- ArtEcoVert Pauline Leroux
Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast qui vous parle d'art, d'écologie et de verdure. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes, et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications. Que ce soit dans le textile, l'ameublement, l'artisanat, la décoration et dans d'autres domaines, chaque jeudi et samedi à 7h30, je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valais. Mon but, fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde.
- Ludivine Roux
Alors c'est parti, bonne écoute !
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Bonjour à tous, je suis ravie d'accueillir sur le podcast Aréco Vert Ludivine Roux. Bonjour Ludivine !
- Ludivine Roux
Bonjour !
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Alors avec Ludivine, je ne dévoile rien, mais nous allons parler costumes, mais pas que. On va parler de plein de vocabulaire du domaine du costume. Mais avant tout ça, Ludivine, j'aimerais bien que tu puisses te présenter aux auditeurs qui ne te connaîtraient pas. Raconter un petit peu comment tu en es arrivée à travailler la couleur végétale et qui t'a formée.
- Ludivine Roux
Alors, donc moi, je suis arrivée dans le monde des couleurs végétales par le biais du cinéma. Mais on va dire que ça avait commencé un peu avant. j'ai eu la chance d'être formée par Sandrine Rosier à l'ENSAT parce qu'en fait moi j'ai fait du coup d'abord une école de stylisme et de modélisme à Paris donc S-MOD et ensuite j'ai travaillé un peu dans la mode et je me suis vite dirigée vers le costume et donc j'ai fait l'ENSAT et en première ou deuxième année je ne me souviens plus j'ai fait une initiation au végétal Merci. avec Sandrine Rosier. Et donc là, c'est vrai que j'ai vraiment découvert un monde que je ne connaissais pas du tout, qui m'était complètement étrangée, bien que la teinture, j'avais déjà été formée un petit peu en synthétique, mais je ne la pratiquais pas du tout. Et ensuite, ce qui s'est passé, c'est qu'on a fait un projet encadré par l'école, mais qui était... En fait, Sandrine Rosier intervenait. où on a dû reproduire la couleur pourque sans utiliser la pourque qui n'est plus utilisable. Et donc, c'était autour de la romantique. Donc là, on a pu collaborer avec Sandrine, avec deux autres personnes de ma promotion. Et donc là, j'ai encore plus expérimenté un peu plus profondément avec Sandrine. D'ailleurs, j'ai retrouvé des échantillons il n'y a pas longtemps. Donc, c'était un mélange de... de cochine et de pastel des teinturiers pour obtenir cette couleur pourpre et pour essayer de la reproduire le plus précisément possible. Et donc là, j'avais fait un stage avec Sandrine de 3-4 jours, où on avait eu la chance d'aller observer des échantillons aux archives de Montpellier. Déjà, c'était quand même un sacré plongeon pour moi qui n'avais jamais eu l'occasion de pouvoir... qui n'avaient jamais eu l'occasion de plonger dans ce monde-là. Donc voilà. Et donc après, je n'ai pas du tout pratiqué pendant un an. Et je me suis retrouvée en post-diplôme, donc c'est un an après le diplôme de l'ENSAT, donc pour nous permettre de faire des stages, ou carrément de faire des petites sessions de formation au sein de l'école. Et donc, j'ai fait un stage dans le cinéma. Et donc là... Oui, c'est ça, c'était la chef, l'assistante de la costumière en chef, Sarah Lazaro, qui m'a repris sur un prochain film. Ce film s'appelait « Délicieux » et donc là, j'ai fait la connaissance de Clément Bautier, que vous avez eu aussi dans le podcast. Et donc là, Clément avait besoin de quelqu'un en tant que stagiaire. Vu que j'étais la seule stagiaire qui avait fait une initiation en végétal, je me suis retrouvée avec lui. Donc là, ça a été le grand bain, c'est bien le cas de le dire. Donc on a pu... En fait, on a travaillé sur la préparation des costumes pour des issues. Donc avec la créatrice costume, Madeleine Fontaine. Donc ça, c'était le deuxième film que Clément faisait, si je ne me trompe pas, en végétal. Et donc là, c'était assez extraordinaire pour moi parce que de suite, c'était à grande échelle. Donc c'était des grands métrages, c'était des... des grandes cuves. Clément, il n'avait pas forcément le temps de reprendre les bases avec moi, donc j'ai dû... observer, écouter le nombre de grammes qu'il fallait. Lui, il faisait à la cuillère parce qu'il a tellement l'habitude de laisser une cuillère qui est en deux grammes. Il est très précis et très efficace. J'ai appris comme ça au départ. On va dire que c'est vraiment là où toute cette histoire a commencé.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Et avec les meilleurs ? Vraiment, t'es bien tombée parce que...
- Ludivine Roux
Non, mais surtout que sur ce film-là, ce qui était dingue, c'est que Clément est parti une semaine parce qu'il faisait une coupure. Pendant une semaine, j'ai repris l'atelier un petit peu. Je n'avais pas des gros métrages au début à faire. La Madeleine savait que je débutais, donc elle m'a confié plutôt des bouts. boutons, des petits lacets, mais il faut savoir que d'ailleurs, c'est très compliqué parce que c'est des couleurs précises qu'on te demande à chaque fois. Donc ça prend du temps, mais c'est hyper formateur. Et j'avais fait un métrage, peut-être de 1m50, donc c'était pas énorme, mais du coup, pour moi, c'était vraiment quelque chose parce que j'étais toute seule. Et ensuite, Clément revenait, et en attendant, Sandrine est venue en remfort. Et en fait, c'est là où Clément s'est rendu compte que je connaissais Sandrine. Donc j'ai retrouvé Sandrine à ce moment-là. Donc, j'étais hyper contente. On était trop contentes de se retrouver. Et donc là, pareil, recollaboration. Et pour la suite des épisodes, ça a été pareil. Donc, on va dire que oui, j'ai eu énormément de chance parce que c'est deux personnes qui ont des carrières très différentes et qui ont la même approche, mais pas la même façon de transmettre. Et c'est vrai que c'était hyper formateur pour moi. Et ça, je vous en prie, je vous compte comment.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
C'était hyper complet, du coup, vu qu'ils n'ont pas la même approche, pour toi ?
- Ludivine Roux
Oui, c'était hyper complet, mais sur le moment, moi, j'étais tellement dans le jus, parce que c'est des prods, des productions, il faut sortir les choses, et tout ça, que je ne m'en suis pas rendue compte sur le moment. C'est après coup, en fait, où je me suis dit « Waouh ! » Mais en fait, tout ce qu'ils ont pu te transmettre, et de deux façons différentes, mais à la fois, ça se complétait tellement, parce que vous l'avez déjà, vous avez déjà dû entendre, mais Clément, du coup, qui est designer textile, et Sandrine est costumière à la base. Donc du coup, c'est vraiment... Ils ont la même façon de voir les choses, mais à la fois, parce que c'est deux personnes différentes, donc deux façons de transmettre différentes, et à la fois des façons de procéder, des fois qui diffèrent. Et en fait, c'est ça qui est intéressant.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Est-ce que je peux te poser des questions avant d'aller plus loin ? Quand tu parles de grande échelle, ça m'intéresserait que tu puisses l'illustrer pour les personnes qui nous écoutent. Quand tu dis qu'il y a des grands bains, c'est quel litrage ? Quand tu dis que tu as fait tes premiers longs-métrages, tu as parlé d'un mètre cinquante, qu'est-ce que tu as accompli ? En fait, montrer aux gens ce que c'est que la grande échelle dans le costume au cinéma comme au théâtre. Est-ce que tu peux nous mettre quelques notions ?
- Ludivine Roux
Alors déjà, pour donner une échelle, si on a un très très gros manteau, long, long manteau avec des manches longues, un grand col, on peut dire que, et en plus des fois il peut être doublé, parce qu'on peut avoir une demande de manteau, si jamais il y a une reprise par la suite, ou s'il y a deux distributions, c'est-à-dire deux personnes qui vont jouer le même personnage, parce qu'il y aura deux sur deux. représentation différente, ça ne sera pas la même personne. Enfin, si ce n'est pas la même personne, ça ne sera pas que ça. On peut dire que le manteau peut faire un métrage de 6 mètres. Donc, ça veut dire qu'on aurait 12 mètres.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord, ok.
- Ludivine Roux
Donc, pour avoir la même couleur sur les deux manteaux, bien sûr, on teint tout en même temps. Donc là, il faut vraiment être organisé, calculer son nombre de litres d'eau. Donc ça, on a plein de calculs. On peut se dire que pour 40 litres d'eau, on a un kilo de tissu pour donner une échelle. Donc, quand on a 12 mètres, c'est quand même énorme. Donc voilà, après, des fois, on leur demande à la coupe, parce que bien évidemment, c'est un travail en commun, c'est-à-dire qu'on organise tout ça. Donc, ça régit une organisation qui est hyper essentielle, parce que du coup, on va pouvoir demander, bon voilà coupé en deux. Nous, on fait deux bains successifs. On sait exactement ce qu'il faut rajouter, machin. Ou alors, on le fait en machine, pour le spectacle vivant, plutôt, parce que pour le cinéma, c'est quand même vu de près. Donc, il faut vraiment être sur un unisson. Donc, ça aussi, ça, c'est des choses qui sont très... Ça, c'est des choses sur le temps. On forme notre œil. Et justement, quand on passe d'une production dans le cinéma sur une production, un spectacle vivant, notre œil doit faire du coup le focus. Et en fait, ça, c'est hyper important. C'est deux manières différentes de voir le costume. Tout simplement parce que la caméra filme de près et que dans le spectacle, soit on est au premier rang et on voit de près, soit on peut très bien être au paradis. Vous savez que le paradis... on ne voit pas grand-chose.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Et quand tu dis spectacle vivant, moi qui ne viens pas trop de ce domaine-là, c'est théâtre, c'est quoi d'autre spectacle vivant ?
- Ludivine Roux
Théâtre, opéra, et ensuite, il y a le spectacle de rue. Moi, j'avoue, je n'en ai pas fait plus que ça, du spectacle de rue, mais du coup, ça, c'est plutôt bon pour... pour une salle de spectacle où on a un public qui est assis.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Plutôt des longs-métrages de 12 mètres. Quand tu dis à la machine, ça peut être la nature ADS où ça passe dans le machine comme ça ou des machines des batchs ? C'est comment quand tu dis machine, toi ?
