désorganisé que ça pouvait l'être dans ma tête Merci. Et la partie économique est hyper importante.
- Aline Rouleau
Cruciale.
- Pauline ArtEcoVert
Si on veut être là demain, il faut pouvoir gérer cette partie-là. Et du coup, ça fait écho aussi avec le travail que je faisais avant. Je ne le voyais pas, moi, et là, même quand je suis intervenue, je ne le vois pas. Je vais les aider à gagner plus d'argent. Je ne l'aborde pas de cette façon-là. Pour moi, on aide les gens à être bien dans leur vie. Parce que tu peux toujours faire plus, Mais si ça ne te convient pas et que tu ne prends pas le plaisir à faire ce que tu fais, ça ne vaut pas forcément le coup. Je pense que beaucoup de gens qui se mettent à leur compte, c'est parce qu'ils ont envie de faire les choses à leur façon, de mener le projet d'une certaine façon, de choisir leur partenaire. Donc, c'est important, le plaisir au cœur du métier. Et ça peut vite... d'ailleurs être un peu un cercle où on tourne en rond parce que des fois on a l'objet brillant qui nous attire. Ah mais je vais faire ça, ça va marcher du tonnerre, il faut que j'y aille. Moi je suis toujours, comme Alison je pense, un peu trop focus sur les objectifs et des fois je m'éparpille vraiment tellement peu que ça nécessiterait un peu plus d'ouverture d'esprit et tester des nouvelles choses. Mais c'est vrai qu'on est vite dans ce cercle où il faut qu'on travaille, il faut qu'on fabrique. et il faut qu'on livre et on est un peu moins dans prendre un peu de hauteur. Donc, c'est ça aussi l'avantage du collectif. Là, quand tu me dis, j'aimerais que tu interviennes sur ce thème-là, OK, alors il faut que je prépare un peu, que j'organise le truc et ça me permet de... De revoir des fois la stratégie que moi, j'ai mis en place, même si je ne pensais pas que c'était une stratégie au départ. Finalement, ça en est une quand même.
- Aline Rouleau
Oui, c'est tout. Et ce qu'on ne dit pas et ce qu'il faut dire, c'est que vous testez aussi. C'est-à-dire que vous êtes les experts, donc vous répondez aux questions, dans la guilde ou en direct. Mais vous testez aussi des produits de nos agriculteurs en plantes tinctoriales, de nos transformateurs, donc de la filière tinctoriales. Vous testez aussi d'autres choses puisqu'on ouvre les chakras. On ne dit rien, ce sera la surprise de la rentrée. Mais vous testez. Donc en fait, moi, quand j'ai des gens qui me contactent ou quoi, je leur dis, les deux experts de savonnerie, c'est Alison et Aline, elles feront un retour dans la guilde et on fait comme ça. Et ça, c'est génial parce que moi, ce n'est pas mon métier. Moi, mon but, c'est que cette filière, elle soit solide, que les savonnières rentrent en contact avec les teinturières, que ça brasse, qu'il n'y ait plus de silos, mais qu'on parte d'une base qui est la couleur végétale. la couleur du vivant sans être des ayatollahs. C'est ce que je te disais, je ne critique pas les gens qui utilisent des savons synthétiques. Je veux juste qu'ils sachent que ça existe. Exactement. Donc voilà. C'est vrai que ça,
- Pauline ArtEcoVert
par exemple, tu vois, nous, on teste plein de colorants, par exemple, mais il y en a, je ne connaissais pas ou que je n'ai pas testé ou c'est un mode de transformation du pigment qui est complètement différent de ceux que j'ai pu tester avant. Et je pense que la partie réglementaire et le fait qu'entre savonniers, on parle, on s'échange un peu les fournisseurs. Alors du coup, si les fournisseurs végétaux ne rentrent jamais dans cette boucle, finalement, on ne les connaît pas. Donc là, ça va être l'occasion de se dire « Eh oh, il y a aussi des colorants végétaux. Regardez, on les a testés. Ils fonctionnent super bien. »
- Aline Rouleau
