- Pauline Leroux ArtEcoVert
Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast qui vous parle d'art, d'écologie et de verdure. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes, et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications. Que ce soit dans le textile, l'ameublement, l'artisanat, la décoration et dans d'autres domaines, chaque jeudi et samedi à 7h30, je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de valeur.
- Nicolas Baudry
Mon but,
- Pauline Leroux ArtEcoVert
fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde. Alors c'est parti,
- Nicolas Baudry
bonne écoute !
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Bonjour à tous, je suis ravie d'accueillir sur le podcast ArtEcoVert Nicolas Baudry de Cailleau Herboristerie. Alors Nicolas, première question, est-ce que vous pouvez vous présenter pour les auditeurs, nous raconter un petit peu votre parcours qui vous a amené aujourd'hui au végétal ?
- Nicolas Baudry
Je suis arrivé au végétal. J'ai fait des études en maîtrise sciences et techniques d'innovation en bac plus 4. Après j'ai fait... un MBA en management d'entreprise et puis je suis parti sur Paris pour découvrir différentes sociétés en conseil d'entreprise, en management et au niveau du pôle commercial. Je suis resté 4 ans sur Paris où j'ai visité pas mal de sociétés où... Je me suis rendu compte que je mettais en place des choses, j'expliquais à des gens qui avaient 35 ans de boîte qu'il fallait travailler différemment. Je me suis dit qu'il fallait s'en rendre en main et que c'était à moi d'y aller. Je suis revenu sur ma province natale qui est en Anjou, à Cholet pour être plus précis. et j'ai trouvé un poste dans une société qui me fascinait, c'était Cailleau Herboristerie. Je suis rentré en tant que commercial à la société en 2004 et je suis tombé dans ce milieu des plantes aromatiques et médicinales puisque la société avait été fondée en 1868, Chemin en Anjou, qui est la capitale des plantes médicinales. Donc dans la société, on s'occupe... A l'époque on s'occupait surtout du travail à façon des plantes et j'ai pris un poste de commercial pour ensuite prendre différentes fonctions dans la société. C'est une petite structure, à l'époque nous étions 22 personnes. Et puis au fur et à mesure de l'évolution de la société, il y a eu un vrai changement en 2013 où l'ancien gérant, monsieur Yves Cailleau, d'où le nom de la société Cailleau Herboristerie. C'est la troisième génération de ce monsieur. Monsieur Yves Cailleau a quitté la société, a vendu la société à l'âge de 77 ans et il a transmis la société à une nouvelle famille qui est la famille Brard. En 2013, la société était dans un état de forme, on va dire, moyen. Et M. et Mme Brun ont vraiment repris la société avec une petite particularité, c'est que M. Brun venait du monde des graines. Il avait une société de sélection de graines, il connaissait très bien le monde de l'agriculture. et on a remis ensemble toute cette philosophie de partir depuis le champ jusqu'à un produit fini pour nos clients. Et ça a bien fonctionné, puisqu'en 2016, on a investi de nouveaux bâtiments. En 2020, on était passé de 2 millions de chiffre d'affaires à 6 millions, en passant de 22 personnes à 32 personnes. Et puis, M. et Mme Brard ont cédé leur société, et ils l'ont cédé à moi, je les en remercie, ainsi qu'à Jordan, leur fils. On est tous les deux directeurs associés de la structure depuis avril 2021. donc Jordan lui est arrivé en 2015 dans la structure et moi en 2014 donc voilà comment j'ai arrivé chez Cailleau Herboristerie je suis tombé dedans en fait les plantes c'est hyper passionnant tous les matins on apprend quelque chose tous les matins on a une demande d'un client sur une plante qu'on ne connait pas il faut aller sourcer à un endroit bien précis c'est juste fascinant et ça permet de On a une ouverture d'esprit après qui est assez importante parce qu'on va chercher les plantes un peu partout dans le monde puisqu'on a 800 plantes au catalogue. On essaye bien sûr de demander des productions à nos producteurs le plus proche possible de chez nous mais tout ne pousse pas naturellement dans l'Anjou ou même en France. Par exemple l'Arcadia pagrochitum, une plante reconnue en herboristerie pour la circulation, elle se trouve en Afrique du Sud donc on n'a pas le choix, il faut aller la chercher là-bas.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Voilà. D'accord,
- Nicolas Baudry
ok. Tous les jours, on découvre de nouvelles choses avec... avec ce métier qui est passionnant.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Donc du coup, Cailleau Herberisterie, on entend, on comprend comment ça a été créé, la troisième génération, les changements de personnes, etc. Qu'est-ce que vous proposez comme produit et service pour expliquer aux auditeurs le vaste panel de sujets qu'on va pouvoir aborder ensemble ?
- Nicolas Baudry
Alors le vaste, oui c'est effectivement ça. On n'a aucune limite en plus donc on n'a pas trop de freins au niveau de la société. On travaille du petit volume pour des pharmaciens ou des petites boutiques en complément alimentaire, des herboristes qui vont vendre directement par tuyau. Et nous on ne fait que du B2B pour info. Et puis on va travailler aussi avec des grands groupes industriels dans différents secteurs d'activité. Je vais commencer par ceux qui sont moins sur la coloration capillaire. On va parler de gens dans la pharma par exemple, qui vont utiliser des plantes pour faire une extraction. des gens dans les distillateurs qui vont faire des liqueurs à base de plantes, des brasseurs de bière qui vont aromatiser leur bière. On va travailler, alors là on va se rapprocher un petit peu dans le domaine de ceux qui peuvent nous écouter, dans les gens qui sont dans la cosmétique pour faire une extraction moléculaire. Ces molécules vont nous prendre 5 tonnes d'une plante et puis à partir de la molécule qu'ils vont extraire, ils vont la mettre dans une crème cosmétique. Souvent c'est un anti-ride. On va travailler aussi avec des gens qui sont plus en cosmétiques produits finis. Donc là on va toucher avec des savonniers qui vont colorer naturellement leurs plantes ou utiliser les plantes pour faire un exfoliant. On va travailler bien sûr dans la coloration capillaire végétale avec une gamme de plantes sectoriales. Donc là on va travailler soit avec un coiffeur, soit avec des gens qui vont faire l'extraction des pigments je suppose. Voilà, donc on touche vraiment à beaucoup de secteurs d'activité et notre métier en fait c'est d'aller soit mettre en production pour le compte de certains de nos clients, par exemple on va rapatrier des productions lorsque c'est possible, on a des clients qui sourcent en Chine. et par rapport à leur politique RSE ou leurs engagements tout simplement, ils nous disent qu'on voudrait mettre en place une production en France, c'est ce que vous pouvez nous accompagner. On met en place des partenariats avec des producteurs, on teste pendant 3-4 ans et puis au bout d'un moment, on réussit à produire suffisamment pour que l'on puisse délocaliser la production en France pour respecter des engagements des différentes tierces. donc voilà on a ce service là et puis ensuite autrement on source nos plantes là où elles poussent et puis on récupère les plantes de nos producteurs le plus brut possible. La seule chose qu'on leur demande, c'est de les sécher correctement en respectant un mode de séchage qui va éviter de dénaturer la plante, que ce soit en termes assez visuels, et puis en principe actif, éviter que ce soit en plein soleil ou sous un système de chauffage qui monte trop fort pour que les molécules soient bien préservées. Donc les plantes arrivent brutes chez nous, les plus entières possible pour qu'on puisse garantir la variété de la plante. Puisque si vous achetez une plante finement coupée, on parle souvent d'une coupe allemande, les amants sont très forts pour ça, ils coupent très finement et comme ça on ne voit pas toute la misère. Donc nous on évite ce genre de choses, on achète vraiment la matière la plus brute possible et après on façonne chez nous. Donc on fait tout de A à Z, on coupe. On tamise, on dépoussière, on sépare la tige de la feuille et puis après on la met sous différentes formes en fonction des besoins des clients. On va faire une coupe classique d'infusion. On travaille aussi pour les gens qui font des thés et des choses comme ça. C'est une coupe qui est souvent de 1 cm à 0,5 cm. On va descendre plus bas sur des coupes extraction à 5 mm. 2 mm, 5 mm pour ceux qui vont faire une extraction moléculaire. Et puis on peut mettre également de la poudre. On a différents matériels pour ça. Des poudres qui doivent être destinées aux compléments alimentaires pour faire des gélules. Et également des poudres qu'on va essayer de mettre la plus fine possible pour par exemple la coloration capillaire. pour que la poudre soit la plus fluide possible, pour que ça s'imprègne bien sur le cheveu au niveau de nos clients. Donc voilà, on façonne vraiment de A à Z la plante, depuis le change du produit fini, puisqu'on propose aussi la mise en gélule, on la fait nous-mêmes, on fait nos propres infusettes, ou les infusettes de nos clients, on fait le packaging, on fait l'étiquette personnalisée, on est un peu...