- Ludivine Roux
La nature ADS, on a pu l'expérimenter sur les derniers projets qu'on a pu faire. faire avec Sandrine Rosier et Lagarig, mais quand je parle de machine, donc ça, c'est vraiment Sandrine qui m'a transmis cette façon de procéder. En machine, c'est une machine à laver traditionnelle où, en fait, on peut faire du mordansage et de la couleur. Donc ça, c'est un processus de récupération. Bien sûr, des fois, on peut... on peut laisser partir notre bain, ne pas le récupérer. Et en fait, des fois, on peut le récupérer, c'est-à-dire qu'on prend le tuyau de vidange et en fait, on peut récupérer le bain. Ça paraît très logique, mais sur le coup, on n'y pense pas forcément. Et donc ça, ça permet vraiment de ne pas recharger à 100% et de pouvoir réutiliser les bains comme on fait en cuve. D'accord. En casserole.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Donc, c'est pour ça que je te demandais de préciser, parce qu'on est loin de petites marmites, sans dénigrement, mais de petites marmites, là, tu nous montres vraiment une autre échelle. Tu parlais aussi de, on t'a confié de réaliser des boutons, des lacets. Alors, tu vas penser que, mais des boutons, des boutons en quelle matière pour que ça prenne la couleur, les lacets, des lacets en cuir ? Est-ce que tu peux expliquer un petit peu ? Pareil, ça m'a surpris. Oui,
- Ludivine Roux
alors… un bouton par exemple de toute façon avec le végétal on peut très bien atteindre de la fibre cellulosique et de la fibre protéinique donc la cellulose ça peut être du bouton en bois ça peut être du bouton en corozo qui est un dérivé de la cellulose ça peut être un bouton en acre protéine on peut avoir un bouton recouvert en tissu mais pour faire attention parce que Un bouton recouvert, il peut être en métal. Donc, s'il est un peu rougé, on a des taches sur le tissu. Donc, en fait, il faut vraiment penser à tout. Donc, ça, c'est assez expérimental parce qu'en fonction de ce qu'on nous donne, à la longue, on sait ce qui va être possible ou pas. Mais c'est vrai que c'est un peu quand on avance, c'est de l'expérience, en fait. C'est des déconnexions. Madeline Fontaine, avec qui on a beaucoup travaillé, c'est vrai qu'elle nous faisait énormément confiance et en fait, même elle, au fur et à mesure, elle savait quoi nous proposer. C'est-à-dire qu'en sachant, en voyant faire, puis elle nous posait pas mal de questions, elle savait quoi acheter, quoi nous proposer et du coup, forcément, après, c'était beaucoup plus fluide. Mais du coup, pour parler des rubans ou quoi que ce soit, par exemple, les costumes, des fois, ils vont mettre du biais. Donc, il faut raccorder à la couleur, par exemple, un corsage. si la finition est avec un biais il faut raccorder la couleur du biais avec la couleur du tissu du corsage donc en fait c'est vraiment du contre-typage de couleurs donc c'est ça qui est très compliqué à obtenir si on te dit je veux par exemple un châtaignier clair fait un beige clair bon tu vas proposer un beige clair mais si c'est exactement la couleur que dont est teint le corsage ou alors un tissu qui n'a pas été teint, mais où il faut vraiment reproduire exactement la même couleur. Donc ça, c'est vraiment quelque chose qu'on nous demande très régulièrement. Et ça, ça a été hyper formateur pour moi. parce que finalement, c'est quelque chose qui nous est demandé la plupart du temps. Et c'est les créateurs, en fait, en général, quand ils dessinent, donc il faut un échantillonnage et par rapport à cet échantillonnage-là, tu n'as pas le droit d'erreur. C'est-à-dire que c'est cette couleur et c'est cette couleur qui va... Mais ce n'est pas du tout une critique, c'est-à-dire que c'est...
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Oui, oui, non, par rapport à la précision.
- Ludivine Roux
C'est de la précision et tant mieux. Moi, je préfère vraiment quand les choses sont précises parce que quand on te donne oh oui c'est entre ça et ça finalement ça veut dire que le La proposition de base, elle n'est pas tellement définie et elle n'est pas tellement affirmée.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. Et alors, du coup, les outils... Alors, c'est naïf comme question ce que j'ai posé, mais quand tu dis on fait des échantillons, donc c'est-à-dire il faudra que tu nous expliques, on en parlera après, comment se structure un projet et comment on arrive à dire, ben voilà, sur telle fibre, on voudrait telle couleur. Vous faites des tests, vous. Ils sont validés, ces tests de couleurs, et après, tu dois les reproduire. Vous avez des... Comment ça fonctionne un petit peu pour nous expliquer ?
- Ludivine Roux
Oui. En fait, souvent, ça se passe comme ça. C'est-à-dire qu'il y a un échantillonnage qui est fait par la créatrice costume et son assistante. Et donc, on a à peu près une visibilité sur ce qui va être teint et les tissus qui ont été trouvés dans la bonne couleur. Après, par exemple, Adeline Fontaine, elle aimait que tout soit teint pour les rôles.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord. OK. Donc, ça se passe comme ça. C'est un échantillonnage, des couleurs qui sont validées et c'est les créatrices costumes et l'assistant. Et ça, de toute façon, on reviendra sur les différents métiers parce que c'est ce que je t'expliquais quand on a préparé. Toi, tu connais, c'est ton univers. Mais pour quelqu'un qui n'appartient pas à ce monde-là, c'est vrai que c'est difficile de comprendre tous les métiers. D'accord. Et donc, du coup, après cette rencontre, on va dire avec Sandrine. Qu'est-ce que tu as fait d'autre comme projet pour qu'on arrive à aujourd'hui ? Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu tes réalisations, les collaborations ?
- Ludivine Roux
Alors, du coup, si on reprend par rapport à Délicieux, ça, c'était le premier film où j'étais assistante à la patine, à la teinture. Peinture et patine. Ensuite, il y a des tournages. On fait la préparation des costumes et ensuite on part en tournage pour justement être au plateau, c'est-à-dire être là quand par exemple il faut salir un paysan, remettre un peu de couleur sur un vêtement. Normalement, il y a une personne qui reste ou plusieurs, sauf quand il y a des grosses figurations, où là il y a beaucoup de monde et du coup il faut être plusieurs avant le lancement du plateau, c'est-à-dire... avant le moment où ça tourne. Donc c'est vraiment toujours une anticipation, ou alors c'est entre les prises, entre les prises où justement on vient réajuster le costume. Donc on a fait le tournage de Délicieux, et ensuite il y a eu cette énorme aventure dans laquelle on s'est embarqués, c'est-à-dire Astérix Obélix et l'Empire du Milieu. Donc là ça a été une sacrée aventure, parce que... Ça a duré 8 ou 9 mois. Donc, il y a eu 4 mois de teinture et préparation patine. Et il faut savoir qu'à la fin des 4 mois, on n'avait pas terminé la patine pour tous les personnages. Il y avait 42 rôles et la figuration, on ne compte même pas. Donc, ça, c'était énorme.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
La figuration aussi était en couleur vegetale ?
- Ludivine Roux
Alors, on a fait toutes les teintures en végétal.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Incroyable.
- Ludivine Roux
Donc ça, c'était... On a eu cette opportunité-là, c'était grâce à Madeleine et Clément, du coup, qui avaient une très belle relation de confiance. Et donc voilà, du coup, on a monté une équipe. Donc il y avait Sandrine, Sandrine Rosier. Donc là, nous a rejoints Ella Garrigue et Lucille Lecomte en teinture. et donc en fait c'est un peu là où du coup on a formé cette petite équipe qui n'est pas si petite que ça mais du coup Clément il était chef décoration costume donc lui vraiment il chapeautait toute la partie teinture, patine prototype d'armure bijoux donc tout ce qui était accessoire et donc Merci. Pendant quatre mois, on a fait de la teinture, donc on était trois, avec Lucille et Sandrine. Et ensuite, bien évidemment, au bout d'un moment, tout le monde met un peu la main à la pâte parce qu'il y a des moments de rush. Et ensuite, on a eu cinq mois de tournage. Donc, sur le tournage, il y avait encore de la prépa. Et après, on était sur le tournage avec des grosses scènes de figures où on avait carrément un pôle patine qui existait déjà sur la prépa, où il y avait carrément quelqu'un d'autre qui, du coup, chapeautait la patine avec une équipe de patineuses et de patineurs.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord.
- Ludivine Roux
Donc... nous après on les a rejoints parce qu'on a été dans plusieurs endroits on était dans les Monts d'Or en Auvergne donc là c'était là où il y avait les énormes scènes de figures où il y avait des armées de 150 personnes il y avait 3 armées de 150 personnes il y avait des romains je suis des 200, c'était énorme donc du coup le matin, nous on se levait à 5h30, on allait salir un peu patiné mais bon là c'était de la de la saleté, c'est-à-dire que c'est de la... On appelle ça de la terre pourrie. Donc, c'est de l'argile en poudre, à laquelle on rajoute du savon noir, donc pour que ça adhère aux vêtements, enfin aux costumes. Et du coup, ce qui se passe, c'est que du coup, tous les matins, on vient un peu salir tous ces figurants. Donc là, on était vraiment beaucoup. On était peut-être 8 tous les matins à... Plus Clément qui chapotait d'autres choses, parce que lui, il était là aussi pour aller voir les rôles. Il faut être un peu partout.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Et quand tu dis, on va en parler tout de suite, le terme patine, pour moi, c'est un terme réservé quand même au costume. Est-ce que tu peux l'expliquer pour les gens qui ne verraient pas ce que c'est ? C'est quoi patiner un costume ? Qu'est-ce que tu entends par là ?
- Ludivine Roux
Alors pour moi, patiner un costume, c'est donner une âme au costume. C'est-à-dire que souvent, le costume sort. d'un atelier, donc il est tout neuf. Et en fait, la patine permet de raconter une histoire. C'est-à-dire que sur Astérix, donc on va reprendre cette histoire de Romains, ou d'armées chinoises, et en fait, le but, c'était de leur faire rendre compte, faire croire que ces armées-là avaient marché pendant 40 jours. Donc forcément, ils ne vont pas arriver avec leur tunique que...