Trop bien. Alors, en fait, ce qui est génial, et tu as bien fait de me le rappeler, parce que j'allais oublier. On a des agriculteurs en plantes tinctoriales. Certains ne savaient même pas qu'ils pouvaient proposer leur récolte pour la savonnerie et plus largement pour la cosmétique solide. On sait que les agriculteurs en plantes tinctoriales, comme beaucoup d'agriculteurs, galèrent, parce qu'en plus, les agriculteurs en tinctoriales sont regroupés dans les PAM, plantes à parfum aromatiques et médicinales, mais personne ne sait rien. J'avais France Agrimaire en échange, ils ne savaient même pas chiffrer quoi que ce soit, les chambres d'agriculture ne sont pas au courant. Donc, ce n'est pas des oubliés, mais pas loin. Là, l'idée, c'est que grâce à Laurent, Laurent Bousquet, grâce aux filles du Champ des couleurs qui ont défriché, Laura et Amandine, franchement que je salue, on va réussir à former les agriculteurs dans la guilde pour qu'ils mettent en conformité leur récolte, pour qu'ils soient disponibles pour la cosmétique solide, donc vous les savonières. Vous les avez en lien, parce qu'on est la plus grande communauté d'agriculteurs. Ils sont dans la guilde, c'est ça qui est fou. C'est que vous pouvez parler entre vous. on met aussi en valeur les territoires d'outre-mer avec le Roku de Fito Bocase Henri Joseph de Guadeloupe il y a des produits de la Réunion qui arrivent aussi, le Curcuma bref on est en train de faire un truc vraiment pas mal je ne peux pas savoir ce que ça me fait, ça fait 3 ans et demi que je me dis pourquoi t'acharner comme ça et en fait là la guilde ça y est, c'est le sens, c'est tout se réaligne, je comprends, tu vois, ça me fait du bien aussi, et je suis vraiment reconnaissante de vous deux, parce que vous avez lancé la guilde sur la savonnerie, et que ça marche, et en fait maintenant, c'est de le dupliquer sur d'autres métiers, trouver d'autres expertes dans d'autres métiers, qui vont accompagner, et en fait, on a réussi à prouver que ça marchait, là déjà au bout de trois mois. Donc, ce que je veux aussi préciser, c'est qu'on rémunère les experts, parce que ça suffit de travailler dans le vent. On rémunère les experts extérieurs. Donc, vous êtes, vous deux, les piliers engagés, on va dire, pour un an, j'espère plus. Et on a des gens qui viennent ponctuellement pour inspirer, pour innover, pour nous ouvrir les chakras. Donc, dans les thèmes, et qui sont rémunérés également, dans les thèmes qu'on a fait, Alison est venue, une recette validée en toxicologie, mais déclinée en plusieurs savons. Quelle super astuce pour ne pas à chaque fois repayer la toxicologie. Tu es venue. on est d'accord franchement c'était génial ce truc tu es venue pour parler de la pérennité des savonneries et là je pense que tu as pris conscience de ton expertise t'es une experte Aline c'est juste que toi tu savais pas mettre le mot dessus les verts et violets vous avez bossé comme des cinglés toutes les deux pour essayer toutes les sources agricoles sur base blanche sur base jaune, vous nous avez fait des nuanciers on a mis dans la guilde les gens sont en train de commencer à les savonnières sont en train de commencer à mettre leurs essais leurs propres essais Merci. On est toujours en quête, mais on a trouvé des solutions pour le vert et le violet. Quel bonheur ! Et donc, notre palette, elle se complète. On a parlé de la réglementation et de la toxicologie avec Laurent, qui a répondu à un nombre de questions pas possibles. L'innovation avec les huiles pigmentaires. franchement, mais tellement chouette d'avoir Luc Lagarde qui est venu nous expliquer pourquoi les avantages, les données, et vous les avez essayés, vous nous faites des retours. Il y a aussi des lives sur les questions-réponses parce qu'il y a toujours des questions. Et à la rentrée, on reçoit, alors pas dans le bon ordre, désolé, mais on aura Julien de Couleurs Savon. On aura Émilie de Janine Savonnerie qui... Voilà, qui viendra nous parler du top. C'est pareil,
- Pauline ArtEcoVert
elle a un univers magnifique. Je pense qu'on est beaucoup de Savognes à l'admirer. Enfin, moi, la première. Donc, j'ai hâte d'être à son live.
- Aline Rouleau
Top. Et bon, pareil, c'est un boulot au corps d'Alison qui lui a dit, si, fais-lui confiance. Parce que comme tu me l'as dit en off, moi, je ne suis pas connue du domaine des Savognes. Et donc, quand ils voient un truc d'un récover, ils disent, c'est qui celle-là ? Et en fait, il faut que ça prenne. Mais quand on voit les résultats dans la guilde, moi, je suis plutôt confiante. Donc, Émilie de Janine Savognes a accepté. Ensuite, toi, tu reviens nous parler de la gestion des stocks. Comment on fait attention aussi dans ces commandes de colorants végétaux, mais les autres stocks, pourquoi se planter ? Oui,
- Pauline ArtEcoVert
pour ne pas perdre le temps à la fabrication, avoir de mauvaises surprises et ne pas avoir la matière pour finir la fabrication, ce genre de choses.