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Tout à tout. Ouais,
- Nicolas Baudry
c'est clair. Après, notre cœur de métier, c'est quand même la plante.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
de sourcer la plante mettre en place des partenariats avec des produits je mettrai en lien de l'épisode les vidéos que vous m'avez envoyées quand on a préparé l'épisode parce que je les ai trouvées hyper claires et là on se rend compte de tout le panel de choses que vous pouvez faire franchement c'était hyper inspirant donc je les mettrai j'avais une question quand vous parlez de il y a des entreprises qui ont des volontés de rapatrier entre guillemets les productions plus localement, en tout cas plus près j'avais une question sur la notion de terroir est-ce que la charge colorante, moi c'est mon sujet est-ce qu'on retrouve les mêmes propriétés des plantes si on essaye de les rapatrier par exemple en Europe alors qu'elles poussent plutôt en Asie est-ce qu'on retrouve on arrive à Voilà, retrouver la même, je vais arriver à faire ma question, mais la même quantité par exemple de colorants ou le même principe actif ?
- Nicolas Baudry
Ça va dépendre, ça peut varier, puisque c'est souvent le climat qui joue sur la qualité de la plante, et puis le sol. Alors après les sols, on peut potentiellement retrouver à peu près les mêmes typologies de sols. Mais le climat va jouer fortement. Par exemple, une verveine du Maroc n'a pas le même goût qu'une verveine d'Amérique du Sud, ou une verveine qu'on a en train de mettre en place, des productions de verveines en France, ça n'a pas tout à fait le même goût. donc voilà il y a potentiellement une petite différence par rapport à ça après au niveau des colorations du pigment des plantes tectoriales je ne suis pas assez poussé je n'ai pas assez de connaissances pour vous dire qu'il y a une vraie différence la garance elle existe en France et elle existe aussi en Inde par exemple Je ne suis pas sûr qu'il y ait une grande différence. Je ne suis pas clair là-dessus, mais je pense qu'il y a des similitudes assez importantes. Souvent, les contraintes, c'est plus au niveau rendement ou de la production qui est la plus impactante en Europe ou en France.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Alors du coup, maintenant qu'on a présenté l'entreprise, qu'on voit un petit peu la largeur des possibilités, je voulais qu'on revienne aux termes d'herboriste. Comme je vous l'ai dit en toute transparence quand on a préparé l'épisode, j'ai complètement zappé le maillon herboriste parce que je n'ai pas forcément pris conscience que... pour la coloration capillaire par exemple c'était une étape clé une source d'approvisionnement je pensais direct au champ j'ai pas pensé à cette étape là donc ce que j'aimerais bien voir avec vous c'est que vous expliquez ce qu'est le métier d'herboriste et pareil comme dans toutes les applications de la couleur et tous les invités qu'on a il y a des a priori et des préjugés et j'avoue que moi j'ai déjà entendu des doutes sur ce qu'était l'herboristerie et donc j'aimerais bien qu'on parle de ça du métier en tant que tel et de lever un peu les préjugés sur les tisaneurs ou poudre de perles à pain et tout ce qu'on a pu entendre si vous pouviez reposer le cadre pour que ce soit clair pour tout le monde
- Nicolas Baudry
Oui, je vais essayer parce qu'effectivement il y a beaucoup de choses qui sont dites. Déjà le terme herboriste, aujourd'hui il est entre guillemets plus utilisable puisqu'il est issu d'un diplôme. Donc le diplôme n'existe plus, il n'y a plus de possibilité de devenir herboriste en France depuis la seconde guerre mondiale. Puisque ça rentre dans le monopole des plantes pharmaceutiques et c'est les pharmaciens qui ont une... formations sur le monde des plantes. Il existe des formations diplômantes sur l'école des plantes, des choses comme ça, mais le terme herboriste n'est plus utilisé. Donc ça, c'est une vraie contrainte sur notre métier, puisqu'on peut perdre de la connaissance des plantes si ce métier, en tout cas le diplôme en tant que tel, n'est plus utilisé. Ensuite, au niveau du métier, Il y a beaucoup de choses qui sont dites, comme vous l'avez expliqué, la poudre perlimpinpin. Je ne dis pas que ça ne peut pas exister. Malheureusement, ce qu'on trouve sur les sites internet, ça génère cette problématique-là. C'est-à-dire qu'on se retrouve avec des gens qui vont vendre des produits qu'ils ne maîtrisent pas du tout. la plante ça reste dans le marché français nous l'impose un petit peu ça reste une plante souvent médicinal qui va répondre à une problématique médicinal donc faut pas faire n'importe quoi avec les plantes je pense que vous le savez très bien en tant qu'agronome mais il y a des plantes qui sont detoxiques par exemple, des plantes qui peuvent être pictoriales d'ailleurs, donc on ne peut pas se permettre d'utiliser les plantes n'importe comment. Donc tout ça c'est encadré, nous par exemple chez Cailleau Herboristerie, on a toujours eu un pharmacien en interne qui n'avait pas engagé son diplôme, mais par contre on distribue les plantes du monopole pharmaceutique aux pharmaciens via une entité qu'on a à côté de Cailleau Herboristerie qui s'appelle Cailleau Pharmaceutique. parce qu'il faut faire attention à ces choses-là. Le métier d'herboriste, c'est vraiment une sélection des plantes et savoir comment on utilise la plante en fonction des clients. C'est sûr que quelqu'un qui est en coloration capillaire, on ne va pas avoir le même discours que quelqu'un qui va être à la vente sur un comptoir où il y a des gens qui vont venir et qui vont dire j'ai des problèmes au foie, est-ce que vous pouvez me donner une plante ? Oui, il y a des plantes qui sont plus ou moins efficaces. voire très efficace et si on fait un surdosage ça devient dangereux donc c'est là où on arrive sur la problématique du métier d'herboriste il faut vraiment des gens très compétents et pas des commerçants le babelais c'est assez nouveau c'est à dire qu'il y a des gens qui veulent faire du business sur un milieu qui est un peu compliqué quand même il ne faut pas faire n'importe quoi donc voilà donc nous notre Notre métier c'est vraiment d'aller chercher ces plantes-là et puis d'amener aussi toute une batterie d'analyse sur nos plantes. C'est-à-dire qu'on est certifié ISO 22000, comme je vous l'ai dit on a notre entité qui est Cailleau Pharmaceutique. On a un pharmacien, on a un responsable qualité en interne. Toutes les plantes sont analysées chez nous. Alors quand je dis toutes les plantes, je ne veux pas dire que chaque lot est analysé. On travaille aussi en plan de contrôle. On a une stratégie d'achat qui n'est pas comme un grossiste ou un négociant où on va chercher une matière sur le marché et puis