- ArtEcoVert Pauline Leroux
de l'usure en fait c'est de l'usure un peu c'est de l'usure mais pas que,
- Ludivine Roux
c'est à dire que la patine ça peut très bien être un rendu de vieillissement mais ça peut être aussi une couleur qui va rendre compte une peinture qu'on va appliquer et qui va rendre compte d'une lumière qui va permettre de rendre compte, parce que par exemple la patine on peut la trouver sur du contemporain, film contemporain ... qui est d'aujourd'hui. C'est-à-dire qu'on peut trouver... Je ne sais pas, on peut patiner des bottes. Alors oui, c'est les usées un petit peu, mais c'est aussi du porté. C'est-à-dire que ce n'est pas forcément une usure. C'est-à-dire qu'on sent que le vêtement a été porté. Pour ne pas que ça fasse... Il n'y a rien de pire, en fait, qu'un film où on voit, je ne sais pas moi, quelqu'un qui sort, qui a dormi toute une nuit dans du foin ou... et qui sort avec une chemise de nuit toute blanche. Et pas froissée. En fait, ça peut juste être du froissage ou du portage. Par exemple, nous, des fois, on va mettre des gants en travaillant toute une journée pour qu'on ait l'impression que ces gants, ils ont été portés pendant dix ans.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord, OK. Donc, tu donnes une vie, tu donnes un...
- Ludivine Roux
Voilà, une âme. Oui, une âme.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Moi, tu sais, je suis pas bien résumée. OK, donc, ça, c'est la... team, moi j'ai noté ça comme ça, la team des teinturiers, donc avec les personnes dont tu as parlé. Bon, Astérix, je remettrai l'épisode de Clément, de Clément Bautier, où il nous en parle, mais c'est ce que je te disais, j'aimerais vraiment qu'on rentre dans les rôles, les différents métiers, etc. Est-ce que tu as eu d'autres réalisations, collaborations, que tu veux nous... dont tu veux nous parler, avant qu'on rentre dans ces différents métiers, du qui fait quoi, et les bons termes, parce que j'avoue que... c'est vraiment, voilà, c'est pas notre domaine et du coup, c'est hyper intéressant de voir qui fait quoi et qui est le décideur, c'est ce que je te disais, moi, ce qui est important pour moi aussi, c'est de savoir, en gros, qu'il faut motiver pour qu'il y ait plus de costumes végétaux teints végétalement, on va dire, dans le théâtre, dans l'opéra, etc. Après Astérix, qu'est-ce qu'il y a eu encore ?
- Ludivine Roux
Après Astérix, donc, il y a eu Big Buck, il me semble, Ah non, ça c'était avant. Moi, j'avais juste fait avec Clément, de Jean-Pierre Jeunet, Big Bug, où Clément a fait toute la patine. Là, c'était des patines de gel. Donc là, on avait essayé d'utiliser une technique du XIXe siècle qui servait à... Non, mais c'est super intéressant de travailler avec Raymond et Sandrine, parce qu'en fait, ils cherchent vraiment à réutiliser des techniques ancestrales et du coup, de les réadapter justement au monde du spectacle, au monde du cinéma. Et en fait, c'est ça qui est hyper intéressant. Et c'est ce que nous, on continue à faire aussi. En fait, on essaye vraiment d'entretenir ces liens-là parce qu'en fait, tout se répond. C'est-à-dire que si on trouve des techniques de patine justement qui fonctionnent, on peut très bien les proposer. Je vais donner un exemple, mais on peut très bien les proposer si quelqu'un arrive avec, je ne sais pas, une idée de tissu... qui serait un peu patiné, un peu enduit, on peut très bien le reproposer. Et en fait, ça aura fait ses preuves, parce qu'en fait, ça aura marché dans les costumes qu'on aura proposés. En fait, il faut savoir que tout est lié. Donc ça, c'est vraiment quelque chose qui nous en transmet. Et du coup, je ne sais plus où j'en étais,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
je me suis perdue.
- Ludivine Roux
C'était une technique d'apparatine qui servait en fait à maintenir les colles et les poignées, à durcir les tissus. Donc, en fait, Clément s'est dit, peut-être que du coup, ça va être approprié à faire du vêtement gelé. Donc, en fait, on a essayé plein de recettes, du coup, de techniques du 19e pour essayer de rendre compte d'un vêtement gelé, durci, donc qui tiendrait tout seul. Voilà, moi, je ne l'ai pas aidé beaucoup. C'est Lucille Lecomte, après, qui l'a rejoint, parce que moi, je suis partie ailleurs après, mais sur un autre projet. Mais du coup, ça, c'était hyper intéressant parce que donc, pour le prochain film, c'était Maître d'Armes. une affaire d'honneur il s'est appelé comme ça ce film de Vincent Perez donc toujours avec Madeleine Fontaine donc il faut savoir que moi j'ai essentiellement travaillé avec Madeleine Fontaine Clément aussi beaucoup et donc une affaire d'honneur, donc là Clément était assistant costume de Madeleine et donc pour la première fois avec Ella Garrigue on s'est retrouvés chef de l'atelier teinture et patine Et donc là, on a pu justement pour des colles, des vraies colles du 19e, donc réutiliser cette technique d'apparatus. Donc en fait, c'est vraiment, pour nous, ces projets-là, donc bien sûr, ils nous permettent de faire du costume et de rendre compte avec le végétal, mais ça, j'en reparlerai, d'une certaine vibration du coup de la couleur à l'image, qui n'est pas du tout la même qu'avec du synthétique, en fait, d'une authenticité. qui est rendu sur le texte-tile. Voilà. Et donc, on s'est retrouvés avec Ella. On a fait ce film-là. Moi, j'ai fait le tournage. Ella est partie retourner, moi j'ai fait le tournage. Donc, toujours Clément assistant. Dans l'ordre, je ne sais plus trop. Et ensuite, il y en a eu deux autres. Donc, avec Éric Bénard, le même réalisateur que Délicieux. Donc, il y a eu Louise Violet et Jean Valjean. Donc, Jean Valjean qui... sort prochainement. Voilà. Donc, c'est vrai que ça, c'est une assez belle collaboration entre Eric et Madeline, parce que du coup, au niveau de la patine, au niveau du rendu caméra, lui, c'est un réalisateur qui est convaincu, parce que c'est vrai qu'on parle beaucoup de... Souvent, les gens me disent, mais qu'est-ce que ça amène de plus ? Et qu'on soit au cinéma ou sur une scène, en fait, à travers un écran et sur une scène, la vibration des couleurs n'est pas la même. On le voit vraiment. L'œil capte une certaine vibration et pour le coup, avec des techniques de patine, par exemple simplement avec une bruniture, c'est-à-dire du sulfate de fer qui est ajouté à une couleur, mais très faiblement dosée, on peut directement rabattre la couleur et ça nous crée une patine. Donc en fait, tout ça nous on essaye de le transmettre et de dire que oui, même casser un blanc c'est à dire que on a des t-shirts on a des chemises qui sont blancs optiques ça c'est pas possible, ça c'est un des premiers sujets dans le spectacle dans le cinéma, c'est à dire qu'on nous demande de casser des blancs il ne faut jamais que le blanc ressorte trop donc du coup nous on a des techniques justement pour que ça soit simple et rapide Merci. Et donc tout ça, on l'a amené au point au fur et à mesure des projets. Et ensuite, pour répondre à ta question, le dernier projet que j'ai fait en spectacle...
- ArtEcoVert Pauline Leroux
C'était à l'Opéra de Toulouse, le théâtre du Capitole, où on a pu collaborer avec un grand nom, Christian Lacroix, qui a été enchanté de cette collaboration, où j'étais avec Sandrine et Ella, encore une fois. Et on a eu la chance de pouvoir lui proposer toutes ces couleurs qui ont fait appel à sa sensibilité, à sa connaissance du costume. à se rappeler de couleurs qu'il avait vues lui, de son enfance, des recherches qu'il avait pu faire, dont le rouge garance pour les mariés, autrefois qui était utilisé pour teindre les robes de mariés, parce que c'était assez onéreux. Et donc, Marine Provence, qui est la chef des ateliers costumes du Capitole, a voulu se lancer, donc on lui a proposé tout ça. Donc là, toujours avec la même façon de faire, c'est-à-dire avec de l'échantillonnage. où lui peut puiser dans les couleurs qu'on avait déjà réalisées sur d'autres projets. Il a été vraiment conquis, parce qu'en fait, même au niveau de... pour rattraper d'autres couleurs, c'est-à-dire qu'on peut revenir en arrière, avec des principes de décapage, reproposer des couleurs par-dessus. Enfin voilà, ça a été vraiment un superbe échange. Et donc là, on a pu réaliser tout en 100% végétal. C'est-à-dire que jusqu'aux patines, Donc là, on a eu l'aide de notre cher Michel Garcia, qui nous a vraiment aidé sur les composantes des mélanges qu'on faisait pour faire les patines. Et donc, tout a été réalisé en végétal. Donc ça, c'était vraiment... A Astérix, tout a été fait en végétal, sauf peut-être une ou deux patines qui ont été faites avec un peu de peinture. qui n'était pas de la peinture végétale mais c'est vrai que sur un énorme projet comme ça on était hyper fiers et en fait on a montré que même au niveau des coûts c'était en dessous de ce qui se faisait parce qu'en fait c'est ça qu'on essaye de faire donc Sandrine en fait tient des tableaux donc celle qui aussi nous a proposé qu'on travaille comme ça à la fin des projets en fait on calcule le nombre de métrages qui a été teint le prix que ça a coûté Merci. pour en fait démontrer que non, ça ne coûte pas plus cher. Donc ça, c'est encore une idée qu'on arrive à déconstruire. Donc là, pareil, au cas de... Et ça, du coup, c'est ce qui est possible avec la réutilisation des bains. C'est-à-dire que nous, on ne jette pas les bains, on les réutilise en les filtrant pour récupérer le pigment quand le colorant a précipité. Et du coup... tout ça, ça nous amène à réutiliser le pigment pour faire de la patine. Donc du coup, c'est vraiment ce qui a été fait et proposé par Clément aussi sur Astérix.
- Ludivine Roux
Ce que nous a enseigné Michel Garcia, de dépuiser ses bains, de transformer en pigment et de rejeter dans les canalisations que de l'eau claire, sans rien dedans. On a tout enlevé.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Après, je ne vais pas dire que ça, on a le temps de le faire tout le temps.