- Aline Rouleau
Voilà, donc ça, trop bien. On parlera aussi emballage. Ça, pareil, c'est des choses que tu testes. On parlera… Enfin bref, il y a plein d'autres invités qui arrivent. En tout cas, au bout de trois mois, on peut dire que c'est une belle réussite quand on voit les retours des savonières. qui sont hyper contentes de ne pas perdre de temps, d'avoir des réponses rapidement à leurs questions. Donc, vraiment…
- Pauline ArtEcoVert
Toutes les semaines, c'est une heure, on l'a dit, mais si on n'est pas dispo, tu as aussi le replay, quoi. Et c'est vrai que moi, au quotidien, il y a plein de moments où je n'ai pas besoin d'être hyper concentrée. Quand je fais de l'étiquetage de savon, boum, je peux mettre le replay et… Et ce n'est pas un temps où je suis obligée d'être derrière mon PC à ne rien faire d'autre. Et ça permet aussi, voilà, vachement de souplesse. Si tu es là, c'est super. Tu peux assister au live, poser des questions. Et puis, quand on n'est pas dispo, on peut voir le replay, quoi.
- Aline Rouleau
C'est vrai que j'ai oublié de le dire, mais oui. Donc, les replays qui sont dispo. Régulièrement, on met des petits systèmes de sondage pour savoir les sujets qui intéressent le plus, pour être vraiment calé à la communauté qu'on a. Donc, là, on a 20 savonières. C'est elles qui répondent clairement aux demandes. Nous, on se retrouve en tant qu'experts pour se dire, tiens, qu'est-ce qui serait inspirant ? Qu'est-ce qui ramènerait ? Vous êtes sur cette partie-là à proposer des noms. Et moi, je refais le point avec la filière. Qu'est-ce qui est intéressant d'agriculteurs qui ont trouvé ou de plantes qu'on n'a pas essayées ? Et en fait, je trouve que ce combo, il est gagnant et il gagne à être connu. Donc, on refait une masterclass à la rentrée. On va attendre la mémoire, là. Lundi 7 septembre ?
- Pauline ArtEcoVert
Oui, ça doit être ça.
- Aline Rouleau
Lundi 7 septembre 13-14, il me semble que c'est ça. Donc là, l'idée, pareil, c'est de se rassembler, de montrer ce qu'on fait dans la guilde et l'intégration de ces colorants végétaux avec une palette large, finalement, qui peut être sourcée localement, vu qu'on a des agris partout dans la France. Eux vont être formés pour être conformes, on va dire, cosmétiques, donc trop bien pour ceux qui ont envie. Et on continue à avancer sur le sujet de la savonnerie, donc franchement... Moi, je suis... Franchement, je suis comblée. C'est vraiment, tu vois, pour moi, c'est l'aboutissement. C'est vraiment ce mot-là que j'ai envie de dire. C'est trois ans et demi dans le désert, tu vois, à se dire... Les gens autour de moi, ils me demandent pourquoi elle fait ça. Et aujourd'hui, tu vois, cette guilde, de voir et d'entendre les retours et de dire, c'est hyper pratique, c'est hyper... Bref, ça fait hyper plaisir.
- Pauline ArtEcoVert
La plateforme est bien faite aussi parce que tu retrouves tout de façon très claire. Moi, ce qui m'aide beaucoup, c'est... Par exemple, il y a un live qui m'intéresse. je peux ajouter à Google Agenda. Et comme ça, si j'ai oublié, je reçois l'alerte sur le téléphone et c'est aujourd'hui, il faut que j'y aille.
- Aline Rouleau
Ça, c'est super pratique.
- Pauline ArtEcoVert
Les mails de rappel aussi.