après on la distribue. notre façon de fonctionner. Je vais revenir dessus après. Mais voilà, toutes les plantes sont analysées. Donc il y a un plan de contrôle ou une analyse. Et on va aller chercher les intrants, par exemple en pesticides, en métaux lourds. Il y a de nouvelles normes en HAP, en acide pyrolyse indique, il y a différentes molécules qui sont surveillées, que ce soit en alimentaire, en pharmaceutique, mais en cosmétique aussi. On a des clients qui nous demandent d'aller chercher différentes choses, puisque lorsqu'ils vont faire un extrait, ils vont potentiellement concentrer l'intrant qui n'est pas bon pour la santé derrière. D'accord. Donc voilà, le métier d'herboriste, normalement, il doit se situer à ce niveau-là, c'est-à-dire être garant d'une qualité de plante. Et moi, je considère aussi qu'il y a un accompagnement aussi au niveau des producteurs, puisque on a certains de nos producteurs qui potentiellement vont générer des… des problématiques sur leur culture, faute de connaissances en fait. On a des problématiques par exemple de bactériaux, où les gens vont utiliser leur propre eau de leur étang ou de leur mare, mais sauf qu'elle est un peu souillée, donc du coup ils génèrent une contamination bactérienne sur le produit, ça peut poser problème par exemple au costaud du capillaire, si le produit a une charge bactérienne, il ne faut pas en prendre tant qu'on met ça au niveau du crâne, ce n'est pas l'idéal. donc voilà donc il y a toute cette batterie là aussi au niveau réglementaire au niveau analytique qui est très importante dans le métier d'herboriste et comme je l'ai dit aussi on a ce côté partenariat avec les producteurs que que tout le monde n'a pas, d'où les préjugés, la façon de voir le métier, où les gens pensent qu'on achète et puis on revend. Le dire bruit, ça peut être considéré comme ça, et donc il n'y a pas une vraie valeur ajoutée. Nous on ne fonctionne pas du tout comme ça, on a une politique, alors moi Jordan qui est mon associé, il n'aime pas trop quand je dis ça, mais on n'achète pas pour vendre. Alors bon, c'est un peu bizarre, quand même 37 personnes à payer tout à la fin du mois, mais on achète pour satisfaire des besoins extrêmes. Pourquoi je dis souvent ça, c'est que l'objectif ce n'est pas d'être les rois du monde sur une plante. d'en acheter, faire la razzia sur le marché et créer une rupture et puis après définir le niveau de prix sur le marché. Notre objectif est vraiment de travailler par rapport aux besoins des clients pour pouvoir exprimer aussi des besoins de production au niveau de nos producteurs. On est très fidèles avec nos producteurs. On a une vieille société, on a été formé en 1868. On a des producteurs, c'est la troisième génération, quatrième génération de père en fils. et on travaille toujours avec eux parce que 1 on considère que la qualité elle est correcte alors qualité c'est pas subjectif mais en tout cas la qualité elle est suivie et elle est maîtrisée et puis nous par rapport à ces gens là on se doit tous les ans de revenir vers eux parce que si d'une année sur l'autre on a pas été bon on a fait les fanfarons, on a dit on va en vendre 15 tonnes alors qu'on en a vendu une tonne, l'année suivante le temps il a produit Et sauf que là, s'il revient et il nous dit, moi j'ai personne, ils sont prêts à voir plus, parce que souvent les premières années, ça met un peu de temps à partir. On leur dit, ben non, en fait, on n'a pas été bon sur la vente, donc tu les gardes.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Vous faites des calendriers de culture ?
- Nicolas Baudry
On essaie de faire des calendriers de culture et on est souvent… Je dis souvent step by step parce qu'on ne veut surtout pas partir sur des développements très importants parce que le producteur, lui, derrière, et j'ai écouté pas mal de vos podcasts, c'est un dur métier quand même. La production de la terre, ce n'est pas simple du tout. Et s'il se retrouve dans ses hangars avec toute sa production de l'année dernière, voire d'il y a deux ans, déjà, ça fait très mal au cœur. et il n'a pas eu de rentrée d'argent pendant ce temps là et là le vrai inconvénient c'est que nous ça peut casser une filière les gens ils arrêtent parce que on perd 50 55 heures par semaine c'est bien c'est pas possible donc voilà on est très prudent par rapport à ça sur la mise en place des productions pour que tous les ans on puisse revenir vers nos producteurs avec un besoin qui est connu et sur lequel on s'engage il n'y a pas de mauvaise surprise les mauvaises surprises peuvent se situer au niveau de l'analytique parce que il suffit qu'il y a des problèmes là on peut être coincé par rapport à ça simplement on a cette chance de pouvoir être sur un multisectoriel et donc on peut avoir un secteur où on peut avoir une contrainte analytique qui n'est pas une contrainte pour un autre secteur donc ça peut être aussi par rapport à nos producteurs de pouvoir les accompagner
- Pauline Leroux ArtEcoVert
D'accord, donc plutôt une notion de filière, donc du champ, de l'accompagnement, des calendriers de culture, et donner la plus grande visibilité possible aux agriculteurs pour ne pas qu'ils se retrouvent dans la mouise. Et donc pas d'achat-revente type grossiste, c'est plutôt de l'accompagnement. Et du coup, je voulais savoir, vous avez parlé que vous travaillez quand c'est possible avec des agriculteurs français. C'est bien de le redire parce qu'en fait, même moi je l'ai découvert dans les épisodes, il y a des plantes, malheureusement... qu'on ne trouve pas chez nous, et même si on les trouvait chez nous, elles seraient chétives, pas forcément chargées, enfin voilà, elles ne seraient pas utilisables, exploitables, ou elles nécessiteraient la mise sous serre, et donc vraiment des, on va dire, des aberrations, c'était exactement le mot que je cherchais, des aberrations. donc c'est important de redire que il y a des plantes qu'on ne trouve pas sur le sol français donc quand on peut favoriser les agriculteurs français bien sûr mais il y a des plantes comme vous citiez une plante d'Afrique du Sud qui pousse dans son territoire terroir d'origine je voulais savoir vous avez à peu près combien d'hectares dans cette filière en France alors si vous avez le droit de le dire en France et dans le monde pour nous donner une notion de une part de ce que ça peut représenter
- Nicolas Baudry
Je n'ai pas cette information. Ce ne sont pas des choses sur lesquelles on travaille. Après, ce que je peux vous dire, c'est qu'on travaille sur 400 à 500 tonnes de plantes sèches. Autant vous dire qu'en frais, ça fait beaucoup, par an à peu près. Je n'ai pas l'équivalent en hectare. Je ne peux pas vous dire. D'accord.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Ça donne une idée déjà.