- Ludivine Roux
Mais déjà,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
si on arrive Merci. à faire du bain en cascade comme faisaient les teinturiers du 18e et 19e siècle. Donc, tous ces processus qu'il y avait dans les manufactures de teinture. Et en fait, du coup, de pouvoir organiser quand on sait qu'on a bien préparé nos textiles, qu'on sait ce qu'on va teindre, de bien préparer nos couleurs, de savoir ce qu'on va pouvoir faire en premier, quel bain on va pouvoir réutiliser par la suite pour faire une autre couleur. En fait, c'est vraiment chercher à épuiser tous les bains et à ne pas faire du gaspillage de colorant parce que c'est une matière première qui est hyper précieuse. Et ça, ils ne se font vraiment pas l'oublier. Et ça, c'est ce qu'on transmet aussi dans nos formations. C'est-à-dire que ça, c'est essentiel. Et après, bien évidemment, il y a toujours ce problème de l'eau, mais la teinture n'est pas écologique dans le sens où on utilise beaucoup d'eau. Mais déjà, de proposer aussi avec la nature ADS qui nous permet d'utiliser beaucoup. beaucoup moins d'eau, ou avec des machines à laver, où on réutilise les bains. Donc en fait, on est toujours en train d'essayer d'optimiser nos manières, nos processus, en fait.
- Ludivine Roux
Oui, et puis maintenant, il y a des teintureries, ou des ennoblisseurs, etc., qui mettent un système de circuit fermé de l'eau, et on va même avoir un témoignage où l'eau, tu sais, une fois qu'elle est passée par les bains de teinture, elle est... comme on disait, épuisée, et ensuite elle retourne au champ. pour irriguer les plantes et ses reparties. En fait, il n'y a pas trop besoin de le mentionner auprès des acteurs de la couleur végétale. Ils sont tous sensibles à ça, sensibilisés à cette histoire de recycler ses bains, de conserver l'eau. Et c'est vrai que ça peut être un préjugé qui colle à la peau de la teinture végétale, mais c'est génial ce qu'elle fait, Sandrine, de montrer par les chiffres que ça ne coûte pas plus cher de faire du végétal. Et en plus, ça apporte tellement, comme tu disais, visuellement, ça apporte tellement.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Oui, et puis nous, c'est un critère qu'on... Tout de suite, quand on proposait de pouvoir faire un projet en digital, c'est ce qui revenait. Oui, mais ça va nous coûter plus cher. Ça va... Est-ce que ça tient ? C'est toujours les premiers préjugés de base. Oui,
- Ludivine Roux
c'est tout le temps pareil. C'est incroyable.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Voilà, mais du coup, le « est-ce que ça tient ? » , c'est un peu moins présent. Ça, ça commence un peu à... Il y a toujours ce truc de « oui, ça va être plus onéreux » . Ça, oui. Donc ça, justement, on a la preuve à l'appui que non. Donc ça, on est rodés pour cette question-là. Mais c'est vrai que ça nous a vraiment permis d'avancer. Même quand j'en parle, je me rends compte que depuis même pas dix ans, on a quand même réussi à faire une énorme progression dans nos processus, dans la manière d'amener les choses. Et c'est vrai que du coup, ça peut aussi, et c'est ce que je disais tout à l'heure, ça peut aussi faire avancer le travail dans d'autres domaines.
- Ludivine Roux
Oui, c'est clair. Vous avez un savoir-faire et vous avez surtout vous transformé auprès des personnes qui sont décideurs. Vous arrivez à transformer ça en action et c'est hyper précieux parce qu'en fait, il y a plein de teinturières dans nos blisseuses, dans nos blisseurs aussi, qui aimeraient réussir à convaincre par un nuancier, par de l'échantillonnage, d'y aller. Et des fois, on n'a pas toujours les arguments et en même temps, Moi, ce qui me rend folle, c'est que peu importe les épisodes de podcast, peu importe le domaine de l'application, on me parle toujours des mêmes idées reçues qui reviennent à chaque fois. C'est incroyable. Mais le boulot que vous faites, vous, c'est que maintenant, on a vu les opéras, on a vu les films, et du coup, maintenant, on ne peut pas dire que ça ne fonctionne pas vu que c'est fait.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Oui, et moi, je pense que c'est vraiment ça, c'est-à-dire que tu peux réussir à convaincre par le faire. Et ça, je m'en suis rendue compte. Après toutes ces années où on a été hyper bien formés. Je parle de home parce que je parle de Lucie, Léla, qui se travaille très souvent. Et en fait, c'est vrai que tu ne t'en rends pas compte sur le coup. C'est après, quand tu as tombé autant de prods, que ça a fonctionné à chaque fois. Parce que ce n'est pas du tout pour nous la raconter. Mais c'est vrai. C'est-à-dire qu'en fait, ça fonctionne. Mais pourquoi ? Parce qu'en fait, on a été... hyper bien formée. Sandrine, elle est même clémente. C'est-à-dire que c'est des gens qui sont très réfléchis, qui se lancent dans des choses mais en sachant ce qu'ils font. C'est-à-dire que tu ne peux pas raconter des salades en disant « Ah mais si, mais moi, je te fais toute ta prod en végétal. » Et là, en fait, tu ne t'es même pas occupée de sélectionner les matières. Et là, tu te retrouves avec des matières qui sont, allez, 40% polyester. En fait, ça ne sert à rien. Donc, en fait, c'est ça, c'est essayer de faire comprendre aussi que avant qu'on arrive, ou alors on propose des fois de le faire nous, moi c'est ce que j'ai fait au Capitole, on a même réussi au Capitole, ça c'était exceptionnel, on a même réussi en fait, c'était un peu mon souhait, à faire une production qui était quasiment 100% occitaniste dans le sens où on a pris des tissus, je parle pour les solistes, on a pris des tissus qui étaient fabriqués chez Virgo Pop, donc des tissages d'autant, oui voilà, que vous avez... déjà reçues dans le podcast. Donc, on a eu ces tissus-là, on les a teints, on les a patinés. Tout le stock des choristes dans le vaisseau fantôme, parce que je n'ai pas cité, c'est le vaisseau fantôme de Wagner, je ne l'ai pas dit. Et on a réutilisé, c'était le vœu de Marine Prouvent, d'utiliser que des costumes du stock, des costumes du Capitole de Toulouse. et de les reteindre et de les retransformer et d'utiliser que des métrages de tissu qui n'étaient pas assez grands pour refaire des costumes de dents ou des vieux métrages en tissu naturel. Et donc, on les a tous teints dans l'atelier de Sandrine Rosier à Montpellier, dans la Nature ADS. On avait 100 mètres de tissu. Donc tout ça, en fait, ça a été pensé pour être le plus... pour en fait réutiliser le maximum de choses... En fait, que la production, finalement... soit la plus locale possible et la plus écologique possible. Donc ça, c'est mieux.
- Ludivine Roux
C'est mieux orchestré aussi, c'est ça aussi. C'est ça que tu nous expliqueras après dans la partie, on va dire réservée aux membres, mais c'est toute cette logistique, c'est incroyable. En fait, c'est vraiment quelque chose qui se dessine avant tous les process, tout ce qu'il faut faire, dans quel ordre, etc. Et ça, comme on se l'était dit en préparant, c'est vraiment votre signature à vous, cette équipe. C'est transformer tout ça en un atelier qui roule, un processus qui marche. des, comme tu disais, des...
- ArtEcoVert Pauline Leroux
t'as dit tomber des costumes c'est à dire les faire quoi c'est ça c'est votre c'est à dire tomber des prods c'est à dire qu'en fait on y va c'est à dire qu'il faut commencer et arriver jusqu'à la fin mais après ça c'est ce milieu là c'est à dire que les gens qui sont à la couture c'est pareil tu commences avec un dessin et en fait à la fin il faut avoir le costume final avant qu'ils partent à la patine et entre temps il faut envoyer le tissu Merci. à teindre, parce qu'en fait, il faut qu'ils soient teints avant d'être coupés, pour des questions de rétrécissement ou quoi. Donc, en fait...
- Ludivine Roux
C'est ça que j'allais te demander. Tu fais des fois des teintures pièces ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Oui, tout à fait, ouais. C'est ce qu'on a fait pour tous les... Sur Astérix, par exemple, on avait toute une partie qui sortait d'ateliers qui étaient neufs, et toute une partie qui sortait des stocks costumes. Ça, c'est très récurrent dans le milieu costumes, en fait. C'est-à-dire qu'on réutilise beaucoup des costumes de... qui ont déjà été fabriqués. Donc oui, on teint à la pièce.
- Ludivine Roux
D'accord, ok.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Très souvent, oui.
- Ludivine Roux
Alors, on reprend notre fil après l'opéra Le vaisseau fantôme. Est-ce que tu as eu d'autres réalisations avant que je te pose les questions des différents métiers ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Et non, parce que c'était juin. Non, non, non. Là, du coup, non.
- Ludivine Roux
D'accord, ok. Déjà, c'est extrêmement riche. Donc, des films. des opéras, tu l'as dit. Alors, moi, ce que je voulais savoir...