- Aline Rouleau
Les mails de rappel. En gros, en plus, comme c'est quelque chose de nouveau, il faut prendre l'habitude. Et une fois que ce sera… Et donc, la plateforme, elle est dispo aussi sur téléphone. Je ne sais pas si tu utilises…
- Pauline ArtEcoVert
Je n'ai pas testé. Moi,
- Aline Rouleau
j'ai mis l'appli parce que moi, je réponds à vos questions. et donc sur le téléphone c'est vraiment pratique et tu peux visionner les lives aussi donc ça c'est chouette le réseau social clairement t'es pas distrait par d'autres trucs TikTok ou Instagram ou machin et donc t'es focus sur ton métier de la savonnerie il y a des ponts avec d'autres domaines d'application la bibliothèque enfin comme tu dis il y a une barre de recherche tu mets un mot clé et tu trouves les choses les gens peuvent se parler entre eux sans mon intervention tu vois ça c'est quel bonheur le système de messagerie ouais le système de messagerie bon bref on va pas vous en faire des caisses mais si Merci. finalement on est quand même contentes on est quand même hyper contentes donc rendez-vous à la masterclass le 7 donc il faut absolument que je sorte l'épisode avant le 7 du coup tu vois j'y pense donc le 7 c'est pas un petit peu de pression juste avant les vacances donc ça, qu'est-ce que j'allais dire d'autre est-ce que tu pour revenir au savon en plus plus large toi c'est quoi tes alors attention, question philosophique c'est quoi tes souhaits pour la savonne qu'est-ce que tu trouves qu'il manque Merci. qui vous aiderait largement. à développer ? Qu'est-ce qui manque selon toi dans ce métier ?
- Pauline ArtEcoVert
Très, très bonne question. C'est vrai que c'est un métier qui s'est beaucoup développé et là, un peu moins. En ce moment, il y a eu quand même beaucoup d'ouvertures, il y a eu beaucoup de fermetures. Qu'est-ce qui manquerait dans le domaine de la savonnerie ? C'est vraiment très vaste comme question.
- Aline Rouleau
Déjà d'en parler, parce que tu vois, même savonnerie artisanale, je cherchais des événements, est-ce qu'il y avait des salons, est-ce qu'il y avait des choses pour parler de la savonnerie artisanale spécifiquement ?
- Pauline ArtEcoVert
C'est vrai qu'aujourd'hui, il n'y a aucune organisation réelle, même s'il y a déjà des associations ou certains labels qui ont été créés par des savonniers. Il n'y a pas de syndicat des savonniers artisanaux en France. si après même pas d'association qui réunit tout le monde. Et alors moi, je suis arrivée après coup, mais pendant le Covid, ça a été quand même très dur pour les savonneries qui avaient des boutiques parce qu'elles n'avaient pas le droit d'ouvrir parce que le savon n'était pas soi-disant produit indispensable, alors qu'il était considéré comme produit indispensable dans les grandes surfaces. Donc à ce moment-là, ça a fait quand même beaucoup de mal, je pense. Et il y avait eu une petite opération de communication qui avait été faite dans les débuts où... plusieurs savonniers avaient fait une campagne ils avaient pris des photos chez un photographe une campagne de pub en disant utilisez du savon savonifié à froid, du savon artisanal c'est super donc c'est vrai qu'il n'y a pas d'organisation aujourd'hui qui réunit alors on l'a dit Julien Couleur Savon déjà lui il a son site qui répertorie toutes les savonneries artisanales il y a des newsletters il va dire par exemple ce mois-ci je mets en avant je savais pas tous les savons au lait de chèvre tous les savonniers qui font des savons au lait de chèvre ils vont être répertoriés sur un article spécifique donc ce qu'il fait c'est quand même c'est un beau titan et il le fait bénévolement donc c'est quand même chouette de l'avoir c'est vrai qu'il manque peut-être cette organisation là qui permettrait parce que tout le monde quand on a fait la campagne de pub où on a fait il fallait payer le photographe euh Euh... Mais chaque savonnier qui avait envie de participer, donner à hauteur de ce qu'il voulait. Mais si tout le monde donne 20 euros, tout de suite, ça te fait un budget quand même énorme. On est plus de 700 savonneries en France, donc imagine. Ça, c'est super. Et qu'il y ait quelqu'un qui porte la voix. Toi, tu organises toute la filière. Tu es la personne qui va relier un peu tout le monde. dans la filière tinctoriale, dans la filière de coloration végétale. Et ça, c'est génial. On n'a pas de personnes qui font ça du côté savonnier, tu vois.