- Nicolas Baudry
Je ne sais pas trop ce que ça peut faire. Voilà.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
d'accord vous aviez dit que vous aviez un catalogue de 800 plantes j'ai regardé le catalogue que vous m'avez envoyé donc il y a vraiment de tout pour les tisanes pour la cosmétique en lisant on se rend compte que c'est large vous avez des plantes qui vont servir à des destinations cosmétiques avec des labellisations type bio, type cosmos, vous avez des plantes qui vont servir pour l'alimentation. Ma première question, c'est comment vous vous y retrouvez ? Vous travaillez toutes les certifications, comment vous avez arbitré ? Vous êtes au plus haut niveau d'exigence ou vous avez des lots de plantes ?
- Nicolas Baudry
bio c'est le top des lots différents des qualités différentes alors je vais juste revenir sur un petit terme bio c'est le top c'est pas comme ça qu'on voit les choses parce qu'il y a des plantes on va les chercher en cueillette c'est des plantes qui sont protégées et quand on va dire au cueilleur est-ce que tu es bio il nous regarde avec grandier et nous dit t'es mignon là mais oui elle est bio Oui mais est-ce que tu peux faire une certification ? Ça c'est autre chose la certification. Donc ce qu'on cherche effectivement c'est avoir des garanties sur l'analytique. Donc nous chez Cailleau on est bio depuis de très nombreuses années. Le certificateur Ecoserp nous disait qu'on était une des premières sociétés à avoir été certifié. La seule chose c'est qu'on n'est pas 100% bio. par rapport à ce que je viens de vous expliquer c'est qu'on trouve que c'est pas raisonnable de dire qu'il faut être obligatoirement bio pour que la plante soit de qualité donc il y a des producteurs ils comprennent pas qu'on soit obligé de mettre un cahier des charges administratives surtout pour avoir ce label bio alors qu'ils sont bio puisqu'ils utilisent pas de pesticides donc quand on fait l'analyse il n'y a pas de pesticides donc voilà on a une problématique par rapport à ça donc comment on fonctionne en fonction des différents secteurs d'activité notre principal on va dire le point d'entrée c'est quand même la pharmacopée qui au niveau pharmaceutique est assez drastique quand même donc là on va faire des analyses sur tout ce qui est métaux lourds, pesticides bactériaux et puis des teneurs en principe actifs dessus Et puis après, en fonction de ça et en fonction de la filière, on va définir des références qui vont être bio, qui vont être certifiées auprès du producteur, mais également bien sûr chez nous, sur nos process de fabrication. Ensuite, vous avez parlé de COSMOS, COSMOS Organic, COSMOS Natural. Ça, c'est en fonction des besoins de nos clients. Sur certaines références, ils nous demandent... Il y a des produits qui ne sont pas obligatoirement bio, parce que c'est compliqué de les obtenir en bio. La certification COSMOS Natural, par contre, permet de définir que c'est bien un produit naturel et qu'il n'y a pas de chimie du tout. Nous, par défaut, ça je ne l'ai pas dit, mais c'est que de la plante brute, c'est 100% de la plante, et on ne fait pas d'ajout d'huile essentielle sur nos produits pour que ça sente meilleur, ou des choses comme ça. Il n'y a pas du tout de chimie, je ne le dis jamais, mais en fait c'est…
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Oui, il vaut mieux le dire. Non, mais c'est vrai.
- Nicolas Baudry
Non, mais après, j'ai entendu aussi des fois, on parle de bio, et puis autrement, conventionnel, chimique, en fait, non, ce n'est pas comme ça que nous on voit les choses, c'est… C'est bio, c'est une certification, donc logiquement ça annonce une absence de pesticides. Ça reste une certification, mais c'est pas pour ça qu'il n'y a pas de pesticides obligatoires. Il faut faire l'analyse quand même. Et puis ensuite, le produit, nous on parle de produit conventionnel, c'est-à-dire qu'il n'a pas le label bio, mais on a des analyses pesticides dessus, et on a des produits conventionnels qui ont zéro pesticide, ou alors qui ont une petite teneur en pesticides, mais sous les maires autorisés.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Ah oui, vous avez aussi les LMR comme en alimentaire limite, maximale, résiduelle, je ne sais pas quoi. Ah d'accord, c'est la même chose que... Parce que moi, je travaillais sur l'alimentaire et on avait ça aussi. d'accord ok bon bah donc il y a quand même des points beaucoup de points communs et effectivement le bio pareil c'est marrant les réflexions qui sont faites dans votre secteur c'était les mêmes moi en agriculture c'était on est bio pourquoi passer du temps de l'administratif, redépenser de l'argent pour passer des labellisations mais on se rend compte et dans toutes les applications et dans beaucoup d'épisodes que j'ai eu qu'en fait il y a besoin de réassurance dès qu'on reparle des plantes En fait, j'ai l'impression que c'est tellement complexe ou ça nécessite tellement de connaissances qu'on a perdues au fil du temps que maintenant, on a besoin de se rassurer avec c'est bon, c'est bio, c'est labellisé, c'est ceci, c'est vérifié J'ai ce sentiment.