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Pardon, désolée. J'ai oublié de citer, et c'est une faute, à Caen, en fait, j'ai été appelée, parce qu'en fait, avec Ella, on avait pu donner deux formations. Ella avait donné une formation au Théâtre de Caen, orchestrée par Sophie Angaro, qui est la responsable des costumes, des ateliers costumes, donc au Théâtre de Caen. Ella avait donné une formation patine, plutôt axée initiation, teinture et patine. Et moi, j'avais donné un an après une formation d'initiation à la couleur végétale. Et Sophie a eu une dispo pendant un an pour aller sur le projet de la parade opératique de la ville de Cannes. C'est-à-dire que c'était pour fêter les mille ans de la ville. ils ont fait un défilé où il y avait des danseurs, des acrobates. C'était une vraie parade, un peu traditionnelle du Nord, de toute façon. Et du coup, on m'a appelée. Donc là, j'ai été pendant 15 jours. Ils étaient installés dans une grande halle à Caen. C'était super. C'était des super locaux. Et on a pu mettre en place un atelier. Et donc, je suis hyper fière parce que je suis restée 15 jours. Et les filles ont tenu l'atelier pendant un an. C'est-à-dire qu'elles n'ont plus jamais retouché un pot de Dillon. et elles n'en ont même pas eu envie. Et donc, du fait qu'elles aient été formées en premier, qu'elles aient pu pratiquer rapidement, moi, j'ai pu leur transmettre toute cette histoire de bain en cascade, d'organisation d'ateliers pour que ce soit le plus rapide possible, le plus optimal. Et du coup, après, hop, ça marchait et elles, elles ont pu continuer à bosser ensemble et ça a super bien fonctionné. Elles ont même fait de l'indigo. C'était super. Et en fait, pour moi, c'est vraiment ça qui est extraordinaire. C'est-à-dire que de pouvoir fédérer, monter un atelier comme ça, qu'ensuite, elle puisse récupérer tout ce savoir-faire, s'en servir et le mener à bien pendant un an, quand ça se passe comme ça, c'est juste incroyable. Et du coup... Oui,
- Ludivine Roux
vas-y. Non, j'allais dire, vous semez... Je ne sais pas comment dire. valorisez toute l'expérience que vous avez appris pour mettre en route des projets et que ça se perpétue. C'est ça que je trouve chouette. Elles ont été autonomes derrière sans réutiliser du synthétique.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Voilà. Mais ça, on doit ça surtout à Sandrine Rosier qui est hyper douée pour ça, c'est-à-dire poser des petites graines et en fait, ça marche tellement bien. Et quand c'est bien fait et quand c'est respectueux et bienveillant et passionné aussi. Du coup, ça c'est vraiment quelque chose que... Pareil, ça je m'en suis rendue compte sur le tard, mais... C'est vraiment quelque chose qu'elle a su me transmettre. Et en fait, quand j'ai réussi à... Enfin, quand je me suis rendue compte que ça fonctionnait, mais non pas parce que c'était un objectif, c'est juste qu'en fait, ça se fait tout seul. Quand tu as envie de transmettre et que les choses avancent, ça fonctionne. Ouais,
- Ludivine Roux
c'est super. Donc du coup, je te pose la question tout de suite de la transmission avant qu'on arrive sur les métiers. Je pense qu'on va d'abord passer par la formation. qu'est-ce que tu fais justement ? Donc eux t'ont transmis, Clément, Sandrine, deux façons de faire, mais un amour pareil de la rigueur et une passion pour la teinture végétale. Comment toi tu transmets aujourd'hui ? Est-ce que tu interviens dans des formations ? Est-ce que tu peux nous raconter ? Est-ce qu'il y a de plus en plus de costumières, de formations à la teinture végétale ? Parce que moi de mon côté sur Art Récovert, j'ai beaucoup plus de personnes qui travaillent le costume qui rejoignent la communauté. Je ne sais pas si c'est quelque chose lié à une formation ou lié à des projets de plus en plus importants. Tu en as bien à savoir. Comment tu fais pour transmettre ? Est-ce que tu interviens dans les formations ? Est-ce que tu peux nous raconter, notamment le Greta ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
La dernière formation qu'on a donnée, c'était au Greta à Paris, ma formation de deux mois qui a été créée par Sandrine. Cette année, il y avait Lucille Lecomte qui proposait la formation Indigo. Et Lagarigue qui faisait avec Clément. Donc Clément est venu pour faire une introduction à l'impression. Et Lagarigue a pris la suite. Et donc Sandrine, elle était plutôt sur la partie échelle en grand métrage. Donc transmission aussi de toute cette... cette technique en machine. Moi, je faisais l'initiation à la couleur, faire au végétal, pardon. Donc, il y a cette formation-là, qui est tous les ans en septembre, qui dure un mois. Et ensuite, pardon. Et ensuite, donc, on a les formations qui sont créées par des chefs de départements costumes, comme Sophie Ongaru à Caen, qui a souhaité... qu'il convienne former les intermittents de cas employés. Après, c'est beaucoup via le Greta. Et ensuite, on propose... Ella avait donné une formation au 13-20 aussi. Sandrine en proposait, mais maintenant, elle le fait avec Dominique pour les formations autour des teinturistes du 18e. Du coup, l'archéologie de la couleur. Mais c'est vrai que... Je pense qu'il y a quand même un manque et je pense qu'on devrait peut-être en créer plus. Mais le problème, c'est toujours des histoires de financement, ce qui est normal au niveau des porteurs de ce projet-là au sein des institutions. Donc voilà, c'est quand même des dossiers à monter. Le but, c'est que les formations puissent être pour les intermittents, parce que nous, costumiers, on est intermittents du spectacle. Donc, le but, c'est que ces formations puissent être prises en compte dans le budget formation, donc être remboursées par l'AFDAS ou quoi. Voilà. Mais on est en cours de… Enfin, on essaye qu'il y ait plus de formations et surtout en patine parce qu'en fait, aujourd'hui, il y a des super centres de formation comme Colors ton monde, Couleurs Garance, où il y a des super formateurs. Moi, je pense qu'outre la formation de teinture végétale, d'initiation, je pense que ce qui serait intéressant, effectivement, c'est de pouvoir approfondir ou reproduire, justement, cette formation qu'Ella avait donnée. Donc, en petite initiation de teinture et patine végétale. Parce que c'est vrai que c'est quelque chose qui est méconnu.
- Ludivine Roux
Oui, voilà,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
c'est-à-dire que... En fait, moi, comme vous entendez avec mon accent, je suis du sud-ouest. Donc moi, j'aimerais qu'on puisse développer un peu plus. Après, Sandrine est à Montpellier, donc c'est sûr qu'elle, elle avait déjà pu proposer des formations au 13-20 et chez elle. Mais c'est vrai que oui, vers Toulouse, il faudrait mettre en place tout ça. Même vers Marseille. Je sais qu'il y a une formation de patine, mais pas en végétal avec Or Amadeou. Il me semble que c'est... Je ne sais pas son nom. et du coup elle propose une petite initiation en budgetal mais très très petite. Voilà, je pense que ça serait nécessaire de mettre en place, mais on y travaille, on y travaille. Pour justement développer ce... Ce réseau. C'est pas tant le réseau, c'est-à-dire que c'est vraiment développer la transmission de ce savoir-faire de patine en végétal. Parce qu'en général, on nous dit mais qu'est-ce que c'est ? Je comprends pas. Donc ça, ça serait vraiment intéressant.
- Ludivine Roux
D'accord. Ça, c'est en cours. D'accord, ok. Donc top sur la transmission. Est-ce que tu constates qu'il y a de plus en plus de gens intéressés par les costumes ? En teinture végétale, est-ce que toi, tu le vois ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Alors, nous, on fait de la sensibilisation. C'est-à-dire que quand on a des gens qui viennent se former, ils sont déjà sensibilisés vu qu'ils sont dans la formation. Mais après, au sein des projets sur lesquels on est, on essaie justement de faire comprendre que ce n'est pas possible et que ce n'est plus possible d'utiliser déjà sans protection, parce que c'est vraiment des choses qu'on voit, clairement. sans masque, sans gants, sans fenêtre ouverte, sans aspiration, du Dillon, du colorant synthétique, où tout est reversé sans avoir été épuisé. Les décolorants aussi, l'hydrosulfite de soude, qui est juste affreux, personne ne sait ce que c'est. Donc ça, vraiment, on enfonce... couteau dans la plaie. C'est-à-dire que ça, moi, en fait, je ne laisse plus passer parce que ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible de faire croire que c'est anodin de décolorer un vêtement pour qu'ensuite, quelqu'un le porte. Les perturbateurs endocrinés sont là. Il y a forcément des restes sur le textile et à quoi bon ? Voilà. Après, bien sûr, en végétal, on va pouvoir revenir en arrière avec de l'acide citrique. Si on veut vraiment décaper, on peut utiliser du percarbonate. Mais allez utiliser... quelque chose qui est responsable d'une catastrophe écologique et même au niveau maladie cancéreuse et compagnie dans des pays du tiers-monde et qu'on a dans les placards des ateliers. Et en fait, ça, c'est plus possible. Du coup, nous, il y a une sensibilisation qui se fait au sein des ateliers et on est au tout début de tout ça. parce que vraiment, il y a une méconnaissance. Vraiment.
- Ludivine Roux
D'accord. Donc, vous, l'équipe, vous sensibilisez. Avec le Greta, du coup, il y a, on va dire, une douzaine de personnes chaque année qui sont formées professionnellement à ces métiers-là. Peut-être un manque de formation en région et notamment sur la patine qui est très typique des costumes et qui est, c'est vrai, méconnu. Est-ce que maintenant, on peut parler des différents métiers autour de ces costumes ? Ce que j'aimerais, c'est voir un petit peu les différents noms de « et qui fait quoi » , voir les décideurs, qui on doit motiver pour que ça soit plus fréquent. Et est-ce qu'il y a, si par exemple, je sais que dans nos auditeurs et dans les membres de la communauté à vie, on a des acteurs du costume, est-ce qu'il y a des associations ou des regroupements pour ne pas se sentir tout seul, pour être accompagné ? si on est dans le monde du costume ? Voilà, ça fait une grosse question pour toi, Ludivine.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Alors, par quoi commencer ? Non, déjà, je vais citer une association, donc l'AFCA, qui est une association des costumiers pour le cinéma. Donc là, en fait, on va dire qu'il y a des pôles de discussion sur différents projets, donc la valorisation des salaires. la question d'écologie, d'éco-prod en fait, d'être plus vertueux, comment bien optimiser son budget. Il y a vraiment différents pôles de travail et aussi le souhait que ça ne soit plus qu'à Paris, mais en région. Donc ça, c'est hyper intéressant parce que c'est vrai que tout est centralisé à Paris et du coup, il faut vraiment recréer des microcosmes. et des écosystèmes en région. Moi, j'en suis convaincue. Je pense qu'on tend quand même pas mal vers ça. Les choses se délocalisent de Paris à l'heure qu'il est. On va dire que cette association, elle est bien pour fédérer, pour parler des difficultés, des choses qui avancent. Ça, c'est vraiment bien. Moi, aujourd'hui, je suis... un peu plus dans le sud. Donc, c'est vrai que là, dernièrement, je n'ai pas forcément été à des rassemblements. Mais bon, il faut savoir que cette association existe et que ça bouge pas mal. Donc, ça, c'est vraiment super. au niveau des syndicats aussi. Elle est assez active. Ensuite, je pense que je peux expliquer comment ça se passe au niveau des différents postes. En tout cas, c'est différent. Je peux parler du cinéma, je peux parler de comment ça se passe. En fait, ce n'est pas du tout la même chose. Ça dépend des endroits. Si on a une petite compagnie, On n'aura souvent qu'une costumière. Donc, il va faire, c'est ce que Sandrine, en fait, a beaucoup fait. C'est-à-dire qu'il y a souvent une costumière qui va créer les costumes avec le metteur en scène, avec toute l'équipe. C'est vraiment un travail qui se fait en groupe. Donc, il y a vraiment... Toute la compagnie répète. Donc, il y a ce système de répétition où les propositions du metteur en scène, les propositions de la costumière, de l'éclairagiste vont... Ça marche en symbiose. Moi, j'ai été formée comme ça à l'ENSAT à la base. Ça, c'est vraiment quelque chose qui est hyper humain. Il y a vraiment cette dimension humaine et créer un spectacle tous ensemble au même niveau. On va dire que là, sur ces projets-là, il y a une costumière et après, il y a une habilleuse qui va partir en tournée. Ou alors, c'est la costumière qui va aussi en tournée faire de l'habillage. Ça doit vendre les budgets. L'habillage, ça consiste à l'entretien costume, donc à habiller les comédiens avant qu'ils aillent au plateau et du coup à l'entretien des costumes. Et ensuite, dans le cinéma, en général, il y a créatrice costume ou chef costume. Ça, c'est vraiment des statues. En général, sur les énormes prods, par exemple Astérix, il y avait... créatrice costume dans Made in Britain. Ensuite, il y avait la chef costumière. Ensuite, il y avait la costumière supervisor, donc celle qui vraiment régit toute l'organisation. Ensuite, il y avait l'administratrice qui s'occupe plutôt des salaires, des chiffres de paye, tout ça. Et en fait, c'est très rare. C'est vraiment ça, c'est des grosses prods américaines ou des énormes productions où il y a un énorme budget, où il peut y avoir autant de postes. Sinon, il faut retenir que c'est souvent créatrice costume. assistante, costumière. Costumière, en fait, c'est un titre de salaire, on va dire. Et ensuite, on peut être dit costumier, teinturier, patineur. Par exemple, moi, quand je travaille dans le cinéma, c'est ça, mon titre. C'est costumier, teinturier, patineur. C'est-à-dire que tu travailles le costume, mais tu as une spécificité. Donc, tu es technicien, en fait. Et donc, ensuite, on a la partie habillage. La partie habillage intervient une fois que les costumes sont terminés, s'il y a de la fabrication. Et s'il n'y a pas de fabrication, c'est la même chose. Elles arrivent avant que le tournage commence pour préparer les costumes, pour les mettre dans les housses, par personnage. Il y a toute une organisation en fonction du plan de tournage, c'est-à-dire tel jour, on tourne telle scène. Donc ça, c'est donné en amont. Et en fait, la clé dans tout ça, c'est toujours la coordination. Sans coordination, il ne se passe rien du tout. Sans communication non plus. Donc ça, c'est vraiment la clé dans le cinéma. La communication et la coordination. Voilà. Et ensuite, si on est en préparation, on peut avoir un atelier volant. C'est-à-dire que moi, j'en fais partie en général, où la créatrice et son assistant ou son assistante, le créateur, montent un atelier. où il y a des intermittents qui viennent travailler pour créer les costumes. Donc là, ça part du dessin du créateur, de l'échantillonnage. Et donc là, tout est fabriqué, les patrons, les costumes. Et donc après, moi, je patine. Et ensuite, les habilleuses arrivent. Hop, les costumes sont terminés. Et ça part en tout cas.