- Aline Rouleau
Oui, c'est vrai que ça vous manque, ça. Oui, c'est clair. Tu vois, je regardais, donc je cherchais les événements dans lesquels vous pouviez exposer, tu vois, parce que je me dis, tu parles de marché, etc., mais il y a aussi des salons, des rencontres. Des salons, oui. En fait, c'est des salons rattachés à d'autres sujets, cosmétiques, bio, artisanat, mais... pas sur la savonnerie alors que vous êtes nombreux. Je regardais aussi s'il y avait des médias. Est-ce qu'il y avait un podcast ? Je n'ai pas trouvé de podcast comme l'un se l'ont fait. Mais par contre, j'ai trouvé par exemple Florence de Flo Savonnerie qui a proposé neuf épisodes sur sa chaîne YouTube L'art du savon, où elle explique la savonnerie. Mais ça ne parle pas de colorants végétaux. Et en fait, je me suis rendue compte que, et je vous ai mis d'ailleurs dans la guilde plein de... tu l'auras là cet été, plein de, tous les épisodes où on parle de savonnerie, un peu sur notre sujet, mais il n'y a pas grand-chose, c'est quelques épisodes, il n'y a pas de podcast dédié, il n'y a pas de magazine, il n'y a pas de... Non, c'est un... Non, il y a un trou, il y a un trou de ce sujet-là, et en fait, pareil que dans les autres domaines de la couleur régionale, c'est en fait à chaque fois, chaque métier qui est dans ce lien-là, c'est de l'artisanat, des savoir-faire d'exception qui datent d'avant, et en fait, on n'en parle pas beaucoup. et donc bref et j'ai par contre eu je vous le dis suite au podcast de Laurent et d'Alison qui sont arrivés très près dans la sortie des épisodes, j'ai eu énormément de messages Instagram en disant fais plus d'épisodes sur la savonnerie s'il te plaît et donc bon toi déjà je te harcelais depuis avril pour qu'on fasse ton épisode de podcast mais je me dis tu vois il y a peut-être ça aussi c'est passer la parole et en parler davantage Merci. sous plein de différents, vu que tu as vu toute la palette qu'il y a. Je pense qu'en fait, il faut en parler. Moi, je ne vais pas être la représentante de la savonnerie. Je ne suis pas savonnière. Et moi, le sujet qui m'intéresse, c'est la couleur végétale. Donc, je ne peux pas… Mais il faudrait que vous arriviez à vous trouver quelqu'un qui, comme tu dis, qui soit sur la filière complète de la savonnerie avec toutes ces techniques dont on a parlé, toutes les manières de colorer, toutes les fragrances, etc. Et ça, ce serait vraiment quelque chose qui manque. Donc, un syndicat, une asso ou en tout cas quelqu'un qui vient faire le lien.
- Pauline ArtEcoVert
C'est ça. Parce que moi, je le vois. L'avantage, par exemple, des marchés. Je trouve que c'est que tu as le contact direct avec le client, tu as le retour direct. Donc ça, c'est super intéressant. Et tu as plein de gens qui ne font absolument pas la différence. Un savon solide, pour eux, sont tous les mêmes, alors qu'il y a du H.O., Afro, il y a de l'artisanal, il y a de l'industriel, il y a des matières premières très différentes d'un savon à l'autre. Et les gens ne le savent pas. Et c'est vrai qu'on va tous l'expliquer individuellement dans nos petits coins, mais tu n'as pas, ne serait-ce qu'un compte Instagram, tu vois. ou une sorte de média, comme tu le dis, qui explique le produit, les différences. Pourquoi est-ce que c'est différent d'un servant de Marseille, par exemple ? Ça apporterait un peu plus de poids que si chacun le dit individuellement. Au bout d'un moment, si tout le monde finit par le dire et qu'il y a une association qui représente la profession, le dit aussi, ça aidera à démocratiser un peu le truc parce que même si ça s'est beaucoup développé, tu vois, par exemple, hier, moi, j'ai une... Une nana qui me commande régulièrement, elle m'envoie une photo de savon. Elle me dit, dis-moi, est-ce que je peux faire confiance à ces savons-là ? Et clairement, on était sur du savon industriel, faux savon de Marseille. Et je lui dis, voilà, si tu achètes ça, voilà comment c'est fabriqué. Après, elle fait son choix en fonction ou pas. Et pourtant, c'est quelqu'un qui a déjà la fibre, qui s'intéresse déjà. mais tu vois quand c'est écrit en gros fabriqué en France artisanal à base d'huile végétale ça perd un peu alors que c'est des produits complètement différents des nôtres on travaille pas du tout de la même façon tu
- Aline Rouleau
vois j'ai reçu sur le podcast le laboratoire Poule Rivière donc eux font des savons mais aussi plein de cosmétiques à base de plantes et des actifs de plantes et c'est eux qui m'ont expliqué la grosse différence entre eux entre savon industriel et artisanal, pour moi, c'est cette histoire de glycérine. Le fait que dans la savonnerie artisanale, on garde la glycérine qui fait que la peau n'est pas... Tu sais que ça ne fasse pas... Je ne sais pas comment expliquer. Ça râpe cette sensation horrible des savons. Tu sais, quand tu as ta peau toute... Non, mais franchement, c'est hyper désagréable.