- Nicolas Baudry
Oui, c'est sûr. C'est la petite pancarte qui, aujourd'hui, rassure, je pense, le consommateur final en disant… C'est bio donc a priori enfin pas a priori je pense qu'ils se le disent c'est bio donc ça a été tracé correctement et c'est pas quelqu'un qui n'a pas su enfin qui a fait du négoce enfin qui a fait du business entre guillemets et moi je me bats un petit peu là dessus parce que nous on met énormément en avant tous nos circuits d'approvisionnement sont faits, la traçade on travaille au numéro de l'eau en interne et ça je pense que c'est ça qui est important et je pense que le consommateur final aujourd'hui a besoin de voir de l'homme derrière le produit et s'assurer qu'il y a bien quelqu'un derrière et qu'il y a des vraies valeurs
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Tout le monde n'a pas les mêmes valeurs, mais je pense que c'est ça. Et le bio a permis d'éviter d'aller chercher ce... de vérifier qu'il y a bien quelqu'un derrière et que ça soit réellement ça et ça commence à la tendance commence à revenir vers plus d'humains, savoir un petit peu qui est-ce qui est derrière moi je suis juste admiratif de tous les gens que j'ai écoutés sur votre podcast qui travaillent comme des dingues et on sent que ce sont des passionnés on a beaucoup de clients en fait chez nous qui sont comme ceux qui ont été interviewés il y en a même certains qui sont clients mais c'est voilà je pense que c'est l'avenir pour rassurer les gens le label en tant que tel c'est bien mais c'est l'homme derrière qui si on fait pas ça par passion oui il y a des dérives et donc sûrement des labels quand il y a des gens pas communs il y a très peu de chances de tomber dans des dérives c'est ça exactement
- Nicolas Baudry
Non, mais c'est un peu le constat global des interviews. Quand il y a de la passion, il y a du respect pour le travail, il y a du respect de ce qu'on fait, et du coup, les clients sont satisfaits exactement. Je voulais vous demander comment vous évaluez la demande en plan de tinctorial de vos clients. Est-ce que c'est quelque chose qui augmente ? Est-ce que c'est flat depuis quelques années ou est-ce que ce n'est pas quelque chose qui est très attendu, très demandé ?
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Moi, ça fait plus de 20 ans que je suis dans le milieu des plantes. Il y a 20 ans, il n'y avait pas du tout de gens dans ce milieu-là, en clair. Il y a une quinzaine d'années, ça a commencé en cosmétique capillaire, essentiellement. Et puis, depuis 10 ans, ça s'est bien développé. Et depuis 5 ans, il y a beaucoup de gens dans l'artisanat savonnier, les savonneries. où là je ne sais pas je pense qu'ils ont dû se donner le mot je pense que je ne vais pas exagérer mais je pense que toutes les semaines on a une ouverture de compte pour un savonnier alors c'est tout petit chez nous mais ce n'est pas grave ce n'est pas le problème mais c'est juste dingue on sent qu'il y a des gens passionnés qui veulent développer des savons avec un vrai respect de ce qu'ils vont donner aux gens derrière. Et donc, bon, une vie de chine, tant mieux. Mais voilà.
- Nicolas Baudry
ce qu'on avait eu, donc on avait eu le champ des couleurs avec Laura Roussier dans l'épisode 29 de Mémoire et elle racontait qu'elle avait passé un temps de dingue avec ses clients savonniers à passer les tests de toxicologie parce que c'était ça en fait qui bloquait l'utilisation de plantes tinctoriales dans la couleur des savons et en fait, peut-être que c'est aussi, en fait, elle l'a fait, elles ont fait la démarche et elle a été, cette démarche a été ouverte à tous et donc c'est peut-être ça aussi qui fait qu'il y a plus d'emplois
- Pauline Leroux ArtEcoVert
je sais pas j'ai écouté ce podcast et je l'ai trouvé très intéressant effectivement oui il y a dû avoir une brèche parce que sur les demandes des toxicologues aujourd'hui nous ce qu'on apporte avec notre batterie d'analyse ça suffit en fait il suffit de montrer que les intents sont respectés il suffit de montrer ce qu'il y a dans la plante tout simplement et qu'on ne prend pas une plante n'importe où, n'importe comment et ça fonctionne bien
- Nicolas Baudry
donc oui d'accord donc ça a dû ouvrir les portes voilà donc plutôt une explosion côté savonnier est-ce que sur la couleur végétale on a aussi donc l'épisode n'est pas encore sorti mais c'est mon épisode favori après le champ des couleurs c'est Elodie Carpentier du Rouge Français qui est la seule marque mondiale à faire du make-up avec de la couleur végétale donc pareil une passionnée de plantes enfin franchement je vous invite à Enfin, l'épisode, je pense que vous allez l'adorer. Elle est passionnante, elle se source dans le monde entier, elle adore la botanique, elle est admirable, cette dame. Et donc, du coup, dans cet épisode, elle parle de la cosmétique. Et en fait, je me demandais s'il y avait d'autres acteurs de la cosmétique qui se servaient des plantes aussi pour la couleur. Il y a cet emploi de matière active, mais est-ce que vous en connaissez d'autres ? Est-ce que c'est répandu ou pas du tout ?
- Pauline Leroux ArtEcoVert
je sais pas je peux pas trop vous répondre parce qu'on a des clients qui nous disent pas ce qu'ils font derrière ah voilà c'est un peu compliqué pour répondre oui je pense qu'on voit bien les tendances on voit bien qu'ils nous orientent vers des plantes qui sont sujets à faire un pigment ou quelque chose comme ça mais je sais pas les secrets des plantes on a beaucoup de laboratoires où il y a de la recherche R&D derrière donc c'est des plantes bien spécifiques mais oui, mais de toute façon le naturel Je ne vais pas vous le cacher, le naturel, que ce soit dans le milieu de la cosmétique ou dans l'alimentaire, ou n'importe quel domaine d'activité aujourd'hui de naturel, il est demandé. Parce qu'on revient à des vraies valeurs. On ne peut pas oublier qu'avant, ça sortait du champ. Il y a eu beaucoup de choses qui étaient produites et qui sont raisonnées. Donc les gens veulent revenir quand même à ça. Il y a pas mal de choses et je pense qu'il y a pas mal de personnes qui veulent des choses résonner aujourd'hui.
- Nicolas Baudry
il y a ça, il y a le côté vouloir des choses raisonnées et vouloir savoir ce qui se passe derrière on en parlait, l'humain et aussi l'autonomie, être autonome avec ce qui s'est passé pendant le Covid et les répercussions par exemple de ce qui peut se passer au niveau mondial il y a l'histoire de l'autonomie est-ce qu'on est autonome sur la couleur est-ce qu'on est autonome sur nos approvisionnements notre dépendance par rapport aux autres pays j'ai remarqué que ça, c'est quand même quelque chose qui revient aussi sur les grosses structures,
- Pauline Leroux ArtEcoVert
oui ils ont des vrais risques là-dessus après aujourd'hui les grosses structures elles sont pas encore prêtes à investir là-dessus, c'est tellement plus simple d'aller chercher un produit moins cher ça bouge, c'est clair que ça bouge là-dessus, le côté RSE qui rentre en jeu et ce bon côté des choses où on se ressente sur des vraies valeurs et on essaye de de se poser et de dire qu'est-ce que j'ai envie de ma société, qu'est-ce que j'ai envie de montrer à mes clients, et qu'est-ce que je veux moi. Et je pense qu'il y a des constructeurs qui commencent à se poser des vraies bonnes questions.