- Ludivine Roux
D'accord.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Et par contre, sur Astérix, on avait encore un autre pôle qui était beaucoup plus grand parce qu'en général... on dit qu'il y a le pôle patine qui comprend teinture patine et sur Astérix on avait carrément le pôle décoration costume c'est à dire qu'on avait comme je le disais la fabrication donc c'est géré par un chef décorateur ensuite il y a différents pôles il peut y avoir une assistante moi j'ai un peu fait l'assistante de Clément il n'y avait pas vraiment de poste vu qu'il était en teinture mais en fait il y a sur le Merci. Toute la continuité du film, à la fin, en fait, on ne s'est retrouvés que tous les deux. c'est à dire que moi j'ai suivi de A à Z Et en général, il y a quelqu'un comme un assistant ou une assistante. Parce qu'en fait, il y a aussi toute cette question de logistique, de tableau, de continuité. C'est-à-dire, qu'est-ce que je dois patiner ? À quel moment ? Parce que ce personnage, il va revenir trois fois. Donc en fait, c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup de logistique, de tableau. Il y a vraiment une organisation à faire avant que tout commence. Et du coup, en l'occurrence, il y avait plusieurs pôles. Il y avait le pôle bijoux, le pôle fabrication d'armure, le pôle teinture, le pôle patine.
- Ludivine Roux
Et en bijoux, tu fais aussi de la teinture végétale et en armure aussi ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
On a teinté du cuir, oui. Nous, en fait, on propose ça. C'est-à-dire qu'on peut travailler le cuir en végétal. qui se fait sur du cuir qui est brut en fait de base. Voilà. Donc en fait, on fait du tannage, entre guillemets, avec des tannins, de pseudo-fer. Même, on a fait des super beaux noirs avec du pampèche. C'était magnifique. Et ensuite, oui, après, en bijoux, ça peut être... de l'application en fait c'est ça c'est que ça rentre dans des techniques que nous on propose c'est à dire que ça peut être une encre qui est faite avec n'importe quoi du brou de noix par exemple qui est mélangée à de la gomme lac qui va permettre de fixer sur un bijou voilà en fait c'est utiliser le moins possible de produits nocifs d'accord ok et réutiliser le plus possible de techniques ancestrales ouais
- Ludivine Roux
Tu en as parlé un petit peu dans les recherches de Sandrine, Rosier et Clément Bautier, mais j'imagine que tous les costumes avant aussi étaient faits en teinture végétale, qu'il y avait des techniques de patine, etc. Donc, vous allez vous documenter dans ces archives-là ? Non.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Non ? Désolée.
- Ludivine Roux
Ils ne vont pas chercher là-dedans les techniques ? Là, tu parlais tout à l'heure du gel, etc.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Le travail du costume... Moi, je pense que ça, c'est quelque chose qui est arrivé plus tard. C'est-à-dire que nous, vraiment, ce qui se passe, c'est que nous, on se réfère à des écrits et des sources archéologiques. Et en fait, on réutilise des techniques ancestrales, mais qui n'étaient pas appliquées aux costumes, c'était appliqué aux vêtements. Ah oui, d'accord, ok. C'était carrément des principes de calendrage. Par exemple, je vais donner un exemple très concret. Sur le vaisseau fantôme de Wagner au Capitole de Toulouse, la contrainte, c'était de rendre compte d'un effet mouillé sur tous les costumes des marins. Donc là, on s'est dit, bon, est-ce qu'on ne réutiliserait pas toutes ces techniques de calendrage, c'est-à-dire de... de textiles qui sont comme cirés. Donc, c'était des cires, du lustrage, tout simplement. Donc là, c'est pour ça qu'on a fait appel à Michel avec toutes ces superbes recettes au lait de cire et compagnie. Et en fait, on a réussi à rendre compte d'un effet mouillé avec ces techniques de lustrage. C'est-à-dire qu'on applique notre mélange, on attend que ça sèche et on lustre. Et en fait, en l'occurrence, là, on a lustré à la cuillère. Donc, ça peut paraître un peu flou. Mais du coup, ça, c'est des techniques qu'on avait utilisées sur Astérix aussi. En fait, c'était les dos de gilets qui étaient faits comme ça au XIXe siècle. C'est-à-dire qu'on a des lames lustrées qui sont très, très brillants. Donc, ça, c'est vraiment une technique de patine, en fait, mais qui était utilisée sur des vêtements. Donc, en fait, nous, on ne fait pas par rapport à des costumes.
- Ludivine Roux
C'est vraiment le vêtement de l'époque. C'est ça, c'est vraiment ça.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
C'est génial. C'est passionnant pour nous aussi, parce que du coup, c'est vraiment à chaque fois des découvertes, et c'est comment aller plus loin. Et en fait, là, on les a chargées en couleurs, et du coup, sur un textile, par exemple, un velours côtelé, on s'est dit, là, ça va marcher, et en fait, si, parce que du coup, c'était magnifique, parce que du coup, on le chargeait en indigo. Et en fait, ça donnait une espèce de bleu, bleu, bleu céladon sur un châtaignier, un tissu de velours côtelettin en châtaignier et un peu oxydé au fer. Et du coup, on avait ce bleu céladon lustré. Donc ça, sur scène, c'était magnifique, parce qu'en fait, ça rendait compte d'un costume. On avait l'impression que la mère était en train de passer sur ce costume-là. Et en fait, c'est très... Moi, je trouve qu'il y a vraiment un rendu à l'œil qui est hyper intéressant. C'est hyper beau, c'est hyper authentique. Ça a quelque chose de vrai,
- Ludivine Roux
en fait. Alors du coup, pour rebondir là-dessus, là, on a fait le tour des différents métiers, globalement. Est-ce que tu peux nous dire... Ah, il en manque, vas-y, dis-moi.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Oui, c'est parce que, par exemple, dans une institution comme le Capitole, là, ça marche différemment. C'est-à-dire qu'il y a une chef des ateliers. S'il y a des ateliers, parce que des fois, c'est des intermittents qui viennent, parce qu'il n'y a pas des gens à l'année, parce qu'il n'y a pas assez de production, il y a des créations. C'est souvent que des reprises où il n'y a pas de fabrication de costumes. Quand il y a des fabrications de costumes... Comme au Capitole, où il y a un gros atelier, il y a 12 personnes à l'atelier flou, c'est-à-dire à l'atelier de femmes, et 12 personnes à l'atelier homme. Donc, c'est quand même énorme. Donc, Marine Provence, elle gère tout ce monde-là. Et donc, il y a plus de 6 ou 7 prods par an. Donc, en fait, c'est plus des reprises. Donc, après, c'est de la retouche de costume. Mais quand il y a fin de vocation entière de la production, c'est vraiment un énorme travail. Et donc, nous, le but, c'est d'aller travailler avec Marine Provenquiel fait du coup la coordination et aussi le créateur qui vient lui amener ses dessins et sa volonté par rapport au metteur en scène le metteur en scène qui vient aux essayages en général, pas toujours voilà et donc les chefs d'atelier donc il y en a une ou un par homme et femme et ensuite il y a l'atelier de patine et de teint d'accord ok
- Ludivine Roux
En fait, ma question, c'est du coup, quand tu en parles, on voit ta passion et puis l'effet que ça rend, la différenciation qu'apporte la patine végétale, la teinture végétale. Quelle est la personne qu'on doit motiver pour avoir des spectacles, des opéras, du théâtre, du cinéma, tout ce que tu veux, en couleur végétale ? C'est quoi le poste clé ? C'est qui les décideurs ? et comment on peut leur adresser un message par rapport à une levée de préjugés sur la couleur végétale. Ça ne coûte pas plus cher, ça a un rendu extraordinaire. Vous savez faire, c'est possible au cinéma, au théâtre, à l'opéra. À qui on doit s'adresser comme décideur, selon toi ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Alors, le but dans tout ça, c'est d'avoir des alliés. Je dirais, c'est d'avoir des alliés partout où on sème des grèves. Tant qu'on a un allié qui va porter le projet et qui est quelqu'un qui est à la bonne place, c'est-à-dire soit un créateur, soit quelqu'un qui est déjà placé à un poste qui a des prises de décision importantes, ou alors, par exemple, qui peut défendre au niveau de la production. Là, du coup, déjà, c'est gagné parce qu'après, il faut une envie, mais il faut aussi une petite connaissance. Parce que même si on a envie, même si on veut que ça se passe, même si on donne l'argent pour que ça se passe, moi, je pense que la clé aussi, c'est d'avoir quelqu'un, soit qui a fait une initiation, soit qui a une petite connaissance de notre travail, c'est-à-dire de comment les choses vont se passer. Parce que si la personne… Voilà. Parce que si la personne n'a pas conscience de l'articulation de nos processus, de nos procédés, je pense que des fois, il peut y avoir des malentendus dans le sens où ça régit une autre organisation. Et en fait, la clé, c'est d'aller expliquer comment nous, on procède en amont aux personnes qui sont responsables de différentes équipes, c'est-à-dire les chefs d'atelier. Donc forcément... le créateur, la créatrice. Mais par exemple, là, c'était un peu un... Voilà, Christian Lacroix, il n'avait pas forcément une super image, puisqu'il avait été confronté à une création une fois où ça n'avait pas fonctionné, parce que les gens n'étaient pas assez formés, ils avaient voulu proposer des choses qui, en fait, ne fonctionnaient pas. Et c'est là où on appuie aussi, c'est que si on n'a pas d'alliés, et si on propose des choses... proposer mais qu'en fait on ne sait pas trop ce qu'on raconte, il n'y a aucun intérêt. Parce qu'en fait, ça dessert complètement le travail qui a été fait depuis des années par toutes ces personnes. Et ça, je pense que beaucoup de personnes qui sont passées dans ce podcast peuvent le dire. C'est-à-dire qu'en fait, il ne s'agit pas de dire « Ouais, ouais, moi, je sais faire » . Il n'y a aucun intérêt à ça. C'est juste, en fait, de transmettre ce qu'on nous transmet et de continuer à faire fonctionner cette chaîne et de continuer à être dans la recherche et dans le faire. Et donc,
- Ludivine Roux
ce serait quel... Quel... Donc, OK, il y a tout un écosystème de gens qui sont convaincus, qui ont eu la preuve, qui peuvent faire du bouche à oreille pour montrer que ça marche, etc. Quel est, si tu devais dire, un poste, un poste qui doit être ciblé pour lui dire que la teinture végétale en costume, ça roule, ça marche ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
En fait, il faut que ça soit la personne qui soit en charge du projet. Mais ce ne sont pas les mêmes postes. C'est pour ça que je ne donne pas forcément le nom. C'est la créatrice costume. Oui, soit la créatrice costume. ou la personne qui est en charge de gérer les ateliers.