- Pauline ArtEcoVert
Il y en a plein qui disent... Moi, des fois, sur les marchés, je leur dis, vous connaissez déjà ? Vous utilisez des savons solides ? Ils disent, non, non, non, mais moi, ça m'assèche la peau.
- Aline Rouleau
Voilà.
- Pauline ArtEcoVert
parce qu'en fait ils utilisent pas les bons c'est vrai t'as la glycérine t'as le surgras t'as le fait qu'on travaille à froid ou on chauffe pas les huiles du coup tu gardes les propriétés mieux les propriétés et c'est vrai que ça fait toute la différence et bah donc du coup tu vois pour moi c'était ça le plus marquant c'est que les savons artisanaux
- Aline Rouleau
gardent la glycérine alors que les industriels la vendent parce que c'est valorisable alors que commercial exactement vous vous la gardez du coup ça protège l'épiderme et ça fait que ça Et ça, ça m'a choquée. Je me suis dit, mais attends, mais personne ne le sait. Moi, je ne le savais pas.
- Pauline ArtEcoVert
Non, parce que tout le monde ne peut pas tout scruter. Et c'est vrai que tu te dis, mais je devrais pouvoir faire confiance les yeux fermés. Mais en fait, non, on n'est plus dans un monde comme ça. Non.
- Aline Rouleau
Pareil, tu vois, en creusant, j'ai vu énormément de reportages sur la fraude sur les marchés artisanaux, justement, de gens qui disaient savons de Marseille, savons d'Alep, original et tout ça. Et en fait, c'était du flanc. Mais en mettant ces allégations, ils peuvent vendre toutes ces allégations. C'est... ce nom, ils peuvent vendre plus cher. Enfin bref, il y a tout un... Franchement, il y a tout un truc à creuser. Mais oui, donc si on résume, il manque quelqu'un qui gère votre filière, un média et de la communication sur l'avantage des savonneries, l'avantage des cosmétiques artisanaux. Pas que la savonnerie, parce que tu vois, il y a plein d'autres... Ce que tu dis là pour le savon, c'est vrai pour les baumes à lèvres que tu travailles. C'est vrai pour les shampoings solides que Jessica Angélique travaille et toi. et d'autres, et donc ça c'est important de le dire.
- Pauline ArtEcoVert
Et puis tu vois, il y a plein d'a priori que les gens peuvent avoir, moi il y avait un truc que j'avais complètement sous-estimé, et c'est pareil, une cliente avec qui j'échange souvent, et c'est là où tu te dis c'est super important que les gens aient suffisamment confiance en moi pour poser toutes leurs questions, quoi. Les gens pensent aussi que parce que c'est artisanal, on fait ça dans notre cuisine, à la one again, pas d'hygiène, pas de normes. Alors que s'ils savaient...
- Aline Rouleau
Ils le voient sur vos réseaux, sur ton Insta, on voit ton masque, tes protections.
- Pauline ArtEcoVert
Ils ne s'imaginent pas derrière que pour sortir un nouveau produit, il faut sortir, que c'est un gros budget, ne serait-ce que pour l'évaluation toxicologique, toutes les démarches en interne. Alors après, on ne va pas les bassiner avec ça, ce n'est pas super passionnant. Mais ça peut être un des freins des gens de se dire « Ah non, mais je ne vais pas utiliser ça pour mon enfant. Ça se trouve, ils n'ont fait aucun test, ils font ça n'importe comment. » Alors que c'est énorme, toute la réglementation qu'il y a.
- Aline Rouleau
Vous avez la même réglementation que l'industrie. C'est ce que m'a dit Laurent. Laurent Bousquet, quand il m'a expliqué tout ça. Donc, vous avez les mêmes contraintes, alors que vous n'avez pas les mêmes budgets, que vous êtes souvent toute seule ou avec un apprenti. Ce n'est pas assez dit. vous avez en face de vous des lobbies, des grandes marques, qui sont installées depuis très longtemps. Et c'est la même chose dans tous les domaines d'application.