- Nicolas Baudry
Ok, alors maintenant je voulais parler avec vous de votre écosystème, on a parlé des différentes applications, on ne va pas revenir dessus on ne peut pas pour des questions de respect, de ne pas dévoiler les partenaires avec qui vous travaillez, mais on a vu les différentes applications, on voit que c'est large ma question c'est sur les plantes aujourd'hui c'est quoi les demandes sur les 800 plantes qui sont les plus explosives, ce serait intéressant sur la couleur végétale aussi, mais de nous donner un peu... Voilà, quels sont les tops des plantes, si vous avez le droit de le dire bien sûr, mais pour les passionnés de plantes qui nous écoutent.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
ça a été dit dans pas mal de podcasts mais non il n'y a pas en tout cas je ne vous dirai pas les plantes sur lesquelles certains sont en train de sourcer et font des pistes mais les plantes classiques le henné naturel, le henné neutre l'indigotier, la garance ce sont les plantes phares dans ce milieu là Après ça a été cité, donc je vais les citer, mais l'amla, des plantes indiennes, vraiment réputées d'origine indienne, il y a l'amla, il y a une autre plante, le brahmi, des choses comme ça. Oui,
- Nicolas Baudry
d'accord.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
des plantes qui sont vides régulièrement mais non je ne vais pas vous apporter une un scoop il y a des plantes qui sont pour il y a des plantes qui sont dites alimentaires et qui n'ont pas été cités et il y en a certains qui travaillent dessus il y a très bien d'accord il y a besoin d'aller chercher très loin des fois moi je ne maîtrise pas non plus ce milieu là mais c'est tout le savoir-faire de nos clients c'est ce fameux mélange qu'ils font entre différents plans que je connais, puisqu'on fait les mélanges pour eux, mais que je ne vais pas vous dévoiler. Mais voilà, il y a toute cette... Là, vraiment, il y a un vrai savoir-faire des gens de la cosmétique capillaire végétale qui vont faire un assemblage vraiment spécifique en fonction de la teinte des cheveux, pouvoir avoir un soin en plus. Enfin, c'est vraiment bien travaillé, ces choses-là.
- Nicolas Baudry
du coup je rebondis pour les auditeurs il y a énormément d'épisodes qui vont sortir sur la coloration capillaire végétale on a eu tous les acteurs européens donc c'est pour ça que c'est intéressant de rebondir donc bien sûr vous allez avoir les noms des plantes dans ces épisodes là mais c'est très bien, j'avais une question encore Nicolas vraiment question naïve on a aussi reçu sur le podcast des acteurs de la couleur végétale dans l'alimentaire Ma question, c'est cette couleur qui vient des plantes. Qu'est-ce qu'on fait pour qu'elle puisse être adaptable à la cosmétique, à l'alimentaire, à tous ses emplois ? Qu'est-ce qu'il faut faire pour qu'une plante puisse être utilisable partout ? Est-ce que c'est la même plante ? Est-ce que c'est le même procédé ? Ou est-ce qu'il y a des choses à vérifier qui sont différentes ?
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Alors je ne vais pas vous apporter grand chose, c'est plutôt à mes clients de répondre en fait, parce que nous on va apporter la plante et derrière ils vont faire l'extrait du pigment. Et je pense que cette extraction est la base sur laquelle l'extrait est stabilisé, qui va permettre de mieux l'utiliser en cosmétique ou en alimentaire ou sur un textile. Et nous, on est vraiment sur la matière première végétale brute. Et je n'ai pas cette notion de pigmentation, comment l'utiliser derrière.
- Nicolas Baudry
D'accord, ok. ok je voulais savoir si en France il y avait beaucoup d'acteurs comme vous qui travaillaient les plantes avec ce niveau de rigueur etc,
- Pauline Leroux ArtEcoVert
est-ce que vous pouvez nous dire un petit peu je ne pense pas qu'on soit nombreux après il y a des gens qui sont sur le même le même secteur après ils n'ont pas 800 plantes au catalogue ils ne proposent pas 250 grammes à un savoyer et puis plusieurs tonnes à un industriel ils n'ont pas obligatoirement toutes les machines que nous avons pour aller de la poudre de 150 millions, 200 millions, jusqu'à un mélangeur qui va permettre de mélanger les plantes. Sur le positionnement de la société qu'il y a eu à Brissoy, je pense qu'on ne doit pas être loin d'être les seuls. Après, il y a des gens qui sont positionnés sur... sur une petite gamme de plantes, voire que de l'alimentaire, voire que de la pharma, voire que du capillaire, je suppose. Je crois qu'il y en a certains qui sont positionnés là-dessus. Donc voilà, après non, on n'est pas nombreux, même au niveau européen, il y a beaucoup de gens qui sont plutôt des négociants en plantes, qui vont aller chercher de la plante à un endroit et la mettre à disposition sur le marché français ou européen. voilà et qui nous questionnent aussi des fois d'ailleurs et on les questionne aussi il faut être clair, des fois on n'a pas le choix il y a des contraintes environnementales qui font que nos producteurs ne peuvent pas obtenir la quantité qu'ils souhaitaient donc il y a pas mal d'acteurs, après sur notre positionnement à nous je pense qu'on est un peu désœuvrés
- Nicolas Baudry
Je voulais voir avec vous maintenant, donc si vous n'êtes pas très nombreux, que c'est un métier qui est quand même, qui nécessite une grosse connaissance en botanique, en technicité, en sourcing, etc. Comment vous faites-vous aujourd'hui pour que le métier d'herboristerie et votre savoir-faire se perdure de génération en génération ? Est-ce que vous intervenez dans les écoles ? Est-ce que vous avez des étudiants, des stagiaires ? Qu'est-ce que vous faites en fait pour faire perdurer ce savoir-faire ?