- Ludivine Roux
D'accord, OK. Désolée, j'incite, mais c'était pour les identifiés. Oui,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
mais c'est juste que je ne donnais pas parce que c'est compliqué. Parce que le milieu du costume, il y a différents... Ça ne fonctionne pas pareil partout.
- Ludivine Roux
Oui,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
c'est différent des échelles,
- Ludivine Roux
mais ce n'est pas la même chose. Voilà, c'est ça. OK. En tout cas, ce que je voudrais redire, c'est que j'ai pas mal de gens aussi sur le podcast ou de personnes avec qui j'échange. qui restent sur une mauvaise idée de la teinture végétale, parce qu'une fois, ça n'a pas marché, avec un acteur qui n'était pas forcément, comme tu l'as un peu dit, soit assez expérimenté, soit en maîtrise de ce sur quoi il s'était engagé. Donc, s'il vous plaît, redonnez une seconde chance à la teinture végétale. Entourez-vous de pros qui l'ont déjà fait. Donc là, la team, comme je vous appelle, la team costume, là, vous, et comme d'autres, il y en a bien sûr d'autres, on en a eu sur le podcast et on va en avoir encore, mais vous savez faire. que ce soit dans le théâtre, dans le cinéma, c'est possible, c'est pas plus cher, c'est meilleur pour l'environnement, ça c'est clair, on va pas revenir là-dessus, il y a plein d'épisodes qui en parlent, et en plus ça apporte une vraie différenciation, comme tu disais, moi on parle souvent de flamboyance, tu as parlé de vibrations de couleurs, c'est l'idée que ça retransmet. Maintenant j'aimerais te poser une question, comme je te disais, réservé aux... membres sur ce que je perçois de toi et de tes acolytes, c'est cette capacité maintenant à lancer un atelier, à accompagner les gens dans la mise en place, la mise en route. Je ne sais même pas comment on pourrait dire. Vous savez comment ça s'enchaîne, la logistique, l'organisation. Vous savez les différences entre le synthétique et le végétal, parce que c'est vrai que si on n'a jamais travaillé le costume en teinture végétale, Ce n'est pas du tout la même chose que le synthétique. Les temps ne sont pas les mêmes, les enchaînements ne sont pas les mêmes, la réflexion du recyclage de bain, etc. n'est pas la même. Est-ce que tu peux me dire, si tu devais accompagner aujourd'hui une équipe, comme tu l'as fait à Caen, ou je pense que c'était Ella ou toi, mais bon, dans la réalisation d'un projet costume, en teinture végétale, avec patines, etc., quelles sont selon toi les grandes étapes pour monter ce projet ? et rendre autonome l'équipe pour que le projet se mène à bien ? Quels sont pour toi les grands écueils à éviter ? Parce qu'entre le synthétique et le végétal, ce n'est pas du tout la même philosophie.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Je dirais déjà, la chose primordiale, c'est la préparation des matières qui vont être teintes. C'est-à-dire que si on n'a pas une bonne préparation et si on n'a pas quelqu'un qui se charge... de sélectionner les bonnes matières, on va se retrouver à perdre du temps et surtout, il n'y a aucun intérêt à perdre du colorant sur des matières qui ne se teignent pas ou qui se teignent mal. Et ce n'est pas le but. Ça, on a été confrontés dans le cinéma quand c'est quelqu'un qui est au poste qui fait du shopping matière. souvent il y a une méconnaissance des matières qui ont une affinité avec le végétal. Donc ça on essaye de le dire et en fait la chance qu'on a eue sur beaucoup de projets, c'est que soit Clément, soit la personne qui faisait l'achat des matières était sensibilisée, comme Madeleine ou ses assistants ou assistantes, ou alors Clément était assistant et du coup c'est lui. qui faisait la préparation des matières. Ou alors au Capitole, c'est moi en l'occurrence qui l'ai faite. Mais ça déjà, ça c'est primordial. Ça c'est la première chose à faire. Et ensuite, il faut vraiment être organisé dans l'achat. des colorants, s'il n'y a pas déjà des colorants présents dans la structure. Donc vraiment pas faire comme si on allait commander une armoire de colorants, parce que là forcément les budgets vont grimper très très haut. Du coup il faut essayer de voir en amont avec le créateur, pour voir exactement les couleurs et faire une proposition de couleurs en amont. avec des vieux échantillons, ou proposer des gammes de couleurs où ils sélectionnent. Au moins, on sait exactement la couleur qu'il faut. Et ensuite, en fonction, on sait à peu près ce qu'on commande ou pas comme couleur.
- Ludivine Roux
D'accord.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Ou comme mordant, ou comme agent cynique. Ensuite, je dirais que là, c'est l'organisation au sein de l'atelier. C'est-à-dire monter une équipe, soit des gens... ça dépend le travail qu'on doit fournir soit on est tout seul ou avec quelqu'un qu'on va former sur le tas ou quelqu'un qui est déjà formé mais vu que malheureusement en ce moment les budgets sont un peu serrés en général on se trouve souvent avec des stagiaires ou alors dans le spectacle vivant en l'occurrence dans les opéras on peut quand même être au moins deux à superviser l'atelier Merci. ou du moins une personne qui supervise et quelqu'un qui va pouvoir l'assister et donc en fonction de ces personnes qu'il faut très bien choisir on peut avoir, nous ça nous est arrivé très souvent d'avoir des gens conformes sur le tas mais il faut avoir des gens qui ont envie des gens qui ont envie et qui sont curieux de ces techniques là sinon ça sert à rien du tout déjà ça enlève des bâtons dans les roues je précise parce que c'est très important Et ensuite, il y a l'organisation au sein de l'atelier en termes de travail, en termes de quantité de tissus à teindre, de patines. Et donc là, c'est des rétroplanies où on essaye d'optimiser au maximum nos bains. Et donc, je vais donner un exemple. On va faire une cuve d'indigo si on n'a pas de bleu. On va monter une cuve d'indigo parce que ça fait plaisir au créateur de voir de l'indigo ou à la personne qui gère l'atelier. costume de bord de l'indigo, ça ne sert à rien du tout. Il faut vraiment faire au cas par cas des projets. Parce qu'il y a eu déjà des démarches qui ont été évoquées dans un endroit, créer une cuve d'indigo, cet atelier pourrait faire du bleu, créer une cuve de garance, mais en fait, c'est trop aléatoire. En fonction de l'une, ce qu'on nous demande, c'est beaucoup trop aléatoire.
- Ludivine Roux
C'est beaucoup sur mesure, vous. C'est beaucoup d'applications sur mesure.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Tous les projets sont différents. Même la patine, j'ai envie de dire, il n'y a pas de... Il y a des recettes, des choses qu'on réutilise tout le temps. Mais ce qui est hyper intéressant aussi, c'est qu'à chaque fois, que ce soit en naturel ou en synthétique, il faut tout le temps se réinventer parce qu'il faut s'adapter à la demande qu'on a sous les yeux, à la matière, à la couleur. au rendu qu'on nous demande, parce qu'en fait, la bâtine, c'est vraiment donner l'effet de, donner un effet bouillé, donner un effet brillant, voilà.
- Ludivine Roux
Est-ce que vous avez des outils qui vous aident ? Des outils, je ne sais pas, un tableur Excel qui vous aide à calculer combien vous devez mettre d'extraits ou de plantes ? Vous travaillez toujours à partir d'extraits, vous n'allez pas travailler à partir de plantes fraîches ou sèches ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Si, la garance, on ne fait qu'en plantes sèches.