- Pauline ArtEcoVert
Et pour la renommer aussi, parce que quand on en avait parlé lors de Périnésie à Savonnerie et que j'avais mis un thème sur comment fidéliser les clients, je crois. Mais en fait, moi, j'ai vraiment conscience à chaque fois qu'il y a un client qui m'achète un produit, un nouveau client qui achète le produit, en vrai, il n'a aucune raison de me faire confiance. Il ne me connaît pas. la marque elle est pas du tout connue tu vas dans une pharmacie tu prends une marque de pharmacie en fait ça inspire confiance parce que t'as eu le marketing qui a été là, qui a été très bien fait tu fais confiance à la marque que nous on est tout petits et les gens ils nous connaissent pas donc il faut vraiment expliquer le produit, c'est là où un média ça serait vraiment intéressant de l'avoir pour vraiment mettre en avant notre différence et expliquer aux gens qu'ils peuvent vraiment avoir confiance en nous parce qu'en plus, nos matières premières sont généralement plus nobles. On est tous quasiment à utiliser du bio. On est tous très exigeants, je pense, sur la qualité des produits. Réglementairement, derrière, ça suit.
- Aline Rouleau
Beaucoup à favoriser le local aussi. Valoriser un terroir, ancrer territorial. Franchement, moi, je suis très contente qu'on ait pu faire cet épisode parce que déjà, ça fait un moment... On a pu balayer pas mal de choses. Et je le dis là, je serais ravie d'avoir des savonnières qui portent d'autres voix, qui ont envie de venir parler sur le podcast à Récovert le temps que vous, vous ayez votre média. Mais ce serait trop chouette. En trois mots, puisque sinon ça va durer trop longtemps notre épisode et que des gens vont décrocher. Non, je ne pense pas, vu comme c'est intéressant, mais si tu as trois sources d'inspiration, tu dirais quoi ? Qu'est-ce qui, toi, t'inspire dans la savonnerie ? Qu'est-ce que tu regardes ? pour créer, pour t'inspirer, pour regarder qu'est-ce qui te plaît, si tu devais en dire trois.
- Pauline ArtEcoVert
Trois choses qui m'inspirent beaucoup, les gens qui arrivent à créer tout un univers visuel, ça, je me dis, wow, c'est... Les gens qui arrivent à rendre autant en images ou en vidéos la qualité qu'on a tous, tu vois, je pense à Jeannine Savonnerie, tout est... magnifique dans ce qu'elle fait et d'ailleurs ça avait été reproché je me rappelle lors d'une conférence mais je vais pas être trop longue parce que trois mots là je les ai déjà largement dépassés mais il y avait à l'époque le label Slow Cosmetic pendant une conférence il y avait un intervenant qui avait dit les produits artisanaux c'est un produit luxe dans un emballage bas de gamme et je me suis dit mais il a raison en fait parce qu'en fait on sait pas vendre le produit à la valeur où il est vraiment donc je pense que euh... que ça c'est vraiment important et quand on arrive à mettre en valeur le produit d'une belle façon ça m'inspire beaucoup, je trouve ça génial donc on va dire que les savonniers qui ont quelque chose de visuellement beau mais dans un univers propre on a tous nos particularités Qu'est-ce qu'il peut y avoir d'autre aussi ? Moi, j'admire beaucoup les gens qui ont des parties prises très fortes, les gens qui n'ont pas peur de s'affirmer, de se dire, non, je fais comme ça, et vous le prenez comme ça, ou vous ne le prenez pas. Ça, j'admire beaucoup.
- Aline Rouleau
Vous êtes un peu comme ça toutes les deux, toi et Alissa.
- Pauline ArtEcoVert
Oui, après, voilà. Oui, j'ai envie de dire oui. Après, tu as toujours envie de plaire à tout le monde. Mais dans les faits, ce n'est pas possible. C'est toi. Les gens achètent pour toi, pour ta marque, pour tes produits. J'admire les gens qui sont prêts à ne pas revoir leurs valeurs pour un objectif financier. Ça, j'aime beaucoup. Et une troisième chose, l'univers de la savonnerie qui me plairait beaucoup. Très bonne question, je vais réfléchir. La créativité aussi, j'admire beaucoup. Il y a des gens qui font des choses incroyables. qui demande beaucoup de réflexion. Avant, ils sortent un savon qui est superbe, qui est unique, que personne ne peut refaire. Et j'ose imaginer le travail que c'est derrière. Et on ne s'en rend pas compte parce qu'on achète un beau savon, c'est sympa. Mais la créativité, je trouve, m'inspire aussi pas mal, même si ce n'est pas mon univers. On ne peut pas dire, quand on voit ma gamme, que ce soit très artistique, très... très créatif. Moi, j'aborde les choses d'une façon différente, mais je trouve ça très chouette aussi.