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Alors ça c'est une vraie problématique chez nous et depuis, avec Jordan, depuis plusieurs années on travaille dessus. Donc la première chose, on essaye de faire venir des stagiaires, des stagiaires découvertes. Cette année on a 4 alternants sur différents secteurs dans la société. alors nous on reste une petite structure donc même si la personne allait au commerce international elle va toucher à toucher c'est à dire qu'il va aller chercher la plante dans les bidons il va travailler avec le responsable fabrication pour voir la coupe donc on touche la plante en fait on n'est pas sur un catalogue où on vend un boulon donc on est très proche du produit donc ça permet de les former sur le monde végétal donc on a cette partie là on fait venir aussi des écoles pour des journées découvertes. On a deux partenariats avec l'Université des plantes pharmaceutique sur Paris et puis une école d'ingénieurs agro. Ensuite, au niveau de... en interne je le dis souvent, c'est marrant en interne on fait de la reconnaissance botanique parce que c'est bien beau mais même moi je ne les connais pas toutes 800 plantes à connaître par coeur sur le catalogue oui souvent on va de l'absinthe au zédoère racine zédoère, il faut le reconnaître quand même Donc on fait de la reconnaissance botanique, on fait des petits jeux en interne avec 20 sélections de plantes et puis il faut les retrouver. Ce qui est juste dingue c'est qu'on a des gens en interne, ils ont 20 sur 20, ceux qui sont en fabrication ils les connaissent très bien. toute cette partie botanique et reconnaissance. Et puis ensuite, ce qu'on met en place, c'est qu'on s'est rendu compte qu'on avait des producteurs, surtout à l'étranger, qui étaient en train de perdre cette connaissance sur des pays comme l'Afrique de l'Ouest, l'Afrique du Nord aussi, où il y avait des vraies cultures de personnes qui utilisaient les plantes médicinales ou aromatiques. et la chimie est arrivée dans ces pays là comme chez nous et du coup la facilité fait que les gens ne travaillent plus pour les plantes donc on a pour... politique d'essayer de les accompagner sur de la remise en production pour recréer des filières de plantes aromatiques et médicinales dans certains pays, en leur proposant nos produits dans un premier temps, et puis pour faire découvrir aux consommateurs finales les produits, et puis ensuite essayer de mettre en place des productions localement, créer de la valeur locale. et puis si les productions fonctionnent bien, on récupère le surplus pour les distribuer. Ça nous permet aussi d'éviter les contraintes de dérèglement climatique qu'on subit tous. Une année on va être en sécheresse donc on ne va rien avoir, l'année suivante on va avoir une tombe d'eau et donc on va avoir des contraintes aussi, par exemple sur les fleurs parce qu'elles ne vont pas être très belles. donc le fait de créer ces filières là ça nous permet aussi de subvenir aux besoins de nos clients comme je vous le disais on a des besoins qui sont exprimés tous les ans et donc il faut quand même respecter ça aussi donc on essaye de trouver des sources palliatives pour créer de la valeur sur place et en plus avoir une solution en cas de difficulté avec les producteurs et soins donc voilà on a ce côté là pour pour essayer de mettre en place des filières localement. On a même créé une société dernièrement dans un pays à l'étranger pour essayer de les accompagner sur ce développement de plantes aromatiques.
- Nicolas Baudry
D'accord, ok. donc aussi de la transmission directement sur le terrain et aussi en interne et c'est hyper important que tout le monde soit fort en reconnaissance,
- Pauline Leroux ArtEcoVert
c'est clair on n'y pense pas souvent mais c'est souvent dans ces pays là surtout en Afrique ils cherchent avant tout à essayer de trouver des solutions pour exporter moi j'arrête pas de leur dire c'est bien beau mais déjà en Europe il y a des pays je prends l'exemple du Nigeria c'est juste immense et je leur dis mais arrêtez de vouloir exporter pour l'Europe ils se battent pour essayer d'avoir une norme pour qu'il n'y ait plus de pesticides et que ça puisse passer avec un peu de chance ça passe une fois sur trois je leur dis mais on va travailler différemment on va travailler déjà chez vous pour vous le marché il est tellement gros qu'avant de penser à exporter pensez déjà à vos agriculteurs pensez à vos consommateurs finaux et puis le surplus on y arrivera à l'exporter et si on part du principe que c'est pour vous on va sûrement mieux travailler que si on essaye de répondre à un business. Voilà, c'est une autre partie de nos choses.
- Nicolas Baudry
Non, mais c'est intéressant de redynamiser le local avant de vouloir aller j'avais quelques petites questions rapides à vous poser notamment est-ce que vous avez des livres à recommander pour des personnes qui voudraient creuser un peu l'herboristerie se renseigner,
- Pauline Leroux ArtEcoVert
approfondir alors on avait préparé les questions il ne faut pas le dire quand même non mais si ils le savent celle-là elle était préparée j'avais noté quelque chose parce que j'avais noté deux livres que moi j'utilise beaucoup parce que nous on a une vraie problématique c'est sur la reconnaissance botanique on veut vraiment garantir que c'est la bonne plante donc il y a un livre que moi j'ai toujours feuilleté depuis 20 ans c'est le secret et vertu des plantes médicinales c'est publié par la sélection de Readers Digest donc C'est un livre où on a la plante qui est dessinée macroscopiquement parlant, et puis on la voit dans son milieu naturel, donc ça permet de voir, et puis ensuite ils expliquent un petit peu quelle partie de plante on utilise dessus et à quoi ça sert. Alors, il faut faire attention parce que si on applique tout ce qui est écrit, on peut se faire rattraper par l'administration pour exercice illégal de la pharmacie, mais bon, ça c'est un autre débat. Mais voilà, c'est un livre qui est plutôt intéressant parce qu'on voit la plante dans son milieu naturel et on comprend quelle partie de la plante, parce qu'en fonction de la plante, on n'a pas les mêmes vertus. Par exemple, nous, on va vendre du pissenlit, on va vendre le pissenlit feuille, le pissenlit fleur, le pissenlit racine. donc voilà il y a beaucoup de choses différentes en fonction de la plante et ce livre là permet de savoir quelle partie de la plante est utilisable et pourquoi Je trouve ça plutôt intéressant. Et puis après, il y a des gens qui sont des vrais herboristes en tant que tels. C'est-à-dire que ce sont des gens qui vont commercialiser la plante au particulier pour du soin au bien-être par les plantes. Donc il y a un livre qui a été écrit par Michel Pierre, qui est un herboriste très connu en région parisienne. C'est Les plantes du bien-être et je trouve que le terme est très bien parce que nous on se met aussi sur notre sur nos plaquettes commerciales pour ce que tu as là, c'est des plantes pour le bien-être, la santé par le bien-être. Les plantes sont utilisées aussi en préventif, mais pas obligatoirement en curatif. On prépare l'organisme, on accompagne l'organisme après des problématiques.
- Nicolas Baudry
Bon, elles vont être en vie, les passionnées de plantes. J'avais une autre question. Est-ce que vous avez, sans révéler de secret encore une fois, mais est-ce que vous, personnellement, vous avez un projet, une ambition pour Cailleau Herboristerie, sachant que vous faites plein de choses, mais est-ce que personnellement, vous avez un souhait, une volonté forte sur un sujet qui vous tient à cœur ?