- Ludivine Roux
D'accord, ok. Est-ce que tu as des outils comme ça, des tableaux qui convertissent, des tableaux Excel où tu viens mettre, voilà, j'ai autant de grammes de tissu, c'est du coton, bon, bah, tu as tel…
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Alors, là, on fonctionne en fiches. En fait, on fait des fiches de recettes. C'est-à-dire que quand on fait de l'échantillonnage proposé, quand la personne a choisi ses couleurs, que nous, on les propose. Soit le créateur sait exactement ce qu'il veut comme couleur. Donc là, on... On fait notre propre échantillonnage en recherchant la recette et en notant la recette. Donc, en l'occurrence, nous, on n'est pas sur des ordinateurs parce que pour des questions qu'on a tout le temps les mains dans l'eau. Donc, ça, ce n'est pas pratique.
- Ludivine Roux
Oui, tu as raison.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
En tout cas, je parle pour moi. Et en fait, on fonctionne tous comme ça, c'est-à-dire qu'on a des feuilles où en fait, on agrafe des tissus dessus et en fait, on note chaque étape de nos recettes et on propose, on cherche notre recette. couleurs ou alors on fait une recherche de couleurs qu'on va proposer au créateur. Et là, du coup, c'est beaucoup plus rapide parce que ce n'est pas du contre-typage direct. Ce n'est pas du tout clair.
- Ludivine Roux
Oui, oui, si. Soit tu la cherches toi-même, ta couleur, et du coup, tu gagnes du temps. C'est-à-dire que tu ne peux pas être exactement de ce qu'il te lui te demanderait ou soit tu t'en rapproches. OK, d'accord.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Mais en tout cas, notre technique à nous, c'est de faire des fiches de recettes. On note tous les grammages, on garde des classeurs à chaque projet et c'est ce qui nous permet aussi en fonction de ces fiches, de pouvoir calculer à la fin combien de colorants on a utilisé, combien ça a coûté. Donc ça, c'est hyper important.
- Ludivine Roux
Et puis de reproduire les éventuelles recettes ou les éventuels costumes qui auraient vraiment bien plu pour les refaire sur un autre projet.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Ou quand il y a des reprises. Le cinéma, ça ne fonctionne pas comme ça, mais les reprises au spectacle vivant, il y en a beaucoup. Des fois, on nous appelle tout simplement pour reproduire une... couleurs de ce manteau qui va être réutilisé.
- Ludivine Roux
D'accord, ok. Génial. Écoute, c'est hyper intéressant. Alors, je te pose une autre question pour d'autres personnes qui pourraient être intéressées. Est-ce que tu proposes tes services, toi Ludivine, pour venir accompagner un projet, théâtre, costume, un atelier qui pourrait se mettre en place ? Est-ce que tu proposes tes services pour aller aider, comme tu as pu le faire, 15 jours à la mise en place du... de l'atelier, expliquer les grands jalons, les grands écueils à ne pas confondre avec le synthétique, etc. Est-ce que ça, tu proposes comme service ? Est-ce que les gens peuvent te contacter pour ça ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Oui, bien sûr, oui. On peut nous contacter, il n'y a aucun problème. D'ailleurs, nous, c'est quelque chose qu'on fait avec plaisir. Après, en général, quand on met un projet en place, souvent on nous appelle et on reste sur la longueur du projet mais effectivement dernièrement ça m'est arrivé comme à Caen de proposer mes services pendant 15 jours et ensuite de laisser la main et c'est quelque chose oui qu'on peut tout à fait envisager et en plus ça fonctionne et au moins comme ça on met en place il y a un accompagnement en fait au moins ça fait moins peur et on est un peu plus sûr de ce qui est mis en place de réussir
- Ludivine Roux
d'aller jusqu'au bout d'aller jusqu'au bout donc là on a fini la partie réservée au monde que je mettrais à part quels sont pour toi si tu dois citer 3 personnes inspirantes ou sources d'inspiration dans le monde du costume de la patine tu dirais quoi ? ou qui ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
déjà moi c'est Madeleine Fontaine qui m'a permis de pouvoir commencer et qui m'a fait confiance très tôt qui a fait confiance à Clément aussi ensuite Clément parce que c'est quand même grâce à lui que j'ai commencé tout ça et après du coup Sandrine mais Sandrine c'est quelqu'un d'assez exceptionnel dans le sens où elle te elle pose ses graines et en fait elle te dirige vers des choses qui toi sont hyper bienveillantes pour toi ta réussite et ton et ton épanouissement dans ton travail. Donc ça, c'est assez impressionnant.
- Ludivine Roux
Est-ce qu'il y a un événement qui fédère les costumiers, la patine ? Est-ce qu'il y a un moment où vous vous rencontrez ? Est-ce qu'il y a un fédérateur autour de vos sujets ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Non. Non, non, non. Après, si, l'AFCA, justement, il y a des groupes qui se montent. Mais voilà, encore une fois, moi, je n'ai pas trop participé ces derniers temps.
- Ludivine Roux
À creuser.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Donc, je ne parlerai pas en leur nom. Mais oui, oui, vous pouvez vous référer à cette association. Et du coup, il y a des groupes qui se montent en patinoire.
- Ludivine Roux
Est-ce que toi, tu as une... Est-ce que si tu devais être une plante teintoriale ou un extrait colorant, comme tu veux, lequel tu serais et pourquoi ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Moi, je serais la garance. La garance, parce que j'adore son odeur, j'adore la couleur qu'elle rend et le processus. J'adore la travailler. Je trouve que c'est une plante qui a été utilisée depuis tellement de temps. Elle est très complexe aussi et ce rouge n'est pas facile à obtenir. Du coup, elle nous donne du fil à retour.
- Ludivine Roux
Super. Est-ce que tu as une fibre de prédilection que tu travailles dans le costume ? Ou une fibre que tu aimes teindre et travailler ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Alors, je n'en avais pas forcément de prédilection, mais là, dernièrement, le lin m'attire de plus en plus. Parce que je trouve que c'est une fibre qui a une grande affinité avec le végétal. Et en général, on obtient vraiment de superbes résultats. et que cette fibre soit tricotée ou tissée, je trouve que même en termes de patine, on arrive quand même à la transformer.
- Ludivine Roux
Est-ce que tu as un livre à recommander qui t'a aidé dans la teinture végétale, le costume ou la patine, ou comprendre ce monde, appréhender ce monde du théâtre, du cinéma ? Est-ce que tu aurais un livre à nous recommander ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Alors, moi, c'est plus... Je n'ai pas de livre... Moi, c'est plus des personnes, en fait, qui m'ont aiguillée. Et après, si, il y a le monde des teintures naturelles dans lequel je me réfère, de Dominique Cardon. C'est-à-dire qu'à chaque fois que je travaillais une plante, je lisais le chapitre qui faisait référence à la plante. Et en fait, ça, je le conseille à tous les stagiaires que j'ai eus, toutes les personnes avec qui je... que je forme et avec qui je travaille. Parce qu'en fait, c'est vrai qu'à chaque fois, c'est une source hyper riche. Et après, en ce moment, moi, je suis à fond avec l'archéologie de la couleur parce que j'ai eu la chance de faire la formation avec Sandrine et Dominique au mois de juillet. Et là, en plus, Dominique a sorti son livre sur les 85 couleurs d'Antoine Jeannot. Et c'est vrai que ça, c'est encore un autre step. Et du coup, on se pose de suite la question. comment réutiliser ces techniques-là est-ce qu'elles seraient applicables à d'autres fibres du coup il y a tout un travail une réflexion par rapport à tout ça d'accord top est-ce que tu as déjà un prochain projet dont
- Ludivine Roux
tu as le droit de parler qui va arriver autour de la couleur digitale de la patine que tu voudrais nous...
- ArtEcoVert Pauline Leroux
non du coup parce que je ne peux pas en parler tu ne peux pas en parler
- Ludivine Roux
Bon, OK. Est-ce que tu pourrais nous recommander quelqu'un ? Tu sais, à la fin de chaque épisode, globalement, on passe le micro à quelqu'un pour continuer à approfondir un sujet. Donc, ça pourrait être approfondir la patine, approfondir le costume ou approfondir, dans le domaine de la couleur végétale, quelqu'un qui nous apporterait un autre point de vue ou qui appuierait encore plus sur un sujet qu'on a vu ensemble aujourd'hui avec toi.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Moi, je me dis, pourquoi pas Madeleine Fontaine ? Ça serait intéressant d'avoir son point de vue, parce que sans elle, en fait, on n'aurait pas pu faire tout ce qu'on a fait, parce que ça a été vraiment une alliée très importante. Et ensuite, je dirais mes deux copines collaboratrices, Ella Garig et Lucille Lecomte, qui, du coup, pourraient parler de leur expérience à elles parmi mes expériences, à moi aussi, parce que, du coup, vu qu'on a beaucoup travaillé ensemble. et elles aussi elles ont un autre parcours que moi parce qu'en fait il faut savoir que chacune on fait le même métier mais à côté on a nos nos façons de on est très différentes et du coup on n'a pas le même regard sûrement et c'est ça qui arrive donc voilà super
- Ludivine Roux
franchement moi je voudrais te remercier parce que entre cet épisode de podcast ou l'échange long qu'on a eu ensemble où tu as pris le temps de m'expliquer Franchement, j'ai découvert un monde avec toi du costume, vraiment plus dans les coulisses. Tu m'as vraiment amenée dans les coulisses. Tu m'as expliqué ton point de vue, les difficultés, les astuces, etc. Franchement, je trouve ça hyper passionnant. Donc, vraiment, un grand, grand merci. Je vais essayer de contacter Madeleine pour, comme tu dis, avoir son point de vue et peut-être organiser une table ronde, toutes les trois, là et là. Lucie, etc. parce que je commence de plus en plus à avoir des questions sur le costume et ça pourrait être intéressant d'en parler tous ensemble. Un grand merci Ludivine et je mettrai tous les liens pour qu'on te retrouve et qu'on puisse faire appel à tes services et ceux de la team costume dont on a parlé tout au long de ce podcast.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Merci et c'est juste, nous on est tellement dans notre milieu que des fois on ne se rend pas compte, donc j'espère que j'ai été claire mais c'est tellement notre milieu qu'on ne se rend pas compte. C'est vrai que Merci. on est tellement dedans que des fois, c'est difficile. Donc, c'est bien si on a réussi un peu à dévoiler ces coulisses-là. Donc, ça,
- Ludivine Roux
c'est bien.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Merci à toi. Merci.
- Ludivine Roux
Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram, ARTECOVERT, pour y découvrir le nom des prochains invités. Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast et de le noter et le commenter. sur la plateforme d'écoute de votre choix. C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale. Merci à tous ! Merci.
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