- Aline Rouleau
Tes œufs de pâques, ils étaient trop mignons.
- Pauline ArtEcoVert
Oui, les œufs de pâques, oui.
- Aline Rouleau
C'était hyper créatif, ça, pour le coup. Franchement, je trouve ça génial.
- Pauline ArtEcoVert
Oui, après, c'est vrai qu'en réinventant les recettes, et c'est ce qu'avait proposé Alison, mais c'est tellement intelligent et je n'y aurais tellement pas pensé. De là à concevoir une recette dans l'idée de se dire je vais la revisiter ensuite. Mais quand elle l'a dit... T'imagines, le champ des possibles que ça ouvre. Pourquoi je n'ai pas eu l'idée ?
- Aline Rouleau
c'est à ça que ça sert je sais que ce direct là il a été énormément apprécié parce qu'il y en a de moi qui m'ont dit mais je vais gagner de l'argent de ne pas repasser par la toxicologie je vais m'éclater à refaire des formes de fou pour mon marronnier donc le fameux tous les événements de l'année et franchement c'était génial et de commencer par ce live là par ce direct là j'ai trouvé ça tellement fou et je trouve qu'elle a une excellente idée et c'est génial Merci. pour qu'on clôture parce que sinon ça va durer longtemps, moi c'est pas pour me déplaire mais franchement Aline je voudrais te remercier vraiment chaleureusement, je sais pas comment le dire mais de m'avoir fait confiance pour notamment cette guilde, je te remercie pour le travail que tu fais le temps que tu passes aussi à répondre à toutes les questions dans la guilde mais aussi ailleurs, je vois bien sur ton insta que ça n'arrête pas de porter avec conviction ce que vous faites. Je vois aussi, Alison, elle se démène. Vous êtes des warriors. Donc, bravo. Franchement, bravo. Et merci d'avoir pris le temps. Tu vois qu'on balaye plein de choses qui vont aider. Encore des sujets qu'on n'a pas abordés et donc vraiment chouette. Donc, merci pour ça. Du coup, j'essaierai de sortir l'épisode avant le 7 septembre pour rappeler la masterclass qu'on co-anime. Et est-ce que tu as un mot de la fin ? Est-ce qu'il y a quelque chose qui est important pour toi ? avant qu'on ne se quitte, que tu voudrais aborder ?
- Pauline ArtEcoVert
Je pense qu'on l'a un peu dit tout au long de l'épisode, mais je pense que ce qu'il faut bien garder en tête, c'est qu'il faut se faire plaisir. Donc, il faut être aligné avec ce qu'on fait. On adore nos métiers et il faut être focus sur les objectifs, avoir la rentabilité, OK. Mais on n'y arrive pas si on n'a pas envie de le faire. Donc moi, c'est avec plaisir que je rejoins le collectif. Je trouve largement mon compte aussi. Je trouve ça super. Bravo pour ton travail aussi, Pauline, parce que c'est dingue. Je ne me rends pas compte, même moi, tu vois. Mais ça doit être énorme. Et puis, si pour toi, c'est un peu la concrétisation, cette guilde, je trouve ça super parce que c'est dur de travailler dans l'ombre sans, tu vois, que le travail... effectif soit vraiment vu. Ça fait vraiment plaisir, je suis contente pour toi. Je pense que du coup, quand on est à son compte, c'est très important de faire quelque chose auquel on croit. C'est vrai que ça nous booste, c'est la motivation, c'est là qu'on la trouve. Et de se dire, si on ne le sent pas, il ne faut pas le faire. Je pense qu'il faut savoir se faire confiance et se faire plaisir dans nos métiers.
- Aline Rouleau
Merci pour ce mot de la fin, Aline. je te remercie beaucoup et puis je te dis à très bientôt ça marche à très bientôt Pauline merci pour votre écoute pour soutenir la couleur végétale abonnez-vous au podcast à Recover sur la plateforme d'écoute de votre choix et laissez un commentaire si vous avez appris quelque chose ça soutient vraiment le podcast pour les artisanes de la couleur végétale qui veulent aller plus loin vous pouvez rejoindre la plateforme Patreon ou la communauté Areco Vert à vie. Et pour les entreprises qui souhaitent creuser davantage le sujet de la couleur végétale, me faire intervenir dans leurs entreprises pour leur expliquer la filière et les enjeux, on se retrouve sur arecovert.kit Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale indigo tendance innovation nuances cosmétiques biotechnologies couleurs du vivant