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Ce qui nous tient à cœur aujourd'hui, c'est de respecter toute la chaîne. C'est-à-dire qu'on a eu par le passé des concurrents qui sont arrivés en France, qui ont investi énormément sur la distribution de plantes. Alors bon, c'est plutôt les plantes médicinales, et qui sont arrivés en disant, on va mettre en place des productions, on va tout faire, vous allez voir, ça va super bien fonctionner. L'administration française est assez compliquée. Et ils se sont rendu compte que ça ne fonctionnait pas aussi bien qu'ils avaient prévu et ils sont partis. Et ils ont mis à mal beaucoup de producteurs parce qu'il y a des producteurs de plantes qui ne sont pas à 100% sur la plante. Ils vont avoir un élevage à côté autre et c'est souvent un complément d'activité. Donc si le complément vous fait chuter, ce n'est pas bon et donc on casse la filière. Donc ça, nous, on veut s'interdire ça. Donc. Voilà, nos projets c'est plutôt sur l'accompagnement de nos producteurs pour qu'on puisse tous grandir par rapport à ça. Donc on a une philosophie, je ne sais pas si je dois le dire, mais on ne travaille pas avec la GMS. Pourquoi ? Parce qu'on considère qu'au jour le lendemain, ils peuvent nous sortir pour 5 centimes d'euros. Sauf que nous, nos producteurs, si on les dit, c'était bon, mais c'est 5 centimes trop cher. par rapport à un gars d'Europe de l'Est ou un gars en Chine ou je ne sais pas quoi. Donc, ce n'est juste pas possible. Dans nos valeurs, ce n'est juste pas possible. Donc, on veut vraiment fonctionner pour que la filière puisse grandir tranquillement, mais sereinement, pour que ça soit stable et que ça puisse perdurer de génération en génération et que ce savoir-faire puisse se transmettre. Donc, voilà. C'est ça qu'on cherche à faire avec Jordan. Ce n'est pas simple. et puis des créations de filières à l'étranger parce que il y a des bonnes choses qui se font aussi à l'étranger et le partage de connaissances pour nous est primordial l'échange humain on s'enrichit tous les jours avec tous les gens qu'on rencontre je crois que le podcast de Michel Garcia je connais pas, c'est juste une personne qui m'a l'air très très intéressante mais elle le dit, ses voyages voilà, on découvre plein de choses ça ouvre l'esprit et puis il y a des bonnes idées partout pour pouvoir prendre les meilleures c'est ça,
- Nicolas Baudry
exactement alors du coup on fait la transition, est-ce que vous avez un épisode dans ce que vous avez écouté qui vous a particulièrement plu ?
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Oui, effectivement, ce parcours de vie de Michel Garcia, que je ne connais pas du tout. Je me suis retrouvé un petit peu parce que je n'ai pas son expérience. Mais c'est vrai que ces voyages-là où il explique, sur une rencontre, il y a quelqu'un qui dit il est pas mal lui Et puis derrière, il reçoit un coup de téléphone pour faire une conférence. Et puis de fil en aiguille, il crée un réseau. de passionné, parce que c'est un passionné, et puis en fait, on se retrouve avec des gens qui peuvent fédérer quelque chose d'intéressant. Donc voilà, je me suis retrouvé là-dessus, parce que je vais vous éparer du Nigeria, mais le Nigeria, moi, c'était pas un pays où j'avais l'intention de travailler, parce qu'il y a eu différentes choses, c'est encore flou anglophone, c'est un pays qui est un peu compliqué, pour les gens qui m'ont parlé. au niveau de la sécurité et puis à force de discuter avec d'autres personnes je me suis retrouvé avec un quelqu'un au nigéria qui est un passionné de plante et on va travailler ensemble donc c'est juste ça qui est génial en fait c'est c'est le fait d'avoir des passions communes et de faire avancer les choses même s'il n'y a pas de business au début bien sûr on en reste des entreprises donc à un moment il faut que ça puisse gagner un petit peu on puisse aussi payer nos salariés qui sont passionnés dans la société et qu'il y a une partage de valeur aussi par rapport à ça mais avant tout c'est l'humain et c'est ces différents échanges qui font qu'on peut grandir ensemble
- Nicolas Baudry
Est-ce qu'il y a une question Nicolas que je ne vous ai pas posée que vous auriez aimé que je vous pose ou un sujet qu'on n'a pas abordé et que vous avez envie d'aborder ?
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Non pas plus que ça, après une chose que j'ai entendue sur certains podcasts c'est la partie RSE qui pour moi aujourd'hui est garant de beaucoup de valeur, en tout cas dans nos milieux, je pense que nos milieux capillaires, les producteurs de plantes territoriales, je pense que c'est des choses qu'il faut mettre en avant, parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas d'obligation. sur ce label là c'est vraiment des choses qui viennent du coeur je pense, après il y en a certains qui l'utilisent en façon commerciale et marketing mais tous les gens que vous avez dû interviewer je pense que les cases sont cochées en fait que ça soit en territorial que ça soit en sociétal que ça soit en en un achat responsable pour l'économique, la gouvernance, on le voit bien dans les discours de tout le monde, et je pense que c'est une vraie force, et le milieu de l'artisanat doit mettre en avant ces choses-là, parce qu'il ne faudrait pas que ce soit les grandes multinationales qui mettent en avant le RSE, qui galvonisent un peu le terme, enfin toutes les vraies valeurs qu'il y a derrière ce...
- Nicolas Baudry
qui sont en fait incarnés par les petits acteurs, mais qui ont un point que le cœur.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Aujourd'hui, ça commence à être imposé pour les multinationales, parce qu'autrement, on arrive sur des dérives qui ne sont pas bonnes. Et donc, les grosses multinationales, on leur impose d'avoir ce cadre-là pour revenir sur des fondements. humains, on va dire. Mais nous, on les a. Il faut qu'on crie fort et haut que nous, on les a. On n'a pas besoin de cadre pour ça. On n'a pas besoin d'être identifié, on n'a pas d'obligation à le dire à l'administration. On coche tous ces cadres. on se bat un petit peu là-dessus actuellement avec Jordan même en interne pour les salariés ça leur permet de voir un petit peu tout ce qu'on fait et ce qu'ils font c'est des belles choses une fierté de
- Nicolas Baudry
bien travailler En tout cas, Nicolas, je voulais vous remercier d'avoir pris le temps, d'avoir expliqué, clarifié ce qu'était le rôle d'un herboriste, votre travail, le panel, la palette d'applications que vous avez. Et on comprend bien la différence entre un travail d'achat-revente type grossiste et la vraie implication dans les filières auprès des agriculteurs, de la terre à la plante finale et ses utilisations. Donc, je voulais vraiment vous remercier. Merci pour ce moment, mais il ne faut pas que je la fasse celle-là. Merci.
- Pauline Leroux ArtEcoVert
Pas trop. Merci à vous, Pauline, de présenter les différentes facettes. Vous êtes centrée sur le capillaire, mais le capillaire, la coloration végétale, mais dans la coloration végétale, il y a végétal, et ça emmène beaucoup de choses. Merci pour tout ça parce que moi j'ai écouté certains de vos podcasts et c'est juste enrichissant c'est génial,
- Nicolas Baudry
merci pour ça c'est sympa,
- Pauline Leroux ArtEcoVert
franchement c'est hyper sympa j'ai besoin de vous pour apporter des informations et puis à l'occasion s'il y a besoin je suis là à redévelopper certains points mais l'échange entre personnes passionnées il n'y a rien de tel
- Nicolas Baudry
Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ArtEcovert, A-R-T-E-C-O-V-E-R-T, pour y découvrir le nom des prochains invités. Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix. C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale. Merci à tous !
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